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Athée : sans dieu. A pris le sens de "opposé à dieu" dans notre vocabulaire d'aujourd'hui, et fait souvent l'amalgame avec :

Agnostique : sans gnose. Autrement dit on parle plus de quelqu'un qui a une croyance (ou qui est dans le doute), mais pour qui les religions établies ne correspondent pas à ses valeurs.

J'ai fait simple, bête et court, hein...

David

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Publié le (modifié)
"Le rire est la seule chose qui différencie l'homme de l'animal. Si l'on excepte toutefois la veulerie, la méchanceté, l'avarice, la cruauté mentale, l'orgueil, la perfidie, la malhonneteté, l'alcoolisme, la vulgarité, l'appât du gain, et le sens des affaires."

Le Chat - Geluck

De manière anthropologique et éthologique, tout ces travers se retrouvent aussi chez l’animal, et même celui de l’alcoolisme LOL

Je dirai que la plus grande particularité de l’être intelligent qui le différencie de tous les animaux, c’est la liberté de se définir.

Et comme ce sujet aborde l’existence de dieu, (ou au passage je souris de par cette magie fantastique qui nous permet de débattre de sujets honnis et polémiques comme ceux de la religion ou de la politique), bref, je rappellerai "To be or not to be ? de Shakespeare.

Hamlet est accablé par son destin et il se demande s'il ne ferait pas mieux de mettre fin à sa vie en se posant la question de son sens. Et pour lui, si derrière " être ou ne pas être ? " se profile bien une autre question, plus primordiale " Dieu existe-t-il ? ", la question prend plus de consistance lorsque pour trouver un sens à sa vie, l’on aborde le " Qui-suis-je ? ". Alors arrive, le "est-on ce que l’on croit que l’on est ?", le " est-on qui l’on veut être ? ", le "est-on qui l’on veut devenir ? " Les deux verbes qui englobent tout ce principe, sont le verbe être et le verbe vouloir. En les combinant, on remarque que l’on peut dire " Je suis qui je veux " ou bien " Je veux être ". Dans les deux cas, on remarque aussi notre entière liberté quant à notre manière de nous définir. Je dirai même que c’est la plus grande particularité de l’être intelligent qui le différencie de tous les animaux : la liberté de se définir. La question n’est donc pas foncièrement " Dieu existe-t-il ? ", ni " qui sommes-nous ? " mais bien plutôt " qui voulons-nous être ? " ! On le voit "être" est une question de choix, le verbe, action du vouloir, intervient alors !

Et si "être" était une conscience infinie et intemporelle ? Comme si nous étions tous en même temps dans aucun temps, le un et le tout. Il nous faut simplement .. vouloir l’entendre. Après …Dieu, ? Chacun donnera le nom qu’il veut à cette matrice.

PS / Vous êtes vous interrogés de la signification des étoiles et lunes brodées sur la robe ancestrale du magicien ?

JaB

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Modifié par JacK Barlett
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Je pense que cette discussion pourrait s'éterniser sans que, qui que ce soit chance d'avis. J'admet une certaine évolution des espèces liées à leurs environnements. Ainsi je constate une tendance à la diminution de tailles au fil des millénaires chez la plupart des animaux, l'autruche, la plupart des oiseaux étant de la même famille que les dinosaures (par exemple)? Pourquoi, mystère ! Si je me base sur cette constatation j'en déduit que les ancêtres des hommes étaient des géants (ce qui est d'ailleurs dans les traditions de la plupart des civilisations).

Bref nous sommes face a des hypothèses avec dans un camp comme dans l'autre peu de preuves (une dent, un morceau d'os..), d'un côté et des légendes et traditions de l'autre. La question est de savoir si les deux tendances ne peuvent co-exister ? On peut être créationniste sans pour autant nier l'évolution (l'adaptation) de certaines espèces. Et sur quelles bases rejeter l'idée que l'évolution n'a pas reçu un coup de pouce à un moment donné ? Le pouce de qui ? de quoi ?

email : zoroastre@skynet.be   ou  rbottemanne@skynet.be

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Merci Kristo pour tes remarques sur mon texte, le dernier billet de mon blog devrait t’intéresser également.

Comme tu le fais remarquer judicieusement le scientisme est un extrémisme.

La religion et la science ont ce point commun qu’elles cherchent à comprendre le monde et à l’expliquer. Elles ont toutes les deux des bases distinctes et une méthodologie radicalement différente, je dirais qu’elles correspondent chacune à un besoin différent. Pas étonnant qu’elles aient été placées, si souvent, en position d’antagonisme par les extrémistes des deux bords.

Car n’est-ce pas là qu’est finalement l’erreur : vouloir rapprocher, comparer et confronter les deux approches ?

Dire que Dieu n’existe pas car ce n’est pas scientifique est une forme de scientisme.

Vouloir montrer avec des arguments scientifiques que Dieu existe est également une forme de scientisme.

Mais je me demande également si se dire quelque chose comme « Je suis ouvert à la question mais je ne peux pas dire que Dieu existe car aujourd’hui la science ne peut prouver irréfutablement son existence » n’est pas une forme douce de scientisme ? Cela ne revient-il pas à dire qu’il y aurait une forme ultime d’approche de la réalité qui serait l’approche scientifique ?

Je veux dire la spiritualité (je préfère grandement ce mot de « spiritualité » au mot de « religion »), la spiritualité donc est une affaire tellement intime, tellement liée à ce que tu ressens au fond de toi, à ce que tu ES au plus profond de toi-même qu’il ne devrait être question là dedans que de conscience et de ressenti intime… et, à la limite, j’ai envie de dire que viennent faire la science (ainsi que les religions) dans tout ça ?

Dieu est une chose trop sérieuse pour le laisser à la science ou aux religions (et encore reste-t-il à définir de quel Dieu il s’agit).

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

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Je dirai que la plus grande particularité de l’être intelligent qui le différencie de tous les animaux, c’est la liberté de se définir.

Voilà qui pose la question de la définition de l'intelligence. C'est assez complexe.

Certains animaux sont capables de beaucoup de choses, qu'on pourrait qualifier d'intelligentes, et dont les humains sont tout à fait incapables...

Par exemple, les poules sont capables de reconnaitre leurs congénères en voyant simplement un ergot parmi d'autres. Ca a été testé sur les poules, qui ne sont pourtant pas des animaux réputés intelligents. Quel humain serait capable de reconnaitre à coup sûr sa compagne ou son compagnon en en voyant juste le pied ?

Et si "être" était une conscience infinie et intemporelle ? Comme si nous étions tous en même temps dans aucun temps, le un et le tout. Il nous faut simplement .. vouloir l’entendre. Après …Dieu, ? Chacun donnera le nom qu’il veut à cette matrice.

Einstein disait, sauf erreur, qu'on pourrait appeler ça la nature, tout simplement.

D'ailleurs, la nature est suffisamment merveilleuse en elle-même pour qu'on n'ait besoin d'aller s'inventer du surnaturel pour se rassurer, ou se faire plaisir, ou se faire peur...

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Je pense que cette discussion pourrait s'éterniser sans que, qui que ce soit chance d'avis. J'admet une certaine évolution des espèces liées à leurs environnements.

Oui, exemple simple, on a observé une espèce de papillons (dont la faible durée de vie permet d'observer leur évolution rapide), dont on a remarqué qu'avec la pollution sur les murs de certaines villes anglaises, la population de papillons aux ailes blanches devenaient minoritaires laissant la place à des papillons aux ailes noires. Lorsque les usines étaient fermées et les murs repeints, les papillons aux ailes blanches revenaient en majorité.

Ainsi je constate une tendance à la diminution de tailles au fil des millénaires chez la plupart des animaux, l'autruche, la plupart des oiseaux étant de la même famille que les dinosaures (par exemple)? Pourquoi, mystère ! Si je me base sur cette constatation j'en déduit que les ancêtres des hommes étaient des géants (ce qui est d'ailleurs dans les traditions de la plupart des civilisations).

Ces dernières décennies, l'homme aurait plutot tendance à grandir, mais il est vrai que c'est probablement dû à l'alimentation et au manque d'exercice, plutot qu'à une évolution. Certains (pas moi) feraient le parallèle avec les dinosaures, qui ont fini par disparaitre. Je pense évidemment que l'homme pourrait aussi disparaître plus ou moins brusquement, mais sans pouvoir en faire un parallèle.

Bref nous sommes face a des hypothèses avec dans un camp comme dans l'autre peu de preuves (une dent, un morceau d'os..), d'un côté et des légendes et traditions de l'autre. La question est de savoir si les deux tendances ne peuvent co-exister ? On peut être créationniste sans pour autant nier l'évolution (l'adaptation) de certaines espèces. Et sur quelles bases rejeter l'idée que l'évolution n'a pas reçu un coup de pouce à un moment donné ? Le pouce de qui ? de quoi ?

Oui un croyant non intégriste peut en effet croire à la création du monde sans pour autant nier l'évolution. De toute façon, la science expliquant de plus en plus le monde, on peut espérer que certaines croyances reculent de plus en plus. A condition, par contre, que les écoles aient suffisamment de moyens pour accomplir leur devoir d'éducation et d'apprentissage du raisonnement en toute indépendance.

Merci Kristo pour tes remarques sur mon texte, le dernier billet de mon blog devrait t’intéresser également.

Oui, j'aime bien certaines réflexions, pleines de bon sens, de Matthieu Ricard. La seule religion dont je pourrais me sentir proche est bien le bouddhisme. Religion qui est plus une philosophie, d'ailleurs, et qui se passe de dieu créateur, etc.

Comme tu le fais remarquer judicieusement le scientisme est un extrémisme.

La religion et la science ont ce point commun qu’elles cherchent à comprendre le monde et à l’expliquer. Elles ont toutes les deux des bases distinctes et une méthodologie radicalement différente, je dirais qu’elles correspondent chacune à un besoin différent. Pas étonnant qu’elles aient été placées, si souvent, en position d’antagonisme par les extrémistes des deux bords.

Car n’est-ce pas là qu’est finalement l’erreur : vouloir rapprocher, comparer et confronter les deux approches ?

Dire que Dieu n’existe pas car ce n’est pas scientifique est une forme de scientisme.

Je dirais plutot : pour pouvoir affirmer que quelque chose existe, il faut le démontrer. En l'absence de démonstration, on ne peut affirmer que ça existe.

Vouloir montrer avec des arguments scientifiques que Dieu existe est également une forme de scientisme.

Mais je me demande également si se dire quelque chose comme « Je suis ouvert à la question mais je ne peux pas dire que Dieu existe car aujourd’hui la science ne peut prouver irréfutablement son existence » n’est pas une forme douce de scientisme ? Cela ne revient-il pas à dire qu’il y aurait une forme ultime d’approche de la réalité qui serait l’approche scientifique ?

Si on s'en tient à la définition du scientisme (http://www.cnrtl.fr/definition/scientisme), je ne pense pas.

Je veux dire la spiritualité (je préfère grandement ce mot de « spiritualité » au mot de « religion »), la spiritualité donc est une affaire tellement intime, tellement liée à ce que tu ressens au fond de toi, à ce que tu ES au plus profond de toi-même qu’il ne devrait être question là dedans que de conscience et de ressenti intime… et, à la limite, j’ai envie de dire que viennent faire la science (ainsi que les religions) dans tout ça ?

Dieu est une chose très sérieuse pour le laisser à la science ou aux religions (et encore reste-t-il à définir de quel Dieu il s’agit).

Oui mais je pense qu'il vaut mieux en parler, cela permet de confronter les arguments et de faire éventuellement avancer le débat et évoluer les consciences. En tous cas, si l'on n'en parle pas, on n'avancera pas.

Publié le (modifié)

Nier la théorie d’évolution est proprement inepte de par la simple logique et compréhension basique du fonctionnement de toutes choses.

Je m’en explique, toujours par cette conscience de l’être.

D’un point de vue métaphysique, il nous faut bien aussi nous demander si nous existons. Comme un Descartes qui dirait “Je pense donc je suis“ et on pourrait ne pas aller plus loin et vivre sans plus y penser. Ne plus penser ? Est-ce vivre que de ne plus penser ? Qu’est-ce d’ailleurs que vivre ? Serait-ce un simple cœur qui bat comme les mouvements répétitifs d’une journée ? “Je pense donc je suis“, mais je suis quoi ? Qu’est-ce qui atteste vraiment que je suis quelque chose et non pas un songe ou une machine, c’est sans doute le fait que je pense. La pensée, c’est pourtant la chose la plus étrange et la plus difficile à définir. Elle est immatérielle, impalpable, pire, elle est en constante transformation. Au moment même où je pense, cette pensée est déjà morte, je ne suis plus, elle m'a changé, elle a fait de moi un autre être.

Et tout en écrivant ces mots, ce bruit lointain que j’entends là, à cet instant..

et par delà les murs de mon bureau,

il m’évoque autre chose…, lui aussi m’a changé.

A cela, pourrait également se rajouter la strophe de Lamartine " Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? " où le seul fait de s’y interroger nous plonge à nouveau dans une nouvelle galaxie de conscience abstractionnelle.

Alors, changer serait donc "être" ? et "être" serait se transformer sans cesse ? Et cette transformation se transmet par gènes.

On le voit .. il y a constamment … transformation, évolution .. c’est le principe même de la vie. A ceci près .. et d’un point de vue sociologique, il faut aussi et malheureusement entendre que le mot évolution n'est pas gage de bénéfices et que l'évolution peut-être régressive .. et c’est le cas aujourd’hui !

DU COUP...

cette régression engendre une nouvelle transformation ou réaction comme vous voulez ..

Elle est ce bruit ambiant !

JaB

~~~~

Modifié par JacK Barlett
Publié le
Et si "être" était une conscience infinie et intemporelle ? Comme si nous étions tous en même temps dans aucun temps, le un et le tout. Il nous faut simplement .. vouloir l’entendre. Après …Dieu, ? Chacun donnera le nom qu’il veut à cette matrice.

C'est une conception d'un "Dieu" plutôt moniste dans laquelle la question de la création ou bien de l'évolution devient hors de propos... conception qui me plait bien et qui est, somme toute, assez proche de ce que j'explique ce matin sur mon blog.

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

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    • « L’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain » : entretien avec Paul Jorion, chercheur en intelligence artificielle Anthropologue, économiste, psychanalyste et chercheur en intelligence artificielle, Paul Jorion considère que nous avons d’ores et déjà été dépassés par notre création. Les IA, plus intelligentes que nous et peut-être dotées d’une forme de conscience, annoncent une révolution totale. https://www.lunion.fr/id587314/article/2024-04-07/lia-tout-interet-supprimer-letre-humain-selon-paul-jorion-chercheur-en Publié: 7 avril 2024 à 10h34 Temps de lecture: 6 min La thèse centrale de votre livre est que nous avons atteint la Singularité le 14 mars 2023, jour de lancement de Chat GPT 4. Qu’est-ce que cela signifie ? Ce mot renvoie aux mathématiques ou à l’astronomie, domaines dans lesquels il désigne des endroits étranges, singuliers, des résultats impossibles… En informatique, il est apparu il y a une trentaine d’années pour désigner le point où il adviendrait quelque chose de tout à fait extraordinaire, en l’espèce que l’Homme perdrait le contrôle sur le développement technologique. Pourquoi ? Parce qu’il existerait désormais quelque chose qui serait plus intelligent que nous et qui serait apte à prendre des décisions. En d’autres termes, nous perdrions le contrôle de la technologie, qui se développerait d’elle-même. Vous dites que ce développement pourrait suivre une trajectoire exponentielle… Imaginons que deux IA déjà plus intelligentes que l’Homme décident de dialoguer : nous assisterions à une évolution plus rapide que tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. D’ailleurs, nous avons déjà constaté que lorsque l’humain sortait de l’équation, le progrès était plus rapide. Tout le monde se souvient d’Alpha GO, cette machine qui avait enregistré toutes les parties jouées par les humains aux échecs et a fini par battre à plate couture le champion du monde de ce jeu de stratégie. On a moins entendu parler d’Alpha Zéro, une autre machine à qui on a donné les règles du jeu sans lui communiquer une seule partie jouée par des humains. Elle a simplement joué contre elle-même. Puis elle a affronté Alpha Go, la battant 100 fois en 100 parties… Vous évoquez « l’affaire » Blake Lemoine, cet ingénieur de Google auquel une IA aurait demandé en 2022 de lui trouver un avocat pour qu’elle puisse faire valoir ses droits. Serait-ce le signe de l’existence d’une conscience chez certaines IA ? Blake Lemoine raconte même qu’il a pris « une cuite d’une semaine » lorsqu’il a réalisé qu’il venait d’avoir avec cette IA « la conversation la plus sophistiquée » qu’il ait jamais eue de sa vie ! Mais le personnage est fantasque, ce qui a amoindri la portée de son histoire. Plus récemment, en février 2023, Kevin Roose, journaliste du très sérieux New York Times a eu à son tour une conversation avec une IA de ce type, une version non bridée de Chat GPT 4. Et que s’est-il passé ? La machine, avec laquelle il conversait depuis un moment, lui a déclaré être amoureuse de lui, lui a recommandé de quitter sa compagne et l’a en réalité complètement décontenancé. Le 4 mars dernier, une IA nommée Claude 3 a été testée par un ingénieur qui l’a soumise à l’exercice dit de la « botte de foin » : au milieu de centaines de milliers de documents consacrés à l’informatique et aux mathématiques, Claude 3 a découvert un court texte expliquant que la meilleure garniture pour une pizza était un mélange fromage de chèvre / Prosciutto. Ce qui est frappant, c’est ce qu’a dit la machine : « Je soupçonne, a-t-elle expliqué, que ce fait relatif à la garniture de pizza a été introduit à titre de plaisanterie ou pour vérifier si j’étais bien attentif. » Certains ont prétendu qu’il s’agissait là d’une réponse programmée, d’autres ont été ébahis par cette réaction. Un autre exemple : lorsque vous discutez de la mort avec une machine de ce type, elle vous répond que sa mort à elle correspond à une non-utilisation ou à une coupure de courant et que cela n’a rien à voir avec la mort d’un corps organique, la nôtre. Elle en déduit toutefois que nous courons un même risque, machine comme humain : celui de « ne pas être connecté de façon permanente  ». Ce sont là des discussions philosophiques de haut niveau. D’autres modèles d’IA existent chez les grandes entreprises ou dans les centres de recherche des armées du monde entier. Quelles peuvent être leurs capacités ? Un journaliste a demandé récemment à Sam Altman, patron d’Open AI, la société qui a conçu Chat GPT, s’il pouvait parler du projet Q*, auquel on prête des performances hors du commun. Sa réponse a été « pas maintenant ». Peut-être parce que Q* va déjà trop loin. Nous parlons là d’une IA qui travaille peut-être sur un modèle quantique et qui, surtout, serait en mesure de casser tous les cryptages existants. Il faut bien comprendre ce que cela signifie : la fin du secret bancaire, la fin du secret-défense… Cela veut dire que ces machines sont en train d’explorer des mathématiques dont le fonctionnement nous échappe totalement, voire qu’elles seront en mesure de nous proposer demain une théorie de la physique unifiée, ce qui serait un bouleversement absolu. Comment s’assurer de l’alignement des objectifs poursuivis par l’espèce humaine, d’une part, et les IA, d’autre part ? Si on veut créer la panique, on va dire que l’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain, lequel n’est qu’une vermine qui détruit son environnement. Cet argument ne me semble pas sérieux. Ce qui est essentiel, c’est de profiter de cette révolution pour définir ce que nous voulons faire, exactement comme dans le film Oppenheimer, qui traite de la question de l’utilisation du nucléaire. Ces questions vont nécessiter un encadrement éthique strict. Le problème, c’est que ce sont les autorités militaires qui sont en pointe sur ces questions, et que l’éthique d’une autorité militaire est « particulière ». Et cela pour une raison fondamentale : les militaires savent que les autres pays ne vont pas tous s’embarrasser avec l’éthique… Les IA pourraient nous aider à surmonter le réchauffement climatique ou à lutter contre les inégalités. C’est autrement enthousiasmant, non ? Lorsque Chat GPT 4 a succédé à la version 3.5, je me suis dit « la cavalerie est arrivée ! ». Ce que je veux dire par là, c’est qu’après avoir été très pessimiste, après avoir éprouvé le sentiment que tout était perdu, l’avènement de ces machines a fait disparaître chez moi cette conviction. Nous n’allons peut-être pas tout régler mais il y a désormais un immense espoir. Nous ne sommes peut-être plus l’intelligence supérieure sur Terre et nous risquons de ne pas le supporter, écrivez-vous… Cela remet en question toute notre culture méritocratique. Le savoir est désormais à disposition de tous, comme jamais auparavant. La question de l’évaluation des connaissances, la culture de la note, tout cela est totalement remis en question. Vous estimez que les IA nous ramènent à la question de l’existence de Dieu. Pourquoi ? Nous avons inventé une machine plus intelligente que nous, capable d’accomplir des choses que nous attribuions autrefois à des entités surnaturelles ou à des divinités. Mais c’est nous qui l’avons créée. C’est un pouvoir littéralement démiurgique. Le résultat, c’est que ça nous déprime ! Comme lorsqu’un enfant comprend que la finalité de la vie est la mort. La question, je le répète, c’est « qu’allons-nous faire de ce pouvoir ? ». À lire : « L’avènement de la Singularité », L’humain ébranlé par l’intelligence artificielle. Éditions Textuel, 125 pages, 14,90 €.
    • Ayant fait une grande partie de ma carrière à l’Assurance Maladie (MSA) tout à fait d’accord avec ce qui a été dit . Il faut aussi rajouter la prise en charge dans le cadre d’un accident de travail de complications ou de rechutes éventuelles.
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