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Ce n'est ni une analyse, ni des conseils.

Je ne me prends pas pour ce que je ne suis pas. De quel droit pourrais-je donner des conseils ?

Mais tu as répondu (en gras) à une de mes interventions. J'y ai simplement répondu à mon tour.

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Je n'en doute pas, je ne dis pas que c'est le cas de tous le monde. Je ne dis pas non plus que je fais mieux.

Je dis que quand tu entends un type qui te dis en regardant le plus grand cabaret ou un autre show télé "bein, il l'a gardé dans la main gauche..." tu te dis "hé merde".

Et comme, je trouve que certaines manipulations ne sont pas convaincantes, je me suis fait la réflexion...

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« On a le public qu'on mérite ! »

C'est excessivement vrai. Certain magiciens ont l'impression de vivre en enfer et d'autres à Disney Land. Certains ne rencontrent que des bandes de gros C O N S alors que d'autres passent leur temps à faire de la magie à des télétubbies émerveillés. Je ne pense pas que ce soit une histoire de chance.

En fait, ce n’était pas la question du thread ni de mon intervention.

Mais pour te répondre, je ne suis pas d’accord avec toi. nous n’avons pas NOTRE public mais DES publics.

C'est vrai qu'il y a parfois des taquins mais 80% des taquins sont des personnes qui s'intéressent vraiment et sincèrement à ce que tu fais, souvent plus que tous les autres, et qui en fait sont frustrés de ne pas être à ta place. Le mieux que tu puisse faire est de les mettre de ton côté et il deviennent des fans inconditionnels (commercialement ce sont des cibles idéales)

Lorsque quelqu’un travail dans un resto, une communion, un mariage, il aurait tort de penser que c’est SON public !

Il est face à une multitude de personnes. Et cela peut très bien fonctionner, sauf pour un spectateur ou l’autre. Alors, en es tu responsable ? Es-tu responsable du caractère des gens ? de leur réceptivité à la magie ? de leur état d’esprit à cet instant là ? de leur état d’ébriété ? etc.

Honnêtement à part quand tu as un gars à 4 grammes, des gens en train de s'[Vulgarité/Insulte désignant des personnes à la limite de se taper sur la [Vulgarité/Insulte désignant le visage]] ou des gens allergiques à la magie, il n'y a pas de raison que ça se passe mal. Il suffit d'être un minimum psychologue

Les magiciens qui savent toujours choisir leur public, qui savent désamorcer toutes les situations dangereuses, qui ont toujours le bon mot, le sens de la répartie, qui savent toujours s’adapter à leur public, qui savent changer instantanément de routine en cours de route, changer de technique au pied levé, en un mot ceux qui ne ratent jamais rien, qui s’en sorte toujours effacement, qui savent rattraper tous les coups, ceux pour qui ça se passe toujours bien… je n’y crois pas.

Ça s'appelle un professionnel. Ça existe... de moins en moins mais ça existe encore.

Je présente très peu de magie. Quand je le fais c’est à des amis. Et je peux te dire que j’ai déjà observé que le résultat du tour est en partie dépendant de l’état d’esprit des spectateurs.

Tout s'explique

J’ai par exemple deux cas opposé. Une femme qui me dit « tu nous fais rêver, un marchand de rêves ».

Et un homme qui recherche toujours à trouver le truc. Je présente mes tours dans une histoire : « allez bon, arrête de nous prendre pour des cons, c’est du baratin ça… ». Pourtant, je raconte mon tour dans une histoire. Je me souviens encore du tour, il s’agissait de « duel cartomagique » de Jon Racherbaumer.

[Ce type est très terre à terre. Si vous faites apparaitre une carte rouge alors que le jeu était bleu, il vous dira simplement « c’est qu’elle était là depuis le début », si il voit la femme coupée en deux, « elle n’est pas coupée en deux, il doit y avoir un compartiment, ou bien deux personnes, etc.]

Donc, je faisais « Duel cartomagique ». J’avais 3 spectateurs. Deux réactions superbes et un « c’est que la carte rouge était là depuis le départ » du troisième spectateur.

C'est que ton personnage ou l'histoire ne passait pas. En ce qui concerne le personnage je vois énormément de gens avec une réelle présence naturelle se cacher quand même derrière des guirlande de vannes à deux balles et à contrario, des mecs montés comme des personnages de Kinder Surprise se prendre pour des Criss Angel. Ca peut provoquer des mauvais retours de la part des spectateurs.

En ce qui concerne l'histoire. On voit souvent les textes de tour de cartes dégringoler dans le style oui oui va à la plage : "Un petit lutin, se cache entre les dames et deux méchants rois..." C'est normal de s'en prendre plein [Vulgarité/Insulte désignant le visage]] quand on sort ce genre d'âneries à des bickers.

D’un côté cela m’a appris quelque chose : maintenant, je montre mes cartes bleues, très librement, montrées recto verso, ensuite je vais chercher une salière « coincoin » dans ma poche, en chargant la carte rouge en même temps. Dans la dernière phase de la routine, je « sale » la face d’une carte qui devient rouge.

Tu l'aurais fait comme ça dès le départ, le gars ne t'aurais sans doute pas ennuyé. C'est l'expérience qui compte dans ce cas là. Et tu recroiserai ce gars maintenant, il deviendrait un bon spectateur.

Mais je ne me sens pas « responsable » de cette personne. Ce tour m’est souvent redemandé d’ailleurs. Ne suis-je mauvais que pour CETTE personne ?

Non puisque maintenant tu risques d'être bon pour ce genre de personne...

En passant, lorsque ce type regarde le plus grand cabaret du monde, il met très souvent le doigt sur quelque chose d’exacte. Même si il ne voit pas le fil invisible, il vous dira que ça ne peut être qu’un fil…Idem pour certaine manipulation… Je veux dire par cela que nous nous illusionnons nous même. Même dans un cadre difficile, comme un resto, une partie du public ne dit généralement pas ce qu’il pense. Souvent, il ne voit pas, mais il sent. Ou même, il voit parfois.

Nous devrions tous être un peu plus modestes de ce côté-là !

Certainement pas !!! Quand ça t'arrive, tu relies ton "Chemin magique" de Tamariz et tu rebosses ton tour !

Par exemple, je pense que la majorité des french drop se sentent. J’en vois rarement de convaincants.

Le tien peut-être, parce que tu le fais sans doute mal, mais j'en doute ou pas dans une séquence de gestes qui convient. Il y a pas mal de mouvements qui paraissent finalement assez simples, mais qui sont un peu tirer par les cheveux. Ils nécessitent d'être exécuter dans une certaine suite de mouvements et amenés par une certaine logique de façon à devenir naturels. Et là ça passe tout seul.

Mais pour cela il ne faut pas se contenter de dire qu'il y a des spectateurs qui sont [Vulgarité/Insulte désignant un personnage qu'on aurait envie de baffer grave] il faut se demander avant : "Sur qui je peux tomber, qu'est ce qu'il va me dire ou me demander, comment je vais réagir". C'est aussi bête que ça.

  • Embarrassé 1
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Merci pour le trait d’humour et ta réponse sans agressivité, il est toujours plus agréable de dialoguer de la sorte.

« Mais pour cela il ne faut pas se contenter de dire qu'il y a des spectateurs qui sont [Vulgarité/Insulte désignant un personnage qu'on aurait envie de baffer grave] il faut se demander avant : "Sur qui je peux tomber, qu'est ce qu'il va me dire ou me demander, comment je vais réagir". C'est aussi bête que ça »

C’est en quelque sorte, ce que j’ai fait en modifiant la manière dont je présentais le tour.

Mais j’ai juste parlé d’une personne pour expliciter un propos. Je n’ai pas trop de problème avec les spectateurs, non pas parce que je suis « bon » mais d’abord parce que je fais peu de magie.

Je ne parle donc pas de mon cas.

Simplement, il me semble que l’on ne peut pas généraliser, quel que soit le domaine dans lequel on se situe. « Les policiers », « les magiciens », « le public »….

Il y a de tout dans l’espèce humaine, donc de tout dans les magiciens et de tout dans le public.

Tu le dis toi-même : « il faut se demander avant : "Sur qui je peux tomber, qu'est ce qu'il va me dire ou me demander, comment je vais réagir". C'est aussi bête que ça »

Je ne dis pas que le public est « une bande de cons ». PAS DU TOUT. Je dis qu’il est constitué d’être humains tous différents.

L’exemple que j’ai donné est certes caricatural. Mais il arrive d’avoir moins de réceptivité d’une personne alors que tous le groupe est agréable.

Je me souviens avoir vu travailler un ami dans un resto. Il travaillait à une table. Et une personne l’interpellait sans cesse « et si je coupe moi-même ? », et «si je mélange moi-même », etc. ? Au point où les autres convives lui répondaient « écoutes, laisse nous nous amuser ! ». Ce magicien F toujours une CC ( « au cas où » ). A la xième interpellation, il venait de F sa CC à une dame. « Et bien puisque monsieur veut mélanger lui-même, je lui donne le jeu »… Et il s’en est tiré comme cela.

Oui, il s’en est sorti. Mais ce n’était pas forcément sympa ni pour le magicien, ni pour les autres spectateurs, qui désapprouvaient d’ailleurs ce spectateur « suspicieux ».

Pour ma part, si je devais travailler dans de tel circonstances, j’espère un jour le faire, mais je ne me considère pas assez aguerri, je pense que j’utiliserais la méthode de Carl Andrew : faire des carte plastifiée déposées sur la table annonçant qu’un magicien est gratuitement à leur disposition et qu’il est là pour les divertir. Ainsi, on ne vient que si on est demandé. Et on s’inscrit dans une autre démarche.

Quelqu’un sur ce forum, il y a assez longtemps, disait qu’il arrivait aux tables en disant qu’il proposait au gens de jouer au magicien. J’ai réfléchi longtemps à cette formulation. Cela semble désamorcer les situations de confrontations où le public peut penser que vous faites une démonstration de prétendus pouvoirs. Par contre, cela peut enlever de la magie…

A ce sujet, j’avais lu un article fort intéressant sur les différences de perception de la magie entre les pays de culture latine et les pays germaniques ou anglo-saxon

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Je me souviens avoir vu travailler un ami dans un resto. Il travaillait à une table. Et une personne l’interpellait sans cesse « et si je coupe moi-même ? », et «si je mélange moi-même », etc. ? Au point où les autres convives lui répondaient « écoutes, laisse nous nous amuser ! ». Ce magicien F toujours une CC ( « au cas où » ). A la xième interpellation, il venait de F sa CC à une dame. « Et bien puisque monsieur veut mélanger lui-même, je lui donne le jeu »… Et il s’en est tiré comme cela.

Oui, il s’en est sorti. Mais ce n’était pas forcément sympa ni pour le magicien, ni pour les autres spectateurs, qui désapprouvaient d’ailleurs ce spectateur « suspicieux ».

Autres possibilités : Ce n'était pas le tour à faire dans ces circonstances, la méthode et la présentation n'étaient pas assez verrouillées, c'est avec l'expérience qu'on n'est plus étonné par ces réactions (je ne dis pas que ce sont les réponses, je dis juste qu'il y a parfois plusieurs explications... ;) )

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mais pour en revenir a l intercessor, je me demande bien se que l on trouve a ce tour

je ne sais pas si c est par deformation mais en le voyant je le trouve bidon gros comme une maison et je me demande comment n importe qui ne peut pas comprendre le principe

je trouve que ce tour est un tue magie

EN le voyant ??? Mais normalement il ne se voit pas ?

Donc personne ne peut comprendre le principe car personne n'est censé savoir à ce moment que tu fais autre chose que déchirer une carte..

un tue magie ??? On parle bien du même gimmick ?

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    • Pour ceux qui hésitaient encore ou qui veulent avoir un aperçu de l'ambiance et du programme, @Julien LOSA vous a tourné une petite vidéo aux petits oignons. 🍿 Il y détaille de vive voix ce qu'il vous a préparé pour le samedi 26 septembre : les routines, les réflexions, et surtout l'esprit 100 % terrain de cette rencontre chez moi. 👇 Installez-vous confortablement et lancez la vidéo ci-dessous ! Alors, quel effet du programme vous donne le plus envie de venir décortiquer tout ça avec nous ? ⚠️ Pour rappel, le nombre de places chez moi à Paris est très limité pour garder ce format intimiste et pouvoir échanger facilement. Ne tardez pas trop à réserver la vôtre ! 👉 Réserver ma place pour la conférence
    • Disons… poussière d’étoiles à 40 % :   
    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
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