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Gilbus

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Tout ce qui a été publié par Gilbus

  1. Une autre chose qui pourrait t’être utile si tu vas dans ce type de magie : Prendre des cours de conte. Le conte et la magie contée sont cousins de la magie bizarre, car même si tu as un bel effet, du beau matériel frappant d’authenticité, il faudra toujours à un moment ou à un autre mettre en scène leur histoire et l’interpréter… Les techniques du conteur sont assez appropriées à l’interprétation de beaucoup de routine de magie bizarre, et à beaucoup de routine de magie en général. Donc, si tu trouves des associations ou formations de conteurs du coté de Belfort, renseignes toi Gilbus
  2. Le jeu n'a pas besoin d'être truqué, il peut être emprunté Cool: je n'ai donc plus que 2 ou 3 solutions... Dont une sera cependant un peu aléatoire si on me présente un jeu mickey tout collant et ondulé... Mais cela replace donc l'utilisation de ce tour dans des limites bien précises: Les cas où l'on peut emprunter un jeu... C'est à dire quand on est en visite chez quelqu'un, et qu'il nous demande un tour (ou qu'on s'arrange pour qu'il nous le demande ) Ou alors entre magiciens... Car au resto, en spectacle en salle, en animation de manifestation, avec un public de moldus, il n'est pas simple d'emprunter un jeu de cartes... Si on fait le tour avec notre propre jeu, je pense toujours que les spectateurs penseront illico que le jeu est truqué si on le présente comme sur la vidéo. D’ailleurs, il écrit « sans regarder ni toucher les cartes », mais sur la vidéo, il ne se prive pas de regarder et toucher… c’est ballot… Quand à la version de séparation par les spectateurs... c'est dommage de ne pas montrer l'effet le plus fort Gilbus
  3. Tel que c'est présenté, effectivement, la magie ne rayonne pas des masses: Ok, il sait si la carte est rouge ou noire, en voyant/touchant le dos. Donc... ou est la marque? C'est la seule question que se posera le spectateur français, et il faudra envelopper cela dans beaucoup de baratin pour l'éviter. Je ne sais pas comment il fait, mais le fait d'avoir spontanément, sans réfléchir, 3 ou 4 solutions qui ne sont pas invalidée dans la vidéo, cela me semble aller dans le sens de la devinette plus que dans celui de la magie. Mais je n'ai peut être pas tout compris, je ne suis pas très bon en anglais... Quelqu'un peut nous expliquer l'intérêt? Gilbus
  4. Heuuu, c’est assez délicat, comme choix, non ? Parce que si l’on ne doit pas rire les jours ou il y a la guerre, les jours où il y a des attentats, les jours où il y a des injustices, on ne rira pas souvent, et nous ne devrions jamais faire aucun spectacle… Tiens, un exemple : SYRIE. Les djihadistes de l'Etat islamique exécutent 160 soldats http://tempsreel.nouvelobs.com/guerre-en-syrie/20140829.OBS7589/syrie-les-djihadistes-de-l-etat-islamique-executent-160-soldats.html L’article est daté du 29/08/14, il y a un an environ : A-t-on suspendus les spectacles en France, il y a un an, quand la vidéo est sortie ? Quand l’état islamique a provoqué des centaines de milliers de réfugiés en Irak, détruit des villages entier en Syrie, on a fermé les théâtres ? Non, car c’était loin… Maintenant que c’est à Paris, là on est ému. Cette attitude ne me semble pas cohérente, la vie d’un parisien n’ayant pas pour moi plus de valeur que la vie d’un Syrien ou d’un Irakien. Et à l’inverse, que désirent ces terroristes : O, ils veulent plein de choses, mais entre autre, un appauvrissement culturel, si on se place de notre point de vue. Leur donner ce qu’ils demandent, en fermant les salles de spectacle, ne me semble pas la bonne réponse. Non, la terre n’est pas un endroit tellement plaisant, pour énormément de monde. Oui, il faut respecter la douleur de ceux qui sont en deuil, ou qui souffrent. Mais la culture fait partie des choses qui rendent justement le monde plus vivable, plus intéressant, et au final plus heureux. Mais c’est bien sûr un problème très personnel, chacun doit se positionner quand il est confronté au problème. J’espère n’avoir choqué personne… Gilbus.
  5. Hier soir, mon association Rennaise organisait une soirée conte, avec un spectacle joué par des conteuses de Lannion, sur le thème « les femmes ». Mais hier matin, les conteuses nous préviennent qu’en raison des circonstances, elles ne viendront pas. Céder à une peur irraisonnée ne nous a pas semblé une bonne réponse. Nous n’avons pas annulé le spectacle : Dans la journée, nous avons rassemblés une nouvelle équipe de 6 conteurs, et monté un spectacle sur le thème annoncé. J’y ai donné deux conte, dont un avec de la magie (une histoire de boulon qui se dévisse…) La seule différence, c’est que nous allons donner les bénéfices de la soirée à une organisation qui aide les populations en Syrie, qui la bas aussi souffrent beaucoup, bien plus qu’ici, en fait. Conserver les valeurs de solidarité entre les peuples me semble une meilleure réponse qu’un repli sur soi. Je sais, ce message est politique, et ne devrait pas être sur ce forum. Mais définir la position des artistes par rapport à l’actualité, la société et la liberté d’expression, est évidemment une attitude politique. Je pense qu’il serait ballot de s’en priver ici… Gilbus
  6. Selon cet article, cela a un peu baissé, voir le tableau des salaires depuis 2012... http://paiecheck.com/2013/05/31/salaires-a-la-sacem/ Cela serait passé à 400 000 pour le dirigeant, et les 10 suivants ont une moyenne de 26 6670 seulement. La vie des dirigeants souffre de la crise aussi, c'est dur pour tout le monde... Heureusement, ils ont en plus de nombreux remboursements de frais qui leur permettent de joindre les deux bouts et maintenir la tête hors du champagne... Gilbus
  7. À propos de géoglyphes, Le Mystère des géoglyphes géants : Source et article complet ici : http://www.parismatch.com/Actu/Insolite/Kazakhstan-Le-mystere-des-geoglyphes-geants-857961#CS1-6 Ben, ce type de dessins étaient connus bien avant la NASA voir tous ceux là: https://www.google.fr/search?q=cordill%C3%A8re+des+andes+dessins+g%C3%A9ants&safe=off&tbm=isch&tbo=u&source=univ&sa=X&ved=0CCMQsARqFQoTCKuz8Yjg9MgCFcwKGgodAqQAwQ&biw=1277&bih=701 Gilbus
  8. Une remarque: Poser la question, comme tu dit que cela a été fait, aurait été intéressant si on avait fait en plus une étude comparative en test réel de touché, au moins pour les zones les plus accessibles, et bien sûr à l'insu des sondés : Personne n'est objectif ni conscient de la façon dont il réagit vraiment. Cela aurait pu permettre de nuancer le questionnaire. Par exemple, le tableau avec les couleurs montrent qu'a part les mains, on ne devrait pas toucher du tout un spectateur, fille ou garçon. Hors guider un spectateur ou une spectatrice par le bras, le coude, l'épaule, ça se fait sans créer d'appel au viol... Que dire aussi, dans ce cas, de Williamson, quand il charge carrément un spectateur sur son épaule à lui, pour l'emporter sur scène comme un ballot? Le spectateur fini plié de rire, comme toute la salle: On peut transgresser les tabous, si on a le charisme qu'il faut. Donc, c'est intéressant, comme étude, mais bon, il faut sans doute relativiser, et tester en fonction du contexte et du personnage. Par exemple, quand une spectatrice me demande une photo, et que je me blottis tout contre elle, en entourant ses épaule de mon bras, et en adressant un sourire niais mais lubrique à l'objectif, je crois que ça ne pose aucun problème, il y en a même qui reviennent... Mais c'est dans le personnage... Gilbus
  9. ben pas tout le monde: J'ai regardé un peu au début, mais une fois compris le principe, comme je n'aime pas voir des gens se faire tourner en ridicule, que les vrais artistes ont des contraintes sans rapport avec leur talent, que le jury est tellement caricatural que c'en est pathétique, ben j'ai arrêtè de regarder ce truc depuis longtemps. C'est bien suffisant de voir une redif youtube de temps en temps, quand un numéro vaux le coup et n'a pas été trop esquinté par la production. C'est Coluche qui disait je crois: "quand on pense qu'il suffirait que les gens arrêtent d'en acheter pour que ça se vende pas..." Gilbus
  10. Tu as plusieurs possibilités : La plus légère : un club informel (association non déclarée) Tu fixes des rendez-vous plus ou moins fixes, par exemple dans l’arrière salle d’un bar, et tu contact les magiciens de ta région pour les inviter à t’y rejoindre. Pas d’argent, ou un minimum, puisque tu n’as pas de compte en banque pour l’asso, et tu dois gérer les dépenses éventuelles en transitant par des comptes de particuliers. Plus structuré : Tu crées une association loi 1901, comme proposé ci-dessus, et tu la fait administrer suivant ses statuts et la réglementation 1901. Cela demande un peu de travail pour créer l’association, l’avantage principal étant que tu peux avoir un compte en banque au nom de l’asso. Tu as aussi le droit d’organiser 6 manifestations par an… Et tu as sans doute droit à un peu de subventions de ta commune. Plus fort encore : Ton association 1901 marche bien, tu décides de la faire adhérer à la FFAP : Là, il faut contacter la FFAP, pour connaitre la procédure d’admission et les contraintes statutaires (tu seras peut être amené à changer les statuts du club pour que ça rentre dans les clous… Quel que soit la forme de ton association (non déclarée ou déclarée 1901), tu dois définir les buts à atteindre : -L’objectif -Les moyens nécessaires pour atteindre cet objectif -Qui sera concerné/intéressé Bon courage Gilbus
  11. Ce qui parait dommage, c’est que Kamel pense que son spectacle à lui seul n’est pas assez vendeur, et qu’il se sente donc obligé de fournir des tours avec, pour emporter l’acte d’achat… A moins que cela ne parte d’une honnête attention, et qu’il ne cherche à déclencher des vocations, en proposant un jeu de carte pas top et des tours (à vous entendre) de cours de récré ? N’ayant pas vu le DVD, difficile de se prononcer sur les qualités pédagogiques de la prestation… A moins que ce ne soient ses producteurs qui n’aient pas vu pourquoi on n’expliquerait pas de tours dans le DVD, puisque la magie consiste bien sûr à « expliquer des tours au public », le fait de faire de la magie n’étant qu’un à-côté presque fortuit… Bref, si ce n’est pas du débinage pur (les gens vont payer pour cela, après tout, comme tout autre support de formation commerciale…), ce qui peut poser question, c’est la vente conjointe de deux produits : Un de spectacle, l’autre de formation, sans rapport à priori, puisqu’il n’explique pas les tours de son spectacle, hein ? Pour ceux n’achetant le DVD que pour le spectacle, la partie explication devient alors du débinage… Bon, ça, c’est si on veut avoir une analyse formelle sur le fait que ce soit du débinage ou pas. En pratique, je me fiche un peu de ce que fait Kamel, et il me le rendrait probablement bien, s’il savait que j’existe… On a donc le droit de débiner un tour qui a déjà été débiné, ou un tour qui n’est pas terrible ? J’ai peur de ne pas être d’accord avec cela, voire les multiples discussions sur le débinage qui ont eu lieu ici et ailleurs… Jolie phrase de sagesse, qui mérite réflexion L’opinion du spectateur n’est-elle pas la chose la plus importante pour le magicien ? Gilbus
  12. Un grand merci : stackview adopté!!!! J'avais dut voir ce programme il y a un moment, et je l'avais oublié... Je vais voir maintenant si j'en fait quelque chose Gilbus
  13. Dans l’absolu, un jeu bien mélangé ne veut effectivement rien dire : Que le jeu soit trié dans l’ordre des familles, ou avec un chapelet quelconque, ce ne sont que des cas particulier d’un état « mélangé » parmi un paquet d’autres. Mais comme ce post porte sur les chapelets, j’imagine que l’on peut réfléchir a une notion de mélange relatif : Partant d’un état donné, quel est la variation nécessaire pour que le jeu soit dans un état éloigné de l’état de base : on ne parle plus dans l’absolu, mais par rapport à une référence. Dans cette optique, on peut imaginer plusieurs choses : -Le nombre de cartes qui ne doivent pas être à leur place d’origine après le mélange : veut-on que certaines cartes puisse rester à la même place, ou non ? -L’écart entre la place de chaque carte avant et après : si une carte n’a bougé que d’un emplacement, est-ce assez ? Combien faut-il d’emplacement minimum ? -la variation des écarts de cartes sur l’ensemble des cartes : si on coupe le jeu au milieu, on a déplacé toutes les cartes de 26 : cela ne semble pas un bon mélange, pourtant toutes les cartes ont changé de place. Si on détermine des variations de déplacement individuelles différentes pour chaque carte, la, on va avoir ce que le bon sens appel un mélange. Et j’imagine que les matheux trouveront d’autres critères de mélange, avec des noms bizarres… Donc, mélanger les cartes pour les éloigner d’une situation de départ, ce qui correspond au sens commun d’un mélange, oui, c’est possible à quantifier… mais il y a du boulot Gilbus
  14. il semble y avoir besoin d'un mot de passe, c'est normal? Gilbus
  15. Et à son discours tout court : [video:youtube]https://www.youtube.com/watch?v=BUuvN6eCl5Q !!!!!! !!!!!! !!!!!! !!!!!! !!!!!! !!!!!! !!!!!! !!!!!! Tant va la cruche à l'eau qu'a la fin, c'est la goutte qui fait déborder le vase qui apportait de l'autre à notre moulin... Gilbus
  16. Pour les mains: Tu as un exercice facile: Tu prend une feuille de papier journal de bonne taille, et tu la froisse en boule avec les doigts d'une seule main, sans t'aider de l'autre. cela va muscler chaque doigt indépendamment. Pour les tutos, mes préférés : [video:youtube] et la série : [video:youtube] [video:youtube] etc... Un autre que tu devrais regarder jusqu'au bout: [video:youtube] Sinon, je te conseille de faire une recherche sur les multiples discussions concernant les tutos youtube. Et plus encore, de réfléchir, toi même, a l'utilité du secret en magie....puis de réfléchir encore sur le concept de tuto en public lui même... On comparera nos points de vue un de ces jours J'ai vu que tu débutais, il y a plein de questions que tu te poses... C'est normal. Mais plutôt que de chercher les réponses dans des tutos, procure toi des ouvrage plus sérieux, comme la série de vidéo "la magie par les cartes" de Billis, par exemple. Gilbus
  17. certes, mais... tu connais la façon de travailler d'Otto, par exemple? Il fini avec une scène tenant plus de la déchèterie magique que d'une surface immaculée... et c'est très bien pour son type de prestation. Bon, je ne pense pas qu'Otto puisse être accusé d'amateurisme en cabaret, donc la question du nettoyage peut de gérer. D’ailleurs, dans les trucs qu'il jette par terre, certains sont attachés entre eux, et offre donc une récupération facile et groupée, tout en conservant un apparent bordel innommable il y a aussi la solution du tapis: on laisse tomber un maximum de son bordel sur le tapis, et l'enlever reviens à faire un baluchon qu'on tire hors de scène: ça facilite largement le nettoyage... En dehors de cela: De nombreux magicien ont recours à l'assistant(e), pour évacuer le matériel utilisé. ou un élément de décors, qui a un sens dans le numéro, sert aussi de dépotoir pour le matériel utilisé. Enfin, il y a le choix de laisser certaines choses en vue, comme dans certains numéro de close up, pour que la preuve du prodige continue un peu d'être présent durant tout le temps qui suis. ou alors, le matériel disparait magiquement, ça arrive aussi... mais bon, pour en revenir à la question de base: on a plein de meubles de scènes pouvant s'adapter à cette fonction, un des plus simple étant une structure de guéridon spider avec un sac tissus (ou une boite rigide) qu'on fixe à la place du plateau. on trouve aussi des parapluie inversés, des chapeaux haut de formes et ce genre de choses, montés sur un pied. Et si ce sont des pièces, par exemple, on a besoin de quelque chose qui sonne quand la pièce est lancée dedans, genre seau à champagne posé sur un petit guéridon, puisque le son participe de l'illusion. Tout ne se jette donc pas dans le même type de récipient... Par contre, j'avoue aussi mon ignorance pour le terme générique de l'objet, en dehors du classique "poubelle de scène". D'ailleurs, comble de la satyre, le même Otto utilise aussi, lui, une poubelle de scène dont le couvercle s'ouvre avec une pédale, comme une poubelle domestique... Cela correspond néanmoins à un type de magie bien précis: un spectacle ou l'on prend des choses d'un coté (ou on les fait apparaitre...), et ou on s'en débarrasse dans une poubelle. La magie nouvelle me semble un peu sortie de cette démarche ou l'on produit/utilise une chose, et ou on la balance pour passer au tour suivant. La notion même de découpage en tours et en matériel ne servant qu'a une chose demande réflexion. Gilbus
  18. Arf, vous êtes dur, j’ai le boulot de 3 jours à faire en un aprem, une partie de jeu de rôle à organiser pour ce soir (et je maitrise), ma femme me tanne pour que je lui fasse la brochure de son asso, et ma fille pour que je lui branche son disque dur externe, tout cela avant de préparer mes affaires pour partir demain à l’aube au WE dicomagie à la maison de la magie de Blois… Personne d’autre ne peut s’y coller ? Enfin, je dis s’y coller, ce n’est pas une corvée, ce tour m’a enchanté dans sa réalisation Bon, on peut se poser la question des angles, mais de face, c’est super en tout cas Pour l’interprétation et le texte, OK, on peut peut-être avoir d’autres approches, mais Wunha et les autres ont déjà donnés pas mal d’éléments, non ? Bon, juste quelques points de détails rapides : Le titre : Déjà, dans le titre de la vidéo et le nom du tour, tu dis clairement qu’il y a une surprise avec la bouche : c’est ballot… une surprise annoncée aussi précisément ne perd elle pas un peu de son effet de surprise ? 0 :52 : « Bonsoir à tous, voici un jeu de carte tout à fait normal ». Bon, je ne reviendrais pas sur le fameux jeu « normal », que nous essayons tous d’éviter… Mais la première phrase… La première phrase est importante, très importante, car c’est là qu’on va décider de l’attitude qu’on va avoir en regardant la suite. Là, le message de tes gestes est : « Je sais faire un éventaille et le fermer d’une main, je suis donc manipulateur, essaie de trouver ou je te blouse… » Et le message du texte : « c’est un jeu normal… » Ça commence mal, tu te poses en magicien qui sait manipuler, tu annonces en substance que « tu ne triche pas », mon œil, donc on va devoir démonter le tour… Remarque c’est une accroche intéressante aussi : On va regarder la vidéo, pour trouver le truc… Sinon, on aurait peut-être zappé ? Mais si tu avais une approche avec une chose intrigantes (et pas un magicien manipulateur qui va nous faire un tour), les gens n’auraient peut être pas zappés non plus ? Ta première phrase n’a pas un message qui te concerne toi, ni qui concerne le spectateur. Si à la place, par exemple, tu disais : « Bonsoir, je viens vous montrer… toute ma vie » fin de phrase en regardant le jeu. Pause. Regarde public, avec de petits coup d’œil amoureux au jeu, de temps en temps, sur le rythme de la phrase : « Oui, ma vie, car toute ma vie tiens dans … un petit jeu de cartes : j’y passe tout mon temps, toutes mes forces, toute mon âme… et il me le rend bien.» Bon, ce n’est qu’un exemple lâché sans réfléchir, nous sommes bien d’accord qu’il ne faut pas le dire comme ça, c’est trop pompeux… mais ce que je veux dire, c’est que tu peux donner un sens, et surtout un sens fort à ce que tu nous montres. Alors qu’un « jeu de carte normal », c’est un peu plat. Sur la première phrase surtout, tu dois impliquer le spectateur, l’intéresser. Il y a mieux pour l’intéresser qu’un jeu de carte, même « normal ». 0 :53 : « Deux cartes vont être choisie » Tu annonces ce que tu vas faire, cela confirme ton mode défit, c’est cohérent. Tu voulais faire un défi ? Le choix des cartes : Vraiment dommage que tu n’aies pas un public, pour au moins dire stop… On n’est plus dans de la magie, mais dans l’exposition de ce que peut être l’effet si on le fait à un public. C’est fort aussi, tel que tu le fait, mais moins… A, et comme tu faisais la vidéo sans problème de direct, tu aurais pu t’arranger pour avoir une carte noire et une carte rouge, plus visuel… mais c’est vrai qu’en condition réelles, on a tous les cas… Bon encrage de la première carte mise en bouche, c’est cool… en fait, ta façon de faire le tour est vraiment bien pensée… 1 :03 : « à partir de maintenant, il est important pour vous de… » Tu confirmes le mode défi, encore une fois, c’est cohérent si c’est ce que tu voulais faire. Perso, je trouve qu’on ne sort jamais gagnant d’un défi… 1 :07 : tu égalise les deux cartes, alors que tu vas les éventaillier ensuite quand elles seront insérées dans le paquet : il y a une très légère contradiction… 1 :08 « Je vais les placer dans le milieu du jeu… » Texte de magie pour aveugle, tu en parle au futur, mais tu le fait en même temps. On peut bien sûr concevoir d’annoncer à l’avance que qu’on va faire. J’ai moi aussi un tour ou j’annonce tout au début le but du tour et la procédure, mais bon, c’est tout au début, pas pendant que ça se fait, le rendu est du coup différent…et je n’ai pas de défi dans ma version… 1 :10 Bon, c’est sans doute le moment le moins clean du tour, bien qu’on ne voit rien : Mais quand même : il y a des gestes pas trop clairs, et on entend une carte qui frotte, quand tu fais ton mouvement, ce qui est anormal puisque tu n’es rien sensé faire, à par égaliser le jeu… « et les perdre très délicatement comme ceci » : à nouveau, magie pour aveugle. Ce qui est dommage, c’est que tu ne fais aucune misdirection verbale, au contraire, ton texte en fait un temps fort, c’est ballot quand tu as une manip à faire... Dans ta version, tu dis en 1 :08 : « Et les perdre » en regardant le public Mais immédiatement, tu baisse les yeux vers ta manip qui n’est pas vraiment finie, enfin, c’est l’impression que j’en ai… du coup, tu as fait ta manip très vite, trop vite, on a l’impression d’avoir raté un truc… Et Tu enchaines « très délicatement dans le jeu »… pour moi, tu ramènes le focus sur les cartes trop tôt, outre le sens du texte qui est redondant avec les gestes. Etc… je ne vais pas décortiquer tout, puisque la suite est sur le même modèle… Défi : « vous ne me croyez pas ? » en 1 :17 etc. Juste une suggestion : Après la production de la première carte, tu l’amènes directement à la bouche : Peut-être gagnerais tu à faire une petite pause d’assimilation, carte en main pour que le public ai le temps de bien voir la carte. Ensuite, tu la mets en bouche. Tu n’as aucun jeu d’acteur sur le fait de retourner la carte dans la bouche : le mouvement est fait automatiquement, mais non motivé. Tu gagnerais sans doute, comme je l’évoque plus haut, à montrer la carte verticalement, puis à la retourner directement pour la mettre en bouche, sans sembler voir que tu la mets face cachée : j’imagine que cela doit être compatible avec ta façon de faire le tour ? Le fait que la carte soit face cachée doit passer le plus inaperçu possible, pour préserver la surprise de la révélation finale : En reprenant la carte pour la retourner, tu attires l’attention sur le fait qu’elle doit être cachée pour ton tour… La production de la seconde carte n’est pas top par rapport à la première : La première se retrouve sur le dessus, c’est donc un déplacement magique, au niveau du type d’effet. Peu de mouvement, théoriquement aucun… La seconde a lieu après tout un tas de coupe et de simili fioritures, avec éjection : c’est un effet différent, qui correspond pour moi à une divination/localisation (trouver ou est la carte), suivi d’un peu de jonglerie. C’est un effet plus élaboré, au niveau gestuel, mais que je trouve moins magique que le premier, car il y a justement beaucoup de gestes. C’est ballot. Mais il faut voir l’avis d’un public lambda, c’est peut être toi qui a raison… La voix : Elle est sympathique. Un manque peut être de variation d’amplitude et de ton : Tu dis tout un peu sur le même ton. Le personnage est sympathique, d’ailleurs, mais je n’ai par contre pas vu son message, en dehors du défi. Le texte n’a pas à raconter une histoire élaborée, pour être travaillé. En gros, tu peux faire exactement le même type de texte, mais avec un texte qui ne soit pas justement la simple reprise de ce que tu fais… Deux options (au moins…) : Tu enlèves du texte, quand ton texte répète ce que le spectateur voit : Un simple : « Regardez bien» quand tu insères les deux cartes dans le jeu. Dit bien sûr en regardant toi-même le jeu. Puis, tu relèves la tête, regarde les spectateurs/caméra, et dit : « c’est honnête, non ? » et en même temps, tu fais..heuuu… Ce que tu dois faire. Mais sans le regard vers le jeu Le « c’est honnête, non ? » n’est pas une redites de l’action que tu fais : c’est un complément de l’action que tu fais. Le spectateur doit voir les cartes perdues dans le jeu, et tu apportes une valeur ajouté, une question en forme d’affirmation… L’autre option est au contraire d’ajouter du texte, pas en plus de celui que tu as, uniquement descriptif, mais à la place : Et ce texte pourra donner un sens à ton tour. Pourquoi tu nous montre tout ça ? Que veut dire ton personnage ? Il doit avoir quelque chose à faire passer : le texte n’est pas forcé de nous « dire » le message de ton personnage, mais il peut nous guider vers ce message, pour donner un sens au tour. Je ne parle pas de raconter une histoire, mais de nous montrer une vraie personne, avec des motivations, un but, un caractère. Ce que veulent les spectateurs, ce n’est pas que de la magie, c’est une rencontre. La, tu es trop clean, trop détaché, et tu ne te livre pas du tout. Si tu crées une intimité avec le spectateur, ton tour sera bien plus fort : Non seulement tu fais des miracles, mais en plus, tu es avec le public, pas juste devant lui : ça fait une grosse différence. Bon, ok, face à une caméra, c’est la galère Mais si tu te prêtes à la vidéo, il faut jouer le jeu quand même… Bon, je te parle de tout cela, bien sûr, car tu maitrises vraiment bien tes tours, pour ceux que j’ai vus : C’est le genre de chose qu’on n’aborde même pas avec un débutant… Je crois que tu peux te consacrer maintenant à rendre tout cela plus vivant, à avoir une vraie rencontre avec les gens, en te découvrant un peu. C’est un exercice très délicat : Il ne faut pas jouer un rôle qu’on n’assume pas, surtout si tu n’es pas acteur. Mais tu peux peut-être simplement te décontracter, et être justement davantage toi-même, sembler moins « tout contrôler », jouer la détente, la désinvolture parfois, la complicité… Il y a plein de relations à établir avec le public, et je ne suis certainement pas le mieux placé pour en parler, il y a de grand magiciens ici… Tiens, à titre d’exercices : (exercice, donc à tenter en répétition, pas devant les gens…) As-tu essayé de présenter ce tour en changeant d’état d’esprit ? Tu es déprimé. Tu es joyeux. Tu es amoureux. Tu es complétement shooté à la colle… Etc. Attention, ne pas faire de caricatures…mais ressentir les émotions. Ce type d’exercices pourrait peut-être t’aider à te libérer de ton enveloppe de magicien hyper correct, et à te laisser voir sous d’autres angles ? Ensuite, bien sûr, à moins que tu n’aies un coup de cœur pour une de ces versions, tu peux refaire ton tour comme tu le fait… mais en laissant juste paraitre un tout petit peu de la version qui t’a plu… cela évite de sur-jouer, mais donne un peu plus d’humain dans la prestation. Évidemment, tout le monde n’a pas le personnage de Tamariz (et heureusement, il est tellement unique ), mais tu es en spectacle, donc tu peux avoir des réaction plus fortes que celles que tu laisses voir dans ton personnage actuel. Éclate-toi Mais bon, je dis ça, mais je ne suis pas vraiment magicien, alors… Et en tout cas, félicitation pour ton habileté et ton travail ! Gilbus
  19. Pour revenir aux émotions liées aux souvenirs, je voulais quand même mettre un bémol sur un point que j’avais d’ailleurs évoqué au stage et à la conférence de magie contée de Toulouse (comment, vous n’y étiez pas ? quelle erreur….) : Toucher les émotions du public est une bonne chose. Si le public reste avec vous, et ne s’éloigne pas dans ses propres souvenirs nostalgiques, heureux ou douloureux… Car le but, c’est quand même que le public s’implique dans notre spectacle, pas qu’il passe en mode rêverie, ou pire, en mode chuchotage avec le voisin pour lui dire (comme on le voit dans les post ci-dessus) : « tu te rappelles, quand je suis allé à l’hôpital, pour cette attaque ? » ou "quandle cousin machin est mort, ça a commencé comme ça..." Par exemple, dans la « parie de carte contre la mort », que certains ici ont vu, l’évocation de souvenirs peut être parfois douloureuse pour le public : on parle de malaise cardiaque, d’hôpital, de maladie et de mort. Mais que ça soit douloureux pour le public, ce n’est pas grave : Ce qui compte, c’est que je veux le toucher, mais qu’il reste avec moi, ICI et MAINTENANT, et pas dans une rêvasserie sur son passé. Donc, quand j’utilise des thèmes pouvant susciter une émotion et des souvenirs chez les spectateurs, une fois cela établis, je m’arrange en général pour casser le rythme du spectacle, volontairement, faire une sortie de registre, pour faire passer cette émotion au second plan, et rendre à nouveau l’esprit du spectateur disponible pour ce qu’on fait. Pour ensuite y revenir, sous un autre angle. Car une fois que le spectateur est touché par l’émotion, le but est atteint, il se sent impliqué, et on peut passer à la suite, il restera impliqué, sa conviction est faite, on est intéressant… Autre technique : Dans le texte de la petite histoire que j’ai copiée ci-dessus, je n’ai pas mis le script réel de mon histoire, qui est beaucoup moins lisible que la version plus littéraire… Mais il y a les changements de tons, d’intensités, de postures, de rythmes, qui vont aussi marquer les différentes phases de l’histoire… Donc, quand on interprète l’histoire, on voit que j’ai volontairement une partie d’exposition de la situation initiale qui est longue, et peu intéressante : Justement car je parle de l’enfance, et que chacun va évoquer inconsciemment sa propre enfance, durant ce temps : J'ai choisi de laisser le temps au public d’apprécier ce moment de retour sur soi, c’est pour cela qu’il ne se passe pas grand-chose dans la première moitié, ma situation initiale. Je joue d’ailleurs sur la répétition et l’encrage avec la phrase : « Moi, mon enfance, c’était une enfance tranquille, une enfance sans histoire… » Elle va commencer l’exposition de la situation initiale (ce qui précédé est une introduction en douceur dans l’histoire (voir les différents type d’introduction au conte, pour ceux qui étaient à la conférence…) Cette même phrase clôture la situation initiale : donc ce qui suit va être différent : l’élément déclencheur arrive… Et je me sers bien sûr de cette phrase pour clôturer le conte, ou elle se transforme en autre chose au niveau du sens (mince, tranquille, c’est quand il brule des gens dans la chaudière…) en ajoutant le gag qui enfonce le clou : « Mais une enfance…bien chauffée. » Dans la construction de ce petit exemple, on a donc une soupape de décompression des souvenirs intégrée, qui sert aussi bien sûr à faire un contraste entre la partie ou il ne se passe rien, et la partie ou ENFIN il se passe quelque chose… Les choses servent souvent plusieurs buts, il ne faut pas s’arrêter sur la première signification qu’on trouve Donc, l’émotion, oui, mais il faut aller un peu plus loin que juste susciter l’émotion, il faut aussi gérer la suite… Gilbus
  20. Pour revenir aux émotions liées aux souvenirs, je voulais quand même mettre un bémol sur un point que j’avais d’ailleurs évoqué au stage et à la conférence de magie contée de Toulouse (comment, vous n’y étiez pas ? quelle erreur….) : Toucher les émotions du public est une bonne chose. Si le public reste avec vous, et ne s’éloigne pas dans ses propres souvenirs nostalgiques, heureux ou douloureux… Car le but, c’est quand même que le public s’implique dans notre spectacle, pas qu’il passe en mode rêverie, ou pire, en mode chuchotage avec le voisin pour lui dire (comme on le voit dans les post ci-dessus) : « tu te rappelles, quand je suis allé à l’hôpital, pour cette attaque ? » ou "quandle cousin machin est mort, ça a commencé comme ça..." Par exemple, dans la « parie de carte contre la mort », que certains ici ont vu, l’évocation de souvenirs peut être parfois douloureuse pour le public : on parle de malaise cardiaque, d’hôpital, de maladie et de mort. Mais que ça soit douloureux pour le public, ce n’est pas grave : Ce qui compte, c’est que je veux le toucher, mais qu’il reste avec moi, ICI et MAINTENANT, et pas dans une rêvasserie sur son passé. Donc, quand j’utilise des thèmes pouvant susciter une émotion et des souvenirs chez les spectateurs, une fois cela établis, je m’arrange en général pour casser le rythme du spectacle, volontairement, faire une sortie de registre, pour faire passer cette émotion au second plan, et rendre à nouveau l’esprit du spectateur disponible pour ce qu’on fait. Pour ensuite y revenir, sous un autre angle. Car une fois que le spectateur est touché par l’émotion, le but est atteint, il se sent impliqué, et on peut passer à la suite, il restera impliqué, sa conviction est faite, on est intéressant… Autre technique : Dans le texte de la petite histoire que j’ai copiée ci-dessus, je n’ai pas mis le script réel de mon histoire, qui est beaucoup moins lisible que la version plus littéraire… Mais il y a les changements de tons, d’intensités, de postures, de rythmes, qui vont aussi marquer les différentes phases de l’histoire… Donc, quand on interprète l’histoire, on voit que j’ai volontairement une partie d’exposition de la situation initiale qui est longue, et peu intéressante : Justement car je parle de l’enfance, et que chacun va évoquer inconsciemment sa propre enfance, durant ce temps : J'ai choisi de laisser le temps au public d’apprécier ce moment de retour sur soi, c’est pour cela qu’il ne se passe pas grand-chose dans la première moitié, ma situation initiale. Je joue d’ailleurs sur la répétition et l’encrage avec la phrase : « Moi, mon enfance, c’était une enfance tranquille, une enfance sans histoire… » Elle va commencer l’exposition de la situation initiale (ce qui précédé est une introduction en douceur dans l’histoire (voir les différents type d’introduction au conte, pour ceux qui étaient à la conférence…) Cette même phrase clôture la situation initiale : donc ce qui suit va être différent : l’élément déclencheur arrive… Et je me sers bien sûr de cette phrase pour clôturer le conte, ou elle se transforme en autre chose au niveau du sens (mince, tranquille, c’est quand il brule des gens dans la chaudière…) en ajoutant le gag qui enfonce le clou : « Mais une enfance…bien chauffée. » Dans la construction de ce petit exemple, on a donc une soupape de décompression des souvenirs intégrée, qui sert aussi bien sûr à faire un contraste entre la partie ou il ne se passe rien, et la partie ou ENFIN il se passe quelque chose… Les choses servent souvent plusieurs buts, il ne faut pas s’arrêter sur la première signification qu’on trouve Donc, l’émotion, oui, mais il faut aller un peu plus loin que juste susciter l’émotion, il faut aussi gérer la suite… Gilbus
  21. J’ai maintenant un chauffage électrique… Devine ce qui arrive aux démarcheurs… Tout comme pour la poésie, les souvenirs gagnent souvent à rester un peu dans le flou, source de rêve et d’émerveillement. Gilbus
  22. J’ai maintenant un chauffage électrique… Devine ce qui arrive aux démarcheurs… Tout comme pour la poésie, les souvenirs gagnent souvent à rester un peu dans le flou, source de rêve et d’émerveillement. Gilbus
  23. le lien direct: http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=5095567 Gilbus
  24. le lien direct: http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=5095567 Gilbus
  25. Je ne peux que rejoindre cette analyse : L’illusionnisme, comme les autres spectacles ou arts, peut se servir des ressors émotionnels. En magie contée, ou en conte pur, c’est même une évidence. L’exemple de la boite de magie est un bon exemple : Elle va faire remonter des souvenirs dans l’esprit des magiciens du forum. Mais il faut bien sûr se rappeler la cible : Tout le monde, dans un public normal, n’a pas la même nostalgie de sa première boite de magie : Au contraire, certains vont en garder un souvenir cuisant, quand ils ont essayés de faire les tours, et n’ont convaincu personne, ou d’autres n’auront tout simplement jamais eut une telle boite, ou l’auront mis au placard dès l’ouverture ou presque, sans y attacher d’affect particulier. Mais il était bon d’aborder cette boite, émouvante pour nous, pour se rappeler que l’émotion est un bon moteur. On peut quand même généraliser les thèmes, pour les rendre plus accessibles : -L’enfance, ok, valeur sûre. -L’amour -L’ambition -La peur -La mort -La maladie -La faim Etc. Et les incontournables « sexe » et « violence », qui sont toujours d’actualité. On remarquera qu’il n’est pas si évident que cela de classer les thèmes heureux de ceux évoquant le mal-être ou la douleur : Certains ont pu avoir des souvenirs d’enfance pénibles, d’autre se rappeler juste une vie bisounours… On peut donc jouer sur la surprise, en donnant une image douloureuse à un thème à priori attractif, ou l’inverse. Mais l’enfance, par exemple, peut toujours être rattaché aux « premières fois », et donc à l’émotion particulière des premières expériences. Tiens, rien à voir, mais voilà le texte d’un petit conte (sans magie…) que j’utilise quand je veux parler d’enfance… Souvenir d’enfance Les conteurs, quand ils ne font pas dans le traditionnel, le fantastique, ou les contes de sagesse, ben ils vous racontent souvent leurs souvenirs d’enfance : c’est bon pour le spectacle, ça joue sur l’émotion, tout le monde s’y retrouve, ça marche bien. Moi, mon enfance, c’était une enfance tranquille, une enfance sans histoire… Du coup, il n’y a pas grand-chose à raconter. Mon enfance, c’était à Dijon. Au 13 rue de Colmar, un immeuble bourgeois. 4 étages. Enfin, 5, si on compte les chambres de bonnes, sous les toits. Bon, des bonnes, il n’y en avait déjà plus, de mon temps… Mais il restait un couple de concierge : Mes parents. Ma mère lavait les escaliers, elle montait le courrier aux personne âgées, elle entretenait la cour, nettoyait le garage à vélo. Le garage à vélo : Remplis de superbes vélos, ceux des propriétaires… mais le seul que j’ai vu faire du vélo, dans l’immeuble, c’est mon père. Il partait le matin à vélo, pour l’usine où il travaillait. Mais avant de partir, il allait au sous-sol, pour remplir la grande chaudière à charbon du chauffage centrale. Une chaudière immense, plus grande que mon père, avec une porte en fonte, énorme. A côté, un tas de charbon… et il pelletait…. Ça faisait partie du travail des concierges. Et le soir, quand il revenait, il remplissait à nouveau la chaudière, pour la nuit. Et l’hiver, quand il faisait froid, oui, il fait très froid, l’hiver, à Dijon… il revenait aussi le midi, pour remettre du charbon, pour pas que ma mère n’ait à le faire, car elle avait mal au dos. O, moi aussi, quand j’ai été assez grand, j’ai rempli la chaudière… pas pour travailler, non, mais c’était amusant de voir les flammes se tortiller sous le charbon qu’on lançait… Voilà… Moi, mon enfance, c’était une enfance tranquille, une enfance sans histoire… A, si : Un jour, je suis tout seul dans la loge des concierges, on sonne : « Dit moi, mon p’tit gars, tu sais s’i y a des chminées à nettoyer, des chminées à ramoner, ici ? Je passe dans l’quartier pour ça… » -Ben, je ne sais pas… « Tu ne sais pas ? Ben t’est un pov gars, alors ? Tu sais pas grand-chose. T’es pas ben fin, toi, hein ? » -C’est-à-dire que dans la loge, ici, on n’a pas de cheminée… Mais chez les propriétaires, je ne sais pas… Enfin, si, il y a bien…la cheminée de la grosse chaudière ? Moi, je ne peux pas vous dire de la ramoner, mais je peux vous la montrer, et vous direz à mes parents s’il faut faire quelque chose ? « D’accord, montre-moi, mais attention : en me montrant, va pas te perdre dans l’escalier, hein ? Se perdre dans son immeuble, ça serait bien ton genre, un gars pas futé comme toi, hein ? » Je prends la clef, la clef de la chaufferie, toujours pendue au clou, à côté de la porte. Je l’emmène au sous-sol. J’ouvre la porte du local de la chaudière, qui est toujours fermée à clef. Il entre, s’approche de la chaudière, il ouvre la grande porte, se penche dessus : à l’intérieur, on ne voie rien que des flammes. Moi, derrière, j’entre aussi. Je referme la porte. A clef. Je n’aime pas trop qu’on se moque de moi. Alors sans faire de bruit, j’attrape la grande pelle à charbon, je la brandi, et avec… Avec… J’ai contribué au chauffage de l’immeuble. Moi, mon enfance, c’était une enfance tranquille, une enfance sans histoires, Mais une enfance…bien chauffée. Gilbus
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