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En attendant, je retente ma chance (j'ai l'impression d'être dans le sujet "Fil en forme d'énigmes" : je n'y brille pas non plus, mais je persévère :D)

  1. Les résultats observés ne concernent pas tous les cancers (bien que la conclusion de l'étude parle de réduction du risque général de cancer, l'étude met seulement en évidence une différence pour les lymphomes et les cancers du sein après la ménopause
  2. La différence n'est pas significative entre ceux qui ne mangent jamais d'aliments bio et les autres, mais entre ceux qui en mangent souvent et les autres (quartile 4 vs quartiles 1 à 3). Il convient donc de parler d'un risque moindre chez ceux qui consomment souvent des aliments issus de l'agriculture bio
  3. Je ne vois pas :S

Par contre, je retire ce que j'ai dit précédemment : les antécédents ont bel et bien été pris en compte (de même que d'autres facteurs de risque : consommation d'alcool, tabagisme...), du moins dans le modèle 2 (celui qui montre un écart de 25%).

Mais encore une fois, je rappelle que j'ai lu l'étude en diagonale, mon interprétation n'est vraisemblablement pas parfaite.

L'important, c'est que ça valide !

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Publié le (modifié)

Oui tout à fait ! Et la troisième erreur n'en est pas tout à fait une, mais c'est pas honnête de présenter l'étude en mode "on a suivi 70 000 patients de 2009 à 2016" alors que le temps moyen d'inclusion est de 4 ans, et que les gens n'ont pas exactement été suivis...

Et il faut préciser une chose : 25%, c'est un odds ratio (ici un Hazard ratio, mais il est utilisable comme odds ratio), pas une quantité supplémentaire, il faut donc le mettre en relation avec la prévalence du cancer dont on parle. 

Modifié par Zacharie Simmons
Publié le

Le problème principal de cette étude, c'est qu'il y a des biais dans tous les sens, à commencer par la définition de la nourriture bio. C'est normal de démarrer une étude avec des a priori, mais c'est inconcevable de tirer des conclusions comme ça et de parler de pesticides à la fin ! Si tu veux absolument dire que tes pesticides apportent un sur risque, tu dois faire bouffer des pesticides (une seule molécule par étude de préférence) à la moitié de tes patients, en double aveugle ! Bien sûr c'est pas faisable, mais dans ce cas on fait une étude sur des patients comparables, on teste une variable, etc.

Là, les patients, on ne sait même pas d'où ils sont ! C'est quand même un biais de confusion balèze, quand on s'intéresse au cancer, non ? 

Donc cette étude n'est pas puissante. Elle est intéressante, mais elle ne justifie pas que les rats musqués de chez France info se soient jetés dessus pour la tordre et lui faire dire ce qu'ils veulent.

Publié le

Bref, soyons clairs, les pesticides sont une saloperie ou pas ?

Une saloperie à 25% d'odds ratio ? plus ? moins ?

En attendant la conclusion définitive, moi je continue de manger bio, quand c'est possible. Comme mes grands parents à leur époque. Tiens, aucun n'a eu de cancer... alors que mes parents en ont eu un ou deux chacun...

  • J'aime 2
Publié le

Je ne sais pas si c’est scientifique mais mon étude personnelle me dit que moins j’avale de produits chimiques comme les pesticides mieux je me porte. C’est une Étude principe de précaution et vu certains procés intentés de par le monde, d’agriculteurs contre les fabricants, mon petit doigt (toujours pas scientifique 😀) me que je suis dans le vrai. Vadé rétro Monsanto...

www.dedales-hypnose.fr

Publié le

Mais tu vois, ce que cette étude m'evoque, c'est que le vrai problème c'est pas les pesticides (parce que si ils augmentent un peu le risque de lymphome, bah ça m'en touche une sans faire bouger l'autre : dans leur étude il y a 15 cas sur 70 000 inclus). Le problème, c'est de vouloir absolument justifier son point de vue par tous les moyens, et de mener les gens à un hygiénisme débile. Parce que la personne qui se tape un lymphome et qui écoute France info, bah elle en veut à son voisin l'agriculteur au lieu de se dire "la faute à pas de chance"...et ensuite elle se retrouve chez des gourous qui lui disent de se soigner avec des jus de fruits. Je caricature, mais pas tant que ça. La position à avoir après avoir lu cette étude, c'est "tient, interessant, à creuser", pas "comment utiliser cette étude pour justifier ma croyance ?" 

Cette derniere attitude stérilise les débats. Si demain une étude sort, disant que les pesticides semblent diminuer le risque cancérogène des aliments, personne ne pourra y croire tellement on est bercé du discours inverse tous les jours, sans fondement (pourtant c'est probablement le cas, par leur action sur les mycotoxines, qui peuvent être cancérogènes). Et je ne dis pas ça parce que j'adore les pesticides, bien entendu ! Je le dis parce que c'est complètement tordu de vouloir à tout prix que la bouffe qu'on mange tous les jours soit toxique !

Cette volonté de chercher le diable et d'accuser une partie de la population d'empoisonner l'autre, c'est une attitude délétère pour la société et la science.

 

  • Merci 1
Publié le (modifié)

Je dois t’avouer que depuis le nuage de Tchernobyl qui a « épargné » miraculeusement  la France je prend toutes les informations meme de France Info avec beaucoup de recul et je ne suis pas étonné de la manipulation que tu évoques même si je demeure intimement persuadé que manger des produits cultivés sans produits chimiques ne peut être que bon pour la santé. Le soucis des études et autres avis scientifiques c’est qu’ils peuvent être aussi tronqués par exemple par des liens étroits entre des laboratoires pharmaceutiques et des médecins et professeurs « experts » rémunérés par ces memes labos... C’est un peu comme le débat sur le climat qui anime des pages et des pages ici , qui croire dans ces tableaux et ces stats tous fait par des scientifiques de formation. La science se veut objective mais les gens qui font les études demeurent des êtres humains et paraphrasant le philosophe « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

Modifié par darlone (Michel)

www.dedales-hypnose.fr

Publié le
Il y a 8 heures, friboudi (Dorian) a dit :

Le pire sur cette interprétation d'article (que voici en entier ICI), je crois que c'est lui... Affligeant de médiocrité.

 

 

Alors là je ne comprends pas ce qualificatif ("affligeant de médiocrité") très violent envers ce chroniqueur?
Moi je le trouve très bon, très drôle. Il arrive à placer des vérités tout en faisant rire. Bon, c'est vrai qu'il laisse parler des gens qui disent des énormités et qu'il se moque de ce qu'ils disent, mais je ne trouve pas qu'on rit à leurs dépends. Il est assez respectueux envers eux.

 

il y a une heure, Zacharie Simmons a dit :

Mais tu vois, ce que cette étude m'evoque, c'est que le vrai problème c'est pas les pesticides (parce que si ils augmentent un peu le risque de lymphome, bah ça m'en touche une sans faire bouger l'autre : dans leur étude il y a 15 cas sur 70 000 inclus). Le problème, c'est de vouloir absolument justifier son point de vue par tous les moyens, et de mener les gens à un hygiénisme débile.


Je ne dirais pas que c'est de l'hygiénisme. Personnellement je me fous un peu de l'hygiène, je ne crains absolument pas les "microbes" ou la saleté (enfin pas plus que n'importe qui), mais par contre je n'aime pas trop me faire empoisonner à l'insu de mon plein gré.

 

il y a une heure, Zacharie Simmons a dit :

Parce que la personne qui se tape un lymphome et qui écoute France info, bah elle en veut à son voisin l'agriculteur au lieu de se dire "la faute à pas de chance"...


Il y a la plupart du temps une cause environnementale.

Sinon, il n'y aurait aucune raison pour que le nombre des cancers ait autant augmenté !

 

il y a une heure, Zacharie Simmons a dit :

et ensuite elle se retrouve chez des gourous qui lui disent de se soigner avec des jus de fruits. Je caricature, mais pas tant que ça.


Je ne vois pas le rapport...

 

il y a une heure, Zacharie Simmons a dit :

La position à avoir après avoir lu cette étude, c'est "tient, interessant, à creuser", pas "comment utiliser cette étude pour justifier ma croyance ?" 

Cette derniere attitude stérilise les débats. Si demain une étude sort, disant que les pesticides semblent diminuer le risque cancérogène des aliments, personne ne pourra y croire tellement on est bercé du discours inverse tous les jours, sans fondement (pourtant c'est probablement le cas, par leur action sur les mycotoxines, qui peuvent être cancérogènes). Et je ne dis pas ça parce que j'adore les pesticides, bien entendu !


Tu reprendras bien un petit verre de roundup ?

 

il y a une heure, Zacharie Simmons a dit :

Je le dis parce que c'est complètement tordu de vouloir à tout prix que la bouffe qu'on mange tous les jours soit toxique !

Cette volonté de chercher le diable et d'accuser une partie de la population d'empoisonner l'autre, c'est une attitude délétère pour la société et la science.


Tiens, un petit article du Canard de cette semaine, comme chaque semaine en page 5 :

Pas touche à mes molécules

Le Canard enchaîné – 24/10/2018 – Conflit de Canard

L’industrie de la malbouffe ne lâchera pas le morceau. Hors de question de supprimer les trois quarts des additifs délayés dans nos assiettes. Depuis que la commission d’enquête parlementaire sur l’alimentation industrielle a fait cette proposition, le 26 septembre, l’Association nationale des industries alimentaires se décarcasse pour tuer dans l’œuf l’alléchante idée. Rappelons que Bruxelles a laissé les industriels « chimiquer » joyeusement nos aliments, jusqu’à autoriser l’emploi de 388 additifs. Une ribambelle d’E quelque chose.

L’enquête publiée ce mois-ci par l' «UFC Que choisir» donne du grain à moudre aux parlementaires, qui veulent réduire cette panoplie chimique d’ici à 2025. L’association de consommateurs a mis le nez sur les étiquettes et recensé 87 additifs « problématiques » pour la santé, soit un quart des substances autorisées en Europe, dont 18 « à éviter », carrément. Parmi les plus sympathiques, citons l’E102 et l’E211, qui agrémentent le tarama industriel.

Le premier est un dérivé pétrochimique qui peut provoquer crises d’asthme, d’urticaire ou d’eczéma; le second favorise le syndrome d’hyperactivité chez les enfants. Autre additif malfamé, le colorant E150d, que l’on trouve dans le Coca light, étiqueté « possiblement cancérigène » par la nomenclature internationale. Après en avoir avalé, les rtas ont parfois droit à des cancers du poumon, du foie, de la thyroïde ou à des leucémies. Et passons sur les nitrites ou les nitrates, utilisés pour allonger la durée de vie des charcuteries industrielles, ces E249, E250, E251 et E252 dont les études sur l’animal ont montré qu’ils provoquaient des micro tumeurs du colon. Fâcheux, même sans parler des conséquences de l' « effet cocktail ».

Mais l’agroalimentaire raffole des additifs, qui lui permettent de repousser la date péremption et et de redonner, artificiellement et pour pas cher, goût, forme, texture ou couleur aux aliments transformés. Cerise sur le gâteau, « Que choisir » a même repéré, dans les 48 additifs qui ont droit de cité dans le bio, trois substances potentiellement dangereuses pour la santé. Parmi ces indésirables, un antioxydant, l’E340, soupçonné d’augmenter les risques de maladies cardiovasculaires. Comme on dit, on ne fait pas d’omelette sans casser des « E »…

additifs-alimentaires-liste-bannir-2-e15

 

(Aaargh ! Même le bio a droit à des additifs douteux !)

 

Publié le
Il y a 11 heures, Kristo (Christophe) a dit :


Il y a la plupart du temps une cause environnementale.

Sinon, il n'y aurait aucune raison pour que le nombre des cancers ait autant augmenté !

J'attends les chiffres. Tu parles de sujet que tu ne maîtrises pas, pour justifier encore ta croyance. 

Mon rêve c'est d'être généraliste en Ardèche, de vivre dans une ferme, et d'agrandir mon potager. Pas de boire du roundup. Il est sain de se méfier de ce que l'on mange, et de réfléchir à une meilleure façon de produire, mais l'extrême est de cette tendance mauvais, c'est de la paranoïa de penser que l'on t'empoisonne à l'insu de ton plein gré.

Aujourd'hui grâce à internet, tout le monde a la parole. Le problème, c'est que ceux que l'on entend le plus, ce sont ceux les paranos (parce qu'ils ont des opinions passionnelles et qu'ils focalisent sur des sujets particuliers et ne parlent que de ça en continue), et les médias de masse, qui veulent l'audience et donc l'info rapide et simple. Les seconds ne sont experts de rien, et relaient l'opinion des premiers, parce que les paranos savent être convaincants. On se retrouve avec une pensée ambiante issue de malades mentaux relayée par des débiles, et on essaie de faire passer ça pour du bon sens.

Le bon sens, c'est l'opinion de Darlone, la paranoïa c'est l'affirmation que nous sommes empoisonnés et que tout le monde meurt du cancer sauf les mangeurs de bio et les vegans.

La réalité, c'est qu'il y a probablement un rôle, qu'on n'en sait encore pas grand chose, qu'il faut poursuivre les recherches et arrêter de psychoter et d'accuser les autres (parce qu'en soit, cette étude, je la trouve plutôt rassurante, malgré ses défauts ! Entre des gens qui mangent pas du tout bio et des gens qui mangent bio à fond, on ne trouve un lien que pour deux cancers ! Paye Ta preuve de l'empoisonnement ! Et encore une fois, c'est la comparaison entre deux groupes, pas avec la population générale !)

 

 

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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