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Rhhhhooooo ! Comme il fait monter le suspens !!!

On aura l'oeil attentif ce week end alors !

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:D

je lis Glyphes :whistle: ) mais je crois que ce sera intéressant... :)

J'ai terminé "Eloge du Secret" qui est effectivement très bien, même si un peu trop orienté psychanalyse à mon goût.

Glyphes n'est pas un roman exceptionnel mais développe un thème très original qui m'a permis de prendre des directions originales en mentalisme.

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En 2007, Martine fit son revival sur le web, et lors de ses errances magiques sur VM, elle semblait bien croire aux vertus du Canard à la Carte...

Rappel:

canardd.jpg

D'ailleurs 1001 usages d'un khanar, c'est tel 1001 albums de Martine: 1001 nouvelles histoires...

Fichtre elle n'aurait vraiment jamais imaginé ça ! Qu'il y ait autant de vertus et d'usages de son image à ce/de sacré petit canard !

Martine in WonderKhanarland.... elle pourrait rêver de ces 1001 nouvelles aventures de l'autre côté du miroir...

Mine de rien, certaines routines décrites dans ce sujet, sont pour moi parmi les meilleures lues en Magie Bizarre. Car pour moi on a bien là de la Magie Bizarre ! Bizarroïde, décalée, déjantée (mais plus dans le ton du texte que dans les effets proprement dits), surréaliste, réaliste et collant à l'actualité (CIA), poétique (La routine Zonghli Kwan est une superbe application et en terme d'effet).

Et surtout, dans mes goûts persos, aucune notion dans ces routines de quelconque rapport au mortuaire, pas un mort, pas un fantôme, pas un ossement, pas un truc directement ou indirectement lié au funeste, au macabre.... Moralité, un Must of Magie Bizarre ! Et tout ça avec un Canard ! Chapeau ! Grand pied de lecture nocturne ! Bon on va essayer d'éviter le cauchemar dodo avec l'image " une infinité d'illusionnistes amateurs tenaient dans leurs mains, des Khanars à la karte, en attendant un nouveau spectateur" , flippant ça, vais plutôt me connecter l'esprit sur le SAS...

Ps: La routine "Ki veut gagner des Pignons?" me fait penser à une routine de Ted Lesley où c'est l'effet inverse: Un spectateur tire une carte parmi les centaines qui composent un jeu de Trivial Poursuit. Le spectateur choisit une question parmi les 6 de la carte qu'il a tiré. Le mentaliste ouvre une enveloppe de prédiction dans laquelle figure la bonne réponse à la question choisie donc parmi les milliers du jeu.

On pourrait imaginer l'adaptation via le Khanar qui tirerait la carte à la place du spectateur ! Ce qui en plus simplifierait à la fois la procédure et le matériel pour réaliser l'effet de Ted Lesley.

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Tu pourrais même trouver a réponse à la question Trivial Pursuit dans un oeuf que Khanar (mille fois son nom béni) pond.

Certains effets (dont Zonghli Kwan) ont été mis en scène pour des spectacles, je crée pour des amis...

La petite fille aux allumettes (mon texte préféré) permet également une mise en scène très bizarre, mais je la garderai sous le manteau. En fait, tous les textes sont adaptables à des mises en scène déjantées. Bien entendu, comme ils ont été publiés ici, ils sont protégés.

Le texte en danois est un petit clin d'oeil à l'humour absurde de Andy Kaufman, un des plus grands comiques américains (et à sa lecture de Gatsby le Magnifique sur scène). Wikipedia

Le film "Man on the Moon" à son propos, est un must-see.

« Je ne suis pas un comique, je ne raconte jamais de blagues... La promesse du comédien, c'est d'arriver à vous faire rire de lui... Ma seule promesse, c'est d'essayer de divertir du mieux que je peux. Je sais manipuler les réactions des gens. Il y a différentes sortes de rire. Le rire des tripes, c'est quand vous n'avez pas le choix, vous êtes obligés de rire. Le rire des tripes ne vient pas de l'intellect, et c'est beaucoup plus difficile à pratiquer pour moi maintenant que je suis connu. Ils se disent : "Wow, Andy Kaufman, ce type est vraiment marrant", mais je n'essaie pas d'être drôle, je veux simplement jouer avec leur tête. »

(Andy Kaufman dans the New York Times)

Je suis content que quelqu'un voie le véritable potentiel caché dans ce post. :)

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Je suis content que quelqu'un voie le véritable potentiel caché dans ce post.

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Mais il n'y a pas qu'une personne qui a vu le potentiel caché dans ce post....moi aussi... nous sommes donc déjà 2 .... et cela ne fait que commencer...(lol)

Pour te rassurer,et très sérieusement, il est vrai qu'il y a un potentiel à exploiter et j'aime beaucoup ton coté "conteur" qui transporte totalement les spectateurs dans un autre univers....c 'est le coté très intéressant de ton personnage...et tu as le don pour transformer un objet anodin en un "je ne sais quoi" qui devient totalement magique! Bravo...

http://www.francistabary.fr/

Créer est divin, copier est humain .

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- La petite fille aux allumettes (mon texte préféré)

- Un thread sur Khanar serait totalement incomplet sans ce merveilleux texte de Hans Christian Andersen. Inutile d'attirer votre attention sur l'immense potentiel de cette histoire, il coule de source.

- Je compte sur vous pour une partie des 981 messages à compléter. :)

Alors de par indiqué ci-dessus, je m'y essaie modestement, voici une tentative à l’arrache, un exercice de style, et une variation sur l’effet « It’s A Match » d’Andy Leviss. (Inspiré d’un des effets de Larry Becker dans sa routine nommée Casino Royale).

En petit hommage à Hans Christian Andersen, en petit hommage à la saine émulation magique créative que confèrent bon nombre de messages de CED (et cadeau du coup pour son anniv), en petit hommage à Khanar, en petit hommage aux pochettes d'allumettes que j'adore et qu'on ne trouve plus chez les buralistes français, en petit hommage à C. Chelman aussi...

JOACH ANDERSEN

LE PETIT KID AUX ALLUMETTES…

En cette nuit de Noël 2010, si vous passiez par une certaine rue relativement austère mais néanmoins non déserte de Chicago, vous y auriez croisé toutes sortes de passants ainsi que quelques individus en train de se réchauffer autour de vielles barriques métalliques enflammées, et pas très loin d’eux vous l’auriez peut-être remarqué lui, le gamin.

Joachim Andersen c’était son nom. « Joach » comme ils disaient « les autres » en se marrant, mais c’était un rire qui était davantage un sourire légèrement vocal portant quelque chose de malicieux et de plein d’humanité à la fois, d'autant que dans leurs yeux régnait une vivacité qui avait l’air de dire que le gamin il était intelligent, rusé ; l’ensemble traduisait une espèce de compassion humaine et de respect pour ce petit black d’une douzaine d’années.

Il était blotti à l’entrée d’une ruelle entre deux vieux immeubles. Il y avait un petit fatras autour de lui : des cartons aplatis, de vieux sacs en toile de jute posés au sol, trois, quatre autres sacs remplis d’on ne sait quoi, mais il y avait surtout trois choses qui attiraient immanquablement l’œil tant elles étaient surprenantes :

Il était vêtu d’un manteau gris anthracite, d’un pantalon brun et surtout, malgré la saison, il ne portait pas de chaussures mais uniquement de grosses chaussettes de laines rouge vif et montantes, de celles qui font les bas de laine de Noël sauf que lui les portaient aux pieds, qu’elles étaient usées, et remontaient jusqu’à ses genoux par-dessus le pantalon. A gauche de ses pieds, reposait au sol une étonnante vieille boîte de cireur de chaussures d’un autre âge, qu’on remarquait encore davantage par le contraste qu’apportait ses pieds non chaussés et de rouge vêtus. Mais le plus surprenant c’était qu’à sa droite, il y avait posé sur le sol, un vieux jouet à la peinture défraîchie : un gros canard en bois !

Vision étrange que ce gamin des rues habitué certainement à une certaine violence du quotidien et des nuits mais ainsi accompagné d’un gros jouet !

Un vieux jouet et une ancienne boite de cireur de chaussures, ça respirait vraiment un Chicago d’une autre époque…

Lui, pour se réchauffer, faisait souvent le même drôle de rituel : il sortait d’un de ses sacs en toile des pochettes d’allumettes. Il semblait en avoir des centaines et des centaines dans son sac, à satiété. Il les faisait brûler une par une, deux par deux ou trois par trois, entièrement, d’un coup, ce qui produisait de grandes flammes. Ce qui était très visuel c’est qu’il restait parfois avec une pochette ou deux dans chaque main tel un illusionniste produisant des flammes de la paume de ses mains. Il parvenait alors dans une espèce de concentration douce et naturelle à étrangement faire durer très longuement la combustion, puis dans un va-et-vient entrecroisé, il passait lentement ses mains autour de son buste et de ses jambes pour les réchauffer…

Images détonantes d’un personnage de la nuit pour qui pouvait, en ce soir là de Noël, prendre le temps d’y prêter une quelconque attention et s’arrêter…

Lorsque c’était parfois le cas, il alpaguait celui ou ceux qui avaient stoppé leur marche, et il les invitait d’un geste rassurant de la main à le rejoindre, à s’approcher.

Il leur parlait alors à voix basse, les invitant parfois à s’asseoir face à lui, « juste deux minutes », disait-il, le temps de leur montrer quelque chose d’étonnant….

Il ouvrait alors sa vieille boite de cireur de chaussures et en sortait un vieux chiffon épais duquel il retirait méticuleusement encore d’autres pochettes d’allumettes, une petite trentaine. Elles étaient presque toutes de couleurs différentes, et il sortait ensuite des cartes de visites exactement aux mêmes tons. Il expliquait à ceux en face de lui que chacune de ces pochettes d’allumettes provenait d’un hôtel américain, il y en avait d’un grand nombre d’Etats, et qu’il avait aussi pour chacun la carte de visite publicitaire associée. Il disait ça fièrement, et comme très heureux de la chose.

D’où diable tenait-il donc toutes ces pochettes d’allumettes, celles-ci dignes de la collection d’un ebayer, et les centaines d’autres qu’il enflammait pour la chaleur qu’elles lui apportaient ? Les avait-il trouvées en quelque endroit, provenaient-elles d’un don, d’un vol ?

Ceux qui ainsi s’étaient arrêtés auprès de lui n’avaient pas le temps d’y réfléchir, car déjà il grattait une allumette pour qu’à sa lueur ils puissent clairement lire que sur telle pochette figurait le nom de l’hôtel THE CARIBBEAN ; dans la foulée, il leur disait de fixer attentivement la flamme de l’allumette et de voir, d’imaginer dans sa lueur les bons repas de Noël qu’on devait faire dans cet hôtel, les tables bien garnies. Il présenta alors une autre pochette et carte de visite, on pouvait y lire le nom de l’Hôtel HEAVEN’S PEAK sur un fond bleu, avec dessous le petit dessin d’un skieur. La flamme de l’allumette était située entre ses yeux et ce petit dessin, et on ressentait qu’il se voyait à travers elle descendre lui aussi des pistes de ski, puis il plaçait l’allumette entre les yeux de ses auditeurs et la pochette pour que eux aussi un court instant puissent imaginer et ressentir cette impression. Il gratta encore une autre allumette pour montrer le nom d’un troisième hôtel, cette fois on pouvait lire HOTEL DE PARIS… avec un dessin de la Tour Eiffel dessus. « Un hôtel de Las Vegas » annonçait-il, puis c’étaient les mots « Paris, Europe… Tour Eiffel » qu’il prononçait avec un réel petit accent français des plus surprenants. Enfin c’était un « Champs Elysée… aveniuuee » dit avec un geste de la main qui mimait une voiture serpent descendant « la plus connue des avenue du Monde » comme il l’annonçait fièrement. « Si tu regardes la flamme » disait-il, « tu peux y voir tous les phares des voitures sur l’avenue »…

Pleins de rêves dans ses yeux à Joach… il semblait réellement se transporter dans les endroits dont il parlait, mais il semblait bien aussi qu’il parvenait à y emmener ses auditeurs.

« Que des hôtels différents, pleins, pleins », leur répétait-il, « une trentaine ! Trente voyages, trente destinations… »

Il rassemblait alors l’ensemble des cartes de visite des hôtels et les tendait à l’un de ceux qui l’écoutait, et lui disait de mélanger ces cartes entre elles… Il les reprenait alors dans ses mains et annonçait, « hey maintenant il faut que je vous présente CED, c’est mon canard, là.. » disait-il en montrant son vieux jouet en bois. « C’est un bon compagnon » rajoutait-il…

A ce moment là, souvent son auditoire se disait que le jeune garçon qu’il avait en face de lui, était certainement un peu fou…

Mais Joach enchainait, s’animait :

« CED est vivant, c’est un canard animé, animé par le don de double vue, il me prévient des dangers, il sait prédire l’avenir, c’est vraiment un compagnon sûr ».

Il parlait vite et posément à la fois, lui qui avait l’air si sensé auparavant malgré tout l’étrange qu’il pouvait dégager, semblait d’un coup comme habité par quelque chose de mystique, tel un jeune marabout…

« Je vais vous montrer, CED est très fort».

Il prenait alors l’ensemble des cartes de visite et les plaçait dans un petit réceptacle situé sur le socle du canard en bois, face à son bec.

Il disait ensuite : « tu as mélangé les cartes, CED va faire une prédiction, regarde bien »…

Et là le canard en bois commençait à s’animer, à bouger le cou, puis subitement il plongeait très vite la tête dans les cartes, pour en ressortir avec une coincée dans son bec… On ne pouvait lire ce qui était inscrit dessus, on ne voyait que le dos de la carte que le canard avait attrapée.

« C’est la prédiction du futur que fait CED », disait Joach.

Alors sur le sol il brassait rapidement les pochettes d’allumettes portant les noms d’Hôtels pour les mélanger, puis demandait au passant de mettre ses mains en coupe et ils les déversaient dedans ; il lui disait alors qu’il allait devoir les relâcher une par une, ou par petits groupes sur le sol, celles qu’il souhaitait, et ce jusqu’à ce qu’il n’en est plus qu’une seule entre ses mains. Le passant s’exécutait et quand c’était fait, Joach ramenait vers lui les pochettes d’allumettes retombées au sol et disait « ne regarde pas encore quel hôtel tu as conservé, mais ce qui est important c’est que tu sais que tu pouvais laisser glisser de tes mains celles que tu voulais, aussi tu aurais très bien pu à la fin garder en mains celle-ci qui vient de l’hôtel RAY’S ROADSIDE RESORT ». Il disait cela en montrant une des pochettes que son auditeur avait laissé retombé au sol, et il rajoutait « ou celle-ci, la blanche, avec la grille du château dessinée dessus, l’hôtel GATEWAY INN, oui imagine tu aurais pu être ce soir dans un beau château… mais ta tête, ton cœur et tes gestes ont choisi celle-ci… celle que tu as entre les mains… Alors maintenant regarde le nom de ton hôtel ».

Le passant regardait la pochette et lisait à voix haute le nom, c’était le NORTH WOODS INN.

« Oh c’est un très très bel hôtel » disait Joach, « c’est celui qui est au milieu de la fôret de sapins, des grands beaux sapins de Noël».

Joach laissait passer une quinzaine de secondes pour que son auditeur puisse s’imager cet hôtel perdu en pleine nature, puis il enchaînait :

« CED a du le deviner ! CED savait certainement que tu partirais là-bas ; regarde la carte qu’il avait attrapé et qui est restée juchée dans son bec et dans le froid en attendant que ta main chaude vienne la prendre pour la lire».

Et le passant de la rue retirait alors de son bec la carte de visite qu’avait tiré le canard en bois, et il pouvait lire dessus NORTH WOODS INN ! C’était bien la carte publicitaire de ce même hôtel qu’il y avait d'inscrit sur sa pochette d’allumettes, celle qu’il avait librement choisi de conserver, celle-là et pas une autre.

Généralement le passant exprimait visiblement sa surprise par des yeux ronds, ou haussait les sourcils d’incompréhension, ou encore échangeait un regard de profonde stupéfaction avec les autres passants s’il n’était pas seul à être allé rejoindre Joach.

Ce signe d’étonnement émis était le signal ! Aussitôt des applaudissements, des sifflets, des « yeah man » des « Joach is a son of God » surgissaient du petit groupe d’hommes qui entouraient le poêle de rue improvisé situé près du recoin de Joach ; des bravos joyeux qui duraient une vingtaine de secondes avant que les hommes ne se remettent à rire doucement et à parler entre eux.

Cela rajoutait, pour les auditeurs de Joach, une autre surprise, et conférait soudainement au gamin un statut d’artiste acclamé. Parfois certains de ses auditeurs applaudissaient alors, parfois Joach ne leur laissait pas ce temps de réaction et enchainait directement en leur tendant une vieille boite de cirage vide en métal tout en leur disant :

« Pour le spectacle, pour la Magie, pour la Magie de Noël !! ».

Et les passants qui étaient venu voir tout cela, ce gamin appauvri, sa tenue, sa boite de cireur de chaussures, ses allumettes, tout ce proprement surréaliste, bah ils mettaient la main à la poche, même si celle-ci était un peu trouée, oui ils lui donnaient un peu d’argent. Ceux qui pouvaient rechigner à donner, remarquaient l’œil discret mais délibéré que jetait alors Joach vers le petit groupe d’homme à proximité, avec l’air de leur signifier « pff veut même pas donner celui-là, celle-là », et ce regard furtif permettait de rappeler la présence proche de ce groupe d’adultes. Et il répétait encore « Pour Noël, pour le spectacle ! »… Et ceux là aussi, craignant peut-être quelque éventuelle mésaventure, finissaient par donner.

Pour conclure Joach sortait quelques pochettes d’allumettes du grand sac, et les donnaient à ses spectateurs en leur disant : « Joyeux Noël à toi, rêve, imagine de belles choses, rêve d’être ailleurs, rêve d’être dans ce que tu souhaites, dans la vie que tu souhaites, fais brûler une allumette pour toi, pour ta famille, tes amis, emmène les ailleurs, mais fais quand même toujours attention, car à trop regarder une flamme d’allumette on peut parfois pleurer à cause de la chaleur ou à cause de la tristesse de ce qu’on a pas, alors arrête toi toujours avant de pleurer, et gratte aussitôt une autre allumette pour repartir dans un autre petit rêve, oui un autre ».

Les passants reprenaient alors leur chemin, et tous se disaient que ce gamin était un spectacle à lui tout seul, et que en ce soir de Noël, ils avaient quand même eu la chance mine de rien de voir un magicien des rues, un sacré drôle de gamin; de la magie, oui, tiens donc, c’est quand même pas tous les jours, et de la magie sacrément bizarre en plus ! Ca allait pour beaucoup leur donner une histoire de Noël à raconter ou alors ils garderaient ça pour eux-mêmes… En tout cas ils l’avaient vécu, et c’est ça l’essentiel.

Peut-être un jour proche ou lointain, l’un ou l’autre d’entre eux découvrirait ou se rappellerait le conte d’Andersen et y verrait alors une mystérieuse analogie avec ce soir de Noël 2010.

Et ça forcément, ça ne rajouterait que davantage de magie à leur souvenir de ce surprenant petit Kid aux allumettes…

Joach avait donc refait plusieurs fois son petit spectacle à d’autres passants dans la soirée.

Plus tard dans la nuit, d’un de ses sacs en toile il sortit une vieille paire de chaussures qu’il enfila… Il en avait donc quand même. Les économisait-il en voulant les porter le moins possible et ce malgré le froid ? Etaient-elles un peu trop serrées et aimait-il tout bonnement se détendre les pieds ? Ou bien était-ce peut-être délibéré car il avait le sens d’une certaine petite mise en scène pour effectuer son petit spectacle ?

Il rejoignit alors le groupe d’hommes toujours affairé autour de ce feu de rue point de ralliement et de chaleur; il y avait eu du va et vient et c’était en partie seulement les mêmes individus qu’en début de soirée ; ceux-ci lui donnèrent à manger et il partagea avec certains d’entre eux un peu de l’argent qu’il avait gagné. Certainement aussi ainsi partageait-il leur estime, leur protection, et d’autres choses de survie encore…

Mais avant de se mettre à manger, Joach déposa CED sur deux briques posées côte à côte sur un petit muret en pierre ; c’était étrange, on aurait dit que le canard en bois reposait sur une espèce de trône ! Joach gratta une allumette et la tendit entre ses yeux et le Canard…

Une fois encore il parvint à conserver étrangement durablement la durée de l’ignition.

Il fixa alors longtemps son compagnon à travers la flamme, en ayant son autre main posée à plat sur sa poitrine. Joach donnait l’impression de prier devant le Canard, tel devant Dieu, peut-être remerciait-il pour le repas à venir, peut-être quelque part bénissait-il CED de le faire vivre dans ce froid hivernal en lui permettant de gagner quelque argent, ou bien peut-être était-ce à tout autre chose qu’il pensait alors face au Canard, peut-être même à des idées magiques même, qui sait…

Car selon ceux qui connaissent bien le petit Kid, il paraîtrait que le Canard avait bien d’autres pouvoirs encore, 1001 disaient-ils, et toujours selon eux, Joach lui avait déjà plus d’un autre tour dans sa boite de cireur….

Un petit Kid, qui deviendrait peut-être un jour un très grand magicien…

Peut-être dans la flamme de l’allumette se voyait-il devenir THE GREAT ANDERSEN.

Ou encore rêvait-il peut-être de rencontrer au détour d’une rue enneigée une jolie petite marchande d’allumettes…

Celle qu’il pourrait aimer et protéger de tous les dangers de la vie grâce à sa ruse et ses pouvoirs de magicien.

Et ce, infailliblement et ad vitam eternam…

CED lui devait assurément bien savoir à quoi Joach pouvait penser.

Mais comme on dit chez nous, "il ne lui manquait que la parole"....

15.01.2011

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    • Pour ceux qui hésitaient encore ou qui veulent avoir un aperçu de l'ambiance et du programme, @Julien LOSA vous a tourné une petite vidéo aux petits oignons. 🍿 Il y détaille de vive voix ce qu'il vous a préparé pour le samedi 26 septembre : les routines, les réflexions, et surtout l'esprit 100 % terrain de cette rencontre chez moi. 👇 Installez-vous confortablement et lancez la vidéo ci-dessous ! Alors, quel effet du programme vous donne le plus envie de venir décortiquer tout ça avec nous ? ⚠️ Pour rappel, le nombre de places chez moi à Paris est très limité pour garder ce format intimiste et pouvoir échanger facilement. Ne tardez pas trop à réserver la vôtre ! 👉 Réserver ma place pour la conférence
    • Disons… poussière d’étoiles à 40 % :   
    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
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