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Christophe BAIXAS

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À propos de Christophe BAIXAS

  • Date de naissance 08/10/1972

Informations Personnelles

  • Localisation
    Toulon (83) / FRANCE
  • Profession / Occupation
    Sous-Marin

Informations Magiques

  • Club(s) / Association(s) / Cercle(s)...
    Association des Magiciens du Var
  • Connaissances Utiles pour Notre Art :
    Cartes, pièces, cordes, Psychologie

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Réputation sur la communauté

  1. J'ai beau fréquenter le forum depuis un bon moment j'avoue à ma grande honte que je ne connaissais pas le travail de Yann dont le site révèle toute l'étendue du savoir-faire pour la réalisation de "jeux spéciaux". Exit la perspective Phoenix (cf. mon message du début) si j'en crois la qualité de ses jeux. La proposition généreuse d'un code de réduction pour les VMistes est la cerise sur le gâteau... Merci aux membres qui m'ont mis "sur la piste", preuve que la communauté magique est l'un des moyens privilégiés pour espérer répondre rapidement à des problématiques techniques. Suis impatient de tenir le jeu en main et de redonner vie et profondeur à un concept considéré à tort comme "vulgairement répandu" !
  2. Travail impressionnant qui force le respect. On voit effectivement que le biseau est très subtil et la coupe parfaitement claire et régulière (de même que l'arrondi). Dans l'ouvrage posé en référence de mon message les dispositifs suggérés pour préparer les cartes sont particulièrement onéreux (du moins pour un amateur qui veut simplement utiliser ce type de jeu en allant plus loin que les usages basiques) et même difficiles à trouver. Je présume que ce travail a nécessité ce type d'investissement (tu pourras me dire en MP si ce genre de jeu est en vente et quel est son prix... mais j'ai bien peur que ce soit à réserver à des magiciens professionnels qui peuvent se permettre de se doter de gimmicks d'exception). Par ailleurs, vu le faible biseau, les extractions sont elles faciles ?
  3. J'ai récemment pris connaissance de l'ouvrage "A new Angle" de Ryan Plunkett et Michael Feldman (Magic Inc) dont l'objet est exclusivement tourné vers l'utilisation d'un stripper deck. La critique (professionnelle et amateur) a été suffisamment enthousiaste pour que je me fasse envoyer le livre des USA et que j'en entame la lecture (très prometteuse effectivement) Les auteurs suggèrent au lecteur de réaliser son propre jeu mais j'avoue que la perspective de préparer 52 cartes (massicot + travail des coins) n'est pas un tâche qui m'excite follement. J'ai ressorti un jeu bicycle stripper deck du fond de mon tiroir magique et force est de constater que la découpe est assez "visible" en particulier quand on considère la faible distance entre la valeur de la carte et le bord (vous me direz que normalement les spectateurs ne regardent pas cela toujours très attentivement mais je ne souhaite pas non plus que le principe soit dévoilé au premier coup d'oeil). En me renseignant je vois que Phoenix Deck propose ce jeu qu'il revendique par l'assertion suivante : "Ask Anyone Who has Seen It!! Without a doubt, this is the BEST Stripper Deck on the market!!" Rien de moins ! D'où ma question. Quelqu'un sur ce forum a t'il eu ce jeu entre les mains ? Cette réputation est elle valide ou surévaluée ? Je préfèrerais autant avoir l'avis de la communauté car vu le prix et les frais de ports il vaut mieux être sûr de son achat. Merci par avance à celle ou celui qui voudra bien me donner son retour.
  4. Le sujet proposé par Philippe (Woody) a immédiatement attiré mon attention et je ne dois qu'à la période d'absence des vacances ( et les activités familiales qui vont avec) de ne pas avoir contribué plus tôt sur le sujet. Il va de soi que la manière de lire un livre trouvera autant de déclinaisons que de personnalités, sujets d'intérêt, attentes, sources de motivation. Il n'en demeure pas moins que la première qualité que chacun doit être amené à développer est son rapport "intime" avec l'objet qu'est le livre. De toute évidence certains n'y ont pas encore succombé ou se satisfont d'autres supports d'apprentissage (sans qu'il soit nécessaire de rouvrir une fois de plus la question de savoir si c'est bon ou pas). Tout au plus puis je suggérer que, comme pour beaucoup d'autres choses, c'est la pratique régulière qui développe cette sensibilité à la manière de l'adage qui dit que "c'est en forgeant que l'on devient forgeron". Me concernant, les livres (et pas seulement de magie) sont non seulement de véritables outils mais aussi le prolongement direct de mon esprit (quand ma mémoire ne me trahit pas mais c'est un autre aspect de la question posée par Woody). En effet, s'il ne m'est pas possible de me souvenir de tous les contenus je sais cependant avoir une représentation mentale assez précise de mes lectures pour identifier relativement rapidement où retrouver les références dont j'ai besoin. Certes, il pourra être objecté qu'il pourrait en être de même avec une collection de DVD mais avouons que sauter sur son étagère, prendre l'ouvrage et sauter au chapitre qui vous intéresse est souvent bien plus rapide que le lecteur vidéo du salon ou du PC. C'est un délice pour moi de lire un article ou un livre et d'y découvrir un renvoi... et hop, je saute sur les livres de ma bibliothèque pour m'en empare comme le ferait un ado technophile sur un hyperlien. Cet exercice est relativement fréquent quand il est fait appel à tous ces ouvrages de référence que nous connaissons tous (Expert at the card table, Card college, Strong magic... la liste est très longue). Pour ce qui est de l'exercice pratique de la lecture du livre de magie je partage avec vous ci-dessous la manière dont je procède : § Je considère les ouvrages comme des outils qui doivent "vivre" et tisser une relation avec leur lecteur... charge celui ci d'y poser ses repères, commentaires, schémas, renvois à d'autres références. Raison pour laquelle je lis toujours mes livres avec un crayon gris que je prends soin de ne pas appuyer trop fortement sur le papier (toujours garder l'option d'un effaçage efficace pour les propriétaires futurs ou un changement d'avis). Car un livre se lit (pour ma part) généralement selon deux passes. La première c'est la découverte, l'exploration exhaustive. C'est là que l'on débroussaille, identifie ce qui mérite l'attention appuyée. J'ai développé un code personnel. Des étoiles (1 à 4 étoiles) pour classer les pépites entre elles, des exclamations dans la marge pour accrocher une idée forte, plusieurs symboles au sommet de la page agrémentés d'un titre ou une mention permettent immédiatement de savoir ce qui s'y trouve, le signe est reporté en regard du texte de l'auteur pour que je puisse immédiatement arriver au passage clé. De cette manière la deuxième lecture fait l'objet d'un feuilletage rapide très important : -il renforce la lecture - il positionne mentalement la structure de l'ouvrage, les points forts, la situation des idées clé - il permet de relire à vitesse rapide en s'attardant quasi exclusivement sur les notes... (et c'est sacrément efficace) § Sur les sujets qui sont l'objet de mes recherches ou de mes notes j'ai souvent recours au logiciel de Mind Mapping freemind qui facilite l'acquisition mentale. Une recopie du sommaire (ou un simple copier coller venant de la reproduction du sommaire depuis un site marchand) me permet de noter les éléments importants que je veux retenir... l'exportation en format texte de ces notes me permet d'imprimer cela éventuellement. La puissance de la recherche textuelle incorporée dans ces logiciels permet souvent de retrouver rapidement les sujets qui m'intéressent § Etant habitué à lire beaucoup de manuels et cours (pour mes études puis par choix personnel) je constate que ma lecture de livre de magie se place dans la continuité de cette pratique. C'est pour moi un bonheur de reprendre un livre annoté et d'y redécouvrir mes commentaires et ma grille accélérée de lecture. Relire Strong Magic, Concevoir des Miracles ou The Books of Wonder de la sorte me procure toujours la satisfaction de revenir dans un terrain bien connu, balisé, maîtrisé dans sa géographie et sa structure (c'est en tout cas ainsi que mon cerveau s'oriente) § J'ai depuis plusieurs années travaillé sur la question de la psychologie dans la magie, des fondements du persona du magicien et des ressorts du Storytelling. Cette démarche (encore intensifiée à la faveur du confinement) m'a demandé des lectures méthodiques et des prises de note intensives. J'ai pris le parti de faire un travail à l'image de ce que j'avais apprécié dans un livre de photographie (mon autre passion) : la réalisation d'un "Methodology System"... un mot ronflant pour désigner la réalisation d'un ensemble de fiches articulées entre elles selon une méthode, un processus ou une logique particulière. Je fais cela sous Powerpoint (format paysage) : une slide principale rassemble les intitulés des fiches pour avoir une "vision d'ensemble" et s'ensuit l'ensemble des différentes slides. Ces fiches sont structurées selon des tableaux où les lignes correspondent à différents points marquants de mes recherches et lectures. Les colonnes restituent les informations (recopie ou reformulation des idées clés) et bien entendu la source de ces données (ouvrage, page... et parfois vidéos s'il y a des idées de magiciens délivrées par ce média). Alors oui, c'est du travail, oui la lecture demande plus d'investissement qu'une écoute "passive" de vidéo. Une fois encore, cette discipline que je m'impose est un choix personnel (que j'applique diversement selon les ouvrages et les questions qui m'intéressent). Une chose est sûre, l'objet de tout cela est de "se souvenir" ou de retrouver l'information rapidement. J'ajoute à ces commentaires quelques éléments qu'il ne me semble pas avoir lus dans le fil (mes excuses si je me trompe) : - le site de Denis Behr est mine d'information pour le détenteur de livre... ce type est un sacristain de la magie, un travail de moine, une rigueur toute germanique et une passion pour notre art vraiment sincère (https://www.conjuringarchive.com/) - Andi Gladwin a rédigé un petit ouvrage chez Vanishing Inc dont la brièveté (moins de 80 pages) ne justifie pas que l'on passe à côté. Il s'intitule "Focusing on Magic" et il y parle bien en détail de la manière dont il travaille la magie à partir de livres... ses considérations offrent un formidable prolongement à la question posée par Woody avec des conseils très concrets. - Michael Vincent a consacré plusieurs vidéo Youtube sur sa lecture d'ouvrages de référence... l'entendre parler de son expérience, citer les auteurs, pointer les pépites ne peut que donner envie de se plonger dans ces trésors - j'ai découvert très récemment la chaine Youtube de Erudite Magic : un passionné américain de livres de magie qui partage depuis un an sa passion pour les livres, répond à de nombreuses questions pertinentes et mène des interviews (vous regarderez celle du collectionneur qui possède 9 000 ouvrages de magie !) https://www.youtube.com/c/EruditeMagic/featured Pour terminer ce message déjà long je confesse que j'ai changé mes habitudes d'achat. J'achète moins de livre mais j'explore et lis intensément ceux que je possède (et il y a encore pas mal d'ouvrages qu'il me faut entamer). Ce vœux est souvent difficile à respecter tant les productions récentes sont magnifiques et de grande qualité (et je suis particulièrement honteux d'avouer à @Gaëtan BLOOM que je n'ai pas encore acheté ses deux merveilleux tomes... je sais que je vais m'atteler à une montagne sacrée)... mais que voulez vous, les livres que je possède sont comme les enfants d'une même fratrie. Je veux pouvoir bien m'en occuper plutôt que de céder à une accumulation qui me pousserait à en délaisser quelques uns. Quoi qu'il advienne je sais que la famille finit toujours par s'agrandir progressivement par la force des choses et du temps. Il y a finalement assez de place dans notre esprit et notre imagination pour aimer et chérir tous ces "enfants" même si nos rencontres sont épisodiques et il y a avec les livres une histoire de "coeur" ou la raison abdique souvent. Oui, définitivement, possédez, respectez, lisez et aimez vos livres !
  5. Bonjour, si vous possédez cet ouvrage et envisagez de le céder je suis intéressé. Merci par avance de me faire une offre en MP
  6. Je ne m'attendais pas à ce que mon message, écrit spontanément après la lecture des messages qui le précédaient, ne rencontre un tel accueil. Et avoir droit aux honneurs de Gaétan ne m'a pas laissé indifférent eu égard à l'influence que son travail et ses prestations ont pu avoir sur mon esprit d'enfant au moment de ma découverte de la magie. Ayant une vie professionnelle assez chargée je ne peux participer trop souvent aux différents fils du forum même si je consulte ce dernier assez fréquemment. J'ai aussi une inclination naturelle à plutôt tourner mes idées dans la tête avant de me mettre en devoir d'écrire... (ce qui vous évite salutairement d'être assommés par mes messages plutôt longs). Je saisis l'occasion de ce message pour partager avec vous le fait que mes remarques exprimaient le fruit d'une recherche personnelle fructueuse sur les fondements psychologiques de la magie. J'avais comme nombre d'entre vous lus les livres de référence (T Wonder, D Ortiz, J Tamariz, R Giobbi, Pete Mac Cabe...) mais la densité de ces derniers et l'étalement dans le temps m'en avaient laissé un souvenir confus. Heureusement j'ai pris l'habitude d'annoter (au crayon) mes ouvrages pour en souligner les passages les plus marquants. Le premier confinement m'a donné (enfin) le temps nécessaire pour les reprendre et poser dans un fichier les conseils essentiels. C'est un travail que je conseille à tout magicien désireux de passer du "tour au miracle" (pour reprendre le titre de D Ortiz "Designing Miracles"). Une sorte d'enquête policière personnelle qui rapproche des indices, des éléments, des constatations... petit à petit c'est une géographie qui se dessine sous vos yeux avec la satisfaction de voir que les conseils des uns complètent ou soutiennent ceux des autres (les contradictions existent mais elles sont peu nombreuses). J'enrichis régulièrement ces notes d'articles, de vidéos et d'entretiens dès lors que des idées nouvelles surgissent. A ce titre, le site proposé par Patricia (que je remercie pour son message du dessus) constitue une source de valeur dans laquelle je me reconnais parfaitement. Qu'il me soit permis enfin de vous dire tout l'amour que nous devons porter aux livres (de magie certes mais pas seulement). Je ne peux m'empêcher de trouver regrettable la position du magicien qui m'affirme ne pas aimer le papier et lui préférer la vidéo. Le sujet a déjà été évoqué dans un autre fil mais je veux redire combien il s'agit d'un outil précieux dès lors que l'on sait correctement l'exploiter et y revenir régulièrement. Il n'est pas un ouvrage qui, rouvert quelques semaines ou mois plus tard, ne me donne l'impression de livrer quelque chose de nouveau (qu'une lecture rapide ou peu sagace m'aura fait manquer). C'est un conseil fugace sur une posture à adopter, un élément de script à évoquer ou une précaution à prendre que vous relirez avec la joie juvénile d'avoir trouvé un petit trésor. Certes c'est un investissement en temps et une discipline de travail (pour noter vos trouvailles), mais c'est surtout un moyen essentiel pour marquer votre esprit et enrichir votre pratique de conseils précieux. Les (bons) livres sont vos amis, créez une relation intime entre vous, votre art et eux et vous êtes assurés d'y trouver la source d'un soutien enrichissant et indéfectible.
  7. Difficile de donner un avis à Woody sachant qu'entre l'époque de la rencontre de Dai Vernon - Bernard Billis et aujourd'hui le contexte social et "historique" a énormément changé. Je me souviens de mon enfance dans les années 70... la magie c'était essentiellement à la télé. Mes repères s'appelaient Majax, Webb et Garcimore... Dai Vernon était totalement hors de mon radar de môme. Mes faibles tentatives de moldu pour accéder à un peu de savoir magique avaient pour terminus la boite de magie de Noël et peut être quelques ouvrages grand public dans la librairie de ma ville. Je ne parle même pas de l'achat d'un paquet de carte digne de ce nom (impossible de reproduire l'éventail parfait du bouquin avec le jeu de carte familial). Hors de cela tout était plutôt confidentiel (pas d'internet à l'époque) et réservé à des cercles étroits (j'habitais à Nice à cette époque et j'apprendrai plus tard que JP Vallarino y rencontrait le Professeur en villégiature estivale (dans un cadre très privé pour ce que j'en ai compris)). Désormais, sous l'effet accélérateur d'Internet, la magie est devenu un loisir "de masse" avec ce que cela implique de transformations sensibles dans les rapports humains. La magie est un secteur commercial à part entière ; une machine marketing efficace avec ses dynamiques de publicité, ses cibles client, la diversification des supports de vente, la fidélisation. D'amateurs confidentiels de "mystères et techniques magiques" nous sommes devenus des "consommateurs" de produits. Le magicien connu est sollicité par des dizaines ou centaines de personnes au gré de ses conférences, séminaires, conventions. Il fait parfois le tour du monde et doit "vendre" pour "rentrer dans ses frais" ; sortir des nouveautés fréquemment pour continuer à "tenir la rampe". Malgré cela, j'ai souvent trouvé des personnes plutôt ouvertes et agréables (sauf quelques exceptions mineures) qui ne rechignaient pas à donner des conseils ou à discuter en toute décontraction. J'ai toujours eu le plaisir (probablement futile j'en conviens) de pouvoir m'approcher de mes "héros magiques". Cela me laisse encore des souvenirs vivaces que les échanges aient été approfondis ou modestes. En comparaison d'un fan de chanteur ou de sportif dont la probabilité qu'il ait de rencontrer ces "personnalités" en face à face est moins commune, je considère que nous bénéficions d'une certaine chance. Pas de gardes du corps, de barrières, de distance... quiconque s'étant rendu à Blackpool sait qu'il peut potentiellement croiser ces magiciens et éventuellement leurs adresser la parole. L'année dernière à Londres je parlais durant une heure avec David Regal autour d'une bière en évoquant magie, politique américaine et littérature... avant que je n'échange quelques mots avec R Giobbi dont les livres ont accompagné ma pratique magique. Cela, le petit milieu de la magie le rend encore possible et c'est assez enthousiasmant. Tout ceci ayant été dit, mon expérience est bien sûr ridicule à côté d'un contexte où certains ont pu réellement bénéficier d'une relation privilégiée au long cours avec des magiciens qui les ont aidés à "mûrir". J'ajoute enfin que les lieux de rencontre jouent aussi beaucoup. Ils rassemblent ces personnalités et autorisent aux plus motivés des amateurs de se confronter régulièrement aux maîtres pour apprendre ou montrer leurs tours. Certaines villes ont plus de chances que d'autres (Chicago, Los Angeles, New York) et toute une génération d'artistes américains a été biberonnée par ce contexte favorable (je pense à Ammar et Bill Malone notamment). En quelques mots il est probable que nous ne reproduirons pas l'ambiance et les modes de relation que nos anciens ont connus. Nous devons nous frayer un chemin différent, mâtiné d'Internet, de contextes plus mercantiles, de réunions Zoom, de séances de masteclass en tête à tête avec des magiciens du bout du monde... nous pourrions sombrer dans une forme de nostalgie mais cela ne nous permettra en rien à revenir sur le cours du temps. Reste néanmoins que l'esprit véritable de la magie, lui, doit être l'objet véritable de notre attention et vigilance à tous. Notre art a pour vocation ultime de nous grandir (par l'apprentissage, la rigueur et l'humilité) et aussi et surtout de servir le plaisir de notre public pour l'arracher délicatement aux contingences sévères des lois terrestres. Entre nos mains il peut se dire "c'est possible", "je peux rêver", "cette histoire m'élève et me donne à réfléchir autrement".... cela touche à l'intime, au merveilleux et, je l'espère, à une forme de générosité désintéressée. Il serait détestable que la profusion extraordinaire de tours dont nous bénéficions aujourd'hui n'ait pour effet que de donner lieu à des démonstrations compulsives, sans âme, égotiques, dénuées de sens profond ou symbolique, et dont l'effet ultime soit que le public finisse par dire "je n'aime pas la magie". Cela est probablement l'une des plus grande trahison que l'on puisse faire à l'esprit de notre art.
  8. Et si on prenait le problème à l'envers en s'inspirant de ce que les "grands" nous ont dit de l'exercice de notre art ? Je m'explique Quel est ton objectif en faisant ton "tour" : montrer une impossibilité ? un puzzle ? affirmer que tu sais faire quelque chose que les autres ne comprennent pas ou ne connaissent pas ? Affirmer ta personnalité avec des arguments comme "j'ai un pouvoir", je suis un "demi dieu tout puissant" ou autre posture... si tu réponds oui à l'une de ces questions alors il sera très probable que l'on demande à voir ton jeu, que la défiance et le suspicion ne viennent systématiquement mettre en défaut ton travail... désolé je n'ai pas d'autre solution qui me vienne à l'esprit. Maintenant prenons les choses autrement .... Qui je suis en tant que magicien ? Pourquoi fais je cette "démonstration magique" (dans le sens au service de quel but) ? Quelle émotion je veux faire passer ? Quels sentiments je souhaite créer chez mes spectateurs ? Suis je "aimable" de mon public ? Et si non pourquoi ? Et surtout que veux tu leur offrir ? Si tu les invites à "passer un bon moment" à les introduire dans une véritable histoire qui commence par l'Attention puis l'Intérêt puis crée du Désir et enfin aboutit à l'Action (principe AIDA) alors, selon les enseignements des géants qui nous ont précédés, tu verras que ton public "rentre dans ton monde" et comprend qu'au delà du tour c'est un cadeau symbolique que tu leur offre ; l'assurance de passer un moment pour eux (et pas pour satisfaire l'ego du magicien). Généralement le public ne refuse pas un cadeau s'il considère qu'il est offert de manière généreuse et qu'il porte un "message" de la part de celui qui le donne. Peut être ma réponse te semblera taper " à côté de la plaque"... mais tu verras avec le temps que, grâce à une exploration méthodique de la magie, la compréhension des dimensions psychologiques, du scripting, du storytelling, de la construction de ton persona (qui doit être le plus proche possible de ton toi authentique) tu changeras complètement ton rapport avec ton public et que cela soutiendra ton efficacité. Pour engager cette exploration il faut se sentir prêt, idéalement connaître les maîtres qui constituent une référence (chacun à leur manière) dans la réflexion et la pratique, avoir une approche méthodique (presque analytique), relier les concepts entre eux, mettre des mots sur des impressions... ce n'est pas instantané mais constitue, crois moi, une magnifique "chasse au trésor". Bon voyage dans cette découverte passionnante qui semble a priori moins séduisante que l'achat du dernier tour à la mode mais qui constitue cependant la recette du succès des meilleurs. Bien entendu je laisse à chacun le soin de t'apporter son conseil et, éventuellement, de considérer que les considérations exposées ici sont sans objet. C'est quoi qu'il en soit la réponse que je m'applique et qui m'a le plus aidée.
  9. Je ressors ce sujet des tréfonds de virtualmagie (2015 le dernier message quand même !) car je viens de terminer la lecture du Tome 2 de Scripting Magic avant d'attaquer la relecture et la mise à plat de mes notes manuscrites (tous mes livres, sauf les ouvrages d'art, sont des outils de travail et bénéficient de ce fait de nombreuses annotations). J'avoue que j'ai trouvé sa lecture intéressante bien que parfois un peu déconcertante. Le style adopté par l'auteur n'est pas dénué de légèreté et d'humour ce qui donne parfois l'impression de parler avec un copain qui vous interpelle et vous chahute. La structuration de l'ouvrage est assez particulière avec des interviews, des tours, des exemples, des considérations parfois non abouties offertes à la réflexion du lecteur. Pour suivre la remarque d'un lecteur américain sur le Magic Café la structuration n'apparaît pas évidente à première vue voir brouillonne. En définitive il faut considérer cela comme un choix assumé traduisant la philosophie de l'auteur et de sa méthode de transmission du processus de création magique. L'objet du livre est selon moi avant tout de faire marcher à plein sa créativité, ses questionnements, sa remise en cause, son décentrement. De ce point de vue cela a apporté des éléments complémentaire à l'analyse approfondie que j'ai effectuée (un des avantages du confinement) à la lecture successive et comparée des ouvrages de Tommy Wonder, Darwin Ortiz, D Stone, Gay Ljungberg, Robberto Giobbi (et autres articles de Genii, Tamariz pour ne citer que ceux là). Je retiens que le processus qui nous intéresse n'est pas linéaire, ne dépend pas de recettes spécifiques à suivre par le A + B. Il s'agit au contraire d'une démarche de curiosité, d'éveil aux différentes choses et sujet qui peuvent être la source d'un intérêt, d'une curiosité propice à la réalisation d'un phénomène magique. Et de ce point de vue la richesse des approches laisse envisager des pistes d'exploration quasi illimitées. Reste cependant à respecter quelques règles et principes que la lecture de ce livre a l'avantage de bien mettre en évidence. Les deux ouvrages étaient vendus par Vanishing Inc à un prix avantageux lors du dernier Black Friday. Je le conseille pour ceux qui comme moi sont intéressés par l'exploration des principes psychologiques et dramatiques qui participent à la réalisation d'une "bonne magie" (c'est à dire quelque chose qui crée un engagement émotif chez vos spectateurs et développera un sentiment durable et mémorable). Je ne saurais que trop recommander cette lecture en plus des ouvrages précédemment cités qu'il convient de remettre en perspective entre eux pour en tirer le meilleur (et accessoirement s'autoriser à en avoir une lecture critique).
  10. Personnellement je manifeste toute ma gratitude et ma sympathie à JP Hornecker. N'oublions jamais que ce sont des personnes comme lui qui se démènent pour créer les ouvrages, gérer les droits, s'assurer de toute la partie ingrate du job (d'autant que le marché de l'édition de la magie est un marché de niche... il est des "romans de gare" médiocres qui se révèlent plus juteux). Sans ces amoureux de notre discipline notre base de connaissance ne serait pas aussi riche et nous ne pourrions aussi facilement nous hisser "sur les épaules des géants" qui nous ont précédés. Mille merci pour les VBO et notamment à R Vollmer, véritable stakhanoviste de la traduction magique qui mériterait un hommage appuyé de toute notre communauté. Certes nous avons attendu mais pour ma part cela n'était rien en regard du cadeau imprévu et généreux nous permettant d'accéder à des titres longtemps convoités à des prix jamais vus jusqu'à présent (du moins par moi). Tout à ma joie d'avoir pu commander j'ai considéré que ma patience serait amplement récompensée... ce qui fut le cas (pour le coup j'avais les yeux d'un gamin en ouvrant le colis, ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps). Montrons nous donc à la hauteur de l'esprit que je me fais de la magie : non pas une accumulation d'achats, non pas une somme d'esprits individualistes intéressés par leur propre satisfaction ou l'envie de "briller en public" mais des amateurs patients et respectueux des richesses de l'inventivité et de l'esprit qui nous sont livrés. Que nous puissions accéder à ces trésors livresque par la grâce de M. Hornecker mérite toute notre gratitude... et notre patience bienveillante.
  11. Je reviens vers vous tous avec le résultat de mes essais. L'insertion d'un m*** dans la pointe d'un feutre POSCA est rendue possible par l'usage d'un clou chauffé à la flamme d'une bougie et inséré dans la pointe. L'opération est très simple car le matériau synthétique est sensible à la chaleur et fond rapidement. Une fois l'insertion effectuée, passer du sharpie noir sur la pointe rend la présence du m*** très discrète (de toute façon le spectateur n'est pas supposé à ce stade effectuer une analyse approfondie du feutre). Je joins à ce message les photos qui illustrent cet essai en espérant que cela pourra aider certains d'entre vous. Le stylo POSCA PC-7M Black est plus épais que le stylo vendu initialement par Mark Mason mais il est de meilleure qualité, a une pointe large (qui force le spectateur à réaliser un dessin assez gros) et a une encre qui ne passe pas au travers du papier. La marque POSCA est bien représentée dans les magasins de fourniture d'articles de papeterie et de création et présente par ailleurs l'avantage d'offrir en pièce détachée des mines vierges pour "rattraper le coup" si votre manipulation devait échouer. Je suis impatient d'essayer le tour avec ce nouveau stylo. Prochaine étape, créer un bloc note de rechange car la dimension des pages du tour original n'a pas d'équivalent compatible dans ce que j'ai pu trouver jusqu'à présent dans les magasins. Merci encore à tous ceux qui ont participé aux échanges contenus dans ce sujet !
  12. Je suis à la recherche de Move Zéro de John Bannon Vol 4. Réponse rapide souhaitée car il y a une offre qui me fait hésiter pour le Black Friday (avec frais de ports relativement élevés depuis le Royaume Uni). Merci !
  13. Sujet passionnant d'autant plus qu'il me semble que j'étais passé à côté du potentiel de ce tour (ou du moins il ne subsistait plus dans ma mémoire). L'adaptation au Mnemonica apporte une dimension nouvelle de même que l'inscription "tatouée" (très bonne idée de même que les MIB (mais je n'ai pas compris la référence au sandwich "Tut-Tut"). Je profite de l'occasion pour moi aussi souligner le travail de CR de David qui me sers de "base" dans mes archives personnelles pour sélectionner les tours du VBO Aronson (dont je suis le chanceux détenteur). Je l'avais vu de loin au dernier Blackpool mais n'avais pas osé le déranger pour lui manifester ma gratitude... s'il me lit que ce message en soit l'expression.
  14. Franck, ta contribution ne m'avait pas échappé et je t'en remercie. Je recueille un maximum d'avis pour confirmer la meilleure piste. Je suppose que ta suggestion est à suivre sur la pointe déjà imbibée d'encre ce qui me permettra de bénéficier de la plus grande souplesse du matériau. Je vais faire des essais sur un autre stylo afin de tester en préalable.
  15. Malgré mon ancienneté sur ce forum et ma pratique régulière de notre discipline je n'ai jamais sollicité un accès à la chambre des secrets. Je n'ai donc pas pu vérifier qu'une réponse avait été apportée à ce type de question par le passé. Je vais voir si je peux y avoir accès mais je crois comprendre du message de Jean Baptiste et d'autres que la simple insertion d'une aiguille ou d'un pointe devrait suffire à créer le passage pour le petit a***. Reste que je présume que l'opération doit être réalisée sur une pointe humide (ou imbibée d'encre) afin de faciliter l'insertion et surtout éviter d'endommager la pointe (je n'ai pas le droit à l'erreur car je n'ai pas de rechange et par les temps qui courent les sorties chez le papetier vont être plutôt limitées).
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