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il y a une heure, Philippe NOËL a dit :

Au fait Martin, qu'entends-tu par lisible?

N'est-ce pas la même chose que clair ?

Ca se rejoint, forcément. 

 

Mais ça n'est pas tout à fait pareil, à mon sens. 

La clarté, c'est l'effet en lui-même. Une transposition, c'est clair. Un Hofzinser's problem, c'est pas clair. Tous les effets de petit paquet à la Aldo Colombini, c'est pas clair.

La lisibilité, ça se rapporterait plutôt la manière dont on y arrive. Et donc c'est plus proche de la méthode que de l'effet. 

On prend un exemple: Triple Coincidence de Tamariz, c'est un effet clair. Mais la méthode rend le truc illisible pour un spectateur (et donc, pas très bon). 

Modifié par Martin SIMMONET
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Il y a 3 heures, Yann CPN a dit :

Ben Earl dans "This is not a box" : "Pas la peine de partir dans de fausses explications. Soyez honnête."

Ben Earl dans cette vidéo : "Alors, je vais voir les empreintes digitales que vous avez laissées sur la carte."

Perso, je ne suis pas du tout certain de la technique exactement employée tout en en connaissant plusieurs pour arriver exactement au même résultat.

Vraiment ? (Je ne sais pas si tu me troll au vu d'anciennes discussions ici ou sur Twitter).

Partons du principe que "non" et il y a vraiment juste un contrôle et un faux top change, tout est visible dans la première démo (et dans d'autres) avec une brillante gestion des mains qui fait que c'est encore plus net, simple et beau qu'un top change (je suis fan de cet effet je sais).

  • Merci 1
Publié le
il y a 59 minutes, Fabien (spankyfab) a dit :

Vraiment ? (Je ne sais pas si tu me troll au vu d'anciennes discussions ici ou sur Twitter).

Partons du principe que "non" et il y a vraiment juste un contrôle et un faux top change, tout est visible dans la première démo (et dans d'autres) avec une brillante gestion des mains qui fait que c'est encore plus net, simple et beau qu'un top change (je suis fan de cet effet je sais).

Non, aucun troll, j'avais vu ça sur un petit écran, je n'avais même pas pigé qu'il flashait la mauvaise carte au départ, à vrai dire (du coup, l'effet est mieux que je ne le pensais et son truc de lire les empreintes digitales est une blague qui ne va pas à l'encontre de ce qu'il dit dans son livret. Bref, j'ai dit une bêtise.)(Pardon Benjamin, si tu nous lis)
"Excuse-nous, Hervé !"

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  • Merci 1
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Il y a 20 heures, Martin SIMMONET a dit :

On prend un exemple: Triple Coincidence de Tamariz, c'est un effet clair. Mais la méthode rend le truc illisible pour un spectateur (et donc, pas très bon). 

Mais ne serait-ce pas cette "illisibilité," ce chaos qui rend cette routine impressionnante ? 🙃

(Un peu comme le travail de Dani DaOrtiz)

 

De prime abord, guidé par le conseil de Dai Vernon ("La magie n’est pas la confusion,") et par l’injonction "qu’un spectateur doit être capable de résumer un effet en une seule phrase," j’ai tendance à répondre "tout à fait" à la question initiale !

 

Néanmoins, en prolongeant l’analyse, cela me devient de plus en plus compliqué à vérifier.

Par exemple, pour reprendre la vidéo de Ben Earl : l’effet est-il si clair que ça ?

Est-ce qu’il retrouve la carte ? (Sous prétexte de reconnaissance d’empreinte digitale – qui aurait pu être la reconnaissance d’une odeur ou une lecture de pensée)

Où est-ce la transformation de la carte qu’il flashe ? (Car je peux difficilement imaginer que ce mouvement ne soit pas calculé…)

 

Pour aller plus loin, comment qualifier un numéro comme les masques ou les bols de Jeff McBride, le Paper Ball de Laurent Piron, ou le Baltas de Yann Fritsch ?

Dans ces numéros : qu’est-ce qui est le "tour" ?

Est-ce la transformation d’un masque rouge en vert, la transformation de la plume en baguette, l’animation de la balle de papier, la téléportation du personnage en papier, l’apparition d’une balle dans la bouche, la disparition des balles, la transformation en eau ?

(Et je ne vais même pas rentrer dans certaines performances de mentalisme ou un "tour" permet de faire une partie détection de mensonges, une partie analyse non verbal, et une partie divination de pensées…)

 

Je pense que ces complications découlent tous du même élément : le mot "tour" et de comment ont défini ce qu’il y a derrière ce mot.

Personnellement, c’est un mot que j’essaye de bannir de mon vocabulaire. Même si c’est le terme consacré dans notre art.

(Et je pense que si on veut créer une émotion magique, on devrait, comme le suggère Eugene Burger, être tous plus précautionneux des mots que nous utilisons pour qualifier nos numéros, performances, spectacles.)

 

Cette discussion sur les propriétés d’un bon "tour," me rappelle les écrits de Larry Hass dans son livre Inspirations.

Ce philosophe de notre art suggère que l’unité fondamentale à partir de laquelle nous devrions discuter n’est pas le tour ni l’effet, mais le spectacle.

C’est-à-dire un début, un milieu, une fin.

Que cela ne dure qu’une minute, ou dure 2h30.

Que ce soit "juste" une carte choisie, perdue, et retrouvée.

Ou que ce soit l’histoire d’une feuille de papier, qui devient un personnage qui va découvrir les émotions humaines en interagissant avec un être humain.

 

Reste du coup à savoir ce qu’est un bon spectacle…

 

Une manière qui me semble intéressante découle de la définition de l’art de la magie que donne Larry Hass dans son TEDx.

À chaque fois que je l’ai entendu donner cette définition, il insiste sur le fait qu’elle n’est pas définitive et qu’elle pourrait évoluer. Mais qu’à ce jour, c’est la meilleure qu’il ai pu trouver. (Ce qui veut dire beaucoup pour un philosophe reconnu.)

 

Ma traduction de sa définition :

La magie est une performance artistique de choses impossibles et qui génère énergie, joie, et émerveillement.

Avec cette définition, et la volonté d’analyser sous l’angle d’un spectacle, on arrive à des questions comme :

Est-ce que ce qui a été présenté est quelque chose d’impossible ?

Qu’est-ce que ce spectacle donné de l’énergie, de la joie, ou de l’émerveillement aux spectateurs ?

 

Pour ceux qui veulent creuser plus en détails la pensée de Larry HASS, et comment il en est arrivé à cette définition, je ne peux que vous inviter à regarder son TEDx :

  • J'aime 3
Publié le
Il y a 2 heures, Alexis BROUARD (Alex Si) a dit :

Mais ne serait-ce pas cette "illisibilité," ce chaos qui rend cette routine impressionnante ? 🙃

(Un peu comme le travail de Dani DaOrtiz)

Non, je ne pense pas du tout, bien au contraire! 

Je sais qu'on trouve souvent des gens qui présentent cette illisibilité comme un avantage (en citant d'ailleurs souvent Dani DaOrtiz... Mais ne me lancez pas sur Dani DaOrtiz, ça peut durer longtemps 😅 ). 

C'est comme placer un voile sur le projecteur d'un film : même si le voile est fin et qu'on voit encore le film à travers, pourquoi s'infliger ça ? 

La magie, c'est pareil : le spectateur doit pouvoir suivre, et l'effet comme la méthode doivent être construits pour qu'il suive aussi facilement que possible - et que toute son attention puisse être concentrée sur l'effet.
Pas de mouvements parasites, pas d'effets mal construits, pas de "fausse solution" qui fait diverger l'attention du spectateur sur la seule chose qui doit compter : l'instant. 

Publié le

Cet effet me rappelle, L’expert en empreintes, p. 5 du VBO Dai VERNON traduit en français par Richard VOLLMER

Après avoir parlé du caractère unique des empreintes digitales de chaque individu, Dai VERNON au moment de la révélation (ici retournement double à la place d’un top change) annonce : "il s’agit bien de votre carte, est-ce que vous voyez votre empreinte dans ce coin ?" La spectatrice vous dit alors que ce n’est pas sa carte. Il persiste un peu dans son erreur …puis révèle la bonne carte !

L’équation devient : Clair, Direct, Inexplicable pour le profane + une bonne présentation

  • J'aime 2
Publié le (modifié)

Dans la vidéo de Ben Earl, l'effet n'est pas "simple et direct" dans le sens ou par rapport à l'effet initial il rajoute un accident avec le flash de la mauvaise carte.

L'effet principal, celui qui va marquer émotionèlement les spectateurs n'est plus de découvrir les empreintes du spectateur mais de voir que la carte s'est transformée. C'est un effet qui n'est pas très clair : est-ce que le spectateur à mal vu ? est-ce que le magicien a fait exprès de lui faire croire qu'il s'était trompé ? Ou bien Est-ce que le magicien rattrape son erreur ? Cela mériterai d'être plus clair dans la présentation. Mais ça a l'énorme avantage d'introduire un intérêt dramatique qui n'existe pas dans le tour de base : "je vais retrouver votre carte grâce à vos empreintes... c'est celle là ? Oui, bravo".

Là au contraire le spectateur se rend compte que ce n'est pas la bonne carte, il crois avoir une info de plus que le magicien. Il peut avoir peur que le tour rate (ou s'en réjouir), et cette émotion, ce conflit va être résolu par la découverte que... si, c'est bien la bonne carte !

Il se passe quelque chose et le spectateur se sent impliqué, c'est précisément ce qui fait que c'est un bon tour, alors que précisément c'est ce qui le rend moins clair et surtout moins direct.

Par contre ce qui compte c'est que le spectateur peut tout à fait résumer ce qui passé par une phrase : "la carte que le magicien à sorti du jeu n'était pas la mienne, mais quand il me l'a remontré elle s'était transformé en ma carte". Il va complètement oublier les empreintes digitales parce-que ce n'est qu'un prétexte. on arrive pour moi à un bon équilibre ou la dramatisation tout en complexifiant la trame des évènements rend le tour bien plus mémorable.

On peu bien sur se dire que ce n'est plus le même tour et que ce qui était une localisation de carte devient maintenant un tour de transformation. Alors pourquoi ne pas faire simplement et directement une transformation d'une carte quelconque dans une autre ? Ne serai-ce pas plus clair et direct ? Oui... mais on perdrait toute la dramatisation qui implique le spectateur dans l'effet, et donc dans ce cas on l'affaiblirai en le simplifiant.

Modifié par Denis FABRE
  • J'aime 4
Publié le
Il y a 23 heures, Martin SIMMONET a dit :

Je sais qu'on trouve souvent des gens qui présentent cette illisibilité comme un avantage (en citant d'ailleurs souvent Dani DaOrtiz... Mais ne me lancez pas sur Dani DaOrtiz, ça peut durer longtemps 😅 ). 

Ca serait intéressant !

(Mais peut-être à faire dans un autre sujet pour ne pas polluer celui ici 😆)

 

Il y a 23 heures, Martin SIMMONET a dit :

La magie, c'est pareil : le spectateur doit pouvoir suivre, et l'effet comme la méthode doivent être construits pour qu'il suive aussi facilement que possible - et que toute son attention puisse être concentrée sur l'effet.
Pas de mouvements parasites, pas d'effets mal construits, pas de "fausse solution" qui fait diverger l'attention du spectateur sur la seule chose qui doit compter : l'instant. 

Tout à fait d'accord sur le fait que l'artiste doit toujours diriger l'attention (et non pas juste la détourner)

... Et qu'il faut également s'adapter au public : les fausses solutions sont, pour moi, utiles face à des personnes qui ont du mal à sortir du mode "je vais trouver le truc" car cela permet au spectateur de lâcher prise, et de se concentrer sur l'essentiel : l'émotion vécue.

 

Il y a 15 heures, Denis FABRE a dit :

L'effet principal, celui qui va marquer émotionèlement les spectateurs n'est plus de découvrir les empreintes du spectateur mais de voir que la carte s'est transformée. C'est un effet qui n'est pas très clair : est-ce que le spectateur à mal vu ? est-ce que le magicien a fait exprès de lui faire croire qu'il s'était trompé ? Ou bien Est-ce que le magicien rattrape son erreur ? Cela mériterai d'être plus clair dans la présentation. Mais ça a l'énorme avantage d'introduire un intérêt dramatique qui n'existe pas dans le tour de base : "je vais retrouver votre carte grâce à vos empreintes... c'est celle là ? Oui, bravo".

Là au contraire le spectateur se rend compte que ce n'est pas la bonne carte, il crois avoir une info de plus que le magicien. Il peut avoir peur que le tour rate (ou s'en réjouir), et cette émotion, ce conflit va être résolu par la découverte que... si, c'est bien la bonne carte !

Il se passe quelque chose et le spectateur se sent impliqué, c'est précisément ce qui fait que c'est un bon tour, alors que précisément c'est ce qui le rend moins clair et surtout moins direct.

Tout à fait d'accord. "L'erreur" ajoute une dramaturgie à un effet peu intéressant à la base (et tellement vu et revu qu'il en devient même un cliché pour les spectateurs)

 

Il y a 15 heures, Denis FABRE a dit :

On peu bien sur se dire que ce n'est plus le même tour et que ce qui était une localisation de carte devient maintenant un tour de transformation. Alors pourquoi ne pas faire simplement et directement une transformation d'une carte quelconque dans une autre ? Ne serai-ce pas plus clair et direct ? Oui... mais on perdrait toute la dramatisation qui implique le spectateur dans l'effet, et donc dans ce cas on l'affaiblirai en le simplifiant.

D'où, pour reprendre le sujet de départ, la difficulté d'identifier les qualités d'un tour (ou effet, ou performance, ou spectacle) vu que l'élément à qualifier est difficile à cerner 😅

 

Il y a 16 heures, Etienne HRBT a dit :

Attention avec DaORTIZ : il dit bien que l'effet magique doit être clair.

Le chaos n'est qu'un outil pour masquer la méthode.

Tout à fait juste.

Mon commentaire était un peu rapide sur le sujet 😅

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    • Le ready-made Ou comment devenir artiste. La première chose est de définir l'artiste : Dans l’art contemporain, l’artiste est celui qui dit qu'il est un artiste. Donc si vous n'êtes pas artiste… dites que vous êtes artiste et c'est bon. Néanmoins c'est bien d'avoir une œuvre d'art, pour prouver que vous êtes artiste.  Je vous propose donc de devenir un spécialiste du ready-made. C'est une forme d'art extrêmement élaborée qui repose sur une technique complexe : Déjà prenez un objet. N'importe quel objet dans votre quotidien, autour de vous, un objet. Voilà c'est tout : C'est votre œuvre.  Car puisque vous êtes artiste, si vous décidez que cet objet est une œuvre c'est donc une œuvre.  Maintenant il y a toujours des esprits chagrins qui vont contester le statut d’œuvre de votre création.  Pour cela il faut soigner la présentation comme en magie : il faut soigner l'emballage.  L’écrin donne sa valeur au bijou, l’exposition son authenticité à l’art. Mettons pour l'exemple que votre œuvre soit un petit ventilateur portable. C'est pas cher et on peut en trouver sur Aliexpress pour quelques euros maximum.  Il faut vous procurer un socle d'exposition, que vous pouvez construire vous-même, commander à un menuisier, ou acheter sur Aliexpress de toute façon.  C'est un parallélépipède de couleur neutre et unie sur lequel vous allez pouvoir poser votre œuvre. Si c'est une œuvre passive vous pouvez également ajouter un globe en plexiglas ou en verre pour protéger l'œuvre, ou une cage cubique en plexiglas de façon à ce qu'on puisse voir l'œuvre sans pouvoir la toucher.  Mais dans le cas de notre ventilateur il ne faut pas qu'il y ait d'obstacle entre le public et l'œuvre elle-même car l'œuvre va souffler. Cela va créer une interactivité entre l'œuvre et le public, c'est le top au niveau du ready-made.  Maintenant il faut passer à l'argumentaire, c'est le plus important en art contemporain  Vous allez coller sur le côté du socle une petite étiquette portant le titre de l’œuvre.  Le titre peut-être en rapport avec l'œuvre, ou une fonction de l'œuvre, ou une couleur de l'œuvre, ou ou pas, d'ailleurs : le titre peut être complètement quelconque, l'important c'est que ce soit conceptuel.  Pour notre ventilateur je propose « la vie ».  la vie c'est le souffle, la vie c'est l'air, la vie c'est la relation entre quelque chose et autre chose donc entre votre œuvre et le public qui va recevoir le flux d'air du ventilateur  Bien sûr il ne faut pas expliquer tout ça au public sur l'étiquette.  L'étiquette doit laisser l'imaginaire du public s'emparer du titre et essayer de chercher un lien quelconque avec l'œuvre, et c’est mieux si le lien est difficile à trouver, ça veut dire que l'œuvre est intelligente et que bien sûr celui qui trouvera un lien, quel qu’il soit, sera encore plus intelligent : cela va flatter le public. Mais comme ont sait que le public n'est pas très malin malgré tout, c'est bien d'avoir un vendeur ou un guide dans l'exposition qui va détailler justement la fonction de l'œuvre, son lien avec l'univers réel, subjectif, psychologique, cosmique et plus si affinités, avec tout ce qu’il voudra, d'ailleurs, puisque votre œuvre est universelle : forcément c'est contemporain. Donc le guide pourra expliquer le souffle de la vie, il pourra expliquer bien sûr que le ventilateur fonctionne sur batterie, il y a la vie qui s’écoule et qui va s’épuiser pour finir par s’éteindre puisque le ventilateur va s’arrêter quand il y aura plus de charge, voilà c’est une extraordinaire métaphore de la vie qui en économisant son souffle peut durer plus longtemps mais en se donnant à fond bien sûr, pourra brûler la chandelle par les deux bouts, même si on peut dire que c’est un peu archaïque comme définition, mais c’est pas grave du moment que c’est dit avec conviction, c’est important. N’oublions pas le bouton de réglage de puissance, qui incarne à la fois le libre arbitre et les limitations intrinsèques de l’être.  Il va également détailler l’aspect esthétique de l’œuvre : dans mon cas j’ai un ventilateur qui est moitié blanc moitié noir et c’est l’opposition entre le yin et le yang, la mort la vie, le jour et la nuit, bref il y a opposition quelle que soit l'opposition, c'est fort.  Et plus élaboré, il y en a qui ont cherché le lien avec l'univers concret visible et la matière et l'énergie noire que nous décrivent nos physiciens, ce qui permet d'avoir un petit accent scientifique et quantique qui n'est pas mauvais pour l'art contemporain, soyons conceptuel, mais branché. Si le vendeur/guide n’est pas dans vos moyens, vous pouvez réaliser une fiche consultable collée pas loin du socle. Vous constituez comme ça une exposition d'une vingtaine ou une trentaine d'œuvres. Pas trop, parce qu'il faut montrer que c'est difficile à faire quand même. Si vous avez commandé vos socles par lot, cela peut vous prendre presque une demi heure, si l’impression des étiquettes est lente. Il faut maintenant monter l'exposition et pour ça disposer vos socles à différents endroits d'une pièce. Pour l'éclairage vous pouvez varier , faire un coin de la pièce qui est quasiment dans l'obscurité si les objets restent plus ou moins visibles, et d'autres ou les objets sont plein feux. la variété ne nuis pas. Après, vous pouvez aussi opter pour une homogénéité de votre exposition avec tous les objets qui sont placés au même rang. Le choix n'a pas tellement d'importance, puisque de toute façon il sera évident pour tout le monde que vous avez soigneusement réfléchi à toutes les implications de chaque détail de l'exposition, et que même ce qui paraît incongru est en fait complètement voulu. C'est tout l'intérêt de l'art contemporain : quand on fait quelque chose de nul, eh bien le public ne peut pas imaginer que l'on a tout simplement raté, non, on a forcement fait exprès de faire quelque chose de nul, et du coup ça devient génial. Voilà, vous êtes artistes. Demandez à un ami milliardaire/ministre de la culture/investisseur de fond de pension de vous acheter les trois quart de l’exposition, très chers. Multipliez le prix de ce qui reste par 1000, ainsi vous aurez votre cote, et votre investisseur pourra revendre avec une plus value intéressante. Bienvenu dans le monde parfait de l’art contemporain.  Dans les prochaines formations, nous parlerons de l’art pictural, de l’utilisation des éclaboussures de peinture, du crayonnage compulsif, des oppositions entre ces méthodes organiques et celles utilisant une règle pour faire des rayures. (spoiler alerte, n’importe quelle méthode est bonne pour l’art contemporain)… Nous aborderons la sculpture : le modelage et l’empilement aléatoire de boulles de glaises marron, et une master classe sur l’évidence scatologique du résultat. Ce qui nous amènera dans l’univers de la transgression, étape incontournable de l’art contemporain, avant de basculer dans l’étape ultime, l’évacuation du sens, de l’intention, puis de l’œuvre elle-même . Gilbus
    • Un très grand nom de la magie est parti. Son personnage haut en couleur, très expressif voire parfois démesuré contrastait avec l'homme, très réfléchi, calme et discret. Il a, je pense, donné tout ce qu'il a pu : son énergie lors de ses prestations, ses théories, ses idées, son oeuvre au travers de ses ouvrages, vidéos et conférences et son amitié. Imaginatif et travailleur, il a, en dehors du personnage artistique que nous connaissons, été un organisateur de beaucoup d'évènements. Il a été un rassembleur, un fédérateur discret. Il n'a rien fait de tout cela pour la gloire ou l'argent mais juste parce qu'il en avait envie, parce que sa passion était hors normes et qu'il voulait intensément la transmettre. Il a réussi. Mes amis "d'un certain âge" ont vu, lu et vécu à l'époque de Larry Jennings, Dai VERNON, Arturo De Ascanio, Edward MARLO, Brother John HAMMAN, Fred KAPS, Tony SLYDINI, Albert GOSHMAN, Doug HENNING et j'en oublie beaucoup. Leurs témoignages et ce que j'ai moi-même vu et/ou lu ont alimentés ma passion et mes connaissances de cette époque et de leur héritage (technique, théorique). Ma génération (30-40ans) a fait ses premiers pas en magie avec Bernard BILIS, @Dominique DUVIVIER, David STONE, Juan TAMARIZ, Jean-Pierre VALLARINO, @Gaëtan BLOOM, Sylvain MIROUF, pour ne citer que les plus "proches" géographiquement car nous avons pour la plupart appris au travers de leurs publications et suivi leurs parcours. Je n'étais pas d'accord avec Jean MERLIN sur un point : lorsqu'il disait que les magiciens de son époque n'avaient pas de "successeurs" aujourd'hui à part Tony SLYDINI avec Yann FRISH. La passion et les idées de Juan TAMARIZ n'ont pas disparues. Elles ont été transmises à de nombreux magiciens, Dani DAORTIZ en tête. Il n'a pas le même personnage, a développé ses propres théories mais on peut y voir un "successeur" de Juan TAMARIZ. Il est très bien parti pour devenir un aussi grand homme que lui en tout cas. Ce que je veux dire, c'est que pour chaque domaine de la magie, nous avons perdu des grands noms mais leurs oeuvres et leur passion sont toujours là, sur des pages, sur des vidéos, au travers de témoignages qui se transmettent. C'est dans l'ordre des choses. Je pense que si Juan TAMARIZ organisait tant d'évènements chez lui et ailleurs, ce n'était d'ailleurs pas seulement pour transmettre ses idées et partager de bons moments avec d'autres passionnés mais aussi pour dénicher, inviter et voir devant lui et surtout de son vivant ceux qui reprendraient le flambeau, qui représenteraient la magie de demain. Je pense qu'il est parti avec le sentiment d'avoir réussi, en tout cas je l'espère. Que l'homme et l'artiste reposent en paix, nous ne sommes pas prêt de l'oublier. J'aurais pu participer à ce post en y ajoutant beaucoup de choses mais j'ai préféré rester sur l'essentiel. Comme pour un numéro, le plus dur n'est pas d'ajouter ou de modifier mais de couper. D'autre part, même si c'est dans l'ordre des choses, la page est plus dure à tourner que je ne le pensais. Et pourtant je n'ai pas été un de ses proches.
    • Merci beaucoup, c'est extrêmement intéressant du point de vue des magiciens : En effet, le type à un immense talent pour croire ce qu'il dit, et faire passer sa conviction au public. Il joue avec passion, mais sans sur-jouer, ce qui rendrait la prestation ridicule, à l'image de l'oeuvre décrite ici. C'est drôlement bien fait, et permet d'élever un gribouillage au rang d'oeuvre structurée, c'est beau. Donc, un grand exemple pour nous tous, dans nos spectacles : Si vous dites des bêtises avec suffisamment de conviction, ça marche!!!!! 🤣🤣🤣 Gilbus
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