Aller au contenu

Recommended Posts

Publié le

Est-ce qu'un pro peut partager son expérience pour décrire le moment où son statut a basculé d'amateur à pro ? (et si vous en connaissez, est-ce que vous pouvez leur poser la question ?)

Me tapez pas mais dans mon esprit, chaque magicien pro est passé par une période plus ou moins longue de prestations "au black" (à moins peut-être de sortir d'une école ou club de magie), ne serait-ce pour se tester, savoir si ce métier lui plaît. Non ?

J'ai sûrement une conception erronée de la chose qui ne demande qu'à être corrigée (la conception, pas moi !!).

Quand même je suis curieux : y'a vraiment des gens qui vont s'inscrire au GUSO avant tout ? Ou alors je vois bien commencer par des prestations gratuites mais de ce que j'ai pu lire, cette concurrence déloyale gêne aussi.

Comment s'améliorer si on ne pratique pas devant un vrai public ? (même à titre gratuit)

Comment oser facturer comme un pro si l'on a pas d'expérience ? (risque de casser les prix)

Eclairez-moi ! Merci ! :-)

Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
Invité bénocard
Publié le
il y a 32 minutes, Tokapi a dit :

Comment oser facturer comme un pro si l'on a pas d'expérience ? (risque de casser les prix)

Salut !

Tiré du reddit magique, ils en ont parlé il n'y a pas longtemps. Je recopie. Bonne chance !

Citation

Jamie D. Grant covers this in his book The Approach (page 54). He goes into a lot of depth about why and when to scale... but here's an over simplified version.

He suggests pricing for 1-2 hour shows and divides it into five professional classes.

His formula for calculating a PRO in your city's market is:

2 hr show = average rent for a very nice 1 bedroom apartment in your city.

Vancouver is:

Beginner (1-25 shows): Barter / Free

Occasional Worker (25-100 shows): $150 - $250

Semi-Pro (100-200 shows): $300 - $500

Pro (200+): $600 - $1000

Superstar (You're a legend): $$$

Buy his book. It's an amazing wealth of practical knowledge from a seasoned professional and it's targeting magicians in EXACTLY your situation.

 

Publié le

Je ne suis pas persuadé que les législations et les coûts du travail soient les mêmes en Françe qu'aux USA par contre...

Pour le reste faire des prestations gratuites n'est heureusement pas interdit, et permet de progresser. 

Personnelement je fais des prestations bénévoles, des prestations associatives payantes (mais dont l'argent va à l'association dans les limites fixées par la loi) et des prestations pro en plus de mon métier, prestations que je déclare. 

La concurrence déloyale existe car forcément un amateur qui travaille au black pour 80 euros et qui ne paye pas de charge... Apres il faut relativiser selon les prestations car certains clients n'auront jamais les moyens d'engager un pro.

Pour tenter d'aider les professionnels du spectacle des subventions ne sont accordées qu'aux municipalités qui engagent des pros, mais malheureusement à cause des charges l'écart de prix est tel que certaines y gagnent encore financièrement à engager des amateurs sans subventions plutôt que des pros avec...

 

www.dedales-hypnose.fr

Publié le
Le 28/02/2018 à 14:35, Prof T (babar) a dit :

Moi j'ai le sentiment que le niveau général des magiciens augmente.

De fait un jour le marché sera saturé et il sera plus difficile d'être pro. Ce sera embêtant pour les pros en effet, j'imagine que les meilleurs survivront.  Ou alors il faudra être un peu plus diversifié.

Ca s'appelle la concurrence et le nivellement par le haut.
Je n'y vois que des avantages.

L'opposé serait : "j'ai l'impression que le niveau baisse. Ca devient plus facile d'être pro, en plus on peut tout faire : il n'y a plus d'expert dans un domaine particulier."
Et ça, ça fait peur, non ?

  • J'aime 4
  • Merci 1
Publié le

C'est amusant ce sujet récurrent ! B|

Alors, je partage mon point de vue de "vieux pro" (du spectacle en général, pas seulement de la magie). Je suis passé professionnel en 99 après avoir fais mes armes en association de jdr pendant 6/7ans. J'ai fais 7 ans d'intermittence avant de lâcher le bausin pour des raisons éthiques (dégoûté de voir des collègues se prostituer pour des cachets à 50 Frf la journée juste pour avoir leurs heures ou de constater le nombre d'entreprises qui emploient des intermiteux au lieu de salarier...!). La magie à été une conquête tardive et franchement, je ne connais pas de milieu plus dur et impitoyable pour les débutants que celui des arts magiques. Mais comme ça fais gentiment plus de 10 ans maintenant que je pratique en vrai, j'ai pris confiance en moi (même quand au détour d'une prestation j'ai une brochette de grands noms qui apparaissent soudain dans ma baraque d'entre sort et qu'il n'y en a qu'un seul qui reste jusqu'au bout du spectacle de puces savantes... ;) ).

Le premier truc je crois c'est d'arrêter d'utiliser des phrases comme: la chance d'être payé..., le courage de se jeter à l'eau..., bon pro vs mauvais pro... pro vs amateur..., etc... Rien à voir avec de la chance où du courage. Chacun est différent et mène une vie à l'aune de sa volonté et de ses capacités (mentales, techniques, financières, etc...).

Pour moi un professionnel c'est juste celui qui gagne sa vie avec son activité. Et des professionnels on en trouve donc de toutes sortes, et c'est ce qu'il faut! Par exemple j'ai travaillé une courte période en animation de super marché, je n'en garde pas un souvenir épanoui mais il fallait les cachets. Là je bossais pour une artiste spécialisée dans ce genre de demande. Depuis j'ai écarté ce genre de prestations de mes propositions mais il faut des artistes (pro) qui soient aptes à répondre à ces demandes et aux tarifs correspondants à ce genre de contrat. Donc ce n'est pas le tarif où les circonstances qui caractérise le pro (ni l'artiste d'ailleurs...).

Ensuite, être rémunéré ou non. Eh bien je crois qu'il vaut mieux être rémunéré en effet. :D Que si on exerce quasi exclusivement la profession artistique il est primordiale d'être déclaré officiellement et correctement et de répondre aux exigences de la loi. Cela vous différencie justement des amateurs. Après, le débat sur les tarifs est tout autre... On est pas spécialement meilleur qu'un autre parce que on se fait payer plus cher (ou moins bon avec des tarifs bas...). Dans la profession ça à l'air d'être un tabou, moi j'ai pris le parti d'afficher mes tarifs sur mon site. Cela m'évite d'avoir des contactes qui n'ont pas le budget idoine, c'est plus simple.

Pour ce qui est de la qualité de la prestation. Ce ne sont pas à vos paires de juger mais à votre publique. Les magiciens sont obsédés par la technique et plus ils sont passionnés plus ils connaissent tout sur tout et ont déjà tout vu ! Le juge final c'est le publique et je vous assure que dans ses yeux ça ne se joue pas seulement sur des effets "killer" où sur l'irréprochable sdc. En fait, souvent, les balles mousse font plus briller les yeux que le plus efficace des derniers tours à la mode. Attention, je ne dis pas que les effets techniques et hyper bluffants sont a proscrire, je rappelle juste que l'histoire, le personnage et la narration sont presque toujours les meilleurs compagnons de la technique. Et ces compagnons là, ils ne viennent qu'avec le publique là ou la technique peut se travailler seul.

Pour moi la différence fondamentale entre le professionnel et l'amateur reste que l'amateur devrait rester à sa place comme tel en refusant de subir les contraintes d'un pro. Un amateur ne devrait pas être engagé contractuellement, il ne devrait pas être obligé à fournir un résultat. Un amateur fais ce qu'il aime et le fait avec son coeur et ses meilleurs intentions > le pro aussi. Mais seul le pro peut être mis en demeure de garantir le résultat, seul le pro peut être lié par un contrat, contraint à des horaires de passage, obligé d'assurer la prestation quelle que soient les circonstances... Si vous êtes amateur et que vous avez ces contraintes, eh bien vous pouvez vous dire que finalement vous n'êtes plus dans la bonne catégorie ;) , surtout si en plus de ça vous êtes payé pour ce que vous faites.

Et puis cette drôle de tendance qu'ont les magiciens à catégoriser ? Un pro est censé donner des conférences, faire des galas de magie, être engagé en congrès... Moi je connais plein de pros qui donnent des cours de magie aux enfants, qui font des mariages, des anniversaires, du spectacle de rue, de l'intensive. Le travail derrière un numéro est tout aussi construit pour les uns que pour les autres, il n'y a pas un domaine "vraie magie" et le reste est à jeter... C'est vraiment très typique de la magie ça. Cela doit dater du temps de la physique amusante "bourgoise", une sorte d'appropriation de la chose artistique "chaotique" pour la mettre au pas, la régler et se l'approprier. La même torsion de réalité sans doute qui fait qu'on trouve encore chez les magiciens des gens qui appellent la jonglerie un "art annexe". -_-

Sinon, bien évidemment que le pro peut offrir ses services comme bon lui semble. Heureusement !

On a pas besoin d'être spécialement jeune non plus pour se lancer, la vie n'est pas si courte que ça. 

Enfin, pour l'anecdote, moi j'ai fais du haking social, après 19 ans de professionnalisme artistique non seulement je continue mais EN PLUS je deviens artisan (dans un domaine qui découle directement de ma spécialité magique principale...) afin de pallier à l'aspect saisonnier de mes activités.

Bref, être pro de la magie où non ne tiens pas au courage où à la chance mais au choix et à l'opportunité qu'on à de le faire ou non. Après, pour rester pro, c'est pareil. Si tu arrêtes après deux ans ce n'est pas "la faute à pas de chance ou aux "méchantsamateursquicassentlemarché". C'est juste toi qui n'y est pas parvenu, tu essaieras encore ou tu choisira une autre voie. 

PS: Je me rappelle avoir échangé des MP à ce sujet il y a qualques années avec un magicien de ce forum qui depuis est devenu un pro reconnu et très réputé dans le milieu ! ^^

  • J'aime 8
  • Merci 3
Publié le

Je lisais le sujet et il m'est venu un parallèle en tête avec le rallye ou même de manière plus général, le sport auto. La majorité des pratiquants sont amateurs car ils n'ont soit pas de grosses valises (Maldonado en F1 par exemple) soit n'ont pas pu être repérés/soutenus par des grosses structures (Loeb en WRC).

 

Je ne garderai que l'exemple du rallye car c'est celui que je connais le mieux : il y a des amateurs très rapides et qui resteront amateurs toute leur vie malgré leur niveau.

 

Il me semble même que certains grands noms du championnat de France des rallyes gardent une activité salariée à côté.

 

Pour revenir à la complexité des numéros évoquée plus haut, je pense que tout dépend du public et du contexte.

Personnellement, dans l'état actuel de mes capacités magiques, mon public favori est celui de mon association de soutien scolaire. Il m'arrive de faire quelques tours à des amis mais je trouve plus agréable le regard d'un enfant qui voit un jeu se classer tout seul ou quatre valeurs identiques apparaître.

Publié le
Le 02/03/2018 à 15:45, Amaury a dit :

Pour ce qui est de la qualité de la prestation. Ce ne sont pas à vos paires de juger mais à votre publique. Les magiciens sont obsédés par la technique et plus ils sont passionnés plus ils connaissent tout sur tout et ont déjà tout vu ! Le juge final c'est le publique et je vous assure que dans ses yeux ça ne se joue pas seulement sur des effets "killer" où sur l'irréprochable sdc. En fait, souvent, les balles mousse font plus briller les yeux que le plus efficace des derniers tours à la mode. Attention, je ne dis pas que les effets techniques et hyper bluffants sont a proscrire, je rappelle juste que l'histoire, le personnage et la narration sont presque toujours les meilleurs compagnons de la technique.

C'est un autre débat... mais pourquoi opposer la technique qui serait réservée aux "branleurs de cartes" et la prestation de qualité avec personnage et narration. J'ai bien compris que tu ne les oppose pas complètement mais dire que les balles mousses font plus briller les yeux que le dernier tour a la mode n'est pas une vérité en soi... un voyage de balle peut rester un "truc", un puzzle mental pour le spectateur, tout comme il peut prendre une vraie dimension magique... et idem pour le dernier tour a la mode...

Mais la plupart des magiciens que j'ai croisé qui ont ce discours (La technique c'est pas important, le plus important c'est la présentation), auraient pu largement augmenter le niveau de leur prestation avec une technique irréprochable. Quand la technique n'est pas bonne et que le spectateur soupçonne ou devine le "truc", alors même une bonne présentation ne suffit pas à rattraper le coup...

  • J'aime 4
Publié le (modifié)
Le 03/01/2018 à 19:38, Teddy a dit :

moi je ne suis pas Pro/amateur A UNE CONDITION ! que les amateurs font le taf dans les meme CONDITIONS SOCIALES et TARIFAIRES que les pro !!!

Un "vrai pro" (qui vit exclusivement de la magie) vient de me proposer de le remplacer sur une date... 400€ TTC pour un spectacle d'une heure !

Alors NON, désolé, je ne travaille pas dans les conditions tarifaires de certains "vrai pros"...

Merci d'arrêter les clichés sur ces deux catégories que sont les professionnels qui vivent de la magie et les professionnels qui ont plusieurs activités...

Modifié par Thomas
Edition pour compréhension du sens de la phrase
  • J'aime 1
Publié le
Le 04/03/2018 à 11:37, Spiouf a dit :

Quand la technique n'est pas bonne et que le spectateur soupçonne ou devine le "truc", alors même une bonne présentation ne suffit pas à rattraper le coup...

Je ne dirais pas exactement cela :

Je dirais que la maitrise est importante.

C’est la maitrise de la technique employée qui va la rendre efficace et magique.

Par contre, quand on dit « technique », on entend souvent des techniques compliquées.

Hors il y en a de fort simples, qui ne demandent pas d’efforts surhumains pour être maitrisées.

Je crois que ce que disent ceux mettant en avant la présentation, c’est surtout que l’on n’est pas obligé d’utiliser des techniques difficilement abordables pour faire un bon numéro.

On peut utiliser des techniques simples, du moment qu’elles sont maitrisées, et faire un effet relativement proche d’une technique compliquée à l’envie, dans beaucoup de cas.

 

Il y a bien sûr des cas précis qui demande une maitrise d’une technique précise, et qu’on va avoir du mal à contourner :

Penons, les boules Excelsior : ben, la, il faut maitriser les passes pour ces boules, pour s’en servir, pas trop le choix si on veut faire un numéro classique de boules Excelsior…

Mais en cartes :

Bien souvent, on peut faire de bons tours sans réelle techniques compliquées.

Les techniques avancées permettent d’aller plus loin, mais le spectateur voit-il clairement la différence ? Déjà, la majorité des techniques étant cachées : que l’on fasse tel ou tel contrôle, facile ou difficile, du moment qu’il est adapté et maitrisé, le spectateur ne verra rien.

Ensuite, on a une panoplie de tours ou la technique s’approche du zéro absolu.

Et qui peuvent être aussi très forts…

 

Certes, j’envie ceux qui ont le temps et les capacités de développer certaines techniques que je ne maitriserai jamais.

Mais cela ne me donne aucun complexe… Simplement, personne ne sais tout faire, et du moment que ce que l’on fait arrive à convaincre le public…

Il y a 16 heures, Spiouf a dit :

Un "vrai pro" (qui vit exclusivement de la magie) vient de me proposer de le remplacer sur une date... 400€ TTC pour un spectacle d'une heure !

C’est intéressant…

Tu aurais accepté 400€ hors charges ?

Je sais que pas mal de gens tourne autour de 500€ plus les charges...

Quel est selon vous le prix d’une heure de spectacle, charge comprises ?

En précisant si vous êtes pro ou amateur, et si c’est de la scène ou close-up, par exemple, si pour vous cela fait une différence… (Amortissement des GI, du coup frais de transports et temps de mise en place accrus, etc...)

Mais bon, cela me semble toujours un peu curieux qu’on vende un spectacle « au poids » : Dans ce cas, un mentaliste qui vient avec un carnet et un crayon devrait être soldé, et Bebel qui se déplace avec un jeu de carte devrait être dispo pour une bouchée de pain ;)

Gilbus

  • J'aime 2

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le (modifié)

Je pense que la maitrise ou la fluidité sont importantes car visibles par le public dans la qualité d'une prestation, par contre la difficulté de la technique est totalement transparente pour le spectateur car invisible. Maitriser un tour est important maitriser une technique compliquée n'a d'intérêt pour moi (sauf pour l'amusement ou la satisfaction personnelle) que si c'est le seul moyen d'effectuer l'effet "magique" visible par le public.

Modifié par darlone
  • J'aime 2

www.dedales-hypnose.fr

Rejoins la conversation !

Tu peux publier maintenant et t'enregistrer plus tard. Si tu as un compte, connecte-toi maintenant pour publier avec ton identité.

Invité
Répondre à ce sujet…

×   Vous avez collé du contenu avec mise en forme.   Restaurer la mise en forme

  Only 75 emoji are allowed.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédemment saisis, a été restauré..   Effacer le contenu

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.

  • Messages

    • Le ready-made Ou comment devenir artiste. La première chose est de définir l'artiste : Dans l’art contemporain, l’artiste est celui qui dit qu'il est un artiste. Donc si vous n'êtes pas artiste… dites que vous êtes artiste et c'est bon. Néanmoins c'est bien d'avoir une œuvre d'art, pour prouver que vous êtes artiste.  Je vous propose donc de devenir un spécialiste du ready-made. C'est une forme d'art extrêmement élaborée qui repose sur une technique complexe : Déjà prenez un objet. N'importe quel objet dans votre quotidien, autour de vous, un objet. Voilà c'est tout : C'est votre œuvre.  Car puisque vous êtes artiste, si vous décidez que cet objet est une œuvre c'est donc une œuvre.  Maintenant il y a toujours des esprits chagrins qui vont contester le statut d’œuvre de votre création.  Pour cela il faut soigner la présentation comme en magie : il faut soigner l'emballage.  L’écrin donne sa valeur au bijou, l’exposition son authenticité à l’art. Mettons pour l'exemple que votre œuvre soit un petit ventilateur portable. C'est pas cher et on peut en trouver sur Aliexpress pour quelques euros maximum.  Il faut vous procurer un socle d'exposition, que vous pouvez construire vous-même, commander à un menuisier, ou acheter sur Aliexpress de toute façon.  C'est un parallélépipède de couleur neutre et unie sur lequel vous allez pouvoir poser votre œuvre. Si c'est une œuvre passive vous pouvez également ajouter un globe en plexiglas ou en verre pour protéger l'œuvre, ou une cage cubique en plexiglas de façon à ce qu'on puisse voir l'œuvre sans pouvoir la toucher.  Mais dans le cas de notre ventilateur il ne faut pas qu'il y ait d'obstacle entre le public et l'œuvre elle-même car l'œuvre va souffler. Cela va créer une interactivité entre l'œuvre et le public, c'est le top au niveau du ready-made.  Maintenant il faut passer à l'argumentaire, c'est le plus important en art contemporain  Vous allez coller sur le côté du socle une petite étiquette portant le titre de l’œuvre.  Le titre peut-être en rapport avec l'œuvre, ou une fonction de l'œuvre, ou une couleur de l'œuvre, ou ou pas, d'ailleurs : le titre peut être complètement quelconque, l'important c'est que ce soit conceptuel.  Pour notre ventilateur je propose « la vie ».  la vie c'est le souffle, la vie c'est l'air, la vie c'est la relation entre quelque chose et autre chose donc entre votre œuvre et le public qui va recevoir le flux d'air du ventilateur  Bien sûr il ne faut pas expliquer tout ça au public sur l'étiquette.  L'étiquette doit laisser l'imaginaire du public s'emparer du titre et essayer de chercher un lien quelconque avec l'œuvre, et c’est mieux si le lien est difficile à trouver, ça veut dire que l'œuvre est intelligente et que bien sûr celui qui trouvera un lien, quel qu’il soit, sera encore plus intelligent : cela va flatter le public. Mais comme ont sait que le public n'est pas très malin malgré tout, c'est bien d'avoir un vendeur ou un guide dans l'exposition qui va détailler justement la fonction de l'œuvre, son lien avec l'univers réel, subjectif, psychologique, cosmique et plus si affinités, avec tout ce qu’il voudra, d'ailleurs, puisque votre œuvre est universelle : forcément c'est contemporain. Donc le guide pourra expliquer le souffle de la vie, il pourra expliquer bien sûr que le ventilateur fonctionne sur batterie, il y a la vie qui s’écoule et qui va s’épuiser pour finir par s’éteindre puisque le ventilateur va s’arrêter quand il y aura plus de charge, voilà c’est une extraordinaire métaphore de la vie qui en économisant son souffle peut durer plus longtemps mais en se donnant à fond bien sûr, pourra brûler la chandelle par les deux bouts, même si on peut dire que c’est un peu archaïque comme définition, mais c’est pas grave du moment que c’est dit avec conviction, c’est important. N’oublions pas le bouton de réglage de puissance, qui incarne à la fois le libre arbitre et les limitations intrinsèques de l’être.  Il va également détailler l’aspect esthétique de l’œuvre : dans mon cas j’ai un ventilateur qui est moitié blanc moitié noir et c’est l’opposition entre le yin et le yang, la mort la vie, le jour et la nuit, bref il y a opposition quelle que soit l'opposition, c'est fort.  Et plus élaboré, il y en a qui ont cherché le lien avec l'univers concret visible et la matière et l'énergie noire que nous décrivent nos physiciens, ce qui permet d'avoir un petit accent scientifique et quantique qui n'est pas mauvais pour l'art contemporain, soyons conceptuel, mais branché. Si le vendeur/guide n’est pas dans vos moyens, vous pouvez réaliser une fiche consultable collée pas loin du socle. Vous constituez comme ça une exposition d'une vingtaine ou une trentaine d'œuvres. Pas trop, parce qu'il faut montrer que c'est difficile à faire quand même. Si vous avez commandé vos socles par lot, cela peut vous prendre presque une demi heure, si l’impression des étiquettes est lente. Il faut maintenant monter l'exposition et pour ça disposer vos socles à différents endroits d'une pièce. Pour l'éclairage vous pouvez varier , faire un coin de la pièce qui est quasiment dans l'obscurité si les objets restent plus ou moins visibles, et d'autres ou les objets sont plein feux. la variété ne nuis pas. Après, vous pouvez aussi opter pour une homogénéité de votre exposition avec tous les objets qui sont placés au même rang. Le choix n'a pas tellement d'importance, puisque de toute façon il sera évident pour tout le monde que vous avez soigneusement réfléchi à toutes les implications de chaque détail de l'exposition, et que même ce qui paraît incongru est en fait complètement voulu. C'est tout l'intérêt de l'art contemporain : quand on fait quelque chose de nul, eh bien le public ne peut pas imaginer que l'on a tout simplement raté, non, on a forcement fait exprès de faire quelque chose de nul, et du coup ça devient génial. Voilà, vous êtes artistes. Demandez à un ami milliardaire/ministre de la culture/investisseur de fond de pension de vous acheter les trois quart de l’exposition, très chers. Multipliez le prix de ce qui reste par 1000, ainsi vous aurez votre cote, et votre investisseur pourra revendre avec une plus value intéressante. Bienvenu dans le monde parfait de l’art contemporain.  Dans les prochaines formations, nous parlerons de l’art pictural, de l’utilisation des éclaboussures de peinture, du crayonnage compulsif, des oppositions entre ces méthodes organiques et celles utilisant une règle pour faire des rayures. (spoiler alerte, n’importe quelle méthode est bonne pour l’art contemporain)… Nous aborderons la sculpture : le modelage et l’empilement aléatoire de boulles de glaises marron, et une master classe sur l’évidence scatologique du résultat. Ce qui nous amènera dans l’univers de la transgression, étape incontournable de l’art contemporain, avant de basculer dans l’étape ultime, l’évacuation du sens, de l’intention, puis de l’œuvre elle-même . Gilbus
    • Un très grand nom de la magie est parti. Son personnage haut en couleur, très expressif voire parfois démesuré contrastait avec l'homme, très réfléchi, calme et discret. Il a, je pense, donné tout ce qu'il a pu : son énergie lors de ses prestations, ses théories, ses idées, son oeuvre au travers de ses ouvrages, vidéos et conférences et son amitié. Imaginatif et travailleur, il a, en dehors du personnage artistique que nous connaissons, été un organisateur de beaucoup d'évènements. Il a été un rassembleur, un fédérateur discret. Il n'a rien fait de tout cela pour la gloire ou l'argent mais juste parce qu'il en avait envie, parce que sa passion était hors normes et qu'il voulait intensément la transmettre. Il a réussi. Mes amis "d'un certain âge" ont vu, lu et vécu à l'époque de Larry Jennings, Dai VERNON, Arturo De Ascanio, Edward MARLO, Brother John HAMMAN, Fred KAPS, Tony SLYDINI, Albert GOSHMAN, Doug HENNING et j'en oublie beaucoup. Leurs témoignages et ce que j'ai moi-même vu et/ou lu ont alimentés ma passion et mes connaissances de cette époque et de leur héritage (technique, théorique). Ma génération (30-40ans) a fait ses premiers pas en magie avec Bernard BILIS, @Dominique DUVIVIER, David STONE, Juan TAMARIZ, Jean-Pierre VALLARINO, @Gaëtan BLOOM, Sylvain MIROUF, pour ne citer que les plus "proches" géographiquement car nous avons pour la plupart appris au travers de leurs publications et suivi leurs parcours. Je n'étais pas d'accord avec Jean MERLIN sur un point : lorsqu'il disait que les magiciens de son époque n'avaient pas de "successeurs" aujourd'hui à part Tony SLYDINI avec Yann FRISH. La passion et les idées de Juan TAMARIZ n'ont pas disparues. Elles ont été transmises à de nombreux magiciens, Dani DAORTIZ en tête. Il n'a pas le même personnage, a développé ses propres théories mais on peut y voir un "successeur" de Juan TAMARIZ. Il est très bien parti pour devenir un aussi grand homme que lui en tout cas. Ce que je veux dire, c'est que pour chaque domaine de la magie, nous avons perdu des grands noms mais leurs oeuvres et leur passion sont toujours là, sur des pages, sur des vidéos, au travers de témoignages qui se transmettent. C'est dans l'ordre des choses. Je pense que si Juan TAMARIZ organisait tant d'évènements chez lui et ailleurs, ce n'était d'ailleurs pas seulement pour transmettre ses idées et partager de bons moments avec d'autres passionnés mais aussi pour dénicher, inviter et voir devant lui et surtout de son vivant ceux qui reprendraient le flambeau, qui représenteraient la magie de demain. Je pense qu'il est parti avec le sentiment d'avoir réussi, en tout cas je l'espère. Que l'homme et l'artiste reposent en paix, nous ne sommes pas prêt de l'oublier. J'aurais pu participer à ce post en y ajoutant beaucoup de choses mais j'ai préféré rester sur l'essentiel. Comme pour un numéro, le plus dur n'est pas d'ajouter ou de modifier mais de couper. D'autre part, même si c'est dans l'ordre des choses, la page est plus dure à tourner que je ne le pensais. Et pourtant je n'ai pas été un de ses proches.
    • Merci beaucoup, c'est extrêmement intéressant du point de vue des magiciens : En effet, le type à un immense talent pour croire ce qu'il dit, et faire passer sa conviction au public. Il joue avec passion, mais sans sur-jouer, ce qui rendrait la prestation ridicule, à l'image de l'oeuvre décrite ici. C'est drôlement bien fait, et permet d'élever un gribouillage au rang d'oeuvre structurée, c'est beau. Donc, un grand exemple pour nous tous, dans nos spectacles : Si vous dites des bêtises avec suffisamment de conviction, ça marche!!!!! 🤣🤣🤣 Gilbus
  • Statistiques des membres

    • Total des membres
      8514
    • Maximum en ligne
      9330

    Membre le plus récent
    Paloma NAHARRO
    Inscription
  • Statistiques des forums

    • Total des sujets
      85.3k
    • Total des messages
      684k

×
×
  • Créer...