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Publié le (modifié)
il y a 44 minutes, Christian GIRARD a dit :

Des exemples explicites seraient plus pertinents. Peux-tu nous donner les liens de quelques-uns de ces messages (nombreux semble-t-il) qui expriment cela, pour éclairer ton propos ? 

En général, l’argument avancé pour considérer que les religions sont in fine nuisibles est que les religions seraient source de discordes, de conflits, d’intolérance, de violence et de guerres.

Et oui, Christian, cet argument se retrouve (et même pas en filigrane !) dans de nombreuses interventions ici, il te suffit juste de remonter ce fil de quelques messages pour en trouver un 😉.

L’idée sous-jacente (et, là encore, même pas en filigrane) est que le monde serait certainement meilleur sans les religions.

Je n’ai pas trop le temps de développer mais l’idée me semble très discutable : des massacres sont commis au nom de Dieu, certes, mais la religion est-elle vraiment à la source de la violence ?… Deux des pires tragédies du XXe siècle, le nazisme et le stalinisme, ne me semblent pas directement liées à la religion.

Par ailleurs il existe des études académiques qui battent cette idée en brèche.

Ceci par exemple :

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Ou encore cela :

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Charles Phillips et Alan Axelrod établissent dans leur Encyclopedia of Wars, 2004 que seuls 7% des conflits ont pour cause principale les religions.

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Modifié par Patrick FROMENT
  • Merci 1
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Publié le

Je n’ai accrédité ni cette thèse ni son contraire. Je voulais juste quelques liens relatifs à des messages figurant dans ce sujet et qui auraient explicitement suggéré que « la croyance religieuse est in fine nocive ». Cela n’est pas du tout la même chose que « les religions et les dogmes afférents sont responsables d’atrocités ». Il était seulement question de la croyance religieuse des individus, inutile de brandir le nazisme et le stalinisme alors que je ne demande que quelques exemples des affreux messages qu’on est censé trouver à foison (mais en filigrane 😉) dans ce sujet et qui déclareraient que la croyance (religieuse) est « in fine nocives ». C’est tout. J’aimerais juste les lire et non faire un jeu de piste puisque tu les as toi-même débusquées et qu’on gagnera du temps avec des liens. Je ne nie pas qu’il y a de tels propos, je voudrais juste avoir accès à ces sources puisque tu en parles, merci. 
 

il y a 27 minutes, Patrick FROMENT a dit :

L’idée sous-jacente (et, là encore, même pas en filigrane) est que le monde serait certainement meilleur sans les religions.

La seule réponse possible à mon sens est : on n’en sait rien. L’hypothèse ne peut être testée. 

  • J'aime 1
Publié le
Il y a 12 heures, Christian GIRARD a dit :

La seule réponse possible à mon sens est : on n’en sait rien. L’hypothèse ne peut être testée. 

Oui.

Ce qui me semble à peu près incontestable, en revanche, c’est que la croyance religieuse constitue une importante ressource chez certaines personnes pour affronter les épreuves voire le tragique de l’existence (et ce, quelle que soit la forme de cette croyance : cadre institutionnel des religions organisées ou bien, cadre plus personnel d’une approche spirituelle-laïque).

Quant à la question de savoir si croire rend l’être humain meilleur, c’est plus un sujet de dissertation de philosophie que de démonstration scientifique (encore une fois ! 🙃).

Dans son livre Dieu, la contre-enquête, Thomas C. Durand consacre un chapitre entier à la question (chapitre 28 - Croire ne rend pas meilleur). Au passage notons que le contenu du chapitre en question me semble bien plus nuancé que le titre ne pourrait le laisser croire.

Là aussi, sur cette question de savoir si la religion nous rend meilleur ou pas, il existe des travaux issus des sciences humaines et sociales qui valent ce qu’ils valent mais qu’il est difficile d’ignorer.

Il faut plutôt chercher à l’étranger qu’en France pour trouver ces projets de recherche, Canada par exemple : La religion nous rend-elle meilleurs? - Explorer les liens entre croyances religieuses et moralité.

 

Citation

Certaines sociétés anciennes, par exemple, luttaient pour nourrir et vêtir leur population, mais consacraient parallèlement beaucoup de temps à des activités « non productives » comme les rites sacrificiels et l’art religieux. Or, elles ont souvent survécu aux sociétés athées. « Comment ont-elles ainsi pu prospérer et survivre, alors que ce sont plutôt les civilisations athées qui auraient dû y parvenir? », s’interroge M. Slingerland.

 

Citation

Professeur d’anthropologie à l’Université du Connecticut, Richard Sosis fait aussi partie du projet CERC. Après avoir analysé des textes issus de collectivités américaines du XIXe siècle, il a découvert que les collectivités croyantes survivaient souvent aux collectivités laïques.

 

  • Merci 1
Publié le
Le 02/07/2023 à 09:40, Christian GIRARD a dit :

Selon Jean D’Ormesson, « à la droite de Dieu il y aura un athée », voici pourquoi : 

Je fais remonter ce message pour rappeler le point de vue de d’Ormesson qui se présentait comme un « catholique agnostique » si je ne m’abuse. Pas forcément un homme avec de grandes idées mais quelqu’un qui savait dialoguer agréablement.

Pour ce qui concerne les positions morales, Kristo était intervenu dans ce sujet pour signaler que les non-croyants étaient mieux positionnés que les croyants pour ce qui concerne (pour faire court) les comportements altruistes. 

 

Publié le
Il y a 4 heures, Patrick FROMENT a dit :

la croyance religieuse constitue une importante ressource chez certaines personnes pour affronter les épreuves voire le tragique de l’existence

Et d’autres s’en passent très bien. 

L’homéopathie comble également ceux qui y croient, ça n’en reste pas moins un placebo. 

Publié le
Il y a 19 heures, Patrick FROMENT a dit :

Je n’ai pas trop le temps de développer mais l’idée me semble très discutable : des massacres sont commis au nom de Dieu, certes, mais la religion est-elle vraiment à la source de la violence ?… Deux des pires tragédies du XXe siècle, le nazisme et le stalinisme, ne me semblent pas directement liées à la religion.

Il est regrettable que tu n'aies pas le temps de développer, parce que nous avons ici le germe d'un sophisme des plus savoureux.

Le tabac est-il mauvais pour la santé ? Deux des pires épidémies du XXe siècle, la grippe espagnole et le SIDA, ne me semblent pas directement liées au tabagisme...

  • J'aime 2

L'important, c'est que ça valide !

Publié le (modifié)
il y a une heure, Alx a dit :

Je n’ai pas trop le temps de développer mais l’idée me semble très discutable : des massacres sont commis au nom de Dieu, certes, mais la religion est-elle vraiment à la source de la violence ?… Deux des pires tragédies du XXe siècle, le nazisme et le stalinisme, ne me semblent pas directement liées à la religion.

Oui, là pardon @Patrick FROMENT mais la colonisation des continents américain (56 millions de morts en 100 ans) et africain mené par l'Eglise Catholique, l'esclavagisme, les croisades, l'inquisition (massacre interne dans ce cas), les 8 guerres de religions qui se sont succédées au XVIème siècle en France, (la Réforme protestante dans le cas de ma Ville de Genève), et dans une certaine mesure l'ingérence occidentale dans les conflits au Proche et Moyen-Orient depuis un siècle; me semblent toutes liées à une idée sociétale portée par des racines judéo-chrétiennes (consciemment ou inconsciemment). Le nazisme lui-même présenté comme anti-chrétien semble avoir été, à postériori, d'avantage une réecriture déjudaïsé du christianisme. Même si je ne doute pas que croire peut faire du bien aux individus, il me semble, au contraire, qu'il y a toujours un Dieu qui traine dans le raisons guerrières de la majorité des conflits historiques.

Citation

Dans les années 1920, il [Hitler] parle de promouvoir un « christianisme positif ». C’est un discours que l’on retrouve dans Mein Kampf et dans le programme du parti nazi de 1920. Il s’agit de promouvoir un christianisme déjudaïsé, national, non universel, qui rompt avec l’idée chrétienne que tout le monde peut être racheté et sauvé. De ce point de vue, à cette époque-là, Hitler est proche des Chrétiens-Allemands, ces protestants qui tentent de réécrire le christianisme en lui retirant toute référence à l’Ancien Testament et au judaïsme.
Johann Chapoutot, professeur à la Sorbonne
https://www.la-croix.com/Culture/Onfray-Hitler-christianisme-2018-08-06-1200960143

Modifié par Thierry SCHERER (Zarcanum)
Citation

Mais par dessus tout j'aurai aimé devenir magicien. C'était la tendance la plus profonde, le penchant le plus intime de ma nature ; je ressentais une certaine insatisfaction devant ce qu'il était convenu d'appeler la réalité, qui me semblait être le produit d'une stupide convention établie par les adultes.

Enfance d'un magicien de Hermann Hesse

Publié le
il y a une heure, Alx a dit :

Il est regrettable que tu n'aies pas le temps de développer, parce que nous avons ici le germe d'un sophisme des plus savoureux.

Le tabac est-il mauvais pour la santé ? Deux des pires épidémies du XXe siècle, la grippe espagnole et le SIDA, ne me semblent pas directement liées au tabagisme...

Il n'y a pas de sophisme car il n'y avait pas de raisonnement, je faisais simplement remarquer qu'on ne peut pas imputer toutes les guerres et les massacres à la religion et que, selon certains experts, l'immense majorité des conflits et des guerres sont de nature non religieuse.

Pour le reste, je t'avoue que je ne suis pas un expert en matière de guerres et je n'ai pas fait ce décompte macabre. De par mon expérience humaine et psychologique, il me semble, néanmoins, que la source des conflits humains est beaucoup plus profonde (sentiment d'injustice et de frustration, par exemple, qui se transmet, parfois, de génération en génération).

 

  • Embarrassé 1
Publié le
il y a 35 minutes, Thierry SCHERER (Zarcanum) a dit :

la colonisation des continents américain (56 millions de morts en 100 ans) et africain mené par l'Eglise Catholique

Bonjour Thierry, ça faisait un moment ! 🙂

Je ne suis pas sûr qu'on puisse dire que la colonisation a été menée par l’Église Catholique (elle s'en est en revanche, bien accommodée pour accroitre son pouvoir et son influence).

Ton intervention me permet d'ailleurs de préciser un peu mon interrogation :

Le religions sont-elles à la source des conflits, des guerres territoriales et de la colonisation ou bien récupèrent-elles ces conflits pour assoir et accroitre leur pouvoir ?

J'ai tendance à pencher pour la deuxième hypothèse mais bon je peux me tromper (et dans les, deux cas, c'est pas bien !).

Cela voudrait dire que les conflits territoriaux et la guerre sont dans la nature humaine depuis l'homme de Cro-Magnon (pour des raisons qu'il faudrait élucider à l'aide de l'Histoire, de l'anthropologie ou de la psychologie) et que ces conflits prennent, parfois, une forme religieuse (qui peut, certes, aggraver les choses en exacerbant un naturel identitaire et en exaltant la pulsion violente).

Ce n'est pas tout à fait la même chose de formuler la question comme je viens de le faire que de dire d'une manière un peu lapidaire "la religion est à l'origine des conflits et des guerres" (mais, là encore, je peux me tromper).

 

  • J'aime 1
Publié le
Il y a 2 heures, Patrick FROMENT a dit :

Il n'y a pas de sophisme car il n'y avait pas de raisonnement, je faisais simplement remarquer qu'on ne peut pas imputer toutes les guerres et les massacres à la religion et que, selon certains experts, l'immense majorité des conflits et des guerres sont de nature non religieuse.

Désolé pour cette mauvaise interprétation : j'ai cru voir un raisonnement là où il n'y avait donc qu'une remarque.

Soit. Je réagis donc à cette remarque : ce n'est pas parce que la religion n'est pas la cause de toutes les violences qu'elle n'est jamais la cause d'aucune. Certes, il y a des conflits qui n'ont rien à voir avec la religion, mais il y a aussi des conflits qui en découlent directement.

Il y a 2 heures, Patrick FROMENT a dit :

De par mon expérience humaine et psychologique, il me semble, néanmoins, que la source des conflits humains est beaucoup plus profonde (sentiment d'injustice et de frustration, par exemple, qui se transmet, parfois, de génération en génération).

Ah ! Je crois que je comprends (mieux vaut tard que jamais) pourquoi le sens de ton message m'avait échappé ! En fait, tu considères qu'il y a une cause unique aux conflits humains. Et, puisque certains conflits n'ont rien à voir avec a religion, alors tu en déduis que la religion ne peut pas être cette explication fondamentale.

Ce n'est pas du tout mon point de vue, et je pense qu'il y a de nombreux paramètres qui peuvent pousser les hommes à se faire du mal : la frustration en est un, c'est vrai, mais il y a aussi la peur, l'incommunicabilité, l'ambition, etc. La religion peut être un de ces leviers, soit qu'elle soit utilisée comme prétexte malhonnête pour pousser les masses croyantes à accomplir les objectifs secrets de leurs églises en conquérant Jérusalem, soit qu'elle soit mal interprétée en toute bonne foi (si j'ose dire) par de fervents illuminés qui croient accomplir la volonté divine en décapitant un professeur.

Je t'accorde que les débordements de violence "religieuse" sont plutôt imputables aux fanatiques qu'aux religieux "modérés" : terrorisme islamiste, croisades, massacres, inquisition... tout ça ne semble pas inspiré par les discours de paix et d'amour qu'on entend dans la plupart des églises et des mosquées. Pour autant, ces débordements existent, et ils sont commis au nom d'un Dieu ou d'un autre.

Moi non plus, je n'ai pas fait le décompte, mais je me demande si le réconfort moral ou spirituel que la religion apporte aux uns justifie les souffrances infligées aux autres. Ca semble difficile à comptabiliser, et c'est vraisemblablement variable en fonction des époques. Mais la question mérite d'être posée.

Et d'ailleurs, toute comptabilité mise à part, est-ce que le soulagement moral de milliers de personnes justifie la mort d'une seule autre personne ?

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    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
    • Revenons sur l’explication :  https://vm.tiktok.com/ZN8NE37wo/
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