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… Et bien sûr je répondrais que je ne suis pas convaincu par l’argument… Que les succès de la science ne nous disent rien de la nature de la réalité… Que l’objet d’une science « dure » comme la physique est de plus en plus insaisissable au fur et à mesure que la science avance… Et qui finalement la science ne fait que répondre à des questions simples du style « si je fais ça, j’observe cela » mais que l’objet même d’étude de la science (la "réalité") reste énigmatique, impénétrable, nébuleux, mystérieux.

J’ai lu avec grande attention Le grand Tout de Sean Caroll, un superbe ouvrage (best seller outre atlantique) écrit par un physicien de haut niveau qui se revendique matérialiste (naturaliste comme on dit dans les pays anglo-saxons).

Magnifique ouvrage qui offre une synthèse remarquable des connaissances scientifiques d’aujourd’hui. Tout y passe : de la cosmologie à la conscience en passant par le cerveau et la biologie.

Notons que d’après l’auteur

Citation

La conscience est certainement l’une des caractéristiques les plus subtiles et les plus difficiles à comprendre du monde que nous connaissons, et nous ne savons pas encore quelles sont les réponses finales.

Cela n’empêche pas Sean Caroll d’être très optimiste et de penser que la science a aujourd’hui atteint un point où nous comprenons (ou comprendrons bientôt) suffisamment le monde pour répondre aux questions fondamentales posées par le sens de l’Univers et la place que nous y occupons.

On sent une véritable ouverture philosophique, l’auteur semble connaitre en tout cas les grandes questions et problématiques de la philosophie.

Pourtant comme le dit un journaliste de Mediapat critiquant le livre 

Citation

 quand il s'agit d'interpréter ces connaissances au regard de ce que l'on pourrait appeler une philosophie du savoir, voire une métaphysique, il a du mal à ne pas reprendre ce qu'il faut bien nommer des poncifs.

La science est très efficace mais elle manque cruellement de vision. La philosophie en revanche est très forte pour poser les questions essentielles mais ces questions sont tellement essentielles et radicales que la philosophie y reste embourbée depuis des siècles (et je doute que contrairement à l'optimisme de Sean Caroll, la science puisse nous sortir de ce bourbier).

En tout cas il me semble qu'il faut les deux pour prétendre très modestement) à la connaissance

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Modifié par Shiva

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

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Publié le (modifié)
Il y a 7 heures, Christian Girard a dit :

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Hum ?! Sans aucun doute.

Mais pour être complet je rajouterais également que l’œil voit ce que l'esprit  s'attend à voir. C'est à dire que dans des circonstances données, l'esprit construit sa perception en rapport à sa préoccupation de l'instant.

 

 

JB

" Je n'ai plus rien à dire, je me suis tout dit"  Mais "ce n'est pas parce-que l'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule"

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Modifié par JacK Barlett
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Publié le
il y a 52 minutes, JacK Barlett a dit :

" Je n'ai plus rien à dire, je me suis tout dit"  Mais "ce n'est pas parce-que l'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule"

 

"Mesdames et messieurs... je vous signale tout de suite
que je vais Parler Pour Ne Rien Dire.

Oh! je sais!
Vous pensez:
"S'il n'a rien a dire... Il ferait mieux de se taire!"
Évidemment. Mais c'est trop facile! ... mais c'est trop
facile!

Vous voudriez que je fasse comme ceux qui n'ont rien a dire
et qui le gardent pour eux?
Et bien, non! Mesdames et messieurs. moi quand je n'ai rien
a dire
je veux qu'on le sache!
Je veux en faire profiter les autres!
Et si vous mêmes, mesdames et messieurs, vous n'avez rien a
dire, 
eh bien, on en parle, on en discute!
Je ne suis pas ennemi du colloque.
Mais, me direz-vous, si on parle pour ne rien dire, 
de quoi allons nous parler?

Eh bien, de rien! ... De rien!
Car rien, ce n'est pas rien!
La preuve, c'est que l'on peut le soustraire ...

Exemple:
Rien moins rien = moins que rien!
Si l'on peut trouver moins que rien, 
c'est que rien vaut deja quelque chose!
On peut acheter quelque chose avec rien!

En le multipliant!
Une fois rien... C'est rien!
Deux fois rien... Ce n'est pas beaucoup!
Mais trois fois rien,. Pour trois fois rien, on peut deja
acheter
quelque chose... et pour pas cher!

Maintenant, si vous multipliez trois fois rien par trois
fois rien:
Rien multiplié par rien = Rien.
Trois multiplié par trois = neuf.
Cela fait: rien de neuf!
Oui... Ce n'est pas de la peine d'en parler!

Bon. Parlons d'autres choses! 
Parlons de la situation, tenez! Sans préciser laquelle!

Si vous le permettez, je vais faire brièvement l'historique
de la situation Quelle qu'elle soit!
Il y a quelque mois, souvenez-vous, la situation, 
pour n'être pas pire que celle d'aujourd'hui. 
n'en était pas meilleur non plus!
Déja, nous allions vers la catastrophe et nous le
savions... 
Nous en étions conscient!

Car il ne faudrait pas croire que les responsables d'hier
étaient plus ignorants de la situation que ne le sont ceux
d'aujourd'hui!

Oui! la catastrophe, nous le pensions, était pour demain!
C'est-a dire qu'en fait elle devrait être pour aujourd'hui!

Si mes calculs sont justes!
Or, que voyons nous aujourd'hui?
Quelle est toujours pour demain!

Alors, je vous pose la question, mesdames et messieurs:
Est-ce en remettant toujours au lendemain la catastrophe
que nous pourrions faire le jour même que nous
l'éviteront?
D'ailleurs, je vous signale entre parenthèses que 
si le gouvernement actuel n'est pas capable d'assurer la
catastrophe.
il est possible que l'opposition s'en empare! "

"Parler pour ne rien dire". Raymond Devos.

 

Publié le
il y a 38 minutes, Kristo a dit :

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Du coup, est-ce que ton truc peut nous dire ce qu'il faut faire contre le charançon rouge qui attaque les palmiers, dans le sud de la France ?

Poussons la question encore plus loin : est-ce que le type de philosophie que j’expose sur ce fil depuis 110 pages peut aider quelqu’un qui a une grave maladie (voire une maladie incurable) ?

Je répondrais que pour quelqu’un qui est gravement malade, il faut, bien sûr, agir au niveau objectif et utiliser les moyens scientifiques et médicaux qui vont permettre soigner le mal ou de traiter la souffrance (soins palliatifs). Mais je ne pense pas que ça suffise : il faut aussi travailler au niveau subjectif (et donc sur sa conscience), pouvoir prendre du recul par rapport à sa maladie et à la perspective de sa finitude. Entrer dans une sorte de paix avec soi-même et ce qu’a été sa vie. Et c’est là qu’entre en ligne de compte d’autres facteurs que l’objectivité et la science pure. Avoir la capacité de s’identifier à autre chose qu’à son corps physique (et quand je dis ça je n’y met aucune connotation religieuse ou ésotérique) est quelque chose de très aidant (à mon humble avis). C’est là qu’il peut être intéressant d’avoir une vision un peu élargie de la réalité. :)

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le

Sinon... un concept que je ne connaissais pas et que j'ai découvert dans le bouquin de Sean Caroll :

Cerveau de Boltzmann

Bien expliqué ici aussi https://oksanaetgil.wordpress.com/2010/06/19/les-hallucinants-«-cerveaux-de-boltzmann-»/

(je crois qu'il y a de quoi nous occuper pour une dizaine de pages encore... désolé pour les noeuds au cerveau (de Boltzmann !)) :D

Ah... La Réalité !!! :D

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
Il y a 5 heures, Shiva a dit :

:D ;)

Je l'aurai peut être dit autrement au risque de faire des nœuds au cerveau de Kristo :

Tout objet de perception est le résultat d'un processus mettant en œuvre les sens et l'interprétation (et donc la mémoire) du sujet percevant.
Il n'y a pas un "réel" qui est donné là et qu'il suffirait de percevoir car l'acte de percevoir n'est jamais passif, c'est une construction impliquant l'objet et le sujet percevant.
Et comme je suis taquin et que j'ai tendance à pousser le raisonnement jusque dans ses derniers retranchements je dirais que Finalement peu importe que le "réel" existe ou pas car nous ne sommes jamais en prise avec le "réel" mais avec nos perceptions et notre interprétation du "réel".

 

Bah, tout ça ressemble comme deux gouttes d'eau a ce qui a été décrit il y a presque un siècle en physique, avec :

- les débats Bohr - Einstein et le fameux "Dieu ne joue pas aux dés"

- le problème de la dualité onde-corpuscule

- et surtout celui du principe d'incertitude (en résumé : pour mesurer la vitesse et la position d'une particule il faut lui envoyer un photon dans la tronche, ce qui influence la particule, on ne pourrait donc pas connaître avec certitude à la fois la position et la vitesse d'une particule)

Tout cela est valable, mais concerne la mécanique quantique, qui décrit les phénomènes à l'échelle atomique et subatomique !

A notre échelle, ces principes ne s'appliquent pas et on peut facilement constater qu'il existe bien un réel, mesurable et quantifiable (je répète à notre échelle). Si après avoir fumé trop de moquette on n'est pas sûr de nos perceptions (c'est vrai quoi, les marteaux existent t-ils réellement dans la nature?), on demande à des potes scientifiques de nous assister pour confirmer. Et puis, on utilise aussi des instruments de mesure, qui n'ont en général pas de problème de conscience, ils sont trop bêtes pour ça, pour l'instant.

 

il y a 39 minutes, Shiva a dit :

Poussons la question encore plus loin : est-ce que le type de philosophie que j’expose sur ce fil depuis 110 pages peut aider quelqu’un qui a une grave maladie (voire une maladie incurable) ?

Je répondrais que pour quelqu’un qui est gravement malade, il faut, bien sûr, agir au niveau objectif et utiliser les moyens scientifiques et médicaux qui vont permettre soigner le mal ou de traiter la souffrance (soins palliatifs). Mais je ne pense pas que ça suffise : il faut aussi travailler au niveau subjectif (et donc sur sa conscience), pouvoir prendre du recul par rapport à sa maladie et à la perspective de sa finitude. Entrer dans une sorte de paix avec soi-même et ce qu’a été sa vie. Et c’est là qu’entre en ligne de compte d’autres facteurs que l’objectivité et la science pure. Avoir la capacité de s’identifier à autre chose qu’à son corps physique (et quand je dis ça je n’y met aucune connotation religieuse ou ésotérique) est quelque chose de très aidant (à mon humble avis). C’est là qu’il peut être intéressant d’avoir une vision un peu élargie de la réalité. :)


Ok merci, je dirai ça aux palmiers.

 

Publié le
Il y a 17 heures, Kristo a dit :

Tout cela est valable, mais concerne la mécanique quantique, qui décrit les phénomènes à l'échelle atomique et subatomique !

Kristo, 

A aucun moment je n'ai évoqué la mécanique quantique dans mon propos (d'ailleurs tu remarqueras que je ne parle quasiment jamais de ce sujet que je ne connais pas assez).

J'ai dit (je cite) :

Citation

Tout objet de perception est le résultat d'un processus mettant en œuvre les sens et l'interprétation (et donc la mémoire) du sujet percevant.

C'est juste un élément somme toute assez basique de ce qu'on appelle en psychologie et en philo la théorie de la perception.

Et tu me réponds : "ça c'est valable pour la mécanique quantique" :$ ... je comprends mieux pourquoi nos échanges sur ce fil sont souvent assez compliqués.

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
Le 5 mai 2018 à 08:16, Christian Girard a dit :

on est loin de répondre à tout (et même très loin) mais il y a des avancées notables : on connaît une histoire à l'Univers, on sait que la matière se construit (exemple : de l'hydrogène aux atomes plus lourds qui apparaissent au sein des brasiers stellaires), que la vie évolue, qu'il y a une complexité croissante dans certaines structures

Ah tu envisagé l'hypothèse Omphalos ? :D

Citation

L'hypothèse omphalos est une tentative de réconcilier les preuves scientifiques que l'univers a des milliards d'années avec le récit de la création de la Genèse, ce qui implique que la Terre n'a que quelques milliers d'années.  Il est basé sur la croyance religieuse selon laquelle l’univers a été créé par un être divin, au cours des dix mille dernières années et que la présence de preuves objectives et vérifiables entièrement dû au fait que le créateur introduise de fausses preuves qui rendent l'univers beaucoup plus ancien. L'idée a été nommée d'après le titre d'un livre de 1857, Omphalos de Philip Henry Gosse, dans lequel Gosse soutenait que pour que le monde soit "fonctionnel", Dieu devait créer la Terre avec des montagnes et des canyons, des arbres avec des cernes, Adam et Eve avec les cheveux, les ongles et les nombrils (ὀμφαλός omphalos est le grec pour "nombril"), et donc aucune preuve empirique sur l'âge de la Terre ou de l'univers ne peut être considérée comme fiable.

Philip Henry Gosse était fou mais ses illustrations scientifiques sont incroyables

 

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
Il y a 10 heures, Shiva a dit :
Citation

 

Tout cela est valable, mais concerne la mécanique quantique, qui décrit les phénomènes à l'échelle atomique et subatomique !

 

Kristo, 

A aucun moment je n'ai évoqué la mécanique quantique dans mon propos (d'ailleurs tu remarqueras que je ne parle quasiment jamais de ce sujet que je ne connais pas assez).

J'ai dit (je cite) Tout objet de perception est le résultat d'un processus mettant en œuvre les sens et l'interprétation (et donc la mémoire) du sujet percevant.

C'est juste un élément somme toute assez basique de ce qu'on appelle en psychologie et en philo la théorie de la perception.

Et tu me réponds : "ça c'est valable pour la mécanique quantique" :$ ... je comprends mieux pourquoi nos échanges sur ce fil sont souvent assez compliqués.


Oui, tu te situes dans le domaine philosophique.

J'essaie d'apporter un point de vue scientifique.

Tu poses la question de l'existence de la réalité. Alors ok, la philosophie c'est une discipline du questionnement, elle apporte souvent plus de nouvelles questions que de réponses, et comme disait l'autre : en philo les questions sont plus essentielles que les réponses, ça discute et on tourne en rond, pas grave, en philo.
On peut poser des tas de questions délirantes, du genre "Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?", "Qu'arrive-t-il a ton poing quand tu ouvres la main ?" ou "Quand une voiture roule, est-ce que l'air à l'intérieur des pneus tourne ?"
Alors pas grave. Comme disait un autre : "La philosophie donne des réponses incompréhensibles à des questions insolubles."
La question de l'esprit et de la matière est sans doute la plus insoluble en philo. On peut en parler sans cesse sans jamais conclure. Le seul moyen d'en sortir, c'est peut-être de prendre du recul, en utilisant un raisonnement scientifique.

Alors en sciences, si tu demandes si la réalité existe, on te dira ben oui, t'es dedans (ce que tu peux retrouver en philo depuis un bail avec le fameux "je pense donc j'essuie").

Bon, en mécanique quantique ok, il y a des questions existentielles du genre, une particule qui passe en même temps dans deux trous différents, c'est très fort, et en on a la preuve, elle peut interférer avec elle même.

C'est l'expérience des fentes de Young, qui marche même si on balance les photons un par un, hein !

fentesy.jpg
Expérience des fentes d'Young. Si l'une des deux fentes est fermée, on observe l'image de diffraction d'une seule fente. Lorsque les deux fentes sont ouvertes, on observe une image d'interférence des ondes provenant des deux fentes

Et encore plus fort, l’intrication de deux particules corrélées à distance, avec l'expérience d'Alain Aspect (un français, oui madame) qui contredit les lois de la Relativité comme quoi aucune info ne pourrait circuler plus vite que la lumière, Einstein n'était pas content du tout qu'on prétende ce genre de trucs, et tout ça, ça va pouvoir s'utiliser pour faire des ordinateurs quantiques, capables de calculer des tas de choses en même temps ce qui exploserait les capacités des ordis actuels au point qu'un calculateur quantique de 300 bits quantiques permettrait de faire certains calculs plus vite qu'un ordinateur classique plus grand que l’univers observable lui-même. Si ça marche. Balaise, hein ?

Ok, mais ces comportements bizarres de la matière, c'est à l'échelle atomique, c'est à dire en dessous du milliardième de mètre. A notre échelle, même si on n'est pas grand et qu'on doit mettre des talonnettes pour accéder au pupitre, la science ne se pose pas ces questions existentielles.

Ah si, une si tu veux : la plus insoluble des questions est-elle soluble dans le whisky ?

Et pour conclure provisoirement, je citerai le grand PD (un grand penseur, Pierre Dac, tu peux pas dire le contraire) : A l'éternelle triple question toujours demeurée sans réponse: «Qui sommes-nous? D'où venons-nous? Où allons-nous?» je réponds: «En ce qui me concerne personnellement, je suis moi, je viens de chez moi et j'y retourne».

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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    Fabian VAND3RL!NDEN
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