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« Emportez le public dans votre univers. »


Gilbus

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Le 27/12/2017 à 15:42, munky a dit :

 

...

Gilbus avance quelques bonnes théories sur le papier, mais ça manque de structure et ce n'est, quoi qu'on en pense, qu' une approche personnelle qu'on aurait tort de considérer comme une règle. 

Complétement d'accord:

Déjà, je ne prétend pas donner un cours ici, juste des idées.

Et c'est effectivement une approche personnelle, qui permet ensuite à chacun de parler de son ressentit, c'est le but.

Enfin...personnelle... pas vraiment non plus: d'autres ont bâtit tout cela avant moi...

heureusement, que ce que je propose n'est pas une règle!

il ne manquerai plus que ça.

Mais il faut bien essayer, parfois, de mettre des réalités concrètes sur des conseils qu'on lis à longueur de temps, mais qui ne changent rien dans notre façon de faire, alors que ce sont de bons conseils.

Le problème de ces histoires de personnages, d'univers et compagnie, c'est que ceux ayant  déjà ce vécu comprennent la chose, mais se sont déjà construit une méthode, ou en ont appris une.

Et que ceux qui ne l'on pas fait trouve l'idée très bien (ou pas ;) ), mais ne voient pas comment mettre les choses en œuvre.

C'est pourquoi j'ai proposé une méthode (qui fonctionne pour des gens l'ayant mise en place, ce n'est pas que des mots sur le papiers).

C'est pourquoi j'ai évoqué des exercices (pas assez, mais on ne va pas faire un cours ici, ça serait encore plus lourd, et peu adapté...), pour montrer simplement que le travail sur le personnage peut se faire avec des méthodes: il y en a d'autres que l'amplification d'un trait, rassurez vous, mais c'est la première qui m'est venu à l'esprit quand j’écrivais, car c'est simple à comprendre sur un forum.

C'est concret.

Et c'est assez simple à travailler, dans la réalité des faits.

Simplement, les exercices sur l'amplification, sur la lisibilité, sur la cohérence, et je n'en ai pas assez parlé je m'en rend compte, sur la sincérité, tout cela ce sont des des choses qui sont utilisés en atelier ou en stage, et dans l'entrainement personnel. Je n'ai pas inventé grand chose dans l'histoire...

Et le but est de montrer aussi à ceux qui pensent qu'on doit tout inventer que des gens se sont penchés sur le sujet, dans d'autres discipline qui n'avaient pas le "handicap" d'être aussi intéressantes que la magie en elle même.

Les comédiens, les conteurs, les mimes, les clowns ont des méthodes, plein, pour travailler univers et personnages, tout simplement car c'est le cœur de leur art.

Nous, nous avons la magie au cœur de notre activité, c'est pourquoi on trouve peu de techniques de spectacle vivant dans les livres de magie.

Ben ça existe, il y a des techniques, des exercices, des entrainements spécifiques, pour transmettre des choses à un public.

Après, on se penche dessus, ou pas...

Mais si on veux s'y intéresser, à ces notions d'univers, de personnage etc, on gagnera du temps en allant voir ceux qui ont des méthodes, plutôt que des magiciens qui n'en font que d'instinct et on donc du mal, souvent, a dire comment ils font.

C'était aussi une des motivations pour ouvrir cette discussion ;)

Gilbus

Modifié par Gilbus
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Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

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sous cet angle et avec ces précisions, je suis entièrement d'accord. Je souhaitais apporter une précision sur le contexte où il était bon ou non de travailler un personnage (toujours selon ma propre opinion).

Et par la même occasion éviter de donner le vertige à un débutant ^^. Maintenant que c'est fait je vais lire avec attention les différentes approches de chacun sur ce travail !

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Que d'hommes se pressent vers la lumière non pas pour voir mieux, mais pour mieux briller - Nietzsche -

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??? Ben alors Woody ???

Enlève les mots "théoriques", les généralités et tu verras que ce qui est dit explique précisément pourquoi le spectacle de JLB marche à mort sur le public ! Ce n'est pas du tout un contre-exemple, mais un exemple qu'il pourrait être intéressant d'étudier.

(Rha la la. .. on a beau connaître la mauvaise foi primaire du picvert, c'est toujours difficile de s'y faire... dis voir, as-tu jamais pensé à la travailler pour l'intégrer dans ton sur-moi magique ?... :D )

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:D:D:D !

Très sincèrement, figures-toi que j'y ai pensé ou plus exactement, je me suis dit "mais dis donc, et s'il y en a un qui te dit que précisément le spectacle de JLB fonctionne parce qu'il a intégré tous ces concepts" ? Puis je me suis rassuré; mais non aucun n'oserai quand même... Et paf :D !!!

Allez, à moi :

Un type se balade dans la campagne normande et voit un gars entourer les arbres de rouleaux de papier-toilette. Il s'arrête et lui pose la question :

- "Pourquoi donc faites-vous cela, mon brave ? 

- Pour éloigner les rhinocéros.

- Mais il n'y pas de rhinocéros dans la région.

- Ben évidemment puisque j'ai mis du papier-toilette !!!

:);)

(Sinon, ça marche aussi avec des gens comme Mimosa ou Alain de Moyencourt;  ils font tout ce qu'il ne faut pas faire en spectacle pour enfants et pourtant ça cartonne grave :) . Toi et ton esprit chafouin me direz alors que justement, c'est peut-être donc qu'en réalité ils font ce qu'il faut faire et que ceux qui disent qu'il ne faut pas faire comme ça ont tort. Oui mais ceux qui appliquent les "bonnes pratiques" comme Sébastien Mossière ou Peter Din, cartonnent aussi... Oh et puis merde, tiens :D;) !).

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Il y a 9 heures, Woody a dit :

(Sinon, ça marche aussi avec des gens comme Mimosa ou Alain de Moyencourt;  ils font tout ce qu'il ne faut pas faire en spectacle pour enfants et pourtant ça cartonne grave :) . Toi et ton esprit chafouin me direz alors que justement, c'est peut-être donc qu'en réalité ils font ce qu'il faut faire et que ceux qui disent qu'il ne faut pas faire comme ça ont tort. Oui mais ceux qui appliquent les "bonnes pratiques" comme Sébastien Mossière ou Peter Din, cartonnent aussi... Oh et puis merde, tiens :D;) !).

Tu relèves un point intéressant, mais ça ne m’étonne pas de toi :

Effectivement, il n’y a pas UNE règle, qui va emmener vers LA chose qui marche bien.

Il y a plein de façon de faire les choses, en apparence contradictoires.

 

Cela peut être dut à deux points :

-Les règles que l’on a défini ne sont pas assez profondes, et s’attachent à l’apparence des choses.

On trouve ainsi des règles qui semblent contradictoires, mais qui en fait sont l’expression d’un principe plus profond, dans différents cas d’application particulier.

Après, il y a des limites à la profondeur des règles, si on creuse trop, elles vont devenir de vagues conseils indiquant une direction imprécise, et donc peu utilisables.

-L’autre chose possible est que de toute façon, il n’y a pas qu’un but, et qu’une méthode pour y arriver.

 

Prenons un cercle.

On est sur le tracé du cercle.

On veut aller de l’autre côté, exactement à l’opposé sur le cercle.

On a plusieurs solutions :

1 : On se balade dans la campagne, autour du cercle et à l’intérieur, dans un parcours aléatoire, jusqu’à tomber presque par hasard de l’autre côté.

2 : On suit le tour du cercle, on est sûr de tomber sur le point visé à un moment.

3 : On vise le centre du cercle, et on trace une ligne droite qui part d’où on est, et qui passe par le centre : on arrive de l’autre côté par le chemin le plus court.

On pourrait faire une belle métaphore entre ces trois solutions et les différents moyens de créations de personnage, d’univers ou de soupe de légume.
Mais ce n’est pas là que je veux en venir :

Si faire un bon spectacle, c’est aller de l’autre côté du cercle, cela veut dire que suivant l’endroit d’où on part sur le cercle, on ne va pas avoir le même point d’arrivée, que l’on suive une des trois méthodes ci-dessus ou pas.

C’est toute la beauté de la chose qu’il y ait en fait une infinité de bons spectacles, autant que de points d’arrivées sur le cercle, et de points de départs…

 

Non seulement il n’y a pas qu’une règle pour arriver au but, mais il y a une infinité de buts…

Bon, cela n’arrange pas ceux qui veulent être conseillé et guidé, c’est bien pour cela qu’on fait des règles, établis des méthodes et des protocoles, et qu’on réfléchit sur les processus, en plus de réfléchir sur le but.

Car dire : « vous êtes libre de faire un truc top qui vous ressemble », en pratique, cela ne donne pas tellement d’indication sur comment y arriver…

 

Voyons un peu ce qu’est une règle…

Une règle pour moi est un moyen de résoudre un problème.

Suivre la règle va donc, dans une majorité des cas et pour une majorité de personnes, si c’est une bonne règle, permettre d’éviter le problème.

 

Elle a deux intérêts :

Déjà, nous donner un moyen simple et efficace de résoudre le problème, évidemment.

Et surtout nous dire qu’il y a un problème à résoudre.

 

Prenons un cas hyper concret :

Les tics verbaux.

On en a tous, plus ou moins, et c’est dur de s’en débarrasser.

Mais chez certaines personnes (et c’est très courant…), cela prend l’apparence d’un mitraillage continuel :

Les « et alors », les « donc », les « et puis », les « voilà », les « heuuu »…etc…

Certaines personnes en ponctuent chaque phrase, à tel point que si on est branché sur la technique d’expression, on n’entend bientôt plus que ça.

Et le cas est vraiment très courant…

Mais le plus souvent, on ne se rend même pas compte qu'on a un tic verbal...

 

Une règle de base dit :

« Il faut éviter les tics verbaux, cela pollue le discours au détriment de ce que l’on veut dire réellement. »

Le fait que cette règle existe montre que les tics verbaux existent :

Sans elle, on ne se poserait pas forcément la question : est-ce que j’en aie, si oui, lesquels ?

Il y a pire que d’avoir un problème : c’est d’avoir un problème, et de ne pas le savoir.

 

Les règles vont nous permettre d’identifier nos problèmes.

La règle nous donne en outre une solution qui fonctionne en général pour résoudre ce problème : travaillons pour éviter les tics verbaux.

Ce n’est pas forcément la meilleure solution, pour vous, mais c’est une solution qui marche.

Une fois que vous avez identifié le problème, vous pouvez chercher votre propre solution, et si vous en trouvez une qui marche mieux pour vous que la règle, ben c’est cool.

Vous pouvez même réécrire une règle à votre sauce, qui devient un principe directeur ensuite pour vous.

On peut donc enfreindre les règles, mais si on le fait une fois qu’on a compris leur utilité, cela nous donne une chance de ne pas passer à côté du problème.

Prenons la solution de Coluche, sur les tics verbaux :

Il jouait des personnages très souvent accablés de tics verbaux, mais en se servant de ces tics pour mettre en place ses personnages.

Je ne suis pas sûr que lui avait des tics verbaux, mais ses personnages en avaient (et pas les mêmes, suivant les personnages…)

On a donc un travail d’appropriation d’un problème, pour en faire un plus dans le spectacle.

Mais il n’empêche que, dans la grande majorité des cas, arriver à se débarrasser de ses tics verbaux donne une amélioration du spectacle…

A moins d’envisager de jouer un personnage accablé de tics verbaux, et donc en faire un atout pour sa lisibilité, et son effet émotionnel (comique, pathétique, triste…)

Mais encore une fois, jongler avec les tics verbaux, cela demande de les maitriser, et en fait, on finit par appliquer la règle qui veut qu’on les élimine, avant d’en ajouter de façon contrôlée…

 

Une autre chose que je veux montrer avec ce que j’ai dit juste au-dessus :

Les grands principes ne servent que si on peut aller dans le détail.

Parler des règles en général ne sert à rien, si on n’est pas capable d’énumérer précisément celles dont on se sert.

Si on n’en fait pas la transcription précise, on reste dans le domaine du « ressentit aveugle », c’est-à-dire qu’on sent que c’est mieux de faire telle ou telles choses, mais on ne peut pas toujours dire exactement pourquoi.

On peut fonctionner uniquement comme ça, d’instinct, et avec de l’expérience, ça marche très bien aussi. Beaucoup de gens préfèrent cela…

Mais définir ses propres règles de fonctionnement va être un plus pour nous, car dès qu’on a le sentiment que quelque chose cloche, on voit tout de suite laquelle de nos règles on a dépassé, et pourquoi.

Et on pourra apporter un rectificatif qui corrigera le problème, ou qui annulera le problème, ou se servira du problème…

On peut le faire d’instinct.

Mais ce que je prône, c’est un processus conscient, car n’ayant pas de sensibilité exacerbée, je préfère me fier à des processus analytiques pour résoudre mes problèmes, et vérifier que mon instinct ne me trompe pas.

C’est un fonctionnement tout personnel, cette fois et rien n’oblige à faire pareil  ;)

Mais c’est une règle qui marche pas mal…. ;)

 

Trouvez vos règles !

Gilbus

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Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

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Alain De Moyencourt et Mimosa ont des personnages très marqués, des univers très marqués (au sens "uniques", originaux, créatifs). Ce sont deux très fortes personnalités, que ce soit dans leur attitude (ils ont une présence, un charisme), leur apparence ou leur verbe (ils ont un bagoût terrible). En plus de cela, on a d'une part un très fin bricoleur et de l'autre un intellectuel qui peut vous donner du fil à retordre dans bien des domaines.

En bref, ces deux exemples suivent parfaitement la théorie évoquée par Gilbus.

En aucun cas, ce qu'a écrit Gilbus n'interdit d'aller à contre-courant. Bien au contraire, il y incite ! Il incite à la recherche, à la créativité. Mais pour créer, pour rechercher, ce n'est pas forcément instinctif. Gilbus essaie de donner quelques pistes (pas une règle immuable) pour se lancer dans ce genre de démarche de recherche (D'où partir ? Sur quoi se baser ?). Il veut aider, pas dire "vous devez faire comme ci ou comme ça" mais "vous pouvez faire comme ci ou comme ça, c'est une possibilité et je vous garantie qu'elle fonctionne pour moi". Il ne dit rien d'autre !

De mon côté, je peux vous garantir que cela fonctionne pour lui et pas que pour lui !

Je n'ai pas encore vu le spectacle de Jean-Luc Bertrand mais cela ne saurait tarder. Cependant, je l'ai déjà vu sur scène et c'était bien mais côté univers et personnage, pour avoir déjà vu (en vrai bien sûr) Alain De Moyencourt et Mimosa, ces deux derniers ont quand même plus de charisme, de présence et d'assurance sur scène.

En dehors de la scène, c'est une autre histoire. Alain De Moyencourt et Mimosa sont peu différents en dehors de la scène : ils sont blagueurs, assez excentriques (mais c'est pleinement assumé) et vous parle avec la même intonation que sur scène ou presque.

Dans le cas de Peter DIN, il y a un contraste : en dehors de la scène, c'est un homme très réservé, limite triste parfois. Même chose pour Gaëtan BLOOM, il y a un contraste fort si vous avez l'occasion de discuter avec lui et de le voir sur scène juste après, vous constaterez le changement d'attitude. Quand il monte sur scène, il est heureux d'y être et ça se sent. Cela ne veut pas dire qu'il n'apprécie pas discuter avant ou après un spectacle mais juste que sur scène, il se sent pousser des ailes et il ose plus qu'en dehors.

Pour Sébastien MOSSIERE, c'est encore un autre cas. Il a changé avec le temps. Les premières fois où le l'avais vu à TROYES et à PARIS, il était très réservé en dehors de la scène. Aujourd'hui, il a pris beaucoup d'assurance et même sur scène, j'ai senti qu'il osait encore plus.

Pour revenir à Jean-Luc BERTRAND, je pense qu'il évolue de la même manière que Sébastien MOSSIERE justement (au niveau de l'attitude). Il ose de plus en plus et c'est pour ça que j'ai très envie de voir son dernier spectacle.

Enfin, il y a les personnalités comme Mathieu BICH, un créatif prolifique mais dont la réserve est encore trop importante pour monter sur scène. C'est dommage. Mais peut-être que si il sentait une demande plus forte, il se jetterait à l'eau. J'aimerais bien le voir plus souvent à la télévision et particulièrement à la télévision française où on le l'a pour ainsi dire jamais vu. J'aimerais bien le voir présenter lui-même ses créations plutôt que de voir ces dernières présentées par d'autres (avec ou sans son accord).

Mais revenons-en au sujet : la création d'un univers. Gilbus ne faisait que mettre en évidence le fait que ce conseil donné à un débutant (ou pas d'ailleurs) "il faut que tu emportes les gens dans ton univers" est bien vague. Ce conseil va lui faire une belle jambe si on ne développe pas plus. Donc Gilbus l'a fait : il a développé plus en essayant de ne pas être trop pompeux, avec une pointe d'humour et des exemples concrets. C'est une démarche parmi d'autres, c'est une série de conseils, d'exercices à essayer, etc...mais c'est concret et applicable en l'état.

Modifié par marc page
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L'illusionnisme est l'art de donner une réalité à des choses impossibles ou très peu probables.

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