Aller au contenu

Patrick FROMENT

Membre
  • Compteur de contenus

    5152
  • Inscription

  • Dernière visite

  • Trophée

    16

Tout ce qui a été publié par Patrick FROMENT

  1. Tout dépend ce qu'on appelle "métaphysique". Dans la bouche de certaines personnes j'ai l'impression que ce mot est synonyme d'ésotérisme voir de théologie. Alors que ça n'a rien à voir. La métaphysique est la partie de la philosophie qui consiste à poser et à explorer, de manière rigoureuse (par la raison !) les questions les plus essentielles (celles dont la réponse restera peut-être à tout jamais hors de notre portée d'être humain). Je lisais ça récemment dans l'excellent ouvrage de Raphaël Liogier et Dominique Quessada, Manifeste Métaphysique : La métaphysique préfère les questions au réponses. Elle constitue ainsi la manière la plus incisive de montrer qu'aucune réponse ne vient réellement clore aucune question. En cela elle est un outil à dé-dogmatiser. C'est fort bien dit : la métaphysique n'est pas un outil à produire les théories les plus farfelues mais un outil à dé-dogmatiser ! Les questions métaphysiques sont propres à dissoudre tous les dogmatisme qu'il soient religieux ou scientifiques (tu vas me rétorquer que "scientifique dogmatique" et un antonyme et pourtant il y en a). C'est par le raisonnement métaphysique que nous découvrons que l'idée d'une cause première n'a pas beaucoup de sens et qu'elle présente des difficultés logiques difficilement surmontables (et donc que l'idée d'un Dieu créateur est hautement spéculative). C'est par le raisonnement métaphysique, également, que nous constatons que le présupposé matérialiste ou physicaliste de certains scientifiques est, lui aussi une idée très discutable.
  2. Puisque tu sembles avoir besoin de réponses... Une autre hypothèse est que la conscience est partout. Dis comme ça, ça semble absurde mais tu peux te pencher sur le travail de ces deux messieurs : Jean Émile Charon Christof Koch ... deux scientifiques qui, chacun à leur façon, renouvellent l'hypothèse du panpsychisme (l'idée selon laquelle la conscience serait une propriété ou un aspect fondamental de la matière présent dans chaque particule (au même titre que la masse). (A noter que les théories de Christof Koch constituent une sorte de "panpsychisme fonctionnaliste" et illustrent parfaitement ce dont nous parlions hier avec Christian Girard : la conscience pourrait être une propriété qui émerge dés qu'un système devient suffisamment complexe (un électron étant, peut être, déjà un "système suffisamment complexe"). Neurosciences : la nouvelle théorie de la conscience est empreinte de spiritualité
  3. Je n’en sais fichtre rien ! Au jour d’aujourd’hui, toute personne qui s’intéresse sérieusement à ces questions et tout chercheur honnête ne peut qu’arriver à cette conclusion : la question de la nature de la conscience et de sa localisation est une question qui reste largement ouverte. La porte est ouverte à toutes les hypothèses et à toutes les recherches. Après si tu as besoin d’arguments d’autorité , voici l’avis de trois prix Nobel sur la question Le cerveau est une machine qu’un fantôme peut faire marcher. L’activité mentale appartient à une catégorie différente de l'activité physique, et leurs interactions sont inconnues. John CAREW ECCLES - Neurophysiologiste - Prix Nobel de Médecine Nous n’avons aucun moyen d’identifier la présence ou l’absence de conscience. Cela soulève le problème de la localisation de la conscience. Non seulement l’esprit n’est pas localisable, mais en outre il n’a pas de localisation particulière. Il n’est pas une chose mesurable ; il n’appartient pas au repère espace-temps. Georges WALD - Prix Nobel de Physiologie et de Médecine Et même Gérald Edelman, un autre prix Nobel de Médecine, physicalisme convaincu et auteur d’ouvrages de référence comme La biologie de la conscience ou Comment la matière devient conscience avoue : Ce que la conscience a de désarmant, c’est qu’elle ne semble pas relever du comportement. Elle est tout simplement toujours là avec ses objets multiples et simultanés, toujours inéluctablement nôtre. C’est un processus difficile à analyser. Nous savons ce qu’elle est pour nous-mêmes, mais nous ne pouvons juger de son existence chez les autres que par analogie.
  4. En d'autres mots, je m'attache simplement à démontrer que ce qui est couramment utilisé comme une "preuve" de l'origine neurophysiologique de la conscience est juste la mise en évidence d'une simple corrélation.
  5. C'est difficile de te suivre car là tu veux utiliser la science alors que précédemment tu écrivais : Roooohhh la la… Qu’est ce que tu peux être chochotte quand la discussion se complexifie un peu ! Je n’"utilise" pas la science, Je fait simplement remarquer qu’on peux concevoir des relations de causalité bidirectionnelle (et je prends un cas précis issu de la physique). J’émets, ensuite, l’hypothèse que la corrélation observée entre la conscience et l’activité neurophysiologique puisse être de nature causale bidirectionnelle. Le cerveau modifie la pensée mais, on peut dire aussi que la pensée modifie le cerveau (et ce n’est nullement "ontologiser" la pensée ou la conscience que de formuler les choses ainsi). C’est en ce sens que je parlais de neuroplasticité. Par ailleurs… Je ne nie pas cette possibilité mais force est de constater que la grande majorité des auteurs (scientifiques et neuroscientifiques !) que j’ai pu entendre ou lire sur cette question qui me passionne sont beaucoup plus prudents que toi. Je veux dire que l’expression "hypothèse très vraisemblable" traduit simplement ton opinion sur la question et tes préférences métaphysiques. En général nous sommes face à des énoncés bien plus complexes et nuancés que "hypothèse très vraisemblable" (pardon, je comprends bien que tu ne veuilles pas faire du "mille feuilles argumentatif mais si on ne va pas un peu dans les détails et dans les subtilités sur ces questions complexes, le débat risque d'être très pauvre). Par exemple, le dernier article scientifique que j'ai lu ICI (Revue médicale suisse, c'est du sérieux ! traduit bien cette prudence de bien des neuroscientifiques devant ce que les philosophes de l'esprit appellent le problème corps esprit ou le fossé explicatif : Bonne journée à toi !
  6. Oui. Je suis d’accord avec ça mais force est de constater que ça ne prouve rien quand à l’origine de la conscience. Le premier spiritualiste venu, même un peu primaire , aura beau jeu de te rétorquer que si tu casses un poste de radio tu n’entends plus ton émission de radio préférée mais elle continue « d’exister » et d’être diffusée, de même si tu casses ton ordinateur ou ton téléphone portable, tu ne pourras plus interagir sur ce forum et y publier des messages mais ce forum continuera d’exister. J’ai bien peur que pour prouver de manière indiscutable que la conscience soit un phénomène d’origine neurophysiologique il faille aller au delà de la simple constatation d’une corrélation entre certains évènements neurophysiologiques et certains évènements mentaux. Une corrélation n’équivaut pas à une relation de cause à effet, cela a maintes fois été dit ici. La constatation d’une corrélation et son travestissement erroné en relation causale peut conduire à des absurdités (du style : je constate qu’il y a beaucoup de pompiers lorsqu’il y a un incendie donc les pompiers sont la cause de l’incendie). Par ailleurs, même s’il existe une relation causale entre les évènements cérébraux et les évènements mentaux, rien ne nous prouve que cette relation causale soit unidirectionnelle. En sciences physiques, par exemple, il existe des cas de relation causale bidirectionnelle (typiquement la corrélation entre la chaleur et la pression dans un espace clos - si tu augmentes la température de l’air dans un pneu la pression va augmenter mais, de la même façon, si tu augmentes la pression dans un pneu la température de l’air va augmenter aussi). Je ne dis pas que la relation entre les évènements neuronaux et la conscience soit de la même nature (même si le phénomène de neuroplasticité pourrait le suggérer), je dis simplement que cette question des relations causales et des corrélations est une question particulièrement complexe en science (tu le sais parfaitement) Détrompes toi cette hypothèse m’intéresse beaucoup et si nous allons au bout de cette hypothèse, nous pouvons imaginer qu’un système suffisamment complexe puisse devenir conscient (au sens conscient de lui même) même si ce système n’est pas biologique. Ce qui ouvre des questions (y compris (et surtout !) des questions métaphysiques) absolument vertigineuses.
  7. En complément à la citation du précédent message... ... on aura beau découper le cerveau en tranches, on n'aura toujours pas trouvé l'esprit, ni la conscience d'ailleurs... et encore moins le "Moi". (mais bon ces recherches sont, néanmoins, très utiles pour comprendre le fonctionnement du cerveau et trouver des traitements à certaines maladies (Alzheimer etc...)).
  8. De l’esprit au cerveau par Thierry Ripoll Un excellent ouvrage écrit par un professeur de psychologie cognitive à l'Université d'Aix-Marseille. Le langage et l’écriture du livre ont le mérite d’être plutôt simples et abordables sur un sujet infiniment complexe. Par ailleurs ce genre de livre est assez rare en français pour en saluer la parution (la littérature sur la philosophie de l'esprit est plutôt anglo-saxonne) Toutes les théories sur le mode d’émergence de la conscience des plus anciennes aux plus modernes sont passées en revue non pas à la mode d’un catalogue mais d’une manière très dynamique et vivante. Certains chapitres ouvrent sur des questions vertigineuses. Par exemple : Chapitre 12 - Peut-on parler de libre arbitre si nous ne sommes fait que de matière ? L’auteur défend un physicalisme rigoureux mais sans excès, tout en précisant avec honnêteté la spécificité de chacune des approches sur l’émergence de la conscience ainsi que ses limites. La dernière phrase de l’ouvrage a même des accents de mystérianisme : "il nous admettre avec humilité que notre cerveau de sapiens est peut être confronté à une énigme qu’il ne résoudra jamais complètement." J’ai aussi été beaucoup touché par la façon dont l’auteur introduit son sujet : A savoir par le biais d’un message d’un de ses anciens étudiants frappé par un AVC. La fin du message de cet étudiant pose des questions tout à fait judicieuses sur le rapport corps/esprit et sur le mode d’émergence de la conscience :
  9. La philosophie compte une jungle de mots en isme absolument impressionnante. Ces mots désignent, en général, une prise de position théorique ou pratique ou un système de pensée philosophique. Si nous les prenons par paire d’opposés (par exemple réalisme opposé à idéalisme, essentialisme opposé à relativisme, dualisme opposé à monisme etc…) ils révèlent une problématique philosophique qu’il peut être intéressant de traiter par l’opposition dialectique (argument, objection, contre argumentation) dans un premier temps, puis par le dépassement de cette opposition dans une sorte de synthèse apaisée. J’ai listé ci-dessous une cinquantaine de mots en isme . J’ai fait ça à la volée comme ça me venait, la liste n’étant pas exhaustive. Le point commun de tout les mots que j’ai listé est qu’ils sont souvent l’expression d’une prise de position ontologique ou épistémologique sur la nature même de la réalité ou sur l’origine de la conscience (les deux thèmes de prédilection de ce fil). Les problématiques présentent derrière chacun de ces mots ont, d’ailleurs, été abordées, tout au long de ce fil, depuis bientôt 7 ans (sans toujours nommer le mot précisément d’ailleurs). Réalisme, Idéalisme, Matérialisme, Immatérialisme, Scepticisme, Physicalisme, Empirisme, Instrumentalisme, Illusionnisme, Phénoménisme, Epiphénoménisme, Constructivisme, Mystérianisme, Rationalisme, Irrationalisme, Cartésianisme, Scientisme, Mentalisme, Spiritualisme, Acosmisme, Solipsisme, Dualisme, Monisme, Holisme, Réductionnisme, Eliminitavisme, Panpsychisme, Fonctionnalisme, Emergentisme, Vitalisme, Cognitivisme, Objectivisme, Subjectivisme, Mécanicisme, Déisme, Théisme, Athéisme, Naturalisme, Essentialisme, Relativisme, Nominalisme, Atomisme, Nihilisme, Créationnisme, Evolutionnisme, Eternalisme, Finalisme, Déterminisme, Causalisme, Animisme
  10. Il est question d'"esprit" ici, pas de "cerveau".
  11. Plus sérieusement... Je ne sais pas parler des questions abyssales dont nous parlons ici (la nature de la conscience, la nature de la réalité…) sans passer par "des champs très diversifiés de la connaissance" (la science, la philosophie, la psychologie, la spiritualité…). Je n’y vois pas une "technique rhétorique qui vise à intimider celui qui y est confronté". J’y vois plutôt une approche transdisciplinaire, nécessairement transdisciplinaire je dirais même. Certes, la métaphysique au sens philosophique du terme occupe une place importante dans mon propos. Mais, là encore, ce n’est pas une entourloupe… C’est juste que les questions abordées ici sont hautement métaphysiques.
  12. Il faudrait définir plus précisément "hypothèse", "Terre" et "plate". Par ailleurs, les mots "adepte", "croire" et "penser" sont problématiques, il conviendrait de les préciser.
  13. ... A quand 150 pages de forum sur le platisme ?
  14. Nous en sommes arrivés, dans cette discussion, au point "omega". Celui où chaque mot, même le plus anodin, a besoin d’être défini et précisé. Et celui où chaque définition ou précision va nécessairement entrer en contradiction avec une définition précédente. Bienvenue aux lecteurs qui restent. Bienvenue au cœur de l’inexprimable, de l’indicible et de l’ineffable où toute vérité provisoire ne peut être qu’exprimée en termes apophatiques.
  15. Oui ! Totalement cartésien ! Il me semble que la question du cogito de Descartes a été assez vite abordée par ici. La question du doute hyperbolique et de "ce dont on ne peut pas douter" me parait toujours très pertinente aujourd'hui. Je pense que chacun aura compris que je suis particulièrement sensible à l'hypothèse du Malin Génie (qu'on peut nommer aussi l'argument de l'illusion). En ce sens je suis assez "cartésien"... avec toutes les limites et les nuances qui ont été apportées à Descartes tout au long de l'histoire de la philosophie : - Le glissement chez Descartes de "il y a des pensées" ou "ça pense" à "Je pense". - Le "Je" qui présuppose l'existence d'un soi. - La question du dualisme - le concept de "l'animal machine" Toutes ces précédentes questions sont autant de thèmes qui me font m'écarter de Descartes.
  16. Chuuuutttt ! Je crois que tu as raison Christian... Il est plus sage de conclure comme Ludwig Wittgenstein dans son Tractatus logico-philosophicus : Sur ce dont on ne peut parler, il faut garder le silence.
  17. ... Et pour répondre plus clairement à la question en faisant un résumé (ambitieux) des deux livres : Nous existons réellement et le fait que nous puissions nous poser cette question est bien le signe de notre existence (encore faudrait-il préciser les deux termes problématiques de "exister" et "réellement") Mais... Nous n'existons pas vraiment dans la mesure où nous existons probablement d'une manière très différente de celle que nous croyons.
  18. Il y a ça aussi... Presque le même titre...
  19. C'est drôle... Ta question-boutade fait écho à un excellent ouvrage que j'ai lu il y a quelques jours. Je le conseille à toute personne qui s'intéresse à ces questions.
  20. Dominique Webb est même l'inventeur de la "street hypnose" ! On reconnait Karadji au passage. https://www.ina.fr/video/LXF04035010 et https://www.ina.fr/video/LXF01016151 et https://www.ina.fr/video/RCC9706160055
  21. Dominique Webb, Claude François, Dalida... Nostalgie...
  22. Dominique Webb a largement contribué a ma passion pour l’art magique. Il y eut sa fameuse boite qu’on m’avait offert dans les années 70 (selon moi, une des meilleures à ce jour et des plus didactiques). Il y eut aussi ses émissions de grande qualité avec des invités comme le yogi Coudoux enfermé pendant toute la durée de l’émission dans une petite boite transparente immergée dans un aquarium (je crois que ce fût le "tour de magie" qui a le plus marqué mon enfance). Jeune adulte et devenu magicien amateur, en le croisant dans les allées d’un congrès magique, je n’avais pas manqué d’aller lui parler timidement et lui faire part de mon admiration. Nous avions parlé magie, hypnose, médailles magiques et secrets du Grand Albert, ambiguïtés diverses et variées de l’art magique… Il m’est apparu une personne qui avait profondément compris la nature de l’art magique et qui était bien plus éthique qu’on ne l’a laissé penser parfois. Assurément, un grand monsieur qui avait une vision magique en plus d’un regard hypnotique. Il nous manquera.
×
×
  • Créer...