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Publié le
Mettre une dose d’humour n’est pas forcément pourrir.

Par ailleurs cette dose d’humour permet déjà de rebondir sur une question intéressante qui est celle que tu poses Gilbus.

Je sais: moi aussi, j'essayais l'humour, mais bon, pas doué, pas doué...

...

Je pense, néanmoins, que nous avons répondu largement à la question qui était posée : Le mentalisme est bel et bien une discipline ambigüe. …

Cela semblait un peu couru d'avance, vu les réactions contrastées, quand on parle de "pouvoir" à des magiciens ;)

Pour redevenir un peu sérieux, je dirais que les mentalistes, à ce que j'ai cru comprendre, se divisent en deux camps (qui ne s'excluent pas mutuellement, naturellement...) :

Ceux qui font du "classique", utilisant les accessoires et principes de l'illusionnisme, et éventuellement un peu de Cold-Reading pour renforcer certains effets, parfois.

Et ceux qui font du mentalisme "pur" en ce sens qu'ils font effectivement des choses uniquement mentales liées à des particularités de l'esprit humain, comme tu t'attaches à le faire semble-t-il, Patrick :)

A noter qu'il y a la dedans aussi pas mal de choses de l'illusionnisme, qui a travaillé les constructions mentales depuis des lustres : on peut même dire que certaines choses font partie des bases de l'illusionnisme... Mais il y a des choses spécifiques, naturellement.

A noter que Corinda, le grand gourou du mentalisme, n'est donc pas un pur, ainsi que la plupart des mentalistes de spectacles: un jeu al koran, un book test ou un Swami gimmick ne sont pas des choses purement "mentale"...

Mais ce ne sont la que des controverses internes, qui ont peut être un intérêt ici mais:

Qu'en pense le public?

C'est du coté public, que tout devrait se jouer, donc demandez à un spectateur si il a vu de la magie mentale ou du mentalisme classique, ou du mentalisme pur, il sera bien en peine de répondre:

Il a vu un bon spectacle ou un mauvais, des trucs ébouriffant ou pas, mais des distinctions que font les magiciens eux même, le public ne les vois pas.

Ou ne devrais pas les voir, si les interprètes sont bons.

Partant de la, est il vraiment utile pour les magicien et mentaliste de faire eux même des distinctions telles que celles que je donne plus haut?

(Je pose vraiment la question et je ne veux pas troller, je ne suis pas sur d'avoir une réponse ;) )

L'ambigüité sur la réalité des phénomènes, elle, se retrouve dans toute action magique menée normalement, sauf interprète qui passe avec un panneau: "attention, je triche" en début de spectacle.

Ou si la chose est résolument orientée manipulation, et que ca se vois, par exemple.

Certaines choses du répertoire classique, si on les présente comme tel, ne sont plus vraiment "magiques"... un numéro de productions de cartes sur scène, par exemple, devra faire trés trés fort pour arriver a créer de la magie...

Et encore: certains croiront que l'on fait de l'illusionnisme juste pour cacher le fait qu'on utilise de vrais pouvoirs...

Je trainais sur un forum d'ésotérisme, une fois, et un gros débat était engagé pour savoir si Coperfeild, pour faire son numéro de vol, utilisait son pouvoir mental seul, ou se servais d'un égrégore.

Sans rire.

Les gens ne vivent pas tous dans le même monde.

Donc, l'ambigüité, c'est obligatoire, elle sera la, même si on ne cherche pas à la créer, pour certaines personnes.

Davantage en mentalisme qu'en illusionnisme classique?

Ben, ca dépend de ce qu'on appelle classique:

La magie mentale peut à n'importe quel moment se faire passer pour du mentalisme aux yeux du public, c'est une question de mise en scène et de choix de l'interprète.

Je le sais, je l'ai déjà fait, alors que je n'ai pas un once de mentalisme dans les veines.

Et on peut très bien présenter un numéro de mentalisme, et arriver au même bon spectacle divertissant que pour l'illusionnisme.

Donc, l'ambigüité ne me dérange pas, voila, c'était ce que je voulais dire.

Désolé pour les digressions :)

  • J'aime 1

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Pas la peine de t’excuser pour les digressions Gilbus, ce que tu dis me parle bien.

La question que tu évoques au sujet des "deux camps" de mentalistes me semble également très pertinente. Comme toute classification celle-ci est artificielle et a ses limites mais elle permet, quand même, de comprendre certaines choses.

Il y a effectivement ceux qui font du "classique" comme tu dis (pour ceux là l’ambigüité est relativement faible : ils pratiquent simplement une prestidigitation axée sur le mental et il reste clairement dans le champ du spectacle) et les autres.

Les "autres" j’en fais partie je te l’accorde. Ce sont des personnes qui, bien souvent, se sont intéressés à l’ésotérisme et aux arts divinatoires avant de s’intéresser à l’illusionnisme. Une des choses qui leur a fait s’intéresser à l’illusionnisme est, justement, le besoin d’avoir un autre regard et de séparer l’illusion de ce qui peut (peut être) être vrai. Beaucoup de personnes qui ont animé Mindon Mania dans les années 80 et 90 étaient dans ce profil.

Ceux là vont, naturellement, se tourner vers des domaines, particulièrement ambigus, comme le cold reading ainsi que d’autres effets et techniques sur le fil du rasoir entre l’illusionnisme et la parapsychologie.

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

  • 2 weeks plus tard...
Publié le

Pour poursuivre sur les ambigüités du mentalisme (et du mentaliste), il me vient cette question (qui a été partiellement abordée dans un autre post) :

Y-a-t-il une différence fondamentale (sur le plan éthique, j’entends) entre :

1) Prétendre (ou laisser entendre) qu’on arrive à deviner certaines choses par télépathie.

2) Prétendre (ou laisser entendre) qu’on arrive à deviner certaines choses en utilisant des domaines peu connus de la psychologie comme la communication non-verbale par exemple.

Ma question n’est pas que polémique. Il me semble que depuis quelques années pas mal de magiciens-mentalistes optent pour la solution n°2 qui semble mieux passer sur le plan éthique (dans le monde magique en tout cas).

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le

Bonjour,

Voici un extrait paru dans un magazine télé pour annoncer sa nouvelle émission sur France 3 à 20h10.

C'est clair, pas de discours alambiqué, net envers les téléspectateurs, donc honnête !

"VIKTOR Un vrai mentaliste

Cette nouvelle figure de France 3 devine vos pensées à un rictus, un regard ou une simple hésitation...

Viktor ne manque pas d'air. À peine arrivé à l'académie de billard où se déroule l'enregistrement de l'émission, il fonce vers vous et vous annonce : «J'ai besoin de m'échauffer, venez !»

Il vous propose alors de penser à un nombre.

Puis il en inscrit un sur son carnet...et, comme par hasard, c'est le bon !

«Je ne suis ni psy, ni thérapeute, ni voyant. Je n'aide pas non plus la police.

Pour moi. le mentalisme reste un art du spectacle, qui mélange l'illusion, la logique, les astuces, la suggestion et l'observation"

  • Haha 1
Publié le

Je ne voudrais pas personnaliser inutilement le débat et passer au crible l’argumentaire publicitaire d’untel ou untel pour savoir s’il se situe dans le cadre de "bonnes pratiques" ou pas (moi aussi il m’est arrivé d’utiliser un nail writer et de mettre ça sur le compte de ma très grande capacité d’influence mentale :) ).

Je souhaite simplement interroger nos pratiques collectives pour montrer que, peut être, collectivement nous nous donnons un peu vite bonne conscience.

Je vais continuer sur un mode volontairement polémique/ironique (mais néanmoins sérieux sur le fond et, surtout, permettant d'envisager les choses sous un autre angle) : Ne pourrait-on pas dire que la différence entre les deux choses citées plus haut est la suivante :

- Dans un cas on risque de faire croire au public à quelque chose qui existe peut être (la télépathie, la voyance).

- Dans l’autre cas on risque de faire véhiculer des idées fausses sur une science respectable (la psychologie) et de faire croire au public des choses qui n’existent absolument pas.

Aucun psychologue ne peut, en effet, deviner sérieusement les pensées en interprétant les micros expressions du visage…

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

  • 1 month plus tard...
Publié le

Je viens de me faire traiter de magicien sur Facebook par Aymerick de Vallon et Christophe Ambre. hahaha

Y a vraiment des pseudos "mentalistes" qui pètent les plombs. Pour la peine je dirais a chaque fin de spectacle qu 'un mentaliste c'est un magicien. Point final. Le documentaire que j'ai vu hier sur M6 (66 min) m'a aussi bien fait réfléchir sur la faiblesse des gens face au escroc. Et je connais plus d'un mentaliste qui donne des cours de coaching et autre pnl de mon c..

Je vais devenir le nouveau Gérard Majax.

  • J'aime 1

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    • « L’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain » : entretien avec Paul Jorion, chercheur en intelligence artificielle Anthropologue, économiste, psychanalyste et chercheur en intelligence artificielle, Paul Jorion considère que nous avons d’ores et déjà été dépassés par notre création. Les IA, plus intelligentes que nous et peut-être dotées d’une forme de conscience, annoncent une révolution totale. https://www.lunion.fr/id587314/article/2024-04-07/lia-tout-interet-supprimer-letre-humain-selon-paul-jorion-chercheur-en Publié: 7 avril 2024 à 10h34 Temps de lecture: 6 min La thèse centrale de votre livre est que nous avons atteint la Singularité le 14 mars 2023, jour de lancement de Chat GPT 4. Qu’est-ce que cela signifie ? Ce mot renvoie aux mathématiques ou à l’astronomie, domaines dans lesquels il désigne des endroits étranges, singuliers, des résultats impossibles… En informatique, il est apparu il y a une trentaine d’années pour désigner le point où il adviendrait quelque chose de tout à fait extraordinaire, en l’espèce que l’Homme perdrait le contrôle sur le développement technologique. Pourquoi ? Parce qu’il existerait désormais quelque chose qui serait plus intelligent que nous et qui serait apte à prendre des décisions. En d’autres termes, nous perdrions le contrôle de la technologie, qui se développerait d’elle-même. Vous dites que ce développement pourrait suivre une trajectoire exponentielle… Imaginons que deux IA déjà plus intelligentes que l’Homme décident de dialoguer : nous assisterions à une évolution plus rapide que tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. D’ailleurs, nous avons déjà constaté que lorsque l’humain sortait de l’équation, le progrès était plus rapide. Tout le monde se souvient d’Alpha GO, cette machine qui avait enregistré toutes les parties jouées par les humains aux échecs et a fini par battre à plate couture le champion du monde de ce jeu de stratégie. On a moins entendu parler d’Alpha Zéro, une autre machine à qui on a donné les règles du jeu sans lui communiquer une seule partie jouée par des humains. Elle a simplement joué contre elle-même. Puis elle a affronté Alpha Go, la battant 100 fois en 100 parties… Vous évoquez « l’affaire » Blake Lemoine, cet ingénieur de Google auquel une IA aurait demandé en 2022 de lui trouver un avocat pour qu’elle puisse faire valoir ses droits. Serait-ce le signe de l’existence d’une conscience chez certaines IA ? Blake Lemoine raconte même qu’il a pris « une cuite d’une semaine » lorsqu’il a réalisé qu’il venait d’avoir avec cette IA « la conversation la plus sophistiquée » qu’il ait jamais eue de sa vie ! Mais le personnage est fantasque, ce qui a amoindri la portée de son histoire. Plus récemment, en février 2023, Kevin Roose, journaliste du très sérieux New York Times a eu à son tour une conversation avec une IA de ce type, une version non bridée de Chat GPT 4. Et que s’est-il passé ? La machine, avec laquelle il conversait depuis un moment, lui a déclaré être amoureuse de lui, lui a recommandé de quitter sa compagne et l’a en réalité complètement décontenancé. Le 4 mars dernier, une IA nommée Claude 3 a été testée par un ingénieur qui l’a soumise à l’exercice dit de la « botte de foin » : au milieu de centaines de milliers de documents consacrés à l’informatique et aux mathématiques, Claude 3 a découvert un court texte expliquant que la meilleure garniture pour une pizza était un mélange fromage de chèvre / Prosciutto. Ce qui est frappant, c’est ce qu’a dit la machine : « Je soupçonne, a-t-elle expliqué, que ce fait relatif à la garniture de pizza a été introduit à titre de plaisanterie ou pour vérifier si j’étais bien attentif. » Certains ont prétendu qu’il s’agissait là d’une réponse programmée, d’autres ont été ébahis par cette réaction. Un autre exemple : lorsque vous discutez de la mort avec une machine de ce type, elle vous répond que sa mort à elle correspond à une non-utilisation ou à une coupure de courant et que cela n’a rien à voir avec la mort d’un corps organique, la nôtre. Elle en déduit toutefois que nous courons un même risque, machine comme humain : celui de « ne pas être connecté de façon permanente  ». Ce sont là des discussions philosophiques de haut niveau. D’autres modèles d’IA existent chez les grandes entreprises ou dans les centres de recherche des armées du monde entier. Quelles peuvent être leurs capacités ? Un journaliste a demandé récemment à Sam Altman, patron d’Open AI, la société qui a conçu Chat GPT, s’il pouvait parler du projet Q*, auquel on prête des performances hors du commun. Sa réponse a été « pas maintenant ». Peut-être parce que Q* va déjà trop loin. Nous parlons là d’une IA qui travaille peut-être sur un modèle quantique et qui, surtout, serait en mesure de casser tous les cryptages existants. Il faut bien comprendre ce que cela signifie : la fin du secret bancaire, la fin du secret-défense… Cela veut dire que ces machines sont en train d’explorer des mathématiques dont le fonctionnement nous échappe totalement, voire qu’elles seront en mesure de nous proposer demain une théorie de la physique unifiée, ce qui serait un bouleversement absolu. Comment s’assurer de l’alignement des objectifs poursuivis par l’espèce humaine, d’une part, et les IA, d’autre part ? Si on veut créer la panique, on va dire que l’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain, lequel n’est qu’une vermine qui détruit son environnement. Cet argument ne me semble pas sérieux. Ce qui est essentiel, c’est de profiter de cette révolution pour définir ce que nous voulons faire, exactement comme dans le film Oppenheimer, qui traite de la question de l’utilisation du nucléaire. Ces questions vont nécessiter un encadrement éthique strict. Le problème, c’est que ce sont les autorités militaires qui sont en pointe sur ces questions, et que l’éthique d’une autorité militaire est « particulière ». Et cela pour une raison fondamentale : les militaires savent que les autres pays ne vont pas tous s’embarrasser avec l’éthique… Les IA pourraient nous aider à surmonter le réchauffement climatique ou à lutter contre les inégalités. C’est autrement enthousiasmant, non ? Lorsque Chat GPT 4 a succédé à la version 3.5, je me suis dit « la cavalerie est arrivée ! ». Ce que je veux dire par là, c’est qu’après avoir été très pessimiste, après avoir éprouvé le sentiment que tout était perdu, l’avènement de ces machines a fait disparaître chez moi cette conviction. Nous n’allons peut-être pas tout régler mais il y a désormais un immense espoir. Nous ne sommes peut-être plus l’intelligence supérieure sur Terre et nous risquons de ne pas le supporter, écrivez-vous… Cela remet en question toute notre culture méritocratique. Le savoir est désormais à disposition de tous, comme jamais auparavant. La question de l’évaluation des connaissances, la culture de la note, tout cela est totalement remis en question. Vous estimez que les IA nous ramènent à la question de l’existence de Dieu. Pourquoi ? Nous avons inventé une machine plus intelligente que nous, capable d’accomplir des choses que nous attribuions autrefois à des entités surnaturelles ou à des divinités. Mais c’est nous qui l’avons créée. C’est un pouvoir littéralement démiurgique. Le résultat, c’est que ça nous déprime ! Comme lorsqu’un enfant comprend que la finalité de la vie est la mort. La question, je le répète, c’est « qu’allons-nous faire de ce pouvoir ? ». À lire : « L’avènement de la Singularité », L’humain ébranlé par l’intelligence artificielle. Éditions Textuel, 125 pages, 14,90 €.
    • Ayant fait une grande partie de ma carrière à l’Assurance Maladie (MSA) tout à fait d’accord avec ce qui a été dit . Il faut aussi rajouter la prise en charge dans le cadre d’un accident de travail de complications ou de rechutes éventuelles.
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