Aller au contenu
Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !

Recommended Posts

  • 1 année plus tard...
Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
Publié le (modifié)
Le 11/02/2020 à 14:38, Jean-Luc PRIEUX a dit :

Majax est  en tête de liste, lui qui a parcouru tous les lieux saints , pour  mettre sa patte, son explication rationnelle et cartésienne souvent fausse, à de nombreux événements réels, spirituels expérimentés par beaucoup de gens, de villageois, de religieux et, même de scientifiques connus convertis ....

Zola a eu la même démarche avec Lourdes en falsifiant les miracles qu'il a constatés :

Citation

     En 1891, après avoir publié La Bête humaine, il décide d’écrire Lourdes, un roman anticlérical qui, montrant l’inexistence des miracles, dénoncera l’exploitation de la douleur humaine par des ecclésiastiques mercantiles associés à des médecins trop croyants pour être honnêtes. Fidèle à sa méthode de travail, il effectue un premier repérage journalistique, du Bureau des constatations médicales aux boutiques de souvenirs pieux, en passant par la grotte de Massabielle où la petite Bernadette Soubirous affirma, en 1858, avoir conversé avec la Vierge Marie. Puis, quelques mois plus tard, il retourne sur les lieux de son intrigue en se glissant cette fois dans un pèlerinage, incognito, afin de s’immerger au cœur de son sujet.
     Dans le fameux « train blanc », Zola passe en revue les malades. Il en choisit deux, visiblement à l’agonie. Deux femmes qui lui serviront de modèles pour ses personnages principaux. Il s'assied à leurs côtés et les observe, les interviewe. Marie Lebranchu a trente-cinq ans, elle est tuberculeuse au dernier degré, squelettique, incapable d’ingurgiter la moindre nourriture. Dans sa fiction, il l’appellera « la Grivote ». Sur un ton épuisé, elle lui répond aimablement, entre deux quintes de toux et trois crachats de pus dans son mouchoir. Marie Lemarchand, elle, a dix-huit ans. Au stade ultime d’une tuberculose galopante, elle aussi, elle est en outre défigurée par un lupus qui recouvre son visage de plaies ulcéreuses. Il la rebaptisera Élise Rouquet dans le roman et la surnommera « la femme au museau de chien ».
     Le train arrive en gare de Lourdes. Zola consigne dans son carnet la manière dont les hospitaliers viennent chercher ses deux « modèles » pour les emmener aux piscines. Après quoi, il se rend au Bureau médical afin de consulter les archives. Normalement, il faut être médecin pour pouvoir accéder aux dossiers des guérisons, mais le maître des lieux, le Dr Boissarie, reconnaît le célèbre écrivain et lui ouvre ses placards avec déférence. En échange, Zola lui raconte sa rencontre poignante avec les deux mourantes qu’il s’efforcera de « soulager » dans sa fiction, dit-il, se doutant bien que la réalité ne peut rien pour elles. Le Dr Boissarie le remercie pour sa bienveillance.
     Le romancier est donc en plein travail de documentation, plongé dans les diagnostics et les témoignages qu’il recopie en les mêlant d’annotations critiques, lorsque déboule au Bureau médical... Marie Lemarchand.
     — Je suis guérie ! clame-t-elle en arrachant ses pansements.
     Un seul bain dans la piscine aura suffi. Son accompagnateur, le Dr Dhombres, témoin du prodige, confirmera par écrit : « Au lieu de la plaie hideuse que je venais de voir, je trouvai une surface encore rouge à la vérité, mais sèche et comme recouverte d’un épiderme de nouvelle formation. Je fus vivement impressionné par ce changement subit, déterminé par une simple immersion d’eau froide, étant donné que le lupus est une affection très rebelle à toute espèce de médication. »
     Abasourdi, le romancier contemple son personnage, qui vient de bénéficier d’un de ces prodiges qu’il voulait démystifier dans sa fiction. Honnête, il reconnaîtra dans le registre du Bureau médical : « On discernait non sans surprise un sourd travail de guérison. Il était visible que le lupus s’était amendé. » Mais, dans son roman, il inventera, à la grande colère des médecins lourdais, que ceux-ci avaient appliqué des lotions sur le visage de la malade. Également guérie de sa tuberculose, Marie Lemarchand, sans aucune séquelle ni cicatrice, aura huit enfants et reviendra à Lourdes quarante années de suite, pour porter assistance aux malades.
     Mais le calvaire de Zola ne s’arrête pas là. Comble de l’ironie, surenchère dans l’incroyable, voici son deuxième personnage, Marie Lebranchu, alias « la Grivote », qui débarque au Bureau médical, miraculée de la même manière ! Moribonde et crachant le sang, elle avait dû implorer ses brancardiers pour qu’ils la plongent dans la piscine. Au contact de l’eau, elle déclare avoir senti comme un terrible coup de fouet.
     Avec une certaine jubilation, le Dr Boissarie la fait examiner à l’écrivain anéanti :
     — Monsieur Zola, voici guérie celle que vous disiez mourante ! Plus de râle, plus rien ! Tout est neuf dans ce poumon qui fut dévasté I
     Zola ne peut retenir ses larmes. Sa « Grivote », instantanément rétablie, se mariera, deviendra vendeuse au Bon Marché et donnera des conférences, ne manquant jamais de rappeler sur les affiches qu’elle est une héroïne d’Émile Zola. Dans son roman, il la fait mourir d’une rechute. Dans la réalité, en parfaite santé, elle lui survivra dix-huit ans.

Tiraillé entre sa défense acharnée des valeurs humaines, son honnêteté, son combat naturaliste et l’évidence du surnaturel dont il ne se sentait pas le droit d’entériner les preuves, l’écrivain répondit au Dr Boissarie, qui lui reprochait d'avoir trahi la vérité en faisant mourir indûment l’héroïne inspirée de Marie Lebranchu : « Le personnage appartient à l’auteur. » Le personnage lui donna raison. Sous l’avalanche d’hommages qui s’abattit sur Zola lors de ses funérailles, en 1902, on accorda peu d'attention au cri du cœur lancé par sa « Grivote », qui affirmait que Dieu l’avait sauvée parce que Zola l’avait choisie.
     — Sans Monsieur Emile, disait-elle, je ne serais pas là.
     Six ans plus tard, le 6 juin 1908, par la voix de Mgr Amette, archevêque de Paris, l’Église éleva conjointement les deux Marie au rang de miraculées officielles numéros 16 et 17. Chacune dédia son titre à la mémoire de l’auteur de Lourdes. Et l’archevêque, beau joueur, reconnut que, parfois, les desseins impénétrables du Ciel pouvaient être servis par la bienveillance d’un incroyant.

Source : La bienveillance est une arme absolue

Pour ceux qui vont se précipiter sur Wikipédia pour vérifier, j'ai déjà surligné :
wikipedia

Modifié par Christian DELAMORINIERE
Publié le
il y a 38 minutes, Christian DELAMORINIERE a dit :

Zola a eu la même démarche avec Lourdes en falsifiant les miracles qu'il a constatés

Y a t-il d'autres sources sur cette histoire?
Cet article n'en parle pas : https://www.liberation.fr/grand-angle/2008/02/11/lourdes-c-est-du-zola_64772/

"Il ne croit pas plus aux miracles, après les heures passées au «bureau des constatations». Pour convaincre le mécréant, on lui présente bien une jeune miraculée. Clémentine Trouvé, guérie d'une carie des os en 1891. «Une maligne», tranche Zola"...

  • J'aime 1
Publié le
Le 01/12/2021 à 17:43, Christophe (Kristo) a dit :

Y a t-il d'autres sources sur cette histoire?

Citation

Émile Zola fut l'auteur de l'une des plus grandes escroqueries littéraires.
En août 1892 il arrive à Lourdes pour écrire un livre sur le sanctuaire. Zola ne croyait pas en Dieu et d'autant moins en la possibilité de guérisons miraculeuses. Il croyait uniquement en la science et était persuadé qu'elle répondrait à toutes les questions de l'humanité. Son intention état de « démasquer la grande escroquerie que le clergé se permet à Lourdes ». Zola était tellement prisonnier et fermé par sa foi aveugle dans les dogmes de la culture laïque, qu'à Lourdes il ne pouvait être un observateur impartial. Il ne cherchait pas une vérité objective, mais uniquement des preuves irrévocables pour soutenir la thèse qu'il n'existe aucun miracle. Lors de son séjour à Lourdes, il s'est intéressé à deux femmes, Marie Lebranchu et Marie Lemarchand, toutes deux mourantes au dernier stade de la tuberculose. Toutes les deux furent miraculeusement guéries lors de la prière auprès de la grotte. Zola a été le témoin de cet événement extraordinaire, mais dans son livre il a écrit exactement le contraire. Il y a menti avec préméditation car non seulement il a infirmé leur guérison miraculeuse, mais a écrit qu'elles étaient décédées peu après leur retour de pèlerinage. Et quand quelque temps plus tard il a réalisé que son mensonge pouvait être démasqué, il s'est rendu auprès de ces deux femmes en essayant de les convaincre de déménager en Belgique. Il est cependant extraordinaire qu'après la publication de cet ouvrage, le nombre de pèlerins se rendant à Lourdes ait doublé.
source

Et comme je suis sûr que ça ne va pas suffire, en voici une troisième source :

Citation

Les guérisons de Marie Lebranchu et Marie Lemarchand sont souvent associées, car ces deux malades venus tous les deux de Paris lors du pèlerinage national ont été guéris d'une journée de repos les 20 et 21 août 1892.
De plus, tous deux souffraient depuis des années d'une tuberculose pulmonaire sévère et avaient atteint le dernier stade de l'évolution de la maladie. La première ne pesait que 24 kilos lorsqu'elle est sortie des piscines guérie.
La seconde avait également des plaies ulcéreuses sur le visage. Enfin, ils ont tous deux eu l'occasion de rencontrer l'écrivain Emile Zola qui était venu à Lourdes pour préparer un livre.
Dans son livre "Lourdes", le romancier, après avoir peint le destin peu enviable de Marie Lebranchu sous le pseudonyme de Grivotte, la fait mourir dans le train du retour !
Alors que celle-ci vécut en parfaite santé jusqu'en 1920 !
Quant à Marie Lemarchand, appelée Elise Roquet sous la plume de Zola, elle a eu huit enfants et mourra bien après que sa guérison miraculeuse soit reconnue.

 

Publié le

La deuxième source est un site perso intitulé "Eucharistie, sacrement de la miséricorde". Je n'ai pas parcouru toutes les pages, mais je pense pouvoir dire sans trop m'avancer qu'il ne s'agit pas d'une source très objective.

D'ailleurs, l'auteur de cet article ne manque pas de toupet car il a mis en préambule une bannière qui dit :

Citation

Nous leur souhaitons autant de grâces qu'à Émile Zola, à Alexis Carrel et aux millions de pèlerins qui ont trouvé, dans ce jardin de Marie, le chemin de la conversion et de la prière.

La suite de la lecture ne donne pas vraiment à penser qu'Émile Zola ait trouvé à Lourdes le chemin de la conversion... (d'ailleurs, indépendamment de la véracité des miracles de Lourdes, je pense que la plupart des pèlerins étaient déjà convertis avant d'aller à Lourdes...)

Le 02/12/2021 à 18:08, Christian DELAMORINIERE a dit :

Et comme je suis sûr que ça ne va pas suffire, en voici une troisième source :

Tu as collé un texte mais tu n'as pas précisé d'où il venait. On ne peut pas vraiment parler de source...

Mais peu importe : ce qui ressort de cette anecdote, c'est que Zola ne croyait pas aux miracles, et qu'il a délibérément choisi de donner à son histoire l'orientation qu'il voulait. Les circonstances de ses rencontres avec les malades dont il s'est inspiré ont assez peu d'importance : qu'il ait rencontré deux malades dans le train (entre nous, ça paraît un peu gros, qu'il engage la conversation justement avec les deux personnes qui seront miraculées) ou qu'on les lui ait présentées au bureau des constatations : le fait est qu'il était sceptique et qu'il a décidé de maintenir la trame qu'il avait sans doute déjà en tête avant son voyage (les écrivains sont comme ça : ils aiment inventer leurs propres histoires : c'est ce qui les distingue des journalistes).

Peut-on pour autant considérer qu'il est malhonnête ? Je ne crois pas : il avait besoin de personnages réels desquels il pourrait s'inspirer, il a choisi Gavotte, il ne pouvait évidemment pas savoir qu'elle mourrait en 1920. Et quand bien même : s'il l'a choisie, c'est vraisemblablement pour la description clinique de sa maladie, pas pour la suite de l'histoire (qu'il avait déjà, donc).

De même, le personnage de Nana est inspiré de Blanche d'Antigny, qui n'est pas morte défigurée par la petite vérole. De même, Claude Lantier, le héros de l'Œuvre, se suicide alors que son modèle, Édouard Manet, est mort de la syphilis. 

Bref, ce n'est pas parce qu'un personnage est inspiré, de près ou de loin, d'une personne réelle qu'il doit vivre exactement les mêmes choses que son inspirateur. Sans ça, la série des Rougon-Macquart ne serait qu'un recueil de biographies, et l'authenticité journalistique y aurait gagné ce que la littérature y aurait perdu.

Zola, père du naturalisme, a choisi d'évoquer la réalité de son époque à travers une (interminable) oeuvre de fiction : les personnages et les faits sont inventés, mais le contexte correspond à la réalité (sociale, en particulier).

Comme toute œuvre d'art, une œuvre littéraire exprime le monde tel que le conçoit l'auteur. A ce titre, un roman est toujours une œuvre engagée. Ayons le bon goût de ne pas le lui reprocher.

 

 

  • J'aime 4

L'important, c'est que ça valide !

Publié le
Il y a 1 heure, Alx a dit :

Comme toute œuvre d'art, une œuvre littéraire exprime le monde tel que le conçoit l'auteur. A ce titre, un roman est toujours une œuvre engagée. Ayons le bon goût de ne pas le lui reprocher.

Le 01/12/2021 à 16:59, Christian DELAMORINIERE a dit :

Tiraillé entre sa défense acharnée des valeurs humaines, son honnêteté, son combat naturaliste et l’évidence du surnaturel dont il ne se sentait pas le droit d’entériner les preuves, l’écrivain répondit au Dr Boissarie, qui lui reprochait d'avoir trahi la vérité en faisant mourir indûment l’héroïne inspirée de Marie Lebranchu : « Le personnage appartient à l’auteur. » Le personnage lui donna raison. Sous l’avalanche d’hommages qui s’abattit sur Zola lors de ses funérailles, en 1902, on accorda peu d'attention au cri du cœur lancé par sa « Grivote », qui affirmait que Dieu l’avait sauvée parce que Zola l’avait choisie.
     — Sans Monsieur Emile, disait-elle, je ne serais pas là.

Le 01/12/2021 à 16:59, Christian DELAMORINIERE a dit :

Et l’archevêque, beau joueur, reconnut que, parfois, les desseins impénétrables du Ciel pouvaient être servis par la bienveillance d’un incroyant.

 

Publié le
Le 01/12/2021 à 16:59, Christian DELAMORINIERE a dit :

Zola a eu la même démarche avec Lourdes en falsifiant les miracles qu'il a constatés

Ces athées scientistes ne reculent vraiment devant aucune falsification ! 😁

 

Hey ! Ce n'est pas moi qui traite Zola de "scientiste" :

Citation

Émile Zola (...) Membre de la Libre Pensée, athée et scientiste, CLIC

 

Publié le
Le 01/12/2021 à 16:59, Christian DELAMORINIERE a dit :

Pour ceux qui vont se précipiter sur Wikipédia pour vérifier, j'ai déjà surligné :
wikipedia

 

Le 02/12/2021 à 18:08, Christian DELAMORINIERE a dit :

Et comme je suis sûr que ça ne va pas suffire, en voici une troisième source

 

Mais oui mais il arrive, aussi, des cas de guérisons inexpliquées régulièrement dans tous les hôpitaux (y compris chez des personnes qui ne croient pas en Dieu et qui ne prient pas). Statistiquement, vu le nombre de malades qui vont à Lourdes, il va forcément y avoir des cas de guérison inexpliquées. D’ailleurs le projecteur est toujours mis sur les quelques cas inexpliqués, jamais sur les cas innombrables où il ne se passe rien….

Et blabla Et blablabla…. Et blablabli...

😃

  • Haha 2
Publié le
il y a 39 minutes, Patrick FROMENT a dit :

jamais sur les cas innombrables où il ne se passe rien….

Et encore, tu n'évoques pas le fait que TOUT le monde décède à la fin. Un miraculé (ou prétendu tel) n'est qu'un mort en sursis comme les autres. 😉

  • Haha 2
Publié le

Il y aurait bien un moyen que Dieu nous fasse croire en lui - et en sa toute puissance - avec une guérison miraculeuse. Qu'il fasse quelque chose qui paraît impossible : faire repousser un membre amputé, par exemple.
Dommage, ce genre de miracle n'est jamais arrivé, à ma connaissance. 😉

  • Haha 1

Rejoins la conversation !

Tu peux publier maintenant et t'enregistrer plus tard. Si tu as un compte, connecte-toi maintenant pour publier avec ton identité.

Invité
Répondre à ce sujet…

×   Vous avez collé du contenu avec mise en forme.   Restaurer la mise en forme

  Only 75 emoji are allowed.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédemment saisis, a été restauré..   Effacer le contenu

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.

  • Messages

    • Le ready-made Ou comment devenir artiste. La première chose est de définir l'artiste : Dans l’art contemporain, l’artiste est celui qui dit qu'il est un artiste. Donc si vous n'êtes pas artiste… dites que vous êtes artiste et c'est bon. Néanmoins c'est bien d'avoir une œuvre d'art, pour prouver que vous êtes artiste.  Je vous propose donc de devenir un spécialiste du ready-made. C'est une forme d'art extrêmement élaborée qui repose sur une technique complexe : Déjà prenez un objet. N'importe quel objet dans votre quotidien, autour de vous, un objet. Voilà c'est tout : C'est votre œuvre.  Car puisque vous êtes artiste, si vous décidez que cet objet est une œuvre c'est donc une œuvre.  Maintenant il y a toujours des esprits chagrins qui vont contester le statut d’œuvre de votre création.  Pour cela il faut soigner la présentation comme en magie : il faut soigner l'emballage.  L’écrin donne sa valeur au bijou, l’exposition son authenticité à l’art. Mettons pour l'exemple que votre œuvre soit un petit ventilateur portable. C'est pas cher et on peut en trouver sur Aliexpress pour quelques euros maximum.  Il faut vous procurer un socle d'exposition, que vous pouvez construire vous-même, commander à un menuisier, ou acheter sur Aliexpress de toute façon.  C'est un parallélépipède de couleur neutre et unie sur lequel vous allez pouvoir poser votre œuvre. Si c'est une œuvre passive vous pouvez également ajouter un globe en plexiglas ou en verre pour protéger l'œuvre, ou une cage cubique en plexiglas de façon à ce qu'on puisse voir l'œuvre sans pouvoir la toucher.  Mais dans le cas de notre ventilateur il ne faut pas qu'il y ait d'obstacle entre le public et l'œuvre elle-même car l'œuvre va souffler. Cela va créer une interactivité entre l'œuvre et le public, c'est le top au niveau du ready-made.  Maintenant il faut passer à l'argumentaire, c'est le plus important en art contemporain  Vous allez coller sur le côté du socle une petite étiquette portant le titre de l’œuvre.  Le titre peut-être en rapport avec l'œuvre, ou une fonction de l'œuvre, ou une couleur de l'œuvre, ou ou pas, d'ailleurs : le titre peut être complètement quelconque, l'important c'est que ce soit conceptuel.  Pour notre ventilateur je propose « la vie ».  la vie c'est le souffle, la vie c'est l'air, la vie c'est la relation entre quelque chose et autre chose donc entre votre œuvre et le public qui va recevoir le flux d'air du ventilateur  Bien sûr il ne faut pas expliquer tout ça au public sur l'étiquette.  L'étiquette doit laisser l'imaginaire du public s'emparer du titre et essayer de chercher un lien quelconque avec l'œuvre, et c’est mieux si le lien est difficile à trouver, ça veut dire que l'œuvre est intelligente et que bien sûr celui qui trouvera un lien, quel qu’il soit, sera encore plus intelligent : cela va flatter le public. Mais comme ont sait que le public n'est pas très malin malgré tout, c'est bien d'avoir un vendeur ou un guide dans l'exposition qui va détailler justement la fonction de l'œuvre, son lien avec l'univers réel, subjectif, psychologique, cosmique et plus si affinités, avec tout ce qu’il voudra, d'ailleurs, puisque votre œuvre est universelle : forcément c'est contemporain. Donc le guide pourra expliquer le souffle de la vie, il pourra expliquer bien sûr que le ventilateur fonctionne sur batterie, il y a la vie qui s’écoule et qui va s’épuiser pour finir par s’éteindre puisque le ventilateur va s’arrêter quand il y aura plus de charge, voilà c’est une extraordinaire métaphore de la vie qui en économisant son souffle peut durer plus longtemps mais en se donnant à fond bien sûr, pourra brûler la chandelle par les deux bouts, même si on peut dire que c’est un peu archaïque comme définition, mais c’est pas grave du moment que c’est dit avec conviction, c’est important. N’oublions pas le bouton de réglage de puissance, qui incarne à la fois le libre arbitre et les limitations intrinsèques de l’être.  Il va également détailler l’aspect esthétique de l’œuvre : dans mon cas j’ai un ventilateur qui est moitié blanc moitié noir et c’est l’opposition entre le yin et le yang, la mort la vie, le jour et la nuit, bref il y a opposition quelle que soit l'opposition, c'est fort.  Et plus élaboré, il y en a qui ont cherché le lien avec l'univers concret visible et la matière et l'énergie noire que nous décrivent nos physiciens, ce qui permet d'avoir un petit accent scientifique et quantique qui n'est pas mauvais pour l'art contemporain, soyons conceptuel, mais branché. Si le vendeur/guide n’est pas dans vos moyens, vous pouvez réaliser une fiche consultable collée pas loin du socle. Vous constituez comme ça une exposition d'une vingtaine ou une trentaine d'œuvres. Pas trop, parce qu'il faut montrer que c'est difficile à faire quand même. Si vous avez commandé vos socles par lot, cela peut vous prendre presque une demi heure, si l’impression des étiquettes est lente. Il faut maintenant monter l'exposition et pour ça disposer vos socles à différents endroits d'une pièce. Pour l'éclairage vous pouvez varier , faire un coin de la pièce qui est quasiment dans l'obscurité si les objets restent plus ou moins visibles, et d'autres ou les objets sont plein feux. la variété ne nuis pas. Après, vous pouvez aussi opter pour une homogénéité de votre exposition avec tous les objets qui sont placés au même rang. Le choix n'a pas tellement d'importance, puisque de toute façon il sera évident pour tout le monde que vous avez soigneusement réfléchi à toutes les implications de chaque détail de l'exposition, et que même ce qui paraît incongru est en fait complètement voulu. C'est tout l'intérêt de l'art contemporain : quand on fait quelque chose de nul, eh bien le public ne peut pas imaginer que l'on a tout simplement raté, non, on a forcement fait exprès de faire quelque chose de nul, et du coup ça devient génial. Voilà, vous êtes artistes. Demandez à un ami milliardaire/ministre de la culture/investisseur de fond de pension de vous acheter les trois quart de l’exposition, très chers. Multipliez le prix de ce qui reste par 1000, ainsi vous aurez votre cote, et votre investisseur pourra revendre avec une plus value intéressante. Bienvenu dans le monde parfait de l’art contemporain.  Dans les prochaines formations, nous parlerons de l’art pictural, de l’utilisation des éclaboussures de peinture, du crayonnage compulsif, des oppositions entre ces méthodes organiques et celles utilisant une règle pour faire des rayures. (spoiler alerte, n’importe quelle méthode est bonne pour l’art contemporain)… Nous aborderons la sculpture : le modelage et l’empilement aléatoire de boulles de glaises marron, et une master classe sur l’évidence scatologique du résultat. Ce qui nous amènera dans l’univers de la transgression, étape incontournable de l’art contemporain, avant de basculer dans l’étape ultime, l’évacuation du sens, de l’intention, puis de l’œuvre elle-même . Gilbus
    • Un très grand nom de la magie est parti. Son personnage haut en couleur, très expressif voire parfois démesuré contrastait avec l'homme, très réfléchi, calme et discret. Il a, je pense, donné tout ce qu'il a pu : son énergie lors de ses prestations, ses théories, ses idées, son oeuvre au travers de ses ouvrages, vidéos et conférences et son amitié. Imaginatif et travailleur, il a, en dehors du personnage artistique que nous connaissons, été un organisateur de beaucoup d'évènements. Il a été un rassembleur, un fédérateur discret. Il n'a rien fait de tout cela pour la gloire ou l'argent mais juste parce qu'il en avait envie, parce que sa passion était hors normes et qu'il voulait intensément la transmettre. Il a réussi. Mes amis "d'un certain âge" ont vu, lu et vécu à l'époque de Larry Jennings, Dai VERNON, Arturo De Ascanio, Edward MARLO, Brother John HAMMAN, Fred KAPS, Tony SLYDINI, Albert GOSHMAN, Doug HENNING et j'en oublie beaucoup. Leurs témoignages et ce que j'ai moi-même vu et/ou lu ont alimentés ma passion et mes connaissances de cette époque et de leur héritage (technique, théorique). Ma génération (30-40ans) a fait ses premiers pas en magie avec Bernard BILIS, @Dominique DUVIVIER, David STONE, Juan TAMARIZ, Jean-Pierre VALLARINO, @Gaëtan BLOOM, Sylvain MIROUF, pour ne citer que les plus "proches" géographiquement car nous avons pour la plupart appris au travers de leurs publications et suivi leurs parcours. Je n'étais pas d'accord avec Jean MERLIN sur un point : lorsqu'il disait que les magiciens de son époque n'avaient pas de "successeurs" aujourd'hui à part Tony SLYDINI avec Yann FRISH. La passion et les idées de Juan TAMARIZ n'ont pas disparues. Elles ont été transmises à de nombreux magiciens, Dani DAORTIZ en tête. Il n'a pas le même personnage, a développé ses propres théories mais on peut y voir un "successeur" de Juan TAMARIZ. Il est très bien parti pour devenir un aussi grand homme que lui en tout cas. Ce que je veux dire, c'est que pour chaque domaine de la magie, nous avons perdu des grands noms mais leurs oeuvres et leur passion sont toujours là, sur des pages, sur des vidéos, au travers de témoignages qui se transmettent. C'est dans l'ordre des choses. Je pense que si Juan TAMARIZ organisait tant d'évènements chez lui et ailleurs, ce n'était d'ailleurs pas seulement pour transmettre ses idées et partager de bons moments avec d'autres passionnés mais aussi pour dénicher, inviter et voir devant lui et surtout de son vivant ceux qui reprendraient le flambeau, qui représenteraient la magie de demain. Je pense qu'il est parti avec le sentiment d'avoir réussi, en tout cas je l'espère. Que l'homme et l'artiste reposent en paix, nous ne sommes pas prêt de l'oublier. J'aurais pu participer à ce post en y ajoutant beaucoup de choses mais j'ai préféré rester sur l'essentiel. Comme pour un numéro, le plus dur n'est pas d'ajouter ou de modifier mais de couper. D'autre part, même si c'est dans l'ordre des choses, la page est plus dure à tourner que je ne le pensais. Et pourtant je n'ai pas été un de ses proches.
    • Merci beaucoup, c'est extrêmement intéressant du point de vue des magiciens : En effet, le type à un immense talent pour croire ce qu'il dit, et faire passer sa conviction au public. Il joue avec passion, mais sans sur-jouer, ce qui rendrait la prestation ridicule, à l'image de l'oeuvre décrite ici. C'est drôlement bien fait, et permet d'élever un gribouillage au rang d'oeuvre structurée, c'est beau. Donc, un grand exemple pour nous tous, dans nos spectacles : Si vous dites des bêtises avec suffisamment de conviction, ça marche!!!!! 🤣🤣🤣 Gilbus
  • Statistiques des membres

    • Total des membres
      8514
    • Maximum en ligne
      9330

    Membre le plus récent
    Paloma NAHARRO
    Inscription
  • Statistiques des forums

    • Total des sujets
      85.3k
    • Total des messages
      684k

×
×
  • Créer...