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la réparation est vraiment très bien, ressemblerait même pas mal à Bits&Pieces de Crawford mais à la fin je trouve également que cela casse tout...!

la transformation finale va exactement à l'encontre du but recherché - à savoir convaincre que les morceaux déchirés et soudés entre eux magiquement sont bel et bien les mêmes.

Pire, elle encourage l'idée même de troc des morceaux contre un duplicata, et ruine donc le sens de l'effet cherché.

Je n'arrive vraiment pas à avoir la même sensation que vous, même si je la comprend.

Pour moi cet effet ce n'est pas vraiment un effet de restauration (ou du moins celle-ci n'est que secondaire, c'est un effet très fort en plus), mais cet effet est avant tout pour moi une transformation de carte en une autre !

(une fois que j'ai remarqué qu'il y avait bien eu transformation, cf post précédent :) )

Montrer que "Les morceaux déchirés et soudés entre eux magiquement sont bien les mêmes" "qu'il n'ya pas échange de bloc" ? Dis-tu Domi.

Mais pour le spectateur comment peut-il penser autrement ? Il n'en voit pas d'autres de morceaux! Les gestes sont clairs et purs en cela justement dans la démo.

Et s'il pense comme tu dis, le mystère devient : "mince où sont passés ceux d'avant et d'où diable surgissent ceux-là ? Je ne les ai pas quittés des yeux et ils étaient soudés devant moi ! Et là paf ça se transforme... !"

Moi je trouve ça fort et magique !!!

Imaginons un scénario de routine des plus simples et basiques :

Le Magicien tente de retrouver la carte du spectateur, ce n'est pas la bonne, il la déchire, il regarde les morceaux, laisse suggérer qu'il regrette, se ravise, veut et va en faire quelque chose ... il les ressoude... il retourne la carte... à la place c'est bien celle du spectateur !!!

Moi je trouve ça fort et magique (bis repetita !).

On peut aussi imaginer l'effet avec une carte blanche au départ, déchirée, recollée et qui s'imprime en carte choisie ou pensée ou je ne sais quoi (et j'aime assez cette idée personnellement).

Je crois qu'il ne faut pas prendre cet effet et trop le comparer à un seul effet de restauration de carte traditionnelle, ce n'est pas ça, la transformation c'est un point culminant, c'est l'effet réel et final ! Une carte s'est magiquement transformée en une autre...

Après reste le problème de la carte donnée à l'examen etc... comme dit précédemment.

Et je persiste à penser que la vidéo ne met pas grand chose de tout ça en valeur et restreint la valeur de l'effet pour tout le monde, que ce soit dans votre ressenti de l'effet final ou dans le miens.

Ps: sinon pour la coupure au montage avant le retournement de la carte, je m'étais dis comme toi Domi.

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Publié le (modifié)

Pour être honnête, quand j'ai vu la vidéo, j'étais sur le cul: la restauration est vraiment fabuleuse.

Puis j'ai lu vos messages... et j'ai réalisé que la carte change à la fin (car je n'avais lu que la vidéo et pas les textes à côté). Par ailleurs, j'adore Kenner, mais la vidéo est nulle: coupe mal choisie, l'as de pique que l'on restaure n'est pas assez visible, etc...

Je suis complètement d'accord avec Domi: le change de carte est anti climax au possible, comme avec le brainwave: et c'est pas moi qui le dit, c'est Tamariz (concernant le brainwace): en voulant en faire trop, au final on ne fait rien du tout (comme par exemple avec les as travellers, quand à la fin les as se transforment en roi à dos rouges, qui se transforment en rois en dos bleus, qui se transforment en trombones, puis en poulets, etc...).

Mais pour le spectateur comment peut-il penser autrement ? Il n'en voit pas d'autres de morceaux! Les gestes sont clairs et purs en cela justement dans la démo.

Les solutions des spectateurs sont souvent rocambolesques, c'est notoire: personne n'a entendu un spectateur dire que le jeu est marqué après avoir fait une ambitieuse? Le fait que la carte a changé entre temps sera leur première solution, à n'en pas douter.

Cependant, je pense que le change de carte n'est pas obligatoire, et qu'on peut garder juste la restauration.

Personnellement, les meilleures versions sont pour moi celles de Hollingworth et de Doumergue, car elles sont visuelles, et la carte peut-être examinée à la fin (je ne sais pas si c'est le cas avec celle de Bich: si ça l'est, la version de Bich est, disons-le, la version ultime).

Par ailleurs, puisque Domi parlait de justification et d'Arthur Tivoli, notons celle d'Hollingworth: "les gens me demandent souvent quel est l'intérêt de déchirer une carte pour la restaurer juste après... Je leur répond que sans cela, il n'y aurait rien de magique!".

Dans tous les cas, chapeau bas Monsieur Bich. Encore une création magnifique.

Modifié par Invité
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Puis j'ai lu vos messages... et j'ai réalisé que la carte change à la fin (car je n'avais lu que la vidéo et pas les textes à côté). Par ailleurs, j'adore Kenner, mais la vidéo est nulle: coupe mal choisie, l'as de pique que l'on restaure n'est pas assez visible, etc...

Tu me rassures, je ne suis donc pas le seul à ne pas avoir vu que la carte changeait... et de considérer la vidéo comme no good.

Le fait que la carte a changé entre temps sera leur première solution, à n'en pas douter.

Bien sûr puisqu'elle change !!! Je me répète mais l'intérêt c'est justement le "mince ça a changé, je voyais clairement quelque chose qu'on me montrait distinctement, les yeux rivés dessus, et paf c'est devenu autre chose... Ca alors. Pourquoi ? Comment ? quid ? C ouilles, asperge, concombre ?"

Bon sinon il n'y a personne d'autre qui ne prenne en compte la transformation en premier lieu et non la restauration, et qui donc pense que cette transformation finale n'est pas du tout un anti climax mais au contraire un change magique fort et direct de carte pour lequel la restauration n'est qu'un effet secondaire, fort lui aussi, mais permettant d'y aboutir ?

Ce histoire de se sentir un peu moins seul face à tous à ce niveau là ! mdr;)

(Je me dis que chez Theory ils doivent penser ça aussi ... :)

Just when you think the effect is over-- it hasn't even begun qu'ils disent les ricains).

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Je te suis complètement sur ton raisonnement Husky ;)! Tu n'es plus seul.

Ça me fait penser à la routine de Tommy Wonder "Déjà Reverse" ou il déchire la carte par "énervement"(donc avec raison) et au final elle a changé !Ça sera plus clair avec ceci ...

Imaginons un scénario de routine des plus simples et basiques :

Le Magicien tente de retrouver la carte du spectateur, ce n'est pas la bonne, il la déchire, il regarde les morceaux, laisse suggérer qu'il regrette, se ravise, veut et va en faire quelque chose ... il les ressoude... il retourne la carte... à la place c'est bien celle du spectateur !!!

Pour reprendre un peu cette idée,combinée à celle de T. Wonder : on peut par exemple à la fin ,essayer de réparer le 5 de coeur , et une fois ceci fait, elle redevient le 7 de trèfle! et le 5 est retrouvé dans le milieu du jeu.

Il faut voir après comment goupiller l'ensemble, mais on voit déjà un bon potentiel une fois inclus dans une routine. :)

p.s: en tout cas un grand bravo pour cette nouvelle "trouvaille"(et pour toutes les autres)

Publié le

Husky,

Même si je reste très dubitatif quant au fait de cumuler deux effets distincts (restauration et transformation) ce qui me semble nuire à la cohérence et à la clarté de l'ensemble, j'aime assez ton idée :

"Le Magicien tente de retrouver la carte du spectateur, ce n'est pas la bonne, il la déchire, il regarde les morceaux, laisse suggérer qu'il regrette, se ravise, veut et va en faire quelque chose ... il les ressoude... il retourne la carte... à la place c'est bien celle du spectateur !!!"

La faiblesse tient à ce passage :

"il regarde les morceaux, laisse suggérer qu'il regrette, se ravise"

la motivation des actions du magicien est à ce moment là trop faible, il faut une réelle raison de justifier l'intérêt que le magicien porte à cette carte.

Pourquoi pas imaginer la situation suivante : le magicien fait choisir une carte au spectateur (mettons qu'il s'agisse de l'as de coeur). Puis il se saisit d'un feutre et comme il indique au spectateur qu'il souhaite le voir noter son prénom en larges lettres capitales sur la carte, il note, à titre d'exemple comme qui dirait, son propre nom au dos de la carte choisie.

Le spectateur note ensuite son prénom sur la face cette fois de la carte.

Le magicien perd la carte dans le paquet et se propose de la retrouver. Après un ou deux essais infructueux, au troisième échec la magicien brandit face aux spectateurs une carte (mettons la dame de trèfle) qui n'est (une fois de plus !) visiblement pas la bonne. Attention : le magicien ne regarde pas la face de la carte et se fie au spectateur qui lui affirme qu'il ne s'agit pas là de sa carte.

Exaspéré de temps d'échecs successifs, le magicien déchire la carte (l'action "violente" doit être ici motivée par la réaction du personnage du magicien face à sa série d'échecs - cela ne conviendra pas à tout le monde) et "jette" les morceaux faces cachées sur la table.

Il feint de vouloir passer à autre chose quand son oeil est attiré par les morceaux.

Le magicien découvre (et le public avec lui) que le dos de la carte -qui n'était pas aux dires du spectateur la sienne et pour cause puisqu'il a vu une dame de trèfle quand il avait choisi l'as de coeur- porte des écritures.

Le magicien lorgne d'un oeil soupçonneux le spectateur.

Le magicien de rassembler les morceaux et de procéder à la restauration de la carte -supposément du point de vue du public la dame de trèfle- faisant progressivement apparaître son propre prénom sur le dos de la carte.

Comme il se doit au terme de la restauration la carte que le spectateur avait réfuté comme étant la sienne s'avère être bel et bien l'as de cœur qui fut choisi.

Il va de soi que j'ignore dans quelle mesure TnR pourra s'intégrer à un tel scénario, mais là je comprendrais un peu mieux le cumul des effets (même si dans mon idée je n'aime pas trop que le magicien traite ne serait-ce qu' implicitement un spectateur de menteur ; par ailleurs tout le monde n'a pas le talent d'un David WILLIAMSON pour s'exaspérer de ses échecs :crazy: )

Publié le

Merci Mathieu pour cette nouvelle merveille que tu nous livres...

Outre le fait que tu fais partie de ceux qui "font", tu fais certainement partie de cette minorité qui si bat pour qu'un jour on arrête de voir de manière systématique une carte remonter 14 fois sur le dessus du jeu. Quand talent, gentillesse, humilité et créativité sont réunis, cela nous donne une perle comme ce tour magnifique qui, au même titre que celle de M. Hollingworth qui en son temps fut une révolution, fera certainement monter le thème de la carte déchirée d'un cran. J'ai hâte d'avoir cette merveille entre les mains, qui sera sans aucun doute un générateur d'idées.

Nikola

www.nikola.fr

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Cartman: un seul mot: Thanks ! mdr;)

Et en plus tu illustres à merveille avec un parfait exemple de raison et de coeur avec la routine de Tommy Wonder !

Domi, mon exemple de scénario était comme je le disais des plus simples et basiques, et juste là pour illustrer une idée de propos, dac avec toi sur le fait que ce n'est pas suffisant comme motiv etc...

Je trouve que ta bonne idée de scénario a incroyablement énormément de points communs avec cette routine de Tommy Wonder justement. Et tu la rédigeais tandis que Cartman postait... donc c'est cool on est tous dans le même bon couscous. :)

Effectivement TnR pourra t i l permettre ton idée et notamment les deux faces signées ...?

Comme dit Cartman: "Il faut voir après comment goupiller l'ensemble, mais on voit déjà un bon potentiel une fois inclus dans une routine".

C'est comme d'habitude toujours cela qui est intéressant: sortir de l'effet fort de base de l'effet tel qu'il est présenté et vendu et voir comment l'intégrer à sa propre paella.

Ca contribue à comme le dit Nikola à ce que "on arrête de voir de manière systématique une carte remonter 14 fois sur le dessus du jeu. "

L'effet de Mathieu Bich en ce sens contribue justement à cela comme il le dit.

Et on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs....

(Ce qui me semble encore plus à propos ici... mdr ).

Ps: Domi, Tommy Wonder traite le spectateur de menteur de façon très douce et souriante.

Publié le

c'est quand meme amusant cette manie des magiciens a vouloir a tout prix faire signer la carte du spectateur et pouvoir lui donner "a l'examen" a la fin...........

il n'y a pas forcément besoin de prouver quoi que ce soit aux spectateurs!!......

si ce que vous faite ne leur parait pas magique sans "examiner l'objet".... changez de boulot!.....

Publié le
c'est quand meme amusant cette manie des magiciens a vouloir a tout prix faire signer la carte du spectateur et pouvoir lui donner "a l'examen" a la fin...........

C’est quand même amusant d’en faire ainsi des généralités. Je pense que c’est au cas par cas, pour certaines routines c’est un plus, pour d’autres ce n’est pas du tout nécessaire.

il n'y a pas forcément besoin de prouver quoi que ce soit aux spectateurs!!......

Pas forcément, effectivement, comme tu dis.

C’est au cas par cas et selon chacun.

Et dans certains cas si, ce peut être un plus !

Et pour éviter qu’ils imaginent n’importe quoi par exemple qui vienne casser leur magique ressenti.

Et ici à fortiori dans le cas de cet effet, qu’il y ait du scotch, du magnet, de la colle, du gel... vu que la carte restaurée conserve la physionomie de morceaux assemblés entre eux et la cicatrice ouverte des déchirures, et qu’elle n’est pas redevenue comme neuve comme dans les autres routines de restauration de carte.

Domi illustre bien ça en donnant cet exemple :

« une routine amusante dont le nom m'échappe sur le moment (T.WONDER ?) consistait même à fournir la carte au public afin qu'il découvre des bouts de scotch grossièrement collés au dos de celle-ci : sauf qu'une fois les morceaux ôtés, la carte était bel et bien restaurée ). »

Ca ne te semble pas un plus là ?

si ce que vous faite ne leur parait pas magique sans "examiner l'objet".... changez de boulot!.....

Si on change de boulot, tu changes de ton ? (Parce que là je dois dire…)

Si tu considères d’une manière globale qu’en Magie, et plus particulièrement en close-up, que laisser « examiner l’objet » parfois n’est pas un plus, alors change de boulot, et en ce cas là moi aussi je changerai de ton.

Tiens par exemple tu es déjà allé voir les Intimistes de Duvivier ? Il laisse souvent examiner les objets et insiste bien là-dessus en plus, ça ne rajoute que de la crédibilité ou/et de l’impossibilité ou/et du mystère au Magique qui a été montré précédemment.

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    • Pour ceux qui hésitaient encore ou qui veulent avoir un aperçu de l'ambiance et du programme, @Julien LOSA vous a tourné une petite vidéo aux petits oignons. 🍿 Il y détaille de vive voix ce qu'il vous a préparé pour le samedi 26 septembre : les routines, les réflexions, et surtout l'esprit 100 % terrain de cette rencontre chez moi. 👇 Installez-vous confortablement et lancez la vidéo ci-dessous ! Alors, quel effet du programme vous donne le plus envie de venir décortiquer tout ça avec nous ? ⚠️ Pour rappel, le nombre de places chez moi à Paris est très limité pour garder ce format intimiste et pouvoir échanger facilement. Ne tardez pas trop à réserver la vôtre ! 👉 Réserver ma place pour la conférence
    • Disons… poussière d’étoiles à 40 % :   
    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
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