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Bonjour à toutes et à tous,

 

Cela fait de nombreuses années, pour ne pas dire depuis que j’ai commencé à étudier la cartomagie sérieusement, que je me pose une question « existentielle ».

Enfant, je m’émerveillais devant chaque spectacle de magie. Une apparition d’un bonbon suffisait à me faire rêver pendant des heures.

Puis j’ai grandi. Petit à petit, ma culture magique s’est étoffée. Certains trucs m’ont été révélés au travers de lectures ou de vidéos. D’autres sont restés secrets. Je suis conscient que je ne connaîtrai jamais le pourquoi de tous les trucs. Et tant mieux ! Je n’ai jamais cherché à comprendre les tours qui sont hors de mon champ de compétence et/ou de ma technicité.

Reste cette réaction ambivalente que je ressens parfois : plus j’avance en âge, plus j’apprends et donc moins je suis émerveillé par certains effets. Je me surprends donc à penser qu’il vaudrait mieux que je cesse d’en savoir plus afin de préserver l’émerveillement que je ressentais enfant. Mais j’aime également présenter certaines routines, faire rêver les gens. La magie est une de mes passions et j’aime la pratiquer.

Je sais que je ne deviendrai jamais prestidigitateur professionnel, au même titre que je ne jouerai sans doute jamais la Rhapsodie hongroise nº 2 de Liszt au piano ou que je ne parviendrai pas à réaliser des clichés du niveau de Yellow Corner en photographie car, que ce soit en magie, au piano ou en photographie, je ne fais que ce que ma technique et mon inspiration du moment me permettent.

Pour résumer le fonds de ma pensée : Dai Vernon, par exemple, s’émerveillait-il toujours devant la magie malgré le fait que cette dernière ait occupé la quasi totalité de sa vie ?

 

Je profite de la communauté VM pour avoir vos avis et vos conseils sur ce sujet.

 

D’avance, merci.

  • J'aime 2

"In magic, today as always, the effect is what counts. The method or methods used are always purely secondary." Dai Vernon

Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
Publié le

Bonjour Jean Baptiste 🙂

Cool... une question existentielle ! Les questions sur le sens des choses deviennent plutôt rare sur ce forum, c'est bien dommage.

Pour répondre à ta question, tu devrais déjà jeter un coup d’œil par ici : les 5 stades de la dépression magique :

 

Et pour te répondre plus personnellement, je te dirais que tout ça est cyclique : Je pratique l'illusionnisme et le mentalisme depuis 35 ans environ (là aussi par cycles avec des phases de grande activité et d'autres de profond sommeil).

J'ai eu mes moments de "dépression magique", j'ai souvent été déçu non pas pas la magie à proprement parler mais par les magiciens et le monde magique (souvent trop de "frime", trop de paillettes, trop de manière "mécanique" de faire les choses et pas assez de sens).

Néanmoins l'émerveillement peut toujours être là même s'il est parfois en sommeil depuis des mois ou des années.

Pour preuve ces derniers jours on m'a montré deux ou trois routines (pourtant anciennes) qui m'ont complètement bluffé et émerveillé (du coup envie de remettre le pied à l'étrier).

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  • Merci 1

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

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@Patrick (Shiva), merci pour ta contribution.

Je lirai la file que tu as mise en lien dans ton commentaire tout à l’heure pour voir si je trouve des réponses à mon interrogation. Mais il est vrai que, tout comme toi, je suis passé par des phases de pratique intenses suivies par des périodes plus calmes. Et cela me va bien comme ça.

Si jamais il y a des livres qui parlent de ce phénomène, ne serait-ce que ponctuellement, je suis preneur ! Tout comme je reste preneur d’avis/expériences de la communauté VM.

Concernant Dai Vernon, il semblerait qu’il ait dit, à la fin de sa vie : « Je n'ai qu'un regret, celui de n'avoir pu consacrer les quatre premières années de ma vie à la magie.» N’ayant aucune référence à citer, je ne suis pas certain que cette phrase puisse lui être attribuée.

"In magic, today as always, the effect is what counts. The method or methods used are always purely secondary." Dai Vernon

Publié le

Peut-être faut-il voir la Magie sous différents angles cognitif, émotionnel, authenticité

 

Cognitif Le plaisir d'apprendre est jouissif d'un point de vue intellectuel, étancher notre curiosité, flatter notre ego. Nous sommes de grands enfants qui veulent découvrir le monde.

Émotionnel : Est-ce que vouloir connaitre le secret n'est pas comme disséquer une luciole pour savoir comment sa lumière nous émerveille ?

Authenticité : sais-tu où tu en es de ta démarche artistique ? Si tu étais un artisan, aimerais-tu continuer à créer ?

 

Tamariz nous propose un chemin magique pour atteindre l'arc en ciel magique, mais n'est-ce pas le parcours le plus merveilleux 😉

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  • Merci 1

OSEApprendre Objectif, Système, Expérimente 🧠🎈🌈

Publié le (modifié)
Il y a 2 heures, César CHALRET (16 art) a dit :

Émotionnel : Est-ce que vouloir connaitre le secret n'est pas comme disséquer une luciole pour savoir comment sa lumière nous émerveille ?

Cet angle "émotionnel" me semble particulièrement pertinent.

Je pense aussi que la question existentielle de départ posée par @Jean-Baptiste DUGAST peut être rapprochée du concept philosophique et sociologique d'enchantement ou désenchantement du monde.

Désenchantement du monde

Modifié par Patrick (Shiva)
  • J'aime 1

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le

Lorsqu'on apprends le fonctionnement d'une chose certes on perds un peu d'émerveillement, mais je pense qu'on gagne l'équivalent en émotion lorsqu'on transmets ce savoir ou qu'on le mets en œuvre pour émerveiller d'autres personnes.

Après il y a tellement de choses magiques dans ce monde, il suffit de rester curieux sur ce qui nous entoure, ne pas faire de fixette sur un seul domaine.

Une fois cela compris, on devrait à ce moment là mieux saisir la valeur de ce que l'on apprends.

Alors ma réponse est non 😁

Et puis si on réussi à éviter de tomber dans la boulimie compulsive de consommation de "nouveautés", et que l'on revient sur des vieilles vidéos ou l'on voit des Bertram, Vernon, Slydini, Elmsley (pour ne citer qu'eux) qui paraissent "périmés" mais qui émerveillent par la simplicité apparente de mouvements parfaitement exécutés.Et je ne parle pas de la magie de scène...

La magie change d'aspect je pense.

De toutes les façons le père Noël n'existe pas alors bon...😱

  • J'aime 3
Publié le

Permettez-moi d'apporter ma petite pierre de non magicien, mais en tant que spectateur passionné de magie, j'en vois au bas mot un par semaine. Et je ne vous cache pas que je passe par une période où mon émerveillement est qque peu émousser... A-t-il cessé pour autant pas. Mais oui, lassitude de voir trop souvent les mêmes tours et numéros se répéter, parfois avec la curieuse impression que l'artiste s'est satisfait d'une routine apprise et maitrisée pour la présenter, sans la moindre appropriation, touche personnelle... Et pourtant, je suis régulièrement sur les sites de marchands de tours les nouveautés du moments. Elles sont nombreuses... et pourtant... C'est nouveaux produits en question aux gimmicks souvent malins mais demandant (j'exagère) peu de travail pour la maitrise du tour ne sont-ils pas des  tue-l'amour de créativité et de cet émerveillement tant pour le magicien que pour le spectateur... A lire ces mots, je peux vous paraitre extrémement négatif... peut-être est-ce que je souffre moi-même d'une forme de dépression magique. PS :  cher JB, j'ai conscience de m'être (peut-être) (ou pas) écarté de ce qui te préoccupe dans ce message 😉 !

  • J'aime 2

Jean-Yves Loes (Petitbonhomme)

http://www.lamagiedupetitzebulon.com/

Publié le
Le 01/12/2019 à 16:54, Patrick (Shiva) a dit :

Pour répondre à ta question, tu devrais déjà jeter un coup d’œil par ici : les 5 stades de la dépression magique :

 

 

Remarquable, merci pour la pépite. 

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    • J’ai demandé à ChatGPT de comparer les approches respectives de Marcello Truzzi et Henri Broch.  Il est fort pour les comparaisons critiques ! 😀 Conclusion: " Les partisans de Truzzi reprochent parfois à certains mouvements sceptiques contemporains d'adopter une posture trop militante contre le paranormal. À l'inverse, les partisans de Broch répondent que suspendre indéfiniment son jugement face à des affirmations testées de nombreuses fois sans résultat positif n'est pas la position la plus rationnelle. Ils estiment qu'il est raisonnable d'accorder un degré de confiance très faible à ces affirmations tant que des preuves robustes n'apparaissent pas. Ainsi, on peut résumer leur différence de cette manière : Truzzi réfléchit surtout à ce que doit être un sceptique sur le plan philosophique et méthodologique. Broch montre surtout comment exercer concrètement l'esprit critique à travers l'expérimentation et la zététique. Il ne s'agit donc pas de deux visions opposées, mais de deux sensibilités au sein du scepticisme scientifique : l'une davantage centrée sur l'épistémologie et la prudence dans les conclusions, l'autre sur la méthode expérimentale et l'éducation à l'esprit critique. "
    • On trouvera des pistes chez Troy Hooser. 
    • Le livre est arrivé chez moi bien à l’heure. Ne vous attendez pas à un compte rendu immédiat, la lecture prend son temps (tandis que moi, je cherche le mien).  C’est un livre qui, je crois, me fera gagner pas mal de temps : il étudie de façon scientifique (et donc pas au doigt mouillé, comme notre cerveau nous y pousse souvent) l’impact des tours sur le spectateur. Pour le spectateur, qu’est-ce qui est le plus magique : le forçage classique d’une carte ? le forçage en croix ? le forçage à la cascade ? on s’en fiche, ça dépend de la façon dont la carte est retrouvée ?   Vous trouverez les réponses à ces questions dans ce livre, et bien d’autres. Mention particulière à la qualité de l’ouvrage : beau papier, signet, tranche-fil, couverture à effet gonflant (on aime ou pas), format parfait à mon sens (les formats A4 ou plus sont difficiles à porter dans les mains et nécessitent une grande surface libre sur votre bureau, les formats livre de poche sont souvent écrits petit et ont l’air du roman de gare de l’instagrammeuse pseudo-intellectuelle ; moi, j’aime bien lire des ouvrages qui font distingué et snob).  Bref, je recommande. 
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