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Bonjour à tous et à toutes,

J'aimerai discuter avec vous d'un sujet qui m'intéresse beaucoup pour le moment et d'avoir vos idées/propositions:

Comment rendre plus "magique" ou plus "intriguant" des tours "plus simples" que les gros tours "arrachage-de-rétine-tellement-c'est-visuel" ou "oh-mon-dieu-seul-un-démon-peut-faire-ça"

Vous allez me répondre -Par la présentation of course jeune padawan- et justement j'aimerai partager des idées sur ce sujet épineux.

La présentation étant tout d'abord une question de gout et de personnalité je vais vous parler de ce que j'aime et déteste

Je fais surtout de la magie mentale et je suis un grand fan des tours style ACAAN, do as I do, "self working" tricks, OOTW,... . 

Quand je présente, je parle d'expérience genre "nous allons expérimenter un peu sur l'influence que nous pourrions avoir les uns sur les autres" en faisant un do as I do.

Par contre ce que je n'arrive pas à faire ou même à voir/supporter c'est les longues histoires allembiquées, je n'en peux plus des "j'ai trouvé ces curieux objets dans le grenier de mon grand père" "j'ai été dans cette boutique de magie au fond de la Chine où ce vieux monsieur..." "Nous avons les Rois partis en croisade...". Pour certain ce style leur va parfaitement. Moi pas.

Alors comment mettre du mystère dans ses tours sans raconter une histoire abracadabrante de 10min et sans inversement faire du "David Blaine-like" à la limite de l'autisme?

Pourquoi je pose cette question? Très simple, prenons Angle Z de Daniel Madison, c'est "straight to the point": une carte est sélectionnée, déchirée et le coin apparait derrière une vitre. 0 Présentation - Effet 100%

Maintenant prenons CAANDY de Chris Mayhew (sorte d'ACAAN), tour que j'affectionne pour toute la réfléxion à avoir ou Diploplia de Paul Vigil (le spectateur trouve notre carte pensée), tour difficile mais tellement band...

De quel tour me parle t'on encore des années après? bah le coin déchiré derrière la vitre. Les autres tours? ils s'en rappellent plus du tout et il faut que cela change. Alors comment les rendre mémorables?

Première idée

J'ai regardé la vidéo de Tony Chang sur MagicStream sur laquelle il explique que nous cherchions trop d'excuses à tout ce que nous faisons ou à nos "gimmiks" et il propose d'être plus honnête dans sa présentation. Il donne comme exemple un tour très visuel mais nécessitant une longue préparation préalable, la plus part des gens débuteront le tour directement en disant "sélectionnez une carte/ mélangez/ coupez/.... et la hop elle se transforme", lui propose d'être honnête en faisant cela "J'ai un effet impressionnant à vous montrer, c'est mon plus beau tour mais avant de vous le montrer il nécessite un peu de préparation" il fait sélectionner la carte, réalise les mélanges et les coupes ect puis dit "maintenant je vais pouvoir vous montrer ce tour intriguant", en faisant cela il vient de minimiser toute la première partie comme étant de la simple préparation puis concentre l'attention du spectateur ainsi que sa présentation exclusivement sur le climax.

J'ai testé ça avec un de mes tours préférés de John Bannon, Sort of psychic, tour puissant lors duquel le spectateur grâce à son intuition coupe exactement sur une carte pensée préalablement.

Le problème de ce tour est une longue partie de préparation que j'avoue est très difficile à rendre "passionnante" pour le spectateur. Voici ce que ça a donné:

"J'ai une expérience assez intriguante à te montrer au cours de laquelle j'essaye de démontrer que lorsque nous pensons fort à quelque chose comme une carte par exemple, ça influence nos faits et gestes et nous permet de réaliser des choses inatendues, mais je ne peux pas te faire ce tour comme ça, faut un peu d'echauffement mental, donc avant de te faire ce tour ça te dit qu'on teste ton intuition?"

"on va prendre un paquet plus petit et tester ça, pense juste à une de ces cartes"... puis je commence la phase de préparation.

Une fois la phase préparatoire terminée on peut temporiser, parler d'autre chose puis revenir au tour en lui même.

"Maintenant je peux te montrer le tour dont je te parlais. Pense à une carte du jeu, tu as toujours en tête la carte de tout à l'heure? parfait garde bien cette carte dans ta tête" Pim Paf Pouf Climax.

En ayant séparé la préparation du climax je pense que le tour n'en devient que plus impressionnant et mémorable et minimisant totalement la première partie.

Deuxième idée

J'ai trouvé sur le blog The Jerx le concept du Imp que je vous invite à lire ici The pulp fringe imp et white noise imps.

J'ai du mal à trouver un mot français pour caractériser ce concept que j'appelerai donc "ce qui crée la magie", pour l'expliquer grossièrement, il dit en avoir marre des magiciens qui claquent des doigts au-dessus du paquet ou qui utilisent un bic comme baguette magique alors que ce moment qui crée la magie pourrait être clairement mieux réfléchi.

Comme exemple pendant un tour lors de moment clés, il pose une malette sur la table sans mot dire, il l'ouvre discrètement, on voit de la lumière très forte jaillir, il pianote dedans et la referme. Pas de mot, pas d'histoire, juste un objet intriguant qui est utilisé aux moments clés. Le reste est laissé à l'appréciation du spectateur.

Comment utiliser ce concept? Quel type d'objet pouvons nous utiliser? Faut-il donner un sens à ces objets? Mais ce faisant ne partons nous pas dans la magie bizarre?

Pour trouver de l'inspiration pour les objets j'ai pensé à une des meilleures séries pour moi et je cite The Lost Room dans la quelle une petite quantité de gens se battent pour la possession d'objets provenant tous d'une chambre d'hotel des années 50-60, objets qui présentent tous une caractéristique magique.

J'ai testé ce concept avec le tour de Chris Mayhew CAANDY au cours du quel j'explique qu'ils doivent surtout pas se laisser influencer pour leurs choix mais que quoi qu'ils fassent je tenterai de les influencer. Et là, sans rien dire, je pose une petite besace sur la table et sors un anneau très simple que je passe au doigt puis je commence le tour.

"Penses à n'importe quel nombre entre 1 et 50. Comme par exemple 21, 21 c'est bien non? Tu es libres de penser à n'importe lequel de ces nombres mais surtout 21. Ne te laisse pas influencer, tu peux choisir totalement librement 21 par exemple, à quel nombre tu penses?"

"26"

"26 ou 21? Veux tu changer d'avis?" et pendant ce temps je fais délibéremment tourner l'anneau avec mon autre main comme si j'utilisais cet anneau pour influencer. Climax du tour, je range la bague. Et ce que ça a fonctionné? oui et non. Les gens étaient suspicieux concernant la bague, ils me posaient des questions par rapport à elle mais je ne pense pas que ça ait forcément rendu le tour plus mémorable. Intriguant? certainement. Mais plus mémorable peut être pas.

Donc j'ai pensé comment incorporer ce genre de choses de manière plus "moderne" avec plus de sens me permettant de baser mon tour sur ces "objets" ces "imps" sans forcément créer des histoires allambiquées?

L'idée m'est venu d'incorporer beaucoup plus mon téléphone.

Exemple: j'ai imprimé un vieux poster style rock anglais année 60, j'ai dessiné au marqueur en petit deux cartes (9 de carreau - 3 de trèfle), j'ai collé ça dans ma cave et pris une photo de l'affiche.

Puis je fais le tour du Gemini choice de Jonh Bannon. Je montre tout d'abord la photo au spectateur en lui disant "c'est un peu curieux mais je vais te demander d'observer ce poster et de bien marquer ta rétine avec cette image, ne me demande pas ce qu'elle représente, ne me demande pas d'où elle vient juste observe la attentivement".

Puis je fais le principe Gemini. On découvre que le spectateur à sélectionné le 9 de carreau et le 3 de tréfle.

"C'est vraiment fou que ça marche à chaque fois quand même, la légende du web disait vrai. Tiens fais un gros plan sur l'affiche et regarde" Climax.

On incorpore un objet dont l'origine n'est pas discutée, on sous-entend une légende du web mais sans racontrer trop d'histoire, c'est clair net et précis sans frioriture et intriguant. Mémorable? peut-être.

Du coup on se rend compte qu'on peut utiliser de multiples sources via son téléphone: utiliser ces fameuses vidéo youtubes responsables de légendes urbaines du web comme cette vidéo d'homme masqué qui a été diffusé sur des chaines à chicago dans les années 80, ou comme ces vidéos bizarres de mec avec masque à gaz en russie. On peut créer un faux compte instagram avec des photos mystiques censées influencer le choix des spectateurs. On peut utiliser les sons comme proposé par Andy (The Jerx) lors de l'utilisation de bruit blanc.

Bref je pense qu'on peut ajouter beacoup d'éléments "particuliers" et "intriguants" dans nos tours de base sans forcément devoir écrire un roman pour présenter le tour. Les objets ou photos présentants apportant ce petit plus "magique" au tour.

 

J'aimerai avoir vos avis sur vos présentations, quelques sont vos astuces? comment écrivez vous ou comment boostez-vous vos tours? utilisez vous des objets? Avez vous des sources intéressantes (livre, blog, autre,...) traitant de ces sujets? Ou avez vous des concepts propres?

Je suis ouvert à la discussion et au partage :)

Au plaisir de vous lire

  • J'aime 8
Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
Publié le (modifié)

Merci beaucoup pour cette belle réflexion, et pour cette précieuse question.

 

Je ne suis pas vraiment magicien, mais je crois pouvoir isoler un élément dans ce que toi tu utilises :

Le fantastique.

L’intrusion de l’inconnu et de l’impossible dans le monde réel.

Pas le tour de magie truqué, mais une autre façon de voir la réalité, qui est bien plus complexe que ce que l’on croit savoir…

 

Dans ta technique avec la bague ou la mallette, on retrouve la « non explication » :

Contrairement au merveilleux, le fantastique apporte plus de questions que de réponses, c’est ce qui fait que cela « pourrait être vrai ».

On ne nous dit pas tout ;)

Tiens, voilà un petit extrait du DEUDLMDG qui porte sur un sujet similaire : à voir si cela peut aider ? ou pas...

Ritualisation de la magie : Formule et geste magique

Le lien entre magie est parole est ancien, même si je n’ai pas été voir « au commencement » pour vérifier si le big bang était bruyant ;)

Dans nos traditions récentes, on parle de formules magiques.
Le pouvoir du verbe est donc attesté.

Même si on ne pense pas que le pouvoir est dans un mot, certains ont signalé par exemple que dans les opérations alchimiques, les formules servaient (peut être…) à chronométrer les actions de chimie : le temps de dire la formule suivant un rythme donné, on avait une mesure d’intervalles de temps sans instrument.

Et cette utilisation des formules n’a pas servi qu’à l’alchimie :

On retrouve ce type d’utilisation dans la prise ou le développement de photos argentiques…

Certains photographes d’avant la technologie toute puissante disaient une comptine pour évaluer un temps de pause, ou un temps de trempage dans les différents bains (je ne suis pas photographe, je ne fais donc que rapporter…)
De là, pour un spectateur néophyte, à croire que c’est la formule qui agit, il n’y a qu’un pas…

Sinon, plus ésotériquement, on pense bien sûr aux mantras, paroles de pouvoir, prières et autres mots magiques qui agissent sur celui qui les dit ou sur celui qui les entend, voire même sur l’environnement, puisque tout est lié et vivant dans certaines traditions.

Le verbe magique était valable.

L’est-il toujours aujourd’hui ?

Pour ce que j’en vois, dire une formule magique type « abracadabra » est de nos jours un peu ringard.
Comme quoi à trop utiliser une chose, on la discrédite parfois.

On peut la dire, comme le « boulouboulou » de Billis, mais c’est un jeu de scène, et pris comme tel par le public :
Il fait semblant que c’est magique, on fait semblant d’y croire, et tout le monde souris.

Le pouvoir d’une formule magique de nos jours est plus « réel » si le spectateur la devine, et ne l’entend pas distinctement :
Des mots grommelés, des lèvres remuées en silence sembleront bien plus « crédible » que toute formule dite à haute et intelligible voix.

Pourquoi ?

Car le spectateur ne peut pas croire à ces gamineries : les faire sérieusement devant lui, c’est le prendre pour un imbécile.
Par contre, si on les fait pour nous, en nous cachant, et qu’il nous surprend à les faire, sans qu’on s’en aperçoive, là, c’est différent :

C’est que nous, on croit à notre formule. Et qu’on ne veut pas qu’il la connaisse.
Il y a là dessous un mystère.

On retrouve le même stratagème quand on veut simuler un tour mathématique compliqué, alors qu’il n’y a rien à calculer :

On peut bien sur sortir des formules mathématiques, les dire ou les écrire etc.

En général, cela fera rire, si les formules sont « abracadabrantes » (non, je ne mets pas l’adjectif par hasard…)

Mais si on veut VRAIMENT faire croire que c’est mathématique, faire semblant d’hésiter, le regard perdu un instant dans le vague, et avec quelques micro mouvements des doigts comme si on posait une retenue, fera passer le message : Il est en train de calculer un truc.

Pour cela, bien sûr, un texte muet nous aide : il suffit de faire réellement de tête une addition à deux chiffres (ou trois si vous être trop rapides ;) )

Tout dépend donc du type de magie pratiquée :
-Magie sans pouvoir, mais avec adhésion du public.
-Magie avec un pouvoir mystérieux, mais que l’on cache au public.

La magie avec un pouvoir mystérieux, qu’on ne cacherait pas, est difficile :
Il faut être beaucoup plus charismatique que pour les deux premières versions.

Je ne l’évoquerai donc pas ici.

Le geste magique suit grosso modo les mêmes principes

....

La formule et le geste magique  peuvent donc participer à une ritualisation du spectacle, soit de façon profane, soit de façon mystique :

L’utilisation profane, consiste à :

Rythmer

Mettre en évidence

Diriger l’attention

Faire une pause habitée

Etc.

C’est un outil pour le spectacle, comme l’est une chanson fredonnée à un moment précis, un regard, une posture.

 

La valeur mystique des gestes et formules magiques se rapporte à une ritualisation moins facile à aborder pour les sceptiques.

Ritualisation définie par un archétype du (vrai) magicien, qu’il soit moderne ou ancien.

Ritualisation de transgression, puisqu’on va altérer la réalité, donc il faut reporter cela dans une causalité :

Si la réalité peut s’altérer sans procédure magique, l’univers ne tient qu’à un fil fragile, et c’est angoissant.

Ritualiser la venue de la magie permet de la circonscrire.

Ritualiser met aussi en place les notions de pouvoir, de savoir ou de nature magique :

La magie peut s’obtenir par un pouvoir (don ou capacité développée), le savoir (étude et compréhension) ou la nature même de l’opérateur ou de ce qui est touché par la magie (L’univers n’est pas tel qu’on le croit)

Suivant le rituel employé, on va donc définir des messages envoyés au spectateur, sur la nature de la magie.

Il ne faut pas croire que puisque nous sommes à une époque rationaliste, ces messages ne seront pas admis :

Si c’était le cas, il n’y aurait plus d’horoscope dans les journaux, et le loto ferait faillite.

Le besoin de croyance est toujours là, plus fort que jamais, même s’il ne sera pas admis, et la recherche du merveilleux est une motivation forte.

A l’illusionniste de s’en servir, avec respect pour les croyances et les rites, mais avec discernement pour le bien de son spectacle.

 

Gilbus

Modifié par Gilbus
  • J'aime 4

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le (modifié)

 

Il y a 2 heures, Vladimir T. a dit :

Avez vous des sources intéressantes (livre, blog, autre,...) traitant de ces sujets?

Des choses intéressantes dans ton message, merci. :) 

Si ce n'est déjà fait, tu peux faire une recherche sur les excellents messages de Seb évoquant l'utilisation du hook, ex:

Le 30/12/2006 à 22:29, Seb a dit :

Les éléments qui te semblent faire défaut dans les démonstrations [...] sont ceux qui rendent un effet de magie mémorable ou non. [...] Mon préféré, l’ "emotional hook" ou "implication émotionnelle" (hook = crochet, harpon). C’est ce "hook" qui fait hurler une salle de cinéma quand le héros échappe de justesse à la mort, qui le fait pleurer quand Carmen meurt à la fin de l’opéra, ou rire quand un comique décrit les difficultés à enfiler un K-way. C’est aussi ce "hook" qui va donner une raison aux spectateurs de s’impliquer dans les démonstrations que nous lui présentons. [...]

Eugene Burger disait, à propos de chaque effet qu’on lui montrait : « Why should I care » ? C’est tellement ça… Imaginez un spectateur qui vous demande : « En quoi devrais-je me sentir concerné par ce que tu me montres ? »

Il me semble qu'il doit y avoir d'avantage de ces interventions dans l'historique de LSP, par exemple ici :

"HOOK: thème de travail, univers (romanesque, inconscient collectif, etc. etc.) qui d'emblée permet "d'accrocher" (d'où le "hook") ceux qui regardent. La chance... l'instinct... la vengeance... la dernière coïncidence hallucinante qui vous est arrivée... la superstition, la phobie ou le TOC donc vous n'arrivez pas, non vraiment pas, à vous débarasser, etc. "

:

"Un aspect intéressant du hook, qui permet aussi de faire passer la longueur de certains textes ou présentations: plus le thème est fort ou proche des gens, plus ils se sentiront concernés par ce qu'ils entendent, plus il sera évident qu'ils auront envie de réagir... mais tu pourras te permettre de rebondir sur leurs réactions, de t'éloigner un peu du texte, pour mieux y revenir ensuite... Donner même l'impression que tu te sers de leurs réactions pour créer ta démonstration. [...]
Plus le hook sera fort et naturel, plus le tour semblera naturel: les spectateurs n'auront pas le temps de mettre en place leurs boucliers habituels (du type: "C'est un tour de magie, faut chercher l'entourloupe, regarde bien ses mains, ne l'écoute jamais" )" 

Il faut différencier la notion de hook de la notion de thématique. Pour schématiser, le hook représente cette introduction où on ne parle pas encore de magie mais plutôt d'un sujet où le spectateur pourra s'identifier facilement. Il sera alors accroché pour suivre le reste de la présentation.

Modifié par TanMai
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We're looking for a better solution to the problem when we should be looking for a better problem to work on.

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Bonjour Vladimir,

Pour rendre un tour mémorable, voici 7 principes assez efficaces:

1. Implique le spectateur dans le tour

Par exemple, fait-lui choisir la carte, fait-lui signer sa carte, fait en sorte qu'elle se change dans sa main, en clair implique le spectateur dans le tour.

2. Implique le spectateur émotionnellement dans le tour

Par exemple, emprunte un billet de 50 EUR , donne lui l'impression que tu l'endommages "accidentellement" et répare le en utilisant ta "magie".

3. Rend le moment magique permanent

Par exemple, plie une pièce empruntée et signée et rends la pièce pliée.

4. Emprunte les objets avec lesquels tu fais tes tours

5. Termine ton effet par une surprise énorme (mémorable)

Par exemple, tu offres un cadeau au spectateur pour le remercier d'avoir participer à ton spectacle et il se rend compte que le cadeau que tu lui offres contient en fait sa montre que personne n'a vu que tu lui prenais.

6. Met à ton répertoire un tour que personne ne fait et qui est donc original

7. Fais en sorte que ton tour soit vraiment inexplicable

 

 

 

  • J'aime 2

La magie au bout des doigts

http://illusionniste.be/

Publié le

Question aussi intéressante que compliquée.

Compliquée car par expérience, sur un même set, les spectateurs ne retiennent pas le même tour comme celui étant le plus mémorable (sauf cas exceptionnel du "tour qui arrache les rétines" et encore...). Chaque spectateur a sa sensibilité, ses goûts (pro ou anti-cartes, etc.).

Ce qui m'intrigue c'est pourquoi vouloir rendre tous les tours mémorisables ? Le but est-il que vraiment à chaque tour les gens ont les yeux prêts à sortir des orbites ? Attention à la surenchère.

Est-ce vraiment tes tours qui doivent rester dans la mémoire ou plutôt ta prestation ? Ce n'est pas la même chose. 

Pour ma part c'est la prestation qui doit rester en mémoire pour sa qualité et pour son ambiance. Je suis là pour que les spectateurs passent un bon moment, pour offrir une parenthèse enchantée. Si les gens prennent vraiment plaisir en ta compagnie, que tes tours sont de qualité, ils te recommanderont. Si en plus, tu finis avec un tour mémorable du type  Business Card Revolution 2.0 alors c'est "the cherry on the cake".

Outre les tours ou la prestation globale,  le magicien peut aussi rester en mémoire : Eric Antoine, sa grande taille et sa folie, par exemple.

Pour ma part, étant une femme, je fais la plupart de mes tours de magie en robe (bras nus) et sans poches. Alors je me prive de plein de tours nécessitant une veste, c'est vrai. Il faut bien s'organiser pour gérer son matériel, c'est vrai aussi. Mais cela a un vrai impact sur le public. J'entends souvent les spectateurs dirent : "et t'as vu elle a même pas de manches, pas de poches, rien, comment elle fait ?". 

Pour revenir à ta question, j'ai constaté que les tours impactants étaient ceux :

- dont la chute est totalement inattendue

- avec impact visuel sans pour autant déchirer la rétine (une carte bleue qui devient rouge, la signature qui voyage, bien amenés les mâchoires se décrochent)*

- avec un souvenir à la fin pour le spectateur

- qui implique fortement le spectateur du type le magicien touche à rien ou presque

- quand cela ne pue pas le trucage à 100 mètres tellement c'est impossible

- emprunter du matériel sur place

* J'ai un tour tout bête avec un jeu blanc, deux rois et deux reines. Je sors du jeu deux rois et je raconte que le paquet est une forêt et les reines se sont perdues dedans et qu'il faut aider les rois à les retrouver. C'est le spectateur qui, sans aucun forçage, me dit où chacun des rois s'arrêtent. 1er effet, les reines sont retrouvées. Deuxième effet : je balance les cartes blanches sur la table en disant "c'est remarquable car il n'y avait personne d'autres dans la forêt". Et bien ce tour sans gimmick, sans technique avec ou sans histoire est une tuerie. Pourquoi ?

1) des cartes blanches ce n'est pas commun pour la plupart des spectateurs

2) la chute est très visuelle : les cartes sont blanches !

3) la chute est inattendue : on s'en fout des reines, les cartes sont blanches !

4) les spectateurs, 9 fois sur 10, sont prêts à jurer qu'ils ont vu les cartes imprimées. Ce tour est 100 fois plus fort au final quand c'est eux qui le racontent d'ailleurs ;-)

Participation du public (voire petit souvenir) et chute inattendue (Les tours de Zero Move de Bannon en sont le parfait exemple) = impact. Mémorable pas toujours mais encore une fois tous les tours doivent-ils être mémorables ?

Au plaisir d'échanger

 

 

  • J'aime 3

La bêtise est nettement supérieure à l'intelligence car toute l'intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle, tandis qu'un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoi que ce soit d'intelligent.

Philippe Geluck

Extrait de "Et vous, chat va ?"

Publié le (modifié)
Il y a 3 heures, Vladimir T. a dit :

....

Par contre ce que je n'arrive pas à faire ou même à voir/supporter c'est les longues histoires alambiquées, je n'en peux plus des "j'ai trouvé ces curieux objets dans le grenier de mon grand père" "j'ai été dans cette boutique de magie au fond de la Chine où ce vieux monsieur..." "Nous avons les Rois partis en croisade...". Pour certain ce style leur va parfaitement. Moi pas.

Alors comment mettre du mystère dans ses tours sans raconter une histoire abracadabrante de 10min et sans inversement faire du "David Blaine-like" à la limite de l'autisme?....

Il est évident que tout le monde n’est pas obligé d’aimer les histoires sans queue ni têtes misent là pour accompagner un tour…

D’un autre côté, ce n’est pas non plus l’opinion que je me fais de la magie contée, heureusement. ;)

Peut-être que si l’histoire en elle-même était intéressante, qu’elle soit racontée de manière attractive, tu pourrais changer d’idée ?

Ou pas ;)

il y a 53 minutes, Patricia a dit :

...

* J'ai un tour tout bête avec un jeu blanc, deux rois et deux reines. Je sors du jeu deux rois et je raconte que le paquet est une forêt et les reines se sont perdues dedans et qu'il faut aider les rois à les retrouver. C'est le spectateur qui, sans aucun forçage, me dit où chacun des rois s'arrêtent. 1er effet, les reines sont retrouvées. Deuxième effet : je balance les cartes blanches sur la table en disant "c'est remarquable car il n'y avait personne d'autres dans la forêt". Et bien ce tour sans gimmick, sans technique avec ou sans histoire est une tuerie. Pourquoi ?

1) des cartes blanches ce n'est pas commun pour la plupart des spectateurs

2) la chute est très visuelle : les cartes sont blanches !

3) la chute est inattendue : on s'en fout des reines, les cartes sont blanches !

4) les spectateurs, 9 fois sur 10, sont prêts à jurer qu'ils ont vu les cartes imprimées. Ce tour est 100 fois plus fort au final quand c'est eux qui le racontent d'ailleurs ;-)

...

C’est amusant, j’ai une version relativement similaire de ce classique, avec un petit quelque chose en plus… tu me feras penser à te montrer « les dames amoureuse de Gilbus » à un moment libre…

Gilbus

Modifié par Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le (modifié)

Tout d'abord un tout grand merci pour vos réponses pleines d'informations et d'idées

 

Il y a 2 heures, Gilbus a dit :

-Je ne suis pas vraiment magicien, mais je crois pouvoir isoler un élément dans ce que toi tu utilises :

Le fantastique.

L’intrusion de l’inconnu et de l’impossible dans le monde réel.

Pas le tour de magie truqué, mais une autre façon de voir la réalité, qui est bien plus complexe que ce que l’on croit savoir…

-Tiens, voilà un petit extrait du DEUDLMDG qui porte sur un sujet similaire : à voir si cela peut aider ? ou pas...

Ritualisation de la magie : Formule et geste magique

Le fantastique. Tu viens d'illuminer mon visage avec ce mot.

C'est vraiment la définition que j'aimerais apporter à ma magie, et je te remercie.

Concernant la ritualisation de la magie c'est riche en enseignement cet extrait comme tu cites l'idée de réciter des formules pour soi, faire semblant de calculer, ces idées entreraient clairement dans la définition du "Imp".

Tu parles du DEUDLMDG mais google n'a point été mon ami késako?

 

Il y a 1 heure, TanMai a dit :

Il faut différencier la notion de hook de la notion de thématique. Pour schématiser, le hook représente cette introduction où on ne parle pas encore de magie mais plutôt d'un sujet où le spectateur pourra s'identifier facilement. Il sera alors accroché pour suivre le reste de la présentation.

Merci pour ce concept que je ne connaissais pas et j'avoue mérite clairement d'être pensé lors de la création d'un tour.

Ca me conforte dans l'idée de ne pas écrire des histoires pour les tours de magie car j'ai l'impression que de reciter sa petite histoire crée une distance entre le magicien et le spectateur alors qu'il serait plus intéressant de trouver un terrain d'entente qui intéresserait le spectateur.

Je vais clairement étudier le sujet merci

 

il y a une heure, Patricia a dit :

Ce qui m'intrigue c'est pourquoi vouloir rendre tous les tours mémorisables ? Le but est-il que vraiment à chaque tour les gens ont les yeux prêts à sortir des orbites ? Attention à la surenchère.

Est-ce vraiment tes tours qui doivent rester dans la mémoire ou plutôt ta prestation ? Ce n'est pas la même chose. 

-* J'ai un tour tout bête avec un jeu blanc, deux rois et deux reines.

Merci pour ta réponse.

Alors deux raisons pour laquelle je me suis penché sur le sujet du pouquoi tout rendre mémorable:

1)Ma compagne, qui supporte mes tours depuis quelques temps, m'a dit après une soirée avec amis "dis pourquoi tu as fait ces tours de magie là et tu leurs a pas montré les trucs vraiment impressionant comme la carte derrière la vitre (encore) ou quand des lettres apparaissent sur tes bras"

Cette phrase m'a un peu choqué je vous avoue et m'a nettement fait réfléchir: que faire? se débarasser de tout et de se contenter que de 5-6tours mais alors que des trucs "à s'arracher les cheveux" ou transformer mes tours "moins sensass" et essayer de les rendre "attractifs" car sensass en réalité ils le sont, ce qui l'était moins était probablement ma façon de les présenter.

2)Je pense aussi que c'est par "frustration" du magicien, je m'explique avec un exemple, j'ai beaucoup travaillé l'effet d'Asi Wind - Double exposure que j'aime énormément. Mais à l'heure actuelle je n'ai pas eu l'effet escompté sur les spectateurs, le problème ne vient pas du tour mais fort probablement de la présentation. C'est cette frustration je pense qui fait que j'ai envie de transformer ces tours qui me plaisent par leur technique (manuelle ou mentale) que j'ai énormément travaillé mais qui ne recoivent pas les retours escomptés. Et donc trouver des moyens de les rendre aussi impressionnant que de faire apparaitre un coin de carte.

Et merci pour l'idée du tour :)

Modifié par Vladimir T.
Publié le
Il y a 5 heures, Vladimir T. a dit :

Tu parles du DEUDLMDG mais google n'a point été mon ami késako?

Oups, pardon : Je parlais du Dictionnaire Encyclopédique Universel De La Magie De Gilbus.

L'ouvrage de référence quand je veux savoir ce que je pense sur un sujet...

Normal que tu ne trouves rien, il n'est ni publié, ni même fini... le sera-t-il un jour, rien n'est moins sûr... ;)

Gilbus

 

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le (modifié)
Il y a 5 heures, Vladimir T. a dit :

...

Ca me conforte dans l'idée de ne pas écrire des histoires pour les tours de magie car j'ai l'impression que de reciter sa petite histoire crée une distance entre le magicien et le spectateur alors qu'il serait plus intéressant de trouver un terrain d'entente qui intéresserait le spectateur.

...

Arf…  As-tu vu beaucoup de spectacles de contes pour adultes ?

Une histoire repose, elle aussi, sur des techniques d’accroche et d'implication, l’interprétation de l’histoire n’est pas une récitation, « l’écriture » n’est pas le mode de création optimum pour un conte, et le processus de conter est un processus de communication à la base, donc qui ne sépare pas, mais unis le conteur, le spectateur, et l’histoire.

C’est pour cela que la magie contée (pas la magie avec une histoire collée artificiellement dessus et mal interprétée) réunis deux disciplines qui ont énormément de points communs :

Les techniques du conte et de l’illusionnisme sont similaires sur bien des points, et complémentaire sur plein d’autres points.

J’espère le montrer et surtout le faire expérimenter aux participants du stage de magie contée de ce WE près de rennes…

Cela n’enlève rien, par ailleurs, aux formes de magies non contées… ;)

Gilbus

 

Modifié par Gilbus
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Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Si tu veux qu'un spectateur se souvienne d'un tour, tu peux également lui laisser quelque chose en souvenir (une carte signé, un objet impossible, une pièce plié).

J'ai souvent des spectateurs à moi que je croise et qui me remontrent l'objet en me disant "Regarde je l'ai toujours ! Ho c'était dingue ce que t'as fais ! "

L'idée d'ajouter des effets spéciaux dans les objet (type mallette qui s'allume comme tu l'as décrit) peut se combiner à cela. Exemple tu retrouve une carte grâce à une ampoule qui s'allume toute seul, tu fais un change d'ampoule (sauf si elle est déjà pas truqué dans le cas où tu utilise un FP lumineux) et tu la donne à un spectateur en lui disant "Tenez moi ça s'il vous plaît."

Tu fais un dernier tour et tu repart sans reprendre l'ampoule volontairement mais comme si tu l'avais oublié, forcément ils vont l'examiner. Quand ils voient qu'il n'y a rien, là c'est magique.

Le Diable me suit de jour et de nuit car il a peur d'être seul.

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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