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Une question qu'on peut aussi se poser :

L'illusionniste en général est il ambiguë ? 

La plupart des illusionnistes passent leur temps à imiter des phénomènes surnaturels. 

Certe, le public sait que c'est du spectacle, certe, la plupart des interprètes croient tellement peu à ce qu'ils font que leurs numéros n'est pas calculé pour être convaincants mais juste "divertissant" ... 

Mais n'empêche, on courre quand même le risque, avec des personnes fragiles, de les faire rêver... 

Le rêve et l'émerveillement sont de sérieux handicap, pour garder un bon équilibre rationaliste. 

Alors, avant d'accepter un contrat, posons nous la question:

Cela vaut il la peine de courir le risque de sortir nos spectateur de leur bien être matérialiste en leur montrant des fadaises ? 

A défaut d'être des escrocs, ne sommes nous pas le germe d'une instabilité mentale qui détruira nos spectateurs et leurs proches, ruinera des carrières et des familles ? 

De nos jours, j'avoue que j'hésite à retrouver la carte choisie et perdue dans le jeu...

Je me dit : et si je sortais une carte au hasard, pour leur montrer ce qu'est une vraie probabilité dans la vraie vie... 

Mais je suis faible, je l'avoue, et je retrouve quand même la carte... Chienne de vie... 

Gilbus

 

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Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

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Publié le
il y a 15 minutes, Gilbus a dit :

Le rêve et l'émerveillement sont de sérieux handicap, pour garder un bon équilibre rationaliste. 

😂😀

Un excès de raison peut aussi être un solide handicap à l'équilibre tout court.

La science, d'ailleurs, se nourrit tout autant du rêve et de l'émerveillement devant le mystère du monde que de la raison pure et dure.

Le déséquilibre c'est soit basculer dans un irrationnel extrême et perdre pied avec la réalité (bon, il faudrait définir exactement ce qu'est la "réalité", ce qui n'est pas une mince affaire, mais bon, passons...! 🙂) soit adopter une vision, non pas rationnelle, mais strictement rationaliste et donc ne voir le monde que son un aspect matérialiste et mécaniste.

L'homme est un "animal métaphysique", selon la formule rendue célèbre par Schopenhauer, c'est à dire qu'il ne cesse de spéculer et de prétendre à une connaissance susceptible de dépasser le simple cadre de l'expérience et des phénomènes observables (même les physicalistes font cela, même les athées...).

J'ai déjà cité, plusieurs fois, sur ce forum, ma maxime préférée du philosophe Pascal. Elle me semble, encore, une fois bien à propos ici :

Parchemin-7.jpg

 

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le

Me promenant sur l'excellent site magique artefake, je découvre (ou redécouvre)  cet article particulièrement bien écrit, bien documenté et ô combien mesuré :

PRESTIDIGITATEURS ET PARAPSYCHOLOGIE Par George P. Hansen.

Article qui montre bien à quel point cette question de l'ambigüité traverse l'histoire du mentalisme et de la prestidigitation.

Citation

Didier Puech nous signale que le magicien français Jacques Delord restait très ouvert sur le sujet de la parapsychologie, estimant qu’il n’était pas du rôle des magiciens de “démasquer” les fraudeurs. Il laissait toujours LE DOUTE quand les gens (grand public) l’interrogeaient sur ses “pouvoirs”, sans pour autant prétendre à posséder des pouvoirs surnaturels

... Si même Jacques Delord ! 😀

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Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le (modifié)

C'est effectivement un problème. Max Dif commençait quant à lui chacun de ses spectacles en s'excusant au préalable auprès de ses spectateurs car il allait les duper.

Je ne partage pas cette façon de faire car c'est, selon moi, ôter dès le départ toute magie et/ou tout émerveillement potentiel pour la suite du spectacle, ce que viennent a priori chercher les spectateurs justement.

Que le magicien ne prenne pas le parti de démasquer les escrocs, c'est tout à fait compréhensible et d'ailleurs je ne pense pas que cela soit son rôle. Maintenant si c'est son truc pourquoi pas, mais encore une fois ce n'est pas ce que j'attends d'un magicien.

Par conséquent la question que l'on peut se poser est la suivante :  laisser planer le doute comme le fait Jacques Delord et du coup participer à l'ambiguïté de la chose mais en prolongeant la magie du spectacle ou, au contraire, dissiper l'ambiguïté et s'excuser comme Max Dif mais a posteriori (histoire quand même de limiter la casse, comme qui dirait 😝) ?

A titre personnel, je pencherais pour l'attitude mystérieuse et emplie de non dit laissant planer le doute dans l'esprit des spectateurs mais sans aller plus loin que cela, dans le discours et le comportement. Le spectacle est terminé, un doute demeure point. Mais ce n'est pas évident sans garder de la distance avec ses spectateurs, j'en conviens. Bref, un vrai sujet où l'éthique se heurterait à l'artistique ?  (C'est une question).

Modifié par Woody (Philippe)
Publié le
Il y a 16 heures, Woody (Philippe) a dit :

C'est effectivement un problème. Max Dif commençait quant à lui chacun de ses spectacles en s'excusant au préalable auprès de ses spectateurs car il allait les duper.

Je ne partage pas non plus cette façon de faire, mais elle est très défendable :

En faisant cette annonce, on va mettre une partie du public au défi de ne pas être dupé. 

Certe, je n'aime pas les défis en règle général, car cela met selon moi une base conflictuelle à notre relation avec le public, mais le défi à cependant un avantage indéniable, il va concentrer l'attention des spectateur sur ce qui se passe. 

Du coup, il ne pourront pas se dire qu'ils ont raté un truc par inattention, et cela renforce par un côté l'impossibilité, même si comme tu le dit cela va à l'encontre de l'émotion magique... 

Je préfère aussi le flou, et j'utilise en général d'autres techniques pour essayer de maintenir l'attention des spectateurs. 

D'un autre côté, maintenir l'attention du public au top n'est pas valable en toutes circonstances :

J'avoue que pour certaines interprétations, notamment quand je présente des choses à des magiciens, maintenir leur concentration est au dessus de mes forces :

Le magiciens ont un processus de pensée biaisé par leur expérience. 

Les plus blasés vont parfois regarder juste assez pour savoir de quel tour il s'agit, puis relâcher leur attention pour penser à la variante de ce tour dont ils vont parler ensuite... 

Cela m'a beaucoup amusé, par exemple, quand j'ai présenté lundi la "houlette magnéto mécanique de Gilbus", et que la conversation a ensuite roulé sur les roulettes, pardon, les houlettes... 

Alors que dans mon tour, la houlette n'était que le prétexte pour présenter le vrai tour, caché dans l'explication, dont l'effet était davantage de la famille des "coexistence spatiale" (plusieurs objets occupant un espace trop petit pour eux) 

Que certains soient restés sur la houlette ne me gêne pas, mais m'amuse. 

Certes, ils ont raté l'effet, ce qui aurait été minimisé si j'avais eut une attitude de défi. 

Mais j'avoue que ce genre de situation est plus un test d'efficacité du jeu d'acteur qu'un véritable tour de magie, n'oublions pas que je ne suis pas vraiment magicien... 

Donc, je dirais bien qu'il n'y a pas de mauvaise méthodes, il y a juste des méthodes efficaces ou pas, suivant le but que l'on s'est fixé. 

En ce sens, l'ambiguïté ou la démystification peuvent être valables. Sans aller jusqu'au debinage, qui lui est toujours négatif à mon sens...

Gilbus

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Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le
Il y a 1 heure, Gilbus a dit :

Le magiciens ont un processus de pensée biaisé par leur expérience. 

OUI !!!

Mais nous sommes tous "baisés" (😀) par nos conditionnements divers et variés, notre éducation, notre culture, notre formation, notre métier, notre catégorie socio-professionnelle, nos blessures existentielles et j'en passe...

Nous avons tendance en fonction de tous ces conditionnements à privilégier une interprétation du monde.

 

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
il y a 12 minutes, Patrick FROMENT a dit :

Mais nous sommes tous "baisés" (😀) par nos conditionnements divers et variés, notre éducation, notre culture, notre formation, notre métier, notre catégorie socio-professionnelle, nos blessures existentielles et j'en passe...

Cette phrase est d'ailleurs typique d'un biais de psy ! 🤣

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Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
Il y a 2 heures, Patrick FROMENT a dit :

nous sommes tous "baisés" (😀) par nos conditionnements divers et variés, notre éducation, notre culture, notre formation, notre métier, notre catégorie socio-professionnelle, nos blessures existentielles et j'en passe...

 

Il y a 2 heures, Patrick FROMENT a dit :

Cette phrase est d'ailleurs typique d'un biais de psy ! 🤣

Les raccourcis de pensée ont été utiles à la survie de l'espèce, sélection naturelle oblige. 

Quand est-ce qu'on biaise ? de Thomas C Durand 

Citation

Savez-vous ce qu'est la Zététique ? L'art du doute nourri par la méthode scientifique. Le refus de toute affirmation dogmatique, mais aussi une autodéfense contre les idées reçues, les fausses évidences, les illusions sensorielles, les raisonnements erronés... tous ces pièges que nous tend notre cerveau. L'intelligence n'immunise pas contre l'erreur. Quand nos neurones sont biaisés nous n'avons aucun moyen objectif de le savoir. Alors il faut apprendre à douter. Une méthode mise en scène avec humour dans des dialogues entre la marionnette Mendax, incarnation de notre cerveau avide de réponses simples et définitives, et Vled Tapas, professeur d'esprit critique. un livre de salubrité critique !

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  • Merci 1
Publié le

 

Il y a 10 heures, Patrick FROMENT a dit :

Mais nous sommes tous "baisés" (😀)

🤣🤣🤣 Put*** de correcteur !!! 🤣

Nous sommes tous biaisés bien sûr !

 

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le

34 pages que j'ai quasiment toutes lues, je suis même intervenu à plusieurs reprises (avec une pertinence toute relative, j'en conviens 😝) et pendant tout ce temps...

Révélation

... Je n'ai pas fait de magie, travaillé aucune routine et ouvert aucun bouquin 😕.

 

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Ce mot renvoie aux mathématiques ou à l’astronomie, domaines dans lesquels il désigne des endroits étranges, singuliers, des résultats impossibles… En informatique, il est apparu il y a une trentaine d’années pour désigner le point où il adviendrait quelque chose de tout à fait extraordinaire, en l’espèce que l’Homme perdrait le contrôle sur le développement technologique. Pourquoi ? Parce qu’il existerait désormais quelque chose qui serait plus intelligent que nous et qui serait apte à prendre des décisions. En d’autres termes, nous perdrions le contrôle de la technologie, qui se développerait d’elle-même. Vous dites que ce développement pourrait suivre une trajectoire exponentielle… Imaginons que deux IA déjà plus intelligentes que l’Homme décident de dialoguer : nous assisterions à une évolution plus rapide que tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. D’ailleurs, nous avons déjà constaté que lorsque l’humain sortait de l’équation, le progrès était plus rapide. Tout le monde se souvient d’Alpha GO, cette machine qui avait enregistré toutes les parties jouées par les humains aux échecs et a fini par battre à plate couture le champion du monde de ce jeu de stratégie. On a moins entendu parler d’Alpha Zéro, une autre machine à qui on a donné les règles du jeu sans lui communiquer une seule partie jouée par des humains. Elle a simplement joué contre elle-même. Puis elle a affronté Alpha Go, la battant 100 fois en 100 parties… Vous évoquez « l’affaire » Blake Lemoine, cet ingénieur de Google auquel une IA aurait demandé en 2022 de lui trouver un avocat pour qu’elle puisse faire valoir ses droits. Serait-ce le signe de l’existence d’une conscience chez certaines IA ? Blake Lemoine raconte même qu’il a pris « une cuite d’une semaine » lorsqu’il a réalisé qu’il venait d’avoir avec cette IA « la conversation la plus sophistiquée » qu’il ait jamais eue de sa vie ! Mais le personnage est fantasque, ce qui a amoindri la portée de son histoire. Plus récemment, en février 2023, Kevin Roose, journaliste du très sérieux New York Times a eu à son tour une conversation avec une IA de ce type, une version non bridée de Chat GPT 4. Et que s’est-il passé ? La machine, avec laquelle il conversait depuis un moment, lui a déclaré être amoureuse de lui, lui a recommandé de quitter sa compagne et l’a en réalité complètement décontenancé. Le 4 mars dernier, une IA nommée Claude 3 a été testée par un ingénieur qui l’a soumise à l’exercice dit de la « botte de foin » : au milieu de centaines de milliers de documents consacrés à l’informatique et aux mathématiques, Claude 3 a découvert un court texte expliquant que la meilleure garniture pour une pizza était un mélange fromage de chèvre / Prosciutto. Ce qui est frappant, c’est ce qu’a dit la machine : « Je soupçonne, a-t-elle expliqué, que ce fait relatif à la garniture de pizza a été introduit à titre de plaisanterie ou pour vérifier si j’étais bien attentif. » Certains ont prétendu qu’il s’agissait là d’une réponse programmée, d’autres ont été ébahis par cette réaction. Un autre exemple : lorsque vous discutez de la mort avec une machine de ce type, elle vous répond que sa mort à elle correspond à une non-utilisation ou à une coupure de courant et que cela n’a rien à voir avec la mort d’un corps organique, la nôtre. Elle en déduit toutefois que nous courons un même risque, machine comme humain : celui de « ne pas être connecté de façon permanente  ». Ce sont là des discussions philosophiques de haut niveau. D’autres modèles d’IA existent chez les grandes entreprises ou dans les centres de recherche des armées du monde entier. Quelles peuvent être leurs capacités ? Un journaliste a demandé récemment à Sam Altman, patron d’Open AI, la société qui a conçu Chat GPT, s’il pouvait parler du projet Q*, auquel on prête des performances hors du commun. Sa réponse a été « pas maintenant ». Peut-être parce que Q* va déjà trop loin. Nous parlons là d’une IA qui travaille peut-être sur un modèle quantique et qui, surtout, serait en mesure de casser tous les cryptages existants. Il faut bien comprendre ce que cela signifie : la fin du secret bancaire, la fin du secret-défense… Cela veut dire que ces machines sont en train d’explorer des mathématiques dont le fonctionnement nous échappe totalement, voire qu’elles seront en mesure de nous proposer demain une théorie de la physique unifiée, ce qui serait un bouleversement absolu. Comment s’assurer de l’alignement des objectifs poursuivis par l’espèce humaine, d’une part, et les IA, d’autre part ? Si on veut créer la panique, on va dire que l’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain, lequel n’est qu’une vermine qui détruit son environnement. Cet argument ne me semble pas sérieux. Ce qui est essentiel, c’est de profiter de cette révolution pour définir ce que nous voulons faire, exactement comme dans le film Oppenheimer, qui traite de la question de l’utilisation du nucléaire. Ces questions vont nécessiter un encadrement éthique strict. Le problème, c’est que ce sont les autorités militaires qui sont en pointe sur ces questions, et que l’éthique d’une autorité militaire est « particulière ». Et cela pour une raison fondamentale : les militaires savent que les autres pays ne vont pas tous s’embarrasser avec l’éthique… Les IA pourraient nous aider à surmonter le réchauffement climatique ou à lutter contre les inégalités. C’est autrement enthousiasmant, non ? Lorsque Chat GPT 4 a succédé à la version 3.5, je me suis dit « la cavalerie est arrivée ! ». Ce que je veux dire par là, c’est qu’après avoir été très pessimiste, après avoir éprouvé le sentiment que tout était perdu, l’avènement de ces machines a fait disparaître chez moi cette conviction. Nous n’allons peut-être pas tout régler mais il y a désormais un immense espoir. Nous ne sommes peut-être plus l’intelligence supérieure sur Terre et nous risquons de ne pas le supporter, écrivez-vous… Cela remet en question toute notre culture méritocratique. Le savoir est désormais à disposition de tous, comme jamais auparavant. La question de l’évaluation des connaissances, la culture de la note, tout cela est totalement remis en question. Vous estimez que les IA nous ramènent à la question de l’existence de Dieu. Pourquoi ? Nous avons inventé une machine plus intelligente que nous, capable d’accomplir des choses que nous attribuions autrefois à des entités surnaturelles ou à des divinités. Mais c’est nous qui l’avons créée. C’est un pouvoir littéralement démiurgique. Le résultat, c’est que ça nous déprime ! Comme lorsqu’un enfant comprend que la finalité de la vie est la mort. La question, je le répète, c’est « qu’allons-nous faire de ce pouvoir ? ». À lire : « L’avènement de la Singularité », L’humain ébranlé par l’intelligence artificielle. Éditions Textuel, 125 pages, 14,90 €.
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