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il y a une heure, Alx a dit :

(...) il reste à retourner toutes les cartes sauf celles du spectateur (et non celles que le magicien a préparées avant le tour) (...)

Ce n'est pas du tout impossible de le faire, avec C.I.B., pourtant :)

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il y a 42 minutes, Alx a dit :

Merci @Mikael Petiot pour cette vidéo de la routine sans sac.

Je trouve cette version beaucoup plus magique que celle que nous connaissions déjà.

Cette fois, on est dans un effet de triomphe classique. C'est presque aussi bien que le triomphe de Vernon (mais bon, quand même pas tout à fait :P) : il reste à retourner toutes les cartes sauf celles du spectateur (et non celles que le magicien a préparées avant le tour), et surtout à supprimer le changement de tenue (forcément suspect : voir Ascanio et ses Actions de Continuité Apparente*) et on aura un bon tour :D

(Darwin Ortiz objecterait sûrement que l'effet est trop proche du geste technique, mais ne chipotons pas : c'est déjà mieux...)

*Je cite mes sources tout de suite pour éviter les reproches gratuits selon lesquels mes arguments ne reposeraient sur rien : comme dirait l'autre, c'est facile de critiquer quand on ne connaît pas ses classiques :D

Entièrement d'accord avec la théorie, mais est-ce que de temps en temps on a le droit de ne pas être d'accord ou en sortir pour des raisons pratiques ? Depuis que c'est devenu mon métier, je n'ai jamais eu et je dis bien jamais un spectateur qui m'a dit "Tiens vous ne prenez pas le jeu comme il y a 10 secondes ou Pourquoi vous ne tenez pas le jeu comme cela ?".
C'est sur que devant une assemblée de magiciens cela peut être suspect, mais si l'on "tient" son public, on peut se permettre certaines choses qui théoriquement ne sont pas conseillées.
Je vais caricaturer à l'extrême, si un jour un grand nom de la magie dit ou écrit "il faut proscrire le mélange à l'effeuillage" et derrière il avance sa théorie et argumente alors on va supprimer le mélange à l'effeuillage de nos techniques ?

Et autre chose, selon les magiciens, les théories ne sont pas forcément les mêmes. Moi je préfère suivre les conseils pragmatiques et pratiques que DD avance dans ses conférences et DVD plutôt que de m'enfermer dans un carcan théorique tout le temps. Un exemple simple (qui a été évoqué dans un autre sujet), le fait de faire un tour avec 4 cartes noires différentes et 4 cartes rouges différentes pour un huile et Eau. DD explique très bien que prendre 4 cartes noires identiques et 4 cartes rouges ne posent aucun problème vis à vis du spectateur à partir du moment où cela est justifié un minimum.

Pour moi la théorie est un axe directeur (par exemple, j'essaie de suivre la théorie de DD sur la gestion de l'espace sur ma table) mais quand on est sur le terrain 1 ou 2 fois par semaine, il faut surtout être pratique (et dans mon exemple, la gestion de l'espace sur ma table n'est pas forcément respectée pour X raisons selon les circonstances).
 

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Thierry Périchon
http://www.moonlightanimations.fr
 

Publié le (modifié)
il y a 4 minutes, Moonlight (Thierry) a dit :

(...) je n'ai jamais eu et je dis bien jamais un spectateur qui m'a dit "Tiens vous ne prenez pas le jeu comme il y a 10 secondes ou Pourquoi vous ne tenez pas le jeu comme cela ?". (...)

Et encore, dans certains effets, c'est même super intéressant de varier les méthodes :)

Alors si on justifie en plus, effectivement, ça devient insondable :)



DD explique très bien que prendre 4 cartes noires identiques et 4 cartes rouges ne posent aucun problème vis à vis du spectateur à partir du moment où cela est justifié un minimum.


Il y a quelques semaines, un magicien me disait qu'il avait un peu de mal avec le fait de faire un Leader avec 12 cartes identiques.

En fait, c'est comme si quelqu'un me disait qu'il avait du mal à conduire une voiture de couleur rouge plutôt qu'une voiture de couleur jaune ... il n'y a AUCUN problème à faire l'un ou l'autre.

On peut PRÉFÉRER faire l'un ou l'autre, mais dire qu'utiliser des cartes toutes différentes parce que "Le spectateur gnagnagna .... blablabla .... cartes truquées ... "

C'est faire preuve d'un manque de [savoir.justifier.ses.actions] et de [savoir.enrober.présenter.son.tour] flagrant ;)

Et c'est également se priver d'avantages que procurent dans certains cas l'utilisation de cartes identiques.

Mais bon, pas grave, les magiciens sont souvent champions dans l'art de se mettre eux même des bâtons dans les roues, ma foi 🥇

  Modifié par Florian CHAPRON
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il y a 49 minutes, Florian CHAPRON a dit :

Et encore, dans certains effets, c'est même super intéressant de varier les méthodes :)

Alors si on justifie en plus, effectivement, ça devient insondable :)

 

 


Il y a quelques semaines, un magicien me disait qu'il avait un peu de mal avec le fait de faire un Leader avec 12 cartes identiques.

En fait, c'est comme si quelqu'un me disait qu'il avait du mal à conduire une voiture de couleur rouge plutôt qu'une voiture de couleur jaune ... il n'y a AUCUN problème à faire l'un ou l'autre.

On peut PRÉFÉRER faire l'un ou l'autre, mais dire qu'utiliser des cartes toutes différentes parce que "Le spectateur gnagnagna .... blablabla .... cartes truquées ... "

C'est faire preuve d'un manque de [savoir.justifier.ses.actions] et de [savoir.enrober.présenter.son.tour] flagrant ;)

Et c'est également se priver d'avantages que procurent dans certains cas l'utilisation de cartes identiques.

Mais bon, pas grave, les magiciens sont souvent champions dans l'art de se mettre eux même des bâtons dans les roues, ma foi 🥇

 

 

Mais qu'est ce que je suis d'accord avec toi!!!! Parfois, on se sent moins seul....

Thierry Périchon
http://www.moonlightanimations.fr
 

Publié le

Disons que la théorie permet aux "néophytes" (donc moins de 15 ans d'expérience :D ) d'éviter de tomber dans des écueils. 

L'adage dit qu'il ne faut pas répéter le même tour plusieurs fois devant un même spectateur. Pourtant Vernon a bien mystifié Houdini avec le même tour répété 7 fois.

Cependant, les ouvrages de théorie restent ***très*** importants, du fait qu'ils arrivent à mettre des mots sur des principes/concepts, parfois évidents mais salutaires.

C'est quand on maîtrise les règles du jeu qu'on peut, parfois, légèrement s'en affranchir.

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J’aime beaucoup les possibilités qu’offre CIB, on est clairement sur un outil pouvant être exploité de moultes façons :) 

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il y a une heure, Moonlight (Thierry) a dit :

Entièrement d'accord avec la théorie, mais est-ce que de temps en temps on a le droit de ne pas être d'accord ou en sortir pour des raisons pratiques ?

Je pense qu'il faut se décider : est-ce qu'on est complètement d'accord ou est-ce qu'on décide de ne pas l'être ?

Si on décide de ne pas l'être, ça me va tout à fait, mais il faut que ce soit une décision consciente : je sais que je ne respecte pas la règle, mais je pense que cela fonctionne quand même parce que... [mettre ici une bonne raison]

Les théories magiques que j'ai citées plus haut ne sont pas des règles arbitraires : ce sont le produit des réflexions de leurs auteurs qui se sont interrogés sur les raisons qui font qu'un tour est magique. Ce n'est pas pour le plaisir de rédiger un règlement, mais dans le but de comprendre la psychologie des spectateurs afin de leur offrir une émotion (typiquement, l'émerveillement) aussi intense que possible.

Donc si on décide de déroger à la règle, il faut une bonne raison. En d'autres termes, il faut que ce soit pour susciter la même émotion par un autre moyen.

Si la raison est "le reset n'est pas pratique", ce n'est pas ce que j'appelle une bonne raison (c'est juste un exemple, je ne parle pas du reset de CIB, hein !)

il y a une heure, Moonlight (Thierry) a dit :

Depuis que c'est devenu mon métier, je n'ai jamais eu et je dis bien jamais un spectateur qui m'a dit "Tiens vous ne prenez pas le jeu comme il y a 10 secondes ou Pourquoi vous ne tenez pas le jeu comme cela ?".

Le fait qu'un spectateur ne le dise pas ne signifie pas qu'il n'a rien vu : peut-être qu'il est juste poli. Ou tout simplement peut-être qu'il ne comprend pas exactement, mais qu'il sait que c'est à ce moment-là que tu as fait quelque chose...

Ou peut-être tout bêtement que jusqu'à présent tu n'avais encore jamais eu besoin de prendre une fois le jeu par les grandes tranches puis une fois par les petites :D

il y a une heure, Moonlight (Thierry) a dit :

Je vais caricaturer à l'extrême, si un jour un grand nom de la magie dit ou écrit "il faut proscrire le mélange à l'effeuillage" et derrière il avance sa théorie et argumente alors on va supprimer le mélange à l'effeuillage de nos techniques ?

Non, bien sûr que non. Mais personne ne va pondre une théorie aussi stupide. Personne de sérieux, en tout cas...

Parce que, encore une fois, les théories magiques ne sont pas là pour lancer des modes, mais pour nous aider à comprendre comment fonctionne l'esprit des spectateurs. Il ne s'agit pas de formater tous les magiciens, mais de leur donner des clés pour qu'ils puissent progresser (s'ils le souhaitent, hein : personne ne t'oblige à rien !)

Il y a 1 heure, Moonlight (Thierry) a dit :

Et autre chose, selon les magiciens, les théories ne sont pas forcément les mêmes. Moi je préfère suivre les conseils pragmatiques et pratiques que DD avance dans ses conférences et DVD plutôt que de m'enfermer dans un carcan théorique tout le temps.

En fait, quand on les lit, on se rend compte que toutes ces théories convergent. Comme quoi, quand on maîtrise un sujet, on ne dit pas trop de bêtises ;)

Tu préfères suivre les conseils pratiques de DD (ou d'autres). C'est ton choix et je le respecte, mais je ne pense pas que les conseils pratiques soient incompatibles avec les conseils théoriques.

Il y a 1 heure, Moonlight (Thierry) a dit :

Pour moi la théorie est un axe directeur (par exemple, j'essaie de suivre la théorie de DD sur la gestion de l'espace sur ma table) mais quand on est sur le terrain 1 ou 2 fois par semaine, il faut surtout être pratique (et dans mon exemple, la gestion de l'espace sur ma table n'est pas forcément respectée pour X raisons selon les circonstances).

Hein ?! O.o

Ah d'accord ! Au temps pour moi, en fait on ne parle pas du tout de la même chose.

La gestion de l'espace sur la table, ça n'a rien à voir avec ce dont je parle. Pour moi, ça, c'est d'ordre pratique, ça n'a strictement aucun rapport avec les réflexions d'Acanio, d'Ortiz, de Wonder ou de Tamariz. Ca ne s'oppose pas, ce sont juste des sujets différents.

C'est sûrement pour ça qu'on n'est pas sur la même longueur d'ondes depuis le début : je parle de l'heure qu'il est et tu parles du temps qu'il fait. Dans les deux cas il est question de temps, mais c'est bien le seul point commun.

 

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L'important, c'est que ça valide !

Publié le (modifié)
il y a une heure, Alx a dit :

Je pense qu'il faut se décider : est-ce qu'on est complètement d'accord ou est-ce qu'on décide de ne pas l'être ?

Si on décide de ne pas l'être, ça me va tout à fait, mais il faut que ce soit une décision consciente : je sais que je ne respecte pas la règle, mais je pense que cela fonctionne quand même parce que... [mettre ici une bonne raison]

Les théories magiques que j'ai citées plus haut ne sont pas des règles arbitraires : ce sont le produit des réflexions de leurs auteurs qui se sont interrogés sur les raisons qui font qu'un tour est magique. Ce n'est pas pour le plaisir de rédiger un règlement, mais dans le but de comprendre la psychologie des spectateurs afin de leur offrir une émotion (typiquement, l'émerveillement) aussi intense que possible.

Donc si on décide de déroger à la règle, il faut une bonne raison. En d'autres termes, il faut que ce soit pour susciter la même émotion par un autre moyen.

Si la raison est "le reset n'est pas pratique", ce n'est pas ce que j'appelle une bonne raison (c'est juste un exemple, je ne parle pas du reset de CIB, hein !)

Le fait qu'un spectateur ne le dise pas ne signifie pas qu'il n'a rien vu : peut-être qu'il est juste poli. Ou tout simplement peut-être qu'il ne comprend pas exactement, mais qu'il sait que c'est à ce moment-là que tu as fait quelque chose...

Ou peut-être tout bêtement que jusqu'à présent tu n'avais encore jamais eu besoin de prendre une fois le jeu par les grandes tranches puis une fois par les petites :D

Non, bien sûr que non. Mais personne ne va pondre une théorie aussi stupide. Personne de sérieux, en tout cas...

Parce que, encore une fois, les théories magiques ne sont pas là pour lancer des modes, mais pour nous aider à comprendre comment fonctionne l'esprit des spectateurs. Il ne s'agit pas de formater tous les magiciens, mais de leur donner des clés pour qu'ils puissent progresser (s'ils le souhaitent, hein : personne ne t'oblige à rien !)

En fait, quand on les lit, on se rend compte que toutes ces théories convergent. Comme quoi, quand on maîtrise un sujet, on ne dit pas trop de bêtises ;)

Tu préfères suivre les conseils pratiques de DD (ou d'autres). C'est ton choix et je le respecte, mais je ne pense pas que les conseils pratiques soient incompatibles avec les conseils théoriques.

Hein ?! O.o

Ah d'accord ! Au temps pour moi, en fait on ne parle pas du tout de la même chose.

La gestion de l'espace sur la table, ça n'a rien à voir avec ce dont je parle. Pour moi, ça, c'est d'ordre pratique, ça n'a strictement aucun rapport avec les réflexions d'Acanio, d'Ortiz, de Wonder ou de Tamariz. Ca ne s'oppose pas, ce sont juste des sujets différents.

C'est sûrement pour ça qu'on n'est pas sur la même longueur d'ondes depuis le début : je parle de l'heure qu'il est et tu parles du temps qu'il fait. Dans les deux cas il est question de temps, mais c'est bien le seul point commun.

Au sujet des spectateurs et de ce qu'ils pensent ou non, il faut arrêter de penser (à mon avis) que les spectateurs se posent des tas de questions. A partir du moment où ils passent un bon moment et qu'on leur a fait oublier que la magie n'est pas que de la technique, il ne se pose pas de questions (si il va se poser la question peut-être "comment il fait ?" et à la limite c'est humain).

Comme je l'ai dit, je ne suis pas contre les théories développées par les grands noms de la magie. Mais on a aussi le droit d'avoir son libre arbitre. Je suis loin (même très loin) d'être Ascanio, Ortiz, Wonder, DD, etc mais quand je cogite une routine (car je ne présente que mes routines ou des routines complètement revues à ma sauce), moi aussi je réfléchis à ce qu'il y a de mieux pour que le public me suive dans ma présentation et se fasse plaisir.

Non la gestion de l'espace de la table a été théorisé par DD (cartomagie 2008). Ce n'est pas simplement pratique loin de là. Puisque dans cet ouvrage, cette gestion est expliqué par rapport à la psychologie du spectateur, celle du magicien etc.... Ce n'est pas simplement dire qu'il faut que le paquet soit à gauche (par exemple) parce que c'est plus pratique.

Tu considères que sortir de la théorie pour une raison pratique n'est pas une bonne raison, soit, c'est ton avis et il est respectable. Moi je pense le contraire et c'est tout autant respectable (à partir du moment où je n'altère pas l'effet magique bien sur).

Modifié par Alx
(réponse dans la citation, déplacée en dehors)

Thierry Périchon
http://www.moonlightanimations.fr
 

Publié le

Bonjour à tous,

Autant la version présentée par Alexandra de CIB devant Penn et Teller ne m'enthousiasmait pas plus que cela. Le rapport enrobage vs effet final me paraissait peu interressant. Sans même réflechir à la méthode, je trouve que c'était long le temps à tripoter les cartes sous le sac. 

Autant la version sans sac, me donne bien envie d'investir. Un joyeux bordel, des manips anodines, en tout cas pour moi. Et pif paf on se retrouve au début. 

Si en plus on peut faire une version en faisant choisir les 5 cartes...

Bref je vais le rajouter à ma liste d'achat potentiel. 

jr

 

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    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
    • Revenons sur l’explication :  https://vm.tiktok.com/ZN8NE37wo/
    • C'est dans 1 mois! Quelqu'un pourrait-il afficher le programme complet? Merci!!
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