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En fait je ne vois pas trop où est le problème... depuis Descartes qui concluait laborieusement son discours de la méthode par un "je pense donc je suis", les étudiants sont capables de prouver à leur prof qu'ils existent dans le monde où ils sont, puisque le prof pense à eux ; le fait que ce monde soit seulement, éventuellement, dans l'esprit du prof ne change pas grand chose au fait qu'on existe dans le monde qu'on se donne en référence.

Pour faire plus court : même si quelques profs de philo partent en délire, ça ne nous empêchera pas d'exister.

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Il y a 3 heures, Kristo (Christophe) a dit :

le fait que ce monde soit seulement, éventuellement, dans l'esprit du prof ne change pas grand chose au fait qu'on existe dans le monde qu'on se donne en référence.

😂

Excellent Kristo ! Tu commences à raisonner comme un philosophe relativo-immatérialisto-solipsiste !

Pour continuer la spéciale dédicace sur ce monsieur (Marc Halevy), spéciale dédicace @Christian GIRARD  cette fois ci :

Marc Halevy est l’auteur de l’ouvrage Les autres dimensions de l’esprit

Quatrième de couv (c’est moi qui glisse les smileys et qui graisse) :

Citation

La compréhension de l’esprit humain est aujourd’hui dans une double impasse : celle du psychologisme qui tente ses explications au travers de conjectures narratives, et celle du neuroscientisme qui cache à peine son jeu matérialiste pour réduire son objet à une mécanique neuronale dans une mauvaise analogie informatique. Ici, l’approche est autrement plus audacieuse. Elle s’appuie sur deux idées innovantes : appliquer à l’esprit les modèles holistiques de la physique des systèmes complexes, considérer que l’esprit est l’affaire du corps entier et non pas du seul cerveau. Et ça donne une révolution détonante. Détonnante par sa limpidité, par sa simplicité, sa profondeur et sa fécondité. Plus besoin du fatras freudien ou lacanien ni des entourloupes à la Dennett ou à la Changeux : tout s’éclaire. 🙄🤣
(…)
Tout pense. Tout sait. Tout retient. Chaque caillou est une mémoire géologique. Chaque arbre est une mémoire végétale. Et tout interagit avec tout, ce qui est bien le propre de l'intelligence : relier les entités entre elles, en réseaux. La révolution noologique est désormais en marche !


Hou la !!! Je me demande si le monsieur ne verse pas un peu dans le panpsychisme, un peu comme Jean-Emile Charon dont nous parlions ici même il y a quelques jours.

… Suite de la 4ème de couv (là encore c’est moi qui graisse) :

Citation

Marc Halevy est un physicien de la complexité (longtemps chercheur auprès du Prix Nobel Ilya Progogine) et un philosophe de la spiritualité.

🙄😲

Hou la la !!! Mais on est en pleine contravention avec le principe de séparation (ou "non-empiétement") des magistères là !!! 😂😂😂

 

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Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
Il y a 6 heures, Patrick (Shiva) a dit :

😂

Excellent Kristo ! Tu commences à raisonner comme un philosophe relativo-immatérialisto-solipsiste !

Ouah, super !

Heu... au fait, c'est un compliment ça ?

 

Il y a 6 heures, Patrick (Shiva) a dit :

Pour continuer la spéciale dédicace sur ce monsieur (Marc Halevy), spéciale dédicace @Christian GIRARD  cette fois ci :

Marc Halevy est l’auteur de l’ouvrage Les autres dimensions de l’esprit

Quatrième de couv (c’est moi qui glisse les smileys et qui graisse) :


Hou la !!! Je me demande si le monsieur ne verse pas un peu dans le panpsychisme, un peu comme Jean-Emile Charon dont nous parlions ici même il y a quelques jours.

 

Tout à fait, Thierry. Et en même temps, en tant que nouveau philosophe relativo-immatérialisto-solipsiste, je dirais même que c'est bien le corps entier qui doit être pris en compte dans l'évaluation de notre esprit, si tant est que tout notre système nerveux joue un rôle : depuis notre cerveau jusqu'aux bout de tous nos membres (oui, vraiment tous). La rétine par exemple est un prolongement du cerveau. Tous nos sens interagissent avec notre cerveau, par le biais des neurones et par les neurotransmetteurs, par les hormones qui circulent dans notre sang etc. L'ami Hans Moravec (dont j'ai reçu le nouveau livre, j'ai plus qu'à le lire, ça devrait pas être trop dur, 20 ans après, il ressemble beaucoup à l'autre) ne dirait pas mieux, je pense.

Mais en ce début de siècle de trouble métaphysique, il est temps que je vous laisse, dans une totale liberté d'esprit cosmique vers un nouvel âge réminiscent, comme dirait l'autre.

Publié le
Il y a 5 heures, Kristo (Christophe) a dit :

je dirais même que c'est bien le corps entier qui doit être pris en compte dans l'évaluation de notre esprit, si tant est que tout notre système nerveux joue un rôle : depuis notre cerveau jusqu'aux bout de tous nos membres (oui, vraiment tous). La rétine par exemple est un prolongement du cerveau. Tous nos sens interagissent avec notre cerveau, par le biais des neurones et par les neurotransmetteurs, par les hormones qui circulent dans notre sang etc.

Oui !

Et de la même façon nous pouvons dire que ce corps interagit avec son environnement, le sentiment de séparation de l'être humain avec l'environnement est illusoire (et quand je parle d'"environnement" je pourrais dire "univers"). C'est un peu le propos de Marc Halévy d'ailleurs... même si dire les choses comme ça (il n'y a pas de séparation entre nous et l'univers) peut facilement prêter le flanc à un procès en "new-Agisme". 🙂

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
Il y a 8 heures, Patrick (Shiva) a dit :

Oui !

Et de la même façon nous pouvons dire que ce corps interagit avec son environnement, le sentiment de séparation de l'être humain avec l'environnement est illusoire (et quand je parle d'"environnement" je pourrais dire "univers"). C'est un peu le propos de Marc Halévy d'ailleurs... même si dire les choses comme ça (il n'y a pas de séparation entre nous et l'univers) peut facilement prêter le flanc à un procès en "new-Agisme". 🙂


Alors là je n'irai pas jusque là...

La rétine est un prolongement du cerveau et est inclue dans le "système" si on considère un corps humain comme un système.
On ne peut pas en dire autant de l'environnement.

Ceci dit ça me rappelle certains écrits de Bernard Werber qui parle d'intelligence collective, il me semble, à propos des fourmis. Chaque individu fourmi n'est pas intelligente à elle seule, mais c'est l'ensemble de la fourmilière qui peut l'être pour résoudre des problèmes complexes (comme franchir un obstacle par exemple)

 

Publié le

La thèse de doctorat de François Kammerer (2016) portant sur l’illusionnisme en philosophie de l’esprit est disponible sous forme d’un épais ouvrage intitulé Conscience et matière - Une solution matérialiste au problème de l’expérience consciente.

Il a déjà été question de François Kammerer dans ce fil, notamment suite à sa vidéo d’entretien avec Mr Phi (ICI). Je rappelle, par ailleurs, que l’illusionnisme en philosophie de l’esprit consiste à dire que les expériences conscientes n’existent pas mais semblent simplement exister. Bref le parfum, le goût de votre café du matin ou même la douleur (coucou Kristo ! 😁) ne sont que des illusions. L’illusionnisme est une manière de contourner le problème difficile de la conscience en niant purement et simplement l’expérience consciente.


Je suis frappé de voir à quel point, l’argument central d’une telle position consiste à dire que c’est la seule manière de « sauver » le matérialisme. De ce point de vue, la quatrième de couv de l’ouvrage me semble être un éclatant aveu (c’est moi qui graisse) :

Citation

Voir une tache rouge, éprouver une douleur soudaine à l’épaule, sentir l’odeur du café, entendre le son d’une trompette : voilà des exemples typiques de ce qu’on appelle des «expériences conscientes». Ces expériences conscientes intéressent les philosophes de l’esprit depuis longtemps, notamment car elles semblent poser un problème fondamental à la conception matérialiste du monde. Il semble en effet extrêmement difficile de comprendre comment une expérience consciente – un vécu subjectif, qualitatif, éprouvé en première personne – peut provenir du fonctionnement du cerveau – un système certes complexe, mais purement matériel. Les expériences conscientes semblent tout simplement distinctes des processus purement matériels, et mettent donc en péril le matérialisme. Face à cette difficulté, de nombreux philosophes matérialistes optent pour une stratégie épistémique : ils affirment qu’il n’existe rien d’autre que de la matière et que, si le matérialisme concernant l’esprit nous semble faux, nos intuitions antimatérialistes peuvent être elles-mêmes entièrement expliquées dans un cadre purement matérialiste.
(…)
La conclusion de cet ouvrage est radicale : la manière la plus satisfaisante de défendre le matérialisme, et d’expliquer nos intuitions antimatérialistes dans un cadre matérialiste, conduit à l’illusionnisme concernant la conscience. Dans cette conception, les expériences conscientes, en un certain sens, n’existent pas, mais semblent simplement exister. Nous n’avons jamais d’expériences visuelles de taches rouges, ou d’expériences de douleur soudaine à l’épaule, même s’il nous semble parfois les avoir. La conscience n’est qu’une illusion introspective. Cette illusion de conscience, ainsi que le fait crucial que cette dernière soit si difficile à nous représenter comme telle (de sorte qu’à proprement parler l’idée que la conscience soit illusoire nous frappe inévitablement comme incohérente et «absurde»), sont expliqués dans un cadre purement matérialiste.

 

Comme l’explique fort bien François Loth (un autre philosophe de l’esprit) sur son blog (ICI) : Pour être illusionniste, il faut accepter un certain nombre d’idées prodigieuses (je dirais même qu’il faut avaler de sacrée couleuvres 😂) :

Citation

Néanmoins pour être illusionniste, pour adopter cette thèse de l’amputation cohérente du phénomène de la conscience, il nous faut accepter un certain nombre d’idées quasi prodigieuses. Y sommes-nous prêts ? Et si l’argument de l’illusion n’était qu’une sorte de mirage scientiste ! Soutenant la position réaliste, je sélectionne deux de ces idées qu’il nous faut accepter pour devenir illusionniste et sommairement en amorce l’argument. Donc pour devenir illusionniste, il nous faut :

1/ Accepter certaines intuitions fantastiques et croire que nous sommes des zombies.

2/ Soutenir un dogme nous invitant à ingurgiter un syllogisme du genre :

(i) Tout ce qui n’est pas explicable par une science physique est une illusion ; 

(ii) La conscience n’est pas explicable par une science physique ;

(iii) Donc la conscience est une illusion

 

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Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
Il y a 1 heure, Patrick (Shiva) a dit :

l’illusionnisme en philosophie de l’esprit consiste à dire que les expériences conscientes n’existent pas mais semblent simplement exister. Bref le parfum, le goût de votre café du matin ou même la douleur (coucou Kristo ! 😁) ne sont que des illusions.


Coucou.
J'ai même parfois l'impression que ce sujet entier est une illusion !
Mais peut-être que cette impression est une illusion... ce qui voudrait dire que ce sujet n'en est pas une.
Du coup, ça me rend un peu malheureux. Tu crois que je devrais consulter ?

Publié le
il y a 5 minutes, Kristo (Christophe) a dit :

J'ai même parfois l'impression que ce sujet entier est une illusion !
Mais peut-être que cette impression est une illusion... ce qui voudrait dire que ce sujet n'en est pas une.

😁

Typiquement une impression est une expérience consciente et, en matière d'expérience consciente, l'apparence est la réalité. Par ailleurs, il faut bien une conscience (et une expérience consciente) pour constater une apparence (ou une illusion). En ce sens je ne comprends pas l'argumentation illusionniste qui consiste à nier l'expérience consciente. Au pire on ne fait que déplacer le problème.

 

il y a 7 minutes, Kristo (Christophe) a dit :

Du coup, ça me rend un peu malheureux. Tu crois que je devrais consulter ?

😁

En tout cas tu es un des rares contributeurs réguliers à ce sujet depuis plusieurs années, il faut croire qu'il t'apporte quelque chose. Mais je ne veux surtout pas que ça te rende malheureux.

Un avis médical est toujours utile... Si tu consultes un psychiatre, interroges le sur le syndrome de déréalisation, ça me semble assez bien correspondre aux symptômes que tu décris. 😄😄

  • J'aime 1

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
Il y a 6 heures, Patrick (Shiva) a dit :

en matière d'expérience consciente, l'apparence est la réalité.


Qu'entends-tu par là ? (comme dirait Francis Blanche au Sâr Rabindranath Duval)

 

Il y a 6 heures, Patrick (Shiva) a dit :

En tout cas tu es un des rares contributeurs réguliers à ce sujet depuis plusieurs années, il faut croire qu'il t'apporte quelque chose. Mais je ne veux surtout pas que ça te rende malheureux.

Un avis médical est toujours utile... Si tu consultes un psychiatre, interroges le sur le syndrome de déréalisation, ça me semble assez bien correspondre aux symptômes que tu décris. 😄😄


Je crois qu'il faut surtout que j'arrête le LSD à haute dose... ou la philosophie relativo-immatérialisto-solipsiste... l'un ou l'autre c'est sûr.

  • J'aime 1
Publié le
il y a 51 minutes, Kristo (Christophe) a dit :
Il y a 7 heures, Patrick (Shiva) a dit :

en matière d'expérience consciente, l'apparence est la réalité.


Qu'entends-tu par là ? (comme dirait Francis Blanche au Sâr Rabindranath Duval)

 

C’est une autre façon de formuler l’évidence cartésienne : Ma conscience peut me tromper sur ce que je perçois mais il n’est pas concevable que je me trompe sur le fait d’être conscient.

Le serpent que je vois là sur le bord de la route n’est peut être qu’une corde mais mon expérience consciente de voir un serpent (plus tous les affects accompagnants cette expérience consciente le sursautement, la peur…) sont bien réels.

Il y a donc deux choses à séparer :

- le fait qu’il soit inconcevable que je me trompe sur le fait d’être conscient
- le fait qu’il soit possible que je me trompe sur ce que sont les choses parce qu’elles semblent autres

Ce qui amène à deux grandes questions :

- Est-il possible d’être trompé sur ce que sont les choses qui m’apparaissent ? (la science et la philosophie ont largement répondu oui à cette question)

et

- Est-il possible que l’apparition des choses à ma conscience soit une illusion ? (la science et la philosophie réponds plutôt non à cette question sauf les partisans du matérialisme éliminitaviste et de l’illusionnisme - sujet que j’abordais dans mon message de ce matin en parlant de l’ouvrage de François Kammerer)

J’ai emprunté la formulation "en matière d’expérience consciente, l’apparence est la réalité" au philosophe de l’esprit John Searle.

Il dit exactement :

Là où il est question de la conscience, l’existence de l’apparence est la réalité.
John Searle - The Mystery of Consciousness, 1997


Tu as plus d’info sur la page Wikipédia dédiée à John Searle ICI

Extrait :

Citation

Notamment, quand nous nous trouvons dans un certain état subjectif, il n’y a pas de distinction à faire entre apparence et réalité. L'ontologie subjective de la conscience recouvre bien des phénomènes “apparents” (les qualia), mais ces apparences elles-mêmes constituent la réalité de la conscience. Comme le dit Searle à maintes reprises, lorsqu'il est question de décrire la conscience, « l'apparence est la réalité », et il n'y a donc pas lieu de substituer à l'expérience subjective une ontologie matérialiste impersonnelle.

 

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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