Aller au contenu

Recommended Posts

Publié le (modifié)
Il y a 4 heures, spankyfab a dit :

C'est passionnant. Du coup je me pose une question... Est-ce que l'on sait déjà qui on a rencontré ? Je m'explique 🙂 J'ai eu le plaisir de rencontrer quelques personnes au cours de ma vie qui ont été très stimulante dans mon parcours, certaines d'entre elles sont - c'est ma croyance - amené à devenir de "grands noms" de notre milieu. Mais il faudra peut-être encore 20 ans ou 30 ans pour que leurs noms soient associés à leurs apports dans le milieu magique et que nombre de personnes disent "quand j'avais rencontré untel en 2019 etc...". Je sais pas si je suis clair 😄 

C'est effectivement très clair, Fabien 🙂 , et cela répond peu ou prou à la question subsidiaire (**) que je me pose plus généralement concernant les grands noms des arts et lettres. Cependant si cela semble coller avec nos maîtres magiciens (voir ceux qui sont aujourd'hui considérés comme des références et qui dans les années 70 avaient juste une notoriété. OK c'est un bon élément avec lequel j'alimente la réponse à ma question). Je suis moins convaincu si l'on s'aventure côté littérature, par exemple mais c'est peut-être du aussi à mon manque de culture en la matière (c'est possible aussi 😜).

Bref, revenons à  moutons (avant l'aïd lol) et considérons la question initiale. Tout d'abord, j'évacue assez rapidement - peut-être à tort - l'aspect "l'artiste est top, l'homme est une crevure" car ce n'est pas mon propos ici (ou alors y a plus que des crevures et ceci pourrait aussi expliquer cela mais je n'espère quand même pas). 

Sans idolâtrer qui que ce soit - et je rejoins Bruno sur ce point - on peut faire des rencontres avec des gens intéressants voire même passionnants et partager, échanger avec eux. Or les rencontres que vous évoquez - César, par exemple - ne relèvent pas tout à fait de ces rencontres " à la Bernard Bilis" je dirais. Ou alors je me trompe et j'interprète mal le propos. Pour que ce soit aussi plus clair, j'ai moi-même rencontré beaucoup de monde dans ce petit milieu de la magie depuis que je le fréquente mais je ne crois pas avoir eu une relation type Bilis-Vernon. Je ne compte pas les artistes qui sont devenus des copains et de fait, je me demande si je n'ai pas tort du coup. En même temps, pour revenir sur le propos de Georges, les artistes pro et/ou connus qui sont devenus des copains ne sont pas nombreux car effectivement il y a finalement beaucoup de gens inintéressants - pour rester poli - dans ce milieu.

En outre, il faut aussi être lucide, le partage et/ou l'échange implique un apport des deux parties or, en ce qui me concerne par exemple, ce que je pourrais montrer d'intéressant à un maître magicien - disons cela comme ça - existe mais reste très limité. Je veux dire par là que lorsque Bernard Bilis a rencontré Dai Vernon, manifestement il lui a montré des choses et/ou dit des choses qui ont intéressé le Professeur.

En outre, disant cela, je me rends compte aussi que je place la constatation initiale du point de vue du "jeune padawan", il faudrait peut-être demander à nos "références" si elles partagent déjà la problématique. 

@Gaëtan BLOOM - au hasard 😜 - si tu passes par ici 😉 , penses-tu que les rencontres telles que tu en as vécu dans ta jeunesse,  existent encore aujourd'hui ?

Modifié par Woody (Philippe)
Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
Publié le
Citation

[...]Tu bois tranquillement ta pinte en partageant ta magie avec d'autres! Puis tout à coup, sans crier gare, arrive à ta table Bebel, Peter Turner ou encore Robert Ramirez qui vient avec le seul but de partager un bon moment et échanger!
Certes ce n'est pas aussi intimiste que ce qu'a pu vivre Bernard Bilis mais c'est un vrai plaisir de parler et d'échanger même brièvement avec ces personnes.[...]

Cela s'en approche en tous cas 🙂 . Merci Arnaud.

Citation

Nul ne connait les futurs grands de demain... Même si des fois des attitudes, des comportements ou le talent peuvent laisser présager quelque chose...[...]

Dans ce cas combien d'années de recul faut-il avoir ? Un artiste qui aurait marqué les années 70, par exemple,  peut-il être considéré comme un "grand d'hier" pour ceux d'aujourd'hui ?  C'est un peu tarabiscotée comme formulation j'en conviens mais cela exprime bien ma pensée. En d'autres termes, combien d'année doit-on attendre pour avoir la confirmation que cet auteur des années xx soit un Zola contemporain (si on se place côté littérature) ? 

Pour ma part, et pour l'anecdote, le seul auteur aujourd'hui dont je pense que dans plusieurs décennies on le citera comme l'égal d'un auteur classique est Michel Houelbecq. Fin de parenthèse.

Citation

[...]Pour ma part, ayant organisé moultes conférences et journées magiques, j ai pu rencontrer et échanger avec les magiciens que je rêvais de rencontrer  certains étaient sympas et d autres moins... Mais la vie est comme ça et il faut prendre le meilleur de ces rencontres

Cela rejoint les propos de Georges et de Marcus. Nous avons tous rencontrés des artistes dont l'attitude n'était pas celle à laquelle on aurait pensé (je suis si diplomate que je me demande si je suis pas en train de me ramollir, tiens), que ce soit des acteurs, des chanteurs ou des magiciens. Pour ma part, j'évite absolument de rencontrer des potes de VM dans la vraie vie, par exemple, j'ai trop peur qu'ils soient déçus 😝.

  • Haha 4
Publié le

www.illegalmagicclub.com va remettre les choses en place !

Dans le passé nous avons eu Tamariz, Kevin James,  @Gaëtan BLOOMet @Bébel bien sûr, Marc Wilson, Brachetti, @Romaric, @Eric ANTOINE avant qu'il est devenu célèbre, @MaX Le RiocheT notre premier président, les filles du Crazy et du Lido, @David BURLETqui nous a fait ce site, @Xavier HODGES, @Fred RAZON, Gilles Arthur qui nous avait projeté les Mandrakes en avant-première, @Jean-Luc BERTRAND avec sa troupe, @Jérémy BRACCO, @Peter DIN, @Sébastien Mossière, Isadora, Deciron, Christophe Henriet le producteur tv,  David Stone, @Norbert FERRÉ bien sur, @Didier RATCEKOU, @Arthur CHAVAUDRET (Ticho), Nestor le ventriloque, @Nestor HATO, Laurent Crespo, Tom Verdier avec sa copine Amelie Nothomb, Camersini, @Balthazar C-P, feu Hourdequin avec sa fille Sophie, @JacK BARLETT et plein d'autres que j'ai oublié de citer...!

Finalement Alpha qui m'a fait la meilleure séance de close up impromptu que j'ai jamais vu,  et plein de jeunes, des vieux, des alcooliques, des drogués, l'équipe de "la clique". Personne n'était annoncé, ça se décidait le jour même.
Gaetan nous a emmené le monde entier.

Maintenant c'est fermé,  la sauvagerie joyeuse avec les afters chez "Denise" ou au Marais a déjà disparu avant l'apparition du Covid.

Mais si ça recouvre, tout est a reconstruire, même si je suis le fondateur, tout seul je n'arrive pas. Et vive notre président @Guillaume FOULON (Guyom)!

Nostalgiquement otto 

  • J'aime 5

www.ottowessely.fr

Publié le

 

Il y a 5 heures, Woody (Philippe) a dit :

Pour ma part, j'évite absolument de rencontrer des potes de VM dans la vraie vie, par exemple, j'ai trop peur qu'ils soient déçus 😝.

C'est pour ça que t'as pas voulu me voir il y a quelques jours 😉

tux_woody_aime.png.f5eafc1188e1c557017fe3de78cd7ba5.png

Bob

  • Haha 2
Publié le

Difficile de donner un avis à Woody sachant qu'entre l'époque de la rencontre de Dai Vernon -  Bernard Billis et aujourd'hui le contexte social et "historique" a énormément changé.

Je me souviens de mon enfance dans les années 70... la magie c'était essentiellement à la télé. Mes repères s'appelaient Majax, Webb et Garcimore... Dai Vernon était totalement hors de mon radar de môme.

Mes faibles tentatives de moldu pour accéder à un peu de savoir magique avaient pour terminus la boite de magie de Noël et peut être quelques ouvrages grand public dans la librairie de ma ville.
Je ne parle même pas de l'achat d'un paquet de carte digne de ce nom (impossible de reproduire l'éventail parfait du bouquin avec le jeu de carte familial). Hors de cela tout était plutôt confidentiel (pas d'internet à l'époque) et réservé à des cercles étroits (j'habitais à Nice à cette époque et j'apprendrai plus tard que JP Vallarino y rencontrait le Professeur en villégiature estivale (dans un cadre très privé pour ce que j'en ai compris)). 

Désormais, sous l'effet accélérateur d'Internet, la magie est devenu un loisir "de masse" avec ce que cela implique de transformations sensibles dans les rapports humains.  La magie est un secteur commercial à part entière ; une machine marketing efficace avec ses dynamiques de publicité, ses cibles client, la diversification des supports de vente, la fidélisation.

D'amateurs confidentiels de "mystères et techniques magiques" nous sommes devenus des "consommateurs" de produits. Le magicien connu est sollicité par des dizaines ou centaines de personnes au gré de ses conférences, séminaires, conventions. Il fait parfois le tour du monde et doit "vendre" pour "rentrer dans ses frais" ; sortir des nouveautés fréquemment pour continuer à "tenir la rampe".

Malgré cela, j'ai souvent trouvé des personnes plutôt ouvertes et agréables (sauf quelques exceptions mineures) qui ne rechignaient pas à donner des conseils ou à discuter en toute décontraction.

J'ai toujours eu le plaisir (probablement futile j'en conviens) de pouvoir m'approcher de mes "héros magiques". Cela me laisse encore des souvenirs vivaces que les échanges aient été approfondis ou modestes. En comparaison d'un fan de chanteur ou de sportif dont la probabilité qu'il ait de rencontrer ces "personnalités" en face à face est moins commune, je considère que nous bénéficions d'une certaine chance.  

Pas de gardes du corps, de barrières, de distance... quiconque s'étant rendu à Blackpool sait qu'il peut potentiellement croiser ces magiciens et éventuellement leurs adresser la parole. L'année dernière à Londres je parlais durant une heure avec David Regal autour d'une bière en évoquant magie, politique américaine et littérature... avant que je n'échange quelques mots avec R Giobbi dont les livres ont accompagné ma pratique magique. Cela, le petit milieu de la magie le rend encore possible et c'est assez enthousiasmant. 

Tout ceci ayant été dit, mon expérience est bien sûr ridicule à côté d'un contexte où certains ont pu réellement bénéficier d'une relation privilégiée au long cours avec des magiciens qui les ont aidés à "mûrir".

J'ajoute enfin que les lieux de rencontre jouent aussi beaucoup. Ils rassemblent ces personnalités et autorisent aux plus motivés des amateurs de se confronter régulièrement aux maîtres pour apprendre ou montrer leurs tours. Certaines villes ont plus de chances que d'autres (Chicago, Los Angeles, New York) et toute une génération d'artistes américains a été biberonnée par ce contexte favorable (je pense à Ammar et Bill Malone notamment).

 

En quelques mots il est probable que nous ne reproduirons pas l'ambiance et les modes de relation que nos anciens ont connus. Nous devons nous frayer un chemin différent, mâtiné d'Internet, de contextes plus mercantiles, de réunions Zoom, de séances de masteclass en tête à tête avec des magiciens du bout du monde... nous pourrions sombrer dans une forme de nostalgie mais cela ne nous permettra en rien à revenir sur le cours du temps. 

 

Reste néanmoins que l'esprit véritable de la magie, lui, doit être l'objet véritable de notre attention et vigilance à tous. Notre art a pour vocation ultime de nous grandir (par l'apprentissage, la rigueur et l'humilité) et aussi et surtout de servir le plaisir de notre public pour l'arracher délicatement aux contingences sévères des lois terrestres.
Entre nos mains il peut se dire "c'est possible", "je peux rêver", "cette histoire m'élève et me donne à réfléchir autrement".... cela touche à l'intime, au merveilleux et, je l'espère, à une forme de générosité désintéressée. 

Il serait détestable que la profusion extraordinaire de tours dont nous bénéficions aujourd'hui n'ait pour effet que de donner lieu à des démonstrations compulsives, sans âme, égotiques, dénuées de sens profond ou symbolique, et dont l'effet ultime soit que le public finisse par dire "je n'aime pas la magie".

Cela est probablement l'une des plus grande trahison que l'on puisse faire à l'esprit de notre art.

  • J'aime 14
  • Merci 1
Publié le (modifié)

Et peut-on savoir pourquoi tu n'as que 74 messages à ton actif sur ce forum, Christophe Baixas (car si à chaque fois que tu publies c'est de cette qualité, va falloir être un peu plus prolixe 😉🙂) ?

Merci à toi, donc 🙂 . Tu as su très bien répondre à mon questionnement. Je ne dis pas que c'est la réponse ultime évidemment mais elle fait parfaitement écho à mon ressenti et je suis tout à fait en phase (comme on dit) avec l'ensemble du propos 🙂 .

Bon, @Gaëtan BLOOM, il est où celui-là, ah te voilà 🙂, allez, à toi maintenant 😉 .

Modifié par Woody (Philippe)
  • J'aime 1
Publié le (modifié)

C'est amusant, ce sujet tombe le même mois qu'un numéro de Genii racontant une célèbre rencontre qui a eu lieu en catimini, une nuit de juin 1930, autour du "Phantom At The Card Table".

Ce dernier a les yeux bandés sur la photo, et autour de lui, notamment, T. Nelson Downs, Cardini, Al Baker, etc. qui scrutent tout ça.

Costume trois-pièces de rigueur, c'est vrai que ça change des tongs et T-Shirt "I love card magic" des congrès de magie estivaux.

rAVAg0g.thumb.jpg.29ffde22c9fde8ae109e15deebb06469.jpg

Ce type de rencontres et d'échanges entre magiciens plus ou moins chevronnés a toujours existé, sous toutes les formes possibles : conciliabules et sessions secrètes plus ou moins paranoïaques dans les chambres d'hôtel de congrès, correspondances épistolaires, et aujourd'hui réunions Zoom et autres Facetime.

Il n'a jamais été aussi facile qu'aujourd'hui d'aborder tel ou tel "nom" et, paradoxalement, j'ai l'impression qu'ils ne sont pas tant sollicités que cela... en tout cas moins qu'à une époque peu lointaine où chaque "maître", comme Dai Vernon, était entouré d'un véritable cordon de sécurité empêchant n'importe quel impudent de l'aborder et le déranger avec ses questions. Aujourd'hui un click suffit, c'est ça qui est bien.

Quel "niveau" pour oser aborder ?  Je dirais, comme Michael Weber, que la seule condition est d'avoir "fait ses devoirs" : avoir creusé a minima un sujet sur lequel on souhaite échanger, avoir envie d'écouter et apprendre (ce qui n'est pas toujours une évidence) ou tout simplement être capable d'apprécier (dans le sens de "comprendre l'intérêt de") les thèmes qui sont abordés. Mais ce n'est ni une question d'âge, ni de niveau technique ou autre, c'est ça qui est bien.

Ce qui me permet de finir sur l'une de mes 10 photos magiques préférées, ci dessous, datant de 1963 et tirée d'un autre Genii, celui de Novembre 2001.

1865440726_LoewSession.thumb.jpg.13182262add6092ad08699026bda8141.jpg

Que des mastodontes autour de la table et, légèrement en retrait, manifestement là pour absorber et apprendre, un Persi Diaconis âgé de 18 ans, avec un disque dur à la place du cerveau et deux rayons laser à la place des yeux. D'ailleurs, on se saura jamais exactement ce que Diaconis a appris aux côtés de ces poids lourds, c'est ça qui est bien.

SC

Modifié par Sébastien CLG
  • J'aime 7
Publié le

Oui..; tout cela interpelle... merci et Bravo au Woodpecker pour avoir évoqué les piqures de rappel qui nous viennent... à tant de niveaux...

On a forcément, tous, rencontrés des maitres, des sommités, des gens souvent très accessibles, en fai, perso, et vraiment... du fond du coeur, je vous dis que les plus grands furent TOUJOURS les plus accessibles, si on avait avec soi les petites clefs qui ouvrent les portes les plus inaccessibles, à priori...

J'ai un trousseau, dans ma poche, que t'as même pas idée... !!!! et je donne régulièrement des doubles, à ceux qui me surprennent....

On devient souvent juste des légendes, à force de prendre de l'âge... C'est pas une fin en soi, Le plus important, pour moi, est de jamais trop se la "pêter", alors que tous les médias nouveaux ne font juste, en fait, que créer artificiellement de nouveaux vrais monstres, ou idoles, qui ne valent que par un maximum de vues... dans tous les réseaux.... 

J'ai rien contre ça... mais souvent, le vrai talent n'est pas à l'arrivée... 

les temps qui courent font la part belle à Zoom, et autres plateformes, qui sont finalement plus plates qu'en forme....

je participe à certaines, en essayant toujours de vraiment y apporter un plus...

J'espère que très vite, 

après toutes les errances que nous vivons maintenant, nous retrouverons la joie de pouvoir juste voir nos spectateurs en face... C'est pas gagné... J'ai peur que les masques restent et deviennent partie de nôtre vie... alors, au moins, que ceux -ci deviennent le plus "invisibles" , transparents, serait une vraie amélioration, pour se retrouver, face à face... 

Cette tâche devrait faire partie des priorités.... 

Pour le reste, je découvre les écrits de Christophe BAIXAS, et vraiment, Je suis très "sur le cul"... Ce Mossieu a les mots, et les idées.... Quel nonheur qu'il rejoigne nos lignes...

les temps changent, c'est certain... et souvent le savoir écrire fout le camp... et ce n'est pas forcément grave... mJe fais , moi-même, plein de fautes, dues souvent à l'enthousiasme et la ferveur des moments, ou les doigts tapent plus vite que prévu, pour ne pas perdre les idées... 

donc voilà... J 'ai voulu répondre à Woody, (Philippe), avec un grand merci à Christophe....

Chose faite...

Bien à vous ...

gaetan

 

 

  • J'aime 7
  • Merci 1
Publié le
Le 02/03/2021 à 22:25, Christophe BAIXAS a dit :

Reste néanmoins que l'esprit véritable de la magie, lui, doit être l'objet véritable de notre attention et vigilance à tous. Notre art a pour vocation ultime de nous grandir (par l'apprentissage, la rigueur et l'humilité) et aussi et surtout de servir le plaisir de notre public pour l'arracher délicatement aux contingences sévères des lois terrestres.
Entre nos mains il peut se dire "c'est possible", "je peux rêver", "cette histoire m'élève et me donne à réfléchir autrement".... cela touche à l'intime, au merveilleux et, je l'espère, à une forme de générosité désintéressée. 

Il serait détestable que la profusion extraordinaire de tours dont nous bénéficions aujourd'hui n'ait pour effet que de donner lieu à des démonstrations compulsives, sans âme, égotiques, dénuées de sens profond ou symbolique, et dont l'effet ultime soit que le public finisse par dire "je n'aime pas la magie".

Cela est probablement l'une des plus grande trahison que l'on puisse faire à l'esprit de notre art.

Bravo ! Ce site et cet article pourraient t'intéresser : https://artefake.fr/la-magie-oui-mais-pourquoi/

La bêtise est nettement supérieure à l'intelligence car toute l'intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle, tandis qu'un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoi que ce soit d'intelligent.

Philippe Geluck

Extrait de "Et vous, chat va ?"

Rejoins la conversation !

Tu peux publier maintenant et t'enregistrer plus tard. Si tu as un compte, connecte-toi maintenant pour publier avec ton identité.

Invité
Répondre à ce sujet…

×   Vous avez collé du contenu avec mise en forme.   Restaurer la mise en forme

  Only 75 emoji are allowed.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédemment saisis, a été restauré..   Effacer le contenu

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.

  • Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
  • Messages

    • Disons… poussière d’étoiles à 40 % :   
    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
    • Revenons sur l’explication :  https://vm.tiktok.com/ZN8NE37wo/
  • Statistiques des membres

    • Total des membres
      8519
    • Maximum en ligne
      9330

    Membre le plus récent
    Augustin JAUFFRET
    Inscription
  • Statistiques des forums

    • Total des sujets
      85.3k
    • Total des messages
      684.2k

×
×
  • Créer...