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1) Que vais-je transmettre ? Comment distinguer et séparer l'accessoire de l'essentiel. Au-delà du savoir-faire technique et  du gimmick, que transmettons-nous ? Une histoire, une identité, une créativité, des valeurs...Ce capital immatériel n'est-il pas parfois (souvent ?) trop peu pris en compte ? 

2) Quelle place souhaite-je occuper dans cette transmission ? 


En savoir plus sur http://virtualmagie.com/forum/sujet/58829-quelle-sera-votre-transmission/#XPwVC47huf1WKWFY.99

1) Tu parles donc de la transmission au cours d'une prestation (spectacle). Toute transmission est liée à un savoir (donc soit des connaissances, soit des pratiques, soit les deux) donc de mon point de vue, je ne transmet pas grand chose aux gens par les tours seuls. Par les histoires ou sujets que j'aborde, oui, parfois. Mon intention est de donner une réalité au fantastique, à l'impossible et cela fait naître des émotions diverses qui ont pour conséquence des réactions diverses mais je ne parlerais pas de transmission d'émotions. Cela arrive parfois mais pour moi cela a un sens bien précis : transmettre des émotions suppose que nous avons ces émotions au moment où on les communique. Par exemple, si vous jouez le rôle d'une personne triste et que les spectateurs deviennent tristes, vous avez transmis une émotion mais si vous raconter une histoire dont un passage est profondément triste et que vos spectateurs le deviennent, alors vous avez fait naître la tristesse chez vos spectateurs. C'est différent.

Pour moi, en prestation, je fais plus souvent naître des émotions que je n'en transmet. Au théâtre, c'est l'inverse.

Et chez les conteurs, c'est un point très intéressant car ils peuvent passer du rôle de narrateur à l'incarnation d'un personnage, passer d'une certaine interaction orale et visuelle avec le public à une autre.

Sinon, au travers de mes histoires ou sujets que j'aborde, il y a des connaissances liées à la physique, à la chimie, à l'histoire, au cinéma, aux légendes (de ma région bien souvent), etc... donc je dirais que j'essaie d'éveiller de temps en temps l'intérêt pour les sciences, le mystère, le merveilleux; j'essaie de rendre les gens curieux (pas sur les secrets des illusions que je leur présente mais sur ce que j'illustre avec) et de leur laisser une image qu'ils aimeront décrire à leurs proches, de leur faire vivre quelque chose de troublant voir de perturbant parfois mais d'agréable au final.

2) Quelle place occuper dans cette transmission ? La place d'artiste, ni plus ni moins.

Après, on peut aussi se poser la question de la transmission de notre savoir dans le domaine de l'illusionnisme. Pour moi, ce sera des coups de pouce ici et là pour les personnes à qui j'ai envie d'en donner et puis avoir quelques élèves au cours de ma vie, pouvoir leur transmettre plus que des connaissances et des méthodes pratiques : le goût pour les recherches, le goût pour d'autres arts et artistes, le goût pour l'échange et pour l'organisation. Donner les choses au compte-goutte mais avec l'espérance de voir l'élève me dépasser un jour.

Modifié par marc page
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L'illusionnisme est l'art de donner une réalité à des choses impossibles ou très peu probables.

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il y a 38 minutes, marc page a dit :

1) Tu parles donc de la transmission au cours d'une prestation (spectacle).

 

 

Absolument pas. Je faisais un parallèle avec le sujet sur l'individualisme et je cherchais à savoir ce que vous souhaitiez transmettre pour permettre à autrui d'aller plus loin et votre place dans la transmission du savoir, de vos valeurs, etc. (place au sens : émetteur actif, récepteur, créateur, etc.). Marcus est partie sur l'émotion en spectacle, d'autres sur les valeurs de curiosité ou d'esprit critique à transmettre à leurs enfants, certains sur une création magique qu'ils ont légué  la communauaté, etc.  

Quand je fais référence au capital immatériel, je souhaite mettre en lumière que lorsque l'on parle de transmission en magie, on parle beaucoup d'apprentissage de techniques. Or la magie c'est plus que cela, c'est la créativité (BW expliquait lors d'une de ses conf sa technique de brainstoring), les valeurs, une histoire, etc.

Modifié par Patricia
  • J'aime 1

La bêtise est nettement supérieure à l'intelligence car toute l'intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle, tandis qu'un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoi que ce soit d'intelligent.

Philippe Geluck

Extrait de "Et vous, chat va ?"

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Autant pour moi. J'ai donc répondu aux questions sous deux angles : la transmission lors des prestations et la transmission du savoir lié à l'illusionnisme.

Modifié par marc page

L'illusionnisme est l'art de donner une réalité à des choses impossibles ou très peu probables.

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il y a 2 minutes, marc page a dit :

Autant pour moi. J'ai donc répondu aux questions sous deux angles : la transmission lors des prestations et la transmission du savoir lié à l'illusionnisme.

Oui et du coup la réponse n'en est que plus riche et intéressante. Merci.

Pour ma part, je suis adepte de la graphie : au temps pour moi 

;)

La bêtise est nettement supérieure à l'intelligence car toute l'intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle, tandis qu'un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoi que ce soit d'intelligent.

Philippe Geluck

Extrait de "Et vous, chat va ?"

Publié le

 

Le 07/07/2017 à 21:37, Patricia a dit :

Pour faire un parallèle avec le sujet "les magiciens sont-ils trop individualistes", je m'interroge sur ce que nous avons chacun à transmettre.

Transmettre - Du latin "trans" et "mittere" : envoyer au-delà.

Je prendrais le terme « au delà » dans le sens « disparu ». On ne comprend réellement ce que nous a transmis quelqu'un que quand il n'est plus à nos côtés.

La seule transmission à mon sens qui existe : les souvenirs.

 

Écouter Howard Hamburg parler de Dai Vernon, on comprend vite que le professeur lui a avant tout transmis son amitié d'être humain à être humain. Et pas simplement « des tours» ou des techniques.

Quand on écoute Bill Malone parler de Marlo, on comprend que tous « les trucs » qu'il a appris ne viennent que bien après tous les souvenirs passés avec l'Homme et non le magicien.

Quand on entend Yves Carbonnier parler de Jacques Tandeau, on comprend ce qu'un être humain est capable de donner à un autre.

 

Le court métrage de Paul Wilson proposé par @Sebrésume mon point de vue.

Un lègue est quelque chose de palpable, matériel.

Une transmission est quelque chose de plus irrationnel, qui relève de l'inconscient.

>>Dans ce film, le père lègue une boite, mais il a transmis par ce biais, des souvenirs.

Les artistes lèguent une œuvre (peintures, livres, etc...). Les être humains transmettent des souvenirs.

 

« apprivoise moi dit le renard ».

  • J'aime 5

Que d'hommes se pressent vers la lumière non pas pour voir mieux, mais pour mieux briller - Nietzsche -

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Il y a 6 heures, Patricia a dit :

Quand je fais référence au capital immatériel, je souhaite mettre en lumière que lorsque l'on parle de transmission en magie, on parle beaucoup d'apprentissage de techniques. Or la magie c'est plus que cela, c'est la créativité (BW expliquait lors d'une de ses conf sa technique de brainstoring), les valeurs, une histoire, etc.

On peut tout simplement témoigner de l'expérience d'une vie sans nécessairement avoir envie de transmettre.

Il y a nombre de magiciens comme J.N.Hofzinser ou Charlie Miller qui ont préféré disparaître avec leur secret, leur univers. Ils ont leurs raisons. Après la disparition de Charlie Miller, Bruce Cervon - qui voyait les $$$$$$$ tomber dans sa poche - a voulu publier ses "Castle Notes" à propos de Miller. Les pontes du Magic Castle lui sont tombés dessus à bras raccourcis, et son projet n'a jamais vu le jour. On honore un artiste durant son vivant, après sa mort il n'en n'a plus rien à foutre.

Quand Jean Merlin organise les Merlin's Day dans le but de transmettre et qu'aucun jeune magicien n'y met les pieds, on peut se poser des questions sur le bien-fondé de la transmission.

il y a une heure, Loic J. a dit :

Une transmission est quelque chose de plus irrationnel, qui relève de l'inconscient.

 

Une transmission se fait donc du vivant de l'artiste.

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Le 07/07/2017 à 21:37, Patricia a dit :

Quelle place souhaite-je occuper dans cette transmission ?

Salut Patricia.

Je dirais plus : Avons-nous le devoir de transmettre ?

Le "devoir" non... Nous n'avons pas tous vocation à transmettre.

Transmettre à qui ?

  • Aux magiciens ?
  • Aux publics ?

J'imagine que dans ta question il s'agit de transmettre un savoir aux autres magiciens.

A titre personnel (36.15 ma vie pour les plus anciens d'entre nous !), je transmets avec plaisir aux autres magiciens à la stricte condition que la personne à qui je transmets travaille et ne cherche pas juste à connaître le "truc". Ensuite, je transmets "utile", et non pas à contrario "spectacle" voire "frime". Je ne vais pas aller transmettre un savoir faire sur une flying table à quelqu'un qui cherche à progresser en cartomagie.

Maintenant, pour moi, la transmission se fait surtout auprès du public. Transmettre un peu de rêve, d’insouciance temporaire, de féérie, d'enfance, de madeleine de Marcel délicieusement imbibée de thé...

Personnellement, mon aboutissement sera un peu plus complet le jour où je pourrai transmettre ce moment magique au service pédiatrique de l'hôpital de ma Ville.

Mais j'ai bien compris que tu parles de la transmission de savoir-faire à d'autres magiciens en herbe :)

Modifié par Natas
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Bon,

Je vais parler de la transmission vers les enfants.

Moi mon oncle m'a transmit la passion de la magie, ce n'était sûrement pas ce que l'on appelle un maître, juste un amateur qui m'a ramené une guillotine à doigt et m'a initié à la magie. Je le voyait rarement, mais sur le peu de rencontre il m'a transmis le goût de la magie.

J'essaye de transmettre moi aussi le goût de la magie aux enfants.

J'ai essayé d'abord avec mon fils et ma fille, mais je les ai gavé et j'ai obtenu l'effet contraire, j'ai essayé avec mon petit fils et là cela a prit ;)

Je fais des spectacles de préférence pour les enfants, c'est un public difficile, mais j'adore quand leur yeux s'illumine.

Je fais aussi des ateliers et j'essaye de leur transmettre l'envie de continuer dans la présentation de petits tours, je trouve que cela apporte plein de bonnes choses aux enfants, cela leur permet de s'affirmer, de s'ouvrir aux autres.

Je suis persuadé que plus d'enfants se seront frottés à la présentation de tour plus il y aura de spectateurs dans les salles.

Je crois que les Américains sont des grands amateurs de magie, parceque dans toutes les villes il y a une boutique de magie et tous les enfants suivent des cours de magie, un peu comme une garderie chez nous. Et donc le fait de se frotter à la présentation de petits tours leur fait apprécier les spectacles.

 

Pour parler des maîtres (à mon avis cela pourrait faire l'objet d'une autre discussion) 

Moi j'ai eu la chance d'avoir pour Maître Monsieur EDERNAC, ce que je retiens de sa transmission, c'est que il n'y pas de petits tours, c'est le Magicien qui est important.

C'est l'atmosphère que distille le Magicien,

Lui c'était la grande classe, toujours parfait un vrai gentleman.

Cela ne colle pas à tous le monde, il faut trouver son personnage, les tours et la technique, ne sont la que pour crédibiliser le personnage.

Et donc la transmission d'un maître, c'est à mon sens comment il aide son apprenti à découvrir sa vocation.

 

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Il y a 6 heures, Loic J. a dit :

 

Je prendrais le terme « au delà » dans le sens « disparu ». On ne comprend réellement ce que nous a transmis quelqu'un que quand il n'est plus à nos côtés.

La seule transmission à mon sens qui existe : les souvenirs.

Écouter Howard Hamburg parler de Dai Vernon, on comprend vite que le professeur lui a avant tout transmis son amitié d'être humain à être humain. Et pas simplement « des tours» ou des techniques.

Quand on écoute Bill Malone parler de Marlo, on comprend que tous « les trucs » qu'il a appris ne viennent que bien après tous les souvenirs passés avec l'Homme et non le magicien.

Quand on entend Yves Carbonnier parler de Jacques Tandeau, on comprend ce qu'un être humain est capable de donner à un autre.

 

Merci pour ce point de vue que je partage pleinement et qui remet l'humain au centre.

La bêtise est nettement supérieure à l'intelligence car toute l'intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle, tandis qu'un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoi que ce soit d'intelligent.

Philippe Geluck

Extrait de "Et vous, chat va ?"

Publié le (modifié)

Je pense que transmettre notre savoir se fera naturellement lorsque l'occasion se présentera. C'est une question de ressenti pour moi. Je sens quand une personne veut juste apprendre un truc ou vraiment travailler des routines et dans ce cas, si c'est pour épater la galerie de temps en temps, pour l'argent ou parce qu'une passion est née pour cet art.

Je pense que faire naître une passion chez quelqu'un d'autre se fait inconsciemment et que lorsque cette personne vient vous demander où apprendre, elle n'a pas la même intonation que les autres.

Citation

Pour ma part, je suis adepte de la graphie : au temps pour moi 
En savoir plus sur http://virtualmagie.com/forum/sujet/58829-quelle-sera-votre-transmission/?page=3#io8jrlQ6emYHDBso.99

J'ai tapé ma réponse sans trop y réfléchir et je l'ai orthographié ainsi, instinctivement mais il est vrai que c'est plutôt l'autre orthographe qui est préconisée.

Dans le même genre, il y a l'expression "mariage pluvieux mariage heureux" qui en réalité n'a aucun lien avec la pluie puisqu'en réalité c'est "mariage plus vieux, mariage heureux".

Là aussi, la transmission a son importance !

Dans un dvd, je me souviens de Howard HAMBURG racontant que Dai VERNON écorchait volontairement son nom et qu'il lui avait dit qu'il arrêterait de le faire le jour où il saurait tenir un jeu de cartes et qu'après des années d'échanges, il reçoit pas la poste une enveloppe avec à l'intérieur une lettre (de l'alphabet), celle qui manquait pour prononcer correctement son nom. Jolie anecdote !

Il y a aussi Paul POTASSY racontant comment il a été fait prisonnier pendant la seconde guerre mondiale, comment la magie lui a sauvé la vie un jour où il faisait le mort dans la neige et que deux soldats ennemis le trouvent et d'autres histoires de ses spectacles sur des scènes grandioses avec son jeu de cartes et ses 6 foulards.

Modifié par marc page
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L'illusionnisme est l'art de donner une réalité à des choses impossibles ou très peu probables.

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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