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Il y a 2 heures, Peter DIN a dit :

La magie (l'effet, le tour, la routine, le truc....) est un outil, au même titre que la palette de couleur d'un peintre. Elle me sert à transmettre en fait qu'une émotion, qui sans elle serait plus difficilement transmissible.

C'est donc un moyen, jamais un but.

Je paratage cette idée, et je crois que @Michel (Darlone) m'explique pareil avec ses mots. Pour ma part, mes mots sont encore différents (je suis en plus daltonien, c'est une habitude chez moi) : la Magie est une émotion, l'illusionnisme un outil.

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il y a 22 minutes, Peter DIN a dit :

Plus exactement la magie est un vecteur d'émotions, à mon sens elle n'est pas l'émotion elle même... Sinon, on ne se ferait pas autant chi.... devant certains magiciens.

Je suis d'accord sur le vecteur d'émotions et sur le fait de s'ennuyer en regardant certains.

Mais je pense que ce n'est pas en se basant sur ceux qui "font mal" qu'on peut définir facilement ce qui est fait. Sinon, la plupart de la magie visible au grand public serait à mes yeux ringarde, poussiéreuse et sans intérêt.

Je pense qu'on peut arriver à la magie comme une émotion, quand le spectateur rentre dans notre univers, accepte de nous suivre et ressent les choses sans les analyser consciemment. Je sais Eric être perfectionniste et savoir créer ces moments de magie qui sont une émotion à part entière.

Publié le

Merci pour la réponse. Perso, je m'ennuie beaucoup devant de nombreux magiciens, comme cela peut vous arriver. Mais dans beaucoup de cas auxquels je faisais allusion, j'estime que les spectateurs autour de moi mériteraient mieux: plus de travail, d'approfondissement ou un vrai message.

Quand quelqu'un apprend dans mon entourage que je m'intéresse à la magie, il s'en étonne car ce qu'il connait de moi par exemple semble ne pas coller avec l'image qu'il a lui-même de la magie (via ses expériences la plupart du temps "grand public"). Je lui partage alors quelques vidéos (à défaut de conseiller un spectacle actuel) des grands qui me font toujours vibrer. Et j'ai à chaque fois la même remarque: "ah ben c'est dommage qu'on ne connaisses pas ce magicien, ou qu'on ne le voie pas à la TV..."

Enfin, on retombe dans d'éternelles discussions et ce n'était pas mon but. Je voulais juste aller dans vos sens, à la fois un vecteur d'émotion, mais aussi une émotion (on parle bien de la "magie du cinéma").

Je me souviens d'une bêtise que j'avais dans les cartons, avec 4 cartes de visite et un smiley dessiné sur un coin de table. Je pense que le message que j'y mettais était bien plus fort que l'effet magique en soi. C'était une adaptation d'un classique de la cartomagie mais plus rien n'était visible. Les spectateurs avaient la banane (me semble-t-il) quand c'était terminé, personne ne m'a jamais demandé les cartes à examiner. Par contre, j'étais incapable de présenter deux fois l'effet à une même personne, parce que j'avais l'impression de me répéter. Je pense que j'étais alors plus dans le message, la discussion que dans une démonstration technique. Le but n'était pas de parler de moi, mais je me dis que si ça fonctionne avec un twisting the aces, un sachet de thé ou une carte choisie et retrouvée, ça vaut le coup de regarder à deux fois avant de qualifier de "bête" un tour en effet. 🙂

Très bon exercice dont plusieurs ont déjà parlé. : prendre un effet dans un livre, à côté duquel on est passé plusieurs fois ou qui ne nous attire pas. Le travailler, le présenter.

Autre exercice que j'ai pu faire par le passé, prendre un accessoire de magicien dans une boutique sans savoir ce que j'allais en faire (bon, c'est le cas de beaucoup c'est vrai :D), mais plus sérieusement, prendre un accessoire ou un tour à l'opposé de ce que je suis, et voir ce que je pouvais en faire. Très instructif dans mon cas. 🙂

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il y a 18 minutes, Richard C@UCHE a dit :

Et j'ai à chaque fois la même remarque: "ah ben c'est dommage qu'on ne connaisses pas ce magicien, ou qu'on ne le voie pas à la TV..."

Cela me fait penser aux chanteurs.

 

Il m'arrive de regarder "N'oubliez pas les paroles" ou plus récemment "Good Singer" et là... pfiou. A côté de ça on a Matt Pokora qui a une voix aussi passionnante que Vanessa Paradis.

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Cette discussion me fait penser à une lecture d'Eric Jones. 

Il présente une routine de "3 Fly" effarante de difficulté et faisant montre d'une incroyable maitrise. Après avoir expliqué la routine, il conclue en expliquant qu'il ne la montre jamais devant un vrai public mais que c'est devenu pour lui un superbe échauffement. Selon lui, la routine correspondait à une époque de sa vie où il était fasciné par la technicité mais ne correspond pas à ce qu'il a envie de présenter. 

J'ai travaillé pas mal de routine que je considère difficile pour mon niveau de dextérité pendant mes années d' "avidité magique". Ces routines, je les répète encore pour me détendre pendant mon temps libre, un peu comme du jonglage. 

Par contre elles ont complètement contaminé (métaphore d'actualité) mon répertoire plus accessible, celui que je présente 90% du temps, et j'ai la sensation que ça m'a aussi permis de prendre la mesure des "classiques" auxquels ce sujet est dédié.

La décharge technique de présenter des routines plus accessibles permet plus rapidement d'apporter sa pâte, de jouer avec d'autres outils, d'expérimenter avec le rythme, le thème, le jeu d'acteur... 

Je pense que cet allez retour entre les routines abordables et des enchainements plus compliqués fait que j'ai trouvé un mi-chemin où j'ai vraiment l'impression de présenter mes trucs à moi, une somme de mes découvertes et de mes gouts. 

Après pour la définition de la magie, je vous laisse vous débrouiller, je l'ai rangé avec "art" ou "amour" au rayon des concepts qu'il a bien fallu nommer à défaut de les définir.

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il y a 55 minutes, Antony RBR a dit :

Il m'arrive de regarder "N'oubliez pas les paroles" ou plus récemment "Good Singer" et là... pfiou. A côté de ça on a Matt Pokora qui a une voix aussi passionnante que Vanessa Paradis.

Cela prouve qu'avoir une belle voix n'est pas suffisant pour faire une carrière dans la chanson... Il faut surtout compter sur le hasard ou la chance, les rencontres, le contexte, le travail, la ténacité, la persévérance, la personnalité et une certaine ambition. 

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Publié le
Il y a 3 heures, Antony RBR a dit :

on a Matt Pokora

Pas que ! Juste "pour le plaisir" comme dirai Herbert ! Séquence émotion, moteur ça tourne...

 

Il y a 3 heures, Antony RBR a dit :

Good Singer

 

Il y a 3 heures, Antony RBR a dit :

N'oubliez pas les paroles

Bon...après cette séquence "découverte de prestige", distrayante pour les oreilles curieuses, qui aura peut être même aussi suscitée des vocations de futurs musicologues, ajouter de la musique à "un tour tout bête" peut être un plus...Enfin...

Publié le
Il y a 8 heures, Peter DIN a dit :

Mon intervention n'était en aucun cas un jugement de valeur. Mais un rappel sur le fait que la procédure magique en elle même, ne procure aucune émotion. L'émotion est liée à la façon d'utiliser 'l'outil' magique.

Pourtant on parle de sentiment magique.
Et ce sentiment peut être provoqué par différents médias.
C'est assez proche de l'émotion.

Pour moi, la procédure est technique.
A différents niveaux.

Et si certains magiciens ne nous embarquent pas, c'est aussi et peut-être, parce qu'ils n'ont pas su ou voulu définir/réfléchir à l'émotion qu'il voulaient provoquer. Il restent au stade de la démonstration d'une impossibilité technique, sans envisager qu'incompréhension n'est pas sentiment magique, que l'outil technique n'est qu'une partie du média. 

Au delà de l'outil, il y a le propos.

Quand Copperfield contextualise une assemblée d'as, cela devient GrandFather Aces. 
La procédure technique est plus ou moins identique à ce que je peux réaliser.
L'émotion provoquée n'est malheureusement pour moi, pas la même...
La technique n'est donc effectivement pas la magie, c'est un outil qui peut mener à la magie.

Si l'on considère que la magie peut être une émotion. 🙂

 

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    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
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