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Patrick FROMENT

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Tout ce qui a été publié par Patrick FROMENT

  1. Il y a à dire sur plein de thèses de doctorat et autres travaux académiques (j'ose à peine dire la totalité... mais, après tout, l’étymologie de thèse est "pose" ou "position", c'est donc un travail personnel où l'auteur expose une position personnelle (basée sur des recherches et soumise à un regard de tiers qualifié mais une position personnelle qu'il doit, ensuite, défendre devant un jury, c'est là la fonction de la soutenance)). Les dénonciations militantes de quelques cas médiatisés (ceci est un autre cas) ne doivent pas être l'arbre qui cache la forêt (je veux dire, qu'à mon avis, tu peux faire le même genre de polémique sur un nombre monstrueux de thèses de doctorat).
  2. Oui c'est une des manières d'envisager la question. Merci, au passage, et félicitations pour ton œuvre picturale qui témoigne du fait que cette question te taraude depuis longtemps (comme moi ). En formulant "Les illusions font notre réalité" on peut aussi comprendre que l'apparence c'est la réalité ou il n'y a rien d'autre que les phénomènes (je m'aventure un peu et je vais au delà de ton propos mais c'est pour le clarifier ). "Les illusions font notre réalité" peut vouloir dire aussi que le mode normal d'accès au réel est l'illusion. Du coup on peut comprendre cela comme le fait qu'il y a une différence ontologique entre ce qui serait le "réel" et les "apparences" ou les "phénomènes". Bref, comme tu le vois, ta phrase peut être interprétée métaphysiquement de beaucoup de manières. Si on dit "la réalité c'est les phénomènes" (c'est à dire ce qui apparait - je rappelle au passage que l'étymologie du mot phénomène est apparence), je pense que les matérialistes, physicalistes et naturalistes seront d'accord. Et si on comprend ta phrase comme une différence de nature ontologique entre l'apparence et la réalité, tu vas alors rallier les spiritualistes de tout poil qui pensent que la "vraie réalité" est ailleurs (et, en tout cas, pas dans les phénomènes). Ton œuvre peut être interprétée de plein de façons différentes, ce qui prouve que tu es un vrai artiste ! La question de l'apparence et de la réalité peut être considérée comme le problème fondamental de la philosophie. Et cette question existe aussi en Orient. Dans le bouddhisme, pour ne citer que cette tradition, on parle des Deux vérités (ou deux réalités, à savoir : réalité relative et réalité ultime). Notons que le bouddhisme règle la question ontologique d'une manière originale : Il n'y a pas de différence intrinsèque entre les deux niveaux de réalité, c'est simplement le point de vue ou l'état de conscience qui fait la différence entre le relatif et l'absolu.
  3. Parmi les nombreuses contributions à ce sujet, il y a l'excellent colloque de 2014 de l’École Nationale Supérieure de Lyon (du coup ça fait écho à nos derniers échanges sur le lien entre la "conscience" et la "réalité") La raison et le réel : questions épistémologiques | 22 mai 2014 Il y a, sur la page, mise en référence des liens vers les vidéos des conférences du colloque dont Michel Paty : La pensée scientifique comme expérience de la réalité du monde. La microphysique parmi les sciences et Michel Bitbol : La physique quantique: une théorie physique sans représentation de la réalité ?
  4. Pour la petite histoire (et pour clore le hors sujet) le philosophe Patrice Guinard (lui même auteur d’une thèse sur le thème de l’astrologie) a recensé un siècle de thèses doctorales universitaires sur le thème de l’astrologie. ICI Il est lui même l’auteur d’un article assez critique sur la thèse d’Élisabeth Tessier et le "blanchiment du commerce horoscopique". ICI
  5. Pour moi cette polémique est plus révélatrice du mode de fonctionnement des hautes instances académiques et universitaires de notre pays que de la qualité du travail d'Élisabeth Tessier (et un peu, aussi, de l'acharnement militant dont peut faire preuve la zetetico-sphère rationaliste ). Comme cela a déjà été pointé, tout ce qu'on peut reprocher à la thèse d'Élisabeth Tessier, et à son jury, peut aussi être reproché à un nombre impressionnant de thèses et de travaux académiques.
  6. Oui ! Ce fil n'est pas qu'un recueil de théories métaphysiques abscondes. Il est aussi l'expression d'une profonde humanité et d'une profonde amitié... sans concessions ! (Merci pour ce rappel de mes envolées lyriques d'il y a un peu plus de deux ans au retour de la vallée de Katmandou je devrais y retourner plus souvent )
  7. Sachant que ce que tu appelles "affaire polémique" est très souvent le fait que cette personne ait été, par exemple, l’auteur d’un ouvrage dont le thème était (plus ou moins) la parapsychologie ou des hypothèses de nature métaphysique ou, encore, dans ce cas, le fait que la personne ait accepté d’être membre du jury de la soutenance de thèse d’Elisabeth Tessier (quel scandale !). Pour moi cela renseigne simplement sur la personne et sa sensibilité. C’est à prendre en compte dans son propos bien sûr (le fameux « d’où il parle ? ») mais ce n’est pas une "affaire polémique" et en tout cas ce n'est pas suffisant pour le disqualifier (il n'y a d'ailleurs aucun rapport entre la thèse d'Elisabeth Tessier et le propos de Françoise Bonardel dans la vidéo mise en lien par @Christian DELAMORINIERE). Quant au travail d’Elisabeth Tessier je me garderais bien de le juger n’étant pas sociologue et n’ayant pas lu les 900 pages de sa thèse.
  8. Aucun agacement pour moi Je suis d'accord avec toi mais il semble que notre avis soit loin de faire l'unanimité. Pour beaucoup de personnes (qui n'ont pas forcément réfléchi à ces questions, certes) la perception n'est rien d'autre qu'une sorte de fenêtre ouverte sur le monde.
  9. « la science décrit la réalité. Or nous ne savons pas ce qu’est la réalité » Albert Einstein D'ailleurs des questions comme "Qu'est ce que la réalité ?" ou "La science décrit-elle la réalité ?" ne sont pas des questions scientifiques mais bien des questions, effectivement, philosophiques, épistémologiques voire métaphysiques. Je ne suis même pas certain qu'une affirmation comme "la science décrit la réalité" soit très pertinente, ni très scientifique pour le coup. Je formulerais plutôt les choses ainsi : "la science décrit (et explique) les phénomènes". Du coup cela amène à considérer la différence entre "réalité" et "phénomène", thème qui a déjà été abordé par ici (mais on peut y revenir ).
  10. Si certains esprits pourront être interpellés ou questionnés par la pertinence, la force et l'importance de cette question trop souvent ignorée (comme cela semble être le cas d’Étienne Klein qui semble quand même être un peu titillé par le "truisme") ce sera déjà très bien !
  11. J'ai déjà dit maintes fois que nous sommes tous d'accord avec ça et que même George Berkeley qui niait la matière ne niait pas qu'il y ait une réalité (simplement la réalité il l'appelait "Dieu"). Quand à la question de savoir si le fait que tout part de notre esprit et de notre perception est un fait totalement évident et mineur (un truisme) ou bien l'élément fondamental de toute théorie scientifique, métaphysique ou épistémologique c’est, pour moi, une des pierres angulaires (et du coup une des pierres d’achoppement) de la vaste question qui est formulée dans ce fil depuis bientôt 200 pages. Pour le dire autrement : Le fait qu’il faille être conscient et que "l’être-conscient" soit le préalable de toute thèse sur la réalité, sur le monde ou sur la conscience et son origine est-il une évidence négligeable ou une difficulté aporétique majeure ? (pour ne citer que deux hypothèses contraire et un peu extrêmes) La question, pour moi, n'est pas tranchée depuis des siècles de philosophie et de science (et n'est pas près d'être tranchée). Elle ne le sera pas plus ici mais c'est un plaisir de partager et de lire les apports de chacun.
  12. Oui c'est le cas de beaucoup de thèses (que ce soit en sciences humaines ou sciences "dures"). Dans un nombre significatif de cas, le doctorant va lui même choisir son directeur de thèse en fonction de son sujet, lequel directeur de thèse va effectivement choisir un jury "idéalement" composé. Pour exemple Richard Monvoisin a choisi Henri Broch pour diriger sa thèse Pour une didactique de l’esprit critique : Zététique et utilisation des interstices pseudoscientifiques dans les médias.
  13. Il est donc un peu étonnant que les rationalistes s’acharnent sur la thèse de sociologie de Mme Tessier (allant jusqu’à stigmatiser de cette "tache" l’article wikipédia des membres de son jury de thèse ) alors qu’il existe des centaines de travaux académiques sur des sujets "irrationnels" envisagés d’un point de vue historique, sociologique, psychologique, philosophique….
  14. Petite précision au sujet de la liste de thèses sur des thèmes tels que l’astrologie, la parapsychologie, les médecines parallèles… : Ces travaux peuvent prendre place dans de nombreuses disciplines, en général dans le champs des sciences humaines (philosophie, psychologie, sociologie, histoire, sciences de l’éducation, ethnologie…), parfois médecine ou éthique médicale (pour l’étude de l’impact des médecines dites "alternatives" ou "complémentaires"). Je ne préjuge en rien des croyances des auteurs de ces travaux qui néanmoins transparait parfois dans leur travail académique… et qui montre souvent un grand éclectisme ! … Par ailleurs, le choix même d’un sujet de thèse en dit souvent long sur son auteur !
  15. La voila donc marquée au fer rouge ! Notons qu'Elisabeth Tessier n'est pas la première à soutenir une thèse sur le thème de l'astrologie. Certaines thèses sont d'ailleurs bien plus partisanes que celles d'Elisabeth Tessier. Celle de Maryam Kadivar, par exemple, soutenue en 1988 à Paris 8 en Sciences de L'éducation : Il y a aussi tous les travaux académiques ci-dessous qui posent souci (la liste n'est pas exhaustive, j'aurais pu en proposer des centaines). Là encore, je propose que les auteurs de ces torchons soient marqués au fer rouge, que leurs directeurs de thèse soient frappés d'indignité nationale et que les membres de leur jury soient exclus de l'université http://www.theses.fr/1989PA080329 http://www.theses.fr/1993PA010569 http://www.theses.fr/2003EHES0250 http://www.theses.fr/2015CAEN1018 http://www.theses.fr/1993MNHN0026 http://www.theses.fr/1996LYO20027 http://www.theses.fr/1989NICE2002 http://www.theses.fr/2001INAL0025 http://www.theses.fr/2004METZ009L http://www.theses.fr/2011METZ005L http://www.theses.fr/2001PA05H053 http://www.theses.fr/s238573 http://www.theses.fr/2011METZ005L http://www.theses.fr/1996BOR2M082 http://www.theses.fr/2014PA05D015 http://www.theses.fr/2016USPCC112 http://www.theses.fr/1990TOU31525 Pour en revenir à Françoise Bonardel (que je respecte profondément et qui fût une des mes professeurs), elle a été impliquée dans la soutenance d'au moins 16 thèses (source). Je m'interroge, parfois, sur les motivations de certains contributeurs à Wikipédia... C'est un autre sujet mais ce document montre bien certains biais et limites de ce fantastique outil qu'est Wikipédia (outil largement utilisé sur ce fil par moi même et par d'autres) :
  16. On considère, habituellement, que la conscience, la raison, l’entendement ou la perception nous permettent d’appréhender et de parler d’une "réalité" (extérieure à la conscience). Ce que pointent Pascal Nouvel ou Michel Bitbol à la suite de David Hume, Edmund Husserl et bien d’autres c’est, simplement, l’hypothèse que la conscience, la raison, l’entendement ou la perception parle plus de notre esprit que de la "réalité".
  17. Merci ! C’est effectivement très intéressant et ça éclaire bien des débats que nous avons eu ici. Certaines phrases me font évidemment penser aux travaux de Michel Bitbol (mais ce n’est pas très étonnant puisque il est question d’Husserl et que Michel Bitbol est directeur de recherche au CNRS aux Archives Husserl). Je n’en citerais qu’une (la plus fondamentale pour moi) : « C’est la conscience elle même en tant qu’elle est la condition d’apparition de toutes les choses qui est originaire » (44:43) Et à 46:03 le cercle dans lequel nous tournons toi et moi, par ici, depuis des années est parfaitement décrit.
  18. Un article totalement édifiant sur les dégâts humains et psychologiques de la gestion de la crise : Confinement: «La vague de dépression qui arrive est inédite par son ampleur» J’aime beaucoup la conclusion de l’article qui n’est pas une critique de la raison mais d’une sorte de "sur-raison" totalement déshumanisée.
  19. L'objectivité scientifique et la subjectivité existentielle ne font pas bon ménage. La première doit instaurer une systématique de procédures de recherche du vrai, quand la deuxième ne peut que nous surprendre par son imprévisibilité, nous dérouter, nous faire perdre le bon sens. Jacqueline Beslot Dictionnaire de la sexualité humaine
  20. Une des autres possibilités au delà des trois hypothèses formulées par Aurélien Barrau est la vision que Matthieu Ricard expose dans le chapitre 3 de L’infini dans la paume de la main : Bon... c’est encore de la métaphysique mais comme le dit, François Jacob : toute hypothèse sur l’origine du monde et de son "pourquoi" est exclue de la recherche scientifique et relève (pour l’instant) de la religion, de la métaphysique voire de la poésie.
  21. Hou la ! Je me garderais bien de faire une exégèse, des déductions et des extrapolations pour connaitre quelle est la conception de la conscience de Trinh Xuan Thuan. Les chapitres 11, 12 et 13 de L’infini dans la paume de la main traitent du thème de la conscience mais Trinh Xuan Thuan n’y fait, essentiellement, que poser des questions à Matthieu Ricard sans se positionner lui même. Par contre sur le principe anthropique Trinh Xuan Thuan n’a jamais caché ses options métaphysiques : Du coup, est-ce que le principe anthropique fort laisse entendre que la conscience est un phénomène émergent qui apparait après un certain stade d’évolution de la matière ou bien peut-on considérer que le "principe créateur" est, déjà, une forme de conscience qui préexiste à l’univers ? ... Je te laisse apprécier librement !
  22. A 30:00 Aurélien Barrau résume assez bien les trois solutions possibles : un hasard totalement improbable, un principe créateur ou le multivers. Trinh Xuan Thuan explique déjà depuis longtemps que si nous "croyons" () au hasard c’est nécessairement la solution du multivers qui s’impose (c’est assez bien expliqué dans la vidéo ci dessous). Ou… Peut-être le souci est lié à notre entendement humain incapable d’appréhender de tels mystères ! https://youtu.be/X2jBFeg6MHc
  23. Et pour continuer sur le "match" dont parle Étienne Klein entre connaissance et croyance. Il serait déjà utile de savoir ce qu'est la différence entre connaissance et croyance ? (Merde ! Encore une question philosophique !) Peut-on aborder cette question sans soulever le lourd débat entre "subjectif" et "objectif" et "vrai", "nécessairement vrai", "pas nécessairement vrai"... (Put*** toujours de la philosophie !) Y a-t-il une différence si fondamentale que ça entre connaissance et croyance ? La connaissance n'est-elle qu'une croyance en laquelle nous avons une très forte confiance ? Une manière de répondre à ça est de dire que la différence entre une connaissance et une croyance est le nombre d'indices et la qualité des indices qui y mènent. Il convient, cependant, de rappeler que les preuves n'existent qu'en mathématiques et en logique formelle. Je passe sur la question de savoir si les mathématiques et la logique sont des constructions de l'esprit humain... Bref, pour répondre à toutes ces questions, la science ne nous est d'aucune utilité. C'est encore (et toujours) de la philo !!!
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