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Que devient la conscience s’il n’y a plus un cerveau pour la porter ?

Je sais que la question a été posée plusieurs fois ici et ailleurs.

Le problème c’est que la conscience on ne le voit jamais, on n’en voit que les conséquences : 

- Je discute avec une personne, elle me semble avoir un discours cohérent (ou pas :)), j’en conclus qu’elle est consciente. 

- Je regarde une souris prendre la fuite devant son prédateur, j’en conclus qu’elle est consciente (ou en tout cas qu’elle réagit à certains stimulis).

- Un neuro-scientifique observe ce qu’on appelle les corrélats neuronaux de la conscience d’un sujet sous imagerie cérébrale. Il en déduit que le sujet est conscient. Mais là encore, il n’observe pas la conscience directement mais ses conséquences (ou ses causes dans son interprétation).

Prenons une définition relativement simple de la conscience : La conscience est l’effet que ça fait à un être vivant d’être cet être vivant (peut importe, dans cette définition, que la conscience soit une propriété du système nerveux ou bien autre chose). Donc… Je ne vois (ou je ne sens) jamais que MA propre conscience. Pour le reste je déduis de mes observations que les autres êtres sont conscients et je déduis ça de certains signes que j’observe chez les autres êtres.

Par définition, un mort ne pouvant plus envoyer de signes (je passe sur l’hypothèse spirite), j’en déduis qu’il n’est plus conscient …ou bien que sa conscience est partie vers d’autres dimensions (ça dépend de mes croyances et de mes choix métaphysiques).

Que devient la conscience quand je me rends compte que je ne peux jamais l’expérimenter vraiment qu’à l’intérieur de moi-même ?

Modifié par Shiva
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Publié le (modifié)
Le 02/08/2018 à 07:34, Shiva a dit :

- Un neuro-scientifique observe ce qu’on appelle les corrélats neuronaux de la conscience d’un sujet sous imagerie cérébrale. Il en déduit que le sujet est conscient. Mais là encore, il n’observe pas la conscience directement mais ses conséquences (ou ses causes dans son interprétation).

Ce n'est pas propre à la conscience, exemple : Que devient la vie quand on meurt ? 😉

On n'observe pas "la vie" directement (par contre on "l'explore" avec notre vie, de même qu'on explore la conscience avec la conscience, le propre des systèmes qui s'observent eux-mêmes, cf. Je suis une boucle étrange de Douglas Hofstadter déjà évoqué moult fois).

Est-ce qu'on observe le temps ou seulement ses conséquences à notre échelle ?

 

...

Modifié par Christian Girard
Publié le

Matière, Temps, Espace, Vie, Conscience… C’est incroyable toutes ces « abstractions » dans lesquelles baignent notre expérience d’êtres humains. ;)

Et s’il n’existait pas d’entité ou de substance fixe mais uniquement des relations ?

Citation

De l'intérieur du monde. Pour une philosophie et une science des relations, de Michel Bitbol 

Le philosophe signe un ouvrage difficile mais magistral sur l'apport de la logique bouddhiste à la science des relations.

Autant prévenir d'emblée : voilà un livre aussi austère qu'il est important. Volumineux, exigeant, ardu, aride parfois, ce travail est à marquer d'une pierre blanche, car il risque fort de devenir bientôt une référence. Il est donc conseillé de s'armer de patience pour s'embarquer dans le vaste périple que propose Michel Bitbol. Ce philosophe, chercheur au CNRS et connu jusqu'à présent pour ses nombreux travaux sur la physique quantique, publie cette fois une véritable somme. 

(…)

Michel Bitbol opère un profond changement de perspective dans notre manière d'envisager la connaissance en général, et les rapports entre connaissance et action. Au coeur de cette mutation : l'idée de relation. Malgré la difficulté du propos, essayons de repartir du plus simple : une conception largement dominante dans l'histoire de la pensée occidentale fait dépendre la connaissance de la relation qu'entretient un sujet qui connaît avec les objets qu'il observe. C'est seulement, dit-on le plus souvent, à partir de cette relation entre sujet et objets que peut se constituer un savoir qui porte, lui, sur les relations des objets entre eux. On suppose donc, d'abord, l'existence d'entités ou de substances (le sujet pensant, les choses) et l'on observe et déduit ensuite les différents types d'interaction entre ces éléments préexistants.

Or c'est justement cette conception habituelle que met en cause, progressivement, le développement des sciences, en particulier de la physique.

(…) 

Sur cette voie, jusqu'où peut-on aller ? Serait-il envisageable que le monde et la connaissance que nous pouvons en avoir ne soient constitués que de relations ? Finalement, pourrait-on, à la limite, imaginer qu'il n'y ait que des relations, sans éléments préexistants ? Voilà qui paraît tout à fait déconcertant, et même contraire, en apparence, à nos évidences les plus élémentaires.

(…)

Il se trouve que cet exemple est emprunté par Michel Bitbol au grand logicien bouddhiste de l'Ecole du Milieu, Nagarjuna. Dans toute l'histoire de la pensée, cet auteur, que l'on situe entre le IIe et le IIIe siècle de l'ère commune, est celui dont les analyses dissolvent le plus radicalement toutes les entités. Pour Nagarjuna, en effet, n'existent que des relations. Rien ne subsiste, de manière originaire et close, ni du côté du sujet ni du côté des objets. Tout advient par interdépendance, de façon mobile, évolutive. Toutefois, il est indispensable de souligner qu'il ne s'agit pas là d'un dogme. La démarche de Nagarjuna ne part ni n'aboutit à une doctrine posée comme un nouveau corps de pensée. Elle ne cesse de défaire, de manière acérée, l'illusion qu'il existe des points fixes.

Source

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Publié le
il y a une heure, Shiva a dit :

Matière, Temps, Espace, Vie, Conscience… C’est incroyable toutes ces « abstractions » dans lesquelles baignent notre expérience d’êtres humains. ;)

Et s’il n’existait pas d’entité ou de substance fixe mais uniquement des relations ?

C'est pour cela que j'ai comme toi une approche prudente dès lors qu'on parle de "réalité" et comme Niels Bohr il me semble qu'on ne pourra jamais parler de LA Réalité mais uniquement de certains de ses aspects, de ses facettes, des interactions ou interrelations qui s'y nouent, etc. La "réalité" est fuyante, un peu comme la ligne d'horizon qui s'éloigne alors qu'on croit l'approcher (mais l'horizon "n'existe" pas, j'en conviens, c'est une vue de l’esprit, comme la réalité peut-être...).

Bohr :

Citation

 

« À l’Institut de Copenhague (...) nous avions l’habitude, quand cela n’allait pas, de nous réconforter par des plaisanteries, notamment par le vieil adage des deux sortes de vérités. De l’une sont les propositions si simples et si claires que la proposition contraire est évidemment insoutenable. De l’autre, de celle des « vérités profondes », sont les propositions dont le contraire contient aussi une vérité profonde. » (Niels Bohr, « Discussion avec Einstein sur les problèmes épistémologiques de la physique atomique » dans Physique atomique et connaissance humaine, Folio Essais, 1991, p. 247)

« Le contraire d'une affirmation juste est une affirmation fausse. Mais le contraire d'une vérité profonde peut être une autre vérité profonde. » (Cité par Werner Heisenberg, La Partie et le Tout, Flammarion (1990), p. 144)

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Niels_Bohr 

 

 

Bitbol :

Citation

Sur cette voie, jusqu'où peut-on aller ? Serait-il envisageable que le monde et la connaissance que nous pouvons en avoir ne soient constitués que de relations ? Finalement, pourrait-on, à la limite, imaginer qu'il n'y ait que des relations, sans éléments préexistants ? Voilà qui paraît tout à fait déconcertant, et même contraire, en apparence, à nos évidences les plus élémentaires.

Il n'y a pas peut-être pas d'éléments préexistants si l'on pénètre au plus profond de la "matière" (du coup le terme est mal choisi j'en conviens) mais à notre échelle ? C'est ça qui est drôle finalement, c'est que le macrocosme existe ! Pour ma part, j'ai l'impression que l'Univers est une gigantesque machine à produire de la diversité (notamment la vie et les hommes qui sont un outil formidable pour produire encore plus de diversité), une sorte de grand Jeu (de grand JE ?), une création "artistique" à l'échelle cosmique voir au-delà... Je ne sais pas s'il y a un dessein derrière tout ça (en tout cas pas celui de l'intelligent design) mais à notre échelle et avec le temps incroyable qu'il a fallu pour arriver à créer l'Homme, on n'échappe pas à cette impression qu'il y a du sens (mais qui est sans doute la même que celle qu'auraient trois dés formant un triple six 😉, lorsque cela arrive ça paraît incroyable, rationaliser nous prouve que c'est juste dans le champ du probable, pas de l'impossible).  

Sinon oui, le cœur des choses me paraît ressembler à un champ de fluctuations... Il y a bien longtemps que j'ai perdu une vision atomiste façon modèle de Bohr (pourtant utile à certains points de vue) :

220px-Atome_bohr_(vector).svg.png

Donc imaginer qu'il n'y ait pas d'éléments préexistants ne peut paraître troublant qu'à ceux qui ont une vision strictement particulaire, sinon... Néanmoins, qu'est-ce qu'un "élément" au sens de Bitbol ? 😉

 

 

 

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il y a 44 minutes, Christian Girard a dit :

C'est pour cela que j'ai comme toi une approche prudente dès lors qu'on parle de "réalité" et comme Niels Bohr il me semble qu'on ne pourra jamais parler de LA Réalité mais uniquement de certains de ses aspects, de ses facettes, des interactions ou interrelations qui s'y nouent, etc. La "réalité" est fuyante, un peu comme la ligne d'horizon qui s'éloigne alors qu'on croit l'approcher (mais l'horizon "n'existe" pas, j'en conviens, c'est une vue de l’esprit, comme la réalité peut-être...).


Notez que la réalité n'est pas toujours fuyante. Dois-je vous rappeler cet exemple simple, qui ne s'éloigne pas quand il s'approche :

z590S2.jpg

Autre exemple, une réalité d'actualité frappante :

images.jpg.8beafc402050055ccfa0b7f353b96dc2.jpg


Ah si, remarque, à la fin elle est fuyante.
Autres exemples de réalités fuyantes : un ministre de l'intérieur, un préfet de police, un président...

 

Citation

C'est ça qui est drôle finalement, c'est que le macrocosme existe !


Ah oui c'est vrai tiens ! D'ailleurs en ce moment, le macroncosme est dans une piscine, à Brégançon.

 

Modifié par Kristo
Publié le (modifié)
Il y a 3 heures, Christian Girard a dit :

Pour ma part, j'ai l'impression que l'Univers est une gigantesque machine à produire de la diversité (notamment la vie et les hommes qui sont un outil formidable pour produire encore plus de diversité), une sorte de grand Jeu (de grand JE ?), une création "artistique" à l'échelle cosmique voir au-delà... Je ne sais pas s'il y a un dessein derrière tout ça (en tout cas pas celui de l'intelligent design) mais à notre échelle et avec le temps incroyable qu'il a fallu pour arriver à créer l'Homme, on n'échappe pas à cette impression qu'il y a du sens (mais qui est sans doute la même que celle qu'auraient trois dés formant un triple six 😉, lorsque cela arrive ça paraît incroyable, rationaliser nous prouve que c'est juste dans le champ du probable, pas de l'impossible).  

Ce fil est une véritable expérience existentielle.

On y cotoie tantôt l'absurde, tantôt des envolées lyriques d'une beauté bouleversante en passant par des abysses de paradoxes.

J'ai vu que Christian Chelman glose (à juste raison), dans un autre fil, pour savoir ce qu'est un effet magique... Eh bien ce fil est un effet magique en lui même... J'adore ! :)

 

Il y a 3 heures, Christian Girard a dit :

Néanmoins, qu'est-ce qu'un "élément" au sens de Bitbol ? 😉<span>

MDR !!!

Je ne me risquerais pas à répondre à la question. Je crois que je n'ai  jamais cotoyé une pensée aussi complexe et un auteur qui cultive autant les nuances et les paradoxes.

J'ai eu beaucoup de mal avant de me risquer à le citer ici. Quant à résumer son propos ou un texte de lui je crois que c'est tout simplement impossible.

J'adore ce Monsieur !!! :)

Modifié par Shiva
  • Merci 1
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Petit témoignage à la fois drôle et émouvant de E-Alexis Preyre dans son ouvrage Le doute libérateur-Expérience sceptique, Expérience mystique (Editions Fayard - 1971).

Je ne peux m’empêcher de reconnaitre une part de mon propre parcours dans ce témoignage (dépassement de la croyance religieuse par la science, dépassement de la science par le doute sceptique, dépassement du doute sceptique par... ? :) ).

Petit écho et petit clin d’oeil également à ce que j’ai écrit, ce matin, dans le sujet sur la zététique et à l’excellente vidéo d’Etienne Klein partagée vendredi par @Christian Girard sur le sujet du chat de Schrödinger.

Citation

En 1918, monter à cheval, vivre avec les chevaux, me semblait ce que la vie pouvait offrir de meilleur. En automne survint l’épidémie de grippe. Je voyais mourir beaucoup de gens. Je pensais que cela pouvait m’arriver d’un jour à l’autre et je me demandais ce qu’était la mort et où j’irai…

Le christianisme me fournit une réponse et je lu l’Evangile avec passion. Je traversais une période de foi ardente.

Mais peu à peu naquit en moi un besoin de chercher à confirmer ma foi, puis un désir de soumettre mes croyances à l’examen de la raison qui me semblait alors autorité suprême.

(…)

Un soir je ne sais même pas pourquoi, mon doute cessa et je sacrifiai la Bible à « la Science », à « la Vérité » ou plutôt je me désintéressai de la Bible. (N’imaginant pas encore, alors, que l’on pût douter de la science et de sa vérité, peut-être pensais-je, en me décidant sacrifier l’incertain à la certitude).

Ce sacrifice, sacrifice de beaucoup de choses à quoi je tenais, fut compensé par la joie d’avoir enfin atteint à la « Vérité ». La science me semblait belle et surtout elle était vraie. Cela m’apporta des joies.

(…)

En pleine incertitude, je lui Pragmatism de William James, et y trouvai exposés, à propos de je ne sais quoi les arguments des idéalistes (Berkeley) que j’ignorais et qui, brusquement, me semblèrent ruiner « la réalité », donc l’objet de la science.

Presque simultanément les livres d’Henri Poincarré me firent comprendre que la loi de Newton n’était peut être plus vraie. Cela me bouleversa et quelques temps je vécus dans l’angoisse, ne sachant plus où j’en étais, ne sachant plus à quoi me raccrocher.

 

Modifié par Shiva
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    • Le ready-made Ou comment devenir artiste. La première chose est de définir l'artiste : Dans l’art contemporain, l’artiste est celui qui dit qu'il est un artiste. Donc si vous n'êtes pas artiste… dites que vous êtes artiste et c'est bon. Néanmoins c'est bien d'avoir une œuvre d'art, pour prouver que vous êtes artiste.  Je vous propose donc de devenir un spécialiste du ready-made. C'est une forme d'art extrêmement élaborée qui repose sur une technique complexe : Déjà prenez un objet. N'importe quel objet dans votre quotidien, autour de vous, un objet. Voilà c'est tout : C'est votre œuvre.  Car puisque vous êtes artiste, si vous décidez que cet objet est une œuvre c'est donc une œuvre.  Maintenant il y a toujours des esprits chagrins qui vont contester le statut d’œuvre de votre création.  Pour cela il faut soigner la présentation comme en magie : il faut soigner l'emballage.  L’écrin donne sa valeur au bijou, l’exposition son authenticité à l’art. Mettons pour l'exemple que votre œuvre soit un petit ventilateur portable. C'est pas cher et on peut en trouver sur Aliexpress pour quelques euros maximum.  Il faut vous procurer un socle d'exposition, que vous pouvez construire vous-même, commander à un menuisier, ou acheter sur Aliexpress de toute façon.  C'est un parallélépipède de couleur neutre et unie sur lequel vous allez pouvoir poser votre œuvre. Si c'est une œuvre passive vous pouvez également ajouter un globe en plexiglas ou en verre pour protéger l'œuvre, ou une cage cubique en plexiglas de façon à ce qu'on puisse voir l'œuvre sans pouvoir la toucher.  Mais dans le cas de notre ventilateur il ne faut pas qu'il y ait d'obstacle entre le public et l'œuvre elle-même car l'œuvre va souffler. Cela va créer une interactivité entre l'œuvre et le public, c'est le top au niveau du ready-made.  Maintenant il faut passer à l'argumentaire, c'est le plus important en art contemporain  Vous allez coller sur le côté du socle une petite étiquette portant le titre de l’œuvre.  Le titre peut-être en rapport avec l'œuvre, ou une fonction de l'œuvre, ou une couleur de l'œuvre, ou ou pas, d'ailleurs : le titre peut être complètement quelconque, l'important c'est que ce soit conceptuel.  Pour notre ventilateur je propose « la vie ».  la vie c'est le souffle, la vie c'est l'air, la vie c'est la relation entre quelque chose et autre chose donc entre votre œuvre et le public qui va recevoir le flux d'air du ventilateur  Bien sûr il ne faut pas expliquer tout ça au public sur l'étiquette.  L'étiquette doit laisser l'imaginaire du public s'emparer du titre et essayer de chercher un lien quelconque avec l'œuvre, et c’est mieux si le lien est difficile à trouver, ça veut dire que l'œuvre est intelligente et que bien sûr celui qui trouvera un lien, quel qu’il soit, sera encore plus intelligent : cela va flatter le public. Mais comme ont sait que le public n'est pas très malin malgré tout, c'est bien d'avoir un vendeur ou un guide dans l'exposition qui va détailler justement la fonction de l'œuvre, son lien avec l'univers réel, subjectif, psychologique, cosmique et plus si affinités, avec tout ce qu’il voudra, d'ailleurs, puisque votre œuvre est universelle : forcément c'est contemporain. Donc le guide pourra expliquer le souffle de la vie, il pourra expliquer bien sûr que le ventilateur fonctionne sur batterie, il y a la vie qui s’écoule et qui va s’épuiser pour finir par s’éteindre puisque le ventilateur va s’arrêter quand il y aura plus de charge, voilà c’est une extraordinaire métaphore de la vie qui en économisant son souffle peut durer plus longtemps mais en se donnant à fond bien sûr, pourra brûler la chandelle par les deux bouts, même si on peut dire que c’est un peu archaïque comme définition, mais c’est pas grave du moment que c’est dit avec conviction, c’est important. N’oublions pas le bouton de réglage de puissance, qui incarne à la fois le libre arbitre et les limitations intrinsèques de l’être.  Il va également détailler l’aspect esthétique de l’œuvre : dans mon cas j’ai un ventilateur qui est moitié blanc moitié noir et c’est l’opposition entre le yin et le yang, la mort la vie, le jour et la nuit, bref il y a opposition quelle que soit l'opposition, c'est fort.  Et plus élaboré, il y en a qui ont cherché le lien avec l'univers concret visible et la matière et l'énergie noire que nous décrivent nos physiciens, ce qui permet d'avoir un petit accent scientifique et quantique qui n'est pas mauvais pour l'art contemporain, soyons conceptuel, mais branché. Si le vendeur/guide n’est pas dans vos moyens, vous pouvez réaliser une fiche consultable collée pas loin du socle. Vous constituez comme ça une exposition d'une vingtaine ou une trentaine d'œuvres. Pas trop, parce qu'il faut montrer que c'est difficile à faire quand même. Si vous avez commandé vos socles par lot, cela peut vous prendre presque une demi heure, si l’impression des étiquettes est lente. Il faut maintenant monter l'exposition et pour ça disposer vos socles à différents endroits d'une pièce. Pour l'éclairage vous pouvez varier , faire un coin de la pièce qui est quasiment dans l'obscurité si les objets restent plus ou moins visibles, et d'autres ou les objets sont plein feux. la variété ne nuis pas. Après, vous pouvez aussi opter pour une homogénéité de votre exposition avec tous les objets qui sont placés au même rang. Le choix n'a pas tellement d'importance, puisque de toute façon il sera évident pour tout le monde que vous avez soigneusement réfléchi à toutes les implications de chaque détail de l'exposition, et que même ce qui paraît incongru est en fait complètement voulu. C'est tout l'intérêt de l'art contemporain : quand on fait quelque chose de nul, eh bien le public ne peut pas imaginer que l'on a tout simplement raté, non, on a forcement fait exprès de faire quelque chose de nul, et du coup ça devient génial. Voilà, vous êtes artistes. Demandez à un ami milliardaire/ministre de la culture/investisseur de fond de pension de vous acheter les trois quart de l’exposition, très chers. Multipliez le prix de ce qui reste par 1000, ainsi vous aurez votre cote, et votre investisseur pourra revendre avec une plus value intéressante. Bienvenu dans le monde parfait de l’art contemporain.  Dans les prochaines formations, nous parlerons de l’art pictural, de l’utilisation des éclaboussures de peinture, du crayonnage compulsif, des oppositions entre ces méthodes organiques et celles utilisant une règle pour faire des rayures. (spoiler alerte, n’importe quelle méthode est bonne pour l’art contemporain)… Nous aborderons la sculpture : le modelage et l’empilement aléatoire de boulles de glaises marron, et une master classe sur l’évidence scatologique du résultat. Ce qui nous amènera dans l’univers de la transgression, étape incontournable de l’art contemporain, avant de basculer dans l’étape ultime, l’évacuation du sens, de l’intention, puis de l’œuvre elle-même . Gilbus
    • Un très grand nom de la magie est parti. Son personnage haut en couleur, très expressif voire parfois démesuré contrastait avec l'homme, très réfléchi, calme et discret. Il a, je pense, donné tout ce qu'il a pu : son énergie lors de ses prestations, ses théories, ses idées, son oeuvre au travers de ses ouvrages, vidéos et conférences et son amitié. Imaginatif et travailleur, il a, en dehors du personnage artistique que nous connaissons, été un organisateur de beaucoup d'évènements. Il a été un rassembleur, un fédérateur discret. Il n'a rien fait de tout cela pour la gloire ou l'argent mais juste parce qu'il en avait envie, parce que sa passion était hors normes et qu'il voulait intensément la transmettre. Il a réussi. Mes amis "d'un certain âge" ont vu, lu et vécu à l'époque de Larry Jennings, Dai VERNON, Arturo De Ascanio, Edward MARLO, Brother John HAMMAN, Fred KAPS, Tony SLYDINI, Albert GOSHMAN, Doug HENNING et j'en oublie beaucoup. Leurs témoignages et ce que j'ai moi-même vu et/ou lu ont alimentés ma passion et mes connaissances de cette époque et de leur héritage (technique, théorique). Ma génération (30-40ans) a fait ses premiers pas en magie avec Bernard BILIS, @Dominique DUVIVIER, David STONE, Juan TAMARIZ, Jean-Pierre VALLARINO, @Gaëtan BLOOM, Sylvain MIROUF, pour ne citer que les plus "proches" géographiquement car nous avons pour la plupart appris au travers de leurs publications et suivi leurs parcours. Je n'étais pas d'accord avec Jean MERLIN sur un point : lorsqu'il disait que les magiciens de son époque n'avaient pas de "successeurs" aujourd'hui à part Tony SLYDINI avec Yann FRISH. La passion et les idées de Juan TAMARIZ n'ont pas disparues. Elles ont été transmises à de nombreux magiciens, Dani DAORTIZ en tête. Il n'a pas le même personnage, a développé ses propres théories mais on peut y voir un "successeur" de Juan TAMARIZ. Il est très bien parti pour devenir un aussi grand homme que lui en tout cas. Ce que je veux dire, c'est que pour chaque domaine de la magie, nous avons perdu des grands noms mais leurs oeuvres et leur passion sont toujours là, sur des pages, sur des vidéos, au travers de témoignages qui se transmettent. C'est dans l'ordre des choses. Je pense que si Juan TAMARIZ organisait tant d'évènements chez lui et ailleurs, ce n'était d'ailleurs pas seulement pour transmettre ses idées et partager de bons moments avec d'autres passionnés mais aussi pour dénicher, inviter et voir devant lui et surtout de son vivant ceux qui reprendraient le flambeau, qui représenteraient la magie de demain. Je pense qu'il est parti avec le sentiment d'avoir réussi, en tout cas je l'espère. Que l'homme et l'artiste reposent en paix, nous ne sommes pas prêt de l'oublier. J'aurais pu participer à ce post en y ajoutant beaucoup de choses mais j'ai préféré rester sur l'essentiel. Comme pour un numéro, le plus dur n'est pas d'ajouter ou de modifier mais de couper. D'autre part, même si c'est dans l'ordre des choses, la page est plus dure à tourner que je ne le pensais. Et pourtant je n'ai pas été un de ses proches.
    • Merci beaucoup, c'est extrêmement intéressant du point de vue des magiciens : En effet, le type à un immense talent pour croire ce qu'il dit, et faire passer sa conviction au public. Il joue avec passion, mais sans sur-jouer, ce qui rendrait la prestation ridicule, à l'image de l'oeuvre décrite ici. C'est drôlement bien fait, et permet d'élever un gribouillage au rang d'oeuvre structurée, c'est beau. Donc, un grand exemple pour nous tous, dans nos spectacles : Si vous dites des bêtises avec suffisamment de conviction, ça marche!!!!! 🤣🤣🤣 Gilbus
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