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Publié le
il y a 13 minutes, Shiva a dit :

presque 100 pages plus tard et plus de 7 ans de débat sur ce fil, les deux principaux arguments qui s’affrontent restent toujours les mêmes au fil des siècles

Près de 1000 messages en sept ans pour en arriver à la conclusion qu'on a fait le tour du sujet depuis des siècles... O.o

Heureusement que les autres n'existent pas, sans quoi ils auraient pu se lasser ! :D

  • Haha 1

L'important, c'est que ça valide !

Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
Invité bénocard
Publié le (modifié)
il y a 50 minutes, Shiva a dit :

Son insolubilité nous donne peut être un indice sur la réponse. 

M. Shiva, vous en dites trop ou pas assez. Quelle est donc cette réponse ?

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Modifié par bénocard
Publié le (modifié)
Il y a 4 heures, Shiva a dit :
Citation

l'Autre implique un monde extérieur n'est-ce pas ?

ça dépend ! :D

Bily Miligan

 

Eh bien cela ravive un peu la question que j'ai posée ici-même il y a un peu moins d'un an, citation :

 

Citation

Si on se projetait dans la tête d'un doryphore, on ne penserait plus comme un humain, d'où l'impossibilité de comprendre quelle est la nature de l'intériorité du monde vécu par ce doryphore. Un raisonnement qui, poussé un peu plus loin, dit que nous ne pouvons pas même imaginer quel est le monde dans la pensée d'un autre humain (mais on a déjà plus de points communs avec lui, l’autre de son espèce, qu’avec un insecte). En fait, de mon point de vue, notre propre individualité n'est pas monobloc et il est parfois  difficile de se comprendre soi-même .

Dis-moi Shiva, comment la conscience s’accommode-t-elle d'un individu souffrant d'un trouble de personnalité multiple ?

 Y a-t-il des "autres" en soi ("en lui") dans le cas ci-dessus ? On évoque bien un seul être à "personnalité multiple" et non une personnalité habitée par plusieurs "êtres" (ou "autres")...  :crazy:

On est loin d'un phénomène de possession, on est plus proche d'une psyché fracturée, bref du résultat d'un fonctionnement cérébral particulier (défaillant au regard de la norme) ; les autres (les médecins, l'entourage) n'habitent pas le cerveau du "malade".  

Ce cas finalement confirme que la conscience apparaît suite à des processus psychiques et semble même prouver que la consciente émerge "facilement" à partir d'un certain degré de complexité neuronale puisqu'elle est présente sans doute (je n'en sais trop rien en fait) dans chacune desdites personnalités.

Billy Milligan ("l'hôte, la personnalité d'origine") avait-il aussi un trouble de conscience multiple ? :crazy:-8:crazy:

 

Source :

Citation

La question de la conscience comme principe premier dans le sujet en cours  me semble complexe à envisager lorsque justement l'on tient compte des cas de troubles mentaux divers, de la personnalité multiple à l'absence de conscience apparente, coma notamment, en passant par tous les cas où le cerveau (eh oui) est détruit totalement ou partiellement par des causes physiques (accident) ou de dégénérescence (Alzheimer), ou encore dans le cas des animaux ou encore de celui de l'humain depuis sa conception jusqu'à l'âge adulte (s'agit-il d'une seule et même conscience d'un bout à l'autre ?), du sommeil (un réveil, ne pourrait-il s'agir d'une "nouvelle" conscience qui apparaît, chargée des souvenirs de la précédente ?), etc.

Bizarrement ;) s'il existe un monde physique avec une zone qu'on peut considérer à une certaine échelle comme  matérielle (l'univers empirique), toutes ces questions trouvent selon moi des réponses plutôt satisfaisantes. Un cerveau qu'on sait extrêmement complexe permet de produire des opérations également complexes, des associations d'idées et des analogies (le cœur de la pensée selon Hofstadter). Cette échelle de complexité qui mène à la conscience (phénomène émergent), si elle n’explique pas (encore) totalement cette dernière semble constituer un cheminement logique n'est-ce pas ? Comment construis-tu le monde du point de vue de la conscience comme élément premier ? Pour ma part, je pense que si notre ami Shiva disparaissait sous sa forme d'être humain (ce que je ne lui souhaite pas avant de nombreuses années), il rendrait à la Nature les éléments qui le composent (grr, il va me répondre "sauf ma conscience" le bougre) sans que l'Univers n'en viennent à disparaître. C'est pour l'instant mon pari métaphysique (au regard des éléments actuellement à ma disposition). 

 

 

 

 

 

Modifié par Christian Girard
Publié le
il y a 30 minutes, Christian Girard a dit :

 Y a-t-il des "autres" en soi ("en lui") dans le cas ci-dessus ? On évoque bien un seul être à "personnalité multiple" et non une personnalité habitée par plusieurs "êtres" (ou "autres")...  :crazy:

Citation

Billy Milligan avait un bon nombre de personnalités (il n'aimait pas qu'on les appelle ainsi car pour lui les "habitants" sont des personnes. En les réduisant à des personnalités, on leur donne l'impression de dénier leur réalité).

Citation

Ils se partageaient librement la conscience de Billy et les docteurs ont rapidement pris connaissance de leur existence.

 

Des personnes qui partagent une conscience.

 

il y a 33 minutes, Christian Girard a dit :

On est loin d'un phénomène de possession, on est plus proche d'une psyché fracturée, bref du résultat d'un fonctionnement cérébral particulier (défaillant au regard de la norme) ; les autres (les médecins, l'entourage) n'habitent pas le cerveau du "malade".  

Il me semble qu'en science c'est souvent une anomalie qui aide à comprendre le fonctionnement normal. En tout cas en psychologie c'est comme ça  : la psychopathologie nous aide à comprendre le fonctionnement normal d'un individu.

... Et si un cas comme celui de Bily Miligan pouvait nous aider à comprendre le fonctionnement de la conscience  ainsi que de comprendre ce qu'est une personne, une personnalité, un "Moi" ?

Publié le (modifié)

 

*

il y a une heure, Shiva a dit :

Des personnes qui partagent une conscience.

Et un corps... ;) 

Par ailleurs :

Citation

Le Professeur

Le Professeur est le résultat du traitement de Billy Milligan, la fusion des 23 autres personnalités. Daniel Keyes, auteur des "Mille et Une Vies de Billy Milligan", a dit n'avoir jamais rencontré de personne aussi intelligente que le Professeur.

C'est étonnant que tu aies fait référence à ce cas car je viens juste de prêter à ma fille aînée Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, qu'elle apprécie beaucoup (comme je l'ai fait en mon temps). Je n'ai pas lu les ouvrages de l'auteur sur le cas de Billy Milligan, cet homme aux mille visages aux vingt-quatre personnalités mais ça donne envie (du coup je viens de les commander) :

Citation

Les Mille et Une Vies de Billy Milligan

Passionné par l'affaire de personnalité multiple de Billy Milligan qui fit la une de tous les journaux américains de la fin des années 1970, Daniel Keyes s'en est emparé pour construire un roman non fictionnel en forme de thriller psychologique, résultat de mois de rencontres et d'entretiens avec tous les protagonistes de l'histoire, y compris les vingt-quatre personnalités du protagoniste5 ! (Livre publié aux États-Unis en 1981 et en France en 1982 chez Balland sous le titre Billy Milligan, l'homme aux vingt-quatre personnalités, dans une traduction de Jean-Pierre Carasso, réédité en 2007 chez Calmann-Lévy sous le titre ci-dessus.)

Les Mille et Une Guerres de Billy Milligan

Daniel Keyes écrira une suite aux Mille et Une Vies de Billy Milligan. Cette suite, Les Mille et Une Guerres de Billy Milligan (The Milligan Wars), raconte le combat de Billy Milligan durant son incarcération à la prison-hôpital de Lima, puis son transfert à Dayton. L'ouvrage dénonce la rage avec laquelle les médias et les politiques se sont emparés de l'affaire, faisant pression sur l'exécutif afin d'éliminer Milligan de toutes les mémoires. Les conditions inhumaines d'emprisonnement sont dépeintes, soit une image peu glorieuse de la justice américaine. Le livre sera interdit à la publication aux États-Unis. Il paraît en France en janvier 2009 chez Calmann-Lévy dans une traduction de Minos Hubert.

*

il y a une heure, Shiva a dit :

Il me semble qu'en science c'est souvent une anomalie qui aide à comprendre le fonctionnement normal. En tout cas en psychologie c'est comme ça  : la psychopathologie nous aide à comprendre le fonctionnement normal d'un individu.

... Et si un cas comme celui de Bily Miligan pouvait nous aider à comprendre le fonctionnement de la conscience  ainsi que de comprendre ce qu'est une personne, une personnalité, un "Moi" ?

 

Oui. J'ai à ce propos évoqué plusieurs fois le neurologue Oliver Sacks dans VM, par exemple ici (" Au philosophe qui pense la conscience, le neurologue répond par des états de conscience") :

 

Modifié par Christian Girard
Publié le

 

Split :

 

(Je me disais bien que le professeur Xavier souffrait d'un trouble de personnalité multiple).

 

Citation

Kevin Wendell Crumb souffre d'un trouble dissociatif de l'identité. Il échange régulièrement avec sa psychiatre dévouée, le docteur Fletcher, qui a déjà pu distinguer vingt-trois personnalités différentes s'exprimer à tour de rôle durant leurs conversations. Selon Fletcher, Kevin aurait subi des maltraitances et des humiliations au cours de son histoire et l’une de ses personnalités, plus sombre et plus menaçante que toutes les autres, nommée « la bête », demeure encore enfouie. Le docteur Fletcher met en exergue le fait que son patient s'est forgé ces nombreuses personnalités différentes dans un besoin existentiel de se protéger des autres.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Split_(film)

 

 

Publié le
il y a une heure, Christian Girard a dit :

C'est étonnant que tu aies fait référence à ce cas car je viens juste de prêter à ma fille aînée Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, qu'elle apprécie beaucoup (comme je l'ai fait en mon temps). Je n'ai pas lu les ouvrages de l'auteur sur le cas de Billy Milligan, cet homme aux mille visages aux vingt-quatre personnalités mais ça donne envie (du coup je viens de les commander)

Ravi ! :)

Ceci est la réponse définitive à ceux qui se demandent à quoi ça sert de mâchouiller pendant des années une question aussi surréaliste que celle de l’existence et de la réalité (ainsi que de l’existence de la réalité (à moins que ce ne soit la réalité de l’existence)).

La réponse est qu’il s’agit d’un débat à tiroirs et aux multiples facettes qui permet d’aborder un maximum de thèmes passionnants : philosophie, sciences, spiritualité, littérature, arts, poésie, psychologie et psychiatrie, logique etc… etc…

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Publié le
Il y a 4 heures, Christian Girard a dit :

 Comment construis-tu le monde du point de vue de la conscience comme élément premier ?

La question de la « construction du monde » se pose aussi en adoptant une épistémologie et une ontologie réaliste/matérialiste. 

Comment en vient-on à postuler l’existence d’un monde extérieur à partir de ce qui n’est que des perceptions ?

Encore une fois la question semble absurde mais on peut se demander si la mentalité « objectivante » n’est pas un réflexe, une habitude voire une tendance rattachée à une certaine culture. Il existe des cultures où l’univers et ce que nous considérons comme l’état de veille est considéré comme illusoire. J’en ai souvent parlé au fil des pages ici (philosophie orientale, arborigènes, jivaros….).

Jean Piaget est un psychologue qui a beaucoup théorisé sur la construction du monde et la construction du réel dans la petite enfance. Il a mis en évidence cette part de construit et de culturel.

Piaget n’est pas un idéaliste du point du vue philosophique, plutôt un partisan de l’idéalisme kantien  (donc une position plutôt intermédiaire entre idéalisme et réalisme, une position que nous qualifierions aujourd'hui de "constructiviste").

 

Citation

Kant s'est affranchi définitivement du «réalisme» des apparences pour situer dans le sujet la source, non pas seulement de la nécessité déductive, mais encore des diverses structures (espace, temps, causalité, etc.) qui constituent l'objectivité en général et qui rendent ainsi l'expérience possible. Il a donc découvert le rôle des cadres a priori, et la possibilité de jugements synthétiques a priori, s'ajoutant aux simples liaisons logiques (ou jugements analytiques a priori) et susceptibles d'imposer à la perception et à l'expérience en général une structure compatible avec la déduction mathématique.

Jean Piaget

Sinon à propos du travail de Piaget sur ce sujet il y a ça :

La construction du réel chez l'enfant

Citation

Dans ce livre qui fait suite à la naissance de l'intelligence chez l'enfant, Jean Piaget étudie les étapes par lesquelles, au cours de ses deux premières années, l'enfant parvient à se faire la représentation d'un monde objectif permanent et indépendant de cette représentation elle-même. Cette construction s'effectue par deux mouvements complémentaires : accommodation de la pensée aux choses et assimilation des données nouvelles par l'acquis antérieur. Ce livre peut être considéré comme un classique de la psychologie de l’enfant.

 

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Publié le

Héhé...

Citation

 Un jour Tcheou rêva qu'il était un papillon. Mais était-il Tcheou rêvant qu'il était papillon ou bien un papillon rêvant qu'il était Tcheou... " Et si la réalité du monde sensible qui nous entoure avait la fluidité, l'" incertitude " propre aux rêves ? Si l'univers était un rêve ? En une quarantaine de textes courts et incisifs, Erik Sablé revisite cette éventualité. Rejoignant aussi bien des Orientaux comme Tchouang-Tseu, Ramakrishna ou Bouddha que quelques Occidentaux comme Calderon, Berkeley, Alexandra David-Neel ou même Jean Piaget...

 

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    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
    • Revenons sur l’explication :  https://vm.tiktok.com/ZN8NE37wo/
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