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EPISODE 4 :

On ne naît pas créateur...

Il semblerait qu’il y ait une bonne et une mauvaise nouvelle : tout le monde peut être créatif, mais cela n’est pas donné à tout le monde.

Comme Ivan Gavriloff et Bruno Jarrosson l’écrivent très bien dans leur ouvrage, Une Fourmi de 18 mètres … ça n’existe pas (Ed.Dunod, 2001), « on ne naît pas créateur et on le devient pas. On naît doué et on éduque son don » (p.38). Que cela soit en science, en mathématique, en art, en musique …les créateurs sont d’abord doués. Pour reprendre les mots de Boris Wild (en conférence, j’espère m’en souvenir correctement) : «  Il faut non seulement que vous aimiez la magie, mais surtout que la magie vous aime ».

Ensuite, ils sont passionnés, au point d’en venir maniaques. « Les créateurs sont des maniaques de leur domaine. En y pensant sans cesse» (Gavriloff & Jarrosson, citant Einstein, p.36) ou encore «le chercheur se lève avec le problème, prend son petit-déjeuner avec lui, l’emporte avec lui au dehors, rentre avec lui, dîne avec lui, couche avec lui et rêve avec lui », citant le mathématicien Polya. Bref, « les créateurs sont amoureux de leurs problèmes » (p.36).

Les créateurs auraient en quelque sorte des caractéristiques communes. Tout d’abord, ils possèdent un certain savoir. « Pour découvrir, il faut posséder un savoir important dans le domaine dans lequel on cherche. Pasteur réussit parce qu’il connaît les travaux de Jenner » (Gavrilooff & Jarronsson,p.17). Et cela vaut également pour la magie : «  « Vous serez plus difficile à satisfaire dans votre réflexion créative si votre culture magique est vaste. Plus vous savez ce qui a été fait auparavant, mieux vous pouvez approcher l’aspect créatif d’un effet. C’est pourquoi il est essentiel d’avoir une culture magique la plus large possible » (Boris Wild, Créativité & Impact, Notes de conférences, 2009). Il ne s’agit pas seulement d’un savoir livresque. Les créateurs possèderaient généralement une mémoire exceptionnelle. La mémoire serait véritablement à la base de la créativité.

Mais le danger du savoir - ou du trop-savoir - est qu’il peut figer la pensée, et empêcher de découvrir, ce que l’on appellerait aujourd’hui trop « in-the-box » (j’y reviendrai plus tard). Le créateur non seulement sait - il a le savoir-, mais il doit dépasser son savoir. Il doit avoir cette capacité de penser à côté, c’est-à-dire de reformuler ses sujets dans son langage propre.

Un troisième caractéristique des créateurs serait la distraction, une sorte « d’antimatière de la création ». Souvenez-vous du professeur Tournesol dans les aventures de Tintin.  La distraction serait souvent la manifestation apparente de l’art de penser à côté (voyez aussi Edward de Bono, Six Thinking Hats, Penguin Books, 1985).

Bref, la mémoire, la pensée de côté et la distraction seraient trois signes distinctifs des créateurs.

Faites-vous partie de ceux-ci ?

Bonne journée à tous,

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il y a 31 minutes, Henk RAISON a dit :

on ne naît pas créateur et on le devient pas. On naît doué et on éduque son don

Cela me rappelle ma définition du talent... 

Allez, ca faisait longtemps, un petit extrait du DEUDLMDG :

Citation

 

Tout le monde espère avoir du talent.

Mais le talent, c’est quoi ?

« Le talent, c’est la capacité à réaliser quelque chose avec un certain degré de réussite. »

Le talent, suivant cette définition, se compose de trois choses :

-Le don inné : Ce sont les capacités que l’on a de naissance, par nos gènes. Tout le monde n’est pas égal, égaux, égaleaux… Bref, certains sont doués, ont des facilités, d’autres pas.

C’est très injuste.

La vie n’est pas juste.

J’espère que vous ne pensiez pas qu’elle l’était.

-Le travail : En travaillant, on peut aller plus loin que le simple don, et ajouter de la valeur à notre quantité de talent. C’est très réconfortant : Même si on n’est pas doué, dans une certaine mesure, on peut compenser.

-L’expérience : La pratique elle-même va renforcer le talent, nous permettant de mieux gérer les choses. En ce sens, il ne faut jamais hésiter à pratiquer, il en restera toujours quelque chose.

En utilisant au mieux ces trois éléments, on peut arriver au maximum de ses possibilités.

Ne se servir que de deux, par exemple, est dommage.

Si l’on n’utilise pas nos dons innés, mais qu’on mise tout sur le travail et l’expérience pour faire quelque chose que l’on a du mal à faire, c’est ballot.

Si l’on ne se fie qu’à nos dons et à notre expérience, on sera très bon, de notre propre point de vue. Ce ne sera peut-être pas l’avis du public…

Si on travaille, qu’on utilise nos dons, et qu’on ne se produit jamais en public, non seulement on a perdu la principale motivation de l’artiste, qui est le partage, mais en plus notre prestation ne sera jamais bonne, car seule l’épreuve du public peut sanctionner et permettre une réelle évolution d’une prestation.

En utilisant le talent des autres, en faisant des formations, participant à des ateliers, stages, en faisant appel à un metteur en scène, ou à d’autres spécialistes, on peut aussi aller plus vite et plus loin, mais il nous faudra assimiler ce travail et cette expérience, pour la faire notre : C’est déjà du travail et de l’expérience en soi 😉

 

La créativité fonctionnerait elle sur le modèle du talent ? 

Gilbus 

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

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il y a 34 minutes, Henk RAISON a dit :

le chercheur se lève avec le problème, prend son petit-déjeuner avec lui, l’emporte avec lui au dehors, rentre avec lui, dîne avec lui, couche avec lui et rêve avec lui »

Dans le cas de la créativité magique, j'ai plus une pensée en terme d'opportunité que de "problème". 

Les problèmes m'amusent moins que les opportunités.... Mais c'est juste une question de sémantique 😁

il y a 38 minutes, Henk RAISON a dit :

Pour découvrir, il faut posséder un savoir important dans le domaine dans lequel on cherche. Pasteur réussit parce qu’il connaît les travaux de Jenner

C'est vrai, parfois, d'autres fois pas :

J'ai toujours bricolé des trucs, même quand j'avais encore moins de connaissances que maintenant ... 

Une immense culture (que je n'ai heureusement pas...) peut faire perdre l'innocence qui va de paire avec certaines formes de créativité. 

On parle bien de créativité, pas d'innovation... 

La créativité n'est pas gênée de réinventer l'eau tiède, l'important, ce n'est pas qu'un autre y ai pensé avant, c'est qu'on l'ai trouvé, nous, tout seul 😊

Gilbus

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Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

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Il y a 6 heures, Henk RAISON a dit :

Les créateurs possèderaient généralement une mémoire exceptionnelle. La mémoire serait véritablement à la base de la créativité.

 

Zut, je n'ai aucune mémoire. Je ne peux donc pas être un créateur. Dommage, moi qui pensais l'être un tout petit peu 😪.

Et quid de la multidisciplinarité ?

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Dans l'excellent Hors Série "L'intelligence en 20 questions" du magazine La Recherche (juin-juillet 2016), un article avait pour sujet "Sur quoi la créativité repose-t-elle ?".

En synthèse : pour libérer notre potentiel créatif et générer des idées différentes, il faut résister aux réponses intuitives construites sur un ensemble de connaissances aisément accessibles.

Un exemple concret (je vous recommande de faire l'exercice ci-dessous, le résultat va vous surprendre)

Vous êtes invités à imaginer le plus de solutions créatives et originales possibles répondant au problème suivant : "faire en sorte qu'un oeuf de poule lâché d'une hauteur de 10 mètres ne casse pas".

A vous, listez toutes vos idées.

Ne pas lire la suite tout de suite.

Ne pas lire la suite tout de suite.

Ne pas lire la suite tout de suite.

Que nous apprend cet exercice ? Spoiler alerte, ne lisez pas la suite avant d'avoir fait votre liste. 

Sur 800 participants à cette étude, beaucoup de réponses qui se veulent pourtant créatives sont très souvent semblables. De façon automatique, un ensemble de connaissances sur des solutions classiques viennent à l'esprit pour résoudre ce problème. Ainsi, vous avez sans doute pensé à des solutions qui consistent à utiliser un dispositif physique afin de ralentir la chute de l'oeuf (parachute, etc.), de le protéger (papier bulle, etc.) ou d'amortir le choc (matelas, etc.). Le fait que ces 3 conceptions (ralentir, protéger et amortir) soient aisément accessibles en mémoire limite considérablement nos capacités créatives et nous enferme dans des solutions (ralentir, protéger ou amortir) peu originales : c'est ce que l'on appelle "l'effet de fixation".

Les solutions qui consistent à amortir le choc, à protéger l'oeuf ou à ralentir sa chute sont surreprésentées (80 % des réponses) par rapport aux autres voies d'explorations possibles. Rares sont les participants qui évoquent la possibilité de modifier les propriété naturelles de l'oeuf (le congeler) ou d'utiliser un dispositif vivant (le faire transporter par un pigeon) ou autre.

Pour être créatif, il faut apprendre à se défixer ou à penser en dehors de la boîte (out of the box--> pour reprendre une expression à la mode).  Selon votre métier (designer par exemple) c'est plus facile.

Si cet article de 4 pages vous intéresse, je peux le scanner et l'envoyer.

 

Pour  ma part, travaillant dans la pub et la com depuis 28 ans je me défixe plus aisément, c'est lié à la nature même de mon métier.

Comment je créais ?

Je liste toutes les évidences (comme pour l'oeuf) et je les écarte pour me défixer.

Je m'intéresse à tous les sujets, toutes les disciplines, tous les supports, je note tout ce qui m'interpelle, pourra me resservir, m'a créé de l'émotion, etc. Cela peut être un mot, une association de couleur, une histoire, une phrase. Ex : j'ai construit ma routine des gobelets fluidiques autour de l'expression "on ne peut pas peigner une girafe qui n'a pas de cheveux" de ma grand-mère.

Il existe également plein de méthodes de brainstorming pour vous aider à sortir de la boîte.

 

 

 

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  • Merci 3

La bêtise est nettement supérieure à l'intelligence car toute l'intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle, tandis qu'un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoi que ce soit d'intelligent.

Philippe Geluck

Extrait de "Et vous, chat va ?"

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Nous avons plusieurs génies créatifs sur ce forum dont @Gaëtan BLOOM .

@Gaëtan BLOOM accepterais-tu sur ce fil de nous conter quelques anecdotes et méthodes créatives de ton cru ?

@Michel (Darlone) je te "sonne" également sur ce sujet 🙂

  • J'aime 1

La bêtise est nettement supérieure à l'intelligence car toute l'intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle, tandis qu'un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoi que ce soit d'intelligent.

Philippe Geluck

Extrait de "Et vous, chat va ?"

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Il y a 2 heures, Georges PERON a dit :

 

Zut, je n'ai aucune mémoire. Je ne peux donc pas être un créateur. Dommage, moi qui pensais l'être un tout petit peu 😪.

Et quid de la multidisciplinarité ?

D'abord la mémoire, cela se travaille.

Ensuite, la multidisciplinarité est une excellente piste à la créativité.  A cet égard, un excellent livre a été écrit à ce sujet  Howard Gardner (professeur à Harvard) , Les 5 formes d'intelligence, Ed. Odille Jacob.  Je crois bien que j'ai lu 3 ou 4 fois ce remarquable ouvrage.
Luc de Brandere écrit à ce sujet, dans son livre Le Sens des Idées, Pourquoi la créativité?, Ed, Dunod : " Le choc d'idées généré par les intelligences différentes s'appelle imagination" (p54).

Donc oui à la multidisciplinarité des intelligences !

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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