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il y a une heure, Mr_Cinema a dit :

@Moonlight : cet essai théorique tu peux le trouver dans quel livret ?

Ca m'intéresserait

Le livret: "2008" Tome 1 de la page 7 à la page 10.

Il assimile le tapis à un territoire et fait une petite étude théorique sur comment gérer l'espace du tapis.

Modifié par Moonlight
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Thierry Périchon
http://www.moonlightanimations.fr
 

Publié le

Je trouve très intéressant le fait de "créer l'attente" et donc d'agir comme si le matos ne pouvais pas être examiné, soit en paraissant pressé de le ranger, en le tenant tout le temps, etc. Ce qui amène les gens à dire "on peut vérifier ?" et où notre première réaction paraîtra embarrassée... puis, on prend le public à contre-pied par un "bien sûr !"
Cf. Tamariz et le chemin magique, toute l'énergie qu'ils auront déployée à se méfier, ils ne pourront pas l'utiliser pour remonter ce qui s'est passé.

Sinon, il s'agit de laisser manipuler/vérifier/mélanger au début et de dire "je vais vous faire une confidence... quand un magicien propose de mélanger ou d'observer, ça ne sert à rien, c'est qu'il n'y a rien à voir". Et là les gens acquiescent... et donc à la fin le "Vous voulez vérifier ?" glissera sans problème.

Autre façon, quand je fais les cordes, je VEUX qu'ils vérifient, je trouve que ça renforce la suite. Donc je dis "S'il n'y a qu'un seul moment où vous pouvez me faire confiance c'est maintenant... vous VOULEZ examiner le matériel. Vérifier que c'est bien ce que ça a l'air d'être."

Sinon de manière générale, je ne pense pas que ce soit la gestion du public qui permette d'éviter qu'on veuille vérifier et toucher. C'est inévitable, et c'est compréhensible.
Les "il faut savoir gérer son public" sont trop souvent des cul-de-sac de condescendance.

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  • Merci 1

David

mnemonaute_tn.jpg

Publié le (modifié)

Pour moi, il faut qu'un maximum de choses soit examinable. Il faut toujours pouvoir permettre l'examen mais ne pas l'imposer, à quelques exceptions près.

Il est parfois intéressant de donner aux spectateurs l'envie d'examiner certaines choses et parfois, à l'inverse, d'éviter de leur donner envie d'examiner certaines choses.

Je vais vous donner deux exemples concrets :

Exemple n°1 :

Lorsque je présente le tour couramment appelé "matchbox penetration" (pour ceux qui ne connaissent pas ou dont ce titre ne rappelle rien, il s'agit d'un boîte d'allumette que l'on traverse habituellement avec une aiguille avant de révéler que la boîte contenait un bloc de laiton impénétrable), même avec le meilleur bloc au monde, il y a un risque (de plus en plus élevé avec le temps d'ailleurs car c'est un tour qui vieillit assez mal). Il faut donc éviter que le spectateur veuille consacrer trop de temps à l'examiner. Le problème, c'est que c'est l'objet central du tour.

Exemple n°2 :

Le Wow (tout le monde connaît je pense ? Sinon, sachez que c'est un étui vous permettant une transformation progressive et à vue d'une carte en la carte choisie et signée par le spectateur). Cet étui est en principe examinable mais un accident peut arriver si un spectateur venait à le saisir d'une certaine manière. Il existe des étui normaux (nécessitant un échange) mais cette solution n'est pas pratique et inutile à mon sens.

J'ai donc quelques principes pour amoindrir l'attention porté à l'objet dont l'examen peut être un problème si il est trop poussé :

1) le négliger, ne pas le mettre en valeur gestuellement et verbalement, l'ignorer, le rendre banal

2) porter mon attention sur un autre objet sans rendre ce dernier nécessairement suspect

3) porter mon attention sur un autre objet et faire de ce dernier un objet suspect (alors qu'il ne l'est pas)

Solution à l'exemple n°1 :

J'applique 1) et 3) combinés. A la place d'une aiguille, je tient à préciser (car c'est important), que j'utilise une petite épée travaillée (jolie). Mon texte tourne autour du roi Arthur, vous l'aurez sans doute deviné. Je ne vais pas vous donner toute ma routine mais simplement vous dire que mon texte met en valeur l'épée (Excalibur) et que c'est le spectateur qui la retire (et devient roi de la soirée ou de sa table) puis je révèle le bloc en le faisant tomber et là :

Je marque un temps et je porte tout de suite mon attention sur l'épée : je la reprend assez rapidement et je n'ai d'yeux que pour elle (sans exagérer non plus) puis sur la boîte d'allumette. Dans ma tête, j'ai hâte de ranger l'épée et la boîte d'allumettes. J'ajoute parfois d'un air "jemenfoutiste" : "oui, vous pouvez regardez le bloc" mais toujours en tenant l'épée et la boîte précieusement. A partir de cet instant, soit le spectateur me rend directement le bloc, soit il le garde un instant mais dans tous les cas, il va me demander l'épée.  A ce moment je lui donne presque à contre cœur et je tend la main pour récupérer le bloc et lui remettre la boîte d'allumette à la place tout en lui disant "la boîte aussi ?". Au pire il garde le bloc juste pour le remettre dans la boîte et essayez de faire passer l'épée à côté mais dans cette démarche, tout risque est écarté.

Pour donner de l'importance ou amoindrir l'attention que peuvent porter les spectateurs sur un objet, vous pouvez donc jouer sur :

- le choix de l'objet : un bel objet, rare, complexe (forme, fonctionnement complexe ou autre) attirera plus ou du moins il sera plus facile de le mettre en valeur

- votre regard

- votre gestuelle : votre façon de tenir l'objet, ce que fait votre autre main (si elle le montre du doigt par exemple ou si au contraire elle cherche à le cacher)

- votre attitude générale, vos pensées (on est dans le domaine du ressenti mais c'est important)

Solution à l'exemple n°2 :

Le Wow. Combien de magiciens (y compris de très bons professionnels) ai-je vu qui mettent le gimmick trop en avant en le présentant comme un appareil miraculeux au nom parfois très exotique. Cela en fait la pièce centrale du tour et l'objet qui semble être à l'origine de tout (et qu'il faut donc examiner). Leur routine sont souvent très bonnes mais en condition réelle et en particulier dans le cas ou la routine est répété (table en table), l'envie d'examiner l'étui étant assez élevée, c'est risqué.

Dans ma routine, je présente d'abord un voyage de carte rapide sans le Wow (la carte choisie pour cette petite routine étant celle du Wow donc f*****) et sans faire signer la carte. Je fais alors choisir une seconde carte (libre et signée) et je la perd dans le jeu. Je coupe le jeu sur une carte mais c'est la première carte choisie. Et là, j'introduit le Wow ainsi : "ceci est un petit bout de plastique pour garder vos carte de visites, vous connaissez ?". Je ne les laisse par répondre et j'enchaîne tout en glissant la première carte choisie (en réalité...la seconde) dans l'étui : "pour moi, c'est juste un moyen de vous prouver que cette fois, je ne pourrais plus toucher directement la carte" (et je la montre par transparence). "Je ne vais d'ailleurs pas la couvrir, même pas un instant" et je demande à un autre spectateur de mettre sa main sur le jeu (je fais une coupe Charlier dans le geste de lui donner si je n'ai pas pu la faire avant).

Je réalise le change à vue et lentement*.

*C'est pour moi tout l'intérêt du Wow. Tous ceux qui retournent l'étui avec la face de la carte cachée et qui révèlent le changement ensuite ont tort selon moi car le moment ou les deux cartes semblent fusionner est extraordinaire pour les spectateurs.

Je sort la carte signée, je laisse tomber l'étui négligemment (ce n'est qu'un bout de plastique) et je porte mon attention sur la carte en passant mon pouce dessus comme si elle était fraîchement imprimée.

A partir de là, tout le monde veut voir la carte. Je ne range pas tout de suite le Wow (je m'en moque jusqu'au bout).

La question qu'on me pose alors presque à chaque fois : "et le 6 de cœur alors ?" et là je me tourne vers le spectateur qui a le jeu sous sa main et l'invite à regarder lui-même au milieu du jeu en disant "elle a pris sa place dans le jeu".

Je conclut en disant "Rien ne se perd, rien ne se créer, tout se transforme.... ou tout voyage !" et je range tout en même temps sauf les cartes signées que je laisse en souvenir.

A noter que je me ballade avec 4 Wow sur moi afin de ne pas avoir toujours les mêmes cartes choisies pour le premier spectateur.

 

Concernant l'examen d'un jeu de carte (ordinaire ou le plus truqué du monde), je ne dis jamais d'entrée "examiner le jeu" ou "voici un jeu de cartes normales..." (on en a déjà parlé maintes fois) mais je le donne à un spectateur en lui demandant de le mélanger, de le couper ou de me sortir telle ou telle carte. Ainsi, étant donné qu'il a été dans les mains d'un spectateurs, dans l'esprit collectif, il est ordinaire et non préparé (si le spectateur l'a mélangé).

Vous connaissiez sans doute déjà cette astuce mais un petit rappel ne mange pas de pain comme on dit.

Dernière petite chose : à propos des exceptions (car dans les première lignes de mon intervention, je parle d'exceptions et vous pouvez vous demander lesquelles).

J'impose parfois l'examen juste pour ne pas créer de temps mort durant mon passage. En cocktail (debout, sans table) par exemple, je présente souvent une routine de petit paquet où tous les dos changent de couleur. A la fin 4 spectateurs se retrouvent avec chacun une carte ou deux dans la main et je les invite à examiner les cartes. Souvent ils se les échangent. Cela me permet de sortir le matériel du tour suivant ou d'emp***** un objet dans ma poche (et si je n'est pas eu le temps, j'emp******* lorsque je remettrai les cartes du tour en poche).

Je parle d'un tour de petit paquet mais il en est de même avec plusieurs des routines que je présente. J'invite parfois à l'examen avec insistance afin de sortir ce dont j'ai besoin par la suite, de placer, mettre en marche ou d'em******* quelque chose.

Sur scène aussi, il m'arrive de donner quelque chose à un spectateur sur scène pendant qu'une autre monte sur scène.

Modifié par marc page
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L'illusionnisme est l'art de donner une réalité à des choses impossibles ou très peu probables.

Publié le

Je rejoins @Chakkan (David) sur le fait de créer une "attente" avec les spectateurs quand au caractère "truqué" ou non d'un objet ou d'un paquet de cartes.

On peut jouer sur le vague, le flou.

Par exemple, j'ai une routine de bonneteau à trois cartes normales, trouvée chez Ackermann avec quelques ajouts perso, pour laquelle je dis "je vais vous faire un tour avec quelques cartes " sans mentionner le nombre. C'est volontairement suspect. Ensuite je dis "Nous avons 2 rouges et une noire".

Puis j'arrive à montrer 3 rouges, puis 3 noires. Puis des changements de place impossibles. 

Et quand la routine est terminée, les spectateurs n'ont qu'une envie: m'arracher les cartes des mains :D 

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"Le magicien est intrinsèquement contradictoire:

Il doit faire croire que rien ne se passe quand tout se passe et que tout se passe quand rien ne se passe" NB

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    • Simple : il a y juste ce qu'il faut. Des visuels (photos et vidéos) et un moyen de te contacter. Sur la page principale, je viens de réaliser que tes gants n'avaient que 4 doigts. C'est un détail qui attire l'oeil donc il faut laisser cette photo (en plus très nette et ou qui donne tout de suite le ton sur le personnage). Les dessins sont bien aussi. Ce qui est un peu dommage, c'est qu'ils ne s'affichent pas en entier sans qu'on ait à descendre avec la molette pour les voir globalement. Les vidéos sont bien : elles en montrent assez pour avoir un aperçu de la variété des numéros possibles, la folie du personnage et pas trop pour laisser les gens les découvrir en entier. La deuxième vidéo où tu parles est la plus vendeuse à mon avis car ton accent et ta personnalité y sont encore plus flagrants au travers de ta présentation des coulisses du crazy. On voit clairement que tu es chez toi, que c'est ton univers et que lorsqu'on t'engage, on fait venir un morceau de la folie du crazy. Elle se démarque des autres vidéos plus axées sur le visuel mais qui ressemblent plus aux montages vidéos d'autres magiciens. La prise de contact est simple et directe : un mail et un numéro de téléphone. C'est plus chaleureux que la sempiternelle boîte de messages intégrée au site. On se dit qu'on va t'avoir en personne ou en tout cas facilement pour avoir tes conditions. C'est psychologique mais à mon sens, ça joue aussi. Il manque peut être quelques lignes (titres au dessus des vidéos ?) où on peut lire un peu ce que tu proposes en termes de format comme "numéros de 5 à 20min", ce genre de chose. Tu parles plusieurs langues donc une petite ligne pour l'indiquer, ce serait bien aussi. Les commentaires en anglais, français et allemand, les extraits de plusieurs émissions montrent déjà le côté international et reconnu de tes prestations mais en précisant que tu peux parler en telle ou telle langue, c'est un plus non négligeable pour certains clients. Un site internet n'est pas ce qui rapporte le plus de clients aujourd'hui (plutôt le bouche à oreille, la télévision et les réseaux sociaux) mais cela permet aux intéressés d'avoir un bel aperçu de ce que vous proposez, c'est une vitrine. Je vous souhaite de beaux succès dans la promotion de votre travail à Christa. et toi.
    • Max Maven est celui qui m'a le plus marqué physiquement. Il portait les initiales de son nom de scène sur sur visage (bouc et cheveux au niveau du front coupés de manière à former deux "M"). Je l'ai toujours vu dans des tenues noires très amples aussi et avec sa queue de cheval ou des couettes tressées. Ensuite, il y a eu al voix et la barbe de Eugène BURGER et quand je l'ai eu en face de moi, c'était vraiment agréable de l'écouter rien qu'à cause de la gravité de sa voix et de son ton très posé. Jeff McBride, toujours habillé style "kabuki" même en dehors de la scène et son sourire particulier. J'ai été surpris de découvrir qu'il avait de toutes petites mains aussi lorsque je l'ai rencontré. Un qui m'a surpris en conférence, c'est Richard Sanders qui est assez petit et je ne m'en était pas du tout rendu compte dans ses vidéos. ça lui donnait un côté encore plus dynamique. Léo Smeters et ses lunettes vertes + souvent une pochette, une cravate ou des chaussures vertes. Sa magie ne m'a pas plus attiré que ça, le personnage non plus mais j'ai retenue l'image des lunettes vertes. Jean-Pierre VALLARINO, souvent avec une écharpe blanche non enroulée. Je lui ai toujours trouvé un petit côté "Alain DELON" dans son attitude, sa façon de se déplacer. Les très longs et épais cheveux de Galina (lévitant sur sa boule volante lumineuse dans l'émission "Las Vegas" version française présentée par Sylvain Mirouf) qui aujourd'hui a les cheveux très courts (dans le duo Sunny Hayes). Peter MARVEY qui pendant très longtemps était toujours habillé avec le même costume d'un bleu particulier et qui utilisait souvent "Ghostbuster" comme musique à la fin de chaque numéro. Hans Klock, chemise ouverte, cheveux dans le vent, un peu brusque dans ses gestes (il jetait toujours assez violemment le couvercle de sa "spike illusion", que l'on voyait déjà bien tordu; et les pics, je me suis demandé une fois si son technicien avait toujours réussi à les réceptionner facilement). Je crois au passage que c'est lui et Greg Frewin avaec son numéro de colombes colorés qui ont fait de "Eclipse" du Cirque du Soleil, une musique très populaire chez les magiciens jusqu'au début des années 2000. Alexandra et Dominique DUVIVIER et leurs queues de cheval, détail physique sur lequel ils jouent dans leur numéros en duo. Alain DEMOYENCOURT : c'est un personnage même en dehors de la scène mais son costume fait à partir de serviettes de table "à l'ancienne" marque aussi. Pour Yann Frish, ce sont ses yeux et ses expressions qui malgré le personnage assez fou qu'il endosse, font ressortir un côté "enfant", plein de douceur. Il y a aussi les chemises à fleurs de notre regretté Daryl MARTINEZ, le cigare et le verre de whisky de Dai VERNON (pas un détail physique mais un détail lié au personnage), les mains géantes de Larry Jennings, la gestuelle de Tony Slydini, la posture assise de Albert GOSHMAN, les ongles pointus de Steve DACRI, le style vestimentaire et les coupes de cheveux des Erlish Brother, le style gothique de Criss Angel et de Dan Sperry, le grand écart que faisait Jorgen SAMSON à la fin de son numéro de productions de tables et de fleurs, etc...
    • Déjà, si j'achète un livre, c'est que j'ai l'intention de le lire et l'envie de mettre en application au moins une partie de son contenu. Je prend tout mon temps. Si j'ai le matériel, même si la routine ne me plait pas, j'essaie. Je dis bien "même si la routine ne me plaît pas" car pendant longtemps je ne testais que les routines qui me plaisaient et puis un jour, je me suis fixé comme objectif de tester toutes les routines d'un livre (le premier tome de Jacques Delord) et là, après m'être filmé en m'entraînant à des routines qu'à priori je n'aurais pas présentées, j'ai découvert qu'en fait, ce n'était pas mal du tout voire très bien pour certaines. C'est ainsi que la routine de Peter Warlock a rejoint mon répertoire pendant des années par exemple. Par contre, la routine de corde qui me plaisait ne m'avait pas plu en me regardant sur la vidéo. Je suis revenu dessus mais bien plus tard. Donc depuis, dès que j'ai ce qu'il faut pour les tester, j'essaie chaque routine et je me filme. Parfois cela met quelques jours avant d'avoir un début de routine présentable (lorsque c'est un peu technique) mais qu'importe, l'exercice est intéressant et parfois, ça devient des petits défis (je sais que je ne présenterai jamais certaines routines mais je veux parvenir à la faire au moins une fois "proprement"). Parfois je suis sur deux livres en même temps. A quelques exceptions près (certaines encyclopédies), je suis toujours allé jusqu'au bout de mes livres. Une fois lu, un livre a le droit d'avoir sa place dans ma bibliothèque. Sinon il fait partie d'une pile "à lire". Aujourd'hui je n'ai plus de place dans mes deux bibliothèques (elles ne sont pas énormes mais de taille "raisonnable", un centaine de livre chacune à peu près) donc je n'achète plus de livre, juste quelques notes de conférences parfois (mais ça devient rare). Par contre je relis certains bouquins. Ceux que j'ai le plus lu et relu complètement (2 à 3 fois) sont "Fondations" de Eberhard Riese, "Close-up" de Stone (lu deux fois et je n'ai pas résisté à m'acheter la réédition augmentée, ne serait que pour l'humour distillé au fil des pages), les livres de la trilogie Delord (qui donnent vraiment envie de faire de la magie), mes premiers livres de magie (les livres de John Tremaine et de Patrick Page), le livre de John Bannon "Barrage", les livrets de Pavel et de Marconick (qui se relisent très vite, c'est presque une idée par page). Ensuite il y a les livres dans lesquels je replonge assez régulièrement mais que je ne relie pas complètement comme les Mad Magic, les Tarbell, les livres de Christian Chelman (j'ai relu complètement "Légendes Urbaines" cela dit). Au niveau de ma façon de travailler, après lecture d'un livre, j'ai forcément plein de vidéos d'entraînement. Je les supprime toutes sauf celles des routines qui me plaisent le plus après les avoir essayées et là j'essaie d'en faire autre chose ou au moins d'en faire quelque chose de personnel (souvent cela consiste à trouver un texte pour les routines de close-up, ou un texte ou une musique pour certains numéros de scène, à trouver un endroit où introduire la nouveauté dans un enchaînement, parfois cela consiste à juste garder une idée qui me plaît comme certaines accroches, un blague ou une méthode et parfois cela consiste juste à changer la méthode pour que la routine soit fluide, pratique et que j'ai du plaisir à la présenter). Toutes les routines qui restent en vidéo d'entraînement sur mon disque dur seront en général travaillées de manière approfondie pendant quelque semaines, mois voire plus en fonction des difficultés (pour fabriquer certaines choses ou maîtriser certaines techniques) et présentées au moins une fois en public. Certaines resteront plusieurs années d'autres pas. Tout dépend de l'impact de en public et du plaisir que j'aurai à les présenter évidemment. Maintenant j'essaie de noter le nombre de routines que j'ai présentées d'un livre afin de voir ceux qui ont le plus "nourris" mon répertoire. En close-up, "Barrage" de John Bannon est sans nul doute celui dont j'ai le plus pratiqué le contenu. Il ne comporte que 8 routines que j'ai toutes testées et présentées au moins une fois en public. Après 3 ans, 4 de ces 8 routines figurent toujours régulièrement dans mes prestations de close-up, ce qui en fait le livre que j'ai le plus "rentabilisé" et ce n'est pas du tout le plus cher que j'ai acheté. Je ne souhaite pas raisonner en termes d'argent mais c'est un bon moyen de voir les livres (et je commence à faire pareil pour les vidéos) que j'ai le plus utilisés. Je commence à raisonner pareil pour le matériel aussi. Si je regarde ce que j'utilise le plus, ce sont rarement des accessoires les plus onéreux que j'ai achetés pour le close-up (j'utilise par exemple rarement certains très beaux sets de pièces spéciales que j'ai achetés. Par contre j'utilise très souvent des pièces normales 50F argent que je tiens de ma grand-mère et mes pièces jumbo que j'ai fait fabriqué lorsque j'étais étudiant). Pour la scène, c'est différent. Le matériel que j'ai acheté cher, c'était pour l'utiliser, j'ai bien réfléchi avant d'investir donc je l'utilise. Il faut dire aussi que je n'achète pas ou très rarement (pour des petites choses) sur un coup de tête. Ce que j'achète correspond à des choses assez précises que je recherche depuis un moment. ça n'a pas toujours été ainsi bien sûr. Avec l'âge, l'expérience, on s'organise, on réfléchit et on fait plus facilement le tri entre ce qu'on est sûr de présenter avant de l'acheter et ce qui risque de finir dans un tiroir après une seule utilisation. Et puis je n'ai plus de place. Par contre, même si mes tiroirs sont pleins, rien n'est jamais resté dans son blister sans avoir été utilisé au moins une fois en public. Lors de la lecture, surtout pour la lecture de revues, j'ai du mal à surligner ou écrire dans mes livres que je veux garder impeccables (je suis assez maniaque) même si je suis d'accord que c'est un outil de travail. Je prend des notes sur une fiche cartonnée ou à défaut, une feuille A4 pliée en deux en notant les routines à tester et leur page parce dès que j'ai ce qu'il faut pour la tester. Je met un certains nombre de petits traits (1 à 4) comme les étoiles du michelin en fonction de mon ressenti à la lecture. Je faisais déjà ça étant gamin lorsque j'enregistrais les numéros qui passaient au cabaret de Patrick Sébastien : je les "notais" avec 1 à 4 petits traits. Même plus de 25 ans après, je suis encore d'accord avec mes "notes" (ça devait être le côté "prof" qui commençait à venir). Une fois filmée, si la routine me plaît, je vais écrire mes idées dans un livret qui ne sert qu'à ça ou sur une nouvelle feuille A4 pliée en deux si je n'ai pas mon carnet sous la main et je jette mes fiches de lectures qui ne sont qu'une liste de ce que je pouvais essayer. Souvent, ma fiche de lecture est ce qui me sert de marque-page. Sinon c'est une carte à jouer ou une de mes cartes de visite (qui sont des vrais marque-pages bien sûr). Les livres que je lis plus facilement sont ceux où les routines font appel à des supports variés. C'est plus long pour s'entraîner car il faut à chaque fois réunir un matériel spécifique ou le plus plus proches de celui mentionné dans ce que j'ai. Pour les livres centrés sur un seul support (cartes, pièces, corde, etc...), le matériel est vite à ma disposition mais je n'avance pas plus vite car au bout de 2 ou 3 routines lues, il faut d'une part que je les essaie et d'autre part, sans parler de les tester, je ne pourrais pas lire d'une traite de tels livres. A quelques exceptions près (comme Bannon ou Duvivier), c'est ennuyeux (ce qui ne veut pas dire que le contenu est mauvais, juste que j'ai besoin d'une certaines variété de supports pour que ma lecture se prolonge plus). Cela dépend aussi de la façon dont s'est écrit et illustré bien sûr. Quoiqu'il en soit, je lis rarement plus de 3-4 routines d'affilé et c'est même plus souvent 1 ou 2. Je lis plutôt le soir, dans le lit juste avant de m'endormir et je fais mes essais le lendemain matin ou je lis et je fais mes essais au fur et à mesure le matin (je lis une routine, je la teste et la filme, je lis une deuxième routine et la teste et la filme, etc...). Pour les essais de routines de scène, c'est plutôt l'après-midi car mon matériel de scène est chez mon grand-père et le matin, je fais déjà la liste de ce que je vais travailler l'après-midi, je relis les routines et commence parfois à noter des idées qui me viennent, des choses à tester de plusieurs manières. Lorsque je lis le soir, une fois la lumière éteinte, je me fais des "films" dans ma tête, je m'imagine faisant la routine lue, ce que je dirai. Souvent je regrette de ne pas avoir noté certaines phrases imaginées.  Après lecture d'un livre (ou deux en parallèle), il a donc droit à sa place dans une de mes bibliothèques et je n'attaque jamais la lecture d'un autre (ou d'un autre "duo") tout de suite. Soit je reste un mois ou deux sans lire, soit je lis un livre de contes pour enfants ou un livre de Bellemare (histoires courtes, une ou deux chaque soir) ou j'attaque un roman (plus rare mais ça m'arrive), soit je suis déjà sur mes notes par rapport aux routines que j'imagine (sans forcément de lien avec un livre lu ou une vidéo vue) : je m'amuse à écrire des accroches, des thématiques, des textes, des idées de méthodes alternatives, je dessine, etc... Remarque, ces notes, c'est un peu tous les jours et à tout moment de la journée. Dès que j'ai une idée, une phrase qui me plaît, etc..je la note, je dessine. Je refais souvent plusieurs fois la même chose, je change quelques détails que j'estime être mieux ainsi. Je suis depuis des mois sur la fabrication d'un élément de scène. Je l'imagine en différents matériaux, je regarde ce qui se fait dans les magasins de bricolages près de chez moi, j'envoie des demandes de devis à certaines entreprises qui travaillent le plastique, la mousse. C'est pour moi la phase la plus longue : le choix des bons matériaux, les essais, les prototypes. Les idées me viennent assez vite, le travail des techniques assez vite aussi globalement si j'y consacre quelques après-midis entiers. Mais lorsqu'on se lance dans la fabrication de nouvelles choses (pour la scène surtout), sans plan déjà existant, c'est long. Il faut multiplier les aller-retours entre l'appart, les magasins, l'atelier dans lequel je bricole (chez mes parents), le lieu où je répète (chez mon grand-père), ne pas oublier la caméra ou le pied de caméra que je me trimbale à peu près à chaque fois, mes notes, etc... L'un des points les plus délicats, ce sont les fixations. Pour beaucoup de gimmick en close-up comme en scène, il faut des fixations assez fiables pour ne pas bouger avec nos gestes ou en déplaçant le guéridon, etc...mais qui libèrent facilement une charge. C'est assez paradoxal : on veut fixer mais facilement libérer, transposer, etc...Dans mes recherches, j'ai découverts des choses incroyables à détourner de leur utilisation. Action, Aldi, Liddle, BricoLeclerc, Brico dépôt, Noz, LeroyMerlin et les vide-greniers, voilà mes boutiques de magie préférées depuis bien longtemps. Le problème, c'est que je vois pas mal de choses qui me donnent envie de les détourner de leur utilisation et du coup, j'ai un tas de prototypes inachevés qui prennent une place folle. Mais revenons sur les livres. La dernière chose que je voudrais dire la dessus, c'est sur leur transport car je me déplace souvent entre mon appart, l'endroit où je bricole et l'endroit où je répète et je veux les garder impeccables. J'ai donc donc des pochettes en papier bulle épais pour les transporter sans les abîmer. J'ai d'ailleurs de grosse pochettes à bulles dans chacune de mes valises de magie, adaptées au format de ce que j'emporte le plus souvent et j'utilise parfois des accessoires très fragiles mais auquel je tiens absolument.        
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