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Il y a 1 heure, Henk RAISON a dit :

La créativité serait « l’art de remettre en question l’existant et de rechercher des idées nouvelles, alors  que l’innovation consiste à mettre en œuvre des idées nouvelles, ceci dans quelque domaine de l’activité que ce soit. Donc la création est de l’ordre de la production d’idées - penser autrement -, l’innovation étant celui de la mise en œuvre d’idée - faire autrement »

 

Il y a 1 heure, Henk RAISON a dit :

Loin de moi les querelles de clochers au sujet d’une définition, et permettez-moi celle-ci :

- L’innovation est une idée nouvelle qui remplace ou améliore quelque chose d’existant (introduire quelque chose de nouveau dans une chose établie).

- La création est une idée nouvelle qui ne remplace ou n’améliore rien d’existant.

Effectivement, les chipotages sur les définitions n'ont que peu d'importance, d'ailleurs, nos définition s'éloignent et se rapprochent en même temps, c'est assez rigolo...

mais j'aimerai quand même défendre les miennes, car on parle de concepts différents. 

La créativité dont je parlais est centrée sur l'individu, et non sur l'état de l'art. 

Si on fait une création ou une re-création, pour celui qui crée, c'est pareil... Il aura trouvé un machin... 

Si c'est une re-création, ca ne sera pas une innovation, puisque le machin existait déjà, à l'insu de notre créateur. 

La création telle que je la perçoit est donc centrée sur le créateur, l'innovation sur l'état de l'art : ce sont deux concepts ne parlant pas de la même chose 😁

C'est un petit peu ce que tu dis, mais pas tout à fait... 

C'est pour cela que si on veux parler de créativité, on peut oublier pour moi toutes les recherches sur l'état de l'art et les antériorités possibles : ces recherches viennent après la création, pour savoir s'il y a innovation ou pas. 

De la même façon, savoir si une modification peut être appelée création ou non me semble essentiellement un débat de marchand ou éthique, mais ne concerne pas vraiment le processus de création lui même... 

Débat intéressant par ailleurs, mais on en parle tout le temps 😉

J'attend la suite sur le processus de création 😁😍

Gilbus

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Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

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Il y a 11 heures, Christian GIRARD a dit :

Se pose également la question des « variantes » : Qui décide qu'une variante est assez différente de l'effet dont elle s'inspire pour gagner le statut de variante innovante ? Car on peut stimuler sa créativité sans obtenir une véritable création à l'arrivée. 😉 

Grande question ! 🙂

 

  • Merci 1
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Extrait d'un texte dans Collège, de Jacques Delord qui pour moi illustre à merveille ce qu'est la créativité...

La création

(Savoir être)

Illustration de la clef création

Nul n’est besoin d’inventer des choses nouvelles pour être créatif. Être créatif, c’est aussi connaître, c’est-à-dire naître avec. Voici le vrai secret de la création artistique par le professeur Delord.

 

Et tu es prêt. Tout est au point. Le temps est suspendu…

Et alors, voilà

Que ton imagination laisse filtrer L’intuition : la vision pure, l’ « illumination soudaine » ; et tu deviens magicien-Créateur.

Aussitôt,

Cette perspective t’effraie.

Quoi ?

Créateur…

Les pensées t’envahissent à nouveau. Les pensées obsédantes…, inutiles.

En quoi consiste la création ?

Chercher ? Courir ? S’expliquer ? Avoir son esthétique ? S’évertuer ?

Inventer des tours nouveaux ? Des effets originaux ? Une grande expérience de magie, que personne n’aurait jamais vue ?

Ridicule !

Vains efforts ! Perte de temps. Obstacles.

L’histoire de la prestidigitation ne fait-elle pas ressortir que l’ « explosion » des meilleurs tours est exceptionnelle ? Ils se perdent dans un passé légendaire… Au reste, ce travail de recherche – nécessaire néanmoins, et indispensable, ô combien – revient trop souvent aux techniciens trop souvent obscurs, mais chercheur infatigables, plus savants qu’artistes, qui peuplent le monde laborieux et méconnu de l’illusionnisme. Décidemment, la création n’a rien à voir avec cela ; son essence est mystérieuse ; et s’il faut la définir, je dirais qu’elle est un apport nouveau sur le plan de la manifestation, une émergence artistique qui fait que le public contemporain est pris miraculeusement par l’émotion du merveilleux qu’il avait crue perdue.

Ce genre d’événement est unique, mais indispensable à la permanence de l’illusionnisme. Il est insaisissable dans sa nature et dans son objet. Il dépend essentiellement de toi : de ta vision et de ton énergie créatrice ; et personne à ta place ne peut recevoir la première et diriger la seconde.

Aussi t’ai-je dit : l’illusionnisme a besoin de toi… Il a besoin de toi parce que tu es nouveau et que tu viens d’ailleurs. Parce que tu es proche encore de ton rêve et de ton enfance. L’illusionnisme a besoin de toi parce que tu ne vas pas profiter de lui ; tu vas seulement actualiser ton rêve. Mais tu as peur. Car tu es seul. Seul, comme au Premier Jour… Il y’a bien les conseils, les avis et les critiques… Il y’a bien les anciens, les amis, les spectateurs… Tu les écoutes tous, mais tu continues seul. Obstinément.

Seul.

Ta vision alors se distingue et se détache. Tu vas tout recréer. Un halo t’entoure. Tu es différent. Tous ces visages braqués sur toi ! Tu as le vertige. Ne pourrais-tu pas simplement ressembler aux autres et disparaitre dans le monde et la foule plutôt que d’être à ta propre ressemblance ?

Vas-tu fuir ?

Non.

Vas-tu céder ?

Pas davantage.

Tu commences à intéresser. Tu es choisi. Tu as le goût de la différence et de la singularité. Mais n’est-ce point illusion ? Voyons. De toutes les illusions, une seule est réelle. Laquelle ? Tu peux t’y tromper. Tu hésites. N’as-tu point commencé à truquer ton rêve ?

Tu veux voir clair ! Tu t’accroches alors à l’étude. Tu augmentes ton SAVOIR. Tu tentes toutes les illusions. Tu présentes des tours variés : ceux des autres d’abord. Tu te réfugies et tu t’abrites derrière une imitation… Pourquoi non ? C’est rassurant.

Tu éprouves et tu exerces ton POUVOIR. Tu crées ton illusion à partir de tours connus ; les tours bien éprouvés, les tours bien solides. Bientôt, tu fais l’école buissonnière. Ah !... Tu innoves. Audacieux ! Tu hasardes une variante. Tu trouves un argument. Tu te vois dans un miroir. Tu as peur. Mais tu reviens au miroir. Tu t’y arrêtes, étonné : tu commences à t’intéresser à toi-même. Tu joues avec les mots, les silences, les effets et les tours. Tu hasardes, tu avances, tu proposes… Et tu OSES.

Ton audace réveille.

Tu composes.

Et voici le tonnerre ! Un frisson te parcourt. Où es-tu ? LE PUBLIC APPLAUDIT.

Qui es-tu ? TOI. Tu es accepté et tu es choisi. Magicien de ton temps. Créateur d’illusion ! ENCHANTEUR ! L’âme du public parle à ton âme.

À présent, on peut te donner des avis ; on peut te faire des critiques. Bien sûr, tu n’es point parfait ! L’art est difficile et tu as tant à faire ! Tu écoutes tout. Tu rassembles et tu construis.

Tu as mal souvent au creux de la poitrine. Ils ont raison, souvent, mais ils ne peuvent rien pour toi. Que t’accepter ou te rejeter. Une parole en l’air qu’ils te disent t’éclaire soudain. Pourquoi ? Tu es ouvert. Tu écoutes les bruits, les cris, les explosions ; les attaques ; Tu emportes tout dans ton silence. Dans ta chambre secrète. Dans tes promenades. Dans ton silence toujours. Tu accueilles. Tu cherches ton profile d’équilibre. Qu’importe la souffrance de l’artiste ? Ta souffrance ? Tu as jailli de la source. Tu es de l’autre côté. Tu as vaincu la peur. Tu roules sur un chemin sans obstacle. Et tu fais le chemin. Au revoir ! Tu es parti. Et, avec toi, le public. Désormais, tu vis sa vie. Par-delà les techniques, les procédés, les inventions et les traditions. TON ART EST VENU. Tu l’as reconnu : il te ressemble. Il est UNIQUE, il est RARE.

Tu l’incorpores.

Il est TOI.

Alors…

Tu ne vas plus parler, tu as tant à dire ; tu ne vas plus t’expliquer, expliquer ce que tu veux faire… et que tu aimes la prestidigitation… Fi ! Rien de tout cela n’a d’importance ! Tu ŒUVRES.

Et la création est sans objet.

Tu te TAIS.

Et le temps ne joue plus.

TU AS REFERME LE LIVRE…

Et tu lis.

 

Jacques Delord

 

« Le moment crucial de chaque artiste est sa transmutation d’« être récepteur » en « être émetteur » : là, il devient créateur, être rarissime découvrant son rôle qui consiste à donner. »

Victor Vasarely

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EPISODE # 7 : Et si le secret était dans la boîte ?

On nous le rappelle tout le temps, « la créativité, ce n’est pas un don, cela peut s’apprendre », « pour être créatif, apprenez à penser autrement ! ». Il existerait des méthodes, brainstorming, pensée latérale …(voyez Edward de Bono, Thinking Course,Ed. BBC Active, 2006). Pour cela, il nous suffirait de penser « out-of-the-box ».  Une sorte de dédoublement de la personnalité ? Et si la créativité (ou l’innovation) n’était pas tout simplement de penser « inside-the-box » ?

Dans leur livre, Inside the Box (Ed. Profile Books, 2013), Drew Boyd et Jacob Goldenberg tordent le cou au mythe de « penser-dans-la-boîte ». Leur approche est assez simple (il fallait y penser), mais d’une efficacité redoutable. Les artistes (chanteurs, écrivains …) emploient des modèles (« templates ») utilisés de manière inconsciente ou gardés jalousement comme de véritables secrets. A titre d’exemple, Agatha Christie utilisait toujours une sorte de canevas : un corps est découvert, un détective examine la scène de crime, récolte des indices, interroge des suspects, et tout à la fin, dévoile l’assassin (bien sûr la personne la moins suspecte). Dès qu’elle avait l’intrigue, il lui suffisait de remplir les faits et informations issus de son monde (lieux, personnages, caractères…) de façon à remplir le « template ».

Les écrivains se posent bien souvent les mêmes types de questions que les magiciens : que faut-il pour commencer, qu’est-ce qu'une bonne histoire … ? (voyez Chris Skykes, How to craft a great story,Ed. Teach Yourself, 2013).

Nous, les magiciens, fonctionnons également bien souvent avec des « templates » qui sont essentiellement les effets recherchés : apparition, disparition, transposition, transformation, pénétration, restauration … (Peter Lamont et Richard Wiseman, Magic in Theory, Ed. University of Hertfordshire,1999).

L’approche « inside-the-box » repose sur deux principes :

(1) Regardez les ressources que vous avez avons à portée de main. La meilleure et la plus rapide façon pour innover, c’est d’observer ce qui nous entoure,  ou encore mieux, ce qui est juste sous notre nez. Il ne faut pas sortir tous azimuts « hors-de-la-boîte » en espérant découvrir par miracle quelque chose. La majorité des innovations et des inventions n’étaient pas très loin du monde propre de leurs créateurs.

(2) Commencez par la solution. La plupart des gens s’imaginent que pour innover, il faut commencer par définir le problème et ensuite essayer de trouver des solutions. Il est en effet plus facile de partir d’une solution, et en trouver une application utile et originale. Ce deuxième principe peut sembler un peu étrange, mais imaginez que vous voyiez à la télé ( ou pour les plus jeunes, sur YouTube) un défilé de mode dans lequel les vêtements changent de couleur sur la simple volonté du mannequin qui défile. Deux pensées pourront vous venir directement à l’esprit. Si vous êtes défaitiste, vous vous diriez, « c’est foutu pour ceux qui font du quick-change ! ». Si vous êtes optimiste (et créatif), « C’est une idée super pour un quick-change, je pourrais même utiliser cette solution pour un change dans une malle des Indes ou encore pour faire un tour de mentalisme sur le choix des couleurs ! ».

Convaincus qu’il est préférable de penser « inside the box », Boyd et Goldenberg appliquent cinq techniques pour arriver à booster notre créativité.

Demain la première technique,

Bonne journée à tous,

 

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Il y a 3 heures, Antoine SALEMBIER a dit :

Extrait d'un texte dans Collège, de Jacques Delord qui pour moi illustre à merveille ce qu'est la créativité...

La création

(Savoir être)

Illustration de la clef création

Nul n’est besoin d’inventer des choses nouvelles pour être créatif. Être créatif, c’est aussi connaître, c’est-à-dire naître avec. Voici le vrai secret de la création artistique par le professeur Delord.

 

Et tu es prêt. Tout est au point. Le temps est suspendu…

Et alors, voilà

Que ton imagination laisse filtrer L’intuition : la vision pure, l’ « illumination soudaine » ; et tu deviens magicien-Créateur.

Aussitôt,

Cette perspective t’effraie.

Quoi ?

Créateur…

Les pensées t’envahissent à nouveau. Les pensées obsédantes…, inutiles.

En quoi consiste la création ?

Chercher ? Courir ? S’expliquer ? Avoir son esthétique ? S’évertuer ?

Inventer des tours nouveaux ? Des effets originaux ? Une grande expérience de magie, que personne n’aurait jamais vue ?

Ridicule !

Vains efforts ! Perte de temps. Obstacles.

L’histoire de la prestidigitation ne fait-elle pas ressortir que l’ « explosion » des meilleurs tours est exceptionnelle ? Ils se perdent dans un passé légendaire… Au reste, ce travail de recherche – nécessaire néanmoins, et indispensable, ô combien – revient trop souvent aux techniciens trop souvent obscurs, mais chercheur infatigables, plus savants qu’artistes, qui peuplent le monde laborieux et méconnu de l’illusionnisme. Décidemment, la création n’a rien à voir avec cela ; son essence est mystérieuse ; et s’il faut la définir, je dirais qu’elle est un apport nouveau sur le plan de la manifestation, une émergence artistique qui fait que le public contemporain est pris miraculeusement par l’émotion du merveilleux qu’il avait crue perdue.

Ce genre d’événement est unique, mais indispensable à la permanence de l’illusionnisme. Il est insaisissable dans sa nature et dans son objet. Il dépend essentiellement de toi : de ta vision et de ton énergie créatrice ; et personne à ta place ne peut recevoir la première et diriger la seconde.

Aussi t’ai-je dit : l’illusionnisme a besoin de toi… Il a besoin de toi parce que tu es nouveau et que tu viens d’ailleurs. Parce que tu es proche encore de ton rêve et de ton enfance. L’illusionnisme a besoin de toi parce que tu ne vas pas profiter de lui ; tu vas seulement actualiser ton rêve. Mais tu as peur. Car tu es seul. Seul, comme au Premier Jour… Il y’a bien les conseils, les avis et les critiques… Il y’a bien les anciens, les amis, les spectateurs… Tu les écoutes tous, mais tu continues seul. Obstinément.

Seul.

Ta vision alors se distingue et se détache. Tu vas tout recréer. Un halo t’entoure. Tu es différent. Tous ces visages braqués sur toi ! Tu as le vertige. Ne pourrais-tu pas simplement ressembler aux autres et disparaitre dans le monde et la foule plutôt que d’être à ta propre ressemblance ?

Vas-tu fuir ?

Non.

Vas-tu céder ?

Pas davantage.

Tu commences à intéresser. Tu es choisi. Tu as le goût de la différence et de la singularité. Mais n’est-ce point illusion ? Voyons. De toutes les illusions, une seule est réelle. Laquelle ? Tu peux t’y tromper. Tu hésites. N’as-tu point commencé à truquer ton rêve ?

Tu veux voir clair ! Tu t’accroches alors à l’étude. Tu augmentes ton SAVOIR. Tu tentes toutes les illusions. Tu présentes des tours variés : ceux des autres d’abord. Tu te réfugies et tu t’abrites derrière une imitation… Pourquoi non ? C’est rassurant.

Tu éprouves et tu exerces ton POUVOIR. Tu crées ton illusion à partir de tours connus ; les tours bien éprouvés, les tours bien solides. Bientôt, tu fais l’école buissonnière. Ah !... Tu innoves. Audacieux ! Tu hasardes une variante. Tu trouves un argument. Tu te vois dans un miroir. Tu as peur. Mais tu reviens au miroir. Tu t’y arrêtes, étonné : tu commences à t’intéresser à toi-même. Tu joues avec les mots, les silences, les effets et les tours. Tu hasardes, tu avances, tu proposes… Et tu OSES.

Ton audace réveille.

Tu composes.

Et voici le tonnerre ! Un frisson te parcourt. Où es-tu ? LE PUBLIC APPLAUDIT.

Qui es-tu ? TOI. Tu es accepté et tu es choisi. Magicien de ton temps. Créateur d’illusion ! ENCHANTEUR ! L’âme du public parle à ton âme.

À présent, on peut te donner des avis ; on peut te faire des critiques. Bien sûr, tu n’es point parfait ! L’art est difficile et tu as tant à faire ! Tu écoutes tout. Tu rassembles et tu construis.

Tu as mal souvent au creux de la poitrine. Ils ont raison, souvent, mais ils ne peuvent rien pour toi. Que t’accepter ou te rejeter. Une parole en l’air qu’ils te disent t’éclaire soudain. Pourquoi ? Tu es ouvert. Tu écoutes les bruits, les cris, les explosions ; les attaques ; Tu emportes tout dans ton silence. Dans ta chambre secrète. Dans tes promenades. Dans ton silence toujours. Tu accueilles. Tu cherches ton profile d’équilibre. Qu’importe la souffrance de l’artiste ? Ta souffrance ? Tu as jailli de la source. Tu es de l’autre côté. Tu as vaincu la peur. Tu roules sur un chemin sans obstacle. Et tu fais le chemin. Au revoir ! Tu es parti. Et, avec toi, le public. Désormais, tu vis sa vie. Par-delà les techniques, les procédés, les inventions et les traditions. TON ART EST VENU. Tu l’as reconnu : il te ressemble. Il est UNIQUE, il est RARE.

Tu l’incorpores.

Il est TOI.

Alors…

Tu ne vas plus parler, tu as tant à dire ; tu ne vas plus t’expliquer, expliquer ce que tu veux faire… et que tu aimes la prestidigitation… Fi ! Rien de tout cela n’a d’importance ! Tu ŒUVRES.

Et la création est sans objet.

Tu te TAIS.

Et le temps ne joue plus.

TU AS REFERME LE LIVRE…

Et tu lis.

 

Jacques Delord

 

« Le moment crucial de chaque artiste est sa transmutation d’« être récepteur » en « être émetteur » : là, il devient créateur, être rarissime découvrant son rôle qui consiste à donner. »

Victor Vasarely

Merci Antoine de faire appel à cette référence.

Comme il l'écrit dans l'introduction de son livre Sois Le Magicien, Ed. GP, 1971 (que j'ai acheté sur une brocante pour €5,00) :

"Mais si tu penses déjà que derrière nos tours de passe-passe, autre chose se cache,

Si tu pressens que les "trucs" ne font point le magicien, que l'illusionisme est un art d'expression, ouvre ce livre à la première page".

Il disait déjà aussi quelque chose du genre : le truc du magicien n'a aucune importance.Ce qui compte, c'est la démarche intérieure et poétique de l'artiste.

Bref, le truc (et la technique) n'est qu'un moyen.

 

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Cessez! Ou « c’est C », pourrait dire Einstein s’il tentait de remettre à jour la théorie de la réactivité en ne déplaçant qu’une seule lettre. A se demander si l’on parlera de la créativité avant la nativité dans ce sujet?   

Six pages surréalistes de préliminatoires interminables qui détourneraient tout adolescent des promesses de son catalogue La Redoute! On dirait qu’on évite la créativité pour surfer sur un terrain vague en avalant des préambules de savants! Six pages de therrories rétives qui donnent l’impression d’abus de substances ethno-botanico-récréatives illicites enfumant une cour de récréation où l’on en a marre de lire des livres sur la théorie de la marelle au lieu d’y sauter, pieds joints, sans filtre. 

Tracée d’un coup de craie hâtif, la marelle invite, simplement. Alors jouons, bordel de miel! Que celui qui n’a jamais créé y lance la première pierre! Sinon il va faire tout noir! Ta g…!

 

Donc.

Ceci était mon exercice pratique sur la créativité. 😄 Voici quelques procédés: 

Première proposition. L’écriture automatique. Elle consiste à écrire sans réfléchir, sans jugement, rapidement. 

Deuxième proposition. La critique. Elle permet de surfer sur l’énergie du sujet critiqué. Positive ou négative. 

Troisième proposition. L’association d’idées. Elle permet d’éclairer un sujet sous un autre angle, de trouver des points communs ou au contraire rebondir sur des différences. 

Quatrième proposition. Jouer sur les assonances et les similitudes des mots. Choisir son lexique avant de lancer ses idées sur le papier. Cela permet de donner une couleur à son texte à mon avis. Mais c’est plutôt une technique d’écriture. 

Cinquième proposition. S’amuser. Ceci permet souvent de débloquer tant le corps que l’esprit. L’enfant que j’étais savait s’amuser. J’essaie de lui faire honneur chaque fois que je monte sur scène. 

 

Voilà mes exhausteurs de créativité que j’ai utilisés pour écrire ce texte. Pour la scène, je crois que je fais pareil. L’improvisation est une sorte d’écriture automatique. Et plus je m’amuse, plus j’ai des idées. Et plus je suis critique, plus j’affine ces idées. Mais, à mon avis, sur page ou sur scène, le premier pas de la créativité, c’est se libérer puis faire, essayer, et se lancer. Et non pas attendre, réfléchir, se juger puis, à cloche-pied, courir à reculons Google map à la main. 

Pour finir, je pense que pour être créatif en magie, il faut s’intéresser à d’autres choses que la magie. J’aime la poésie, la dramaturgie de la musique, le clown. Chaque fois que j’en ai l’occasion, j’en mets dans ma magie.

 

Merci pour ces 6 premières pages du sujet qui m’ont permis d’y voir plus clair dans ce que je ne veux pas pour booster ma créativité. 😉 No hard feeling. Bisou

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"El camino se hace al andar" Machado

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Il y a 9 heures, Blake EDUORDO a dit :

Cessez! Ou « c’est C », pourrait dire Einstein s’il tentait de remettre à jour la théorie de la réactivité en ne déplaçant qu’une seule lettre. A se demander si l’on parlera de la créativité avant la nativité dans ce sujet?   

Six pages surréalistes de préliminatoires interminables qui détourneraient tout adolescent des promesses de son catalogue La Redoute! On dirait qu’on évite la créativité pour surfer sur un terrain vague en avalant des préambules de savants! Six pages de therrories rétives qui donnent l’impression d’abus de substances ethno-botanico-récréatives illicites enfumant une cour de récréation où l’on en a marre de lire des livres sur la théorie de la marelle au lieu d’y sauter, pieds joints, sans filtre. 

Tracée d’un coup de craie hâtif, la marelle invite, simplement. Alors jouons, bordel de miel! Que celui qui n’a jamais créé y lance la première pierre! Sinon il va faire tout noir! Ta g…!

 

Donc.

Ceci était mon exercice pratique sur la créativité. 😄 Voici quelques procédés: 

Première proposition. L’écriture automatique. Elle consiste à écrire sans réfléchir, sans jugement, rapidement. 

Deuxième proposition. La critique. Elle permet de surfer sur l’énergie du sujet critiqué. Positive ou négative. 

Troisième proposition. L’association d’idées. Elle permet d’éclairer un sujet sous un autre angle, de trouver des points communs ou au contraire rebondir sur des différences. 

Quatrième proposition. Jouer sur les assonances et les similitudes des mots. Choisir son lexique avant de lancer ses idées sur le papier. Cela permet de donner une couleur à son texte à mon avis. Mais c’est plutôt une technique d’écriture. 

Cinquième proposition. S’amuser. Ceci permet souvent de débloquer tant le corps que l’esprit. L’enfant que j’étais savait s’amuser. J’essaie de lui faire honneur chaque fois que je monte sur scène. 

 

Voilà mes exhausteurs de créativité que j’ai utilisés pour écrire ce texte. Pour la scène, je crois que je fais pareil. L’improvisation est une sorte d’écriture automatique. Et plus je m’amuse, plus j’ai des idées. Et plus je suis critique, plus j’affine ces idées. Mais, à mon avis, sur page ou sur scène, le premier pas de la créativité, c’est se libérer puis faire, essayer, et se lancer. Et non pas attendre, réfléchir, se juger puis, à cloche-pied, courir à reculons Google map à la main. 

Pour finir, je pense que pour être créatif en magie, il faut s’intéresser à d’autres choses que la magie. J’aime la poésie, la dramaturgie de la musique, le clown. Chaque fois que j’en ai l’occasion, j’en mets dans ma magie.

 

Merci pour ces 6 premières pages du sujet qui m’ont permis d’y voir plus clair dans ce que je ne veux pas pour booster ma créativité. 😉 No hard feeling. Bisou

C'est un point de vue qui en vaut un autre.
Pour trouver les moyens de booster sa créativité, rien n'empêche d'être créatif. 

Circulez !

Publié le

Merci pour ces bonnes idées, black 😁

Je dis quelles sont bonnes, vu que c'est aussi un peu comme ça que je fonctionne... 

Mais ton intervention me fait penser indirectement à un autre sujet barbant, je vais donc théoriser encore un peu :

La créativité ressentie, et la créativité réelle.

J'explique.

Parfois, on assemble deux trucs ensemble, ca donne une chose nouvelle, et on nous félicite pour notre "créativité"... 

Du coup, on a l'impression d'être un imposteur, après tout, on a juste collé deux choses ensemble... 

A l'inverse, on peut se trouver très créatif d'avoir collé ces deux trux pour en faire un nouveau, alors que les autres n'y verrons qu'une adaptation mineure, sans grande créativité... 

C'est ce que j'appelle une créativité ressentie, sa valeur est très subjective. 

La créativité réelle est plus objective, on va réellement créer une chose de bout en bout. 

Perso, je ne me considère pas très créatif. 

Tiens, dans mon répertoire de conte, par exemple (c'est plus facile à quantifier, j'ai la liste des contes de mon répertoire...alors que les tour, pppfffff...) , la grande majorité (90%) me sont venus de contraintes imposées, d'amorce d'idées que j'ai lu ou entendu, de faits ou de souvenirs réels... 

J'ai aussi 10% de contes directement tiré du répertorie classique. 

Rien de purement créatif donc. 

Cependant, quand je compare au répertoire d'autres conteurs, qui ne font quasiment que du traditionnel, mes 90% de "créations personnelles" semble très "créatifs". 

Il y a une part de subjectivité dans l'appréciation de la création... 

 

Il y a 8 heures, Blake EDUORDO a dit :

Première proposition. L’écriture automatique. Elle consiste à écrire sans réfléchir, sans jugement, rapidement. 

Ça m'arrive aussi, mais souvent, j'ai en tête une contrainte, un sentiment, une coloration... La contrainte légère est comme une pression sur le tube de dentifrice : ca aide la pâte à sortir. 

Il y a 8 heures, Blake EDUORDO a dit :

Deuxième proposition. La critique. Elle permet de surfer sur l’énergie du sujet critiqué. Positive ou négative. 

Je re-formulerai en "avoir quelque chose à dire", la critique étant un moteur parmi d'autres pour avoir quelque chose à dire. 

Il y a 8 heures, Blake EDUORDO a dit :

Troisième proposition. L’association d’idées. Elle permet d’éclairer un sujet sous un autre angle, de trouver des points communs ou au contraire rebondir sur des différences. 

Le changement de points de vue est un bon exercice :

On peut par exemple prendre une technique d'un domaine, et essayer de voir ce quelle donne dans un autre domaine. 

Prendre une idée en carte, et l'associer aux pièces. Ou une idée de Close-Up et la transposer en GI.. 

En conte, un bon exercice de changement de point de vue consiste à raconter l'histoire en prenant un autre personnage comme héros : blanche neige vue du côté de la sorcière, par exemple. 

Bon nombre de "créations magique" se font en intervertissant les rôles entre spectateur, magicien, assistant... 

Quant à l'association d'idées, c'est ce que j'évoquais en parlant de coller ensemble des machins... Une bonne méthode, en effet 😁

Il y a 8 heures, Blake EDUORDO a dit :

Quatrième proposition. Jouer sur les assonances et les similitudes des mots. Choisir son lexique avant de lancer ses idées sur le papier. Cela permet de donner une couleur à son texte à mon avis. Mais c’est plutôt une technique d’écriture. 

Pas seulement une technique d'écriture ! 

On peut concevoir des assonances gestuelles aussi, ou caractériel... 

Mais on aborde le personnage, sujet largement débattus... 

Cependant, n'oublions pas que le personnage est aussi un moteur de créativité : il va nous présenter lui aussi un point de vue différent... 

Il y a 8 heures, Blake EDUORDO a dit :

Cinquième proposition. S’amuser. Ceci permet souvent de débloquer tant le corps que l’esprit. L’enfant que j’étais savait s’amuser. J’essaie de lui faire honneur chaque fois que je monte sur scène. 

J'adore ton point de vue 😁

Une autre méthode qui s'en rapproche un peu :

N'avoir honte de rien ! 

Si on se censure nous même, cela freine la créativité. 

Ce n'est pas contraire à ce que je disais plus haut, en parlant de contraintes. 

Les contraintes donnent un cadre extérieur. 

Mais à l'intérieur du cadre, on peut s'exprimer avec une totale liberté... 

Cela rejoint l'idée de s'amuser comme un enfant, je trouve 😀

Il y a 8 heures, Blake EDUORDO a dit :

Mais, à mon avis, sur page ou sur scène, le premier pas de la créativité, c’est se libérer puis faire, essayer, et se lancer. Et non pas attendre, réfléchir, se juger puis, à cloche-pied, courir à reculons Google map à la main. 

Tu as raison, la meilleure façon de faire les choses, ben c'est de les faire. 

Surtout quand on ne sais pas les faire, car c'est là qu'on va se rendre compte de nos possibilités frisant le génie. 

Rien de plus énervant que quelqu'un qui dit "je sais pas faire ça" alors qu'il n'a pas essayé.... 

Lançons nous, on verra bien ce qu'il en sort... 

(je précise qu'on parle toujours de créativité, je ne recommande bien sûr pas de se lancer devant un public avant de savoir où on va 😉

Il y a 9 heures, Blake EDUORDO a dit :

il faut s’intéresser à d’autres choses que la magie. J’aime la poésie, la dramaturgie de la musique, le clown. Chaque fois que j’en ai l’occasion, j’en mets dans ma magie.

Cela rejoint les changements de points de vue, et les associations. 

Plus on a de la matière diversifiée à brasser, plus l'assemble qui pourra en sortir paraîtra créatif 😁

Un bémol cependant : pour mélanger plusieurs disciplines, ca aide de les connaître vraiment. 

Aller plus loin que le simple intérêt, et avoir de la pratique, permettra des imbrications en profondeur entre les disciplines. 

 

Merci pour cette précieuse analyse 😍

Gilbus

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Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

  • 2 weeks plus tard...
Publié le

Comme certains m'ont demandé de "cesser", c'est ce que j'ai fait.

Néanmoins, après avoir vu le replay avec Gaëtan Bloom (à voir et revoir ), deux suggestions de lecture dans son livre Full Bloom :

- Creativity, p.61.

- The effect and the plot, p.325.

PS : pour ceux qui sont intéressés dans les cartes montantes de Dr. Hooker dont parle longuement Gaëtan sur VM,  il y existe une merveilleuse publication  :programme de la Conference on Magic History (Jim Steinmeyer,2007).

 

 

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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