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Première prestation en restaurant, conseils
Marc PAGE a répondu à un sujet de Théo GIORDANELLA dans Forum Général
Je te conseille de revoir avec sérieux 3 ou 4 routines que tu connais déjà et a déjà présentées, pas plus. Tu en fais deux à une table, les deux autres à la suivante puis tu refais les deux premières à la table suivante, etc... Le 7 juin, ça te laisse un peu de temps mais ce n'est quand même pas assez pour maîtriser 4 routines. C'est assez pour apprendre et pour maîtriser la partie technique, mais pas pour maîtriser les routines dans leur intégralité (méthode + présentation + anticipations*). *Les anticipations : - réactions de spectateurs : trouver des "réparties" - soucis qui peuvent arriver : prévoir ce qui peut se produire (gimmick qui casse, technique qui rate ou bave, etc...) et trouver des sorties même si elles ne serviront pas. Les sorties peuvent être : - une technique alternative - changer d'effet en cours de route (les spectateurs ne savent pas ce que tu veux faire, à quel effet tu veux arriver dans la plupart des routines donc si tu rates ton forçage par exemple, tu peux finalement décider de faire une autre routine en contrôlant la carte librement choisie et en la révélant comme tu veux) - l'humour ou la poésie : les fameuses lines, ton sens de la répartie. Ceci peut être improvisé mais tu peux prévoir certaines réactions donc certaines réponses de tac-o-tac. Trouve-les toi même dans ce cas, c'est important. Il faut être spontané et non réciter. Bref, plus tu te mettras à apprendre de nouvelles routines en ce moment pour cet évènement, plus tu prends de risques de te planter. C'est bien de prendre des risques mais ils doivent être très mesurés. Faire une première prestation est déjà une prise de risque suffisante. N'en rajoute pas en voulant apprendre un tas de nouvelles choses. Utilise et perfectionne ce que tu as déjà, ce que tu connais et pratique déjà (ou a déjà pratiqué) pour cette fois. Du moins, c'est mon conseil. -
Au concours, j'avais bien aimé le mentaliste avec son arbre géant en bois. Je n'ai plus son nom malheureusement. Son numéro était très beau graphiquement et bluffant. Je pensais avoir compris le principe mais lorsqu'il l'a présenté de nouveau à la fin du congrès, je me suis dit "ah oui mais non !" Il y a deux autres choses que j'ai apprécié dans ce congrès : - lorsque nous sommes arrivés, nous avons été dans une boulangerie et nous nous sommes aperçu que tout le monde parlait en Flamand. Je me suis alors dit : "j'espère que tout ne sera pas en Flamand !". Et ouf ! Le présentateur comme la plupart des candidats au concours parlaient en Français ou, comme ce mentaliste avec l'arbre, dans les deux langues, ce qui est un effort qui méritait d'être souligné. Un autre candidat ne parlait d'ailleurs pas du tout Français et a fait venir une spectatrice Française sur scène : il en a fait les frais malgré qu'elle ait tout fait pour ne pas gâcher son numéro. - les primés au concours présentent de nouveau leur numéro à la fin du congrès : c'est très appréciable pour ceux qui ont loupé une partie du concours, surtout lorsqu'il s'agit des numéros primés. Enfin, une chose qui nous avaient bien fait sourire, c'est le pianiste à droite de la scène qui jouait de la musette entre deux numéros et se donnait un mal de chien pour que tout le monde se dandine dans son siège ou se mette à danser. Le plus drôle c'est qu'il y avait un grand panneau à côté de lui avec son nom et en dessous "Music Live". Sauf qu'une fois sur deux, son playback partait au moins 5s avant qu'il ne touche son clavier ou qu'il ne s'arrêtait pas alors que lui venait d'arrêter d'y toucher !
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A 84 printemps, il nous a présenté la routine de sac à l'œuf la plus nette que j'ai vu au congrès The Session et une routine de cartes pensées incroyable. Quant aux anecdotes, il n'en manque pas et adore les raconter. Quand il a présenté sa petite affiche que chaque congressiste avait en cadeau, Joshua Jay lui a dit "tu sais qu'en sortant, tu es parti pour près de 500 dédicaces !" il a rigolé. Et plusieurs heures après son interview, il était encore assis derrière une table à signer les affiches avec le sourire. Je crois que je suis l'un des rares à avoir son affiche encore vierge. Mais à défaut d'une dédicace, j'avais pu discuter un peu avec lui à l'hôtel avant la conférence. Nous avons parlé uniquement de ses voyages en France et de son numéro de colombes. Il est très agréable à écouter, simple, toujours souriant. Il est un des derniers pouvant vraiment parler de Dai Vernon et de bien d'autres desquels il a été très proche.
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Je viens de regarder seulement Le grand angle, Un sandwich de plus et Sandwich O'wallet. Pour le premier je me suis fait avoir pour la "charge" de la carte choisie. Le mouvement est tellement rapide, sans hésitation et tu débites tellement de choses qu'il passe comme une lettre à la poste. Bref, c'est direct mais ça marche ! Pour le sandwich de plus, c'est plus difficile à remonter mais il y a plus de mouvement illogiques (non justifiés) comme le fait de venir à deux reprises toucher au jeu avec les rois avant que la carte de soit choisie et alors que les deux rois ont été sortis face en l'air dès le début (donc même le fait le les montrer de nouveau ne peut constituer une justification). Ton contrôle tout comme ton demi SDC avec quelques cartes en main est très propre. Pour conclure, je pense que c'est plus une routine pour magiciens. Honnêtement, c'est difficilement remontable en ne le voyant qu'une seule fois. Le grand angle est remontable du premier coup pour un magicien qui a l'œil et sait où regarder mais est plus net pour des profanes à mon avis (et j'ai quand même dû le regarder une seconde fois pour revoir la charge, je n'avais pas osé y croire sur le coup tellement c'était direct). Pour le sandwich O'wallet, j'aimerais voir ce que ça donne en public. Le concept d'avoir la carte choisie encore à la vue de tous (mais face en bas) alors que tout est fini est intéressant mais des profanes n'auront-ils pas envie de la revoir au moment de la remettre dans le jeu ? Je me pose la question. J'aurais tendance à penser qu'ils auront un doute. Mais de là à penser qu'elle est déjà dans le portefeuille entre les jokers... je ne pense pas. Pour la charge, c'est propre et fluide. Direct et sans hésitation comme pour Le grand angle. Pour le début, à ta place : - je ne balancerait pas la carte choisie sur le tapis pour finalement la reprendre sur la portion inférieure du jeu et la retourner. Je la retournerais directement sur la portion inférieure du jeu et marquerait un temps (pour la mémorisation). - je ne la retournerais qu'une seule fois et non deux (autrement dit, je ferais la technique utilisée directement et non au second retournement) Sinon, la technique est exécutée sans bavure ni à-coup. Je te conseille juste de gommer les mouvements que je trouve inutiles et/ou non justifiés. Tu rends le portefeuille suspect pour attirer tes spectateurs vers une fausse piste. Pourquoi pas. Mais si l'intention était de bluffer les magiciens en soumettant l'idée d'un Himber, désolé je pense que ça ne marchera pas. C'est une jolie routine, bien travaillée. Elle me fait penser à une routine de Dominique Duvivier (peut-être à cause des cartes utilisées et du portefeuilles, d'une certaine façon de blaguer) dont j'ai de vagues souvenirs mais qui utilisait deux portefeuilles dont un Himber. Tu viens de me donner envie de mettre en ligne quelques routines. J'espère qu'en me levant, je n'aurait pas perdu cette envie soudaine. Peut-être un sandwich d'ailleurs !
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Merci pour ce petit souvenir de cette journée. C'était la première fois que j'assistait à un congrès en Belgique et j'en garde un bon souvenir. C'était un petit congrès mais l'accueil y était vraiment sympathique, le programme riche vu le prix d'entrée demandé : 25€ pour un gala, un concours, une foire aux trucs, de nombreuses conférences dont celles de Eric Jones, de John Carrey, de Lennart Green (même si il n'était pas au meilleur de sa forme le pauvre), d'Edouard Boulanger, de Luca Volpe et l'occasion de croiser Jean Merlin venu vendre ses pavés de savoir et d'histoire avec sa gouaille habituelle. En plus le Soleil était au rendez-vous. Bref, j'espère qu'ils feront de nouveau ce congrès dans les mêmes conditions car dans ce cas j'y retournerais, sans doute avec les mêmes qui sont venus avec moi, et cette fois, j'oserai venir vers toi directement ! Je t'avais reconnu lorsque tu étais entré à la conférence de Lennart Green et ressorti 5 min après parce qu'il avait mis plus d'un quart d'heure à s'installer, à retirer sa veste puis à la remettre puis a refaire plusieurs fois les mêmes routines parce qu'il s'était trompé. Il était vraiment perdu, mal à l'aise. J'espère qu'il va mieux depuis parce que le pauvre, c'était vraiment pas sa journée. Je n'ai pas osé t'interpelé pendant la conférence, même si il ne se passait pas grand chose et en sortant, je ne t'ai pas revu.
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Le Plus Grand Cabaret du Monde sur France 2 du 030318
Marc PAGE a répondu à un sujet de Thomas dans Forum Général
Tout d'abord, je vais passer rapidement sur le sujet du plagia déjà maintes fois abordé sur le forum en en donnant ma définition (quelle est a limite entre "reprise" et plagia) : - dans le cadre d'une longue routine, d'un numéro ou d'un spectacle, c'est principalement la reprise de l'enchaînement des effets, même si les moyens d'y parvenir diffèrent, même si le texte diffère, même si la couleur des accessoires, du costume, du fond de scène et la musique diffèrent. Exemple : l'enchaînement de Dirk Losander pour présenter son guéridon flottant, l'enchaînement au sein de la routine de corde de Francis Tabary, l'enchaînement au sein de la routine d'anneaux volants de Victor Voïtko, etc... Il reste des exceptions, notamment la reprise de numéro de magiciens décédés dans des cadres particuliers (comme quand Levent repoduit le numéo de boules colorées de Cardini, Tom Anders le numéro de son père Salvano, etc...). - dans le cadre d'une routine courte ou d'un gimmick, c'est beaucoup plus délicat. Il faut entrer dans les détails. Bon, j'en arrive à répondre à ta question que je rappelle ici : J'y ai déjà répondu en fait. Le problème n'est pas tellement le fait présenter les tours sans modifier grand chose. Les présenter tels qu'ils sont décrits n'est même pas un problème en soit. Mais dans ce cas, on ne se vend pas en se disant créatif, original, unique : c'est mensonger donc malhonnête. Comme je l'ai dit, personne n'ira condamner quelqu'un pour ça. La question est uniquement d'ordre moral. Le problème est donc le même que dans n'importe quel commerce : le succès d'un article ou d'un artiste ne repose plus sur sa qualité mais sur sa communication. Je trouve cela dommage et m'indigne des conséquences : la mort progressive de l'art par la normalisation (tout le monde fait pareil), l'irrespect (du secret, de nos pairs, du travail de certains) et l'hypocrisie (on aime tout ce qui a du succès ou peu avoir un succès commercial, qu'importe les moyens utilisés). Au cinéma, un navet peut faire des millions de vues parce qu'il a bénéficié d'un budget énorme pour sa promotion (publicité) pendant qu'un film de qualité dont les auteurs ont plutôt investi dans sa réalisation que dans sa communication ne remplira pas les salles. Et après les auteurs du navet se servent du succès commercial du premier pour vendre le second et tout le monde prendra cet argument comme un bonbon bien emballé. Il en est de même pour beaucoup de produits et de services commercialisés. De nombreux illusionnistes reprennent le principe. Je trouve ça dommage et dangereux pour l'avenir. Je préfère les créations mais ne suis pas contre les reprises, les interprétations. Je m'oppose juste à cette commercialisation sans limites de l'illusionnisme au détriment de l'art. Je m'oppose juste à cette consommation excessive qui en est à la fois la conséquence et entretien voir amplifie cette commercialisation sans limites. C'est un cercle vicieux dans lequel nous nous sommes engagés, comme une drogue. C'est dur de s'arrêter. Le faire d'un coup n'est pas possible mais se freiner l'est. Je fais ce que je dis. Le seul moyen d'enrayer la machine à consommer, c'est de consommer moins, de faire des choix, de faire soi-même tout ce que l'on peut. Etre créatif est un plus. Et cela participe à consommer moins ce que font les autres. Avant d'acheter quelque chose, se poser la question "en ai-je vraiment besoin ?" est inutile. Intérieurement, ce sera presque toujours "oui". Ce qu'il faut, c'est déjà moins lire ou regarder de publicité. Il y en a partout aujourd'hui. Il y a à peine une dizaine d'années, les publicités avant les vidéos sur youtube, sur le côté des sites comme Le bon Coin et Cie n'existaient pas ou étaient assez rares. Aujourd'hui, vous en avez également dès que votre vidéo youtube rame un peu : à la reprise, un petit coup de pub avec un décompte sur lequel il faut cliquer si vous ne voulez pas vous la taper jusqu'au bout. Bientôt, nous n'aurons même plus le choix. Nous devrons laisser en entier. Certains sites détectent même lorsque vous ouvrez une autre page pendant une pub et cette dernière se met en pause (dès fois que vous en ratiez un bout !). Alors oui, je suis vraiment devenu anti-publicité, contre la commercialisation de masse, contre les anglicismes à tout va, etc... On va dire que je suis contre la modernité, contre le progrès. Non ! Je suis contre ce que l'on présente comme moderne, ce que l'on nous présente comme des progrès car pour moi, ce ne sont pas des progrès. C'est tout le contraire ! Les Smartphones sont des inventions permettant des choses formidables mais aussi des choses effroyables. J'essaie de faire la part des choses. La fusion nucléaire est un projet qui mérite de s'y intéressé et d'investir mais tout ce qui comporte le mot "nucléaire" sera mis de côté sans même chercher à savoir ce que c'est. Nous ne nous intéressons plus assez à chercher, à comprendre, à rencontrer, à vivre, à faire par nous-mêmes. Nous suivons la majorité, nous suivons les modes, nous nous laissons avoir par les publicités, etc... tout cela parce que nous sommes pris par les émotions (nous sommes persuadés, pas convaincus de la plupart de nos "besoins"), tout cela parce que nous voulons briller en société trop rapidement, qu'importe le prix. Les succès artistiques sont énormes aujourd'hui mais éphémères. Effectivement, Netcheporenko présente le même numéro depuis 20 ans (je dirais même 30 ou 40 car il avait été champion du monde avec en 1988, l'année de ma naissance !). C'est beau ! Cela veut dire, qu'il n'est toujours pas dépassé, qu'il se vend. Et au niveau communication, on ne peut pas dire qu'il soit très moderne. C'est la qualité et l'originalité de son numéro qui explique son succès, pas sa communication. Il y a un vrai mystère sur "comment sa partenaire fait", il y a une vraie poésie dans ce numéro, une vraie originalité (je n'ai jamais rien vu de pareil). Il y a une âme. Mais il a d'autres numéros, moins connus. C'est juste qu'en France, on l'a vu une fois présenter ce numéro (au cabaret de Patrick Sébastien) et puis on a voulu le revoir. Il est repassé à Attention Magie, etc... Et si aujourd'hui, on souhaite l'engager, quel numéro lui demandera t-on ? Celui qu'on a déjà vu il y a longtemps et qu'on aimerait revoir bien sûr ! Si je prend Yann Frish : dans 20 ans, il aura fait plein d'autres choses mais je suis sûr qu'on lui demandera encore Balltass. Aujourd'hui même, alors qu'il a déjà mis au point et présenté pleins d'autres numéros (et même avant Balltass*), je suis sûr qu'un producteur de théâtre ou d'émission français ou étranger lui demanderait également Balltass. *je me souviens d'un numéro sur scène au championnats de France FFAP de 2007 à Angers : il jouait le rôle d'un agent d'entretien qui pour une raison x ou y se retrouvait à jongler avec des balles rebondissantes sur une poubelle. Les balles changeaient de couleur en même temps qu'il jonglait. C'était une belle performance ! Mais ce numéro n'avait pas d'âme. En le poussant un peu plus loin, il aurait pû en avoir une ! 3 ans plus tard, il revient au même concours mais en close-up avec Balltass. Cette fois, la performance est au service de la magie, au service de son personnage aux traits marqués, poussés de manière crescendo jusqu'à ce qu'on croyait être un maximum mais en fait non. Balltass 2 (il a donné un autre nom à ce second numéro mais je ne m'en rapelle jamais) pousse la folie encore plus loin. Lorsqu'un artiste donne une âme à un numéro, lorsque ce dernier n'est pas uniquement une performance, il perdure parce qu'il a une âme. Après, c'est un choix aussi de présenter un même numéro pendant 20 ans mais la plupart ne font pas que ça. Ce n'est qu'une partie de leurs prestations. C'est leur chef d'œuvre, leur vitrine, leur numéro ou effet signature. Je pense donc que toute personne qui se produit en dehors du cercle familial et amical (clubs de magie compris), moyennant finance ou non (et d'autant plus si rémunération il y a) se doivent d'être un minimum créatif, de réaliser au moins un effet ou numéro "signature" et de s'investir émotionnellement dans ce qu'ils font si ils veulent donner une âme à leurs numéros et ainsi se vendre plus grâce à leur talent que grâce à leur communication. Je pourrais parler de Nestor Hato pour prendre un autre exemple récent. Pourquoi ce numéro de manipulation sort-il du lot ? Principalement à cause du changement de couleur des cheveux. Si un producteur l'engage, si un cabaret ou n'importe quelle société l'engage, c'est principalement à cause de ce détails dans ce numéro. C'est incroyable mais c'est vrai. Bon après, il y a quand même le contexte, la façon dont est amené l'effet : il répond à un crescendo au cours de son numéro. Sans le reste, cet effet n'aurait sans doute pas le même impact mais c'est lui qui créer constitue principalement l'originalité et le distingue donc de tout autre numéro de manipulation. Si aujourd'hui quelqu'un venait à reproduire cet effet, même avec d'autres couleurs, un autre contexte (un autre numéro), une autre musique ou un texte (genre numéro de mentalisme ou les cheveux du magiciens prennent la couleur choisie par un spectateur), je penserai à Nestor Hato. Il y a des choses comme ça, des effets "signature" comme on dit. On me dira que le public profane et même beaucoup de magiciens (ceux qui ne connaissent pas le numéro de Nestor Hato) n'y feront pas attention. Ils ne se diront pas "c'est l'effet de Nestor Hato" et c'est vrai. Mon but n'est pas de dire "ne reprenez pas cet effet sinon c'est du plagia". Ce n'est pas ce que je dis. Ce que je dis, c'est que cet effet est la signature de Nestor Hato. Ce que je veux vous montrer, c'est que l'originalité ne tient parfois à pas grand chose mais il fallait avoir l'idée et chercher à aller jusqu'au bout pour la réaliser, la mettre en valeur. En résumé : je vous incite à investir votre temps et votre argent plutôt dans la créativité (la recherche, le développement de vos idées, aller jusqu'au bout) que dans votre communication. Bien entendu, c'est un choix : le choix d'investir en temps et en argent dans la création, c'est souvent un choix guidé plus par la passion que par l'argent mais ce choix peut conduire (et les noms cités en sont de bons exemples) au succès aussi bien social que financier. Le choix d'investir plus fortement dans la communication que dans la créativité, c'est le choix de ceux qui veulent se garantir de bien vivre (la plupart des professionnel veulent nourrir leur famille et je ne leur ferais pas le reproche) ou pour avoir du succès rapidement et à grande échelle (vous l'aurez deviné, j'ai beaucoup moins d'estime pour ces derniers mais ils n'en sont néanmoins par moment, pas mauvais dans leurs interprétations). Chacune de mes interventions dans ce sujet n'est donc rien d'autre qu'une incitation, non pas à bannir toute publicité mais à favoriser en temps et en argent la créativité PAR RAPPORT à la communication. Même David Stone l'a compris ! Dès le début, c'était un très bon performer (bon niveau technique, présente bien, avec une communication en développement) mais il n'avait pas de personnalité. dans le milieu magique, il ne se distinguait que par son niveau en magie des pièces. C'est d'ailleurs suite à la sortie de sa première vidéo dans ce domaine qu'il a commencé à se faire connaître. On lui a parlé de trouver un personnage. Il voulait rester lui-même mais en prestation, sa personnalité ne s'imposait pas (je parle de ce que j'ai vu de lui à la fin des années 90-début 2000). Mais comme il avait un bon niveau et une communication alors bien rodée, il se vendait bien. On arrive alors au moment où il sort un livre sans aucun tour dedans. Ce livre, entre autres choses, montre à quel point la communication est importante pour se vendre. Anticipant le fait qu'on lui reproche (malgré l'avertissement dans la publicité) de n'avoir décrit aucun tour dans ce livre, il réalise un dvd illustrant les conseils pratiques et théories du livres avec des routines béton : très visuelles, faisables en table à table (pas de mensonge sur ce point). Bref, il sort une pépite ! Une compilation de ce qui se fait de mieux à l'époque en close-up pour du table à table. Et cerise sur le gâteau : il ne reçoit pas tant de reproches que ça (et même presque pas du tout) sur le fait qu'il n'y ait pas de routines dans son livre. Au contraire, c'est un succès, un plébiscite. La sortie du dvd est donc un succès encore plus grand. Succès mérité car la qualité est au rendez-vous derrière cette communication devenu elle aussi béton. La sortie du second dvd ne se fait pas attendre. On voit alors sur les forums tout le monde parler de David Stone, dire qu'untel fait encore du Stone. Et mine de rien, de dvd en dvd, de conférence en conférence, David Stone a fait progressivement (et peut-être malgré lui) ressortir les traits de sa personnalité. Etant amené à se renouveler encore plus souvent, à sortir régulièrement quelque chose (gimmick, dvd, conférence, etc...), il a aussi développé sa créativité tout en gardant son excellente communication et bénéficiant de ses succès précédents. Et puis tout récemment, il a dit dans une interview s'être remis à faire des spectacles pour des profanes (après près de 20 ans à ne pratiquer que pour des magiciens ou presque) et plus intéressant, il a dit avec une grande honnêteté s'être pris "quelques taules" (pour reprendre ses mots) et avoir donc pris une grande claque, avoir été vexé. A cet instant, je ne l'ai jamais vu aussi sincère. Ceux qui ont vu son spectacle au double fond (relisez le compte rendu d'Otto) semblent assez touché par un David Stone qui a maintenant une personnalité qui ressort, des histoire à raconter, des sentiments à exprimer, ce qui donne maintenant une âme à ce qu'il fait. Je regrette vraiment qu'aucune des quelques dates ne me conviennent pour aller le voir au double-fond (il n'y en a vraiment pas beaucoup). Aujourd'hui, ce n'est plus qu'un bon interprète, qu'un perfomer, qu'un excellent communicant. C'est un artiste complet qui s'investit pleinement physiquement et émotionnellement. Ce qu'il faut tirer de cette histoire vraie : c'est dans la difficulté que l'on devient créatif et que notre personnalité ressort. C'est en étant créatif et en développant sa personnalité que l'on devient un artiste original, que l'on sort du lot. La communication est un atout non négligeable : elle peut apporter la célébrité et l'argent (à condition de ne pas mentir sur ce que l'on vend, à condition d'être honnête) mais elle n'apporte pas le talent, elle ne fait pas d'un performer un artiste. Au cabaret de Patrick Sébastien, presque tous les numéros (tous confondus) avaient une âme de 1998 à 2004-2005 je dirais. Après, je trouve les numéros de magie sont de plus en plus des performances pures (l'évolution des manipulations a été fulgurante, notamment avec l'arrivée des manipulateurs asiatiques à commencer par Han Ha Lim et Han Seol Hui) ou des numéros de grandes illusions enchaînées les unes derrière les autres sans transitions logiques, sans mises en scène, sur fond de musique techno et à grand renfort de pas de danses inutiles sans liens étudiés pour aller avec les illusions présentés mais "pour meubler", "faire joli". Puis, à partir de 2010-2012, après le couronnement de Pilou à la FISM et le énième passage de Hans Klock au cabaret avec les mêmes boîtes, tellement nombreuses qu'il aimait les enchaîner toutes en moins de 5 min, transformant de belles illusions en performance sans saveur, en défi contre la montre d'une nullité sans nom alors que ses tout premiers passages étaient bons. Il avait créer le genre "beau gosse qui présente une grande illusion de manière dynamique avec de belles filles sur musique techno" mais quand tout le monde s'est mis à faire comme lui, il est devenu l'icône de ce qu'on a appelé "les pousseurs de boîtes". A force de parler de manipulateurs qui font tous plus ou moins la même chose (joncher le sol de cartes de 36 manières avec une habilité incroyable), de pousseurs de boîtes, certains se sont mis à faire des numéros de manipulation lentement (enfin il y a en a eu quelques uns puis tout le monde s'y est mis) et des mises en scène pour les grandes illusions. Mais ces mises en scène sont très souvent trop "nunuches" (du genre "les feux de l'Amour"), les personnages surjoués. Bref, ce qui se voulait un retour des numéros ayant une âme s'est avéré ne pas être le cas. Aujourd'hui encore, nous somme trop sur le "paraître" pour ce qui est des mises en scène et sur la performance pour ce qui est des numéros de manipulation. On veut trop faire pleurer dans les chaumières, être des intertainers comme dans Insaisissables, dépoussiérer la magie à l'aide de technologie nouvelles (et exploiter les nouvelles technologie est une bonne idée, je ne dis pas le contraire) mais on ne voit presque plus de numéros uniques, qui n'engendre non pas de l'admiration pour le travail qu'il y a derrière mais qui touche par ce que l'artiste est sincère et exprime une part de lui au travers de sa magie. Je me dis que les jeunes magiciens actuels ne comprennent peut-être pas ce dont je parle parce qu'ils n'ont pas connus (ou presque pas) autre chose que des performers, des intertainers, qu'ils ont commencé la magie en voyant cela et que ces derniers constituent leurs modèles. Question de mode, de goût en somme. Peut-être que ce que je perçois comme étant sans âme plaît vraiment à la majorité après tout. Je me trompe peut-être pour les autres mais pour moi, non. Quand je regarde mes anciens enregistrements de cabaret (que j'ai dû regarder au moins 50 fois chacun), je les apprécie toujours autant et je constate une nette différence par rapport à mes derniers enregistrements. Est-ce la nostalgie ? Mes souvenirs d'enfance ? En partie mais pas seulement. Il y a quand même quelque chose au travers de ces numéros. Cette chose je l'ai retrouvé en allant voir "Nous rêveurs définitifs", je l'ai retrouvé en voyant le duo de clowns "BP Zoom", je l'ai retrouvé en allant voir la pièce de théâtre "Wild West Woman", je l'ai retrouvé en allant voir le mime "Léandre". La pièce "Le cercle des illusionnistes" ne m'a pas laissé insensible non plus. Il va se rejouer sur Paris, je vais retourner la voir et ce sera l'occasion de se réunir dans un parc, un bar ou un resto, de passer un moment entre passionnés. Pour ceux qui le souhaiteront bien sûr... Certains numéros du mouvement "magie nouvelle" m'ont agréablement surpris dernièrement. D'autres m'ont endormis ou ennuyés à mourir. Mais dans ce mouvement, on tente des choses, on recherche. L'illusionnisme est en déclin sur certains points mais il y a quand même pas mal d'espoir. Il y a une certaine prise de conscience. Reste à agir. -
Le Plus Grand Cabaret du Monde sur France 2 du 030318
Marc PAGE a répondu à un sujet de Thomas dans Forum Général
Ce n'est pas tellement une histoire de s'approprier une routine. C'est justement le reproche que je fais à beaucoup trop de magiciens aujourd'hui : vouloir présenter une routine existante mais "à leur sauce". Le problème c'est que certaines routines ne devraient pas être reprises parce qu'il n'est pas possible de trouver une présentation qui se distingue clairement de l'original. Exemple : la table volante. C'est le numéro de Dirk Losander ! La plupart de ceux que j'ai vu la présenter : - premièrement la présentaient mal : quand les mains bougent, la table doit rester fixe et quand la table bouge, les mains restent fixes. Sinon, cela communique une partie du truc. La table doit être indépendante. - deuxièmement reprenaient le même enchaînement que Dirk Losander (montée, quelques mouvements, on soulève la nappe, on allume la bougie, on la repose. On fait venir une spectatrice et on la fait léviter à deux). Dans ce cas, j'appelle ça du plagia (reproduction de l'enchaînement), même si Losander l'a décrit et commercialisé. Reste les rares qui la présentaient bien (Sébastien Mossière, Julien Losa et Eric Antoine par exemple) et avec un autre enchaînement, un autre contexte. J'ai trouvé ça bon mais pour moi, cela reste signé Losander. Ce que je veux dire, c'est qu'on ne peut pas faire de certaines routines un numéro original, créatif parce que ces derniers sont trop imbibés de l'âme de leur créateur (Oh ! c'est beau ! il joue les poètes maintenant). Non mais très sérieusement, il y a des routines qui quoi que vous en fassiez feront toujours penser à leur auteur. Si vous voulez être original, il faut donc savoir les laisser à leurs auteurs ou s'inspirer du uniquement du principe. C'est d'ailleurs ce que Losander a fait. Il s'est inspiré de la théorie de Tommy Wonder sur la boule zombie (que Tommy Wonder avait imaginée cubique pour parfaire l'illusion de flottement) : il a opté pour la lévitation d'un objet ayant des angles et a suivit la technique décrite au premier tiret ci-dessus. Et quitte à couvrir un objet avec un foulard, autant que ce soit justifié : quoi de plus naturel qu'une nappe sur un guéridon ? Ensuite, il s'est attaqué à la réalisation (matériaux, fabrication, etc...), aux corrections (équilibre, masse, etc...) puis à la présentation, aux détails (soulever la nappe, lâcher la table des deux mains, allumer une bougie, ouvrir une boîte, etc...). Des années y sont passées, pas mal d'argent sans doute aussi. Le résultat : un chef d'œuvre, fruit d'un travail minutieux et d'une grande détermination. Et puis il y a le problème des auteurs qui ne sont pas connus mais qui publient des illusions à succès : le Color Pen Prediction ou le coffret à prédiction (avec le tube) par exemple. Toutes les présentations que j'en ai vu se ressemblaient mais si vous disiez à chacun de ces artistes "C'est la color pen prédiction ?", ils vous répondaient qu'ils les présentaient "à leur manière". Nul doute que ces artistes ont une communication indiquant leur originalité, le fait qu'ils "dépoussièrent la magie" et qu'ils savent s'adapter à votre évènement. En réalité ils sont souvent modernes (ça c'est vrai !) mais présentent des choses communes (puisqu'ils suivent la mode) et ne sont donc pas originaux et créatifs. Quand à l'adaptation à votre évènement, les plus sérieux adapterons leur fond de scène, leur sonorisation et leur conduite lumière à la situation (après une demande de renseignements sérieuses, une analyse des lieux, etc...) mais des effets personnalisés, j'en ai peu vu (si : une routine de carte avec le logo de l'entreprise au dos. Quelle trouvaille !). La plupart se contentent d'adapter leur tarif. Qu'on ne soit pas créatif. Soit. On peut être un très bon interprète. Mais : - on peut éviter de présenter des choses trop "à la mode" (=trop présentées) - on peut éviter de dire qu'on est créatif et/ou original quand on ne l'est pas : c'est malhonnête. A propos, avez-vous déjà vu un autre artiste que Dirk Losander présenter la table volante au Cabaret de Patrick Sébastien en 20 ans d'émission ? Il y a peut-être une raison : c'est le numéro de Losander. A l'opposé, les numéro de Norm Nielsen, de Salvano, de Netcheporenko, etc... sont qualifié de "traditionnels", de "classiques" mais ils sont uniques, originaux, créatifs (mais pas modernes, effectivement). Il a dans ces qualifications une histoire de perception : - traditionnel, classique font penser à ringard, démodé, mauvais - moderne à original, créatif, bon Alors que cela peut parfaitement être le contraire ! Vous vous demandé qui est Netcheporenko ? Ce nom vous a intrigué ou vous dit quelque chose ? Aller, pour le plaisir des yeux, pour rappeler des souvenirs à certains et pour revenir au sujet, voici un des tout premiers numéros passé au Cabaret de Patrick Sébastien (le premier étant celui de Jeff McBride avec des masques pour ceux qui se posent la question) : Ce numéro n'est pas moderne mais il est créatif, original, unique. Traditionnel ? Classique ? La tenue, l'univers fait référence à la Russie (à la tradition Russe) mais le numéro n'est en rien classique. Ce numéro, je l'ai vu étant gamin (1998 ou 1999 je crois). Je m'en suis toujours souvenu justement parce qu'il sortait du lot. -
Personnellement, je ne trouve pas la technique de la disparition au tenkaï difficile pour un débutant. C'est la technique la plus courante pour une disparition de pièce jumbo, très utilisée pour les apparitions et disparitions de CDs également. Ce qui est difficile c'est une disparition à la Lennart Green mais ce n'est pas vraiment un tenkaï (du moins pas au moment de la disparition). Tu trouveras la description et des applications de cette technique dans presque n'importe quel dvd ou livre de manipulation pour la scène (Jeff McBride, Stéphane Vanel, Jeff Sheridan, etc...) ou sur les bases de la cartomagie : - Technocartes de Daniel Rodh ne coûte pas très cher et est très complet malgré sa petite taille; - les livres Cours de cartomagie moderne de Roberto Giobbi si tu es assez passionné pour mettre des sous de côté et te les offrir. Par contre, tu y trouveras bien plus que le Tenkaï et même bien plus que des techniques. Sinon, ils en parlent sur le forum de Bernard Bilis et ce dernier propose plusieurs routines utilisant le Tenkaï : les routines en questions s'appellent l'empalmage invisible et Rising sun. Ce sont de belles applications mais attention, c'est un peu plus dur qu'une simple disparition au tenkaï ! Pour ce qui est de la gratuité, je vais faire un oxymore en te disant que la gratuité a un prix. Il y a des tutoriels plus ou moins bien faits (des techniques et des tours plus ou moins bien maîtrisés) tout comme il y a des livres et dvds vendus très chers plus ou moins bons. Je serais mal placé pour dire que j'ai acheté tout ce que j'ai mais il y a des limites. Beaucoup de ces personnes expliquent gratuitement sur internet des choses qui ne leur appartiennent pas, pour lesquelles ils n'ont pas l'accord des auteurs. Réaliser ces tutoriels tout comme les consulter est très irrespectueux, c'est tout. On ne te condamnera pas pour ça mais c'est une éthique. La question a te poser à toi même est : veux-tu être honnête ? Oui ? Alors si tu consultes ces tutoriels, ce ne sont que des mots, de l'hypocrisie. Si tu commences à te dire "mais je ne fais rien de mal, c'est juste un tour de magie", alors d'une certaine manière, tu n'es pas honnête. C'est très difficile de l'être, c'est vrai. Surtout aujourd'hui. Mais c'est possible. Personnellement, je commence à y arriver. Je n'ai jamais appris en regardant un tutoriel mais des vidéos et des pdfs de magie, j'en ai téléchargé. Et puis j'ai freiné. D'une part parce que je me suis rendu compte que je ne lisait pas ce que je téléchargeais et pour les rares que je lisais, je ne travaillais rien ou pas grand chose. Pour ce qui est des vidéos, je les regardais une fois sans y revenir et là aussi, sans travailler grand chose. Même chose avec les dvds que j'achetais (car j'en ai acheté quand même pas mal aussi) à l'exception de quelques-uns (je peux dire que La magie par les cartes n°1 de Bernard Bilis, le coffret de Vallarino et les livres de John Tremaine, je n'ai pas regretté de les avoir achetés. J'ai bien exploité leur contenu et encore aujourd'hui, ils alimentent de manière non négligeable mes représentations). Il y a quelques années, j'ai fait le bilan de ce que j'avais, de ce que je présentais. Autant dire que l'écart entre ce que je pouvais faire et ce que je faisais était grand. La seule chose dont je pourrais me vanter, c'est de ne jamais avoir eu un gimmick resté dans un tiroir sans jamais avoir été présenté en public inconnu (pas seulement aux amis magiciens ou à la famille) au moins une ou deux fois. Je me suis toujours imposer d'utiliser les gimmick que j'achetais. Je n'ai, d'autre part jamais cessé de m'acheter des livres d'occasion dans tous les domaines de la magie et de toutes époques. Après ce bilan personnel et constatant grâce à la culture magique que je m'étais forgée au travers de mes lectures (grâce aux revues surtout), les dégâts progressifs de ce genre d'attitude sur l'art que j'affectionnais, je me suis freiné de plus en plus. C'est à dire presque plus de téléchargements, utiliser, regarder, lire, travailler beaucoup plus ce que j'ai déjà. Et je me suis rendu compte au bout de maintenant près de 5 ans que je ne m'en porte que mieux. Je pense que te dire de ne rien télécharger ou consulter en tutoriel n'aura aucune conséquence. Tu ne peux pas te rendre compte des choses "comme ça", juste parce qu'on te le dit. Tu vas juste te dire : "ok, encore un qui me fait la morale". Je ne sais même pas si tu liras ceci. Mais bon, je vais quand même te donner quelques conseils et des informations (dont celles que tu cherches, si ce n'est déjà fait). Ce qu'il faut, c'est juste ne pas céder à la moindre tentation. Tu as un souhait : réaliser tel effet. Tu te renseignes, tu recherches seul (c'est important). Tu es certain d'avoir trouvé : tu achètes. Que tu sois content ou déçu de ce que tu as acheté, tu le travailles, ne serait-ce que pour voir ce que ça donnera quand même. Et là tu découvres une autre possibilité, par toi-même, juste parce que tu t'es mis en situation. Tu deviens créatif. Ou bien ça ne te plaît toujours pas. Mais qu'est-ce qui ne te plaît pas ? En répondant à cette question, tu trouveras déjà sans doute une partie de la réponse. Tu viens de rentrer dans une nouvelle phase de recherche mais ce n'est pas la recherche du dernier tour à super impact visuel qui vient de sortir. C'est la recherche de celui que tu veux construire. Tu veux aller jusqu'au bout. Tout le secret est là : se donner un objectif est assez facile mais le plus dur, c'est de s'y tenir ! Tu cherches à apprendre la disparition au tenkaï. Sais-tu pourquoi ? 1) Tu as vu quelqu'un la présenter, ça t'a plu et du coup tu veux faire pareil (ce qui est logique). 2) Tu souhaites reproduire une routine que tu as vu et tu sais qu'elle fait appel à un moment une technique appelé tenkaï. 3) Tu as une idée d'effet (pas une routine, juste un effet auquel tu souhaites parvenir). Le tenkaï te semble être une piste. 4) Tu pratique déjà une disparition de carte mais souhaiterais en apprendre une autre. Tu a lu ou entendu parlé de tenkaï. Tu veux en savoir plus. Allons jusqu'au bout de ton objectif. Dans quelle situation es-tu pour commencer ?
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Le Plus Grand Cabaret du Monde sur France 2 du 030318
Marc PAGE a répondu à un sujet de Thomas dans Forum Général
2- Patrick Sébastien critique de manière plus ou moins directe (au travers de certains commentaires, de certaines chansons et de certains artistes qu'il engage) des personnalités de la politique, de la chanson ou du cinéma qu'il n'estime pas. Cela déplaît forcément à ceux qui apprécient ces personnes. Il a refusé à plusieurs reprises la coupure de l'émission par des pages de publicité et les bandes annonces des films de certains de ses invités, a pendant longtemps résisté à la présence d'un jeu par sms (mais la production a fini par réussir à lui imposer), a toujours rémunéré les artistes qu'il a engagé (même si certains trouveront, parfois à juste titre, que ce n'était pas assez),etc... Bref, il ne va pas toujours dans le même sens politique que "tout le monde", il ne va pas non plus dans le même sens des affaires que "tout le monde" et du coup, ce n'est pas bien difficile de savoir pourquoi il dérange. Du point de vue de l'image, Patrick Sébastien, c'est la fête, les saltimbanques, un monde en couleurs avec des chansons en Français que l'on met pour les anniversaires, les mariages, les évènements de tout genre, des chansons pour danser, pour s'amuser, des numéros pour rêver un peu, etc... Bref, ce que fait Patrick Sébastien (chansons, émissions, sketchs), c'est "franchouillard" comme on dit. Et aujourd'hui, être "franchouillard" est mal vu. Ce n'est pas assez moderne, international, cela ne répond pas à l'attente* d'une minorité sur laquelle il est même difficile de mettre des noms. *Une société de consommateurs allant jusqu'à s'endetter pour consommer plus et être ainsi toujours redevable de quelque chose à on ne sait qui. Ceux qui pensent comme moi seront sans doute accusés d'alimenter les théories du complot... Je répondrais qu'il y a certaines choses (pas tout, c'est sûr) qui se vérifient. 3- Bien sûr qu'il existe des pressions plus ou moins directes pour que les programmes TV répondent aux attentes de certains mais il n'empêche que la majorité du public suit ces programmes. Certains viennent se plaindre après mais encore une fois, personne n'est obligé de consommer ce qu'il n'aime pas. Il faut prendre son courage à deux mains, se bouger les fesses, prendre le temps, prendre des risques pour faire changer les choses. C'est comme dans les bals il y a 20 ans (les derniers), il ne faut pas attendre que la piste se remplisse pour y aller. Le problème, c'est qu'aujourd'hui tout le monde attend que d'autres prennent des risques, se jettent à l'eau pour eux. Tout le monde devient de plus en plus hypocrite en s'émerveillant devant des "merdes" (désolé je n'ai pas d'autre mot) et en médisant ce qui n'est pas dans l'air du temps, ce qui ne répond pas à la mode (imposée). Tout le monde veut faire de l'argent tout en gardant une image de "il est bien, il œuvre pour telle ou telle cause" (ce n'est jamais totalement désintéressé), tout le monde veut faire du fric facilement mais sans que cela se voit, acheter au plus bas prix, qu'importe les conséquences (d'où ça vient, si c'est de la qualité, si c'est dangereux, etc...) pour revendre en masse avec une marge toujours croissante. Et si elle ne croît pas, ce n'est pas normal, il faut se plaindre ! L'entreprise est en déclin ! En magie (= à plus petite échelle), c'est pareil. Il sont de plus en plus nombreux ceux qui se fichent du travail de leurs prédécesseurs, du secret, de l'éthique si cela peut leur permettre de se vendre plus facilement et/ou plus cher, de faire de la télé ou de l'international (pour après vendre des dvds et conférences en disant "moi j'ai fais le tour du monde, j'ai fais ceci j'ai fais cela"). Ceux qui font le tour du monde grâce à leur talent et à la sueur de leur front (en prenant des risques, en passant du temps à chercher, à fabriquer, etc...) se font très rares aujourd'hui et sont en plus, bien souvent trop discrets, leur communication se basant plus souvent sur l'humain (bouche à oreille)que sur des trailers, des annonces racoleuses et des avis de grands (amis surtout). Je préfère souvent voir un magicien inconnu de temps en temps sur une foire, au théâtre d'une des petites villes près de chez moi, à la salle des fêtes du village d'à côté, etc... plutôt qu'un magicien connu à la télévision. Cela ne veut pas dire que je n'aime pas voir de la magie à la télé. Juste que je préfère voir de la magie "en vrai" et variée. Et ce n'est pas parce qu'un artiste est plus médiatisé qu'il est meilleur qu'un autre mais plus commercial et "commerciable". En ce moment, tout le monde veut faire du mentalisme, de l'hypnose. En cartomagie, la mode des ACAAN et des cartes à la boîte s'estompe un peu mais perdure. Les chapelets fleurissent. Le problème n'est pas tant de voir de nouveaux concepts ou de nouvelles exploitations du chapelet mais plus le fait que certains s'y intéresse juste parce que c'est populaire dans notre milieu. Les Rubick's Cubes (ou devrais-je dire les Speed Cubes) pleuvent de toute part. Sur scène, les écrans et i-pad fleurissent. Qu'il y en ai est une bonne chose. Mais il y en a trop selon moi. Du coup, trop de numéros trop semblables. Là aussi, rien n'oblige à suivre ces "modes". Rien n'oblige les grands noms à publier un ACANN, une carte à la boîte, etc... parce que c'est la mode et que du coup, ça se vendra. Le problème est là : dès qu'un bon truc est trouvé. L'auteur cède au désir et/ou à la demande de le publier / de le commercialiser et tout le monde veut le faire (soit disant à sa manière mais dans la plupart des cas, il n'y a pas assez de différences par rapport à l'original pour pouvoir les distinguer). Il ne faut pas venir se plaindre de voir la même chose un peu partout après. Il ne faut pas venir se plaindre de recevoir une routine infaisable ou dans des conditions (angles, préparation, etc...) drastiques. Les commercialisations de routines élaborées juste pour une conférence ou histoire de publier quelque chose, non rodées en publics (mais on vous fera toujours croire le contraire) pullulent. Tout cela est la conséquence d'une envie de consommer trop débordante. Vous êtes alors toujours "condamné" à présenter le dernier tour à la mode. Mais cela ne fera pas de vous un magicien original. Moderne ne veut pas dire original, créatif. Moderne veut dire "dans l'air tu temps" et en fait, cela veut dire "commun aujourd'hui". Donc en étant moderne, vous faites "comme tout le monde", vous ne sortez pas du lot. Cela ne veut pas dire qu'il faut se tourner forcément vers l'ancien (même si on s'y tourne forcément, même sans le vouloir) mais vers l'original. Et l'originalité doit venir de soi, pas des autres (sinon, c'est déjà moins original car vous reprenez des idées des autres). Derrière la notion d'originalité, il y a la notion de rareté, d'unique. La fin des émissions qu'on aime, le fait que l'on assiste de plus en plus rarement à un numéro ou à une conférence où la plupart des routines sont des énièmes "versions de" (qui n'apportent souvent pas grand chose de plus), le fait qu'on lise un livre ou regarde un dvd sans travailler sérieusement (pas une demi-heure) au moins une routine avant de passer au suivant, etc... tout cela est la conséquence de cet esprit de consommation contre lequel il faut lutter aujourd'hui si on veut développer une créativité qui en soit vraiment une, retrouver une éthique, un respect pour nos prédécesseurs et nos pairs bien vivants (un vrai respect, pas un respect "apparent" constitué de selfis, de courbettes de circonstance sur les forums ou après une conférence). Depuis quelques années, je me limite fortement. Je n'achète presque plus rien chez les marchands de trucs. Je me replonge dans ce que j'ai déjà dans mes tiroirs, dans mes vidéos, dans mes livres (et plus j'y replonge, plus je me rend compte que j'en ai pour plusieurs vies !). S'ajoute à cela le fait que dès que je tombe sur un objet un peu incongru ou à l'utilisation "détournable", il passe avant tout. Bref, je vous incite à faire l'expérience sérieusement. Vous verrez, c'est comme ouvrir un colis de chez Arteco, Penguin, Mayette, Magix, Marchand de Truc ou CCéditions, etc... même plaisir mais sans dépenser un centime et sans attendre la livraison. Et l'argent que je ne met pas dans le dernier tout à la mode, je le met dans des entrées de spectacles (récemment que des pièces de théâtre et un spectacle pour enfants avec des bulles). Alors pour revenir au plus grand cabaret du monde : vous connaissez le concept. Rien n'empêche de le faire perdurer. Il faut de la bonne volonté, de la passion et du courage. Et derrière ces mots il y a : des investissements en temps et en argent. Si on se limite aux mots, on ne fait rien. -
Le Plus Grand Cabaret du Monde sur France 2 du 030318
Marc PAGE a répondu à un sujet de Thomas dans Forum Général
Patrick Sébastien s'est déjà exprimé sur le sujet. Il a obtenue un "sursis" pour le cabaret : il disait vouloir le faire mourir pour ses 20 ans dans une interview sur le programme TV mais il faisait clairement sentir que c'est la direction de France télévision qui le poussait à cette sortie depuis un moment, l'émission ayant soit-disant "fait son temps" tout comme "30 millions d'amis". Aux dernières nouvelles, il quitterait la chaîne pour rejoindre C8 ou éventuellement TF1. Mais pour ce qui est du cabaret, il faut savourer les dernières émissions car ce seront bien les dernières (du moins telles que nous connaissons l'émission). On peut toujours espérer une reprise sur une chaîne ou sur une autre, sous le même titre ou sous un autre mais si possible, sans tomber dans un énième concours (moyen déguisé de ne pas payer des artistes et de faire voter des millions de gens par sms bien surtaxés) ou la mise en valeur des artistes et même la qualité des numéros passe après la rentabilité. Par contre, je ne vais pas être hypocrite en disant que tout était parfait. Certains commentaires de Patrick Sébastien étaient inutiles, embêtant pour les close-up (Bernard Bilis principalement) qu'il coupait régulièrement, brisaient l'effet de surprise (il vendait parfois la mèche) ou donnaient parfois (sans le vouloir) des pistes d'explication. Je suis désolé Teddy, on a le droit de le dire. Exemple avant la lévitation présentée par Laurent Beretta : "J'en ai vu des lévitations. D'habitude il y a toujours un petit truc pour la retenir mais là vous allez voir, rien !" Cela ne signifie pas pour autant que l'on apprécie pas Patrick Sébastien. Bien sûr qu'on l'aime. Il est imparfait, comme nous. Et puis tout ces commentaires, ces coupures parfois embêtantes, il ne les a jamais (du moins je le pense sincèrement) fait pour nuire aux artistes. Au contraire, je suis presque certain qu'il pensait les mettre en valeur en disant par un moyen ou par un autre "soyez attentifs, vous allez voir quelque chose d'incroyable, quelque chose qui dépasse ce que j'ai pu voir auparavant". Bref, je suis certain qu'il pensait toujours bien faire. Nul doute que ce soit quelqu'un de bienveillant. Il a toujours souhaité (quitte à blesser parfois) faire en sorte que les artistes donnent le meilleur d'eux-mêmes, transmettent aux spectateurs et téléspectateurs les mêmes émotions que lui avait ressenties en découvrant leurs numéros. Il a toujours veillé lui-même à ce que tout se passe pour le mieux, assisté à chaque répétition. Qu'il eu été parfois trop directif, parfois blessant avec certains artistes ou techniciens pendant des installations et des répétitions, c'est possible mais c'était pour donner les meilleurs images possibles. Et quand je lis que les remarques à son égard pourraient être la cause de l'arrêt de l'émission, ça me fait sourire. Certains pensent vraiment qu'il prend le temps de lire nos commentaires ? Il en a quelques échos peut-être (et encore !) mais ce n'est rien. Il a connu des malheurs bien plus blessants que QUELQUES reproches sur CERTAINS de ses commentaires lors de l'UNE de ses émissions. En résumé : il a des défauts, on en a parlé. Il a des qualités, on en a parlé aussi. Les artistes l'aiment et lui sont reconnaissant pour plein de choses. Il le sait. Mais je crois qu'en haut lieu, il dérange parce qu'il refuse certaines choses et se donne certaines libertés. Il est sensible mais il a aussi du caractère, des principes auxquels il est attaché et qu'il défend. Sur une chaîne ou sur une autre, sur un plateau ou sur une scène, il continuera de les défendre. Il sera juste sans doute un peu moins dans la lumière. Mais qui a dit qu'il fallait regarder uniquement les plus "éclairés" (=médiatisés) ? Je pense que c'est à nous (en tant que spectateurs) de faire aussi des choix. Si les programmes TV deviennent ainsi aujourd'hui, c'est parce que ça marche ! C'est parce qu'il y a une demande. Nous ne sommes pas forcés de marcher dans la "combine". Quand je voyais ma sœur regarder "Les anges de la télé-réalité" et que je lui disais pour blaguer "Tu regardes encore cette merde ?" et qu'elle me répondais : "ben...il n'y a que ça !". Tout était résumé. On peut aussi choisir de ne pas regarder et de sortir dans un petit théâtre de temps en temps. Qu'on ne me dise pas que ça coûte cher. Des spectacles, on en trouve à tous les prix et ce dernier ne reflète pas forcément leur qualité. Qu'on ne me dise pas non plus : "il n'y a rien près de chez moi". Même en campagne (et plus au fond de la campagne que moi, tu meurs), il y a des animations, des foires, des artistes, des scènes (salles des fêtes, bars, etc...). Pour finir, une idée qui vient de me traverser l'esprit, juste comme ça : qu'est qui nous empêche de continuer à faire vivre cette émission ? Qu'est-ce qui nous empêche de former un groupe, de louer une salle, un traiteur et d'engager des artistes qui viendraient présenter leurs plus beaux numéros (tout arts confondus), de filmer ce spectacle et de le diffuser sur youtube (ou autre) une fois par mois ? Bien entendu, il ne faudrait pas s'attendre à faire des bénéfices. Il ne faudrait pas s'attendre non plus à pouvoir faire venir des artistes des quatre coins du monde. Mais si la mayonnaise prend, si le public suit, ce sera peut-être envisageable. Qui veut consacrer du temps et prendre des risques financiers (pas démesurés évidement) pour tenter l'aventure ? -
Inspiration pour un nom de scène & création d'un personnage
Marc PAGE a répondu à un sujet de Quentin BERTHOU dans Forum Général
Je vais faire une proposition dans le même genre que le mien : Quenthym. Tu peux y voir un côté humoristique tout comme tu peux le présenter très sérieusement : "Mesdames, Messieurs, bonsoir. Je me présente : Quenthym. A la différence que mes parents ont choisi une orthographe particulière pour ce prénom (le montrer ou l'épeler). Mon père est pépiniériste, ma mère est une très bonne cuisinière. Je ne suis donc que la synthèse de leurs passion(s). Et moi-même je m'intéresse aux plantes donc vous voyez que la magie a opéré !" -
Un pseudo (ou nom de scène, c'est parfois plus "joli"). Est-ce indispensable ? Pour moi, non. C'est indépendant de nos capacités, de notre talent. Est-ce utile ? ça peut l'être tout comme cela peut ne servir à rien du tout voir aller jusqu'à l'opposé : desservir l'artiste. Comme Francis, c'est au moment d'entrer au CMC (Champagne Magic Club) de Reims et à la l'AFAP par la même occasion (oui j'ai connu l'AFAP aussi ! Certes, les dernières années avant qu'elle ne devienne FFAP mais j'ai connu aussi) que j'ai un peu réfléchi à un nom de scène. Je ne voulais pas m'appeler "Marc le magicien" et je ne voulais pas d'un nom anglophone ni compliqué et si possible garder mon prénom. A l'époque (en 2007) j'étais à la fac (1ère année de pharmacie !) et un de mes amis me voit griffonner deux trois truc sur un coin de feuille (je cherchais un pseudo exploitable graphiquement) et me demande ce que je fais. Je lui répond et du tac-o-tac il me répond pour plaisanter : "T'as qu'à prendre Marc Page ou Marc Assain". Marc Page était un pseudo court, simple, avec un petit jeu de mot, une allusion aux livres. J'ai gardé. Ce qui est amusant c'est que la plupart des magiciens ne font pas attention au jeu de mot si ils ne l'entendent pas car ils le prononcent à l'Anglaise dans leur tête (et/ou pensent à Patrick Page). Tout comme beaucoup n'ont toujours pas vu que mon avatar n'était pas vraiment des lèvres mais un livre aux tranches rouges et son reflet sur une table vitrifiée (sorte d'Ambigramme ! ...qui n'est pas de moi cela dit). Mon pseudo tout comme mon avatar sur ce forum ne sont en rien des accessoires pour me cacher. Je m'appelle Marc MAILLY et ma tête est déjà assez présente sur ce forum. Autre petite chose qui me fait sourire, ce sont les personnes qui m'engagent ou demandent mes coordonnées et qui, en voyant mon nom me demande si c'est mon vrai nom. Je répond toujours : "c'est illusion mais elle fonctionne, puisque vous avez un doute". Voici donc la petite histoire de mon pseudo pour la magie. Il est maintenant bien ancré et je ne compte pas en changer. Plus le temps passe et plus je me dis que j'ai bien fait de garder ce qui au départ n'était qu'une petite blague.
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Comment faire croire que vous êtes un grand magicien
Marc PAGE a répondu à un sujet de Francis TABARY dans Forum Général
J'ai bien compris que tout cela était ironique mais pour la petite histoire : - David Copperfield a toujours présenté quelques routines de close-up dans ses shows dont la rose volante de Kevin James, le billet transpercé par un crayon, le billet animé (donc le billet volant), etc... - Jean-Eugène ROBERT-HOUDIN n'a pas été le premier à se produire dans un théâtre et n'a jamais écrit cela dans ses confidences. On a déjà abordé ce sujet sur ce forum. Le concept qui était nouveau était d'accueillir ses spectateurs comme des hôtes donc non pas dans une salle de spectacle "ordinaire" mais comme dans son salon, chez lui. Il leur servait d'ailleurs pâtisseries, boissons chaudes et autres petites gourmandises au travers de ses illusions. C'est au fil du temps que nous avons réduit ce concept novateur à l'époque en "il fut le premier à se produire dans un théâtre". - Channing Pollock s'est surtout fait connaître pour avoir popularisé (il n'a pas été le premier mais UN des premiers) les apparitions de colombes sans appareils (=dans le sens "sans boîtes ou guéridons spéciaux" mais dans ses mains). Il avait aussi la réputation d'être un très bon manipulateur avec, entre autre, un endossage tout en douceur (pour les disparitions) et un back & front très appliqué. Dernier point important : il était très grand, très beau et très élégant. Voir le portrait qu'en fait Jean Merlin dans Mad Magic et qui l'a amené à laisser tomber ce genre de numéro tellement il se sentait "petit" à côté d'un type comme Pollock. Cela ne l'a pas empêché de trouver sa voix et de réussir ! Tu aurais pu aussi citer Lance Burton. Lors de la fism où il a été couronné Grand Prix (Lausanne 1979 il me semble), Jean Merlin racontait dans Mad Magic qu'il avait eu un comité d'accueil (un fan club) très favorable. Et en plus il était grand, beau, élégant et doué. Il y a aussi l'anecdote d'Otto Wessely qui passait juste après Lance Burton lors de ces championnats FISM et qui utilisait des foulards violets (comme ceux de Burton). Pour son entrée, il avait demandé à ce que Burton dépose des pétales de rose devant lui et il l'avait fait ! L'instant a été immortalisé mais je n'ai encore jamais eu l'occasion de voir cette photo (Otto, si tu me lis...envoie les images de cet instant cultissime !). On est pile dans le sujet "Comment passer pour un grand !". Et le plus fort dans cette histoire, c'est qu'il devient un grand en remportant le premier prix de magie comique cette même année ! J'ai aussi une petite anecdote perso au sujet d'Otto : vers 2002-2003, après la fête de fin d'année du collège au cours de laquelle je venais de présenter deux numéros de magie dont un "comique" (un plagia du numéro de Voronin que je venais de voir au cabaret de Sébastien), Frédéric Jouanet, un directeur artistique vient me voir et, parmi d'autres choses, me demande si je voudrais parler au plus grand magicien du monde. Bien entendu, j'ai dit oui. Je ne savais pas qui il allait me passer au bout du fil. Je pensais à Copperfield (mais je ne parlais pas bien Anglais). C'est Otto qu'il m'a passé au téléphone car il se faisait appeler "le plus grand magicien du monde" à l'époque (et j'ai pu le voir par la suite dans une émission du cabaret de Sébastien). A part "tu fais de la magie ? C'est bien !" je n'ai rien compris de ce qu'Otto m'avait dit au téléphone. Le son n'était pas très net et Otto avait encore un accent Autrichien très prononcé. Monsieur Jouanet m'avait ensuite proposer de le rencontrer lors d'un festival de mime qui devait se faire sur Troyes. Au milieu des numéros de mimes, Otto aurait présenté son numéro de lapins, moi mon plagia de Voronin (je l'avais dit à monsieur Jouanet à l'époque d'ailleurs : "c'est le numéro de Voronin, vous connaissez ?") et il voulait qu'on fasse un numéro tous les deux pour finir. Le festival a été annulé faute de financement bien qu'il y ait eu beaucoup de pub. Je n'ai rencontré Otto en vrai que des années plus tard en 2008, lors du congrès de Aix-les-Bains. Je lui avait raconté cette "saga" et on avait bu un coup. Je ne sais pas si il s'en souvient. C'est une petite anecdote que j'aime raconter. Après je me sens plus grand ! Le même soir, j'ai d'ailleurs rencontré Jean Merlin. J'avais amené tous mes Mad Magic (trois tomes à l'époque) pour les faire dédicacer. Il m'avait dit "installez-vous à une table, j'arrive". Un ami m'avait dit "Pas sûr qu'il revienne. C'est un vieux de la vieille, tu vas l'ennuier avec tes bouquins". Dix minutes après, mes trois bouquins étaient dédicacés et nous buvions un coup ensemble. A défaut de se sentir plus grand, je me suis dit en tant que gamin (je sortais du lycée) : "c'est quand même beau la magie. Celui ou celle qui est fan d'un grand acteur ou d'un grand chanteur aura peu souvent l'occasion de le voir en vrai, encore moins d'obtenir une dédicace ou une poignée de main et encore moins de passer un moment avec lui mais chez les magiciens, c'est possible. On peut rencontrer les plus grands, ils sont accessibles et on peut se poser à une table avec eux". J'en reviens à mes moutons : - Cardini "appartient" à une époque antérieure à celle de Coluche. Et comme le montre la photo que tu as mise, il manipulait les cartes mais aussi les boules avec des gants ! Et à l'époque, il ne bossait pas avec des boules en silicone ou caoutchouc mais avec des boules billard ! Même sans gants, ça glisse déjà pas mal ! Quant à Gaëtan Bloom, tu ne crois pas si bien dire en faisant le rapprochement avec Coluche car il me semble avoir lu quelque part que les gants posés sur le cercueil de Coluche était ceux que Gaëtan avaient déposés (ils se connaissaient). Il pourra confirmer ou corriger mes dires si il me lit mais je me souviens qu'il y avait une histoire avec ces gants. - Quand Dominique Duvivier à acheté ce qui deviendra le Double Fond, ce n'était pas une salle de spectacle. Le façon dont il a pu financièrement réaliser son rêve est d'ailleurs une belle anecdote qu'il raconte (voir sa dernière interview sur ce forum). Pour ce qui est du sujet des photos et des dédicaces que l'on demande, je ne pense pas que ce soit, pour la plupart d'entre nous, pour nous sentir plus grand. Pour ma part, ce sont des souvenirs. Je me fiche de les montrer aux autres. Je suis content de les revoir, c'est tout. Par exemple, j'ai une photo avec Daryl prise il y a deux ans au congrès de Saint-Vincent. On le voit avec une de ses chemisettes colorées, très souriant. Cette photo résume bien ce qu'il m'avait renvoyé comme image de lui lors de ce congrès : un type joyeux, dynamique, touche à tout (effets et supports variés). Pour les dédicaces, j'aime bien lorsqu'il y a un petit mot. Peu le font aujourd'hui parce que nous avons, je pense, un peu perdu l'échange. Pour qu'un artiste vous écrive un petit mot plus "personnel", il faut qu'il cerne qui vous êtes, qu'il vous connaisse un minimum. Montrez-lui ce que vous savez faire (même si forcément, vous risquez d'être maladroit), dites lui ce que vous avez préféré dans ses livres ou dvds, évitez de dire "j'aime tout ce que vous faites" car c'est rarement le cas, soyez francs. Je pense que nous baignons un peu trop aujourd'hui (et parfois inconsciemment) dans l'hypocrisie. Ce côté "people" (il faut faire des photos avec tout le monde) nous amène à être hypocrite sur les bords. Une dédicace ou une photo avec un artiste ne se demande pas juste parce qu'il ou elle est connu(e) mais parce qu'on a une certaine estime pour cet artiste et qu'on aimerait se remémorer dix ans plus tard les conditions dans lesquelles on l'a rencontré pour la première fois (Ah ! C'était lors du congrès d'Aix-les-Bains, le troisième tome de la réédition de Mad Magic venait de sortir, on était dans un bar aménagé pour l'occasion, on y voyait pas très clair et on ne s'entendait pas très bien avec le groupe de musique à côté de nous mais on avait quand même sorti les pièces et les cartes et tonton Merlin nous avait raconté quelques anecdotes. C'était un petit moment de bonheur. On était bien). -
Luc LANGEVIN, le maître de l’illusion, dévoile une part de sa magie sur Figaro Live
Marc PAGE a répondu à un sujet de Boumedienne HAMBLI dans Forum Général
La première routine n'est pas du tout le jeu Brainwave. Depuis quand les jeux Brainwave finissent totalement blancs ? Et le coin déchiré ? C'est une routine de Luc Langevin avec un jeu qu'il a élaboré lui-même et des subtilités. C'est une routine qu'on le voit présenter presque à chacun de ses passages télé, cela ressemble à de nombreuses routines du même genre mais elle est néanmoins originale. Pour le feutre dans le billet, je pense qu'il a voulu reprendre la présentation d'origine de John Cornelius (l'inventeur du stylo dans le billet) en sortant le billet sans faire glisser le marqueur. Ce qui est nouveau ici, c'est juste l'utilisation d'un marqueur au lieu d'un stylo et son approche (effet tunnel) mais bon, c'est propre et on ne voit pas cette routine si souvent que ça (à la télé ou ailleurs). Quant au bill switch, c'est le petit classique qui pouvait s'enchaîner logiquement après cet effet de pénétration. Simple, pas trop long, visuel et au thème toujours porteur. Bref, du point de vue démonstration, je trouve qu'il a fait de bons choix. C'était adapté pour la télévision. Il y avait quand même un investissement personnel (j'ai vu du Luc Langevin, pas quelque chose de neutre). Concernant ses réponses aux questions, je suis dans le même état d'esprit donc je ne puis qu'être d'accord avec ce qu'il dit, que ce soit sur la dénomination "illusionniste", sur l'honnêteté intellectuelle, sur l'utilisation des sciences en magie, sur le but de la magie, le fait que ce soit un art, etc... Le seul point où je ne suis pas certain d'être d'accord c'est sur le débinage. Après avoir vu une bonne partie des émissions de Delord (merci à ceux qui me l'ont permis et qui se reconnaîtront), je me dis que réalisé ainsi, il peut apporter quelque chose de bénéfique à l'illusionnisme. J'ai d'ailleurs pu constater que plusieurs enfants dans cette émission ont fait carrière dans l'illusionnisme et apportent encore aujourd'hui beaucoup de pierres à l'édifice. Pour moi, ce que fait Jean-Luc Bertrand aujourd'hui avec Magic Kids ou Eric Antoine avec certaines de ses émissions (je ne sais plus le titre) ne sont ni plus ni plus ni moins que des versions modernes et intelligentes des émissions de Jacques Delord. Les routines qui y sont présentées sont très fortes, très visuelles (très bien choisies, enseignées et filmées). Par contre, il n'y a pas, hélas, la spontanéité, la simplicité et la poésie des émissions de Jacques Delord. Cette envie de transmettre, de montrer, de démontrer que l'illusionnisme est plus qu'un truc mais que sans le truc il n'y a pas de magie non plus, cette incitation à aller toujours plus loin : après avoir pris connaissance du truc, travaillé et maîtrisé la technique, élaboré un texte, un personnage ou simplement avoir trouvé un thème, une musique, sublimer l'ensemble par le plaisir de présenter une illusion, s'impliquer émotionnellement, s'intéresser aux autres, échanger. C'est ainsi que de simples trucs (mais néanmoins essentiels !) deviennent un art. Cette façon de faire naître une passion chez les enfants, de les encourager à travailler, à écrire, à imaginer, à fabriquer, à inventer, à s'émerveiller, à chercher, à faire des choix, à modifier, etc...de les guider, de les mettre en avant sans retirer les imperfections, y compris les siennes (et il y en a eu). C'était "nature" comme on dit, sincère et beau. Ce n'était pas conçu spécialement pour être filmé. Le tournage s'était adapté plus ou moins à la proposition de Jacques Delord. Aujourd'hui, une telle proposition ne serait pas possible car d'une part, cela ne serait pas perçu comme assez rentable, d'autre part, trouver un magicien qui ne se mette pas en avant plus que les enfants de l'émission serait difficile. Mais là, je développe un peu trop sur un point que Luc Langevin ne fait qu'aborder brièvement dans cette interview. Je ne voudrais pas que cette discussion se tourne uniquement vers le sujet du débinage. Et puis nous avons déjà longuement abordé chaque point "sensible" qui transparaît dans cette interview. Nous avons là, en 25min, l'avis de Luc Langevin sur chacun de ces points plus une démonstration et quelques nouvelles de ses prochaines interventions (tournée en France en 2019 !). Voici un résumé : - l'honnêteté en magie : quelles limites ? Un illusionniste est un artiste. Pas de dons mais du travail, de l'imagination, un investissement en temps (et parfois en argent, on peut le rajouter) et beaucoup de motivation (de passion). - les sciences : quelles usages en magie ? Trucs ? Textes / Thèmes ? Les deux mon capitaine ! - le but de l'illusionniste ? Divertir, procurer des émotions, faire réfléchir, imaginer, rêver ou encore briser la glace. - le débinage ? il n'a pas trop développé ce point mais juste dit qu'il y voyait du positif. Mais je ne pense pas qu'il parle de n'importe quel débinage (je pense donc qu'il faut être très prudent, ne pas lui faire dire ce qu'il n'a pas dit et chercher à en savoir plus sur sa vision des choses plutôt que de se faire une opinion sur cette brève réponse de sa part). - la créativité : l'inspiration (sciences) pour élaborer des trucs, trouver des thèmes ou des sujets qui feront l'objets d'accroches, d'histoires, de citations ou de conclusion. Pour le lapin du chapeau, il est vrai qu'on voit peu cette illusion mais j'ai déjà vu Pascal Romano, Eric Antoine, Garcimore, Otto Wessely et quelques magiciens inconnus présenter tout de même cette illusion, y compris récemment. Eric Antoine a même déjà présenté l'inverse (je l'ai d'ailleurs plus souvent faire l'inverse) : sortir un chapeau d'un lapin. Il y a aussi toutes les version graphiques (cartes et cartes géantes) du lapin et du chapeau, qui sont elles très courantes dans les arbres de Noël. Je pense à la routine popularisée par Jean De Merry entre autre. -
Bulles de Savon (produits, techniques...) | références
Marc PAGE a répondu à un sujet de Thibault DELORME dans Forum Général
Tu ne pourras pas avoir deux bulles l'une contre l'autre sans paroi entre les deux. Tu ne peux que faire fusionner les deux en gonflant l'une des deux (au bout d'un moment, elles fusionnent pour ne former plus qu'une) ou les séparer (et là, il y a plusieurs méthodes mais aucune d'elle n'est fiable à 100%. -
Je me souviens de lui au congrès de Saint-Vincent 2016, avec son grand chapeau. Il m'avait paru fatigué. Son numéro de gala avait assez mal vieillit mais je me souviens tout de même d'un petit puzzle avec un billet de banque en trois morceaux qui valait vraiment le coup d'œil.
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Comment faire croire que vous êtes un grand magicien
Marc PAGE a répondu à un sujet de Francis TABARY dans Forum Général
Se faire préfacer par un grand (ami surtout). Faire des trailers magnifiques (mais être incapable de réaliser les mêmes illusions du premier coup et devant un vrai public). Dire qu'on a inventé un saut de coupe invisible sans jamais le montrer (normal si il est invisible vous me direz ). -
Comment faire croire que vous êtes un grand magicien
Marc PAGE a répondu à un sujet de Francis TABARY dans Forum Général
Je publie un dvd et je fais des conférences dans le monde entier. Avec le culot, un peu d'argent et une bonne communication, on arrive à plus de choses qu'avec le talent seul (parfois même sans talent). -
Chez nous le voile fait débat, là bas il fait des "Ooohhhh ...!!!!"
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Derren BROWN fait manger de la glace à James CORDEN
Marc PAGE a répondu à un sujet de Gael BJN dans Forum Général
Quand une technique de cinéma sert l'illusionnisme. L'idée d'utiliser une lampe plutôt qu'un verre (pour boire) ou une bouteille est brillante ! -
Apprendre la magie par la lecture (livres, revues ou pdfs) stimule l'imagination, la personnalisation et donc la créativité. Chacun visualisera la présentation d'une routine décrite selon sa culture magique, sa culture générale, ses capacités, ses goûts, ses envies, etc... une chose incomprise ou mal interprétée peut vous embêter tout comme elle peut donner naissance à une nouvelle façon de procéder, d'amener la chose. C'est pour moi l'intérêt principal du support écrit. Apprendre la magie par la vidéo facilite la compréhension du mouvement, des manipulations, du rythme, etc... Chaque support à ses avantages et ses inconvénients. Il faut donc à mon sens s'appuyer sur les deux pour apprendre l'illusionnisme. Et n'oublions pas que les plus belles leçons se prennent en allant voir des artistes en spectacle (pas forcément des magiciens), en s'intéressant à d'autres arts visuels (ou pas), en échangeant avec d'autres passionnés (amateurs et professionnels) lors de réunions, conférences, congrès ou sur un forum. Ne pas se limiter à une seule de ces sources. Ne pas non plus chercher à tout connaître, c'est impossible et il faut savoir garder un certain mystère, un regard d'enfant, de profane (ce qui est difficile) afin de ne pas perdre de vue ce qui fait notre fascination pour cet art (son rendu, ce qu'il procure, ce qu'il apporte). Exploiter au maximum ce que l'on a déjà. Nous en avons très souvent déjà plus qu'il ne le faudrait pour alimenter toute une vie. A titre personnel, j'ai construit ma culture magique à partir de la lecture de revues (Mad Magic, Le magicien et La revue de la prestidigitation principalement), de livres (Toute la magie de Gilles Arthur à mes débuts), certaines émissions (Toute la magie du monde produite par Gilles Arthur, qui est un montage présenté Sylvain Mirouf des émissions américaines The greatest magician in the world et Le plus grand cabaret du monde de Patrick Sébastien), du dvd de Jean-Luc Muller sur la vie et l'œuvre de Jean-Eugène ROBERT-HOUDIN, du premier grand nom de la magie que j'ai vu sur scène et rencontré, Mickael Vadini et de Jean-Marie Mellinger, ancien président du club de magie de Saint-Dizier, qui a été mon professeur pendant près de deux ans lorsque j'ai voulu commencer à me produire plus "sérieusement" (je pratiquais déjà depuis environ 5 ans lorsque nous nous sommes rencontrés). Chaque source citée ci-dessus a donner naissance à de nouvelles recherches pour moi (et donc à développer ma culture magique). Par exemple, après avoir lu les portraits des magiciens dans Toute la magie, j'étais heureux de voir ou revoir les numéros de ces artistes dans le cabaret de Patrick Sébastien et j'attendais de voir ceux que je n'avais pas encore vu (il n'y avait pas encore internet ou du moins pas aussi développé qu'aujourd'hui car je parle de la fin des années 1990- débuts années 2000). Mickael Vadini,me confiant sa carte de visite après son spectacle (un gros billet de 600F à son effigie que j'ai toujours), me donnera envie de me rendre à la foire de Paris pour y rencontrer des marchands de trucs. J'y ferais la connaissance de Paul Techer et de JB (qui assurait les démonstrations) sur leur stand (boutique Magic'Land qui existe toujours). Ils seront mes premiers fournisseurs de matériel professionnel. A partir des descriptions extraordinaires de Jean Merlin sur les numéros de Doug Henning (dont je ne connaissais alors que le bref portrait dans Toute la magie), j'aurais envie d'en savoir plus, de voir si ces numéros étaient vraiement tels que décrit. Là je me suis servi d'internet (youtube) et j'ai pu voir que oui, Jean Merlin n'avait rien exagéré. Même chose avec les merveilleuses descriptions des illusions (automates) de Jean-Eugène ROBERT-HOUDIN : dès mon arrivée sur Reims pour mes études, je suis allé dans toutes les bibliothèques voir ce qu'il y avait en "magie" et je suis tombé sur une VHS de Jean-Luc Muller sur ROBERT-HOUDIN. Magnifique ! Tout ce que j'avais lu était donc vrai ! Les fleurs qui poussaient à vue pour donner naissances à de petites orange, les deux papillons qui sortent le mouchoir brodé de celle au sommet de l'arbuste en battant des ailes, Antonio Diavolo le trapéziste, la patissier du palais royale, tout était vrai, tout était là, en vidéo, tout fonctionnait encore, présenté par Pierre Switon dont j'avais lu la description de son numéro de boule zombie dans Mad Magic. Après avoir trouvé, lu et apprécié Sois le magicien de Jacques Delord acheté sur Priceminster (alors que je n'étais plus débutant mais par curiosité, je voulais en savoir plus sur ce nom que j'avais croisé sur d'autres pages), j'ai eu envie de lire les deux autres livres (et même trois autres). Cela m'a amené à rencontrer monsieur Jeanvoine qui est devenu un de mes amis ainsi que son ami André Roth. Ce dernier travaillait le bois et réalisait des casse-têtes originaux que je me suis mis à collectionner. Aujourd'hui, je recherche les émissions de Delord. Grâce à certains de mes amis et à ce forum, j'ai pu en voir. J'ai au passage acheté un petit livret sur ces émissions comparées à celles de Gérard Majax (suite à une annonce sur la santé de ce dernier). Vous voyez comme tout est lié. Chaque lecture, chaque émission citée ci-dessus donne naissance au désir d'en savoir plus sur tel ou tel artiste, tel ou tel numéro, à des rencontres, des amitiés. Je ne parle pas de tour, de procédé, etc... (ceci est une autre forme de recherche). Je parle des éléments qui constituent, à mon sens, le cœur de la culture magique. Tout cela pour dire que c'est un ensemble. La variété des supports, le désir d'aller à la rencontre des autres, l'investissement en temps et parfois en argent. Il faut parfois faire des choix difficiles, prendre des risques (qui pour ma part doivent toujours être très mesurés) mais si l'envie est assez forte, on parvient toujours à se donner les moyens d'obtenir ce que l'on désire. Pour les techniques, j'ai appris avec les VHS de Bernard Bilis (la première achetée sur un vide-grenier, la troisième au musée de la magie de Blois), de Marlo (en promo chez SFP à l'époque), de Jean-Pierre Crispon (la VHS sur les cigarettes était la moins cher et ça sortait de l'ordinaire; le son était pourri mais c'était bon !), des notes du Mayette Days (déçu au départ car beaucoup de routines étaient infaisables pour moi. Aujourd'hui, je suis très heureux de les avoir achetées, de les comprendre et de les utiliser). Les techniques, les routines, font aussi partie de la culture magique mais il ne faut pas se contenter de posséder les supports où elles sont décrites ni même de les lire. Il faut essayer. On essaie pas assez ce que l'on lit ou visionne (on exploite jamais assez ce que l'on a déjà encore une fois !). Et puis, pour être complet au niveau des lectures, il y avait les catalogues ou "petits papiers" des marchands de truc (Climax, SFP, Magix, Mayette) que je lisais avec attention. Tout me faisais envie, je faisais des listes que je réduisais au maximum (budget oblige) mais quand un truc me plaisait vraiment, j'étais patient et je finissais par me l'offrir. Des déceptions (ma boule zombie Vernet) qui sont finalement devenues après travail mes numéros préférés, il y en a eu. Lire un vieux catalogue de magie, je trouve cela passionnant. Comme tout support écrit, cela stimule l'imagination et "'imagination est plus important que la connaissance", non ? (j'ai bien cité Albert cette fois Christian ! ).
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Escroquerie ou Art magique? où est la limite?
Marc PAGE a répondu à un sujet de Francis TABARY dans Forum Général
Une phrase que j'aime bien sortir dès que j'entend quelque chose du genre "Il y a forcément un truc, mais c'est beau !" ou "c'est de la triche mais j'y comprend rien" : "Connaissez-vous la différence entre un tricheur et un illusionniste ? Pour travailler, le tricheur a besoin de pigeons alors que le magicien, lui, n'utilise que des colombes" (en regardant les femmes ou les enfants de la table sur ces derniers mots). Je n'ai jamais su de qui était cette petite phrase. Je ne sais même plus où je l'ai apprise (et si quelqu'un sait, je suis d'ailleurs curieux de le savoir). Tout ce que je peux dire c'est que dans ma bouche, elle fait son effet et qu'elle présente assez bien ma réponse à la question de ce sujet même si ici, c'est bien évidement sous la forme d'une métaphore. Arnaqueur ou illusionniste, quelle frontière ? Pour moi, c'est très simple : - l'illusionniste est un artiste. A illusionnisme est donc associée la notion d'art et plus particulièrement (et simplement) de spectacle. Le spectacle peut divertir, faire réfléchir, raviver des souvenirs ou faire naître des rêves, des ambitions, etc... Le spectacle peut permettre beaucoup de choses. Il fait contribue à un ensemble plus vaste : la culture. - l'arnaqueur peut avoir un certain talent, il peut avoir des qualités artistiques mais ne se présente pas comme un artiste. Les deux mentent, les deux présentent des choses extraordinaires, les deux peuvent être doués, habiles, bons psychologues, etc... mais l'un est honnête et l'autre non. La différence ? C'est donc dans la façon de se présenter. Si il (ou elle) se présente clairement comme un artiste. C'est de l'illusionnisme. Une fois clairement présenté ainsi, il peut tout se permettre, y compris de parler de pouvoirs, de facultés, etc... puisqu'à partir du moment ou le public sait que c'est un artiste, il sait que tout ce qu'il va raconter est une histoire dont les buts sont les mêmes que ceux d'un roman ou d'une fiction (divertir, faire réfléchir, faire travailler l'imagination, faire vivre des émotions, etc...). Si il ne se présente pas comme un artiste, qu'importe le choix de ses mots (pouvoirs, facultés, etc...), c'est un arnaqueur, même si il ne demande pas d'argent car l'argent n'est pas toujours (ou pas uniquement) l'intérêt personnel recherché. La limite ? Ce sont des personnes comme Messmer et Christian Chelman. Ils ont choisis volontairement d'être à la frontière mais restent tout de même du côté des artistes. Ils sont honnêtes avec leurs spectateurs. Christian Chelman par exemple (qu'il corrige mes propos si je dis des bêtises) se présente comme un illusionniste fantastique, un collectionneur et un conservateur d'objets rares et incroyables, un passionné de légendes, d'histoire, etc...ce qui est vrai ! A partir de cet instant, lorsqu'il va jouer le rôle d'un chaman, d'un chercheur ou d'un chasseur de vampire, le public sait que ce ne sont que "des histoires" mais ses textes, ses objets, sa façon de les présenter, sa façon de raconter, d'amener les choses, ses illusions, le réalisme recherché (il y a toujours une part de vérité dans chaque légende) au niveau de chacun de ces points peuvent amener le doute (et c'est le but !) mais les choses étaient assez claires dès le départ. Si vous demandez à Messmer si il a des dons (je l'ai déjà lu et entendu répondre à cette question), il répond non. Il ne répond pas non plus qu'il a des "facultés" ou autres. Il répond qu'il est un artiste qui utilise des techniques diverses, rien de plus. Ce n'est pas réducteur de dire que l'on est "juste" un artiste. C'est honnête. -
[Vidéo] Nouvelles Techniques Carte Ambitieuse
Marc PAGE a répondu à un sujet de Nathan BOISARD dans Forum Général
Je pense que certains y ont déjà pensé mais pour poursuivre cette petite balade au seins des ambitieuses progressives : Dans la réalité, on ne va pas se mentir, ce n'est pas aussi net que ça. Mais il y a une idée. -
[Vidéo] Nouvelles Techniques Carte Ambitieuse
Marc PAGE a répondu à un sujet de Nathan BOISARD dans Forum Général
Je pense que les couvertures sont trop accentuées en partie parce que ces mouvements sont encore "frais" dans ta tête et/ou dans tes doigts. Bref, sans rien modifier techniquement, je pense qu'à force de le faire, tu n'auras plus besoin de les marquer autant. Parce que dans tous les cas (si tu conserves ces techniques), il te faudra une couverture ou un changement d'angle (incliner le jeu puis le relever, ce genre de chose). Je suis heureux de voir que nos critiques ne te découragent pas. Rechercher de nouvelles techniques, de nouvelles approches de grands classiques comme l'ambitieuse n'est jamais sans intérêt même si le rendu n'est pas toujours une amélioration. Cela permettra peut-être de donner naissance à d'autres choses, de mettre en évidence de nouvelles possibilités techniques applicables dans d'autres circonstances qu'une ambitieuse. Tout ça pour dire : Merci de partager avec nous le fruit de tes recherches. -
[Tour] Jon ALLEN présente un miracle avec 4 cartes 😵
Marc PAGE a répondu à un sujet de Thomas dans Forum Général
Oui, chaque routine à sa petite différence. Dans la version de Jon ALLEN, on peut montrer les deux cartes avant la transposition (c'est un avantage) mais une des cartes n'est pas examinable et dans ce genre d'effet, le spectateur veut toucher à la fin (donc c'est un inconvénient, le prix à payer pour pouvoir montrer ces deux cartes). De plus, on dépend d'un consommable pas toujours fiable (endurant) en table en table (mais je raisonne par rapport à ce que je recherche) et ce n'est pas impromptu*. Je préfère donc la routine du docteur DALEY. Ne pas pouvoir montrer les deux cartes avant transposition ne m'a jamais posé problème puisqu'elles sont présentées toutes les quatre dix secondes avant. Et si le spectateur a des soupçons, c'est qu'on a pas assez travaillé la routine techniquement et/ou l'attitude a adopter à certains moments, c'est tout. Quant aux routines de Sanders (car il y a pas mal de variantes dans son dvd), je les avais trouvées plus visuelles (mais pas forcément plus fortes) lorsque je l'avais vu en conférence (et dans le dvd "Super cards" bien sûr) que celle de DALEY. *on a tous notre définition de ce qui est impromptu : pour moi cela veut dire "sans préparation et avec objets ordinaires (sans gimmicks)". Bref, que ce soient les routines de Richard SANDERS, de Jon ALLEN ou du docteur Jocob DALEY. Elles sont toutes bonnes. En fonction de ce que l'on souhaite (des conditions dans lesquelles on travaille, en fonction de nos contraintes, de nos exigences, de nos capacités, de nos goûts), nous opterons pour telle ou telle version. Le seul vrai reproche que je ferais à Jon ALLEN, c'est uniquement le choix de ses cartes (deux 5 et deux rois). On perd le côté un peu en "lisibilité visuelle" (je ne sais pas exactement comment dire). Richard SANDERS opte dans la plupart de ses versions pour des jokers qui se transforment et vont former un carré (de 10, d'As, etc...) avec celles que tient le spectateur. On passe de cartes sans grande "importance" (sans réelle identité), à quelque chose de caractéristique (un carré), d'identifiable. L'impact visuel est souligné grâce à ce choix. Chez DALEY, on a un carré dès le départ et la séparation est simple : rouges d'un côté, noires de l'autre. Plus l'effet est facile à suivre visuellement, mieux c'est selon moi. Chez Jon ALLEN on a des cartes à points et des figures et les deux cartes à points sont de couleurs différentes (rouge/noir), même chose pour les rois. C'est vraiment un détail mais je trouve que ça joue quand même pas mal sur l'impact visuel.
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