Tableau d'honneur
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J'ai lu avec attention ton manifeste. Félicitations d'avoir pris le temps de cette réflexion. A te lire on perçoit clairement le biais de l'étudiant en sciences sociales et en philosophie et la fougue de la jeunesse. Ta réflexions au demeurant bien construite m'amène à quelques commentaires pour alimenter le débat. Déjà comme tu l'as souligné il demeure compliqué de donner une définition précise au "mentalisme", beaucoup de concept si mélangent, certains ne considèrent pas le mentalisme comme un art du spectacle par exemple. On pourrait également débattre longuement sur magie mentale ou mentalisme. Cela demeure compliqué de construire quelques choses sur un concept dont la définition n'est pas clairement établis et acceptés par tous. Ta définition est intéressante « Mentalisme (n.m) : discipline artistique qui consiste à créer l’illusion de facultés paranormales ou hors normes, en lien avec l’esprit humain (télépathie, prédiction, influence, hypnose…). » Mais elle exclue cependant une partie du travail réel sur la mémoire, les statistiques, les biais cognitifs, ou l'hypnose qui ne créent par l'illusion, mais qui sont bien des capacités réelles du mentaliste et/ou des cerveaux des spectateurs donc sans trucages. Ta définition se rapproche plus de ce que qualifierait de magie mentale, qui utilisent des illusions de magiciens par exemple. La dernière définition que tu proposes en synthèse de ta partie 1 me parait déjà plus consensuelle : « Mentalisme [mɑ̃talist] (n.m) : discipline artistique qui consiste à créer l’illusion psychologique de facultés extraordinaires ou surnaturelles (télépathie, prédiction, influence, hypnose…) grâce à un mélange de disciplines variées telles que la magie, la suggestion, la psychologie, la mise en scène, la science et des compétences mentales et sociales accrues (mémoire, logique, observation, éloquence). Même si encore une fois l'hypnose n'a par exemple rien d'une faculté extraordinaire ou surnaturelle. Donc il n'y a pas forcement que des "illusions" dans un spectacle de mentalisme, il peut y avoir aussi de vraies capacités travaillées, c'est très variable d'un mentaliste à l'autre. Ce qui m'amène sur ton constat que je trouve un peu tranché. Il y a des mentalistes qui se présentent comme ayant des supers pouvoirs, mais est-ce bien déjà une majorité? Tu te bases sur quoi, les vidéos youtube, les spectacles grands publics, des conférences... Il y a effectivement ce genre de personnages mais je serais plus nuancé sur le nombre et surtout c'est compliqué à déterminer. Professionnels, amateurs... Par exemple tu évoques les marchands de trucs, leurs clientèle comme leur marché sont axés sur les amateurs en majorité, et certains pros fabriquent leurs propres matériels ou le font fabriquer en dehors des commerces classiques. Même si ton analyse des "trucs" qui se vendent et du coté commercial et superficielle est très pertinente à mes yeux, mais est liée à mes yeux à la passion amateur "magie/mentalisme" comme loisir. Sur le constat social on peut noter que les choses évoluent, lentement mais elles évoluent on trouve des femmes en mentalisme et en magie d'ailleurs plus qu'avant, mais en cela le mentalisme n'est pas tellement différent de beaucoup d'autres choses... Je suis beaucoup plus dubitatif sur la "manipulation" que tu évoques. Le terme est très connoté négativement car la manipulation est un mode de fonctionnement dans lequel une personne cherche à influencer les autres de manière cachée, en jouant sur leurs émotions, leurs faiblesses ou leurs attentes, afin d'obtenir ce qu'elle veut au détriment de l'autre. Peut-on dire qu'un numéro de mentalisme se fait au détriment du spectateur? Un artiste digne de ce nom cherche à divertir son spectateur, à lui faire passer un bon moment. Je ne partage donc pas ton avis sur la "Manipulation", je ne vois pas de mauvaises intentions dans la majeur partie des spectacles de mentalisme que je connais, et rares sont les artistes mentalismes qui prétendent guérir le cancer... Il faut rester vigilant, et se présenter avec des super-pouvoirs peut effectivement présenter des problèmes éthiques, mais je ne trouve pas que cela soit fort heureusement une généralité. Même si certains peuvent me choquer, je pense notamment à Lucas Volpe qui dans son livre "Mentalisme émotionnel" explique sans gênes comment utiliser des techniques de magiciens pour convaincre les gens du pouvoirs des pierres... Il convient de rester vigilant. L’hypnose et le mentalisme, que je différencie personnellement même si je les assemble parfois, visent en spectacle à créer des expériences émotionnelles chez le public. Qu’il s’agisse de sensations de surprise, de fascination ou de connexions, les deux pratiques cherchent à captiver l’attention du spectateur et à susciter une réaction forte, faire rêver, transporter. C'est la base du spectacle vivant. Dans ma pratique je mélange le mentalisme, l'hypnose, le théâtre, la cascade, l'escrime pour faire des spectacles, je cherche à divertir, à générer des émotions, à faire rêver. Et si en after je démystifie volontiers, j'écarte l'idée que j'ai des pouvoirs...etc, Je ne ne vois pas me donner comme but de le faire obligatoirement dans mes spectacles, comme objectifs du spectacle! Sauf si je fais un spectacle sur ce thème précis, comme je pourrais en faire sur le harcèlement ou l'écologie. De base mes numéros ne sont pas basés sur moi mais sur les spectateurs, je ne présente pas comme un médium ou un voyant et je ne guéris rien, pourquoi alors vouloir à tous prix "dénoncer des choses"? Si la mise en scène est bien faite les spectateurs comprennent que c'est un spectacle. On peut y mettre quelques avertissements intégrés à la mise en scène. Pour conclure j''aime beaucoup et me retrouve personnellement dans la réflexion de @Vincent HEDAN sur le sujet : La question de votre positionnement éthique est une réflexion indispensable que vous devrez mener. Je ne peux pas vous dire quelle sera la réponse parfaite pour vous, car cela dépend bien sûr de votre personnalité, de votre style, de votre façon d’interagir avec le public et de ce que vous souhaitez lui apporter. Je vous laisserai donc former votre propre opinion, mais laissez‑moi vous présenter mon approche, car cela pourra alimenter votre réflexion. Ma vocation est celle du spectacle. Je crée une illusion, c’est‑à‑dire un temps et un lieu où peuvent se produire des choses normalement impossibles, sans que cette illusion cherche à convaincre le public de l’existence du surnaturel. Dans ce cadre, je peux choisir de parler d’une pratique sans pour autant la valider. Cette démarche est proche de celle du cinéma, du théâtre, ou même de la littérature. Dans le film Intuitions réalisé par Sam Raimi, l’héroïne (interprétée par l’actrice australienne Cate Blanchett) est une voyante. Ce n’est pas un personnage secondaire, elle n’est pas montrée comme crédule ou criminelle, elle n’est pas représentée de façon ridicule ou négative, son don de voyance n’est pas un détail facultatif. Elle est le personnage principal, elle est présentée de façon positive, comme une bonne personne motivée par de bonnes intentions, et son don de voyance est un outil central qui lui permet de résoudre l’énigme du film de façon surnaturelle. Étant donné ces éléments, nous pourrions imaginer que le réalisateur ou l’actrice cherche à nous convaincre de la légitimité de la voyance. Cependant, il s’agit d’un personnage fictif, dans une oeuvre de fiction. Ce film ne cherche pas explicitement à se prononcer sur la légitimité de la voyance ou sur sa valeur. Il présente juste cette pratique comme un élément de l’histoire, que nous y croyons ou pas. Ma position éthique se rapproche de cette idée. J’accepte le fait que le mentalisme ou l'hypnose et lessystèmes de croyances font partie de la culture populaire dont nous avons hérité, et je l’intègre dans ma présentation comme un véhicule pour l’impact magique et émotionnel que je souhaite obtenir. Une démonstration utilisant ce genre d’outil bénéficie de l’impact inhérent à ce domaine. Que le public y croit ou pas, l'hypnose par exemple est un sujet qui les intrigue et qu’ils n’ont pas toujours eu l’occasion de vivre personnellement.3 points
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Interdictions, règles et autres idioties : « Il est interdit à un membre de l’association pour l’art magique de travailler au Prater (fête foraine) , m’a réprimandé le président du club de magie il y a 62 ans. C’était une époque où les mœurs étaient très strictes : le magicien du Prater, âgé de 18 ans, est rentré chez lui, triste. Plus tard, je suis même devenu ami avec Willi Seidel, ainsi qu’avec son fils ; nous avons pu en rire vingt ans plus tard. Cette épisode des années soixante m’a appris une leçon de vie : Les interdictions sont faites pour être transgressées… Je me souviens avec plaisir des championnats du monde de magie FISM en 1970 : avec mes derniers sous, je me suis inscrit au congrès et au concours - magie générale. Henk Vermeyden, le président de la FISM à l’époque, avait délibérément ignoré que je n’étais membre d’aucun club FISM, il a laissé le destin agir et m’a permis de me produire sans autorisation. Je n’ai pas gagné de prix, mais j’ai gagné le respect des magiciens. Cela valait plus pour moi que tous les prix… Avec les règles de la FISM aujourd’hui, cela ne serait plus possible. D’autres infractions à la loi de ma part ont suivi sans interruption : je suis arrivé à Paris en 1971, car je ne pouvais plus me payer un ticket de train pour rentrer à Vienne. J’avais prévu un ou deux jours à Paris, cela fait maintenant un demi-siècle… Le soir de mon arrivée, je rencontre par hasard la meilleure impresario de l’époque à Paris, Madame Carmen Bajot, qui me place immédiatement au Lucky Strip, pour 80 francs par jour, un salaire de misère. J’accepte. Des détails comme les contrats, les permis de travail, les bulletins de salaire et les autorisations de séjour n’étaient même pas mentionnés à l’époque, les « cachets » étaient payés en cash et sans signature. J’étais un immigrant anonyme, un criminel, qui n’avait pas cherché refuge pour des raisons politiques, mais qui avait fui l’hypocrisie viennoise. Cela a duré dix ans, à Paris, il y avait toujours de l’espoir, à l’époque, cinquante cabarets m’attendaient, et comme lueur d’espoir, l’Olympia, le Bobino et autres… La France m’a simplement toléré, ce qui ne serait plus possible aujourd’hui. Un jour, une productrice amie a eu pitié de moi et m’a fourni de faux contrats pour trois ans, afin que je puisse enfin rester officiellement en France. Les Français m’ont ensuite simplement donné un passeport… D’autres infractions à la loi de ma part en 1975 incluent l’achat d’un appartement, où le vendeur a déclaré un prix plus élevé pour que je n’aie pas à faire d’acompte et ainsi obtenir un crédit à 100 %. Totalement illégal. Des délits liés aux drogues , et des pots-de-vin illégaux de mon agence américaine à la direction des artistes du Hilton - Las Vegas, ne seront mentionnés qu’en passant. Maintenant, je me demande ce qui est encore légal aujourd’hui et ce qui ne l’est pas : bombardement de la bande de Gaza ? Invasion de l’Ukraine ? Relations sexuelles hors mariage ? Manquer la messe le dimanche ou, comme Christa et moi, toucher la retraite tout en continuant à travailler ? Il faut explorer la conscience ; un guide juridique pourrait être les dix commandements… Aujourd'hui il y a toutes les nombreuses règles que l’on impose aux magiciens : Ne pas se produire tant qu’un tour n’est pas parfaitement réussi. (Absurde : on a besoin de cobayes pour répéter) Ne pas « voler » de tours ou d’idées. (Impossible au début d’une carrière) Toujours montrer un bon comportement sur scène. (Bêtise : souvent, le public préfère un voyou mal dégrossi. (Je tiens à mentionner ici mon idole Don Rickles de Las Vegas, qui a triomphé en insultant son public.) Ne pas révéler de tours. (Démodé : on peut trouver d’excellents cours gratuits sur YouTube. J’ai l’impression que cela a rendu les magiciens meilleurs.) Pour conclure, je voudrais mentionner le §175 pratiqué en Allemagne : jusqu’en 1968, les actes homosexuels entre hommes étaient pénalement réprimés. L’Allemagne a criminalisé l’homosexualité pendant plus de 123 ans et a légitimé la persécution judiciaire des hommes homosexuels et bisexuels. Ce n’est qu’à partir du 11 juin 1994 qu’il n’y a plus de dispositions spéciales concernant l’homosexualité en Allemagne. Et maintenant, voici le choc : autrefois la homophobie était légale, aujourd’hui elle est interdite, considérée comme du racisme et poursuivie pénalement. Cependant, si un jour l’homosexualité devenait une obligation, cela irait trop loin en matière de tolérance pour moi. C’est mon avis personnel1 point
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Salut. Je ne vois pas cette déception, coupe ou déformation de la réalité dans la vidéo mise en exemple par Philippe. J'ai trouvé au contraire le tour et la présentation très "CDI" au point que l'on n’a même pas acheté le tour que l'on sait exactement comment il fonctionne, avec quelle technique (une seule finalement, deux si on compte le contrôle de départ) et comment le refaire soi-même.1 point
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Ton principe du C.D.I est plutôt juste, mais pour ce qui est de ton exemple, comme souvent dans les trailers, le montage fait systématiquement une coupe au moment crucial... On est ici plutôt en C.D.D : 1. Coupé 2. Déformant la réalité 3. Décevant1 point
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Je pense que c'est dans le Happy Lecture de Stone. Et qu'il crédite l'effet à @Yves DOUMERGUE.1 point
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Ce que je vais dire va sembler totalement illogique mais : Des règles sont nécessaires pour imposer des limites sinon ce genre d'évènement deviendrait impossible à organiser. On ne parle pas juste d'une réunion entre passionnés. On parle d'un évènement avec un coût conséquent en temps et en argent (pour les organisateurs et pour les spectateurs congressistes) donc il y a des attentes qui doivent être satisfaites un minimum. Après, certaines règles sont difficiles à comprendre. Je ne comprends pas pourquoi @David BURLET n'a pas été pris pour le concours mais nous n'avons sans doute pas tous les éléments pour le comprendre (peut-être a t-il demandé la gratuité de son congrès en échange de sa candidature au concours étant donné qu'il est quand même connu et reconnu dans notre milieu mais ce n'est peut-être pas ça du tout). Il y a forcément une raison et je ne pense pas que ce soit une éviction délibérée de la part des organisateurs. Bref, j'estime que des règles sont nécessaires. Mais d'un autre côté, je n'ai rien contre ceux qui transgressent ces règles (avec un certain respect tout de même, sans agressivité) car même si elles sont nécessaires, elles ne sont peut-être pas toujours judicieuses et les transgresser de temps en temps doit amener à les repenser pour qu'elles soient plus adaptées aux attentes de la majorité. La preuve en est par rapport à la situation que tu as décrite : je pense qu'aujourd'hui le magicien qui se produirai dans des fêtes foraines peut sans problème se présenter au concours national de la FFM et même de la FISM. Les choses bougent, l'état d'esprit aussi. Le tout lorsqu'on veut faire bouger les lignes, c'est de le faire sans agressivité, sans faire de tort aux autres. P.S. : j'adore ta photo du panneau "La sortie se fait uniquement par l'entrée" qui semble quelque chose de totalement illogique alors qu'en fait c'est juste un mauvais choix de mots. Ils auraient dû écrire : "Toute entrée ou sortie se fait par cette porte".1 point
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« N’oubliez pas, la technologie visible tue la magie. » @Vincent HEDAN et ici cela fait très appli je trouve aussi.1 point
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Il doit en être question dans l’une des pages de ce sujet : Notamment : « Pyramid, de Jay Sankey (il est précisé qu’il existe une méthode qui ressemble à cet effet mais qui a été créée indépendamment par Paul Harris). » https://virtualmagie.com/forum/sujet/82323-enclavements-délastiques-et-effets-de-pénétration-références/page/4/#findComment-13383 https://virtualmagie.com/forum/sujet/82323-enclavements-délastiques-et-effets-de-pénétration-références/page/5/#findComment-13395 https://virtualmagie.com/forum/sujet/82323-enclavements-délastiques-et-effets-de-pénétration-références/page/3/#findComment-13378 Par ailleurs tout un chapitre de Retour aux sources de Philippe Billot et Pierre Guedin traite de la magie avec des élastiques. Cf. Bon Plan VM. [vmprod p=10145]1 point
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J'ai eu droit à une démonstration... Ça a bugué. En retournant le téléphone, il affichait un écran noir avec l'assistant vocal en pause. Je suis loin d'être aussi enthousiaste que tout le monde : 1- ça sent très fort l'application (on va dire que c'est parce que je suis magicien, mais bon... Les gens ne sont pas stupides) 2- ça peut buguer, visiblement, et c'est donc risqué. Si tu te retrouves avec un écran noir alors que tu es censé avoir dessiné un truc, tu dis quoi ? "Ah mince, j'ai dû appuyer sur un truc. On recommence." ? Et tu pries pour que ça marche la fois d'après.1 point
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Bonjour Jules Ravi de te retrouver ici après notre brève rencontre après mon spectacle (à Carcassonne je crois ? Je ne suis pas sûr). Ton essai est riche et avide de perfection, c'est une chouette (et intellectuellement saine) démarche. Je le trouve néanmoins (pour ma part) biaisé à de multiples endroits (dans les intentions, dans les conclusions, etc...) avec même quelques données dont je ne suis pas sûr de la source (ça parle beaucoup des mentalistes qui parlent des "micros expressions" par exemple, mais j'ai l'impression que c'est comme "le lapin dans le chapeau des magiciens" je ne suis pas sûr qu'il existe tant de mentalistes qui utilisent ce vertabim encore aujourd'hui ?). J'ai la certitude qu'il y a dans ton travail une profonde envie de "bien faire". Mais ta perception du "bien faire" va évoluer avec le temps, s'affiner avec tes multiples expériences à venir, avec des réflexions connexes futures, avec des rencontres nombreuses avec le public... Je crois que de nombreuses personnes passent par une phase où elles veulent pouvoir affirmer (après arguments solides) et figer quelque chose en voulant qu'il devienne universel. Mais comme pour tout il y a un chemin. Perso j'ai hâte de parler au "moi" de dans 10 ans pour voir comme ma pensée et mes réflexions vont encore s'affiner (évoluer ?) alors que pourtant aujourd'hui j'ai l'impression d'être aligné (ce qui est normal puisque nous sommes "maintenant"). Comme le dit ce cher Alexis concernant ta vidéo, "j'ai l'impression qu'elle montre ce que tu sembles vouloir lutter ". Ce n’est pas la première fois que je vois ça dans des conférences ou des spectacles sur le mentalisme éthique, ce qui montre une dissonance à un autre endroit. Dans le cadre pur de cette vidéo, il aurait plus éthique (dans la définition de ton manifeste) d'avoir dans ce cas un personnage (donc pas "Jules") qui affirme une belle histoire (par exemple une clé pour rentrer dans la tête de la personne, comme dans Locke & Key, et une mise en scène cohérente avec l'histoire). Dans ce cas, il n'y a aucun doute que la suspension de jugement va agir sur la majorité du public. Le meilleur exemple dans le sens de ton manifeste, c'est l'acteur Gwen Aduh qui fut mentaliste pour un temps dans le seul en scène "Partons pour Pluton". Aucun doute sur la fiction des événements et de ses talents (il disait par exemple que les informations lui étaient transmises par ses amis de Pluton par une antenne que l'on voyait sur sa tête). Il ne se disait pas mentaliste mais "acteur". Et il faisait du mentalisme durant 75 minutes. Je passe sur la partie militante. Nous avons tous une lutte et une révolution à mener par le biais de nos arts. Quelque chose à raconter. Qui sera en filigrane ou en première ligne de compréhension. Je me retrouve dans Mano Solo qui disait que chacun avait "sa" révolution et que la seule chose importante est de savoir laquelle c'est et pourquoi on la mène. Après, je suis rarement d'accord avec le fait que notre combat doit nécessairement (au sens philosophique de ce mot d'ailleurs) devenir l'affaire de tous les autres. Finalement, l’art éthique a sûrement plus besoin d’être que d'être nommé ? Je crois qu’au fond de nous (attention j'utilise plein de raccourcis là) on sait quand on fait "bien", on sait quand on "me*de" aussi . Si on n'arrive pas à définir ce qu'est l'éthique dans nos arts, alors faisons déjà en sorte que notre sentiment intérieur soit certain de faire "bien". Mais n'oublions pas qu’on peut tous heurter l'éthique d'une autre personne... Je termine avec un exemple perso, j'ai visionné la prestation d'un mentaliste aligné avec ta vision du "bien faire" justement, j'ai été choqué de sa gestion des spectateurs (toucher une personne sans son consentement par exemple, la manière de parler aux gens sur scène, de les utiliser plutôt que de les diriger, d'en faire des accessoires du show). Cet exemple me rappelle que nous avons tous nos priorités dans notre "bien faire" et que ce n'est pas certain qu'un manifeste couvre vraiment ce qu'il "faudrait" que l'on soit tous. Amitiés Fabien P.S : J'ai bien conscience que j'ai pas apporté grand chose au sujet finalement. Mais comme Thomas m'a tagué et que je suis cité plusieurs fois dans le document, je ne voulais pas donner le sentiment de faire l'autruche qui n'a pas vu le thread. Pour autant j'avoue que j'ai pas grand chose à y apporter EDIT : Corrections de quelques fautes mais surtout ajout de mots oubliés (j'ai écrit/posté trop vite haha)1 point
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Cher @Jules BEVEY, Je comprends tout à fait ta réflexion et ton analyse car nous sommes beaucoup a être traversé par ce paradoxe de vouloir démystifier (car c'est plus éthique) tout en mystifiant (car c'est l'art qui le demande) ! Etant moi-même sceptique, agnostique et inspiré par la zététique j'en suis passé par là. Et je suis aussi pour que l'art du mentalisme réinvente son héritage peu reluisant ! Mais après plusieurs aller-retour je me risque à l'avis qu'une fiction sans sa part d'imaginaire (ou d'irrationnel pourrait-on même dire) n'est plus une fiction. J'espère arriver à l'expliquer : Je crois que non. Le cadre même d'un spectacle avertit que ce que les gens vont voir est une fiction. Ce n'est pas une conférence, ce n'est pas un cours à l'Université, c'est un divertissement. La fiction EST le spectacle. Lorsqu'un public voit Superman on ne doit pas l'avertir durant le film qu'il est impossible de voler ! Le public est donc responsable d'être à distance ou non, de comment il perçoit et croit. (On devrait parler longuement içi de la distanciation bréchtienne visant à créer un recul critique chez le spectateur face au spectacle dans le théâtre contemporain) Car il vient pour l'imaginaire et non pour entendre "attention, il ne faut surtout pas croire que ce que vous voyez soit possible" (ou comment se tirer une balle dans le pied! ). Je trouve que c'est complètement démystifier la fiction que nous tentons de créer et je ne crois pas que le public en sortirait plus émerveillé. Il me semble qu'il FAUT une "justification" pour éloigner de la "vraie" méthode! Car si le public comprend qu'on a simplement fait un change de billet ...ou que sais-je, il n'y a pas de spectacle. Par exemple @Fabien (spankyfab) (puisque tu le cites) a basé sa carrière sur les facultés de nos cerveaux, la mémoire prodigieuse, l'analyse, etc. Si il n'avait pas construit ce "savoir" durant des années, les trucs qu'il utilise seraient bien facile à remonter et bien triste en terme de spectacle. C'est donc "l'emballage" et la justification des tours qui lui donnent une force particulière à mon goût. Il me semble justement que la "justification" fait intégralement partie de l'art du mentaliste et donc peut être légitimement irrationnel (j'adore Deleuze, j'aimerait pas qu'il me contrarie! ). Les frères Lumières n'ont pas dit non plus que le train n'existait pas en préambule de leur film (c.f. Superman) ! Houdini se présentait comme un "escapologiste" pour justement ne pas dire "prestidigitateur" avec des accroches comme "rien au monde ne peut retenir captif le grand Houdini"... (entre parenthèse, tu trouves que le titre de mentaliste implique quelque chose en dehors de la scène ?). Et je suis complètement d'accord concernant Robert-Houdin, il s'agissait d'affreuse propagande coloniale mais dont on donnait le crédit de pouvoir conquérir les croyances. Tout ça pour dire que, oui, ce serait super de réinventer le mentalisme (c'est d'ailleurs en vogue et certains tentent de faire de la démystification la justification de leurs routines). De mon côté je ne trouve que: 1) le public qui vient voir un spectacle sait qu'il s'agit d'une fiction, inutile donc de le détromper 2) des effets des mentalisme sans justification ne servent pas la Fiction (avec un grand F) et donc ne servent pas non plus l'imaginaire qu'attend un public Là je ne peux qu'être d'accord! J'espère aussi ne pas être trop vindicatif mais plutôt alimenter une réflexion qui nous hante tous (et j'aurais aimé pourvoir ajouter "toutes"... mais... comme tu dis.......... )1 point
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