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Cold Reading Déductif versus Cold Reading Intuitif
Marc PAGE a répondu à un sujet de Patrick FROMENT dans Forum Général
Après lecture des définitions Wikipédia de ces deux types de scepticisme, la première chose qui me saute aux yeux est, encore une fois, la différence de clarté. Au lycée, j'ai toujours apprécié les cours de philosophie (il faut dire que le professeur que j'ai eu était vraiment captivant et d'une modestie sans pareil) car il me permettait à l'époque et encore aujourd'hui : - d'interpréter ce que voulait dire certains auteurs, de donner un sens (compréhensible) à des écrits bien souvent - de trouver un intérêt à se connaître soi-même - de mesurer la complexité de la pensée humaine En revanche, j'ai aussi appris : - que toute philosophie ou écrit d'une personne dite "philosophe", aussi intéressant et stimulant qu'il soit, s'interprète plus qu'il ne se comprend (il n'y a jamais une seule façon de comprendre les dires d'un philosophe) - qu'en plus de ces multiples interprétations possibles d'une même phrase ou d'un même livre, discours, etc... le vocabulaire employé était souvent complexe et non universel (certains philosophes inventent des mots, les combinent ou leur donne un nouveau sens qui diffère de celui que lui attribuera le plus grand nombre). Bref, j'ai appris que la philosophie ne manquait pas d'intérêt ni de traces écrites mais manquait trop souvent de rigueur et d'universalité. Les scientifiques ne sont pas d'accord sur tout loin de là (et heureusement) mais il y a quand même de nombreux consensus clairement exprimés au grand public et avec un vocabulaire, un système de mesure (unités internationales) et de représentation précis et universel. Lorsqu'un élève me demande la différence entre un dessin et un schéma, j'envoie 3 ou 4 élèves me représenter une lampe (telle que leur inspire ce mot) au tableau. Certains vont me représenter une lampe de bureau, d'autre une lampe de poche, d'autres vont dessiner une simple ampoule, d'autres (c'est déjà arrivé) m'ont représenté une lampe d'Aladin. Si il manque l'un de ces exemples au tableau je le rajoute en disant qu'ils auraient pu également représenter une lampe ainsi. Là je leur dit que chacun à sa façon d'imaginer, d'interpréter un mot, même le plus simple au monde. Le scientifique veut être compris de tous (qu'importe qu'on soit Français, Anglais, Allemand, Chinois, etc...) et de tout temps. Je représente alors le schéma d'une lampe (vous savez, le simple cercle avec une croix) et leur dit : ceci a vocation d'être universel. C'est un schéma (ou symbole normalisé), c'est-à-dire que pour n'importe quelle personne dans le monde, aujourd'hui ou dans 100 ans ceci est une lampe électrique et peut donc remplacer la plupart des dessins au tableau (tous sauf la lampe d'Aladin). Pourquoi un simple cercle avec une croix ? Le scientifique cherche toujours une représentation simple et rapide à faire par n'importe qui. Il ne va pas s'embêter à représenter quelque choses en détails pour l'exploitation qu'il veut en tirer (sauf si cela devient une nécessité bien sûr) : il veut pouvoir représenter un circuit électrique rapidement et avec clarté. Les symboles normalisés permettent donc de faire des schémas pour lesquels il n'y aura pas d'ambiguïté ni besoin de faire de commentaires. N'importe quel électricien, électromécanicien, physicien, ingénieur, etc... sait "lire" un schéma sans avoir besoin de légendes, de commentaires, de notices, etc... parce que tout est normalisé, tout a été mis en œuvre dans le but d'être universel. Même choses pour les unités de mesure universelle (système international) : le mètre pour les distances, la seconde pour les durées, etc... Il existent d'autres unités de distances, de durées, etc... mais lorsqu'un scientifique publie ses travaux il le fait toujours dans les unités du système international, même si la publication est très limitée et locale. En cherchant l'universalité, le scientifique cherche à être compris du plus grand nombre, le plus facilement et rapidement possible et le plus longtemps possible. Ce n'est pas toujours évident mais il y a toujours une volonté allant dans ce sens. Je reproche aux philosophes de ne pas avoir cette clarté ou alors très exceptionnellement (Michel Onfray par exemple, que je trouve assez clair) et de ne pas trouver de consensus sur grand chose. Il n'existe pas à ma connaissance de choses universelles (=comprises et reconnues par le plus grand nombre) en philosophie. On va alors me dire que cela est normal puisque les questions que le philosophe se posent sont plus complexes que celles que se posent le scientifique. Non. Les questions que se posent le philosophe sont juste mal posées et donc il a du mal à y répondre; souvent il ne pourra même jamais y répondre. "Un problème sans solution est un problème mal posé" avait dit Albert EINSTEIN. Alors après tout ce que j'écris, on va penser que j'ai une dent contre les philosophes. Non, pas du tout. Je ne les considère pas comme inutiles : ils sont utiles et même très utiles parce qu'ils nous font réfléchir, prendre conscience de certaines choses, imaginer des choses et c'est très important, très sain dans la vie d'un Homme. Ce qui différencie le philosophe du scientifique, c'est aussi sa sensibilité. Ses sentiments prennent le dessus sur ses sens et donc il éprouve des besoins différents pour se sentir bien. Je dirais que la question du fondement des sciences (autrement dit quelle est la base commune, la définition de la science ?) n'a rien de métaphysique ou de philosophique. Elle correspond à une démarche pour trouver une solution à un problème posé. Une science, c'est donc une façon d'étudier quelque chose (un objet, un phénomène, une capacité, etc...). Le champs est donc assez large et c'est la raison pour laquelle on peut parler de sciences humaines même si il n'y a pas de démarche scientifique dans les études visées par ce domaine. Les notions de scientifique et de démarche scientifique sont clairement liées aux sens, à une certaine rigueur et à la recherche d'universalité. Elle se distinguent de la démarche philosophique, basée sur les sentiments, rarement rigoureuse et sans recherche d'universalité. On ne peut donc considérer les écrits d'un philosophe comme scientifiques car ils ne respectent pas cette démarche rigoureuse, reposant sur les sens et avec une recherche d'universalité. "Enfin la question des sens et de la perception amène très vite a s'interroger sur le statut du sujet percevant et pensant (et à des questions du style : Est ce que nous ne faisons que percevoir une réalité qui est indépendante de nous où est ce que nous contribuons à créer une réalité que nous pensons extérieure à nous ?)." Déjà les sens et la perception désignent la même chose pour moi dans cette question. Donc on peut déjà simplifier un peu : "Enfin la question de la perception amène très vite a s'interroger sur le statut du sujet percevant et pensant (et à des questions du style : Est ce que nous ne faisons que percevoir une réalité qui est indépendante de nous où est ce que nous contribuons à créer une réalité que nous pensons extérieure à nous ?)." Pour le scientifique, la réalité est forcément une réalité perçue donc il sait qu'il n'aurait jamais accès à la vérité absolue. Cela ne sert donc à rien pour lui de rechercher quelque chose d'inaccessible. Ce qu'il veut c'est comprendre et être compris par le plus grand nombre (transmettre ce qu'il a découvert). Il veut arriver à quelque chose, à une explication. Il se fixe des objectifs qu'il estime pouvoir atteindre un jour ou contribuer aux recherches qui feront qu'un jours, ils seront atteints. Le scientifique n'aime pas se poser une question juste pour le plaisir de se poser une question, ni pour se laisser tenter par une explication guidée par ses sentiments. Il veut obtenir des résultats, au moins une avancée, quelque chose qui nous permettra concrètement de mieux savoir d'où nous venons, quel est notre avenir potentiel (ou celui de notre planète, de ce qui nous entoure), comment fonctionne telle ou telle chose, peut-on s'en inspirer pour notre confort, peut-on reproduire certains phénomènes naturels dans notre intérêt, etc... La réalité est-elle indépendante de nous ? Pour le scientifique, non. Même une simple mesure dépend de nous. On ne pourra jamais la reproduire exactement dans les mêmes conditions mais on peut réduire les facteurs d'influence, être plus ou moins précis, améliorer la rigueur de nos travaux. Selon ce que l'on étudie, on peut négliger certaines choses par rapport à d'autres (négliger quelque chose pour simplifier une étude, un calcul doit toujours être précisé et repose toujours sur une comparaison. Une chose n'est négligeable que par rapport à une autre). Mais le scientifique part du principe que tout interagit avec tout : le grain de sel dans mon assiette interagit avec la molécule d'eau à l'autre bout de la galaxie par exemple. Mais cette interaction est négligeable par rapport à l'interaction qu'il y a entre ce grain de sel et la Terre par exemple. Pour étudier la chute de mon grain de sel au sol si j'incline l'assiette, je peux me permettre de négliger la plupart des interactions autre que celle liée à la gravité parce qu'elles sont très faibles (c'est-à-dire au moins 1000 fois plus petites si je m'impose cette considération) et que le résultat de mon étude n'aura pas à en souffrir. Après, tout dépend de l'étude précise que l'on veut faire. Le nombre de facteurs a négliger peu varier et la complexité du problème aussi. Donc pour répondre à tes questions. Non, le fondement de la science est définissable clairement et simplement sans passer pa la métaphysique. Ce serait un comble de définir la science en passant par un domaine qui en est l'opposé ! Mais il est vrai que le mot science est attribué à des domaines qui n'ont rien de scientifique et c'est pour cela qu'il existe des groupes luttant contre les pseudo-sciences. Et en toute logique, ces groupes sont sceptiques par défaut. Pour le cold reading, je te rejoins sur la nécessité de passer sur le terrain philosophique. Si on ne peut convaincre (preuvres, démonstrations, arguments illustrés d'exemples), alors on va chercher à persuader (jouer sur les sentiments). C'est une méthode très commune aujourd'hui en politique et dans le commerce dont les gens doivent apprendre à se méfier de plus en plus (être sceptiques par défaut). Le scientifique cherche plus à convaincre. Le philosophe cherche plus à persuader. Le tout est de trouver un équilibre entre les deux car les deux sont utiles et nécessaires mais aujourd'hui, la persuasion est beaucoup trop souvent utilisée (et qui plus est à des fin trop souvent malhonnêtes). Que les personnes à l'état d'esprit scientifique soient moins à l'aise pour persuader que les personnes à l'état d'esprit plus philosophique ne me surprend donc pas. La raison de ce "malaise" n'a donc rien de métaphysique. C'est juste que ce n'est pas dans ses habitudes, dans son tempérament. Pour ce qui est des questions existentiellement tellement fondamentales que les scientifiques sont incapables d'y répondre, je dirais que les scientifiques ne cherchent même pas à y répondre ou du moins pas sous cet angle car ils savent d'avance que ce sera sans issue, le problème étant mal posé. Il faut le posé de manière à le rendre solvable. Avant de chercher à résoudre un système d'équations, on s'assure de ne pas avoir plus d'inconnus que d'équations sinon, le scientifique ne voit pas l'intérêt de passer du temps dessus. Il va chercher d'autres équations, d'autres éléments, jusqu'à ce que le problème soit bien posé donc solvable. Ensuite il cherchera une solution (ou plusieurs). Pour ce qui est du fait que certains philosophes veulent définir les fondements de la science. Qu'ils le fassent si cela les amusent. Cela ne changera pas la démarche des scientifiques, leur façon de considérer ce qu'est la science pour eux, leur rigueur, etc... Cela ne fera qu'entretenir un éternel débat entre les scientifiques et ceux qui souhaitent s'attribuer ce titre sans en respecter la démarche, autrement dit cela n'apportera que confusion inutile. Chacun doit rester dans son domaine et échanger avec les autres mais ne pas imposer sa façon de penser. -
Cold Reading Déductif versus Cold Reading Intuitif
Marc PAGE a répondu à un sujet de Patrick FROMENT dans Forum Général
Question complexe avec des mots qui le sont tout autant. Tout de suite, il me vient à l'esprit la fameuse phrase de Nicolas Boileau : "Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément" Ta question m'intrigue autant qu'elle m'intéresse et donc, afin de déjà m'assurer de bien la comprendre, j'ai commencé par prendre deux dictionnaires à porter de main et mon ami Google. Je dormirai ainsi moins bête et éviterai peut-être ainsi des recherches à ceux qui nous lirons. Alors voici les quelques définitions que j'ai recherchées pour comprendre ta question : - ontologie : partie de la philosophie qui s'intéresse à "l'être", à répondre à la fameuse question "qu'est-ce que l'être" (pas au sens "être-vivant" bien sûr). Il est souvent précisé que l'ontologie est à distinguer de la métaphysique. J'ai recherché la définition de métaphysique : autant dire qu'il en existe presque autant que de personnes qui ont cherché à définir ce mot mais bon, voici l'idée générale que j'ai retrouvée à peu près dans la plupart d'entre celles que j'ai lues et que je vous délivre avec mes mots : - métaphysique : connaissance des choses indépendamment de nos sens (donc des connaissances qui ne se basent pas sur l'observation, le toucher, etc...). L'ontologie se focalise donc sur l'être (donc sur l'humain je suppose, sur la pensée, les sentiments, ce genre de chose) par rapport à la métaphysique dont le domaine est beaucoup plus vaste. Une autre différence serait la question de dieu à laquelle il est fait allusion : cette question fait partie de celles abordées en métaphysique mais pas en ontologie. Pour le reste, ce n'est jamais clair et cela diffère trop d'un auteur à un autre. Pour le mot épistémologie, il est déjà plus facile de trouver une définition clair et commune à plusieurs dictionnaires et recherches sur internet : - épistémologie : étude critique des sciences et de la connaissance scientifique Bon, déjà, à priori, on est plus sur des domaines qui s'opposent aux sciences (ou les complètent, c'est une question de point de vue mais si tel est le cas, on ne peut cependant pas considérer ces domaines comme scientifiques. Ils relèvent plus de la philosophie). "Il existe une réalité indépendante de l'esprit humain" Qu'est-ce que la réalité ? Pour un scientifique c'est une perception du monde qui l'entoure. Il est conscient que ce qu'il voit, que ce qu'il entend, que ce qu'il touche, etc... ne sera pas perçu tout-à-fait de la même manière par une autre personne ou même plus généralement, par un autre être-vivant. Il est conscient de dépendre de ses sens pour analyser le monde qui l'entoure (pour apprendre et évoluer) et qu'il ne peut faire sans. Il est conscient que ses sens sont imparfaits, qu'ils ont leurs limites et que pour franchir ces dernières il lui faut de l'aide, il lui faut des outils, des instruments, des appareils, il lui faut réfléchir. Il est conscient que le monde qui l'entoure est complexe mais que si il arrive à isoler un phénomène, une substance, etc... ou du moins à réduire de manière drastiques les facteurs qui interviennent, il pourra plus facilement le décrire, l'analyser, le comprendre. Il est conscient que l'Homme ne pourra jamais tout expliquer mais que tout a une explication. Alors reste les sentiments, la foi, l'imagination, etc... me dira t-on. Mais là aussi, des explications existent. Elles n'ont simplement pas encore été découvertes ou du moins pas assez "solides", rigoureuses pour être publiées. Il y a un bon début cependant (nous avons beaucoup avancé sur la compréhension du fonctionnement du cerveau humain). Le scientifique ne s'intéresse pas qu'à la matière. Il s'intéresse aussi aux interactions entre les éléments de matière. Il a déjà commencé par décrire la matière, les différents éléments (tableau périodique des éléments). Cela a pris du temps, demandé le concours et la mise en commun de nombreuses recherches issues de nombreux scientifiques mais nous y sommes parvenus. A priori, nous ne découvrirons pas de nouveaux éléments (mais agrandir le tableau n'est pas exclu, juste très peu probable pour l'instant). Ensuite on s'est intéressé aux interactions entre ces éléments. Entre temps, on a découvert qu'ils n'étaient pas les particules élémentaires que l'on croyait (découverte de l'électron, du proton puis du neutron puis des quarks) mais les travaux précédents n'ont pas été réalisés en vain. On a juste découvert leurs limites et ils ont servi de base pour la suite. Quant aux interactions, nous en avons identifier plusieurs, nous les avons classer, étudiées, etc... Bref, la démarche scientifique n'est jamais sans rigueur ni remise en question mais repose toujours, à la base sur des connaissances issus de travaux précédents et sur les sens (souvent des observations). La perception est donc indissociable de la démarche scientifique mais ce dernier est conscient que, tout comme les explications auxquelles il aboutit parfois, elle admet des limites. Nos sens sont limités. Les explications qu'un scientifique trouve parfois ont donc aussi un domaine de validité dont les limites seront déterminées le jour ou il trouvera un cas ou ça ne marche plus. Pour répondre en partie à ta question, je dirai donc que pour un scientifique, la question de "l'être" n'a pas encore de réponse mais que si il en trouve une, elle reposera forcément sur ses sens. La réponse parlera donc très certainement d'interactions entre particules de matière. Elle parlera sans doute d'énergie également (et de transfert d'énergie) mais pas sans rigueur et avec un vocabulaire précis, compréhensible, sans fioritures rocambolesques. L'énergie n'est pas matérielle mais elle est liée à la matière. Sans matière, pas d'interactions possibles, pas de source d'énergie possible (en revanche, l'énergie n'a pas forcément besoin de matière pour se propager : la lumière peut se propager dans le vide par exemple, parce qu'elle est constituée de paquets d'énergie appelés photons). Le vide existe pour le scientifique mais il n'y a pas d'interactions possibles avec le vide puisque, par définition, c'est l'absence de matière. On va peut-être me demander la définition scientifique de l'énergie alors je peux vous la donner telle que je la donne à un élève de 3ème : l'énergie est ce qu'il faut apporter à un système pour passer d'un état initial à un état final. Un "système" en physique, c'est "la chose que l'on étudie" tout simplement (il peut s'agir d'un liquide, d'une boîte et de son contenu, d'une personne, d'une balle de Tennis, de tout et n'importe quoi mais occupant un espace limité). Tout ce qui ne fait pas partie du système est appelé "milieu extérieur" et on s'intéressera donc aux interactions entre le système et le milieu extérieur. Et bien souvent le mot énergie va alors intervenir pour décrire ces interactions. Exemple : je laisse tomber une balle de tennis sur le sol de ma salle de classe. Je peux choisir d'étudier le mouvement de la balle de Tennis (étude cinétique) ou les causes de son mouvement (étude dynamique). Si je choisi d'étudier les causes, je vais dire que la Terre exerce une force à distance sur la balle appelée "poids" et qu'en la maintenant j'exerce sur elle une force qui l'empêche de tomber. A partir de l'instant ou je n'exerce plus cette force, elle n'est alors soumise qu'à son poids (ou presque) et tombe. Je peux aussi parler d'énergie : en l'élevant au dessus du sol, je lui ai donné une certaine énergie potentielle (et j'ai moi-même dépensé de l'énergie pour l'élever). Si je la lâche, elle va dépenser cette énergie en se mettant en mouvement (en tombant). Cette énergie liée à sa vitesse est appelée énergie cinétique et si elle est assez élevée, comme le matériau principal de la balle de tennis (caoutchouc) a des propriétés élastiques, elle poursuivra son mouvement en rebondissant. Dans tous les cas, au bout d'un moment, elle s'arrêtera car elle aura dépensé toute l'énergie que je lui aurai donné au départ (l'énergie qu'elle m'a prise). Je vous donne cet exemple parce que je pense qu'il n'y a rien de mieux pour présenter de manière concrète la façon dont un scientifique voit les choses, raisonne et les traduit par des mots. Rien n'est illogique. Il y atoujours une recherche de précision, de rigueur et de remise en question. Car oui, l'explication que je viens de donner pour la chute de la balle peut être remise en question et l'a d'ailleurs été depuis longtemps : en effet mon explication s'appuie sur la théorie de la gravitation dont la validité d'application a trouvé ses limites. Dans les conditions de cette expérience, les limites de validité ne sont pas dépassées donc ce que j'ai dit reste valable aujourd'hui pour décrire de manière correcte le phénomène observé. En revanche si je m'intéresse au mouvement de la Lune, l'explication fournie par la théorie de la gravitation reste valable mais il existe une théorie permettant de l'expliquer de manière plus précise et rigoureuse (la relativité restreinte voir encore mieux, la relativité générale). Et aujourd'hui, même la relativité générale semble atteindre ses limites d'application ! Elle n'aura cependant pas servi à rien et à encore de beaux jours (d'utilisation) devant elle, tout comme son "ancêtre" la théorie de la gravitation ! Il faudra juste préciser les conditions permettant de dire : "oui, je peux utiliser cette théorie, elle est suffisante pour le cas que j'étudie". Parce que bien évidement, si on continue d'utiliser (et même d'enseigner) des théories "dépassées", c'est parce qu'elles ont l'avantage d'être simple à comprendre et appliquer tout en expliquant de manière convenable le phénomène observé (mais il existe plus précis, plus rigoureux, plus satisfaisant mais...plus compliqué !). Je reviens sur la question entière : Que se passe-t-il quand nous étendons la démarche sceptique au cadre ontologique et épistémologique qui fonde les sciences ? Il n'y a pas de cadre ontologique et épistémologique qui fonde les sciences. Le scientifique n'a pas de limites concernant l'objet de son étude. Il peut décider d'étudier n'importe quoi mais est conscient que cette étude se basera forcément sur ses sens. Si il en est autrement, ce n'est plus de la science, c'est de la foi. Même les théories scientifiques les plus récentes reposent au départ sur les sens. Il y a celui qui se laisse plus facilement guider par ses sens pour trouver une explication à quelque chose : le scientifique. Il y a celui qui se laisse plus facilement guider par ses sentiments pour trouver une explication à quelque chose : le croyant (pas forcément en un dieu). Je dis "plus facilement" car tout être humain ne peut pas se fier qu'à ses sens ou qu'à ses sentiments. C'est toujours un peu des deux mais il y a une prédominance chez la plupart d'entre nous. Quant au scepticisme, le scientifique n'a pas à l'étendre. Il est sceptique par nature. Il l'est pour justement ne pas se laisser guider par ses sentiments, pour ne pas se laisser tenter par une explication qui pourrait peut-être le réconforter, le satisfaire (le rassurer, combler un vide, des craintes, etc...) mais qui ne sera pas fondée de manière rigoureuse, qui ne lui permettra pas d'évoluer rapidement. Le scientifique cherche plus qu'une satisfaction personnelle, il cherche à comprendre, à trouver une explication qui pourra être validé par le plus grand nombre, comprise et transmise le plus facilement et le plus rapidement possible. Il reste néanmoins un Homme aux sens limités et doué de sentiments, sentiments qui troublent sa vie autant qu'ils l'embellissent. Pour ramener le sujet au cadre de l'illusionnisme (à défaut d'arriver à le ramener au cadre du cold reading) : les spectateurs qui n'aiment pas la magie ou cherchent absolument à trouver le truc ne sont quasiment jamais des scientifiques. On pourrait trouver cela étrange. En fait, ce sont des personnes plus sensibles, qui ont le sentiment de perdre quelque chose, d'être stupide. Ils n'aiment pas cette situation et s'en protègent en se focalisant sur la recherche du truc ou le refus d'assister à la prestation (plus rare). Le scientifique sait qu'aussi intelligent qu'il soit, il se fera "avoir". Il sait que ce n'est pas une question d'intelligence mais juste que l'illusionniste réalise des choses : - qui dépassent les limites de nos sens (en attirant son regard là où il veut, en jouant sur la rapidité, etc...) - qui jouent parfois sur les sentiments (en faisant rire, en faisant peur, ...) - qui jouent parfois sur les limites du cerveau humain (en posant une question par exemple : le spectateur a besoin de réfléchir avant de répondre et ne peut plus faire attention à d'autres choses. Son cerveau est déjà occupé à une tache) Par conséquent, le scientifique sait que cela ne sert à rien de chercher le truc et qu'en plus l'intérêt de trouver ce dernier est moins intéressant que l'intérêt de vivre l'effet. Il cherche à avoir des émotions, des sentiments. Là aussi, cela pourrait être perçu comme un comble ! En gros, le scientifique cherche à croire pendant un instant parce qu'il sait que ce n'est que du spectacle et il y assiste donc pour être diverti, pour en profiter au maximum. Le croyant cherche une explication censée. Il se refuse à croire parce que pour lui c'est un défi à son intelligence. Dans les deux cas, ils recherchent un certain bien-être. Dans le cas du cold reading déductif (ça y est, on y revient !), on se base essentiellement sur du décodage gestuel, sur l'interprétation d'expressions, de réactions, etc... autrement dit le cold reading se base essentiellement sur les sens ! Quant au cold reading intuitif, on va chercher à influencer un ou plusieurs choix par nos mots, nos gestes, bref, là aussi les sens sont indispensables. -
Faut-il regarder ses mains pendant un lavement de main ?
Marc PAGE a répondu à un sujet de Mikael WEYER dans Forum Général
Porter une veste ou au moins une chemise (avec une pochette) t'ouvre des portes plus qu'intéressantes en plus de te permettre de ranger quelques accessoires (et de ne pas avoir à trimbaler un sac ou une valise) mais réaliser de très belles routines en T-shirt est totalement faisable ! Pour la méthode de Giacomo Bertini dans cette vidéo (car il trouvé plusieurs alternatives au lavement de main), elle est assez difficile, se fait plutôt avec des petites pièces et est très naturelle dans les mains de Bertini car : - il bouge en permanence les mains (c'est un Italien !) - on ne l'entend pas dans cette vidéo mais il parle beaucoup ! Si tu veux la travailler, il te faudra de la patience, de la précision et un peu de rapidité (et une maîtrise du "classique". Il y a des angles mais ça reste raisonnable. Je l'utilise de temps en temps avec de grosses pièces (taille dollars, 39 mm) mais pas avec mes 50F argent (45mm) car le risque de flash est plus élevé. Là encore, c'est un mouvement à réaliser au sein d'une routine plutôt que pour finir proprement. -
Deux magiciennes sur France 3 Pays de Loire du 140918
Marc PAGE a répondu à un sujet de Thomas dans Forum Général
Je suis ravi de voir des femmes (jolies qui plus est) présenter un numéro de ce genre. Elles ont un beau numéro mais côté innovation, effectivement, j'y vois plus une pâle copie de celui de Sos & Victoria, notamment en reprenant l'idée des changes successifs dans la cabine (qui est vraiment une idée devenue la signature de Sos & Victoria). Rien que pour avoir repris cela, on les verra toujours comme une copie de Sos & Victoria. Alors un beau numéro, oui. Innovant, non. La modestie est de mise, surtout qu'à présent elles vont sans doute se vanter d'être si créatives qu'elle sont devenues championnes de France de magie, ce qui sera clairement discutable. Je les défie au passage de remporter ce titre lors des championnats de France FFAP. Mais bon, souhaitons-leur bonne continuation tout de même ! -
Faut-il regarder ses mains pendant un lavement de main ?
Marc PAGE a répondu à un sujet de Mikael WEYER dans Forum Général
Dans ce cas précis (une dernière pièce à faire disparaître), je trouve le lavement de mains plutôt mal choisi. Pour finir une routine de pièce de ce genre proprement (montrer clairement les deux mains vides), je te conseille de travaille le l****** si tu es assis, le to*** ou le sl****** si tu es debout. Sinon il y a aussi les bracelets (élastiques, bracelet montre), les poches naturelles (pochette de veste ou de chemise, revers de pantalon, voir le Bobo entre autre) et les dérivés du to*** (TKO, profonde de Robert-Houdin, servante corporelle). Comme disait Salvano à propos des lavements de mains avec une boule (n'ayez pas l'esprit mal tourné en me lisant ) : le mouvement exécuté dans l'intention de montrer les mains vides n'est pas convaincant car le spectateur se demandera, à juste titre, pourquoi le magicien ne montre pas simplement ses deux mains vides en même temps. Et pourtant Salvano réalisait ce mouvement ! Mais jamais à la fin et il avait trouvé une façon de l'amener, de le justifier simplement : la boule étant au "classique" en main gauche, il mimait le fait d'attraper une petite boule invisible* avec sa main droite (montrant indirectement sa vacuité) puis, voulant observer l'objet invisible de plus près, il la transférait en main gauche (en réalisant le lavement de main) en semblant chercher plus de lumière. Il mimait alors le grossissement de la boule invisible puis passait la main droite devant en frottant un peu la boule invisible comme si il cherchait à la dépoussiérer et là, la boule devenait visible. Tout ça pour dire que si je te conseille de parler, c'est pour rendre ton lavement de main "nonchalant", anodin, un simple geste inconscient qui peut (mais pas forcément) illustrer ce que tu dis ou suggère. Le mouvement peut aussi être justifié verbalement ou par la suggestion visuelle (mime) comme Salvano (car il ne parlait pas toujours lorsqu'il réalisait la routine au sein de laquelle figurait ce passage) mais ce n'est pas une obligation. Le lavement de main demande juste à être couvert de manière à ne pas être le centre d'attention principal de tes spectateurs (car il n'est pas naturel seul, il faut le rendre naturel). Le spectateur doit avoir une impression de vacuité mais pas l'impression que l'on cherche à lui prouver que nos mains sont vides (ce qui aura pour conséquence le soupçon). Présenté à la fin d'une routine pour montrer une disparition totale est une erreur selon moi car l'attention est trop importante à ce moment et cette technique n'offre pas assez de clarté pour un final. Je ne dis pas qu'on ne peux pas finir une routine avec une pièce au classique sans éveiller les soupçons mais pas avec un lavement de main. Il existe aussi des disparitions totales particulières ne nécessitant pas d'être assis ou de porter une veste mais qui demandent plus de travail et ont souvent des contraintes d'angles conséquentes (je pense à certaines disparitions élaborées par David Williamson, Giacomo Bertini, Arada, Francis Tabary, Shoot Ogawa, etc...). Tu peux y jeter un œil mais je pense que si tu veux quelque chose de faisable dans un maximum de situations, ce n'est pas vers ces techniques qu'il faut te tourner. Tu t'y tourneras lorsque tu voudras présenter ta routine d'une manière un peu plus bluffante lorsque les conditions (angulaires surtout) se présenterons. Bref, tu t'intéresseras à ces techniques pour des situations occasionnelles. Et dernier conseil (puisque tu disais ne pas avoir de routine précise dans laquelle ce lavement de main intervient) : ne travaille pas une technique juste pour ajouter un outil supplémentaire à ton répertoire. Relève juste l'info (que telle ou telle technique existe et ce qu'elle permet) et lorsque tu auras une routine, là tu feras appel (et travaillera donc) la ou les techniques qui te sembleront les plus appropriées. Tu les compareras en te filmant en train de réaliser la routine complète avec chacune de ces méthodes pour choisir celle qui "rendra" le mieux. Tu pourras aussi demander des avis extérieur sur le rendu mais je pense que tu devras d'abord juger par toi même et l'outil vidéo est le plus adapté. Le miroir est un faux ami car il ne rend pas compte de certaines contraintes d'angles et tu ne peux pas regarder deux chose à la fois (être acteur et spectateur). La caméra (ou les caméras) tu peux les déplacer, les mettre à la hauteur du regard d'un spectateur invisible, tu peux zoomer, tu peux faire des pauses, mettre au ralenti. Tout cela permet de corriger un maximum de choses que le miroir ne permet pas toujours. En espérant avoir été clair et complet. Bon courage ! -
J'aime bien pondre un pavé de temps en temps parce que je sais que Gilbus va y répondre par un pavé encore plus intéressant. Ce qu'il écrit m'est d'autant plus parlant que je sais de quoi il parle, que j'ai des images pour illustrer ses lignes (l'ayant vu présenter et décrire ce dont il parle) et est toujours aussi agréable à lire. Merci Gilbus !
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Cold Reading Déductif versus Cold Reading Intuitif
Marc PAGE a répondu à un sujet de Patrick FROMENT dans Forum Général
La définition de la science et des scientifiques... vaste question ! Il est effectivement difficile de répondre précisément à cette question. En tant que scientifique moi-même je dirais que je cherche à comprendre des faits ou phénomènes de manière rationnelle, c'est-à-dire selon un raisonnement et/ou une méthodologie qui repose au départ sur l'observation (ou les sens d'une manière générale) et l'hypothèse (une ou plusieurs). Ensuite, à partir de données (mesures, connaissances), je fais le tri entre les hypothèses les plus vraisemblables et celles que l'on peut éliminer. Cette phase peut demander beaucoup de temps avant d'aboutir au choix de celle qui permettra de donner une explication satisfaisante, d'autant plus que d'autres hypothèses peuvent venir à l'esprit en cours de route. Une fois l'explication satisfaisante trouvée, il faut en parler à d'autres scientifiques (publier, etc...). Si cette dernière satisfait la majorité, cela peut donner naissance à une nouvelle théorie, une nouvelle loi pour laquelle on essaiera alors de rechercher des limites d'application. Cette théorie, cette loi est donc vouée, un jour ou l'autre à ne pas marcher dans certains cas. C'est ainsi que ses limites seront déterminées et qu'il faudra donc se mettre à formuler de nouveau des hypothèse et/ou à réaliser des observations pour expliquer ce que l'on ne comprend pas. Le scientifique sait qu'un jour, tout peut être remis en question mais que ce qui a été fait n'aura pas servi à rien et servira encore, mais dans un cadre qui se sera précisé. Le scepticisme est utilisé durant tout le long de cette méthodologie afin de ne pas nous laisser tenter par des choses trop faciles (reposant plus sur de la foi qu'autre chose). En bref, on évite d'admettre tout et n'importe quoi, on se base sur ce que l'on connaît et sait reconnaître. Le scepticisme, c'est sain. Alors celui qui n'est pas sceptique a l'esprit malsain ? Non bien entendu. Ce n'est pas parce qu'une personne croit aux fantômes, en l'écriture automatique, aux coupeurs de feu ou plus simplement en un dieu que l'on a l'esprit malsain mais juste parce qu'elle en a besoin (pour se sentir bien). Je ne dis pas non plus que les rebouteux, coupeurs de feu, médiums, sourciers, magnétiseurs, etc... sont tous des charlatans et qu'ils n'ont jamais de résultats. L'état d'esprit a une influence sur notre santé, c'est indéniable donc aider une personne à se détendre, à se confier, à se sentir bien dans sa tête, c'est lui donner les moyens de plus facilement faire face à un problème, qu'il soit psychologique ou physiologique. En revanche, pour moi, tous les personnages ci-dessus ne sont en aucun cas des scientifiques. S'ils prétendent l'être, ils mentent, de bonne ou de mauvaise foi mais ils mentent. Pour revenir à la magie, on retrouve un peu cela aussi lorsque nous présentons une routine : Il y a les sceptiques qui vont chercher une explication : ils vont supposer des choses (faire des hypothèses) souvent à partir de leurs observations (de leurs sens) et de leur connaissances et au fil de la routine, certaines hypothèses seront confortées ou mises de côté. Ils cherchent une explication pour se sentir mieux (du moins ils pensent qu'ils se sentiront mieux en cherchant une explication). Il y a ceux qui ne cherchent pas d'explication et qui se laissent bercer. Ils ne cherchent pas d'explication pour la même raison : se sentir bien, profiter du spectacle. Et étrangement, les scientifiques abandonnent facilement leur scepticisme devant un spectacle de magie. Ils constituent souvent le meilleur public. Pourquoi ? Parce qu'ils savent que c'est du spectacle et que chercher l'explication n'a pas grand intérêt ou moins d'intérêt que de vivre ce spectacle particulier. Le scientifique n'est sceptique que lorsqu'il cherche une explication ayant un intérêt autre que la satisfaction personnelle. Le scientifique cherche l'universalité. Quelque chose qui se vérifie avec le maximum d'indépendance par rapport au temps et à l'espace (dans l'idéal, une loi doit se vérifier en un maximum d'endroits dans l'univers et à n'importe quel instant sur l'échelle du temps). Voilà comment je décris le scientifique aujourd'hui (je dis aujourd'hui car ça aussi, ça peut évoluer). L'âge nous apprend à avoir de moins en moins de certitudes et à mesurer nos points de vues. Bon, d'un autre côté, je n'ai pas encore 30 ans alors j'ai encore du chemin ! Et comme l'avait dit Sean Connery dans un film (je ne sais plus lequel) : "Jeunesse est un défaut que chaque jour corrige". -
Papier pour Créer des Billets de Banque réalistes | références
Marc PAGE a répondu à un sujet de Stéfane LAURENS dans Les Étagères Magiques
Des feuilles de Tyvek. On en trouve au format A4 avec différents grammages (le 55mg devrait suffir) sur internet (Amazon entre autre). Les prix sont variables en fonction des marques, du grammage et des vendeurs mais ce n'est pas excessif. C'est dans ce papier que Yves Doumergue a fait réaliser les billets de Split. La plus grande difficulté pour imprimer des billet, c'est de faire du recto/verso parfait. Là je cherche encore une solution. -
Je pense que la question que pose avec Christian Girard avec l'ouverture de cette discussion est : Où est la limite entre inspiration et plagiat ? Il est difficile de répondre à cette question qui a déjà fait l'objet de pas mal de débats sur le forum. Chacun d'entre nous établira sa limite en fonction de ses connaissances, de sa culture magique. Plus vous en avez, plus vous êtes à même de déceler un plagiat. Pour ne pas plagier et savoir reconnaître un plagiat en magie facilement, il faut donc : 1) être honnête 2) avoir une bonne culture magique (culture des numéros, des routines, des techniques, des gimmicks, etc...de tout temps, la culture magique au sens large) Pour le premier point, personne ne peut rien faire pour vous. Vous décidez en votre âme et conscience. Pour le second : - lire des livres, des revues ou rééditions de revues - regarder des vidéos - aller voir des spectacles, des concours, des conférences - assister et participer à des rencontres de passionnés réellement et/ou virtuellement Mais surtout : - lorsque vous lisez une revue et que vous y lisez la description du numéro d'un magicien que vous ne connaissez pas, ayez la curiosité de faire quelques recherches dans votre bibliothèque, auprès de vos amis magiciens et/ou sur internet pour en savoir un peu plus. Même chose lorsque vous lisez le portrait d'un magicien ou la description d'une technique qui vous plaît. Prenez le temps de creuser l'info qui vous a titillée. - dans vos recherches, favoriser les recherches seul avant de demander aux autres (en vrai ou sur un forum) : il faut faire l'effort de chercher - discuter avec des passionnés de tout horizons (scène, close-up, mentalisme, etc... Français, Anglais, Allemands, etc...), intéressez vous à eux, à leur parcours, à l'époque qu'ils ont connue, aux endroits magiques qu'ils ont visité, aux personnalités qu'ils ont rencontré, etc... les plus belles histoires se transmettent ainsi et parfois, en recoupant des infos, sans en avoir l'air, on se bâtis une culture très solide. - recouper les infos, ne pas se fier à une seule source - ne faire des recherches que si vous aimez cela : chercher est un plaisir pour moi mais je ne cherche pas tout et n'importe quoi en permanence. Alors où est la limite entre inspiration et plagiat ? Je dirais quand vous plagiez, si vous avez une bonne culture magique, vous le savez. Et si vous persistez à présenter ce qui vous semble être du plagiat, alors c'est que vous n'êtes pas honnête. Et de l'autre côté, si vous regardez un numéro et que vous avez une bonne culture magique, vous êtes à même de juger si il y a plagiat ou non. Sinon, c'est que votre culture magique est trop faible. Je ne pas faire plus simple comme réponse, désolé.
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Faut-il regarder ses mains pendant un lavement de main ?
Marc PAGE a répondu à un sujet de Mikael WEYER dans Forum Général
Je ne suis pas un grand adepte des techniques de lavement de main que je trouve plus suspectes qu'autre chose mais j'ai déjà vu des types comme Giacomo Bertini, David Stone et David Roth en faire tout en parlant (sans y prêter attention) et qui devenaient alors un geste nonchalant donnant une impression de vacuité convaincante. Je précise toutefois que ces magiciens alternent ces lavements de main avec d'autres méthodes comme celles présentées plus haut dans cette discussion par Michael Vincent et Homer Liwag. Donc pour répondre à la question, je dirais qu'il ne faut pas trop regarder tes mains, ne pas faire un lavement de main trop appliqué (genre "je me caresse les mains avec grâce et délicatesse") mais plutôt de manière nonchalante, comme un mouvement involontaire des mains pendant que tu parles. Je pense d'ailleurs que c'est ça aussi l'un des principaux éléments : parler durant cette technique. Personnellement, le simple fait d'alterner mains paumes vers le bas / mains paumes vers le haut légèrement vers toi tout en parlant m'a toujours suffit à obtenir quelque chose de simple, naturel chez moi (je bouge souvent les mains quand je parle debout) et de convaincant (du moins je n'ai jamais eu besoin d'en faire plus pour prouver quoi que ce soit, je n'ai jamais eu de remarque ou perçu de regard de suspicion lié à ça). Après, le mieux est de te filmer pour juger par toi même si tu a l'air bizarre ou pas lorsque tu exécute ce mouvement. Mais ne te filme pas juste en train de faire ce mouvement. Ce n'est pas ta technique que tu veux corriger, c'est ta façon de l'insérer dans une routine. Filme toi donc en train de présenter la routine en entier pour voir si le moment ou tu fais ce mouvement te semble bien couler avec le reste, si ce n'est pas le truc bizarre qui peut attirer les soupçons. Mes conseils sont assez évidents en fin de compte mais au moins ça rassure. En te souhaitant bonne continuation, -
Merci pour cette nouvelle interview qui constitue pour moi un petit souvenir supplémentaire de ce petit congrès Belge dense, de qualité et fort sympathique. Celui de cette année tombe malheureusement le même jour que le concours des close-up d'or auquel je vais aller mais je me rattraperai l'année prochaine ! Et cette fois, il faudra qu'on se pose pour bavarder un peu ! Sinon, Jean Merlin transpire la passion, le bon sens et la bienveillance dans cette vidéo. Contrairement à ce qu'il croit, les jeunes magiciens créatifs existent en Europe et même en France. En magie de scène, il est vrai qu'il y en a très très peu mais on ne peut pas dire qu'il n'y en a pas : Xavier Mortimer (le magicien Européen le plus créatif à mon sens, sans doute même un des plus créatifs au monde), Cyril Harvey, les French Twins, Eric Antoine (quoi qu'on en dise, il a su se créer un personnage, un style). Sans parler des "plus anciens" toujours très actifs comme Gaëtan Bloom ou de ceux dont on entend peu parler comme Alain De Moyencourt. Je ne pense pas que la créativité soit morte en France et en Europe. En revanche, il est clair qu'elle est très (trop ? c'est une question de point de vue) centrée sur le close-up. Mais le plus gros problème, à mon sens, est que nous avons perdu : - le sens de ce que j'appellerai le "bagoût" : quand on voit Jean Merlin, quand on voit Gaëtan Bloom, Alain De Moyencourt, quand on voyait Dominique (le pickpocket, qui est toujours vivant et que j'avais découvert grâce à Jean Merlin), Paul Daniels, Aldo Colombini, Paul Potassy, ... - l'originalité : aujourd'hui on cherche à être moderne, pas à être original. On croit (à tort) que modernité et originalité vont de paire mais c'est faux. Etre original, c'est sortir du lot, c'est présenter complètement autre chose que ce que font les autres et pas une version de... Etre moderne, c'est présenter les routines "à la mode", bref, c'est présenter ce que tout le monde présente en ce moment. En fin de compte, être moderne, c'est faire comme la majorité des autres, c'est faire "comme tout le monde" ! Ce qui est moderne aujourd'hui ne le sera plus demain. L'originalité en revanche est intemporelle mais demande plus de recherches et donc plus de travail. - la diversité : nous sommes trop centré sur le close-up et en particulier sur un support, les cartes. Je ne dis pas qu'il n'est pas possible de créer de très bon spectacles uniquement basé sur ce support. Juste que je trouve que la magie manque de diversité aujourd'hui, que ce soit en termes d'effets, de supports ou de styles de présentation. Côté scène, et à l'échelle mondiale, nous sommes trop centrés sur la performance (manipulations, musiques épiques, chorégraphie de grandes illusions trop lourdes, théatralisation qui sonne souvent creux à la "Amour, gloire et beauté" ou "Insaisissables"). Il y a des exceptions bien sûr mais il est vrai que Pavel, Tony Slydini, Ricardo Fantasio, Pierre Brahama, Salvano, etc... attendent encore leurs successeurs (dans le genre magie de scène générale, effets et supports variés, numéros originaux, qui sortaient vraiment du lot à l'époque et le seraient encore aujourd'hui). On classe tout de suite un Salvano et son numéro de verres dans "classique", "magie traditionnelle" mais en dehors du costume et de la musique, ce numéro sortirai toujours du lot aujourd'hui. Même chose pour le numéro de Brahama, ceux de Slydini ou de Pavel (pour ne donner que quelques exemples concrets car si vous voulez, j'ai une liste plus...allongée). Je rejoint Jean Merlin sur son avis par rapport aux livres et aux vidéos. La vidéo reste pour moi le meilleur support pour apprendre une technique mais les livres nécessitent une interprétation, ils nous obligent à visualiser, à imaginer ce que nous lisons et donc à nous mettre en situation dans notre tête. Souvent, tout n'est pas dit, tout n'est pas écrit et il faudra compléter, suggérer, deviner, rechercher comment mettre en œuvre telle ou telle chose. Notre cerveau va imaginer un contexte, créer un environnement dans lequel nous nous voyons en train de réaliser la routine que nous lisons. C'est un bon vecteur de créativité, d'originalité. Au pire, cela apporte un minimum de personnalisation. Pour donner suite au Merlin Days (il dit dans l'interview rechercher un nouveau concept), j'ai quelques idées en tête et j'en discuterai directement avec lui à l'occasion parmi d'autres choses (ses derniers livres, Las Vegas, j'ai quelques gros sujets à aborder avec lui). Je rejoint aussi Jean Merlin lorsqu'il dit qu'on ne peut bâtir du neuf sans connaître ce qui s'est déjà fait sinon, comme l'avait écrit Claude Rix en titre de certaines de ses interventions dans une revue : "Rien de nouveau sous le Soleil". En bref, en réinvente. Et ceux qui croient qu'on ne peut plus rien créer se trompent : il reste encore pas mal d'effets non exploités ou très peu, une infinité de supports qui n'ont jamais été utilisé ou presque et des idées de mise en scène auxquelles personne n'a encore songé. Je pourrai développer mais là, on est dans une discussion liée à une interview et j'ai assez dérivé comme ça pour aujourd'hui (et puis je ne sais pas si ma vision des choses intéresse vraiment du monde). Enfin, voilà ce que cette petite interview me rappelle (souvenir de congrès), m'inspire et sur quoi elle me fait réfléchir encore plus ou conforte la vision que j'ai de l'illusionnisme.
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"in french : les foulards avec les deux nœuds" Ceux qui l'ont déjà vu en vrai ou dans ses dvds présenter sa routine de foulards sympathiques comprendrons. Il parlait au moins 5 langues couramment (Français, Anglais, Allemand, Russe, Espagnol).
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Ce que j'ai le plus apprécié chez lui (dans ses vidéos, je ne l'ai jamais vu en vrai malheureusement), c'est son bagou et son incroyable histoire (en Russie, durant la guerre, "Artiste !", les dédicaces sur la boîte de cigares...). Sa routine far, les foulards sympathiques, qu'il a présenté dans mille et une conditions différentes et avec laquelle il a toujours eu du succès. Elle comporte un passage assez culoté techniquement mais reste une des plus belles dans le genre. Il revendiquait l'invention du principe Brainwave (à distinguer du jeu invisible). Vrai ou non, on a toutes les raisons de croire qu'il était de bonne foi (qu'il a trouvé le principe tout seul de son côté) et il nous laisse, dans tout les cas, bon nombre d'enseignements en plus d'histoires passionnantes à raconter. Qu'il repose en paix. De temps en temps, nous donnerons un avenir à son travail et à ses histoires, comme tous les magiciens qui nous ont quitté et pour lesquels on a de l'estime.
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📺 Viral Virtual | des tours rien que des tours tous les mardis & dimanches !
Marc PAGE a répondu à un sujet de Thomas dans Forum Général
Puisque ces rencontres seront bien réelles et que l'on passe par conséquent du virtuel au réel, je propose comme nom : "Au delà du virtuel". -
Partage de mes présentations de routines
Marc PAGE a répondu à un sujet de Mikael WEYER dans Forum Général
La routine est sympa et bien exécutée techniquement, on ne s'attend pas au final, mais je trouve gênant (y compris pour des profanes) de ne pas pouvoir montrer les cartes noires au départ. D'autre part, le Olram vers la fin peut être gênant car étant donné que depuis le début, les spectateurs n'ont vu qu'une carte noire (le 8 de trèfle), ils risquent de remarquer une répétition. Une solution serait d'utiliser deux sets de cartes identiques comme dans de nombreuses routines de petits paquets de Dominique Duvivier ou deux messages comme Blake Eduardo (Ici et Là) ou deux couleurs, des images de bébés filles/garçons, des personnages bons/mauvais, des symboles, etc... bref toute autre visuel permettant de justifier d'avoir deux groupes de cartes identiques et pouvant servir de support à un texte un peu plus élaboré. Après, les routines sans histoires sont parfois bien aussi. Je ne veux pas te forcer à écrire une histoire. Je suggère juste une possibilité. L'idée principale (que je n'ai pas été cherché bien loin puisque bien d'autres l'ont eu avant moi) étant d'utiliser deux séries de cartes identiques pour palier à certains problèmes de répétitions dans les différents comptages. Enfin, je pense qu'il faudrait changer la façon de te débarrasser de certaines cartes à la fin ou de garder la même méthode mais de trouver une justification simple pour retoucher au jeu (enchaîner immédiatement sur autre chose avec le jeu ?). Prendre le jeu pour le reposer à ce moment peut parfaitement passer devant des profanes étant donné qu'ils sont encore en train de "digérer" le climax mais si tu peux trouver plus propre ou justifier cette démarche, ça ne pourra être que mieux. En espérant ne pas t'avoir découragé avec mes quelques critiques, je te souhaite bonne continuation. -
Carte "classique" avec révélation inscrite dedans | références
Marc PAGE a répondu à un sujet de Christophe BAIXAS dans Les Étagères Magiques
Il y a ce genre de carte dans les jeux de cartes spéciaux (gaffed decks) de Daniel Garcia et Wayne Houchin. Sinon tu peux simplement ajouter au feutre indélébile à pointe fine (genre marqueur pour transparents ou pour CDs/Dvds) une bulle avec un message (comme les personnages de bande dessinée). -
Le Cercle des Illusionnistes d'Alexis MICHALIK
Marc PAGE a répondu à un sujet de JacK BARLETT dans Forum Général
Je suis allé revoir cette pièce cet été (je l'avai déjà vu l'année dernière à Montparnasse) au théâtre de la Renaissance. Certains acteurs avaient changés mais j'ai eu plaisir à la revoir. Le monsieur qui joue à la fois le narrateur, l'horloger, l'antiquaire et Torrini a une voie très agréable et très adaptée à ce genre de rôle. Le texte comme la mise en scène sont très bons et réalisés avec assez peu de moyens (bon, il y a quand même une Pepper Ghost, de la vidéoprojection pour encadrer la scène et afficher les traductions lorsque Torrini et sa femme parlent en italien, des effets de fumée et de lumière reposant sur du matériel de précision, etc...) mais niveau décor, avec deux panneaux, un guéridon et quelques objets, il prend forme et se modifie rapidement et facilement au gré des changements d'époques (la pièce tourne en permanence autour de trois époques : celle de Jean-Eugène ROBERT-HOUDIN, celle de Georges Méliès et celle du couple dont on suit la rencontre, les années 80 je pense). On sent que l'auteur de la pièce a lu les confidences d'un prestidigitateur et le livre de Madeleine Malthète Méliès sur la vie de son grand-père. Tous les éléments principaux y sont, y compris et surtout les éléments romancés comme le recueil de M. Robert-Houdin par Torrini dont on sait aujourd'hui avec certitude qu'il est une invention du maître ou l'erreur de la libraire sur laquelle on a toujours eu des doutes. N'oublions pas au passage les récits ou allusions à l'automate joueur d'échec de Von Kempelen et au canard de Vaucanson. Ces petites histoires ont un côté fantastique qui réveillent l'enfant qui est en nous, l'attrait pour les choses que nous qualifions aujourd'hui de steampunk ou de rétrofuturiste (du moins, c'est ce genre de chose qui en constituent des sources d'inspiration comme les livres de Jules Vernes). Je ne puis donc que vous inviter à aller voir ou revoir cette pièce et je pense qu'elle est encore plus passionnante pour les passionnés de magie que nous sommes car vous pourrez mettre des images et des voix sur certaines de vos lectures. Elle en vaut vraiment la peine. -
Vendredi et samedi dernier, j'étais sur une aire d'autoroute pour faire la promotion du parc Nigloland. Nous dormons sur place et au petit-déjeuner de samedi, mes collègues m'ont parlé de l'émission (que j'avais loupé car je ne le savais pas et regarde rarement la télé). Ils ont été subjugués. Ils m'ont en particulier parlé de la routine de Viktor Vincent avec l'annuaire et d'une boîte d'où ils sortaient tous. Samedi soir, j'ai enchaîné avec un close-up pour un anniversaire et à plusieurs tables ont m'a parlé de l'émission et encore une fois, c'est la routine avec l'annuaire dont on me parlait d'entrée. Hier, sur un vide-grenier, j'ai acheté des fausses pâtisseries miniatures et quand la vendeuse m'a demandé où j'allai les mettre, je lui ai répondu que j'allai les utiliser pour un petit numéro de magie. Elle m'a alors demandé si j'avais vu l'émission de la veille et... elle aussi elle m'a mentionné l'annuaire ! ça m'a fait tout drôle, j'avais l'impression que tout le monde s'intéressait à la magie d'un coup ! Je viens de regarder l'émission. Je l'ai trouvée bien. Oui il y a un peu de preshow mais pas autant que certains le disent ! Deux fois en tout et pour tout : une fois pour Antonio au début et une fois pour Luc Langevin et sa grenouille (et encore, pour ce dernier, il pourrait ne pas y en avoir. En tout cas, j'aurai quelques solutions). Pour les lunettes, ce n'est pas du preshow mais de "l'instantané". Ces méthodes réduisent le mérite des artistes mais ne rendent pas ces numéros moins bluffants. Moi aussi je préfère les numéros reposant sur des méthodes moins "faciles" (je met des guillemets car ce n'est parfois pas si facile que ça, il y a quand même une prise de risque) mais bon, une ou deux fois dans une émission assez longue comme celle-ci, ça va. Il est évident qu'on a dit aux célébrités de faire en sorte que l'émission soit la plus extraordinaire possible. Du coup elles en font parfois un peu des caisses dans leurs réactions et commentaires (elles amplifient au maximum les effets) et ne vont pas chercher à faire planter les numéros mais elles ne sont pas complices pour autant. Pour les f****** de Luc Langevin. Il a fait 8 fois le même, et alors ? Moi ça ne me choque pas. Au contraire, je dirais même que si il les avait fait différents, cela aurait en partie cassé le rythme et éveillé des soupçons (pour à untel il la ferait choisir comme ça et à un autre comme ça ?). Là c'est simple, direct et fait sans y attaché une grande importance : plusieurs personnes ont pris une carte au hasard. Point. Concernant Caroline et son "niveau", qu'importe, ce n'est pas un concours. Elle a son charme, ce qu'elle a présenté était bon. La petite combinaison matérialisation d'une lampe sortie d'un tableau, d-light, lampe qui s'allume, détecte les mensonges et finit par léviter et se briser, désolé mais c'était beau et bluffant ! Tout était bien présenté : bonne synchronisation pour l'extraction de la lampe et pour les séquences d'allumage, bonne gradation dans les effets et final inédit. On sent que le numéro a été écrit et mis au point avec intelligence. Marc Antoine a réalisé certaines choses, nul doute là dessus mais je pense que Caroline Marx a trouvé son petit enchaînement toute seule et c'était bien trouvé ! Même chose pour le bonneteau. Si ça se trouve, elle a présenté cette routine juste à cause de remarques sur le bonneteau de la première émission où là, il y avait une combinaison entre routines réelles (bonneteau et bill sw****) et trucages vidéos. Là c'était plus discutable mais la petite séquence était plus présenté comme une caméra caché, comme une plaisanterie. Dans cette troisième émission, elle a repris une partie (la meilleure partie) d'un bonneteau merveilleux créé par Wolfgang Moser qu'elle a combiné avec la dernière version de transformations de billets de Richard Sanders. Là aussi, c'était certes simple techniquement mais joli et bien vu en terme d'enchaînement. Elle a montré d'une certaine manière qu'elle pouvait présenter en vrai les effets présentés avec trucage vidéo dans la séquence "gag" de la première émission. Pour la version de la chaise de De Kolta par Enzo Wayne tout comme pour le voyage dans le temps de Luc Langevin. Oui, on les a déjà vu et revus mais on est des magiciens, on regarde beaucoup d'émissions et spectacles où ces artistes apparaissent donc forcément, il faut s'attendre à revoir parfois les mêmes. McBride, ça fait des années que je le vois faire le même numéro de manipulation, Nestor Hato aussi et il y en a à la pelle comme ça. Cela ne les empêche pas de se renouveler pour le reste. Ils ont juste leur numéros far, leur bébé qu'ils mettent en avant. Non, vraiment, j'ai passé un bon moment et au regard des retours que j'ai eu un peu de tout côtés, cette émission a marqué les esprits et positivement. Pour ce qui est des concepts d'émissions, mes préférences rejoindrons également celles de Loïc. A savoir que j'aimerai voir plus de retransmissions télévisuelles de spectacles en théâtre. Dernièrement, je viens d'en voir une d'un spectacle de Derren Brown. Je suis certain qu'en live, c'est encore autre chose mais pour ceux qui n'ont pas l'occasion de traverser la manche tous les jours, c'est déjà pas mal ! A noter qu'on a la chance aujourd'hui de voir fleurir ici et là une série de spectacles, de festivals et de cabarets parfois d'excellente qualité partout en France. Il faut en profiter. Alors oui, de temps en temps, il faut faire un peu de route. J'habite à 3h de Paris et je travaille mais quand on le veut, le temps, on finit toujours par le trouver.
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La phrase "Vous pouvez tout vérifier" est t-elle une bonne idée ?
Marc PAGE a répondu à un sujet de Mikael WEYER dans Forum Général
Pour moi, il faut qu'un maximum de choses soit examinable. Il faut toujours pouvoir permettre l'examen mais ne pas l'imposer, à quelques exceptions près. Il est parfois intéressant de donner aux spectateurs l'envie d'examiner certaines choses et parfois, à l'inverse, d'éviter de leur donner envie d'examiner certaines choses. Je vais vous donner deux exemples concrets : Exemple n°1 : Lorsque je présente le tour couramment appelé "matchbox penetration" (pour ceux qui ne connaissent pas ou dont ce titre ne rappelle rien, il s'agit d'un boîte d'allumette que l'on traverse habituellement avec une aiguille avant de révéler que la boîte contenait un bloc de laiton impénétrable), même avec le meilleur bloc au monde, il y a un risque (de plus en plus élevé avec le temps d'ailleurs car c'est un tour qui vieillit assez mal). Il faut donc éviter que le spectateur veuille consacrer trop de temps à l'examiner. Le problème, c'est que c'est l'objet central du tour. Exemple n°2 : Le Wow (tout le monde connaît je pense ? Sinon, sachez que c'est un étui vous permettant une transformation progressive et à vue d'une carte en la carte choisie et signée par le spectateur). Cet étui est en principe examinable mais un accident peut arriver si un spectateur venait à le saisir d'une certaine manière. Il existe des étui normaux (nécessitant un échange) mais cette solution n'est pas pratique et inutile à mon sens. J'ai donc quelques principes pour amoindrir l'attention porté à l'objet dont l'examen peut être un problème si il est trop poussé : 1) le négliger, ne pas le mettre en valeur gestuellement et verbalement, l'ignorer, le rendre banal 2) porter mon attention sur un autre objet sans rendre ce dernier nécessairement suspect 3) porter mon attention sur un autre objet et faire de ce dernier un objet suspect (alors qu'il ne l'est pas) Solution à l'exemple n°1 : J'applique 1) et 3) combinés. A la place d'une aiguille, je tient à préciser (car c'est important), que j'utilise une petite épée travaillée (jolie). Mon texte tourne autour du roi Arthur, vous l'aurez sans doute deviné. Je ne vais pas vous donner toute ma routine mais simplement vous dire que mon texte met en valeur l'épée (Excalibur) et que c'est le spectateur qui la retire (et devient roi de la soirée ou de sa table) puis je révèle le bloc en le faisant tomber et là : Je marque un temps et je porte tout de suite mon attention sur l'épée : je la reprend assez rapidement et je n'ai d'yeux que pour elle (sans exagérer non plus) puis sur la boîte d'allumette. Dans ma tête, j'ai hâte de ranger l'épée et la boîte d'allumettes. J'ajoute parfois d'un air "jemenfoutiste" : "oui, vous pouvez regardez le bloc" mais toujours en tenant l'épée et la boîte précieusement. A partir de cet instant, soit le spectateur me rend directement le bloc, soit il le garde un instant mais dans tous les cas, il va me demander l'épée. A ce moment je lui donne presque à contre cœur et je tend la main pour récupérer le bloc et lui remettre la boîte d'allumette à la place tout en lui disant "la boîte aussi ?". Au pire il garde le bloc juste pour le remettre dans la boîte et essayez de faire passer l'épée à côté mais dans cette démarche, tout risque est écarté. Pour donner de l'importance ou amoindrir l'attention que peuvent porter les spectateurs sur un objet, vous pouvez donc jouer sur : - le choix de l'objet : un bel objet, rare, complexe (forme, fonctionnement complexe ou autre) attirera plus ou du moins il sera plus facile de le mettre en valeur - votre regard - votre gestuelle : votre façon de tenir l'objet, ce que fait votre autre main (si elle le montre du doigt par exemple ou si au contraire elle cherche à le cacher) - votre attitude générale, vos pensées (on est dans le domaine du ressenti mais c'est important) Solution à l'exemple n°2 : Le Wow. Combien de magiciens (y compris de très bons professionnels) ai-je vu qui mettent le gimmick trop en avant en le présentant comme un appareil miraculeux au nom parfois très exotique. Cela en fait la pièce centrale du tour et l'objet qui semble être à l'origine de tout (et qu'il faut donc examiner). Leur routine sont souvent très bonnes mais en condition réelle et en particulier dans le cas ou la routine est répété (table en table), l'envie d'examiner l'étui étant assez élevée, c'est risqué. Dans ma routine, je présente d'abord un voyage de carte rapide sans le Wow (la carte choisie pour cette petite routine étant celle du Wow donc f*****) et sans faire signer la carte. Je fais alors choisir une seconde carte (libre et signée) et je la perd dans le jeu. Je coupe le jeu sur une carte mais c'est la première carte choisie. Et là, j'introduit le Wow ainsi : "ceci est un petit bout de plastique pour garder vos carte de visites, vous connaissez ?". Je ne les laisse par répondre et j'enchaîne tout en glissant la première carte choisie (en réalité...la seconde) dans l'étui : "pour moi, c'est juste un moyen de vous prouver que cette fois, je ne pourrais plus toucher directement la carte" (et je la montre par transparence). "Je ne vais d'ailleurs pas la couvrir, même pas un instant" et je demande à un autre spectateur de mettre sa main sur le jeu (je fais une coupe Charlier dans le geste de lui donner si je n'ai pas pu la faire avant). Je réalise le change à vue et lentement*. *C'est pour moi tout l'intérêt du Wow. Tous ceux qui retournent l'étui avec la face de la carte cachée et qui révèlent le changement ensuite ont tort selon moi car le moment ou les deux cartes semblent fusionner est extraordinaire pour les spectateurs. Je sort la carte signée, je laisse tomber l'étui négligemment (ce n'est qu'un bout de plastique) et je porte mon attention sur la carte en passant mon pouce dessus comme si elle était fraîchement imprimée. A partir de là, tout le monde veut voir la carte. Je ne range pas tout de suite le Wow (je m'en moque jusqu'au bout). La question qu'on me pose alors presque à chaque fois : "et le 6 de cœur alors ?" et là je me tourne vers le spectateur qui a le jeu sous sa main et l'invite à regarder lui-même au milieu du jeu en disant "elle a pris sa place dans le jeu". Je conclut en disant "Rien ne se perd, rien ne se créer, tout se transforme.... ou tout voyage !" et je range tout en même temps sauf les cartes signées que je laisse en souvenir. A noter que je me ballade avec 4 Wow sur moi afin de ne pas avoir toujours les mêmes cartes choisies pour le premier spectateur. Concernant l'examen d'un jeu de carte (ordinaire ou le plus truqué du monde), je ne dis jamais d'entrée "examiner le jeu" ou "voici un jeu de cartes normales..." (on en a déjà parlé maintes fois) mais je le donne à un spectateur en lui demandant de le mélanger, de le couper ou de me sortir telle ou telle carte. Ainsi, étant donné qu'il a été dans les mains d'un spectateurs, dans l'esprit collectif, il est ordinaire et non préparé (si le spectateur l'a mélangé). Vous connaissiez sans doute déjà cette astuce mais un petit rappel ne mange pas de pain comme on dit. Dernière petite chose : à propos des exceptions (car dans les première lignes de mon intervention, je parle d'exceptions et vous pouvez vous demander lesquelles). J'impose parfois l'examen juste pour ne pas créer de temps mort durant mon passage. En cocktail (debout, sans table) par exemple, je présente souvent une routine de petit paquet où tous les dos changent de couleur. A la fin 4 spectateurs se retrouvent avec chacun une carte ou deux dans la main et je les invite à examiner les cartes. Souvent ils se les échangent. Cela me permet de sortir le matériel du tour suivant ou d'emp***** un objet dans ma poche (et si je n'est pas eu le temps, j'emp******* lorsque je remettrai les cartes du tour en poche). Je parle d'un tour de petit paquet mais il en est de même avec plusieurs des routines que je présente. J'invite parfois à l'examen avec insistance afin de sortir ce dont j'ai besoin par la suite, de placer, mettre en marche ou d'em******* quelque chose. Sur scène aussi, il m'arrive de donner quelque chose à un spectateur sur scène pendant qu'une autre monte sur scène. -
L'Atelier des Lumières, Klimt, Hundertwasser, Poetic_AI
Marc PAGE a répondu à un sujet de Christian GIRARD dans Forum Général
Je suis allé voir l'expo TeamLab (et le Paradoxe de Georges de Yann Frisch au passage). Pour TeamLab, c'est beau, c'est original mais c'est effectivement cher pour ce que c'est. On en a vite fait le tour, les animations ne réagissent pas aussi bien qu'on l'imaginerait et c'est très répétitif. Quelques photos lors de mon passage : Et juste derrière le bâtiment, un drôle de camion : Très bon spectacle ! Et puis, allé, tant que j'y étais, je suis retourné voir Le cercle des illusionnistes au théâtre de la Renaissance : Certains acteurs ont changés depuis la dernière fois mais c'est toujours un plaisir et il faisait un peu moins chaud qu'au théâtre Montparnasse (ça va rappeler des souvenirs à certains ! @Philip59, Thomas, Guillaume D, @Guillaume NATAS) Je regrette juste de ne pas avoir pu voir David Stone au Double Fond. Trop peu de dates. Mais je le reverrai ailleurs. -
Illusion d'Optique : changement du nombre de personnes
un sujet a répondu à Marc PAGE dans Forum Général
Monsieur Pierroti (l'auteur de Micro-magie pour tous) fabriquait ce genre d'illusion d'optique en noir et blanc. On la retrouve dans pas mal de livres consacrées aux illusions d'optique. Une belle version figure notamment dans le livre "pop-up" Magic Show de Mark Setteducati. Je me souviens également d'une conférence de Gérard Bakner où il avait présenté son approche de cette illusion avec des carottes et un texte amusant. Plus récemment, j'ai vu un magicien Anglais (le nom ne me revient pas pour l'instant mais je vais le retrouver et je vous l'indiquerai plus bas) faire une conférence lors du congrès The Session portant sur les illusions d'optiques et en particulier celle-ci dont il nous avait présenté une bonne dizaine de versions avant la sienne, sous la forme d'un objet tridimensionnel : un cendrier avec 8 cigares (certains entiers, d'autre plus ou moins consumés). Deux cigares pouvaient disparaître un par un en faisant tourner une partie du cendrier (ressemblant à n'importe quel cendrier mais en plus gros). Il avait aussi fait une version avec des cigarettes. Quant à cet autre classique : Il en avait aussi fait des objets tridimensionnels : deux petits récipient en porcelaine blanche pour servir les gâteaux apéritifs. Y a- t-il plus de chips ou plus de cacahuètes ? Là aussi, Gérard Bakner s'est déjà penché des versions tridimensionnelles de ce genre de classique des illusions d'optique en en faisant un dessert (dans le cadre du Secret Dinner). Je n'ai pas eu l'occasion d'aller à ce dîner (trop onéreux pour moi) mais il avait posté quelques photos de ses créations sur ce forum. Mais je m'écarte du sujet centré sur l'illusion où un ou plusieurs objets/personnages apparaissent et disparaissent voir se transforment. -
J'ai un numéro avec une poupée Barbie : apparition, quick change, lévitation, allongement des jambes et à la fin je la pose sur mon épaule gauche et m'en vais avec. Certains ont pu voir les prémices (lévitation et allongement des jambes) de ce numéro lors d'un passage au Close-up Monthly il y a longtemps (2012 ?). Pour le quick change, il y a trois changements : un en la passant dans un tube, un en la couvrant d'un foulard et un dernier à vue. J'ai fait faire les tenues par une amie douée en couture et en utilisant des tissus satinés (qui glissent), de la chaînette en acier pour plomber certaines parties. Le dernier change repose sur un tir***. Je souhaite modifier l'apparition (directe, dans un flash) pour la sortir d'un livre (je m'appelle Marc Page). Séparément, j'ai aussi travaillé sur une illusion très ancienne appelée "Jean de la Vigne" découverte grâce à Pierre Guedin. L'illusion est parfaitement réalisable avec une poupée Barbie mais le système pour se débarrasser de la tête peut être amélioré. Je vous laisse faire des recherches pour savoir de quoi il s'agit. Vous avez le titre : Jean de la Vigne.
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Penny coincé dans une Okito pour demi dollar
Marc PAGE a répondu à un sujet de Fredy dans Forum Général
Il faut l'équivalent d'un "bang ring" (l'anneau qui set à dégager certaines pièces d'une c*******, la pile d'un dynamic coin, etc...). Un marteau risque de faire des marques sur la boîte, même en mettant un chiffon entre les deux. Une méthode serait donc d'utiliser deux tasseaux de bois sur lesquels poser ta boîte ouverture vers le bas puis de frapper le fond de la boîte avec un maillet en caoutchouc. Et si tu as chez toi une machine qui vibre fortement (des enceintes de type caisson de basse, un compresseur, etc...), tu peux essayer de plaquer ta boîte contre (ou la scotcher au gaffer) et d'attendre. Cette autre solution semble farfelue mais je pense vraiment que les ondes mécaniques peuvent résoudre ton problème. -
Réflexions sur l'honnêteté en magie
Marc PAGE a répondu à un sujet de Frédéric NAUD dans Forum Général
En disant que tu préfères faire de la magie avec les gens, tu me fais à la fois penser à Claude RIX qui dit souvent "je ne vais pas vous présenter un tour de cartes. Je vais vous présenter un tour avec des cartes" et à Salvano qui reprochait aux magiciens de dire presque tout le temps "je fais des tours de cartes, de boules, de pièces,..." au lieu de "faire des tours avec des cartes, avec des boules, avec des pièces, ...". Utiliser "avec" plutôt que "de" , c'est dire que les cartes, les boules, les pièces, etc... ne sont que des supports. La différence de sens n'est cependant pas aussi importante que dans le cas que tu as indiqué (à savoir : définir la relation que tu souhaites avoir entre tes spectateurs et toi). Je pense que Gilbus ne parlait pas forcément d'un personnage qui semble subir les effets de ses propres tours même si c'est parfois le cas dans ce que j'ai pu voir de lui. Il l'a d'ailleurs précisé : Si les spectateurs ont compris que le roublard était un personnage et qu'ils suivent son histoire facilement, ils rentreront dans le jeu tout comme on aime suivre le parcours d'un hors-la-loi dans un bon western alors que quand même, il vole et tue parfois des gens (même si ils sont plus méchants que lui). Le tout est d'avoir quelque chose d'élaboré comme il le dit, ne pas se contenter de vouloir juste bluffer les gens. On souhaite les bluffer, c'est évident. Mais si on se limite à "je vais tous les avoir" on se place (souvent sans nous en rendre vraiment compte) dans une situation de "défi", de "supériorité" comme le décrit Gilbus. Et c'est dans ces cas-là qu'on a le plus de "ça m'énerve, je ne comprend rien !" (pas péjoratifs d'ailleurs ! C'est juste une façon dont les spectateurs s'expriment pour manifester le fait qu'ils sont justement bluffés). Mais Gilbus ne veut pas seulement bluffer ses spectateurs. Il veut partager un moment avec eux, s'amuser avec eux, avoir des retours plus variés liés à des ressentiments plus variés (des émotions). Il y a plusieurs façons de faire participer les spectateurs. Gilbus souhaite les impliquer dans ses spectacles : c'est-à-dire que cela va un peu au delà de faire choisir une carte, tenir une baguette ou garder une boîte dans sa poche. Si il réalise ce genre de chose, il va lui donner un sens au travers de son boniment, de l'histoire qu'il raconte et chaque participation ou choix d'un spectateur permet à ce dernier de révéler ses goûts, ses préférences, des informations sur lui (son parfum préféré, l'un de ses traits de caractère, sa date de naissance,...). En impliquant ainsi les spectateurs, il cherche à les mettre en valeur aux yeux des autres. Il peut aussi jouer avec certains voir les taquiner lorsque la situation s'y prête. Ne serait-ce que poser quelques questions aux spectateurs (en lien avec notre histoire ou le sujet abordé bien sûr) ou demander leur prénom (et s'en souvenir ! Et montrer qu'on s'en souvient en le réutilisant, même longtemps après) permet de créer ce côté convivial, l'ambiance "discussion autour du feu". Bon, il faut préciser, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, que Gilbus est avant tout conteur. Non pas qu'il soit mauvais magicien (loin de là !) mais qu'au premier abord, il vous raconte une histoire ou aborde un sujet et la magie va intervenir pour illustrer et/ou souligner certaines parties de l'histoire. Dans tout ce que j'ai pu voir de lui, la magie était au service de l'histoire. Cependant la magie n'était pas un détail non plus et occupait une place presque aussi importante que l'histoire. Le côté "conte" a le dessus mais légèrement. La mesure est très bien trouvée. Il a donc tout a fait raison lorsqu'il dit qu'il n'est "pas vraiment magicien". Personnellement, j'adhère tout-à-fait à cet état esprit mais je ne sais pas encore interpréter (incarner) plusieurs personnages dans un même numéro ou spectacle. Bref, je ne sais pas encore conter correctement (mais je sais très bien compter par contre ). Pour l'instant, je ne fais que raconter. Je me limite donc à un rôle de narrateur. Malgré tout, je pense qu'il y a des limites pour ce qui est de la proximité avec les spectateurs. Tout dépend de l'endroit où on se produit, de notre public bien sûr. Je pense que, comme avec mes élèves (et tu me comprendras d'autant plus facilement sur ce point Fred), on peut être sympathique, avoir de l'estime, avoir envie qu'ils nous dépasse un jour, qu'ils réussissent sans nécessairement faire ami-ami avec eux. Un minimum de distance est nécessaire. Dans une classe, le simple fait d'être un adulte et de se placer au niveau du tableau, derrière un bureau (même si on s'assoit, même si on se déplace dans la classe par la suite) marque cette distance. En magie, le simple fait de monter sur scène, d'arriver debout devant une table où tout le monde est assis ou de poser un tapis (scène de table) marque cette distance. Je pense qu'elle est nécessaire car elle pose la situation : "je viens vous présenter quelque chose". Et ce n'est pas, selon moi, une marque de défi (de supériorité) à condition de ne pas prendre encore plus de distance au travers de notre présentation. C'est-à-dire que je considère qu'il doit y avoir une distance mais faible. Une distance suffisante pour marquer une différence, attirer l'attention, se mettre dans une position où on va pouvoir échanger avec tous le monde (être vu, entendu mais aussi pouvoir voir et entendre chacun). Notre position (debout devant une table, sur une scène, à un point stratégique dans un groupe debout) n'est pas choisie dans l'idée d'être "au dessus des gens" mais de pouvoir échanger avec tous. Et pour revenir à l'honnêteté en magie mais dans le cadre d'un personnage, d'une histoire : tout est possible à conditions que le spectateur comprenne qui vous êtes, ce que vous faites, ce que vous racontez, où vous êtes (dans votre histoire), à quelle époque, etc... et ainsi faire en sortent que les spectateurs nous suivent et aient envie de s'impliquer lorsqu'on leur demandera. De notre côté, les prestations sont ainsi moins répétitives, moins "mécaniques", nos textes ne font pas "récités", nos blagues et réactions plus spontanées. La première chose que j'ai retenu de Gilbus et qui m'avait assez surpris, c'est qu'un conteur n'apprend pas une histoire par cœur. Il l'a lit une ou deux fois (même si c'est lui qui l'a inventée) et la raconte ensuite avec ses mots en se basant uniquement sur ce qu'il a retenu (c'est-à-dire qu'il va oublier certains détails qu'il a lu, en modifier ou inventer d'autres au moment de raconter l'histoire). Ensuite intervient la distribution des rôles entre un narrateur et un ou plusieurs personnages qu'il faut incarner et là, il faut apprendre à jouer. Bref, on passe ensuite de "raconter" à "conter". Et je peux affirmer que Gilbus sait très bien conter. Je pense qu'on oublie trop souvent que pour être naturel, pour qu'un personnage soit correctement incarné (distinct des autres), pour qu'un texte ne fasse pas récité, pour qu'une prestation ne semble pas trop "convenue", il faut de la spontanéité et par conséquent pas de par cœur (mais une trame tout de même, les grandes lignes, les choses indispensables) et impliquer les spectateurs (ainsi chaque prestation a son côté unique apporté par les spectateurs). C'est ça aussi, être honnête avec les gens. -
De l’usage du détournement d’attention dans une situation de stress
Marc PAGE a répondu à un sujet de Yves BLANCHARD dans Forum Général
Technique de ninjitsu. Il en existe pas mal comme ça.
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