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Christian GIRARD

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Tout ce qui a été publié par Christian GIRARD

  1. « Entre le soutien-gorge et la culotte, s'étend cette brève zone de chair nue, boursouflée par les élastiques : étonnante erreur de la mode qui scie en deux le tronc féminin ! » Hervé Bazin, La Mort du petit cheval (1950)
  2. Peux-tu en dire plus, je connais bien sur l'expression mais là je ne vois pas ? Fais une recherche sur Google avec les mots clés "Entre chien et loup Surnateum", tu devrais trouver des choses intéressantes... Je viens d'ouvrir un sujet dévolu à ce conte, ici : http://www.virtualmagie.com/ubbthreads/ubbthreads.php/topics/268133/Reflexion_Entre_chien_et_loup#Post268133
  3. Il est indispensable de lire attentivement ce conte avant de s’attaquer à mes commentaires, cliquez ici : http://blog.france3.fr/cabinet-de-curiosites/index.php/2007/10/10/59989-surnateum Entre chien et loup est une histoire remarquable. L’expression, relative à ce moment de la tombée du jour qui se superpose à l’obscurité naissante (ou lui laisse place, c’est selon), est ce moment de flottement temporel lors duquel il est difficile de distinguer le chien du loup (au figuré : l’animal de compagnie fidèle de la bête féroce et sanguinaire), cette bande interstitielle un peu indéfinie entre deux états de la journée eux bien distincts (le jour plutôt éclatant et la nuit fatalement obscure), cette zone crépusculaire dont le sens réel est plus proche de celui du titre original de la série fantastique The Twilight Zone que de sa traduction en français (La Quatrième Dimension). Il y a de l’indéterminé, de la menace dans l’air… Si en soi résonne cette maxime, « l’homme est un loup pour l’homme » (Homo homini lupus, Thomas Hobbes), la première idée qui vient à la lecture de l’histoire est celle du lycanthrope (ou loup-garou, forme pléonastique mais communément admise, je vous renvoie à la terminologie en lien plus bas). C’est l’une des richesses de ce conte de Christian Chelman que d’ouvrir à plusieurs plans d’évocation par le conteur et donc de perception par le public (Dans la tradition des ouvrages de Perrault, Andersen et autres Grimm, mais peut-être aussi dans l’esprit plus décalé des Tales from the Crypt, ne serait-ce pas un joli titre de recueil que Les Contes de Chelman ?). En réalité il s’agit d’une histoire traitant via ce comte hongrois du thème des vampires psychiques (bien plus dangereux et présents que ceux censés se nourrir de sang) que j’appelle souvent pour ma part des vampires psychoaffectifs, un sujet qui tout autant que ceux de la manipulation mentale et de la perversion narcissique m’intéresse et pour lesquels j’interviendrai probablement un jour ou l’autre dans ce forum, si j’ai le temps et l’envie. En général, la seule évocation du vampire en question fait se lever les boucliers de sa garde rapprochée : Dracula (qui lui-même se transforme en loup dans le roman de Stocker) a aussi cette faculté de commander aux loups. Ces loups défenseurs du monstre se comportent alors plus comme des chiens obéissants et tout acquis à la cause de leur maître, quoique persuadés d’agir via leur libre-arbitre alors qu’ils ne sont déjà que des marionnettes inconscientes œuvrant sous la volonté d’un autre. Néanmoins, il y a un point de l’histoire qui ne cesse de m’interroger, peut-être que CEDmagic pourra m’aider à comprendre et me dire si un élément scénographique permet d’interpréter au mieux cette phrase-ci : « C’est alors que j’eus une idée pour le moins originale. Si elle fonctionnait, le joueur adverse allait être vraiment surpris… » Dans la suite du conte (hongrois ? ), je ne vois pas le Collectionneur/narrateur agir en fonction de « son » idée qui reste un mystère (peut-être est-ce voulu que ceci également se situe entre chien et loup), la fin de l’histoire témoigne juste de ce que le joueur d’échecs « continue de se faire manger » ses pièces et qu’un cas figure particulier des pièces sur le plateau, un cas qui semble dû au hasard, entraine une chute extraordinaire à l’histoire. Cependant, si le joueur perd réellement et qu’il est mentalement vidé (il est décrit comme un « zombie anémique » !), on a du mal à comprendre comment il pourrait contrôler cette phase finale du jeu. On suppose que le narrateur lui a suggéré une stratégie particulière et que le joueur, se fiant uniquement aux recommandations du narrateur car trop vidé pour penser, a finalement trouvé un restant de résistance pour se mettre quelques instants au service (ou sous le contrôle) de son ami le Collectionneur. Je pense qu’il serait bon d’être un tout petit peu plus explicite sur cette phase finale, peut-être d’une phrase qui nous donnerait un élément de l’idée du Collectionneur, par exemple celle qui consisterait à utiliser le potentiel du joueur et surtout sa capacité à user « des coups les plus retors » (je cite) pour réveiller le loup qui est tapi en lui ? À titre personnel, je vous recommande la lecture de La Défense Loujine de Vladimir Nabokov qui traite d’une solution particulière trouvée par un joueur d’échec pour échapper au vaste jeu de la vie dont il estime être une pièce (une pièce « attaquée », ça va de soi). Je pense qu’il serait possible voire souhaitable d’intégrer en un point de l’histoire le terme selfmate (ou sui-mate, mais il semble préférable de ne pas traduire par un néologisme risible comme "auto-mat" ) qui désigne « un problème d'échec très particulier, aussi ardu que paradoxal, consistant à obliger le camp adverse à gagner ». Voici donc ce que pourrait suggérer le Collectionneur à son ami, juste un mot, murmuré au creux de son oreille, « Selfmate... » (« a move that will cause a player's king to be mated within a certain number of subsequent moves »), un suicide stratégique qui donnerait d’ailleurs un sens supplémentaire à l’apparition finale de la croix. Peu importe d’ailleurs que le mouvement des pièces soit conforme ou pas à une réelle solution d’un problème de type selfmate, c’est l’idée du sacrifice stratégique qui compte (hongrois ? ). L’idée finale du conte, au-delà de ce qu’il est parfaitement possible de mettre à bas un vampire psychique (notamment en l’exposant symboliquement à la lumière, c'est-à-dire en révélant ses failles ou sa vraie nature), est qu’un échec apparent et indiscutable peut être le masque d’une éclatante victoire pour peu que l’angle d’attaque soit latéral. On peut se jouer des échecs ! Christian Girard 27 octobre 2010 Lycanthrope : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lycanthrope Thomas Hobbes : http://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Hobbes La Quatrième Dimension : http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Quatri%C3%A8me_Dimension_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e) Vampire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Vampire#Liens_avec_le_monde_animal Thérianthropie : http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9rianthropie Batthyány : http://fr.wikipedia.org/wiki/Batthy%C3%A1ny La Défense Loujine : http://classes.bnf.fr/echecs/litt/nabokov.htm Selfmate : http://en.wikipedia.org/wiki/Selfmate http://img9.imageshack.us/img9/5755/checsmarionnette.jpg Source image : http://tootsimages.centerblog.net/
  4. Ce qui est surprenant, c'est qu'il n'y ait pas d'interrogations de ce type plus souvent , ta question est fort intéressante et tout à fait justifiée, Magic frasi.
  5. Bien sympa, honnête et COURAGEUX, bravo et merci aussi !
  6. Fou, tu es joaillier... heu... Jo tu es fou à lier.
  7. L'eau lourde « n'est pas considérée comme toxique », certes, mais il ne faut vraiment pas en abuser : EAU LOURDE Par ailleurs (et pas railleur par la même occasion), l’une de mes connaissances a écrit un article traitant des bracelets Power Balance adoptés par des sportifs de haut niveau, c’est ici : Les bracelets Power Balance peuvent-il vous faire gagner des régates ? Ah, les indéniables vertus du fameux "bisou magique"...
  8. Info du jour : " Vingt Mille Lieues sous les mers, le film de Richard Fleischer tourné en 1954, prenant quelques libertés mineures avec l'œuvre de Jules Verne, a présenté une version spectaculaire du Nautilus. Son allure générale dans ce film a marqué les réalisateurs de ce qu'on nomme aujourd'hui le steampunk. " (Source Wikipédia)
  9. La version "contraire" : [video:youtube]http://www.youtube.com/watch?v=F19zGHoWpL0&feature=related
  10. [video:dailymotion]
  11. Mœbius alias Gir alias Jean Giraud à la fondation Cartier Une expo intitulée Transe Forme de ce génie de la bande dessinée et du graphisme : http://fondation.cartier.com/ Une vidéo : http://culturebox.france3.fr/all/28699/moebius-s_expose-a-la-fondation-cartier#/all/28699/moebius-s_expose-a-la-fondation-cartier C.G.
  12. mdr Puisqu'il nous faut finir avec une bière, optons aussi pour une jolie pi R tombale.
  13. Merci Bob pour ton café où l’addition est à la tête du client (celle de Toto sans doute) et où les tables sont de multiplication. La tienne semble-t-il permet de faire d’une pi R 2 coups…
  14. C'est vrai Sophie, cette chanson mérite une attention particulière : une mélopée qui reste dans la tête, une profondeur de sens et l'eau d'une Fontaine qui ne vole pas son qualificatif d'originale (l'originalité artistique est bien l'un des thèmes de ce thread), "ça coule de source". C'est normal - Brigitte Fontaine et Areski Belkaci Les paroles : http://www.bide-et-musique.com/song/1892.html
  15. Célébration de Gardner J’étais invité jeudi 21 octobre à participer à une réunion (un petit comité pour cette première en France, rassemblé dans un « café mathématique » dont les places sont limitées) qui se voulait une « fête de l’esprit que Martin Gardner et ses livres continuent de répandre ». L’idée vient à l’origine de certains membres du G4G (Gathering for Gardner) qui tenaient à rendre au grand homme un hommage respectueux mais ludique qui ne soit pas un « mémorial » (je cite) ; la date choisie pour ce rassemblement fut celle du jour de l’anniversaire de Gardner. Je n’ai pas pu y assister, pour des raisons professionnelles, mais je tenais à vous faire part de cette heureuse initiative à portée internationale qui pourrait s’élargir et toucher plusieurs autres villes de France à l’avenir. J’aime beaucoup ce type de démarche intelligente, positive et sans aucun doute constructive. Voici un lien qui pointe vers Celebration of Mind, s’y trouve un bel ambigramme en page d’accueil et les détails relatifs à l’organisation de ce Rassemblement pour Gardner : http://www.g4g4.com/G4G-COM/G4G_CoM_About.htm Christian Girard
  16. Hum… Je ne me prononce pas sur la méthode ; mais pour ce qui est de l’effet, voici une petite remarque sous forme de comparatif. J’ai mis des couleurs qui permettent d’associer les analogies : Pour le tour intitulé Transit, un élastique (non truqué) est entouré plusieurs fois autour d’un doigt, l’index. Puis il voyage ainsi « attaché » d’un doigt à l’autre. En final, l’élastique disparaît puis apparaît sur le pouce de l’autre main. Dans Arcane n° 112 d’octobre 2003, pages 13 et 14, j’ai publié un tour avec un chouchou (non truqué) intitulé Le Voyage en solitaire, en voici le descriptif : Effet : Un chouchou pourtant attaché deux fois autour de l’index, voyage d’un doigt à l’autre de la main ; il se transfère inexplicablement autour du majeur, puis de l’annulaire, puis disparaît et se retrouve finalement autour du petit doigt… de l’autre main ! Christian Girard
  17. " Les Compagnons du tour "... de magie !, une solution pour se faire maître ? Voilà qui donne une perspective un peu cavalière à la locution « échecs analysés »… Humour mis à part, je comprends parfaitement Winfried ce que tu veux dire et je partage ton idée qui suggère qu’il est bon de se former auprès de personnes parfaitement rompues à leur discipline mais je pense qu’il est plus sage de trouver un ami compétent, un expert de confiance, un référent expérimenté ou un pédagogue de talent plutôt qu’un « maître » dont les exemples ne manquent pas de poser problème, en magie ou ailleurs, en ce sens que lesdits « maîtres » forment mais surtout déforment, mus en cela par cette volonté non négligeable d’être vénérés en retour. J’adhère à ton idée d’une multiplicité d’influences qui évite le clonage : il me semble préférable de substituer au « maître-étalon » une multitude de « kilomaîtres » qui permettront de cheminer plus loin… La hauteur que t’offre un « maître » est celle qu’il te fait prendre en t'enjoignant d'escalader un monticule dont il est le sommet. Un précepteur, lui, t’ouvre à de larges plans de territoires. L’un t’offre l'espoir de regarder l’horizon du haut de sa propre hauteur (conscient de ce que cet espoir sera déçu car il te cantonnera toujours en dessous de lui, quitte à t'écraser du pied si tu t'approches), l’autre t’invite à suivre ta route pour t’y diriger : toujours fuyant, l’horizon est une ouverture sans fin sur le monde. L’un " t’offre " pour te rendre dépendant, redevable et pour que tu puisses le servir, l’autre t’invite à être libre et toi-même. Pour le pain, je persiste : il y a des secrets, des secrets de fabrication (ingrédients, temps, phases et matériaux de cuisson, etc.), de conservation, de production, qui certes reposent sur l’expérience (et parfois la transmission orale de recettes), le savoir-faire, l’expérience, la compétence, la pratique. Pour reprendre ton expression à ma sauce, j’écrirais qu’un bon pain nécessite surtout un bon coup de pâte. C.G.
  18. Que Carlos (RIP) avait via Sorano une descendance pour assurer sa retraite ? : http://www.gala.fr/var/gal/storage/images/media/images/actu/photos_officiel/carlos/carlos_deguise_en_lapin/494108-1-fre-FR/carlos_deguise_en_lapin_reference.jpg
  19. S'il s'agit d'un très bon pain, je pense tout le contraire.
  20. Merci Iris pour les liens pointant vers Tamacun de Rodrigo y Gabriela, c'est sublime, un coup de cœur que je partage totalement... Un copié-collé de messages qui ont leur place dans ce thread relatif aux instruments de musique originaux, source : http://www.virtualmagie.com/ubbthreads/ubbthreads.php/topics/229715/16 Faire vibrer secrètement une corde au moyen d'un laser peut suggérer une alternative originale dans des tours de Magie fantastique qui nécessitent de produire inexplicablement un son particulier (je pense à certaines cloches sans battant mais qui "sonnent"... ) sans qu'aucun moyen d'action ne puisse être détecté par le public... "Y'a kék' chose qui cloche" comme on dit ! Cher ! http://www.sonicprice.fr/prix/m.e-bow.html
  21. No Woman no Cry, pas de vaccin pas de regret... Mais une crainte subsiste, alimentée par les tensions internationales, les grèves, la dette..., le compteur en lien plus haut continue de tourner tranquillement : http://www.211212.info/
  22. Bonjour Ratcekou N'y a-t-il pas un vote au sein de la FFAP pour valider de façon collégiale le choix des invités, des conférenciers ?
  23. Merci Jack, très bonne idée que d’avoir donné ce lien pointant sur le Discours de la servitude volontaire d’Étienne de La Boétie, texte magnifique et pertinent qui, s’il est prioritairement relatif aux tyrans de tout poil, permet aussi de tirer de justes analogies avec d’autres types de manipulateurs. Les adeptes serviles, les complices dévoués et tous ceux qui sont en mal de maître ou de gourou feraient bien de lire ce texte qui sonne comme une sérieuse mise en garde. Quelques extraits choisis : « […] à la réflexion, c’est un malheur extrême que d’être assujetti à un maître dont on ne peut jamais être assuré de la bonté, et qui a toujours le pouvoir d’être méchant quand il le voudra. » « Pour le moment, je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. » « Quel est ce vice, ce vice horrible, de voir un nombre infini d’hommes, non seulement obéir, mais servir, non pas être gouvernés, mais être tyrannisés, n’ayant ni biens, ni parents, ni enfants, ni leur vie même qui soient à eux ? » « […] l’habitude, qui exerce en toutes choses un si grand pouvoir sur nous, a surtout celui de nous apprendre à servir et, comme on le raconte de Mithridate, qui finit par s’habituer au poison, celui de nous apprendre à avaler le venin de la servitude sans le trouver amer. » « […] en vérité les années ne donnent jamais le droit de mal faire. Elles accroissent l’injure. » « Le laboureur et l’artisan, pour asservis qu’ils soient, en sont quittes en obéissant ; mais le tyran voit ceux qui l’entourent coquinant et mendiant sa faveur. Il ne faut pas seulement qu’ils fassent ce qu’il ordonne, mais aussi qu’ils pensent ce qu’il veut et souvent même, pour le satisfaire, qu’ils préviennent ses propres désirs. Ce n’est pas le tout de lui obéir, il faut encore lui complaire ; il faut qu’ils se rompent, se tourmentent, se tuent à traiter ses affaires, et puisqu’ils ne se plaisent qu’à son plaisir, qu’ils sacrifient leur goût au sien, qu’ils forcent leur tempérament et dépouillent leur naturel. Il faut qu’ils soient attentifs à ses paroles, à sa voix, à ses regards, à ses gestes : que leurs yeux, leurs pieds, leurs mains soient continuellement occupés à épier ses volontés et à deviner ses pensées. » « Parmi le grand nombre de ceux qui se sont trouvés auprès des mauvais rois, il en est peu ou presque pas qui n’aient éprouvé eux-mêmes la cruauté du tyran, qu’ils avaient auparavant attisée contre d’autres. Souvent enrichis à l’ombre de sa faveur des dépouilles d’autrui, ils l’ont à la fin enrichi eux-mêmes de leur propre dépouille. » « Certainement le tyran n’aime jamais, et n’est jamais aimé. L’amitié est un nom sacré, une chose sainte. Elle n’existe qu’entre gens de bien. Elle naît d’une mutuelle estime et s’entretient moins par les bienfaits que par l’honnêteté. Ce qui rend un ami sûr de l’autre, c’est la connaissance de son intégrité. Il en a pour garants son bon naturel, sa fidélité, sa constance. Il ne peut y avoir d’amitié là où se trouvent la cruauté, la déloyauté, l’injustice. Entre méchants, lorsqu’ils s’assemblent, c’est un complot et non une société. Ils ne s’aiment pas mais se craignent. Ils ne sont pas amis, mais complices. Quand bien même cela ne serait pas, il serait difficile de trouver chez un tyran un amour sûr, parce qu’étant au-dessus de tous et n’ayant pas de pairs, il est déjà au-delà des bornes de l’amitié. Celle-ci fleurit dans l’égalité, dont la marche est toujours égale et ne peut jamais clocher. Voilà pourquoi il y a bien, comme on le dit, une espèce de bonne foi parmi les voleurs lors du partage du butin, parce qu’alors ils y sont tous pairs et compagnons. S’ils ne s’aiment pas, du moins se craignent-ils. Ils ne veulent pas amoindrir leur force en se désunissant. Mais les favoris d’un tyran ne peuvent jamais compter sur lui parce qu’ils lui ont eux-mêmes appris qu’il peut tout, qu’aucun droit ni devoir ne l’oblige, qu’il est habitué à n’avoir pour raison que sa volonté, qu’il n’a pas d’égal et qu’il est le maître de tous. N’est-il pas déplorable que, malgré tant d’exemples éclatants, sachant le danger si présent, personne ne veuille tirer leçon des misères d’autrui et que tant de gens s’approchent encore si volontiers des tyrans ? Qu’il ne s’en trouve pas un pour avoir la prudence et le courage de leur dire, comme le renard de la fable au lion qui faisait le malade : "J’irais volontiers te rendre visite dans ta tanière ; mais je vois assez de traces de bêtes qui y entrent ; quant à celles qui en sortent, je n’en vois aucune." »
  24. Un autre instant magique, Harry Potter en train de diriger La Flûte enchantée, l'opéra préféré de Rachida Dati : [video:youtube]
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