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Je partage avec vous une lettre ouverte de M. Théo Takis, adressée au président de la FFAP suite à l’hommage à Dominique Webb dans la Revue de la Prestidigitation  numéro 638 bis:

"Lettre ouverte au président de la FFAP, aux artistes magiciens (par Théo Takis)"

« Cher Président, cher ami magicien,

 

Une période bien particulière nous occupe et, si les désagréments sont nombreux, on y trouve des initiatives bien agréables. Je fais référence à cette généreuse idée de nous offrir les dernières revues de la FFAP, alors que je ne suis plus abonné depuis mon déménagement en Normandie. Merci beaucoup.

 

Cependant, j’ai été très surpris de recevoir le numéro « spécial Dominique Webb ».

En voici les raisons et j’espère que je ne suis pas le seul à être quelque peu déçu.

 

Parmi les magiciens de l’AFAP, je porte le numéro 1007, ce qui revient à dire que je ne suis plus très jeune : j’ai été formé aux arts magiques par Maurice Gauthron, dont j’étais le filleul alors que j’étais adolescent. J’ai passé mon examen d’entrée sous la présidence du Docteur Jules Dothel, à son domicile. Outre les techniques du spectacle en général et le respect du public, la formation comprenait également l’éthique même de notre art. Il s’agissait d’une certaine morale qui luttait contre le débinage et qui dénonçait ceux qui usurpent l’identité des illusionnistes pour s’approprier des pseudo-pouvoirs surnaturels.

 

Depuis, j’ai toujours été très attentif aux valeurs transmises et actif pour dénoncer les charlatans et les faiseurs de miracles. Grace à mon métier d’enseignant, j’ai pu poursuivre (bien modestement) le travail de Majax et des zététiciens auprès de générations d’étudiants.

 

A cette époque, Dominique Webb était un jeune magicien comme bien d’autres… mais, par la suite, il a pris une autre voie en se faisant passer pour un surhomme doué de pouvoirs miraculeux (comme Yuri Geller et bien d’autres, malheureusement) tout en utilisant les ficelles du métier de magicien. De ce fait, il a été persona non grata au sein de l’AFAP car il ne respectait plus la déontologie de notre art et du spectacle. J’ai admiré la probité du Conseil de l’Ordre.

 

Mais quelques années plus tard, il a été très médiatisé et est devenu une célébrité. Il est vrai que le public aime les gourous et les faiseurs de miracles, au détriment même de la déontologie la plus élémentaire ! Alors, virage aussi inattendu que dramatique : le président de l’AFAP de cette époque lui a demandé de revenir… avec tous les honneurs ! 

 

Profondément blessé, j’ai ainsi quitté l’AFAP pendant près de 10 ans, découvrant que MON association se faisait acheter par les médias et par la simple notoriété d’un hypnotiseur, imposteur ou plus simplement une fripouille.

 

Après avoir usurpé le travail des magiciens durant toute sa carrière, Dominique Webb est aujourd’hui célébré par la FFAP qui fait un numéro spécial pour lui. Alors artiste ou escroc ?

 

Bien cordialement,

Théo Takis »

mmmm.jpg

  • J'aime 3
Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
Publié le

Bonjour à tous, j'ai partagé ce sujet que je trouve fort intéressant comme fil conducteur pour aborder le sujet entre la magie en tant que sorcellerie ou en tant que art de la prestidigitation.

Contrairement à ce que l'on pense, de nos jour beaucoup utilisent notre pour duper les plus démunis, j'ai même des demandes "de sorciers" qui me demandent des conseils pour un but de pratiquer la sorcellerie et donc le charlatanisme.

Cette pratique est contraire à mes principes, car comme je l'avais expliqué dans l'un de mes articles publié sur VM, et contrairement à certains, depuis mon enfance je combat le charlatanisme. Et j'ai me suis orienté vers cette discipline pour être convaincu que finalement: il y a toujours un "truc"

  • J'aime 1
  • Embarrassé 1
  • Thomas changed the title to Dominique WEBB : Artiste ou escroc ? Lettre ouverte au président de la FFAP par Théo TAKIS
Publié le (modifié)
Il y a 2 heures, Otto WESSELY a dit :

Messieurs Theo Takis, Monsieur @Mankai EZZEDINE ! J'ai toujours pensé que le Corano attaque les poumons, savais pas qu'il attaque aussi le cerveau. Veuilles cracher votre haine chez votre psy, peut être il peut vous aider.

Respecteueusement

Otto Wessely

@Otto WESSELY    Du calme , il faut mettre vos lunettes ou les réadapter, car je n'ai fait que partager une lettre ouverte qui a été envoyée au président de la FFAP Personnellement je ne connaissais pas Dominique Webb en dehors de sa réputation médiatique. Relisez en caractère gras le début de la publication. Et s'il vous plait, laissez vos allusions sur le corona (cette spécialité vous dépasse), en restant dans le sujet. Si vous n'êtes d'accord avec ce qui est écrit, exprimez vous sans être agressif.

Modifié par Mankai EZZEDINE
  • J'aime 3
Publié le

Je suis surpris quand je voyais D. Webb à la TV, j'étais gamin,  il était présenté comme un hypnotiseur et magicien.

Jamais comme un mage ou autre.

Publié le
Il y a 3 heures, Patrick FROMENT (Shiva) a dit :

LOL

Webb aurait-il fait autre chose que divertir?

😋

Gilbus

  • Haha 1

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Merci pour vos commentaires ! Par ce texte, je pense participer à la protection de la profession contre les dérapages. Il faut dire que c’est facile pour un illusionniste de prétendre à des super pouvoirs, non ? Mais entre un boniment de spectacle et un discours de prophète, de voyant ou de gourou, la morale doit être un rempart… Je vois par contre, avec amusement, que certains magiciens deviennent agressifs après ma petite note : peut-être ne se sentent-ils pas très à l’aise ?

  • J'aime 1
  • Merci 2
Publié le

Bonjour,

La posture selon laquelle celui qui prétend avoir de vrais pouvoirs est un escroc... me laisse songeur...

On peut utiliser des mots comme "déontologie élémentaire" ou "éthique" pour appuyer sa conviction, mais l'usage de ces mots informe plus sur les valeurs de celui qui les emploie (et c'est tout à fait honorable), que celui dont on parle.

S'il utilise ses prétendus pouvoirs pour être dans l'illégalité (les sectes notamment), alors il doit être jugé.

S'il les utilise pour provoquer de la fascination, du rêve, des spectacles, parce qu'il considère que ca l'aide à faconner son personnage et l'expérience magique que ses spectateurs éprouveront, n'est-ce pas là sa liberté ? Forme de liberté, d'ailleurs,  qui doit être bien plus difficile à assumer...

Et dans ce type d'affaire, je ne vois guère en quoi une association devrait jouer un quelconque rôle d'arbitre... Je pense que le public est plus fiable...

Ce n'est là qu'un avis général, détaché du cas précis de Dominique Webb, dont je connais trop peu le travail.

 

  • J'aime 3
Publié le
Il y a 8 heures, Pierre GUSS a dit :

 

Ce n'est là qu'un avis général, détaché du cas précis de Dominique Webb, dont je connais trop peu le travail.

 

- Dominique Webb est à l'origine des festivals de magie à l'Olympia (la première année c'était à l'affiche pendant trois mois). Ce concept a tenu la route pendant vingt ans, souvent avec lui, en vedette, souvent sans lui. 

- Dominique Webb est le premier producteur-présentateur qui a fait revenir les "visuels" à la télé qui étaient banni pendant des années au profit des chanteurs. Le seul refuge pour les artistes de cirque était la feu "piste aux étoiles", complément ringard.

- avec ses émissions Webb avait deringardisé les émissions de variété. Son coup de génie était de mélanger artistes visuels avec des vedettes de la chanson. Son émission "des magiciens" a tenu quatre ans. Puis c'est Patrick Sebastien dans les années 80, qui lui aussi avait imposé ds visuels dans ses émissions pour finalement aboutir au PGCDM qui a tenu 20 ans.

otto

  • J'aime 7

www.ottowessely.fr

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    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
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