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il y a 4 minutes, Maxime ROUFFAUD a dit :

WoW, tellement de bonnes idées, merci beaucoup pour ce partage ! Je vais commencer à réfléchir à ça et je ferais un retour d'ici quelques jours 🙂

Merci encore, c'est un sacré coup de main !

De rien et si tu as des questions ou des doutes n’hésites pas si je peux t’éviter des erreurs que j’ai faites et t’aider.

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Pour ma part, je pars de l'histoire, de ce que je veux faire passer comme émotions, propos, ambiance... Les tours me semblent devoir servir le propos. Le propos ne doit pas être la justification des tours. En gros, si les tours ne servent pas le propos alors  ne les mets pas. Le magicien me semble devoir être avant tout un comédien. Les tours sont des outils, du vocabulaire... Il y a aussi lindiscible: ta personnalité, ce que les gens perçoivent sans que tu le montres, ta sincérité, ton humilité... J'ai toujours du mal avec la notion de "personnage". Cela me semble justifier le tour par un habillage, une présentation.... 

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C'est parce que ça ne sert à rien qu'il faut le faire sérieusement 

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Il y a 8 heures, Michael VESSEREAU a dit :

Les tours me semblent devoir servir le propos. Le propos ne doit pas être la justification des tours

Oui, je comprends ce que tu veux dire. Je tente de tendre vers ça justement, même si j'ai encore du mal.

 

Il y a 8 heures, Michael VESSEREAU a dit :

J'ai toujours du mal avec la notion de "personnage". Cela me semble justifier le tour par un habillage, une présentation

Ça je comprends un peu moins ^^ N'est-ce pas une bonne chose justement d'habiller le tour pour ne pas le présenter brut ? Ça fait parti du bonniment finalement non ?

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En fait on entend souvent la notion de personnage comme incarner un rôle crée, comme au cinéma ou au théatre. C'est une possibilité qui a du sens notamment sur scène. Mais dans ma pratique c'est une notion que l'on peut aborder de plusieurs manières. En clair le personnage peut-être le reflet de notre personnalité ou bien encore une création de toutes pièces.

Je pars du principe que les effets magiques viennent en soutien de l'histoire. J'entends ici par "histoire", la trame, l'ambiance, il n'y a pas pas forcement de dialogues, cela peut être uniquement des déplacements, de l'expression corporelle...etc

Je bâtis cette "trame" comme un scénario de roman ou de film, une intrigue avec une progression. Et à la base de toute histoire se trouve les personnages. Leur fonction est essentielle pour faire progresser l'intrigue, le récit. Il y a les spectateurs et le magicien. Et le magicien est le vecteur de la narration. Rôle clé s'il en est. Il va guider le public, l'accompagner dans la trame.

Ce personnage est le premier contact du public avec ce qui va suivre. Il donnera envie ou non aux spectateurs de rentrer ou non dans le numéro.

On peut parfaitement garder sa propre personnalité et restez soi-même donc, il est cependant intéressant d'exagérer un peu un trait de sa personnalité ou de rajouter quelques éléments pour rendre plus intéressant l'histoire que l'on raconte. Quand tu te présentes à la table, avant même de commencer la magie, tu racontes une histoire au spectateur par ta seule présence, le personnage, ce que tu dégages, avant même de commencer, est donc partie intégrante de ce qui va suivre.

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  • Merci 1

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il y a 23 minutes, Michel (Darlone) a dit :

 On peut parfaitement garder sa propre personnalité et restez soi-même.

Ça reste une difficulté Michel. Encore faut il avoir pleinement conscience de qui nous sommes.

Un collègue, plein de sagesse, disait d'un de ses doctorants encore récemment :

- Il est extrêmement doué, et pourtant à chaque fois que je lui demande d'être lui même, Il n'a absolument aucune idée encore de qui ça peut bien être..

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Bravo Maxime (et Olivier 😉) pour entamer ce magnifique voyage qui est de passer des tours (enchaînés ou non) à la création d'un spectacle, d'histoires et d'émotions.

Si tu lis en anglais, voici quelques livres qui m'ont guidés dans ce voyage :

  • The Experience of Magic de Eugene Burger -- notamment le chapitre Framing où il évoque comment trouver un cadre de présentation (léger ou plus conséquent) à nos effets, et le chapitre Weaving a Spell sur l'ambiance créée par le magicien
  • Inspirations de Lawrence Hass -- notamment le chapitre from Cradle to Stage qui permet de jalonner notre travail de création
  • Maximum Entertainment de Ken Weber -- 
  • Beyond Deception de Tobias Beckwith -- tous les chapitres et exercices sur la créativité dans nos présentation
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Publié le (modifié)

Premier point, Maxime, et non des moindres, voire même le plus important quoique bizarrement ignoré de bon nombre de magiciens, tu ne conclues plus tes messages par "Magicalement" et c'est très bien; c'est à mon sens l'un des éléments essentiels à toute communication sereine et apaisée.

Pour le reste, Michel est de très bon conseil - à mon avis il ne doit pas débuter dans le métier 😜 - et je suis plutôt d'accord avec Michael. En effet, la notion de personnage m'a toujours posé problème. Tout d'abord, se créer un personnage peut être très sympa à bien des égards mais cela ne va pas sans difficulté notamment concernant la cohérence de chaque instant à laquelle tu dois être très vigilant (or pour l'avoir souvent vu, tôt ou tard, l'interprète fait un faux pas). J'aurais bien développé davantage mais Michel - encore lui 😜 - vient :

- de me couper l'herbe sous le pied 😝

- et d'écrire exactement ce que je m'apprêtais à écrire 🙂

il y a une heure, Michel (Darlone) a dit :

On peut parfaitement garder sa propre personnalité et restez soi-même donc, il est cependant intéressant d'exagérer un peu un trait de sa personnalité ou de rajouter quelques éléments pour rendre plus intéressant l'histoire que l'on raconte. Quand tu te présentes à la table, avant même de commencer la magie, tu racontes une histoire au spectateur par ta seule présence, le personnage, ce que tu dégages, avant même de commencer, est donc partie intégrante de ce qui va suivre.

C'est encore une fois exactement ce que j'allais écrire car... C'est exactement ce que je fais. Plusieurs avantages à cela : 

- je ne risque pas de me tromper dans la façon qu'a mon personnage de s'exprimer par exemple car je m'exprime de la même au quotidien,

- je ne dépense aucune énergie à "interpréter un rôle" et je suis donc plus à même de me concentrer sur ce que je fais,

- hors prestation, les gens ne sont pas surpris; ils ont affaire à la même personne (cela n'a l'air de rien mais pour moi c'est important; rien de plus décevant, par exemple,  que de constater que le magicien / mime / clown / etc. avec qui on n'a passé un bon moment à sa table, n'est pas du tout le même lorsqu'on le croise en train de ranger ses affaires et s'apprêter à partir).

Enfin, il est important d'écrire a minima. Pas nécessairement tout son texte; il faut, à mon avis, laisser une part à l'improvisation dans son set car cela induit une spontanéité indispensable, mais il faut aussi savoir où l'on va, ne serait-ce que pour maîtriser son numéro (et en parlant d'écrire, je ne saurais trop te conseiller l'excellent "Scripting Magic" de Peter McCabe).

Pour terminer, j'entends "sets de close-up" et "Qu'est-ce que je fais si on me demande de présenter quelque chose ?"

Pour être dans la ré-écriture / reconstruction de mes sets de close-up depuis... pffff 😝, ce n'est effectivement pas chose facile mais mon point de départ est toujours le même : qu'est-ce que j'ai envie de faire (et non pas qu'est-ce qui pourrait leur plaire quoique en général, cela correspond 🙂 ou alors décidément qu'est-ce que je m'y prends bien 😝😎). C'est à mon sens primordial et puis ce sera beaucoup plus agréable à travailler.

Ainsi pour ma part, je privilégie la magie visuelle, reset facile et pocket management optimisé au maximum. J'évite donc "un jeu de cartes / un tour", par exemple,  même si je me trimballe avec au moins deux ou trois jeux sur moi mais pas plus. Concernant les tours de cartes : du visuel et du sens (j'ai ainsi pas mal galéré pour trouver une routine d'huile et eau qui ne soit pas ennuyeuse pour le spectateur et qui possède une vraie conclusion), du divertissant (une ambitieuse reste classique mais bien construite et bien conclue a toujours un excellent impact et peut se prêter à beaucoup d'interaction avec les spectateurs; c'est ce que je cherche) et varié (one coin routine, corde et anneau, chop-cup - il existe au passage des solutions sympa qui facilite le pocket management : mini gobelet, gimmicks genre un "étui d'étui" de carte que l'on transforme en chop cup devant les spectateurs, etc.).  Je fais peu de mentalisme car j'obtiens rarement l'impact attendu (mais il est vrai que lorsque cela fonctionne ou que je suis inspiré, ce sont parmi les routines qui marquent le plus).

Enfin, concrètement lorsque l'on me demande si je peux présenter quelque chose, ce n'est pas un problème; j'emprunte un stylo et c'est parti : apparition de pièce / disparition du stylo / disparition de la pièce. Ensuite j'enchaine par un Daley's Last Trick et un Free Will (me correspond bien et donc du coup fonctionne très bien):

- matériel requis : 1 pièce et 4 cartes (je pense qu'en terme d'encombrement...)

- 15 mns de close-up

- j'aborde trois domaines différents : cartes, pièces, mentalisme

- je montre trois effets différents

=> j'ai complètement répondu à la demande et j'ai montré ma polyvalence

"Ah oui mais David Stone, c'est quand même autre chose" : peu importe, nous avons tous notre style, notre approche et très honnêtement l'expérience montre que bien souvent, pour les spectateurs il n'y a rien qui ressemble plus à un magicien qu'un autre magicien (alors oui cela peut-être frustrant pour David mais pas pour moi 😜 !). En outre, oui "David Stone c'est quand même autre chose" mais aussi et plus fréquemment qu'on ne le croit "'tain ! C'était bien mieux que le magicien qu'on a vu au mariage de ma belle-soeur, le mois dernier...".

 

woody_my_2_cents.jpg

Modifié par Woody (Philippe)
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Déjà, merci à tous pour vos retours ! Je commence à me rendre compte que je ne partais peut-être pas dans la bonne direction ^^ C'est vrai que jusque-là, ayant toujours présenté comme étant "moi-même", je ne voyais pas ça comme la notion que j'avais du mot "personnage", mais c'est probablement là qu'était l'erreur.

J'ai une idée assez précise du résultat que je voudrais obtenir, la création de plusieurs (disons 3 par commodité) sets de close-up, pouvant s'enchaîner ou rester individuels, une magie visuelle et avec le moins de matériel possible. Je te rejoins totalement @Woody (Philippe) sur ce dernier point. Mais je n'arrive pas à être satisfait de ce que j'ai écris / présenté comme sets jusque-là.

En fait, j'avais réussi à produire un truc il y a quelques semaines, j'étais assez content du résultat donc je l'ai présenté à ma copine (qui est mon public "test", avant de présenter face à un vrai public). Et là, désillusion : Les effets s’enchaînaient bien et visiblement aucun problème "technique", tout s'est bien déroulé mais... Je n'avais pas la sensation d'avoir présenté quelque chose de vraiment magique. Du coup, nouvelle feuille, j'efface tout ce que j'avais écris, je vide mon répertoire et je recommence. C'est une boucle de laquelle j'ai du mal à sortir.

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Publié le (modifié)
il y a 42 minutes, Maxime ROUFFAUD a dit :

Les effets s’enchaînaient bien et visiblement aucun problème "technique", tout s'est bien déroulé mais... Je n'avais pas la sensation d'avoir présenté quelque chose de vraiment magique.

Ton impression à toi ok c'est une chose, mais ce qui est important c'est l'impression de ta copine, qu'en a -t-elle pensée, qu'a-t-elle ressentie en voyant ta prestation?

Si tu veux rendre quelques choses magiques pour moi la base c'est d'impliquer émotionnellement le spectateur et c'est toujours plus facile à dire qu'à faire mais c'est possible! Si le spectateur est impliqué émotionnellement il vivra une aventure sans vouloir à tous prix percer les secrets de ton effet.

Modifié par Michel (Darlone)
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    • Pour ceux qui hésitaient encore ou qui veulent avoir un aperçu de l'ambiance et du programme, @Julien LOSA vous a tourné une petite vidéo aux petits oignons. 🍿 Il y détaille de vive voix ce qu'il vous a préparé pour le samedi 26 septembre : les routines, les réflexions, et surtout l'esprit 100 % terrain de cette rencontre chez moi. 👇 Installez-vous confortablement et lancez la vidéo ci-dessous ! Alors, quel effet du programme vous donne le plus envie de venir décortiquer tout ça avec nous ? ⚠️ Pour rappel, le nombre de places chez moi à Paris est très limité pour garder ce format intimiste et pouvoir échanger facilement. Ne tardez pas trop à réserver la vôtre ! 👉 Réserver ma place pour la conférence
    • Disons… poussière d’étoiles à 40 % :   
    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
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