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Le livre de Carlo Rovelli L'ordre du temps est une vraie promenade entre science et philosophie.

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J'adore la simplicité et le côté vertigineux de la 4e de couv (dans la nouvelle édition) :

"Si le présent ne signifie rien, qu'est ce qui "existe" dans l'univers ?"

Tout comme nous, au cours des 11 années de ce fil, l'auteur semble se heurter à l'aspect hautement problématique des mots "réel" et "exister" 😊 :

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Le magazine de vulgarisation scientifique epsiloon consacre un dossier complet de son numéro d'août au thème du paranormal :

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Extrait de l'édito d'Hervé Poirier :

si nous vous parlons des fantômes ce mois-ci, ce n'est pas tant pour vous expliquer pourquoi tant de gens y croient. Ni pourquoi tâcher de démontrer qu'il n'existent pas. C'est parce qu'en embarquant avec la communauté des neuroscientifiques qui regardent ce qui se passe dans le cerveau de ceux qui les voient, ces fantômes nous emmènent jusqu'aux frontières d'un des derniers grands territoires inconnus : l'esprit humain.

 

Cette phrase d'accroche prise au hasard du dossier me fait penser à ce que nous avons évoqué ici sur le thème de l'intersubjectivité :

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Citation

le constructivisme considère qu'il ne peut y avoir de connaissance objective mais uniquement intersubjective.    source

M*rde ! L'"objectivité" naît donc au cœur de la subjectivité (et de la confrontation des subjectivités) ! 😊

 

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Le 19/08/2023 à 08:15, Patrick FROMENT a dit :

l'auteur semble se heurter à l'aspect hautement problématique des mots "réel" et "exister" 

On a déjà mis 11 ans et 270 pages à débattre de la réalité, et voilà qu'on part sur 270 pages sur l'existence. Promis : à partir de la page 540 (vers 2034), on discutera de ce que sont les "signes", et je pense que nous serons tous d'accord vers 2045 sur le sens la question posée par ce sujet.

Ensuite, on pourra s'attaquer sereinement à la réponse 😁

  • Haha 3

L'important, c'est que ça valide !

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il y a 26 minutes, Alx a dit :

On a déjà mis 11 ans et 270 pages à débattre de la réalité, et voilà qu'on part sur 270 pages sur l'existence. Promis : à partir de la page 540 (vers 2034), on discutera de que sont les "signes", et je pense que nous serons tous d'accord vers 2045 sur le sens la question posée par ce sujet.

Ensuite, on pourra s'attaquer sereinement à la réponse 😁

Excellent ! 😄

Je crois que, ce que tu évoques Alx, est le triste sentiment abyssal (ou plutôt le joyeux et vertigineux sentiment abyssal 😊) qu'on ressent dés qu'on se coltine à ces questions de réel, de réalité et d'existence.

Le réel c'est ce à quoi on se cogne (la fameuse phrase de Lacan) mais aussi ce qui se dérobe sans arrêt sous nos pieds.

Qu'est ce que le Réel ? Qu'est ce que la Réalité ?

2 500 ans de philosophie n'ont pas permis de répondre définitivement à la question, pas plus que les prodigieuses avancées scientifiques de ces deux derniers siècles qui laissent, quant à elles, bien plus de questions sur la nature de la "réalité" qu'elles n'apportent de réponses.

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Le 16/11/2020 à 02:41, Christian GIRARD a dit :

C'est avec plaisir que je lirai ta propre définition de la vie. 

Je viens de dénicher sur la toile une belle définition (non scientifique) de la vie, que voici partiellement reformulée :

« La vie, c'est le chant poétique de la matière. »

 

Je me demande si à l'oral ce ne serait pas mieux, car on peut également entendre « champ poétique de la matière ». D'où :

« Le chant de la vie, c'est le champ poétique de la matière. »

 

Le 07/05/2023 à 08:08, Patrick FROMENT a dit :

C’est, encore et toujours, la conscience qui constate que tel mystère résiste à l’entendement.

Le premier de ces mystères étant : pourquoi avoir précisément ajouté ces trois lettres à science ?

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  • 1 month plus tard...
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Le livre de Thomas C. Durand L'esprit critique pour les nuls vient tout juste de paraître.

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Un ouvrage destiné à devenir une référence ! 🙂

Il était impossible, dans un tel texte, de passer sous silence les questions épistémologiques. Du coup LA Question qui est au cœur de ce fil et que nous développons depuis plus de 10 ans y est assez bien formulée au détour d'explications sur les différentes positions épistémologiques et métaphysiques (réalisme, anti-réalisme, constructivisme etc...) :

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Eh oui c'est bien joli de promouvoir l'esprit critique et d'aider les gens à faire la différence entre croyance et connaissance MAIS..., au fait, quel est donc le véritable statut de la connaissance et sur quoi porte-t-elle réellement ? 🙂

La connaissance porte-t-elle sur une réalité existant indépendamment de la conscience qui l'appréhende ou bien la connaissance n'est-elle que le reflet des faits de conscience ?

Bon... pour formuler la question de cette manière Thomas C. Durand a dû quand même s'aider de la Revue philosophique comme cela est indiqué dans les sources. 🙂

Notons que cette question fondamentale et vertigineuse peut avoir des dizaines et des dizaines de formulations et des centaines d'avatars. Nous en avons, d'ailleurs , épuisé quelques-unes tout au long des 270 pages de ce fil :

- Ce que nous observons est-il à l'extérieur de nous ou à l'intérieur de nous ?

- Les phénomènes (donc la "réalité ") ne sont-ils qu'illusion ?

- L'esprit est-il plus "fondamental" que la matière ou bien est-ce la matière qui est plus "fondamentale" que l'esprit ?

Thomas C. Durand avoue son incapacité à donner une réponse à ces questions "probablement insolubles"et à ce "débat métaphysique".

Nous sommes fixés, ce n'est pas du côté de la zététique qu'il faut chercher pour explorer ces questions. La zététique aurait même plutôt tendance à nous convaincre de l'inanité, de la futilité (voire de la dangerosité) de ces débats. 

La zététique n'en reste pas moins un bon garde-fou dans beaucoup de cas. 🙂

 

L'esprit critique pour les nuls : Exercer son esprit critique c'est penser contre son cerveau

Wow ! Le sous-titre de l'ouvrage me semble fortement teinté d'une forme de dualisme. (Est-ce bien raisonnable pour un zététicien ? 😀)

Le sous-titre valide, en tout cas, un des arguments du dualisme : Nous ne sommes pas notre cerveau. Et l'esprit (critique ou pas) est d'une nature totalement différente du cerveau... totalement différente même de la matière ! La phrase "Exercer son esprit critique c'est penser contre son cerveau" induit même que l'esprit (correctement entrainé) peut être supérieur au cerveau et, donc, à la matière. Wow !!!

Et, notons bien, que dire cela n'est pas mettre un pied dans le spiritualisme : un dualisme des propriétés n'implique nullement l'existence d'une âme ou d'un principe spirituel.

On avance... on avance ! 😀

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Il y a 2 heures, Patrick FROMENT a dit :

Exercer son esprit critique c'est penser contre son cerveau

Il ne faut pas surinterpréter : cette phrase signifie juste me semble-t-il qu'il existe des mécanismes de pensée faciles et rapides, des clichés "utiles" parfois, des biais (constitutifs du cerveau développé via des principes darwinistes pour la survie donc basés sur des aptitudes à réagir vite face à certaines situations vitales). Le recul, la raison et le fait de s'appuyer sur des études scientifiques notamment, sont une autre façon de penser. En gros, penser seul et rapidement comme par réflexe c'est risquer de se fourvoyer quand on veut analyser un problème complexe. 

Modifié par Christian GIRARD
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il y a 17 minutes, Christian GIRARD a dit :

Il ne faut pas surinterpréter

Tu as raison Christian, ne surinterprétons pas ! 😁

De plus, il faut savoir que le titre et le sous-titre d'un ouvrage sont souvent imposés par l'éditeur (j'ignore si c'est le cas ici).

Par contre, sans surinterpréter, une formulation telle que "penser contre son cerveau" me semble suffisamment interpellante et porteuse de sens pour qu'on s'y intéresse de plus près.

En l’occurrence, cette formulation vient du philosophe des sciences Gaston Bachelard (déjà cité par ici).

Dans son ouvrage majeur La formation de l'esprit scientifique (1938), Bachelard écrit :

"La pensée scientifique moderne réclame qu’on résiste à la première réflexion. C’est donc tout l’usage du cerveau qui est mis en question. Désormais le cerveau n’est plus absolument l’instrument adéquat de la pensée scientifique, autant dire que le cerveau est l’obstacle à la pensée scientifique. Il faut penser contre le cerveau."

Gaston Bachelard ou l’art de penser « contre son cerveau »

(Bachelard) réalise en particulier une sorte de psychanalyse de la connaissance en montrant que des soubassements inconscients nous conduisent à mal interpréter certains faits. Selon lui, il existe des « obstacles épistémologiques » qui viennent prendre place entre notre désir de connaître et les objets que nous nous désirons connaitre. Ces obstacles, nous dit-il, il faut apprendre à les contourner, à les déjouer, ce qui suppose d’adopter une conception ouverte - c’est-à-dire inquiète - de la raison.

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Il y a 3 heures, Patrick FROMENT a dit :

En l’occurrence, cette formulation vient du philosophe des sciences Gaston Bachelard (déjà cité par ici).

Oui, la formulation est parfois employée par Étienne Klein qui cite Bachelard dans plusieurs vidéos qui ont été relayées dans VM.

 

Il y a 3 heures, Patrick FROMENT a dit :

Ah voilà, quand on parle du loup... 😉 

J'écouterai ce podcast ultérieurement, merci. 

 

Par ailleurs, on trouve pas mal de réflexions philosophiques sur cette autre formulation, à savoir qu'il faut « penser contre soi » (ou « contre soi-même »).

Bref, lutter contre ses propres habitudes mentales évite déjà une sorte de sclérose des idées. 

« Qui se contente de sa pensée ne pense plus rien » a écrit Alain :

https://www.philotude.fr/penser-cest-se-penser/

 

Modifié par Christian GIRARD

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    • Dans le même genre :  https://www.instagram.com/reel/DcRCoQKAWLo/?igsi=Y3BoeGc2MWpvOHZ4
    • Le ready-made Ou comment devenir artiste. La première chose est de définir l'artiste : Dans l’art contemporain, l’artiste est celui qui dit qu'il est un artiste. Donc si vous n'êtes pas artiste… dites que vous êtes artiste et c'est bon. Néanmoins c'est bien d'avoir une œuvre d'art, pour prouver que vous êtes artiste.  Je vous propose donc de devenir un spécialiste du ready-made. C'est une forme d'art extrêmement élaborée qui repose sur une technique complexe : Déjà prenez un objet. N'importe quel objet dans votre quotidien, autour de vous, un objet. Voilà c'est tout : C'est votre œuvre.  Car puisque vous êtes artiste, si vous décidez que cet objet est une œuvre c'est donc une œuvre.  Maintenant il y a toujours des esprits chagrins qui vont contester le statut d’œuvre de votre création.  Pour cela il faut soigner la présentation comme en magie : il faut soigner l'emballage.  L’écrin donne sa valeur au bijou, l’exposition son authenticité à l’art. Mettons pour l'exemple que votre œuvre soit un petit ventilateur portable. C'est pas cher et on peut en trouver sur Aliexpress pour quelques euros maximum.  Il faut vous procurer un socle d'exposition, que vous pouvez construire vous-même, commander à un menuisier, ou acheter sur Aliexpress de toute façon.  C'est un parallélépipède de couleur neutre et unie sur lequel vous allez pouvoir poser votre œuvre. Si c'est une œuvre passive vous pouvez également ajouter un globe en plexiglas ou en verre pour protéger l'œuvre, ou une cage cubique en plexiglas de façon à ce qu'on puisse voir l'œuvre sans pouvoir la toucher.  Mais dans le cas de notre ventilateur il ne faut pas qu'il y ait d'obstacle entre le public et l'œuvre elle-même car l'œuvre va souffler. Cela va créer une interactivité entre l'œuvre et le public, c'est le top au niveau du ready-made.  Maintenant il faut passer à l'argumentaire, c'est le plus important en art contemporain  Vous allez coller sur le côté du socle une petite étiquette portant le titre de l’œuvre.  Le titre peut-être en rapport avec l'œuvre, ou une fonction de l'œuvre, ou une couleur de l'œuvre, ou ou pas, d'ailleurs : le titre peut être complètement quelconque, l'important c'est que ce soit conceptuel.  Pour notre ventilateur je propose « la vie ».  la vie c'est le souffle, la vie c'est l'air, la vie c'est la relation entre quelque chose et autre chose donc entre votre œuvre et le public qui va recevoir le flux d'air du ventilateur  Bien sûr il ne faut pas expliquer tout ça au public sur l'étiquette.  L'étiquette doit laisser l'imaginaire du public s'emparer du titre et essayer de chercher un lien quelconque avec l'œuvre, et c’est mieux si le lien est difficile à trouver, ça veut dire que l'œuvre est intelligente et que bien sûr celui qui trouvera un lien, quel qu’il soit, sera encore plus intelligent : cela va flatter le public. Mais comme ont sait que le public n'est pas très malin malgré tout, c'est bien d'avoir un vendeur ou un guide dans l'exposition qui va détailler justement la fonction de l'œuvre, son lien avec l'univers réel, subjectif, psychologique, cosmique et plus si affinités, avec tout ce qu’il voudra, d'ailleurs, puisque votre œuvre est universelle : forcément c'est contemporain. Donc le guide pourra expliquer le souffle de la vie, il pourra expliquer bien sûr que le ventilateur fonctionne sur batterie, il y a la vie qui s’écoule et qui va s’épuiser pour finir par s’éteindre puisque le ventilateur va s’arrêter quand il y aura plus de charge, voilà c’est une extraordinaire métaphore de la vie qui en économisant son souffle peut durer plus longtemps mais en se donnant à fond bien sûr, pourra brûler la chandelle par les deux bouts, même si on peut dire que c’est un peu archaïque comme définition, mais c’est pas grave du moment que c’est dit avec conviction, c’est important. N’oublions pas le bouton de réglage de puissance, qui incarne à la fois le libre arbitre et les limitations intrinsèques de l’être.  Il va également détailler l’aspect esthétique de l’œuvre : dans mon cas j’ai un ventilateur qui est moitié blanc moitié noir et c’est l’opposition entre le yin et le yang, la mort la vie, le jour et la nuit, bref il y a opposition quelle que soit l'opposition, c'est fort.  Et plus élaboré, il y en a qui ont cherché le lien avec l'univers concret visible et la matière et l'énergie noire que nous décrivent nos physiciens, ce qui permet d'avoir un petit accent scientifique et quantique qui n'est pas mauvais pour l'art contemporain, soyons conceptuel, mais branché. Si le vendeur/guide n’est pas dans vos moyens, vous pouvez réaliser une fiche consultable collée pas loin du socle. Vous constituez comme ça une exposition d'une vingtaine ou une trentaine d'œuvres. Pas trop, parce qu'il faut montrer que c'est difficile à faire quand même. Si vous avez commandé vos socles par lot, cela peut vous prendre presque une demi heure, si l’impression des étiquettes est lente. Il faut maintenant monter l'exposition et pour ça disposer vos socles à différents endroits d'une pièce. Pour l'éclairage vous pouvez varier , faire un coin de la pièce qui est quasiment dans l'obscurité si les objets restent plus ou moins visibles, et d'autres ou les objets sont plein feux. la variété ne nuis pas. Après, vous pouvez aussi opter pour une homogénéité de votre exposition avec tous les objets qui sont placés au même rang. Le choix n'a pas tellement d'importance, puisque de toute façon il sera évident pour tout le monde que vous avez soigneusement réfléchi à toutes les implications de chaque détail de l'exposition, et que même ce qui paraît incongru est en fait complètement voulu. 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