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Bonjour,

On dit de nous (les magiciens) que nous sommes très créatifs, mais est-ce bien vrai ?

Quelle méthodes et quels processus créatifs utilisons-nous ? Dans les prochains jours, j'aimerais partager avec vous quelques idées sur la créativité, et comment "booster" notre créativité.

Avant de commencer, il est essentiel de déterminer ce que l’on entend par « magie ».

En effet, il y a certainement autant de magies que de magiciens. Pour déterminer notre cadre de référence (vous verrez que cela a énormément d’importance dans le processus créatif), je partirai des analyses faites par Stefan Alzaris (Illusionnisme et magie, Ed. Flammarion, 1999), et par Eugene Burger & Robert Neal (Magic and meaning, Ed. Hermetic Press, 1995).

La magie visée ici est la magie moderne, c’est-à-dire celle de l’art du spectacle, celle qui a pour objectif de divertir un public.

Tout d’abord, il faut bien reconnaître que la magie est avant tout une question de perception, c’est-à-dire de représentation. Elle ne peut pas exister par elle-même.

Le magicien répétant et s’exerçant devant son miroir l’escamotage d’une pièce de monnaie, fait-il de la magie ? Non ! Que manque-t-il pour qu’il y ait de la magie ? Le spectateur. L’art de la magie est un art qui n’existe pas tout seul. Quand un peintre peint un tableau, fait-il de l’art ? Oui. Il n’a pas besoin d’un spectateur.

Un tableau de Picasso enfermé dans les coffres d’un collectionneur, est-il encore une œuvre artistique ? Oui. C’est avant tout, voire uniquement, la perception du spectateur qui crée réellement l’effet magique.

«  L’effet magique est cette rencontre entre l’art du magicien et les potentialités du spectateur. Le magicien n’est qu’un catalyseur qui a la capacité de mobiliser les énergies magiques des spectateurs, des choses et des illusions » (Stefan Alzaris, p.57-58).

Il faut bien sûr, comme nous le dit Eugene Burger, un certain « state of mind » des spectateur, et ce même avant que le spectacle commence (Burger,p.15). En effet, la magie est un peu comme la musique, l’auditeur qui se bouche les oreilles juste avant que l’orchestre commence à jouer a très peu de chance d’en apprécier les notes.

Il en est de même en magie, c’est une question d’état d’esprit, il faut que le spectateur soit prêt à s’attendre à l’inattendu (« expecting the unexpected »). C’est évidemment toute la difficulté de la magie impromptue ou de la « magie de rue ». Plus le spectateur est mis dans ces conditions, plus il y de chance que la magie s’opère.      

Une deuxième condition à l’effet magique est la capacité du spectateur à vivre la surprise (« experiencing surprise »). Non seulement, il s’attend à l’inattendu, mais en plus il doit être surpris, c’est-à-dire qu’il n’avait pas anticipé ce qu’il allait se passer.

« C’est l’ignorance de l’effet final et de l’itinéraire qui y mène que dépendent le vécu et la surprise magiques » (Stafan Alzaris, p.50). Ce qui explique bien souvent la difficulté du tours de mentalisme (tour de divination) ou de certains tours de cartes (la carte ambitieuse).

Que dire alors de ce merveilleux tour de Slydini, les « boulettes de papiers » ?

Non seulement le magicien annonce au spectateur-volontaire ce qu’il va faire (disparaître les boulettes de papier), mais en plus tous les autres spectateurs sont témoins de la méthode (jeter la boulette par-dessus la tête du spectateur-volontaire) !

Bien sûr, la surprise est chez le malheureux spectateur-volontaire qui voit, sans vraiment comprendre (étonnement/surprise), à la fin du tour, les boulettes derrière lui sur la scène. Ce tour est peut-être en quelque sorte un véritable tour de magie puisqu’il fait passer, comme Alice Aux Pays des Merveilles, les spectateurs (sauf la malheureuse victime) de l’autre côté du miroir.

« Slydini cristallise en quelque sorte ici ce que fait le magicien en permanence dans chacun de ces tours d’adresse :il construit pour le spectateur un faux monde, qui devient plus vrai que la réalité, au point de faire disparaitre le réel au profit d’une fiction » (Rémi David, Philosophie de la magie, Ed. Autrement, p.23).

Bref, pour reprendre l’oxymore de Rémi David, il crée une « fiction-réelle ».

Fin du 1er épisode.

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il y a une heure, Henk RAISON a dit :

Le magicien répétant et s’exerçant devant son miroir l’escamotage d’une pièce de monnaie, fait-il de la magie ? Non ! Que manque-t-il pour qu’il y ait de la magie ? Le spectateur. L’art de la magie est un art qui n’existe pas tout seul. 

Personnellement ça m'arrive de me bluffer parfois moi-même devant le miroir en faisant des disparitions d'objets. Je ressens des émotions après avoir fait certains tours automatiques quand je n'en  comprends pas le fonctionnement. Es-tu sûr de ne pas avoir une vision purement mentalistique de la chose magique ? 🙂

 

 

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Je suis comme toi. Je me bluffe régulièrement moi-même, et je m’étonne de tours automatiques que je connais. Un tour qui répond parfaitement à cela est celui de Stewart James, Atlantic Avenue (Very Best of Steward James, p54).

J’élaborerai plus avant la “définition”de la magie dans le 2ème épisode, mais comme je l’écris, il y autant de magies que de magiciens.

En ce qui concerne la vue “mentalistique”, je pense que c’est justement la difficulté du mentalisme, c’est d’être magique sans tomber dans certains travers (faux-voyant, fausse explication …), ce que Derren Brown parvient parfaitement à faire dans ses spectacles (un peu moins en TV). Mais là on entre dans un autre débat (magicians versus psychics).

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  • Thomas changed the title to Comment accroître sa Créativité ?
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Oui je confirme aussi que je me bluffe moi-même quand il s'agit principalement ( voire uniquement?) de tours de cartes automatiques surtout. Cela n'infirme pas il me semble la remarque de Henk sur la présence indispensable du spectateur pour que la magie soit un art; en effet ici on est en quelque sorte ( lorsqu'on se fait  une routine de ce type))notre propre spectateur et donc on ressent la même émotion qui pourrait également naître chez un tiers , surtout si on n'a pas complètement compris le mécanisme sous-jacent. On se dédouble en quelque sorte, donc il y a bien un autre spectateur!...

Il reste que certaines routines ne nécessitant aucune manipulation, qu'on pourrait aussi appeler selon l'heureuse dénomination de Armand Porcell  routines  "topologiques, (ou encore  arithmétiques, ou  mathématiques" ) plutôt qu''automatiques", gardent encore leur effet enchanteur sur celui qui en connait pourtant toute la mécanique par coeur!!  Cela doit être dû au fait que cette mécanique est si sophistiquée, alliée à une présentation adéquate, qu'elle ne peut être appréhendée de manière spontanée, évidente, et dominée intellectuellement facilement . D'où probablement l'effet troublant qu'elle procure encore et encore, car elle heurte nos paradigmes routiniers qui ont structuré et conditionné  depuis longtemps nos assemblées de neurones. Par contre les effets nécessitant cartes truquées ou autres gadgets ont-ils le même pouvoir euphorisant sur le magicien solitaire ??? Il semble que non.. Ce serait intéressant à analyser pourquoi.
On pourrait , comme tu l'as fait Henk avec la routine de Stewart, se communiquer ces routines qui nous émerveillent personnellement sans qu'on ait besoin d'un spectateur comme médiateur à la présence indispensable, pour produire de l'émotion, ou un trouble intellectuel. Cela serait intéressant et excitant de se les communiquer. 
Cette émotion  ou ce trouble intellectuel ressentis en solo sont également présents dans d'autres domaines de la magie comme l'atteste Georges Peron . Devant sa glace il fait office de spectateur face à son image et ressent une émotion magique ( si tu faisais ta routine sans te voir dans la glace tu n'aurais j'imagine aucune émotion particulière car tu ne serais plus en position de spectateur : peux-tu confirmer ou infirmer? ).
Cette émotion ressentie  liée à l'image , à la vue, serait- elle d'une nature différente que celle ressentie quand on se bluffe avec un tour de cartes mathématique?...
De toute façon bravo Henk d'avoir ouvert ce sujet sur la créativité! Même si ces réflexions en semblent éloignées a priori.

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Tes réflexions sont bien moins éloignées de la problématique de la créativité que l’on pourrait à première vue y croire (j’y reviendrai dans un prochain épisode) car le processus créatif se déroule bel et bien essentiellement dans l’atelier du magicien, et pouvoir s’émerveiller, se duper soi-même … est déjà un bon début ( et probablement nécessaire).

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Publié le (modifié)
il y a 38 minutes, Jean-Luc THIEFIN a dit :

Cette émotion  ou ce trouble intellectuel ressentis en solo sont également présents dans d'autres domaines de la magie comme l'atteste Georges Peron . Devant sa glace il fait office de spectateur face à son image et ressent une émotion magique ( si tu faisais ta routine sans te voir dans la glace tu n'aurais j'imagine aucune émotion particulière car tu ne serais plus en position de spectateur : peux-tu confirmer ou infirmer? ).

Il est exact sans doute que l'émotion n'apparaît qu'à partir du moment où on oublie que la personne que l'on en en face est soi-même ! 🙂

Pour le reste le mot "art" est bien défini dans la langue française (https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/art/5509) et l'ensemble des techniques mises en oeuvre, associées à l'habileté que requièrent les manipulations, font que, ici comme dans d'autres domaines, la magie est un art... même sans spectateur. Désolé de jouer sur les mots 😉.

 

 

Modifié par Georges PERON
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EPISODE #2 :

RAPPEL de l'épisode #1 : Eléments essentiels à la "définition" de la magie : (1) Perception, (2) Surprise. 

(3) Le troisième élément constitutif d’un effet magique est l’expérience de l’impossible (« experiencing the impossible »). Si le lapin sort du chapeau, il faut non seulement que cela soit inattendu (surprise), mais c’est encore mieux si c’est un tigre - accompagné de trois assistantes - qui en sort. L’effet final doit être une surprenante et inattendue impossibilité. Que ce soit David Copperfield qui vole (« flying ») ou le sac qui disparaît dans la « two-cup routine » de Tommy Wonder (The Books of Wonder, Vol.II, p.105 et suiv., Ed. Hermetics Press, 1996), c’est bien quelque chose de l’ordre de l’impossible auquel le spectateur vient d’assister. Le meilleur exemple, est le tour de la femme coupée en deux (bien qu’il y ait aujourd’hui beaucoup moins de surprise, on sait qu’elle va être coupée en deux). « L’effet final se présente en rupture avec le bon sens. L’effet de la femme coupée en deux prend en défaut les tentatives d’explication (…). L’effet magique est en rupture épistémologique, car rupture avec l’opinion, avec la connaissance commune » (Stefaan Alzaris, p.75). Bref, «  plus encore qu’une vision doublée d’une incompréhension face à ce qui se déroule, ce que vise à créer la magie chez le spectateur, c’est avant tout un sentiment : une impression de miracle (Rémi David, p.33). Mais attention, comme nous le rappelle Eugene Burger, il ne s’agit pas de créer dans la tête du spectateur un puzzle ou une confusion.

Au risque d’aller trop loin (et de choquer certains), on dit bien souvent que la magie, c’est « retrouver son âme d’enfant ». Mais pour les enfants, rien n’est impossible. Peter Pan vole et Harry Potter fait de véritables miracles (voyez également ce que dit Darwin Ortiz à ce sujet dans Strong Magic, Ed.Kaufman & Company, 1994, p.25 et suiv.). Dans un de ses shows pour enfants, Danny Orleans disparaît dans un malle des Indes (pas de change avec sa partenaire). Tous les enfants crient, hurlent … ils sont convaincus que le magicien a vraiment disparu (c’est n’est pas de l’ordre de l’impossible pour eux, il est magicien). La scène est extraordinaire, mais comme nous le rappelle Stefan Alzaris, « faire disparaître un foulard dans ses main, à quelques centimètres des yeux, quoi de plus normal pour l’enfant puisqu’on est magicien ! La magie naît avec la logique » (p.78-79). C’est ce que Burger appelle « experiencing the irrational », et qui permet au spectateur, grâce à la magie, de découvrir le merveilleux. Heureusement (ou malheureusement) les enfants acquièrent un esprit  cartésien dès un très jeune âge.

(4) Enfin, un dernier élément semble nécessaire à l’effet magique : le mystère (« experiencing mystery »). La magie doit restée mystérieuse. Dès que le « truc » est connu, le miracle de la magie disparaît. On peut encore apprécier la prouesse technique ou l’ingéniosité, mais la magie aura disparue. 

Étant donné que la magie est avant tout une question de perception, imaginez que vous assistiez à l’illusion de la femme coupée en deux pour la toute première fois. Vous seriez probablement passé par ces différents stades :

- la surprise (« oh, mon dieu ! »)

- l’impossibilité (« ce n’est pas possible de couper une femme en deux ! »)

- l’irrationalité (« il n’y a pas de solutions logiques ! »)

- le mystère (« cela reste un mystère ! »).

Maintenant que nous avons quelque peu cerné ce que l’on peut entendre par « magie », la question qui se pose est la suivante : quels sont les ingrédients à la dispositions du magicien pour réaliser un effet magique répondant le plus possible à ces caractéristiques ? 

A titre d'exercice, prenez un de vos tours préférés, et donnez une note de 0 à 10 pour chacun des critères. Quel sera le résultat ? 36 sur 40 ? Pas mal ! N'oubliez pas, comme nous le rappelle Darwin Ortiz (op.cit. p.23-24), si le spectateur-profane peut s'imaginer que 10% de la façon dont le tour a été réalisé, il ne sera pas émerveillé. C'est ce qui arriverait, par exemple, dans ma routine "Raison d'Etre" (Dix expériences de mentalisme pour magiciens), si les spectateurs pensaient à l'utilisation d'un jeu marqué ou de toute autre "ruse" qu'ils peuvent s'imaginer, à tort ou à raison (d'ailleurs le public a toujours raison). C'est au magicien à faire en sorte que le spectateur n'emprunte pas les chemins des possibles ( voir Juan Tamariz, Le chemin magique, ed. Georges Proust, 2000) en créant l'impossible.

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Bonjour,

alors il y a 3 semaines on a eu, plus ou moins, cette discussion lors d'une réunion en club.

C’était a la base parti d'un magicien qui se plaignait que certains "volaient" des idées, voir des numéros entiers à une époque. Dans la salle il y avait plusieurs magiciens avec plus de 20 ans de métier. L'un d'entre eux a dit simplement qu'au final, les gens de son répertoire, font  tous la même chose depuis des années (journal déchiré, livre coloriage etc...) et que rien n'est nouveau à part la mise en scène.

Il y a des gens qui n'ont plus besoin de créativité une fois que tout est en place et que le public change a chaque représentation. Et il y a les autres comme moi... La différence c'est que j'ai peu d'années derrière moi. Peut être que je changerais dans quelques temps (j'espère pas).

Il m'arrive aussi de me bluffer lorsque je répète, parfois une fois sur scène c'est plus la même. Et inversement, des choses qui me paraissent trop grosses et trop cramées qui plaisent énormément dans les retours. Tout est une question de perception !

 

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insta: @jesuismagicien

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Il y a 5 heures, Henk RAISON a dit :

(4) Enfin, un dernier élément semble nécessaire à l’effet magique : le mystère (« experiencing mystery »). La magie doit restée mystérieuse. Dès que le « truc » est connu, le miracle de la magie disparaît. On peut encore apprécier la prouesse technique ou l’ingéniosité, mais la magie aura disparue. 

 

Tu as bien raison d'insister là-dessus. C'est un peu horripilant de voir des magiciens débiner tel ou tel truc sous prétexte qu'eux ne l'utilisent pas, ou plus. Car même si les gens oublient assez facilement le "truc" exact, ils vont se souvenir qu'il y en avait un et ça suffit à atténuer le mystère.

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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