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Quiconque a fait un peu de maths sait combien fait 3^3, verra tout de suite l'aspect mathématique de la procédure et le temps employé en distributions successives lui permettra de remonter (pour ne pas dire "suivre en temps réel") ce qui se passe. :(

Je ne pense pas. Si tu vas par la tous le tour automatique peuvent être remontés ... Mais honnêtement celui la est sans doute un des plus dur a remonter que j'ai vu.

Comme il le dit dans la vidéo le fait que 27 soit le cube de 3 permettrais de localiser la carte en 3 donnes en réduisant successivement l'ensemble de carte potentielles de 9 à 3 à 1 seule. Hors au final ce n'est pas ce qu'il fait !

Il va se servir de ces trois donnes pour placer la carte du spectateur initialement à une position inconnue à la position voulue. Je trouve ça quand même beaucoup plus impressionnant surtout qu'il est facile de cacher le fait que l'on ne remet pas forcément les paquets dans le même ordre ...

C'est pour ça que pour moi, tel qu'il est présenté, c'est niveau débutant.

On est d'accord la présentation tel quel ne vaut rien. Mais en même temps c'est pas une chaîne de magie :P

Pour la comparaison avec cache cache ou viet nam pour moi c'est vraiment pas le même effet. Ici on déplace une carte dont la position est inconnue à la position voulue simplement en distribuant. Alors que pour vietnam tu prend une carte à une position connue que tu déplace "toi même".

Modifié par Whysmerhill
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Publié le
Comme il le dit dans la vidéo le fait que 27 soit le cube de 3 permettrais de localiser la carte en 3 donnes en réduisant successivement l'ensemble de carte potentielles de 9 à 3 à 1 seule. Hors au final ce n'est pas ce qu'il fait !

Ben si, justement, c'est exactement ce qu'il fait... Et tu le dis toi même :

Il va se servir de ces trois donnes pour placer la carte du spectateur initialement à une position inconnue à la position voulue.

Je trouve ça quand même beaucoup plus impressionnant surtout qu'il est facile de cacher le fait que l'on ne remet pas forcément les paquets dans le même ordre ...

C'est effectivement l'intérêt du tour de mon point de vue.

On notera quand même qu'une simple coupe donne le même résultat puisque le nombre est connu.

Bref, pour moi c'est une fausse bonne idée, un marteau pour écraser une mouche.

Mais comme j'aime les jeux intellectuels, je suis en train de tester une version qui me plairait un peu plus :)

Publié le (modifié)

Bon, je viens de tester sur un moldu, en essayant de le rendre attractif : carte pensée (le magicien ne touche pas les cartes), justification du nombre choisi et de sa révélation (ce nombre sert au spectateur pour choisir sa carte), nombre de cartes du paquet semblant pris au hasard...

Au final je lui demande ce qu'il en pense :

« Bof, ça me rappelle le tour que je faisais avec 21 cartes quand j'étais petit. Tu n'as pas fait pareil car je devais mettre le paquet au milieu, mais je pense que c'est un truc du même genre »

Pour moi c'est clair, ce n'est pas mon genre car il manque le principal : un effet magique, un sentiment d'impossibilité...

Je suis donc curieux de savoir si vraiment des magiciens utilisent ce tour.

J'entends d'ici ceux qui me crieront que de grands magiciens font le tour des 21 cartes (espagnols en plus ?), et je réponds déjà que même leurs versions ne m'ont pas convaincues...

Histoire de goût, sans doute, où de niveau intellectuel des spectateurs (effectivement, j'ai essayé sur un enfant de 4 ans, il a trouvé ça bien).

Modifié par Invité
Publié le
...j'ai essayé sur un enfant de 4 ans, il a trouvé ça bien).

Normal: le tour des 21 cartes, c'est entre 6 et 10 ans qu'ils l’apprennent...

Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le
Comme il le dit dans la vidéo le fait que 27 soit le cube de 3 permettrais de localiser la carte en 3 donnes en réduisant successivement l'ensemble de carte potentielles de 9 à 3 à 1 seule. Hors au final ce n'est pas ce qu'il fait !

Ben si, justement, c'est exactement ce qu'il fait... Et tu le dis toi même :

Il va se servir de ces trois donnes pour placer la carte du spectateur initialement à une position inconnue à la position voulue.

Je me suis mal exprimé. Ce que je voulais dire c'est que sans changer l'ordre des paquets tu peux deviner la carte du spectateur (il sélectionne une pile : 9 cartes possible, tu sélectionne une autre pile : il ne reste plus que 3 cartes possible ...) mais cela demande de la mémorisation de cartes et au final c'est pas la méthode qu'il utilise. Donc tu peux très bien expliquer cette méthode, comme il le fait, pour induire le spectateur en erreur.

Si tu a deux spectateurs tu peux même faire : le premier spectateur choisit la carte et le deuxième suit tes instructions. A la fin il n'arrivera pas a retrouver la carte du premier puisque tu auras pris soin de distribuer trop vite (à moins qu'il est vraiment une super mémoire ^^). Tu peux faire exprès de te planter toi aussi et tu enchaîne sur : au fait ton nombre préféré c'est ? Hop on retrouve ta carte grâce au nombre.

« Bof, ça me rappelle le tour que je faisais avec 21 cartes quand j'étais petit. Tu n'as pas fait pareil car je devais mettre le paquet au milieu, mais je pense que c'est un truc du même genre »

Pour ce qui est de la ressemblance avec le tour des 21 cartes, ben oui c'est le même principe sauf que le tour des 21 cartes est une version beaucoup plus simpliste et plus évidente. Dans le sens ou un spectateur n'aura aucun mal a reproduire le tour des 21 cartes chez lui alors que ce tour la ... Ton spectateur pense avoir compris le tour ? Je pense que tu peux lui montrer facilement que non. Il suffit de lui proposer de le refaire au pire.

Après c'est sur que le spectateur se doute qu'il y a un procédé mathématique derrière mais comme la plupart des tours automatiques.

Publié le (modifié)
Comme il le dit dans la vidéo le fait que 27 soit le cube de 3 permettrais de localiser la carte en 3 donnes en réduisant successivement l'ensemble de carte potentielles de 9 à 3 à 1 seule. Hors au final ce n'est pas ce qu'il fait !

Je parle de manière générale de la notation d'un entier dans une base quelconque. Que ce soit dans le but de lire la valeur de la position de la carte ou de l'écrire soi-même.

Pour un moldu pas spécialement doué en maths, le fait qu'il soit possible d'identifier la position de la carte après 3 distributions successives est très intuitif.

Le fait qu'elle se retrouve à la position voulue est juste un "bonus" qui ne l'impressionnera pas : après tout, vous êtes un magicien, vous êtes censé connaître des mouvements secrets pour déplacer les cartes, ce que vous avez largement eu l'occasion de faire avec les distributions successives. Du coup, pour lui il n'y a pas vraiment de "magie", juste un procédé qu'il comprend aux 3/4 et qui comporte un mouvement qu'il n'a pas vu.

Et pour un moldu un peu plus doué en maths, il comprendra de lui-même le modus operandi complet, que ce soit pendant ou juste après le tour.

Enfin l'effet n'est vraiment pas direct. 3 distributions de 27 cartes, c'est loooooonng !

A la limite, en cachant qu'il y a "27" cartes mais en prenant un nombre de cartes semblant aléatoire, puis en faisant une procédure plus directe qui cacherait l'aspect mathématique et couperait des longueurs, ça serait déjà plus raisonnable (bonne idée le coup des faros d'hannibal, à voir s'il est possible de faire quelque chose avec ça). ;)

Modifié par Nomis
Publié le

J'ai trouve une modus operandi simple pour que le spectateur n'énonce pas la position finale mais qui permet au magicien de la connaitre. Et on ne révèle la position qu'à la fin.

Cela enlève toute suspiscion de calcul car on ne dit pas au spectateur qu'il a choisi une position.

Je vais juste éviter de débiner alors MP pour ceux que cela intéresse.

Thierry Périchon
http://www.moonlightanimations.fr
 

Publié le (modifié)
...

Pour un moldu pas spécialement doué en maths, le fait qu'il soit possible d'identifier la position de la carte après 3 distributions successives est très intuitif.

Le fait qu'elle se retrouve à la position voulue est juste un "bonus" qui ne l'impressionnera pas : après tout, vous êtes un magicien, vous êtes censé connaître des mouvements secrets pour déplacer les cartes, ce que vous avez largement eu l'occasion de faire avec les distributions successives. Du coup, pour lui il n'y a pas vraiment de "magie", juste un procédé qu'il comprend aux 3/4 et qui comporte un mouvement qu'il n'a pas vu.

Et pour un moldu un peu plus doué en maths, il comprendra de lui-même le modus operandi complet, que ce soit pendant ou juste après le tour.

Enfin l'effet n'est vraiment pas direct. 3 distributions de 27 cartes, c'est loooooonng !

A la limite, en cachant qu'il y a "27" cartes mais en prenant un nombre de cartes semblant aléatoire, puis en faisant une procédure plus directe qui cacherait l'aspect mathématique et couperait des longueurs, ça serait déjà plus raisonnable (bonne idée le coup des faros d'hannibal, à voir s'il est possible de faire quelque chose avec ça). ;)

Tout à fait d'accord:

C’est pour cela que le tour des 21 cartes est un "très bon tour pour débutants", du point de vue des magiciens :

Comme tout le monde va associer ces longueurs et ces principes mathématiques évidents aux tours automatiques, cela rendra un vrai tour automatique bien pensé, qu’on va présenter nous, d'autant plus fort.

Si on essaie de reprendre des tours basés sur ce principe connu du public, ou facilement déductible par les spectateurs ayant un minimum de logique, il faut les remanier bien plus que cela, et non pas seulement ajouter un "détail" par-dessus une chose reconnaissable.

Voir les variations de Marlo sur le tour des 21 cartes (dans le very best off, je crois), qui rendent ce principe beaucoup moins évident, voire insoupçonnable, et surtout qui réduisent les donnes interminables.

Je ne dénigre pas le "détail" ajouté ici, en ce sens que les combinaisons expliquées sont bien pensées, mais elles sont un simple ajout par-dessus une présentation connue et reconnue.

C’est d'ailleurs une chance qu'il présente cela sur un tour pourri, puisque l'explication est en publique sur youtube...encore un tuto, ggrrrr…

D’autres techniques automatiques (ou pas…) permettent d’avoir le même type d’effet, sans les distributions, et avec bien plus de mystère…

Quiconque a fait un peu de maths sait combien fait 3^3, verra tout de suite l'aspect mathématique de la procédure et le temps employé en distributions successives lui permettra de remonter (pour ne pas dire "suivre en temps réel") ce qui se passe. :(

Je ne pense pas. Si tu vas par la tous le tour automatique peuvent être remontés ... Mais honnêtement celui la est sans doute un des plus dur a remonter que j'ai vu.

Pas d’accord sur les deux affirmations de Whysmerhill:

-Déjà, il y a des tours automatiques qui sont impossible à remonter…Mais pas celui dont on parle…

Je connais un tour d’Aronson ou, même en ayant la procédure exacte, tu ne comprends rien au principe de fonctionnement…sauf à faire une heure de simulation avec beaucoup de papier, d’encre et de neurones, et encore…

Celui qui me l’a montré ne comprenais pas comment ça marchait, une fois que j’ai su le faire, je ne comprenais pas non plus comment ça pouvait marcher…même si ça marchait…

Alors, remonter un tour automatique de ce type, je pense que c’est impossible pour le commun des mortels.

(Je n’ai plus le nom, c’est celui ou 2 spectateurs coupent chacun un petit paquet du jeu, regarde les cartes du dessous des paquets coupés, on refait la pile, et hop, des jokers à l’envers dans le jeu ont écrit au dos la position exacte des deux cartes choisies…0 manip, 100% automatique, rien à cacher…)

-Ici, dans cette variation des 21 cartes, le tour complet peut être dur à remonter "pour le refaire".

Mais son mécanisme de base n’est pas mystérieux : on voit approximativement qu’il s’agit d’un tableau croisé, et le nombre est presque accessoire dans l’esprit du spectateur, qui sait comment marche la première partie.

L’important, ce n’est pas notre appréciation de la subtilité du mécanisme du tour :

Cela, c’est une affaire de magiciens…

L’important, à mon sens, c’est que le spectateur n’ait aucune idée de la façon d’opérer le tour, même vague.

Une vague idée est suffisante pour enlever tout mystère, le reste, l’application précise de l’idée, c’est juste une question de réglage mécaniques, le spectateur s’en fiche, il croit avoir compris…

C’est aussi pour cela que, quand on propose aux spectateurs d’essayer leur solution, pour qu'ils voient qu'elles ne fonctionnement pas, je trouve cela très délicat à manier :

Cela veut dire qu’ils pensent avoir compris une chose qui pourrait marcher dans leur esprit : si c’est si complexe qu’il faille essayer pour démontrer que ce n’est pas possible, cela tourne à la résolution de casse-tête, ce que personnellement je n’apprécie pas trop.

Cela pousse aussi à un défi entre magicien et public (moi j’y arrive, essayez donc, vous…) qu’il faut soigneusement étudier, pour que le public puisse y prendre plaisir tout en perdant le défi : C’est pas simple à gérer, si on veut que le public ne se sente pas dévalorisé injustement…

Bref, bel effort pour le positionnement de la carte, mais inexploitable en l’état, je trouve…

et c'est tant mieux, puisque c'est un tuto public...

Désolé.

Gilbus.

Modifié par Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le
(Je n’ai plus le nom, c’est celui ou 2 spectateurs coupent chacun un petit paquet du jeu, regarde les cartes du dessous des paquets coupés, on refait la pile, et hop, des jokers à l’envers dans le jeu ont écrit au dos la position exacte des deux cartes choisies…0 manip, 100% automatique, rien à cacher…)

"Prior Commitment", principe faire et defaire. :)

Publié le

Alors que j'avais acheté à l'origine le VBO Aronson pour le travail sur les chapelets, Prior Commitment fût mon vrai gros coup de cœur de ce livre (ou plus généralement le principe "faire et défaire" puisque je travaille sur une variante).

Effectivement, pour le coup c'est 100% mathématique, 100% automatique et difficilement remontable (moi qui suis matheux, j'ai bien dû cogiter 30min à faire le raisonnement dans ma tête en découpant le jeu en 5 parties et en réfléchissant comment voyageaient chacune des parties !)

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    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
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