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Il y a 1 heure, Henk RAISON a dit :

D'abord la mémoire, cela se travaille.

 

hmmm, oui et non, ce n'est pas si simple. Il ne suffit pas de traverser la rue... 

En tout cas, je pense qu'une excellente mémoire incite plutôt à emmagasiner des informations alors que de ne pas avoir de mémoire oblige à être plus imaginatif puisque la réflexion devient  systématique sur toute chose : il faut sans cesse recréer, repenser, ce qui ne vient pas naturellement à l'esprit.

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Publié le (modifié)

EPISODE #5  : « Il est doré comme l’alcool, son nom sonne comme un nom d’alcool … mais ce n’est pas de l’alcool ! »

Les plus anciens se souviendront (encore la mémoire) du célèbre slogan de la marque Canada Dry. Quel rapport avec la magie, me demanderiez-vous ? Aujourd’hui tout est « magique  ». Cela à la couleur de la magie, l’odeur de la magie … mais cela n’est pas de la magie. Regardez les publicités, tout est magique ! De « l’effet magique d’Impulse » (encore la mémoire, pub du début des années 80), en passant par Disney jusqu’au Canard WC. Certains publicitaires (Ipsos) annoncent à leurs clients : « Publicité : boostez votre créativité et libérez la magie ». Pourquoi la magie ? Quelle est sa force d’attraction pour que les autres - les profanes - se l’accaparent ? Ne pourrions-nous pas faire le chemin inverse, et apprendre des publicitaires ou d’autres ?

Pour illustrer mon propos, prenons un autre domaine qui est également « magique » : le cartoon (la caricature). Que cela soit le dessinateur Plantu en France ou Pierre Kroll en Belgique, ils ont probablement quelque chose à nous apprendre en terme de créativité.

Dans son excellent livre (un de plus), Le Sens des Idées (Ed.Dunod, 2004), le professeur Luc de Brabandere nous dit : « Le cartoon contient tous les ingrédients du moment magique de la pensée, celui où jaillit l’idée nouvelle » (p.91). Le cartoon possèderait les quatre dimensions de la créativité :

(1) L’étonnement, le rire, l’admiration :  une séquence classique pour mener l’Eurêka.  

(2) Le changement de perspective : ce n’est pas la réalité qui est changée, c’est la manière de la voir.

(3) L’établissement d’un lien nouveau : une sorte de bissociation qui va au-delà de la simple association.

(4) L’extinction - momentanée - de la faculté de juger : oublier les règles.

Bref, « devenir créatif, c’est devenir cartooniste de son propre monde car le premier moment de trouvaille a tout d’un dessin humoristique » (p.92).

Comme nous le dit Luc de Brabandere : «  Merci les artistes ».

Bon dimanche à tous,     

Modifié par Henk RAISON
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Publié le
Il y a 10 heures, Georges PERON a dit :

hmmm, oui et non, ce n'est pas si simple. Il ne suffit pas de traverser la rue... 

En tout cas, je pense qu'une excellente mémoire incite plutôt à emmagasiner des informations alors que de ne pas avoir de mémoire oblige à être plus imaginatif puisque la réflexion devient  systématique sur toute chose : il faut sans cesse recréer, repenser, ce qui ne vient pas naturellement à l'esprit.

Heureusement , la mémoire de l'homme (et de la femme) ne travaille pas comme un ordinateur. Elle ne fait pas que enregistrer, elle compose et recompose. Elle nous permet de se raconter une histoire. Elle est récit, donc création. Mais il se peut qu'avec l'intelligence artificielle, les robots nous rattrapent et commencent également à inventer des histoires.

Publié le
Il y a 8 heures, Henk RAISON a dit :

Mais il se peut qu'avec l'intelligence artificielle, les robots nous rattrapent et commencent également à inventer des histoires.

Ce sujet est abordé dans l'excellent ouvrage de Marcus du Sautoy  :

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L'ouvrage fait référence entre autres au logiciel Emmy de David Cope. Grâce à des techniques d'I.A., ce logiciel est capable de composer de la musique "à la manière de".

Extrait du site de la RTBF :

En 1997, le Professeur théoricien spécialisé dans l’intelligence artificielle Douglas Hofstadter, de l’Université de l’Oregon, a organisé une forme de test de Turing musical. Il a invité un public de mélomanes avertis qui a assisté à un récital un peu particulier : la pianiste Winifred Kerner a interprété trois œuvres musicales, une composée par Bach, une autre composée dans le style de Bach par le professeur de théorie musicale Steve Larson et enfin une troisième composée par le logiciel Emmy de David Cope. Après avoir écouté les trois œuvres, l’audience devait déterminer qui avait composé chaque œuvre. Et le résultat est plus que troublant : le public a désigné l’œuvre composée par Emmy comme étant la pièce de Bach. Plus étonnant encore, l’œuvre composée par Steve Larson a été désignée par l’assistance comme étant celle composée par l’ordinateur, au grand désarroi de Larson.

Bob

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  • Tolérance : c'est quand on connaît des cons et qu'on ne dit pas les noms (Pierre Doris - Humoriste 1919-2009)
Publié le
il y a 51 minutes, bob a dit :

 Plus étonnant encore, l’œuvre composée par Steve Larson a été désignée par l’assistance comme étant celle composée par l’ordinateur, au grand désarroi de Larson.

 

 

Aïe, pauvre Larson...

A quand de l'art contemporain créé par de l'IA* qu'on rigole un peu...🙂

(* je répète l'acronyme IA mais mon petit doigt me dit que derrière ces créations on n'a probablement que de l'algorithmique classique et de l'analyse de données mis sous le terme IA à des fins de pur marketing, comme la plupart du temps)

Publié le

EPISODE #6  : Eurêka, les quatre étapes de la création.

Y aurait-il un processus de l’idée nouvelle, une sorte de voie royale de la création ? Un des premier a s’être penché sur la question est le mathématicien Henri Poincaré (1854-1912). Comme nous le rappellent Gavriloff & Jarrosson : « Aucune étude consacrée à la création scientifique ne peut ignorer le texte de Poincaré (…). Il sert de référence universelle sur la création » (p.18). Vous allez bien sûr me rétorquer : Qu’est-ce que la création scientifique peut bien avoir à faire avec la création artistique, et surtout avec l’art magique ? Cela n’a rien à voir ! Nous - les magiciens, les illusionnistes - avons parfois tendance à oublier l’origine de notre art. La science, et surtout la physique, y a toujours joué un rôle important. On doit même le terme de prestidigitateur à un physicien-magicien, Jules de Rovere, qui au XIXème siècle « met l’accent sur les aspects techniques d’exécution d’un tour : technicité des manipulations - manuelles - et technicité des objets et matériels utilisés. Il donne de cet art une vision mécaniste, centrée sur la dextérité. Mais est-ce surprenant à une époque toute imprégnée de mécanisme, à l’heure où la science bat en brèche les derniers îlots de mystère ? ». Il suffit de revoir les film Le Prestige ou L’illusionniste pour s’en rappeler.

Selon Poincaré, le processus de découverte ou d’invention en mathématique se ferait en quatre étapes.

Tout d’abord, il s’agit de la préparation ou le travail conscient initial lié à telle ou telle question relativement difficile. Ce travail de recherche et d’étude peut être lent et long, et peut même durer toute une vie. Il est normal de ne pas trouver tout de suite. Par exemple, malgré quelques premières pistes, on attend toujours les résultats des recherches de Max Maven en matière du principe Gilbreath.

Ensuite, il y a la phase d’incubation ou  le rôle de l’inconscient. « On ne peut guère contester l’existence, fréquent de période d’abandon provisoire apparent d’un problème sur lequel on s’est déjà échiné, en partie ou totalité vainement » (Jacques Lefebvre, Invention, découverte et créativité en mathématique : aspects psychologiques et historique, Bulletin AMQ, oct.1999,p.10). Comme on le dit bien souvent, « la nuit porte conseil ». Alors que ce soit sous la douche ou comme Poincaré en buvant un café, l’inconscient ferait son œuvre. « Poincaré affirme que les idées s’accrochent (…) comme des billes munies de crochets qui s’entrechoquent au hasard » (Gavrilloff & Jarrosson, p.28).

Vient alors l’illumination, une sorte de flash ! A un tel point, que « les exemples abondent quant à l’absence apparente de lien logique entre ce que l’on était en train de faire et le contenu de l’illumination (Lefebvre,p.10). Certains m’ont demandé quand et comment j’avais créé le tour « Raison d’Être » (Dix Expérience de Mentalisme pour Magiciens,2021). Je n’en sais rien. Cela faisait belle lurette que je travaillais sur le problème, abandonnant et reprenant mes recherches et mes tests. Et puis un jour, sans vraiment savoir pourquoi deux « crochets » ont fait œuvre de créativité. Pour ceux  qui connaissent la routine, il s’agit du stack Si Stebbins et la routine Simon-Eyes de Simon Aronson (The Aronson Approach, 1990).

Enfin, vient le travail de vérification. Est-ce que le tour « marche » vraiment ? Comme le travail scientifique, il faut le tester. En magie, pour reprendre les termes de Darwin Ortiz, est-ce que le tour est fort, et surtout plus fort que ce qui existait avant ? En la matière, il n’y a pas, malheureusement, de vérité absolue, c’est aux spectateurs d’en décider !

Une dernière remarque, ces quatre étapes ne sont pas une méthode, mais seulement un descriptif d’un processus (il en existe certainement d’autres), mais ils peuvent nous aider à mieux comprendre le phénomène de créativité en magie

Bonne journée à tous,

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    • Je me suis fais un peu la même réflexion que Michel en regardant rapidement le sujet. Mais le contre pied pourrait être de se dire : "c'est tellement évident, ça ne peut pas être ça". Ça me rappelle une anecdote, je crois que c'est @David MARSAC (Chakkan) - mais je peux me tromper - qui réalisait un tour d'entrée avec un jeu qui change de couleur (bleu vers rouge par exemple) avec un texte qui parle explicitement d'un jeu marqué. Et il utilise le jeu rouge pour la suite de l'enchainement où le jeu est réellement marqué secrètement. Mais personne ne peut faire le lien. Concernant l'esthétique du jeu, c'est pour un jeu classique format poker, 52 cartes, ou pour un tour spécifique avec un thème précis ?  SI c'est pour un thème précis, les points d'interrogations me font penser à l'homme mystère dans Batman, cela illustrerait bien une routine sur ce thème. Si c'est un design générique pour un jeu standard : j'avoue que je ne suis pas spécialement fan. J'aime bien le côté noir et blanc et les motifs. Par contre je n'aime pas spécialement le choix des dessins avec les points d'interrogations, pique, coeur, trèfle, carreaux et les chiffres. Personnellement ça me fait penser à un dos que l'on pourrait retrouver dans une mallette de magie pour enfant. Ça peut donc ressembler à un jeu "pour magicien" et non un jeu de carte "banal". J'ai moi-même travaillé sur quelques dos de cartes, c'est un long chemin. Mon conseil, et c'est assez contre-intuitif : n'écoute pas trop les remarques des copains, moi y compris 😋. Tu as certainement une idée derrière la tête, un cahier des charges bien précis, essaye d'écouter surtout tes envies. 
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