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Testé ce week-end, et approuvé.

Jeu mélangé, mémorisé (ou presque), carte déplacée et retrouvée très facilement.

Cet effet (pas vraiment un "tour") a un réel impact sur le spectateur, qui pense vraiment que vous avez une mémoire extraordinaire.

Petite remarque: à mon avis, il faut vraiment faire la version où le jeu est mélangé complètement, pas celle pour les "lazy" avec les repères, cela renforce l'effet considérablement si c'est le spectateur qui mélange, par rapport à n'importe quel faux mélange, même le plus anondin qui soit.

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Re-testé hier soir, avec des amis cette fois-ci. J’ai mis environ 1 min à « mémoriser » le jeu. Puis, pendant que j’étais retourné, une carte a été déplacée (7 de trèfle). J’ai mis 30 secondes à la retrouver, après seulement deux p******s. Impressionnant pour mes amis !

Ensuite, l’un d’entre eux m’a dit «Et elle vient d’où ? » (royal ! Il m’a mis sur les rails pour la suite sans que j’ai besoin d’intervenir), et j’ai bien évidemment été capable de la repositionner exactement à son emplacement initial. Je pense que cela ajoute un vrai plus de se laisser poser cette question, qui viendra naturellement.

J’ai ensuite voulu avoir un petit retour sur l’effet, j’ai donc demandé à mes amis de me dire ce qui va / ne va pas. Les remarques que j’ai eues sont les suivantes :

- Un peu trop long dans la mémorisation (« on voit que tu apprends toutes les cartes, que tu passes du temps dessus ») : à raccourcir, je pense, pour passer à moins de 30 sec. En même temps, ma mémorisation était crédible vu ce qu’ils m’ont dit. Privilégieriez-vous la rapidité (mémorisation ultra rapide, moins crédible ?) ou bien le temps de mémoriser «vraiment » toutes les cartes (plus long par contre…) ? Je pense qu’il faut que je passe moins de temps et que je parle pendant cette mémorisation, qu’en pensez-vous ?

- Deux hypothèses de fonctionnement ont été citées, car j’avais bien présenté cela comme une expérience, et pas un tour de magie.

o La première est « Tu associes un nombre à chaque carte, et tu formes un grand nombre dans ta tête, et tu vois où ça change » (mouais, impressionnant quand même, mais ça se tient). J’ai envie de dire, autant mémoriser les cartes directement à ce compte-là.

o La deuxième est « Tu retiens simplement la séquence de rouge/noir, et tu vois ce qui est perturbé dans ta séquence ».

Mes questions sont : comment éviter qu’ils ne pensent à ces hypothèses, mêmes fausses ? (Après tout, c’est peut-être bien qu’ils pensent à ces hypothèses, cela rend crédible le tout… Qu’en pensez-vous ?) Comment élever ma présentation de cet effet / dramatiser la chose encore plus ?

Publié le (modifié)
Les remarques que j’ai eues sont les suivantes :

- Un peu trop long dans la mémorisation (« on voit que tu apprends toutes les cartes, que tu passes du temps dessus »)

Ce sont tous des spécialistes de la mémoire tes amis ;)

Non parceque 1 minute pour mémoriser un jeu entier, on pourrait penser que pour les spectateurs c'est déjà quand même extraordinaire.

Modifié par SébastienO
Publié le
l’un d’entre eux m’a dit «Et elle vient d’où ? » (royal ! Il m’a mis sur les rails pour la suite sans que j’ai besoin d’intervenir), et j’ai bien évidemment été capable de la repositionner exactement à son emplacement initial.

C'est toujours très "jouissif" quand le spectateur propose un "défi" qu'on est déjà prêt à réussir :)

Privilégieriez-vous la rapidité (mémorisation ultra rapide, moins crédible ?) ou bien le temps de mémoriser «vraiment » toutes les cartes (plus long par contre…) ?

Tout dépend de ta présentation. Pit Hartling a quelques routines de mémorisation où il joue clairement la comédie (jeu mémorisé à la volée en l'effeuillant, ou mémorisé grâce au pouvoir du jus d'orange). Il se situe clairement et volontairement dans la comédie, et c'est une approche intéressante.

Mais tu peux aussi proposer une "vraie" démonstration de mémoire, dans laquelle tu prétend faire vraiment ce que tu dis. Dans ce cas, une mémorisation lente et concentrée est crédible, voire nécessaire. 1 minute pour le jeu, ça fait un peu plus d'une seconde par carte, c'est déjà très rapide. Regarde un vrai exemple pour t'inspirer du rythme :

[video:youtube]

Je pense qu’il faut […] que je parle pendant cette mémorisation, qu’en pensez-vous ?

Je n'en suis pas sûr. Personnellement, je préfère l'approche "autistique" ; pendant la mémorisation, je marmonne, mes mains bougent légèrement, ma tête a une inclinaison et des mouvements qui ne sont pas "normaux" et trahissent (exprès) ma concentration. Je ne pense pas que les gens parlent pendant qu'on leur donne un numéro de téléphone ou des directions de route à mémoriser, sinon ils ne retiendraient rien :)

Publié le (modifié)
Les remarques que j’ai eues sont les suivantes :

- Un peu trop long dans la mémorisation (« on voit que tu apprends toutes les cartes, que tu passes du temps dessus »)

Ce sont tous des spécialistes de la mémoire tes amis ;)

Non parceque 1 minute pour mémoriser un jeu entier, on pourrait penser que pour les spectateurs c'est déjà quand même extraordinaire.

Dans le même genre, il arrive souvent d'entendre la remarque : C'est facile de deviner la carte, tu n'a qu'à regarder celle qui manque dans le jeu !

Et là je vais aussi citer Pit Hartling : "Si seulement ils avaient essayé."

C'est tout à fait possible de le faire, voir Epitome Location de Lorayne, mais pas aussi simple que ça.

C'est d'ailleurs effectivement la méthode utilisée, du coup, comme le dit Vincent, Hartling prend le parti de la comédie associée au temps d'avance. Voir la routine Triathlon dans Little Green Lecture, ou dans Espiègleries en français.

Il prétend déduire la carte manquante en passant celles qu'il a en main en revue... par un rapide effeuillage devant ses yeux !

Modifié par chrish
Publié le

J'ai bien l'impression que les spectateurs, en général, ont tendance à penser à la perception de ce qu'il est possible de faire sans se demander réellement si c'est facile ou pas.

Ils pensent donc que l'on peut connaitre la carte manquante simplement en regardant le reste du jeu.

C'est un autre débat mais je me demande d'où peuvent venir ces croyances, perceptions. Car je suis sûr qu'aucuns d'entre eux n'a jamais essayé. Ou alors il pense que c'est la possibilité la moins difficile pour eux, donc pour toi.

J'aime bien également l'idée de Vincent concernant l'approche "autistique". Car finalement, c'est une démonstration de mémoire et cela colle, à mon sens, mieux avec le sujet qu'une approche comique.

Publié le (modifié)
- Deux hypothèses de fonctionnement ont été citées, car j’avais bien présenté cela comme une expérience, et pas un tour de magie.

o La première est « Tu associes un nombre à chaque carte, et tu formes un grand nombre dans ta tête, et tu vois où ça change » (mouais, impressionnant quand même, mais ça se tient). J’ai envie de dire, autant mémoriser les cartes directement à ce compte-là.

o La deuxième est « Tu retiens simplement la séquence de rouge/noir, et tu vois ce qui est perturbé dans ta séquence ».

Mes questions sont : comment éviter qu’ils ne pensent à ces hypothèses, mêmes fausses ?

Quel intérêt d'éliminer ces hypothèses puisqu'elles correspondent à ce que tu veux démontrer: une mémorisation.

Que la mémorisation porte sur des nombres, sur des couleurs..., peu importe, c'est de la mémorisation.

Si l'hypothèse de tes spectateurs était: "utilisation d'un mini appareil photo puis comparaison de l'image et du jeu sans que l'on puisse le remarquer", la question se poserait.

Pour la dramatisation, l'effet en lui même porte du suspens.

Soit tu réussis le défi, soit tu le loupes.

L'augmentation de cette dramatisation va passer par le fait de lui donner un sens qui va impliquer le spectateur.

-impliquer le spectateur dans le défi (pari, argent...)

-impliquer le spectateur en leur faisant essayer sur quelques cartes avant de réaliser l'expérience.

-Impliquer le spectateur par un thème ou un texte qui puisse le toucher.

-...

Modifié par dub
Publié le
Les remarques que j’ai eues sont les suivantes :

- Un peu trop long dans la mémorisation (« on voit que tu apprends toutes les cartes, que tu passes du temps dessus »)

Ce sont tous des spécialistes de la mémoire tes amis ;)

Non parceque 1 minute pour mémoriser un jeu entier, on pourrait penser que pour les spectateurs c'est déjà quand même extraordinaire.

En effet, c'est vrai qu'après tout, c'est déjà pas mal une minute... Mais comme dit ici,

Dans le même genre, il arrive souvent d'entendre la remarque : C'est facile de deviner la carte, tu n'a qu'à regarder celle qui manque dans le jeu !

Et là je vais aussi citer Pit Hartling : "Si seulement ils avaient essayé."

le public ne réalise pas la difficulté de certaines choses et cherche une solution évidente, rassurante même.

Mais tu peux aussi proposer une "vraie" démonstration de mémoire, dans laquelle tu prétend faire vraiment ce que tu dis. Dans ce cas, une mémorisation lente et concentrée est crédible, voire nécessaire. 1 minute pour le jeu, ça fait un peu plus d'une seconde par carte, c'est déjà très rapide.

Personnellement, je préfère l'approche "autistique" ; pendant la mémorisation, je marmonne, mes mains bougent légèrement, ma tête a une inclinaison et des mouvements qui ne sont pas "normaux" et trahissent (exprès) ma concentration.

Une mémorisation lente et concentrée me paraît effectivement la choses la plus naturelle à faire pour coller à mon personnage. Merci pour les conseils sur cette approche à la Rainman ;)

Quel intérêt d'éliminer ces hypothèses puisqu'elles correspondent à ce que tu veux démontrer: une mémorisation.

Tu as raison en plus! C'est limite mieux s'ils se créent ce genre d'hypothèses...

L'augmentation de cette dramatisation va passer par le fait de lui donner un sens qui va impliquer le spectateur.

-impliquer le spectateur dans le défi (pari, argent...)

-impliquer le spectateur en leur faisant essayer sur quelques cartes avant de réaliser l'expérience.

-Impliquer le spectateur par un thème ou un texte qui puisse le toucher.

-...

Merci pour ces idées Dub, j'apprécie particulièrement les 2 dernières. L'essai va permettre au spectateur de se rendre compte de la difficulté de la tâche. Sinon, il faut trouver un thème, raconter une histoire sur la mémoire, ou bien expliquer comment j'ai acquis ce "don", raconter des anecdotes historiques... A creuser...

Le pari peut aussi être une bonne idée pour un spectateur trop cartésien, qui aime mettre au défi le magicien.

Merci à tous en tout cas pour vos précieuses suggestions!

Publié le
-impliquer le spectateur en leur faisant essayer sur quelques cartes avant de réaliser l'expérience.

Barrie Richardson décrit sur ce point une approche très intéressante dans mental miracles où il enseigne en 1 minute une liste de 10 objets aux spectateurs. Ce n'est plus un tour de magie ni une démonstratrion, mais une expérience à partager avec le spectateur. Ca peut effectivement servir d'intro pour une démonstration plus poussée exécutée par "l'autiste"... ;) Je voulais essayer cette approche, mais pas encore eu l'occasion de la tester en live.

Pour ce qui est de la phase de mémorisation, Luke Jermay fournissait pas mal de petits trucs de présentation dans sa dernière conf, je ne sais pas s'ils sont repris dans ses notes... Par exemple, un truc tout bête pour la crédibilité lors de la mémorisation: le doigt balaie lentement l'étalement du jeu de gauche à droite, mais arrivé au milieu de l'étalement, pause, grimace, léger retour en arrière puis mémorisation du reste du jeu. Sous entendu: la mémorisation vient de mal se passer, et si la mémorisation se passe mal, c'est bien que mémorisation il y a. Sans parler de la légère tension que ce doute fait naître... Tout bête mais très bon.

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    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
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