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Publié le

Pardonnes moi Bénocard mais je ne vois pas très bien ce que tu veux démontrer avec  "Une pierre n'est pas consciente, pourtant elle existe indépendamment de la conscience."

La pierre existe-t-elle indépendamment de la conscience ? Je t'ai répondu oui (peut être)  mais ce qu'elle est (réellement :)) est certainement très loin de toutes les représentations que je peux avoir sur cette pierre.

La pierre est-elle consciente ? Là aussi je n'en sais trop rien. Même sans rentrer dans les théories animistes ou new age qui attribuent une âme et une conscience à chaque chose, j'avais entendu des développements intéressants sur le fait que même une particule doit avoir une forme de conscience embryonnaire  (le terme est certainement inapproprié mais bon) de ce que cela fait d'être une particule sinon un neutron serait incapable d'entrer en interaction avec un proton. En gros sans cette" conscience" (encore une fois le terme est inapproprié) une particule élémentaire ne pourrait pas exister.

Mais bon... Que signifie « exister » pour une particule élémentaire ?

(encore une bonne question ! :) )

 

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Invité bénocard
Publié le (modifié)
il y a 13 minutes, Shiva a dit :

La pierre existe-t-elle indépendamment de la conscience ? Je t'ai répondu oui (peut être)  mais ce qu'elle est (réellement :)) est certainement très loin de toutes les représentations que je peux avoir sur cette pierre.

Oui ou peut-être ? Si c'est oui, peu importe que tu la perçoives correctement, si elle existe indépendamment de ta conscience c'est que ta conscience ne l'a pas créée. Et si ta conscience ne l'a pas créée, la proposition "un objet n'existe pas si personne n'en a conscience" est fausse. Ce n'est pas une question sans réponse.

il y a 13 minutes, Shiva a dit :

La pierre est-elle consciente ? Là aussi je n'en sais trop rien. Même sans rentrer dans les théories animistes ou new age qui attribuent une âme et une conscience à chaque chose, j'avais entendu des développements intéressants sur le fait que même une particule doit avoir une forme de conscience embryonnaire

Mouais pourquoi pas imaginer en effet que la conscience soit consubstantielle à la matière ? J'aime bien cette idée, c'est une alternative intéressante à l'apparition spontanée (l'émergence).

Mais la pierre, en tant qu'assemblage de particules, n'aurait, même dans ce cas (et a priori), pas plus de conscience que les particules qui la composent. Pour qu'il y ait une conscience au sens où on l'entend habituellement, il faut un certain degré de complexité, atteint seulement par les êtres vivants... jusqu'à preuve du contraire.

Modifié par bénocard
Publié le
Le 17/04/2018 à 14:57, bénocard a dit :

Oué. Plutôt tout à fait d'accord. A ceci près que le vol n'a pas attendu l'oiseau pour exister. Les poussières volent, l'eau vole, les météorites volent... Du coup il se peut que le vol existe indépendamment, sans être émergent.

Mais c'est sûr que le vol ne fait pas l'oiseau ^_^

Le vol est apparu de façon très indépendante chez différentes espèces (de plus il faut également considérer le vol plané donc sans envol depuis le sol, etc.) mais le vol volontaire de l'oiseau est quand même très différent de ce que tu évoques : une poussière emportée par le vent n'est que le jouet de forces contre lesquelles elle ne peut rien et une météorite qui trace sa route dans l'atmosphère ne fait que tomber. Qu'est-ce que de l'eau qui vole, tu penses à la vapeur ? À l'eau sous forme gazeuse ? 

Invité bénocard
Publié le
il y a 7 minutes, Christian Girard a dit :

Qu'est-ce que de l'eau qui vole, tu penses à la vapeur ? À l'eau sous forme gazeuse ? 

Oui. Des choses qui se déplacent dans l'air, ça existait avant la vie. L'oiseau s'est servi de cette possibilité.

Publié le (modifié)
il y a une heure, bénocard a dit :

Oui. Des choses qui se déplacent dans l'air, ça existait avant la vie. L'oiseau s'est servi de cette possibilité.

Disons que le phénomène existe, peut-être pas le "concept" de vol. Je peux rejoindre Shiva sur ce point. On a déjà évoqué cette question classique "Le bruit de l'arbre qui tombe peut-il exister si personne n'est là pour l'entendre ?" et mon avis est que le phénomène existe, que le son se propage et donc qu'une onde interagit avec l’environnement mais que le "bruit" est propre à l'humain, à la représentation mentale de ce son : une sensation désagréable voire douloureuse.

 

Citation

C'est tout... C'est tout... Pardon ! Cette constatation basique et vulgaire (que l'expérience consciente précède toute tentative de connaissance du monde) a des implications énormes : ça veut déjà dire que "tout ce qui en découle" comme tu dis (c'est à dire juste toute notre représentation de la réalité, excusez du peu) est soumis à toutes les imperfections, tous les biais et toutes les illusions qui peuvent être générés par notre conscience au travers des perceptions et des interprétations du mental.

Que notre interprétation de la réalité soit une gigantesque illusion, j'en conviens. Il faut faire avec (puis recadrer avec des outils appropriés, avec de la pensée, avec de la concertation : pour moi autrui existe et il m'aide à objectiver le Monde, idem pour la culture). Néanmoins Shiva, nieras-tu que l'Univers a une histoire (à chaque fois sur ce point je trouve que tu bottes en touche) ? Si tu mets cela en doute, on flirte avec ce créationnisme vertement dénoncé et pourfendu dès la première page de ce sujet (je pense à cette idée que Dieu aurait créé un Univers récemment mais qu'il lui aurait également créé un passé, factice certes mais aussi convaincant qu'un passé réel (idée intéressante s'il en est du point de vue d'un romancier du fantastique mais qui ne repose sur rien d'autre que des textes religieux et des extrapolations délirantes). La conscience à laquelle tu fais référence depuis des années est quand même essentiellement la conscience humaine (pas l'hypothétique conscience d'un photon ni celle d'une pierre, un thème que j'ai moi-même évoqué dans nos discussions) et cette dernière n'est qu'une particularité infiniment récente au regard de l'âge de notre Univers. Mon analogie avec le vol n'était pas innocente, il est très facile de se sentir planer dans sa tête. ;)

 

Citation

l'expérience consciente précède toute tentative de connaissance du monde

Je suis heureux de constater que tu admets finalement que le Monde préexiste à la conscience sinon sur quoi l'expérience consciente pourrait-elle s'exercer pour faire sa tentative de connaissance ? Je suis même d'accord pour dire qu'il s'agit d'un pari métaphysique (et pour moi ça ne veux pas dire "mets ta physique" au placard), à savoir que le Monde préexiste à la conscience et non le contraire. Si l'expérience consciente ne s'exerce pas sur un Monde préexistant alors toute tentative de connaissance dudit Monde ne peut même pas avoir lieu puisque ce Monde n'existe pas. :crazy:

 

Modifié par Christian Girard
Publié le (modifié)
Il y a 12 heures, Christian Girard a dit :

Néanmoins Shiva, nieras-tu que l'Univers a une histoire (à chaque fois sur ce point je trouve que tu bottes en touche) ?

Je ne nie pas que l’univers ait une histoire, je me pose simplement quelques questions sur les théories évolutionnistes de la conscience ou plus précisément sur la thèse d’une émergence phylogénétique de la conscience.

Je m’interroge sur ce qui est, peut être, considéré comme une évidence : la conscience serait apparue à un certain stade de l’évolution des espèces en réponse à un défi adaptatif. Elle serait donc un avantage évolutif.

Passé ces considérations darwiniennes les doutes s’accumulent : l’expérience pure, la conscience réflexive, le plaisir, la peine, les émotions peuvent-ils être considérés comme de vrais avantages évolutifs ?

Qu’est ce qu’un truc aussi bizarre que la conscience de soi vient faire dans l’évolution ? L’avantage évolutif pour l’être humain n’aurait-il pas été d’être une sorte de zombie sans réelle conscience de soi doté de fonctions cognitives efficaces centrées uniquement sur les entrées sensorielles et les réactions motrices ?

Je n’ai pas de réponse définitive à toute ces questions. En tout cas, il me semble que s’interroger sur le statut de la conscience peut amener à reconsidérer toutes les théories évolutionnistes (je dis bien : non pas à les nier mais à les reconsidérer !).

Modifié par Shiva
Publié le

Pour compléter mon propos : Il est tout à fait possible d’exprimer du scepticisme vis à vis de certains aspects des théories évolutionnistes sans pour autant devenir amish ou créationniste :D ...Surtout quand l’évolutionnisme affirme, de plus en plus,  sa prétention à expliquer à peu près tout : l’apparition de l’univers, de la vie et de la conscience mais aussi l’histoire des idées, de l’art, des civilisations et j’en passe (il semblerait, d'ailleurs, que même la croyance en Dieu est considérée comme un avantage évolutif).

 

Au nom d’un naturalisme philosophique et d’un positivisme scientifique, on décrète donc que le substrat ultime des faits mentaux est physique, naturel, et que les déterminismes ultimes sont génétiques. 

Alexandre Gefen - Les enjeux idéologiques des théories évolutionnistes - CNRS - Université Paris 4 Sorbonne

Invité bénocard
Publié le (modifié)
Il y a 12 heures, Christian Girard a dit :

Disons que le phénomène existe, peut-être pas le "concept" de vol. Je peux rejoindre Shiva sur ce point. On a déjà évoqué cette question classique "Le bruit de l'arbre qui tombe peut-il exister si personne n'est là pour l'entendre ?" et mon avis est que le phénomène existe, que le son se propage et donc qu'une onde interagit avec l’environnement mais que le "bruit" est propre à l'humain, à la représentation mentale de ce son : une sensation désagréable voire douloureuse.

La carte n'est pas le territoire ?

Le concept n'existe que dans un cerveau. Je ne comprends pas que tu passes du vol au concept du vol.

Le vol existait d'ailleurs à l'état embryonnaire avant l'oiseau : on en trouve les traces chez les ancêtres les poissons avec leurs nageoires. Si on remonte encore, on trouve les mouvements d'ondulation des premieres bestioles aquatiques. C'est le même concept qui a évolué, il y a bien une solution de continuité.

Il y a 5 heures, Shiva a dit :

Je m’interroge sur ce qui est, peut être, considéré comme une évidence : la conscience serait apparue à un certain stade de l’évolution des espèces en réponse à un défi adaptatif. Elle serait donc un avantage évolutif.

La conscience de l'environnement est évidemment un avantage. Quand la paramécie s'éloigne d'un milieu trop acide, c'est bon pour elle.

Il y a 5 heures, Shiva a dit :

L’avantage évolutif pour l’être humain n’aurait-il pas été d’être une sorte de zombi sans réelle conscience de soi doté de fonctions cognitives efficaces centrées uniquement sur les entrées sensorielles et les réactions motrices ?

Intéressant, cette histoire de zombie. Je me dis : s'adapter, c'est apprendre. Pour apprendre, il faut de la mémoire. Un zombie n'a pas de mémoire. Grâce à la mémoire, je peux intégrer de nouveaux comportements, en les comparant aux comportements passés.

A partir du moment où tu as cette mémoire, tu as formation d'une histoire personnelle. Ca te fait une personnalité. Tu en as conscience, et elle est associée aux mêmes enjeux que la paramécie et son acide. Juste en plus complexe.

Alors qu'un zombie est figé dans le temps.

Modifié par bénocard
Invité bénocard
Publié le
il y a une heure, Shiva a dit :

Pour compléter mon propos : Il est tout à fait possible d’exprimer du scepticisme vis à vis de certains aspects des théories évolutionnistes sans pour autant devenir amish ou créationniste :D ...Surtout quand l’évolutionnisme affirme, de plus en plus,  sa prétention à expliquer à peu près tout : l’apparition de l’univers, de la vie et de la conscience mais aussi l’histoire des idées, de l’art, des civilisations et j’en passe (il semblerait, d'ailleurs, que même la croyance en Dieu est considérée comme un avantage évolutif).

Au nom d’un naturalisme philosophique et d’un positivisme scientifique, on décrète donc que le substrat ultime des faits mentaux est physique, naturel, et que les déterminismes ultimes sont génétiques. 

Alexandre Gefen - Les enjeux idéologiques des théories évolutionnistes - CNRS - Université Paris 4 Sorbonne

Je comprends la critique, de fait c'est agaçant ces gens qui croient avoir tout compris. C'est toujours agaçant. Parce qu'on sait dans le fond que c'est pas vrai.

Par contre, au lieu d'opposer des théories farfelues, je pense que ce serait plus efficace de montrer leurs limites, en partant de leur point de vue et pas en le niant. C'est qu'ils ont des arguments très forts, les bougres.

Publié le
il y a 32 minutes, bénocard a dit :

Par contre, au lieu d'opposer des théories farfelues, je pense que ce serait plus efficace de montrer leurs limites, en partant de leur point de vue et pas en le niant. C'est qu'ils ont des arguments très forts, les bougres.

Les arguments sont considérés forts ou faibles par rapport à un certain cadre de référence. 

Pour juger de la valeur d’une théorie, il est bon de s’intéresser à ses forces et à ses limites certes mais, aussi, de s’interroger sur le cadre de référence qui rend la proposition vraie ou fausse.

L’avantage des théories que tu appelle "farfelues" est qu’elles font, souvent, voler en éclat le cadre de référence habituel (et c’est, d’ailleurs, souvent, au regard de ce cadre de référence habituel (ou dominant) qu’une théorie est jugée farfelue). Les théories farfelues obligent donc à imaginer un autre cadre de référence. L’exercice est toujours intéressant et stimulant.

Par ailleurs l’un empêche pas l’autre. Je veux dire : Montrer les limites d’une théorie ou d’un cadre de référence (le matérialisme, par exemple) n’empêche pas d’explorer d’autres théories fussent-elles jugées farfelues (l’idéalisme et tous ses avatars, par exemple).

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J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
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