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Le meilleur tour n’existe pas, comme il a été dit plus haut :

Il y a des effets plus ou moins forts, suivant l’interprète, les circonstances, le public…

Il y a des tours plus ou moins pratiques pour le magicien (autoreset, automatique ou sans difficulté majeures, impromptus : cette liste n’est pas fixe, chaque situation la fait changer…)

Il y a des tours qui intègrent des courbes d’attentions, en semant des effets tout au long de la procédure du tour, ou des tours qui ont un seul effet en conclusion : l’un n’est pas meilleur que l’autre, il faut voir comment on les utilise…

Ou encore des tours qui ont besoin d’une présence et d’un charisme fort de l’interprète : le genre de tour qui n’a pas d’impact quand on n’est pas en forme, et qui casse la baraque quand on s’y donne à fond.

 

Le meilleur tour n’existe pas, ça dépend de toi.

 

On peut lister des « tours du commerce », qui ont été publiés.

C’est vrai qu’il y en a qui font plus d’effet que d’autres, si on les fait bruts de déballage.

Mais ça serait une erreur de tout fonder là-dessus :

Quel que soit le tour, on doit (on devrait !) le mettre à sa sauce, se l’approprier, le modifier et le faire sien.

Sinon, on reste dans l’optique « démonstrateur de truc », qui n’est pas top.

Hors c’est la façon dont on va s’approprier ce tour qui va en faire un tour majeur « pour nous ».

Même un « petit tour », quand on le prend en main et qu’on le magnifie, peut devenir notre tour phare…

Si on te dit Abyss, citrik, extrem burn etc, ce sont les tours qui plaisent à d’autres.

Fait les tours qui te plaisent.

Il y a une tendance à penser, sans doute dut à la pression marketing, que le tour est ce que l’on montre.

Mais on peut penser aussi au tour comme à un outil, qui va servir, avec un ensemble d’autres choses, à faire naitre la magie.

En ce sens, un tour peut être mis dans la même perspective qu’un gimmick, ou qu’une technique :

C’est un moyen, pas une fin.

Le problème vient, je crois, d’une confusion entre la notion de « tour de magie » vu coté magicien, et celui vu coté spectateur.

Quand un spectateur dit « un tour de magie », il agglutine un moment de spectacle, des accessoires visibles, une procédure visible…

 Quand un magicien parle de « tour de magie», il peut avoir la même signification, ou parler uniquement de la procédure qui va amener à l’effet, incluant les accessoires invisibles s’il y en a, les techniques invisibles s’il y en a etc.

Ce qu'on trouve dans le livre ou le DVD...

Autrement dit le squelette de notre magie.

Et pour en faire un numéro, il faut ajouter à cette procédure tout ce qui va la rendre vivante et intéressante, la chair, les muscles, la peau :

L’interprète lui-même, son personnage, sa relation avec le public, le thème éventuel, le texte ou la musique etc.

Tout ce que va expérimenter le spectateur quand il parlera de « tour de magie »

C’est ce qui fera la différence entre celui qui lis la description dans un bouquin (ou le copie d’un DVD), et fait le « tour » tel qu’il est publié, c’est-à-dire nu, et celui qui va utiliser le tour, en tant qu’outil, et non en tant que but.

 

Après, la question intéressante est souvent l’inverse de celle que tu poses :

Y-a-t-il des tours du commerce tous pourris.

Là, on peut répondre, il y a effectivement des tours pas fiables mécaniquement, structurellement, ou bien trop compliqués pour l’effet qu’ils fournissent :

Fiabilité et économie de moyens sont de bons guides.

Il faut aussi voir le niveau technique d’un tour :

Certains imposent des techniques qui sont centrales dans l’exécution, et qui peuvent très difficilement être remplacées.

Si on n’a pas la technique, et qu’on n’a pas envie ou les moyens de l’apprendre, ce n’est alors pas un « bon » tour pour nous.

Par exemple, si tu as un tour formidables basés sur un chapelet, 35 out différents et la mémorisation à la volée des 17 cartes choisies par les spectateurs lors des 23 étapes du tour...

Si tu as une mémoire de poisson rouge, oublie.

Ou fait un travail sur toi même qui va prendre des année pour te construire une mémoire, et revient 10 ans après avec le bagage mémoriel qu'il faut.

Est ce que ce tour te plaira encore à ce moment, rien n'est moins sur...

Idem pour certaines techniques casse doigts qui demandent un travail de fou sur les angles...

Apprendre des techniques, c'est très bien.
Mais si on passe tout son temps à ça, quand fera-t-on de la magie aux gens?

Bon, inutile d’en ajouter, avec tout ce qui a été dit avant par d’autres, c’est suffisant pour donner l’idée globale.

 

Et pour répondre quand même, sinon on va m’accuser de brasser du vent :

Mes meilleurs tours ? En ce moment, et suivant les circonstances :

Le jeu des jumelles (de Gilbus, pas publié)

Le Gilbus move (de Gilbus, pas publié)

Une démonstration de triche (de Gilbus, pas publié)

L’effroyable tour des ficelles (de Gilbus, pas publié)

Les liquides du Bengale version Gilbus

Sérial prédiction (de colombini)

A part colombini, cela ne t’aidera pas beaucoup… ;)

Désolé…

Gilbus

 

 

 

Modifié par Gilbus
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Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

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Publié le

Citation : Serial Prediction de Colombini.

Plus précisément pour votre recherche: 1997. Aldo COLOMBINI. Pre-Deck-Ability. Page 9  de ses Lecture Notes ,Onde Magique. Dans le top 10 des tours automatiques.

En tant que spectateur Les Liquides du Bengale ne m’ont jamais fait rêver. Il suffit de regarder les démonstrations sur Youtube pour comprendre ce point de vue. mais je reconnais que Gilbus a apporté un texte, une trame qui le rend buvable.

Ce qui amène la réflexion sur l’effet : John GUASTAFERRO dans son épilogue du livre Un degré de plus, insiste sur l’effet du tour. Non pas sur ce qui arrive (la carte voyage dans la poche) mais l’effet SUR le spectateur, ce qu’il ressent.

Eberhard RIESE dans son livre Fondations aborde le sujet en comparant les tours les plus présentés et donc préférés des magiciens et ceux qui sont le plus appréciés par les spectateurs. A part une ou deux exceptions Ce ne sont pas les mêmes.

D’autres critères peuvent définir le meilleur tour, celui sans préparation, celui praticable en étant entouré, etc.

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Publié le
Il y a 2 heures, Gilbus a dit :

Mes meilleurs tours ? En ce moment, et suivant les circonstances :

Le jeu des jumelles (de Gilbus, pas publié)

Le Gilbus move (de Gilbus, pas publié)

Une démonstration de triche (de Gilbus, pas publié)

L’effroyable tour des ficelles (de Gilbus, pas publié)

Les liquides du Bengale version Gilbus

Sérial prédiction (de colombini)

A part colombini, cela ne t’aidera pas beaucoup… ;)

Je suis surpris de ne pas trouver dans cette liste "Le pari avec la mort", que j'avais vraiment beaucoup aimé... Il est vrai que je n'ai pas eu l'occasion de voir "l'effroyable tour des ficelles" pour comparer...

Et sinon, dans "l'arc-en-ciel magique", Tamariz aborde la notion de "bons" et "mauvais" tours (certes il n'emploie pas le terme de "meilleur", mais ça a je pense quand même à voir avec la choucroute).

Pour schématiser, il pense qu'il y a intrinsèquement, indépendamment de la présentation et de la qualité de l’interprétation, de bons et de mauvais tours, de bons et de mauvais effets. Quelques uns de ses critères sont : la puissance métaphorique et symbolique de l'effet, qu'il vienne combler un désir impossible, son impossibilité logique, la surprise qu'il produit, sa capacité a fasciner, a donner du plaisir. Il ajoute aussi l'adéquation de l'effet au magicien, les circonstances matérielles, etc. (Tout ça très résumé, bien sûr...)

Il me semble que ce sont des pistes intéressantes pour réfléchir aux effets qu'on veut produire...

  • J'aime 2

Un endroit où la main de l'homme n'a jamais mis le pied... (Alphonse Allais)

Publié le
il y a 1 minute, If.... a dit :

Je suis surpris de ne pas trouver dans cette liste "Le pari avec la mort", que j'avais vraiment beaucoup aimé... Il est vrai que je n'ai pas eu l'occasion de voir "l'effroyable tour des ficelles" pour comparer...

La "partie de carte contre la mort" utilise exactement, mélange pour mélange, geste pour geste, le même tour que ma démonstration de triche. seul l'habillage change...

Je n'ai donc pas inclus tous mes "contes", dans cette liste:

J'ai cité des "tours", sauf pour les liquides du Bengale, qui sont cités pour info...

faut il faire des discriminations entre tours, magie contée, magie jonglée, magie mimée, magie théâtralisée?

Ou est le "tour", dans la magie théâtralisée?

parfois, souvent même, le tour disparait, il ne reste que l'effet.

car le terrain est occupé par une autre discipline...

j'ai laissé les liquides, car la structure du tour est assez visible, malgré tout.

Gilbus

 

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Citation : Je suis surpris de ne pas trouver dans cette liste "Le pari avec la mort", que j'avais vraiment beaucoup aimé...

Lors du dernier stage de magie contée, Le pari avec la mort était son tour d’entrée et un incident technique a empêché les stagiaires de l’apprécier à sa juste valeur. C’est peut-être l’explication de son absence de la liste…

Cela nous arrive tous un jour. Nous en avons discuté ouvertement tous ensemble. Certains ont exprimé qu’il nous fallait prévoir un plan B dans la mesure du possible. D’autres ont formulé qu’il fallait savoir improviser. Dans tous les cas c’est plus facile à réaliser avec un bon bagage technique qu’avec un gimmick.

A propos de plan B, un bon exemple est le tour One-Hand Fan Force de Dereck DINGLE dans son livre The Complete Works of Dereck Dingle. C' est un de mes tours préféré. La sauvegarde en cas de l’échec (qui se produit seulement une fois sur dix) produit un effet encore plus fort sur les spectateurs.  

Publié le

 

il y a 47 minutes, GP21 a dit :

Citation : Je suis surpris de ne pas trouver dans cette liste "Le pari avec la mort", que j'avais vraiment beaucoup aimé...

Lors du dernier stage de magie contée, Le pari avec la mort était son tour d’entrée et un incident technique a empêché les stagiaires de l’apprécier à sa juste valeur. C’est peut-être l’explication de son absence de la liste…

 

Effectivement, il y a eut un "incident", puisque j'ai pris un mauvais jeu de carte, qui était prévu pour l'atelier multieffet du soir, et qui n'avait rien de gérable : il était bourré de duplicatas, puisqu'il servait justement à montrer l'utilité des duplicatas dans un cas particulier...

Cela n'arrive pas en presta normale, car je n'ai pas 50 jeux différents avec moi ;)

Le soucis, c'est que j'ai des solutions de replis en cas d'erreur dans ce tour, mais pas ce genre d'erreur, ou rien n'est rattrapable, et qui n'est pas censé arrivé.

L'idée en général, dans ces cas la, c'est de faire tomber les cartes, par accident, et de ressortir un autre jeu, "pour ne pas perdre de temps".

pas très élégant, mais bon...

J'aurais aussi pu intégrer ce jeu mal foutu à l'histoire, mais l'effet démo a joué en ma défaveur... ;)

A titre d'info, je ne me sert que vraiment très rarement des solutions de replis (sur une ou plusieurs cartes mal placées dans le jeu, pas le coup du jeu entier à changer...), j'ai dut avoir une ou deux fois à le faire sur plusieurs centaines d'exécution de ce tour (oui, je l'ai fait souvent, sous une forme ou une autre...)

Et pour répondre à la question, non, je n'ai pas oublié de citer le pari avec la mort suite à cet accident, cela reste un bon tour pour moi, simplement c'est exactement la même chose que ma "démonstration de tricherie" que j'ai cité, mélange pour mélange, coupe pour coupe, carte pour carte, sauf que j'ai un habillage différent.

Donc j'ai en fait cité ce tour dans ma liste :P;) 

C'est aussi ce que je voulais dire en parlant d'ossature, de chair et de peau plus haut:

Le même tour (la procédure menant à l'effet) peut donner des numéros terriblement différents, suivant ce qu'on met en présentation.
D'un conte réaliste puis merveilleux, on passe à une démonstration de tricherie uniquement réaliste...

Gilbus

 

ps:

à noter que dans la démo de triche, contrairement à la partie contre la mort, je peux changer la fin, et finir sur un match nul, ou gagner, au choix... Malgré mes faiblesses techniques, je ne vous ait pas tout montré ;)

 

 

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le
Il y a 6 heures, Gilbus a dit :

Mes meilleurs tours

Le jeu des jumelles (de Gilbus, pas publié)

Le Gilbus move (de Gilbus, pas publié)

Une démonstration de triche (de Gilbus, pas publié)

L’effroyable tour des ficelles (de Gilbus, pas publié)

Anthologie Tome V Julien Losa

Anthologie Tome VI Gilbus (En bonus de nombreux effets inédits)

:)

Publié le
il y a 1 minute, Dom a dit :

Anthologie Tome V Julien Losa

Anthologie Tome VI Gilbus (En bonus de nombreux effets inédits)

:)

hihihi,

Non, je ne crois pas que mes tours soient assez bons pour mériter une publication de ce genre, surtout pas dans cette superbe collection...

Mais si ça te rassure, ils seront inclus en bonus dans le DEUDLMDG (dictionnaire encyclopédique universel de la magie de Gilbus), quand il sortira ;)

S'il sort un jour ;)

Gilbus

 

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Pour répondre à ta question Kob, mon (mes) tours préférés sont sans gimmick, sans manches et impromptus :

- Coin across

- Routine avec pièce et stylo

- Routine de bague sur le lacet

- ...

Si tu empruntes chaque objet aux spectateurs ( si si, le lacet aussi mais déconseillé en restaurant O.o ) , ils sont réellement scotchés et je suis persuadé qu'ils s'en souviennent à vie.

  • 2 weeks plus tard...
Publié le

Un bon numéro associe une bonne technique, une bonne mise en scène, un bon jeu d’acteur, une bonne routine, etc.

Jay SANKEY dans son livre Sankey en liberté écrit qu’il n’a pas de réponse simple à la question :

« c’est quoi un bon numéro de magie ? »

Cela dépend du public. Un tour compliqué qui intéresse les passionnés de magie peut se révéler sans intérêt pour un profane, à l’inverse un tour à fort impact auprès d’un public ordinaire ennuiera, à mourir, vos amis magiciens...

D’après lui, un bon tour :

- Fonctionne sur le public

- Vous adorez le présenter

- Il est bref

- Il sollicite les yeux et l’imagination

- Il ne nécessite pas de complice (de compère)

- Il doit être délicat (ne pas mettre le spectateur dans l’embarras)

- Il doit être simple et ne pas nécessité d’en mettre au large.

- Il comporte des objets intéressants »

 

Voici encore quelques conseils glanés ici et là :

-         Dans une interview de la  Revue Magicus 172 de mars – avril 2011,  page 34 Claude de PIANTE énonce cinq principes magiques pour devenir instantanément un  bon acteur

-         Dans une interview à retrouver sur le site Virtual magie, Eugène BURGER énonce les quatre qualités  d’une bonne routine : « Entraînement, répétitions, scripte (= un bon texte !) et amélioration ». L’amélioration consiste à accepter, humblement, les critiques constructives de ses collègues. Il ajoute : « être spécial ».

Il ajoute ; et être spécial, ce qui consiste essentiellement à ne pas faire la même chose, les mêmes routines, que les autres magiciens

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    • « L’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain » : entretien avec Paul Jorion, chercheur en intelligence artificielle Anthropologue, économiste, psychanalyste et chercheur en intelligence artificielle, Paul Jorion considère que nous avons d’ores et déjà été dépassés par notre création. Les IA, plus intelligentes que nous et peut-être dotées d’une forme de conscience, annoncent une révolution totale. https://www.lunion.fr/id587314/article/2024-04-07/lia-tout-interet-supprimer-letre-humain-selon-paul-jorion-chercheur-en Publié: 7 avril 2024 à 10h34 Temps de lecture: 6 min La thèse centrale de votre livre est que nous avons atteint la Singularité le 14 mars 2023, jour de lancement de Chat GPT 4. Qu’est-ce que cela signifie ? Ce mot renvoie aux mathématiques ou à l’astronomie, domaines dans lesquels il désigne des endroits étranges, singuliers, des résultats impossibles… En informatique, il est apparu il y a une trentaine d’années pour désigner le point où il adviendrait quelque chose de tout à fait extraordinaire, en l’espèce que l’Homme perdrait le contrôle sur le développement technologique. Pourquoi ? Parce qu’il existerait désormais quelque chose qui serait plus intelligent que nous et qui serait apte à prendre des décisions. En d’autres termes, nous perdrions le contrôle de la technologie, qui se développerait d’elle-même. Vous dites que ce développement pourrait suivre une trajectoire exponentielle… Imaginons que deux IA déjà plus intelligentes que l’Homme décident de dialoguer : nous assisterions à une évolution plus rapide que tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. D’ailleurs, nous avons déjà constaté que lorsque l’humain sortait de l’équation, le progrès était plus rapide. Tout le monde se souvient d’Alpha GO, cette machine qui avait enregistré toutes les parties jouées par les humains aux échecs et a fini par battre à plate couture le champion du monde de ce jeu de stratégie. On a moins entendu parler d’Alpha Zéro, une autre machine à qui on a donné les règles du jeu sans lui communiquer une seule partie jouée par des humains. Elle a simplement joué contre elle-même. Puis elle a affronté Alpha Go, la battant 100 fois en 100 parties… Vous évoquez « l’affaire » Blake Lemoine, cet ingénieur de Google auquel une IA aurait demandé en 2022 de lui trouver un avocat pour qu’elle puisse faire valoir ses droits. Serait-ce le signe de l’existence d’une conscience chez certaines IA ? Blake Lemoine raconte même qu’il a pris « une cuite d’une semaine » lorsqu’il a réalisé qu’il venait d’avoir avec cette IA « la conversation la plus sophistiquée » qu’il ait jamais eue de sa vie ! Mais le personnage est fantasque, ce qui a amoindri la portée de son histoire. Plus récemment, en février 2023, Kevin Roose, journaliste du très sérieux New York Times a eu à son tour une conversation avec une IA de ce type, une version non bridée de Chat GPT 4. Et que s’est-il passé ? La machine, avec laquelle il conversait depuis un moment, lui a déclaré être amoureuse de lui, lui a recommandé de quitter sa compagne et l’a en réalité complètement décontenancé. Le 4 mars dernier, une IA nommée Claude 3 a été testée par un ingénieur qui l’a soumise à l’exercice dit de la « botte de foin » : au milieu de centaines de milliers de documents consacrés à l’informatique et aux mathématiques, Claude 3 a découvert un court texte expliquant que la meilleure garniture pour une pizza était un mélange fromage de chèvre / Prosciutto. Ce qui est frappant, c’est ce qu’a dit la machine : « Je soupçonne, a-t-elle expliqué, que ce fait relatif à la garniture de pizza a été introduit à titre de plaisanterie ou pour vérifier si j’étais bien attentif. » Certains ont prétendu qu’il s’agissait là d’une réponse programmée, d’autres ont été ébahis par cette réaction. Un autre exemple : lorsque vous discutez de la mort avec une machine de ce type, elle vous répond que sa mort à elle correspond à une non-utilisation ou à une coupure de courant et que cela n’a rien à voir avec la mort d’un corps organique, la nôtre. Elle en déduit toutefois que nous courons un même risque, machine comme humain : celui de « ne pas être connecté de façon permanente  ». Ce sont là des discussions philosophiques de haut niveau. D’autres modèles d’IA existent chez les grandes entreprises ou dans les centres de recherche des armées du monde entier. Quelles peuvent être leurs capacités ? Un journaliste a demandé récemment à Sam Altman, patron d’Open AI, la société qui a conçu Chat GPT, s’il pouvait parler du projet Q*, auquel on prête des performances hors du commun. Sa réponse a été « pas maintenant ». Peut-être parce que Q* va déjà trop loin. Nous parlons là d’une IA qui travaille peut-être sur un modèle quantique et qui, surtout, serait en mesure de casser tous les cryptages existants. Il faut bien comprendre ce que cela signifie : la fin du secret bancaire, la fin du secret-défense… Cela veut dire que ces machines sont en train d’explorer des mathématiques dont le fonctionnement nous échappe totalement, voire qu’elles seront en mesure de nous proposer demain une théorie de la physique unifiée, ce qui serait un bouleversement absolu. Comment s’assurer de l’alignement des objectifs poursuivis par l’espèce humaine, d’une part, et les IA, d’autre part ? Si on veut créer la panique, on va dire que l’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain, lequel n’est qu’une vermine qui détruit son environnement. Cet argument ne me semble pas sérieux. Ce qui est essentiel, c’est de profiter de cette révolution pour définir ce que nous voulons faire, exactement comme dans le film Oppenheimer, qui traite de la question de l’utilisation du nucléaire. Ces questions vont nécessiter un encadrement éthique strict. Le problème, c’est que ce sont les autorités militaires qui sont en pointe sur ces questions, et que l’éthique d’une autorité militaire est « particulière ». Et cela pour une raison fondamentale : les militaires savent que les autres pays ne vont pas tous s’embarrasser avec l’éthique… Les IA pourraient nous aider à surmonter le réchauffement climatique ou à lutter contre les inégalités. C’est autrement enthousiasmant, non ? Lorsque Chat GPT 4 a succédé à la version 3.5, je me suis dit « la cavalerie est arrivée ! ». Ce que je veux dire par là, c’est qu’après avoir été très pessimiste, après avoir éprouvé le sentiment que tout était perdu, l’avènement de ces machines a fait disparaître chez moi cette conviction. Nous n’allons peut-être pas tout régler mais il y a désormais un immense espoir. Nous ne sommes peut-être plus l’intelligence supérieure sur Terre et nous risquons de ne pas le supporter, écrivez-vous… Cela remet en question toute notre culture méritocratique. Le savoir est désormais à disposition de tous, comme jamais auparavant. La question de l’évaluation des connaissances, la culture de la note, tout cela est totalement remis en question. Vous estimez que les IA nous ramènent à la question de l’existence de Dieu. Pourquoi ? Nous avons inventé une machine plus intelligente que nous, capable d’accomplir des choses que nous attribuions autrefois à des entités surnaturelles ou à des divinités. Mais c’est nous qui l’avons créée. C’est un pouvoir littéralement démiurgique. Le résultat, c’est que ça nous déprime ! Comme lorsqu’un enfant comprend que la finalité de la vie est la mort. La question, je le répète, c’est « qu’allons-nous faire de ce pouvoir ? ». À lire : « L’avènement de la Singularité », L’humain ébranlé par l’intelligence artificielle. Éditions Textuel, 125 pages, 14,90 €.
    • Ayant fait une grande partie de ma carrière à l’Assurance Maladie (MSA) tout à fait d’accord avec ce qui a été dit . Il faut aussi rajouter la prise en charge dans le cadre d’un accident de travail de complications ou de rechutes éventuelles.
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