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Peut-on ne pas croire ?  Sur la vérité, la croyance et la foi, de Jacques Bouveresse 

Citation

Tout en se disant incroyants, certains intellectuels se posent aujourd’hui en défenseurs de la religion au nom de choses comme le besoin de sacré et de transcendance, ou le fait que le lien social ne peut être, en dernière analyse, que de nature religieuse. Mais ce que l’on observe actuellement correspond sans doute moins à un « retour du religieux » qu’à ce que Musil appelait la « nostalgie de la croyance », qu’une époque par ailleurs foncièrement incroyante a une tendance fâcheuse à confondre avec la croyance elle-même. Et ce à quoi nous sommes confrontés est en réalité bien plus une utilisation nouvelle de la religion – dans ce qu’elle peut comporter de plus traditionnel et même de plus archaïque – par le pouvoir et la politique, qu’un renouveau religieux proprement dit. En ouvrant une brèche dans nos certitudes les plus fondamentales en matière de théorie de la connaissance et d’épistémologie, le postmodernisme a pris, consciemment ou non, le risque d’encourager les religions à s’y engouffrer, avec l’espoir de réussir à récupérer une partie de l’ascendant qu’elles ont exercé pendant longtemps sur le monde intellectuel lui-même et perdu ensuite largement au profit de la science moderne.

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Publié le (modifié)

Sublime ! 🙂

"Mais après ce passage par l'Orient, plus possible d'en revenir à un Dieu au visage humain, qui mettrait l'homme au centre de l'univers, et ne s'occuperait que de nos petites affaires.
Maintenant il me fallait un Dieu pour tous les vivants, et même pour les pierres et le feu du ciel.
Un ciel ouvert au foisonnement du monde. 
Un Dieu de reliance, joignant la terre au ciel par la puissance de sa trompe d'éléphant.
De l'hindouisme, je garderai le goût de la fusion cosmique.
Du bouddhisme, la radicalité de son scepticisme.
Du christianisme son amour des humains.
Et tout cela je le mettrai à ma sauce, pour tomber amoureuse du monde."

Sandrine Willems- Devenir oiseau, introduction à la vie gratuite

Modifié par Patrick (Shiva)

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
Il y a 6 heures, Patrick (Shiva) a dit :

De l'hindouisme, je garderai le goût de la fusion cosmique.
Du bouddhisme, la radicalité de son scepticisme.
Du christianisme son amour des humains.
Et tout cela je le mettrai à ma sauce, pour tomber amoureuse du monde."

... « Et je nommerai cela le patchworkisme. » 😂

Plus sérieusement : c'est très à la mode (et pourquoi pas) d'aller piocher un bout par-ci et un bout par-là dans les différentes "spiritualités" (mais pas dans toutes, à l'évidence). Ceci dit, on voit bien en l’occurrence que le dieu obtenu repose sur une recette maison, à chacun de le composer "à sa sauce" pour reprendre les termes de l'autrice. Dieu n'est plus source du monde mais il est le produit d'une construction humaine, de désirs ; il est donc de fait aussi multiple qu'il y a et qu'il y a eu d'esprits pour le penser. Selon moi ce joli texte poétique parle moins de Dieu que du lien de l'Homme à la Nature et de son rapport aux autres. 

Publié le
il y a 39 minutes, Christian GIRARD a dit :

« Et je nommerai cela le patchworkisme. » 😂

Ou bien... Syncrétisme ! 

... Ma foi tant que c'est fait en conscience ! 

 

il y a 40 minutes, Christian GIRARD a dit :

Selon moi ce joli texte poétique parle moins de Dieu que du lien de l'Homme à la Nature et de son rapport aux autres. 

Si ce lien de l'être humain à la nature et aux autres (et j'ajouterais à lui même !) est aussi ce qu'on appelle dans certaines traditions la "Présence" ou "l'Être" (en gros le sentiment d'exister et de faire partie d'un grand Tout) c'est exactement cela qui est appelé "Dieu" ici... Ayant lu son livre, je ne pense pas trop trahir la pensée de Sandrine Willems en disant cela. 

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le (modifié)
il y a 58 minutes, Patrick (Shiva) a dit :

en gros le sentiment d'exister et de faire partie d'un grand Tout) c'est exactement cela qui est appelé "Dieu" ici...

Merci pour cette précision. Ce qui prouve à quel point il est nécessaire de définir le dieu qu'on évoque quand on parle de dieux. Et (je parle vraiment pour mon cas) j'ai également ce sentiment d'exister et de faire partie d'un grand Tout (d'ailleurs ce n'est pas qu'un sentiment mais aussi un constat intellectuel) et pourtant je n'appelle pas cela Dieu. 

Modifié par Christian GIRARD
Publié le
Le 12/12/2019 à 11:26, Kristo (Christophe) a dit :

D'accord ! Va pour le luciférisme.

260px-Lucifer_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Lucifer_(série_télévisée)

Lassé et fatigué d'être le « Seigneur des Enfers », Lucifer Morningstar abandonne son royaume et s'en va à Los Angeles où il est propriétaire d'une boîte de nuit appelée « Lux ». Lucifer a reçu le don de contraindre les gens à révéler leurs désirs les plus profonds. Un soir, Lucifer assiste au meurtre d'une chanteuse pop devant son club. Il décide donc d'aller à la recherche du coupable et croise sur son chemin une policière nommée Chloe Decker qui résiste à son don et lui met des bâtons dans les roues.

Pendant que Lucifer Morningstar et Chloe Decker font équipe pour trouver le meurtrier, Dieu envoie l'ange Amenadiel sur Terre pour convaincre Lucifer de régner à nouveau sur l'Enfer.

Publié le

 

il y a 22 minutes, Kristo (Christophe) a dit :

Lucifer Morningstar abandonne son royaume et s'en va à Los Angeles où il est propriétaire d'une boîte de nuit

Cette série n'est quand même pas très intéressante... Les situations exposées sont même le plus souvent assez ridicules. 

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    • @Philippe SACCOMANO, oui j'imagine bien le contexte 🙂 Ce qui fait que la spectatrice n'a pas trop le temps de comprendre ^^ @Clément D'UZER, ben en fait ce qui me fait dire ça, c'est en partant d'une base où l'on sait que le surnaturel à ce niveau n'existe pas (du moins pour les gens un minimum cartésiens, rationnels ˆˆ), du coup le contexte tend plutôt à ce laisser bluffer plus que d'assister à quelque chose de surnaturel, du coup le trucage aussi discret et inimaginable soit-il, apparait comme une évidence. Ce qui est le cas la plupart du temps, le challenge étant d'arriver à faire oublier au spectateur de réfléchir (cf Tamariz illusioniste/magicien). Pour reprendre l'exemple des dynamics coins je pense que le fait que ca se fasse par l'intermédiaire d'un objet comme celui-ci change la donne, encore une fois ce que je trouve un peu too much c'est justement son coté trop direct, et les pièces dans le quiver ne pèse pas trop à côté de la disparition (avant de savoir qu'elles ont voyagé) qui est trop woaw!, et d'ailleurs pour le coup je te rejoins sur le point que le trucage d'une pièce à ce niveau est plus compliqué à imaginer que celui d'un portefeuille (les systèmes de double fonds étant déjà très connus par le publique). Après c'est juste un avis,  certes en tant que spectateur initié, et il est clair que j'imagine aussi très bien l'effet woaw et la surprise incroyable que cette spectatrice à pu ressentir (même un peu surjouer), et c'est vrai qu'on peut conclure qu'il a fait du beau boulot, mais là où ce que je développe trouve son sens, c'est que l'interrogation pourrait durer plus longtemps après le tour (trucage ou manipulation, tous les chemins magiques s'ouvrent à l'esprit ˆˆ)  
    • L'ouvrage "Psychologie de la magie" de Alice Pailhès et Gustav Kuhn (C.C. Éditions) contient un chapitre très éclairant sur le sujet. Il répertorie plusieurs définitions et classifications proposées par les magiciens (Ascanio notamment) pour en livrer ensuite une très riche sous l'angle de la psychologie. Très intéressant, comme tout le reste de l'ouvrage qui présente une autre façon de penser la structure et l'impact de nos routines.
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