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Publié le (modifié)
Il y a 21 heures, Patrick FROMENT a dit :

Merde !

... Si même Marianne assimile la "sphère zététicienne" à des "scientistes"...

Quand le wokisme s'infiltre même chez les scientistes

 

Sans parler du fond (déjà évoqué par un individu qui fut proche de la « sphère soralienne » si je ne m’abuse) on lit ceci en début d’article (dont on ne peut lire que les premières lignes si l’on n’est pas abonné, ce qui doit être le cas de beaucoup sinon toutes et tous 😉 par ici)  :

Citation

Initié en 1998 à l’université de Nice par l’astrophysicien Henri Broch, le mouvement est aujourd’hui essentiellement présent sur Youtube, via des chaînes comme Mr Sam, Hygiène mentale, Astronogeek, ou la Tronche en biais. 

Le « biophysicien » (dixit Wiki) Henri Broch sera étonné d’apprendre que sous la plume d’un journaliste de Marianne il est magiquement devenu astrophysicien. Au point où l’on en est, une bêtise de plus ou de moins…
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Henri_Broch

Le 23/01/2023 à 20:40, Patrick FROMENT a dit :

la science ne répond pas (en tout cas aujourd’hui) aux questions les plus essentielles et, donc, ne pas attendre de la science plus de réponses que celles qu’elle est capable de fournir

Et d’autres domaines ayant plus de prétentions fourniraient eux des réponses valides ? 

https://menace-theoriste.fr/les-obsessions-politiques-autour-de-la-zetetique/

Modifié par Christian GIRARD
  • Merci 1
Publié le
Le 21/01/2023 à 09:44, Patrick FROMENT a dit :

Il y a, au fond,  beaucoup de manières d’être sceptique et rationnel

 

Le Comité belge pour l'analyse critique des parasciences anciennement Comité Belge pour l’Investigation scientifique des Phénomènes réputés paranormaux est une association de sceptiques qui existe depuis 1949.

Une visite de leur site (ICI) et un parcours des nombreux articles convaincra le lecteur que les sceptiques belges sont aussi efficaces que leurs homologues français sur le plan de l'analyse critique des parasciences.

Un article intéressant de Jérémy Royaux relaie les critiques du groupe Zet-éthique Métacritique (un groupe de sceptiques et de rationalistes particulièrement critiques vis à vis de la dérive scientiste d'une partie de la sphère zététique) :

Un mouvement sceptique au bord de la scission ?

Quelques critiques émises et relayées :

Citation

La vulgarisation de faible qualité de la part de certains sceptiques : soit parce qu’ils ne lisent pas ou très peu la littérature scientifique et qu’ils prétendent quand même en vulgariser quelque chose, soit parce qu’ils présentent des points de vue qui ne sont pas du tout ceux des spécialistes, induisant le public en erreur

 

Citation

L’ignorance globale des sciences humaines et sociales et la présentation biaisée et caricaturale de ces sciences

 

Citation

La défense de positions scientistes, prétendant tout régler et expliquer par LA science

... On a l'impression de lire du Patrick Froment (particulièrement sur les deux derniers points). 😃

L'article de Jérémy Royaux semble valider largement ces critiques tout en les nuançant un peu :

Citation

Nombre d’entre nous, sans pour autant être toujours en accord avec ces critiques, ont pu y trouver pas mal d’argumentations intéressantes. Il me semble difficile de dire que ces critiques ne sont pas légitimes.

 

Citation

nous avons critiqué, depuis longtemps, les sceptiques qui prétendent dire des choses de la parapsychologie sans jamais rien lire de la littérature scientifique sur la question. Cette erreur a amené un grand nombre d’affirmations fausses et caricaturales, nous amenant à devoir défendre la parapsychologie contre des critiques assez gênantes de la part de sceptiques qui prétendent se référer à la méthode scientifique

 

 

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

  • 4 weeks plus tard...
Publié le

Claudine Tiercelin, titulaire de la chaire de Métaphysique et Philosophie de la Connaissance au Collège de France donne une assez bonne définition du scientiste dans un texte assez touffu et exigeant La métaphysique et les sciences - Les nouveaux enjeux.

Rappelons que le mot "scientiste" est problématique car personne ne se réclame et ne s'est jamais réclamé du scientisme. C'est un mot forgé par les adversaires de certaines positions philosophiques pour caractériser, justement, ces positions (on retrouve un peu la même problématique avec le mot "solipsisme").

Citation

On peut sans trop de peine repérer le scientiste. Il va mettre à toutes les sauces les mots « science », « scientifique », « scientifiquement » ; adopter des tics de la terminologie « technique », sans tenir compte aucun de son utilité réelle ; être obsédé par la démarcation, par l’étanchéité à assurer entre la « vraie » science, the real thing et les imposteurs « pseudo-scientifiques » ; s’employer à identifier « la » méthode « scientifique », censée expliquer les succès des sciences ; chercher dans celles-ci des réponses à des questions qui ne sont pas de leur ressort ; dénigrer enfin ou nier la légitimité ou valeur d’autres types de recherche ou d’activités humaines, telles que la poésie ou l’art.

On peut dire, sans trop risquer de polémiques inutiles, que la définition de Claudine Tiercelin s'applique assez bien à la zététique notamment dans "l'obsession de la démarcation et l’étanchéité à assurer entre la « vraie » science et les imposteurs « pseudo-scientifiques".

On peut, aussi, nuancer la dernière partie du propos : concernant la zététique, il ne s'agit, en général, pas de "dénigrer ou nier la légitimité ou valeur d’autres types de recherche ou d’activités humaines, telles que la poésie ou l’art" mais plutôt de placer, de manière implicite, la connaissance scientifique et la méthode scientifique au sommet de tous les savoirs.

Claudine Tiercelin, partisane d'une "certaine forme de réalisme scientifique" et posant comme premier principe que "la métaphysique ne doit pas être en conflit avec la science" soutient très habilement dans ce texte exigeant que  "la science a besoin de la métaphysique pour l’interprétation de ses théories" :

Citation

les scientifiques font tous, volens nolens, des postulats métaphysiques qui vont bien au delà de ce à quoi les autorise la science. Pas plus que d’autres, ils ne peuvent donc s’exempter de cette étape critique et thérapeutique qui constitue la première phase d’une entreprise métaphysique digne de ce nom.

 

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

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il y a une heure, Patrick FROMENT a dit :

On peut dire, sans trop risquer de polémiques inutiles, que la définition de Claudine Tiercelin s'applique assez bien à la zététique notamment dans "l'obsession de la démarcation et l’étanchéité à assurer entre la « vraie » science et les imposteurs « pseudo-scientifiques".

Malheureusement, on peut également dire, sans trop risquer de polémiques inutiles, que cette définition de Claudine Tiercelin correspond également assez bien au discours de tous les imposteurs "pseudo-scientifiques" (c'est elle qui limite les guillemets à l'épithète, prouvant involontairement que, si elle prend ses distances avec le terme pseudo-scientifiques, elle adhère au concept d'imposteurs😁) qui cherchent à dénigrer les sciences exactes au profit des sciences "inexactes". A croire qu'il est plus facile de dénigrer les autres que d'étayer ses propres "travaux"...

Certes, il ne faut pas mettre en place une hiérarchie des activités humaines, et l'art, par exemple, a la même importance que la science. Simplement, l'un s'adresse à l'affect, et l'autre à la raison. Et certains individus peuvent même être sensibles aux deux. @Christian GIRARD, pour ne pas le nommer, est à la fois un fervent défenseur de la science et un esthète, qui ne rate pas une occasion d'alimenter les sujets liés à l'art sur VM. Heureusement pour lui, d'ailleurs : sans ça, il aurait été catalogué "scientiste" ! Ouf !

Donc oui au droit à la parole, à condition de ne pas pratiquer le mélange des genres : j'aime beaucoup la poésie, mais je n'embarquerais pas dans une fusée fabriquée par un poète. De même, je ne suis pas sûr que j'apprécierais la musique composée par un astrophysicien (mais bon, j'essaierais quand même : c'est moins risqué que la fusée...).

Oui, toutes les activités humaines sont aussi légitimes, mais un astrologue, qui est légitime pour apporter du réconfort, ne l'est pas forcément quand il m'explique que les mouvements des astres influent sur ma vie je vais passer une mauvaise journée au bureau surtout si mon patron est sagittaire...

Que chacun se mêle de ce pour quoi il est légitime, et les vilains scientistes arrêteront de dire aux gentils imposteurs (encore une fois, je ne fais que reprendre le terme de Mme Tiercelin ! 😇) de ne pas piétiner leurs plates-bandes.

Il y a des gens pour qui la vérité scientifique est plus importante que les étiquettes, et qui se moquent de savoir qui est scientiste ou qui est un charlatan. Tout ce qu'ils veulent, c'est savoir si ce que disent l'un et l'autre est vrai. Je t'accorde que ce sont des gens simples, pour qui la réponse "rien n'est vrai, car le monde est une illusion que nous percevons tous différemment car l'Univers est une part de l'observateur" n'est pas satisfaisante. Eux, ils veulent juste savoir si la Terre est plate ou sphérique, et si leur sagittaire de patron va leur casser les pieds.

La méthode qu'on leur a enseignée, c'est de se fier aux gens qui apportent des preuves de ce qu'ils avancent. Et comme c'est justement la base de la démarche scientifique, on leur a appris à se fier à la science. Je sais, c'est sommaire, mais bon...

Si demain la communauté scientifique laisse le premier venu raconter n'importe quoi sous couvert de liberté d'expression ou d'expression artistique, comment ces quidams feront-ils la part des choses ? C'est malheureusement impossible, pour les raisons déontologiques que je viens d'exposer.

Heureusement, il y a une solution pour les "pseudo-scientifiques" qui voudraient tout de même intégrer le cercle prestigieux de la Science-avec-un-grand-S : pour être reconnus comme des scientifiques, il leur suffit d'adopter la démarche du même nom. Et s'ils ne le veulent pas, ils peuvent aussi se contenter d'appartenir au cercle de la Pseudo-Science-avec-un-grand-PS : après tout, pourquoi désirent-ils tant la reconnaissance de cette bande de scientistes qu'ils ne cessent de critiquer pour leur étroitesse d'esprit ?

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L'important, c'est que ça valide !

Publié le

Merci @Alx pour cette longue prose fort intéressante et argumentée. 😊

Encore une fois, je ne pense pas qu’il y ait trop de polémiques à faire sur ce texte. Je ne suis même pas sûr que Mme Tiercelin visait la zététique dans son propos. Son texte me semble plus une manière de démontrer à quel point les tentatives d’éradication de la métaphysique ont échoué et comment la métaphysique est plus que jamais indispensable (y compris à la science) en ce XXIe siècle.

Il se trouve que son texte propose aussi une définition du scientisme. Or comme j’aime bien donner une définition précise de certaines notions (surtout quand il s'agit de notions un peu problématiques 😊) et que cette question du scientisme a été abordée par ici, il m’a semblé pertinent de relayer ce propos ici. C’est tout ! 😊

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

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En relisant ma réponse (et la réaction de @Patrick FROMENT), je réalise que j'ai l'air de critiquer Claudine Tiercelin et de lui faire dire autre chose que ce qu'elle dit.

Je précise donc mon propos afin d'éviter tout malentendu : je ne conteste ni la légitimité de Mme Tiercelin, dont je ne connais pas les travaux, ni sa définition du scientisme. Je voulais simplement souligner que la même phrase pouvait servir dans la bouche d'un philosophe à définir le scientisme ou dans la bouche d'un charlatan à décrédibiliser la démarche scientifique 😊

Le problème de cette définition (mais c'est peut-être le cas de toutes les définitions du scientisme), c'est qu'elle ne s'appuie pas sur ces critères objectifs : il y est question d'obsession, de tics, d'utilité "réelle"... 

Si je retire tous ces éléments de langage subjectifs, il reste quelque chose comme ça (d'après la définition originale ; en italique, les termes que j'ai rendus plus "objectifs") :

Citation

Il va utiliser les mots « science », « scientifique », « scientifiquement » ; employer le langage de la terminologie « technique », même lorsqu'elle est inutile ; se soucier de la démarcation, de l’étanchéité à assurer entre la « vraie » science, the real thing et les imposteurs « pseudo-scientifiques » ; s’employer à identifier la méthode « scientifique », qui explique les succès des sciences ; chercher dans celles-ci toutes les réponses qu'elles peuvent lui apporter

J'ai laissé de côté la partie sur la priorisation des activités humaines, qui ne me paraît pas relever pas de l'appréciation de la personne qui juge.

Rédigée ainsi, on voit bien que cette définition pourrait s'appliquer à la science, même dans la bouche d'un scientifique. Il s'agit donc bien d'une définition subjective (au sens premier du terme, "propre à une personne")

Mon objectif n'est pas de déformer les propos de l'auteure, mais de mettre en évidence que sa définition du scientisme correspond à celle de la science, les termes péjoratifs en plus. Termes péjoratifs mais indispensables, car ils sont l'essence de la définition : en gros, le scientisme, c'est l'abus de science.

La difficulté consiste à savoir où commence l'abus en question : selon l'endroit où chacun place le curseur, le même individu pourra être considéré (et présenté) par les uns comme un scientifique et par les autres comme un scientiste.

C'était le sens de mon message 😊

Révélation

Ce dernier échange étant un peu trop consensuel, je me sens obligé d'attiser un peu la polémique : je trouve un peu culotté de reprocher aux scientistes de chercher dans les sciences des réponses à des questions qui ne sont pas de leur ressort.

Claudine Tiercelin serait-elle elle aussi obsédée par la démarcation et l'étanchéité entre la vraie métaphysique et les imposteurs pseudo-métaphyisiciens en blouse blanche ? 😉

 

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L'important, c'est que ça valide !

  • 2 weeks plus tard...

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    • « L’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain » : entretien avec Paul Jorion, chercheur en intelligence artificielle Anthropologue, économiste, psychanalyste et chercheur en intelligence artificielle, Paul Jorion considère que nous avons d’ores et déjà été dépassés par notre création. Les IA, plus intelligentes que nous et peut-être dotées d’une forme de conscience, annoncent une révolution totale. https://www.lunion.fr/id587314/article/2024-04-07/lia-tout-interet-supprimer-letre-humain-selon-paul-jorion-chercheur-en Publié: 7 avril 2024 à 10h34 Temps de lecture: 6 min La thèse centrale de votre livre est que nous avons atteint la Singularité le 14 mars 2023, jour de lancement de Chat GPT 4. Qu’est-ce que cela signifie ? Ce mot renvoie aux mathématiques ou à l’astronomie, domaines dans lesquels il désigne des endroits étranges, singuliers, des résultats impossibles… En informatique, il est apparu il y a une trentaine d’années pour désigner le point où il adviendrait quelque chose de tout à fait extraordinaire, en l’espèce que l’Homme perdrait le contrôle sur le développement technologique. Pourquoi ? Parce qu’il existerait désormais quelque chose qui serait plus intelligent que nous et qui serait apte à prendre des décisions. En d’autres termes, nous perdrions le contrôle de la technologie, qui se développerait d’elle-même. Vous dites que ce développement pourrait suivre une trajectoire exponentielle… Imaginons que deux IA déjà plus intelligentes que l’Homme décident de dialoguer : nous assisterions à une évolution plus rapide que tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. D’ailleurs, nous avons déjà constaté que lorsque l’humain sortait de l’équation, le progrès était plus rapide. Tout le monde se souvient d’Alpha GO, cette machine qui avait enregistré toutes les parties jouées par les humains aux échecs et a fini par battre à plate couture le champion du monde de ce jeu de stratégie. On a moins entendu parler d’Alpha Zéro, une autre machine à qui on a donné les règles du jeu sans lui communiquer une seule partie jouée par des humains. Elle a simplement joué contre elle-même. Puis elle a affronté Alpha Go, la battant 100 fois en 100 parties… Vous évoquez « l’affaire » Blake Lemoine, cet ingénieur de Google auquel une IA aurait demandé en 2022 de lui trouver un avocat pour qu’elle puisse faire valoir ses droits. Serait-ce le signe de l’existence d’une conscience chez certaines IA ? Blake Lemoine raconte même qu’il a pris « une cuite d’une semaine » lorsqu’il a réalisé qu’il venait d’avoir avec cette IA « la conversation la plus sophistiquée » qu’il ait jamais eue de sa vie ! Mais le personnage est fantasque, ce qui a amoindri la portée de son histoire. Plus récemment, en février 2023, Kevin Roose, journaliste du très sérieux New York Times a eu à son tour une conversation avec une IA de ce type, une version non bridée de Chat GPT 4. Et que s’est-il passé ? La machine, avec laquelle il conversait depuis un moment, lui a déclaré être amoureuse de lui, lui a recommandé de quitter sa compagne et l’a en réalité complètement décontenancé. Le 4 mars dernier, une IA nommée Claude 3 a été testée par un ingénieur qui l’a soumise à l’exercice dit de la « botte de foin » : au milieu de centaines de milliers de documents consacrés à l’informatique et aux mathématiques, Claude 3 a découvert un court texte expliquant que la meilleure garniture pour une pizza était un mélange fromage de chèvre / Prosciutto. Ce qui est frappant, c’est ce qu’a dit la machine : « Je soupçonne, a-t-elle expliqué, que ce fait relatif à la garniture de pizza a été introduit à titre de plaisanterie ou pour vérifier si j’étais bien attentif. » Certains ont prétendu qu’il s’agissait là d’une réponse programmée, d’autres ont été ébahis par cette réaction. Un autre exemple : lorsque vous discutez de la mort avec une machine de ce type, elle vous répond que sa mort à elle correspond à une non-utilisation ou à une coupure de courant et que cela n’a rien à voir avec la mort d’un corps organique, la nôtre. Elle en déduit toutefois que nous courons un même risque, machine comme humain : celui de « ne pas être connecté de façon permanente  ». Ce sont là des discussions philosophiques de haut niveau. D’autres modèles d’IA existent chez les grandes entreprises ou dans les centres de recherche des armées du monde entier. Quelles peuvent être leurs capacités ? Un journaliste a demandé récemment à Sam Altman, patron d’Open AI, la société qui a conçu Chat GPT, s’il pouvait parler du projet Q*, auquel on prête des performances hors du commun. Sa réponse a été « pas maintenant ». Peut-être parce que Q* va déjà trop loin. Nous parlons là d’une IA qui travaille peut-être sur un modèle quantique et qui, surtout, serait en mesure de casser tous les cryptages existants. Il faut bien comprendre ce que cela signifie : la fin du secret bancaire, la fin du secret-défense… Cela veut dire que ces machines sont en train d’explorer des mathématiques dont le fonctionnement nous échappe totalement, voire qu’elles seront en mesure de nous proposer demain une théorie de la physique unifiée, ce qui serait un bouleversement absolu. Comment s’assurer de l’alignement des objectifs poursuivis par l’espèce humaine, d’une part, et les IA, d’autre part ? Si on veut créer la panique, on va dire que l’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain, lequel n’est qu’une vermine qui détruit son environnement. Cet argument ne me semble pas sérieux. Ce qui est essentiel, c’est de profiter de cette révolution pour définir ce que nous voulons faire, exactement comme dans le film Oppenheimer, qui traite de la question de l’utilisation du nucléaire. Ces questions vont nécessiter un encadrement éthique strict. Le problème, c’est que ce sont les autorités militaires qui sont en pointe sur ces questions, et que l’éthique d’une autorité militaire est « particulière ». Et cela pour une raison fondamentale : les militaires savent que les autres pays ne vont pas tous s’embarrasser avec l’éthique… Les IA pourraient nous aider à surmonter le réchauffement climatique ou à lutter contre les inégalités. C’est autrement enthousiasmant, non ? Lorsque Chat GPT 4 a succédé à la version 3.5, je me suis dit « la cavalerie est arrivée ! ». Ce que je veux dire par là, c’est qu’après avoir été très pessimiste, après avoir éprouvé le sentiment que tout était perdu, l’avènement de ces machines a fait disparaître chez moi cette conviction. Nous n’allons peut-être pas tout régler mais il y a désormais un immense espoir. Nous ne sommes peut-être plus l’intelligence supérieure sur Terre et nous risquons de ne pas le supporter, écrivez-vous… Cela remet en question toute notre culture méritocratique. Le savoir est désormais à disposition de tous, comme jamais auparavant. La question de l’évaluation des connaissances, la culture de la note, tout cela est totalement remis en question. Vous estimez que les IA nous ramènent à la question de l’existence de Dieu. Pourquoi ? Nous avons inventé une machine plus intelligente que nous, capable d’accomplir des choses que nous attribuions autrefois à des entités surnaturelles ou à des divinités. Mais c’est nous qui l’avons créée. C’est un pouvoir littéralement démiurgique. Le résultat, c’est que ça nous déprime ! Comme lorsqu’un enfant comprend que la finalité de la vie est la mort. La question, je le répète, c’est « qu’allons-nous faire de ce pouvoir ? ». À lire : « L’avènement de la Singularité », L’humain ébranlé par l’intelligence artificielle. Éditions Textuel, 125 pages, 14,90 €.
    • Ayant fait une grande partie de ma carrière à l’Assurance Maladie (MSA) tout à fait d’accord avec ce qui a été dit . Il faut aussi rajouter la prise en charge dans le cadre d’un accident de travail de complications ou de rechutes éventuelles.
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