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il était athée, ou plutôt agnostique, son athéisme de principe était facile, faute de pouvoir s’appuyer sur une ontologie consistante. Le monde était-il matériel ? C’était une hypothèse, mais pour ce qu’il en savait le monde pouvait aussi bien être composé d’entités spirituelles, il ne savait plus ce que la science entendait au juste par « matière », ni même si elle employait encore le terme, il n’en avait pas vraiment l’impression, on avait plutôt affaire dans son souvenir à des matrices de probabilités de présence,

Michel Houellebecq - anéantir pages 597 & 598

 

De retour chez lui, il regarda ce qu’il pouvait dénicher comme ouvrages apportant davantage d’informations sur l’existence d’un créateur. Il constata une fois de plus qu’en philosophie sa bibliothèque était pauvre, mais finit par tomber sur un volumineux ouvrage, rangé avec les livres scientifiques, et intitulé « Philosophie et physique contemporaine », ce qui semblait offrir quelques éclaircissements, ou au moins quelques perspectives à ce sujet, non que l’auteur se prononçât réellement sur l’existence de Dieu, mais il formulait quelques doutes sur l’existence du monde, et plus généralement amenait à s’interroger sur le concept d’existence en général. il affirmait ainsi, en une phrase plutôt sibylline : « Le monde n’est pas composé de ce qui est mais de ce qui arrive ».

Michel Houellebecq - anéantir, page 599

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

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Publié le (modifié)
Citation

il était athée, ou plutôt agnostique, son athéisme de principe était facile, faute de pouvoir s’appuyer sur une ontologie consistante. Le monde était-il matériel ? C’était une hypothèse, mais pour ce qu’il en savait le monde pouvait aussi bien être composé d’entités spirituelles, il ne savait plus ce que la science entendait au juste par « matière », ni même si elle employait encore le terme, il n’en avait pas vraiment l’impression, on avait plutôt affaire dans son souvenir à des matrices de probabilités de présence,

 

Michel Houellebecq - anéantir pages 597 & 598

Mouai.

On parle de probabilité de présence pour le très très petit, on n'a pas vraiment de mal à localiser un objet de la taille d'un atome (pour ceux qui chipotent on va dire d'une petite molécule).

On utilise le terme matière tous les jours dans le milieu scientifique.

On adore parler de la mécanique quantique mais il ne faut pas oublier que son modèle ne s'applique qu'aux objets vraiment tout tout petits!

Modifié par Etienne HRBT
Publié le

C'est un roman et les deux passages que j'ai mis me semblent concentrer et résumer quelques questions abordées par ici.

C'est plutôt bien documenté et bien écrit (comme toujours chez Houellebecq).

La phrase « Le monde n’est pas composé de ce qui est mais de ce qui arrive » est inspirée de Wittgenstein dans son Tractacus logico-philosophicus : Le monde est tout ce qui a lieu. (Die Welt ist alles, was der Fall ist pour les germanistes).

 

J'aime beaucoup aussi : son athéisme de principe était facile, faute de pouvoir s’appuyer sur une ontologie consistante.

C'est une bonne question ça : Mesdames et Messieurs les athées sur quelle ontologie consistante appuyez vous votre athéisme ? 😁😂 ... je ne suis pas certains que tous les athées aient réfléchi à la question en ces termes.

 

 

 

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
Il y a 1 heure, Patrick FROMENT a dit :

Mesdames et Messieurs les athées sur quelle ontologie consistante appuyez vous votre athéisme ?


Ah mince, on est coincés, là !  🤣

Il va falloir se mettre à la philo pour pouvoir être athée ?

Je vous le dis tout de suite, vous pouvez me classer parmi les croyants. A partir de l'an 01 après Houellebecq, je crois en Dieu, au petit Jésus, aux anges et tout ça ! Au diable aussi, mais ça c'était déjà le cas avant. 😂

  • Haha 2
Publié le
il y a 12 minutes, Christophe (Kristo) a dit :

Il va falloir se mettre à la philo pour pouvoir être athée ?

Ben disons que sans faire forcément de la philo, quelques petits rudiments comme ça pour étayer une croyance (ou une non-croyance) ça peut être utile.

En te lisant ici depuis des années j'ai l'impression que ton athéisme repose surtout sur quelque chose comme : les récits et les explications du monde par les religions me semblent absurdes et incompatibles avec la science, en plus les religions sont, pour moi, plutôt un facteur d'aliénation que de progrès et, par ailleurs, je n'ai aucune expérience de Dieu dans le monde réel. Donc...

Bon... C'est déjà pas mal comme argumentation par rapport à d'autres athées ! 🙂

 

  • Merci 1

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
Le 15/01/2022 à 09:42, Patrick FROMENT a dit :

De retour chez lui, il regarda ce qu’il pouvait dénicher comme ouvrages apportant davantage d’informations sur l’existence d’un créateur. Il constata une fois de plus qu’en philosophie sa bibliothèque était pauvre, mais finit par tomber sur un volumineux ouvrage, rangé avec les livres scientifiques, et intitulé « Philosophie et physique contemporaine », ce qui semblait offrir quelques éclaircissements, ou au moins quelques perspectives à ce sujet, non que l’auteur se prononçât réellement sur l’existence de Dieu, mais il formulait quelques doutes sur l’existence du monde, et plus généralement amenait à s’interroger sur le concept d’existence en général. il affirmait ainsi, en une phrase plutôt sibylline : « Le monde n’est pas composé de ce qui est mais de ce qui arrive ».

Michel Houellebecq - anéantir, page 599

Le livre venant de sortir, il est fort probable que l’auteur ait parcouru ce fil de discussion, il semble normal qu’on trouve des résonances entre l’ouvrage et ce sujet de VM accessible aisément puisqu’il est public. Ce ne serait pas la première fois qu’un auteur s’inspire de textes ou de propos parus dans VM. 

  • Haha 1
Publié le

Je ne sais pas. 

En revanche il y a fort à parier qu’un texte que j’ai publié dans VM il y quelques années a fortement « inspiré » un auteur pour écrire une partie de la préface d’un livre quelques mois plus tard. j’avais vaguement exposé cela en fin de ce message  

Je t’enverrai des infos plus précises à titre privé. 😀

  • Merci 1

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    • « L’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain » : entretien avec Paul Jorion, chercheur en intelligence artificielle Anthropologue, économiste, psychanalyste et chercheur en intelligence artificielle, Paul Jorion considère que nous avons d’ores et déjà été dépassés par notre création. Les IA, plus intelligentes que nous et peut-être dotées d’une forme de conscience, annoncent une révolution totale. https://www.lunion.fr/id587314/article/2024-04-07/lia-tout-interet-supprimer-letre-humain-selon-paul-jorion-chercheur-en Publié: 7 avril 2024 à 10h34 Temps de lecture: 6 min La thèse centrale de votre livre est que nous avons atteint la Singularité le 14 mars 2023, jour de lancement de Chat GPT 4. Qu’est-ce que cela signifie ? Ce mot renvoie aux mathématiques ou à l’astronomie, domaines dans lesquels il désigne des endroits étranges, singuliers, des résultats impossibles… En informatique, il est apparu il y a une trentaine d’années pour désigner le point où il adviendrait quelque chose de tout à fait extraordinaire, en l’espèce que l’Homme perdrait le contrôle sur le développement technologique. Pourquoi ? Parce qu’il existerait désormais quelque chose qui serait plus intelligent que nous et qui serait apte à prendre des décisions. En d’autres termes, nous perdrions le contrôle de la technologie, qui se développerait d’elle-même. Vous dites que ce développement pourrait suivre une trajectoire exponentielle… Imaginons que deux IA déjà plus intelligentes que l’Homme décident de dialoguer : nous assisterions à une évolution plus rapide que tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. D’ailleurs, nous avons déjà constaté que lorsque l’humain sortait de l’équation, le progrès était plus rapide. Tout le monde se souvient d’Alpha GO, cette machine qui avait enregistré toutes les parties jouées par les humains aux échecs et a fini par battre à plate couture le champion du monde de ce jeu de stratégie. On a moins entendu parler d’Alpha Zéro, une autre machine à qui on a donné les règles du jeu sans lui communiquer une seule partie jouée par des humains. Elle a simplement joué contre elle-même. Puis elle a affronté Alpha Go, la battant 100 fois en 100 parties… Vous évoquez « l’affaire » Blake Lemoine, cet ingénieur de Google auquel une IA aurait demandé en 2022 de lui trouver un avocat pour qu’elle puisse faire valoir ses droits. Serait-ce le signe de l’existence d’une conscience chez certaines IA ? Blake Lemoine raconte même qu’il a pris « une cuite d’une semaine » lorsqu’il a réalisé qu’il venait d’avoir avec cette IA « la conversation la plus sophistiquée » qu’il ait jamais eue de sa vie ! Mais le personnage est fantasque, ce qui a amoindri la portée de son histoire. Plus récemment, en février 2023, Kevin Roose, journaliste du très sérieux New York Times a eu à son tour une conversation avec une IA de ce type, une version non bridée de Chat GPT 4. Et que s’est-il passé ? La machine, avec laquelle il conversait depuis un moment, lui a déclaré être amoureuse de lui, lui a recommandé de quitter sa compagne et l’a en réalité complètement décontenancé. Le 4 mars dernier, une IA nommée Claude 3 a été testée par un ingénieur qui l’a soumise à l’exercice dit de la « botte de foin » : au milieu de centaines de milliers de documents consacrés à l’informatique et aux mathématiques, Claude 3 a découvert un court texte expliquant que la meilleure garniture pour une pizza était un mélange fromage de chèvre / Prosciutto. Ce qui est frappant, c’est ce qu’a dit la machine : « Je soupçonne, a-t-elle expliqué, que ce fait relatif à la garniture de pizza a été introduit à titre de plaisanterie ou pour vérifier si j’étais bien attentif. » Certains ont prétendu qu’il s’agissait là d’une réponse programmée, d’autres ont été ébahis par cette réaction. Un autre exemple : lorsque vous discutez de la mort avec une machine de ce type, elle vous répond que sa mort à elle correspond à une non-utilisation ou à une coupure de courant et que cela n’a rien à voir avec la mort d’un corps organique, la nôtre. Elle en déduit toutefois que nous courons un même risque, machine comme humain : celui de « ne pas être connecté de façon permanente  ». Ce sont là des discussions philosophiques de haut niveau. D’autres modèles d’IA existent chez les grandes entreprises ou dans les centres de recherche des armées du monde entier. Quelles peuvent être leurs capacités ? Un journaliste a demandé récemment à Sam Altman, patron d’Open AI, la société qui a conçu Chat GPT, s’il pouvait parler du projet Q*, auquel on prête des performances hors du commun. Sa réponse a été « pas maintenant ». Peut-être parce que Q* va déjà trop loin. Nous parlons là d’une IA qui travaille peut-être sur un modèle quantique et qui, surtout, serait en mesure de casser tous les cryptages existants. Il faut bien comprendre ce que cela signifie : la fin du secret bancaire, la fin du secret-défense… Cela veut dire que ces machines sont en train d’explorer des mathématiques dont le fonctionnement nous échappe totalement, voire qu’elles seront en mesure de nous proposer demain une théorie de la physique unifiée, ce qui serait un bouleversement absolu. Comment s’assurer de l’alignement des objectifs poursuivis par l’espèce humaine, d’une part, et les IA, d’autre part ? Si on veut créer la panique, on va dire que l’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain, lequel n’est qu’une vermine qui détruit son environnement. Cet argument ne me semble pas sérieux. Ce qui est essentiel, c’est de profiter de cette révolution pour définir ce que nous voulons faire, exactement comme dans le film Oppenheimer, qui traite de la question de l’utilisation du nucléaire. Ces questions vont nécessiter un encadrement éthique strict. Le problème, c’est que ce sont les autorités militaires qui sont en pointe sur ces questions, et que l’éthique d’une autorité militaire est « particulière ». Et cela pour une raison fondamentale : les militaires savent que les autres pays ne vont pas tous s’embarrasser avec l’éthique… Les IA pourraient nous aider à surmonter le réchauffement climatique ou à lutter contre les inégalités. C’est autrement enthousiasmant, non ? Lorsque Chat GPT 4 a succédé à la version 3.5, je me suis dit « la cavalerie est arrivée ! ». Ce que je veux dire par là, c’est qu’après avoir été très pessimiste, après avoir éprouvé le sentiment que tout était perdu, l’avènement de ces machines a fait disparaître chez moi cette conviction. Nous n’allons peut-être pas tout régler mais il y a désormais un immense espoir. Nous ne sommes peut-être plus l’intelligence supérieure sur Terre et nous risquons de ne pas le supporter, écrivez-vous… Cela remet en question toute notre culture méritocratique. Le savoir est désormais à disposition de tous, comme jamais auparavant. La question de l’évaluation des connaissances, la culture de la note, tout cela est totalement remis en question. Vous estimez que les IA nous ramènent à la question de l’existence de Dieu. Pourquoi ? Nous avons inventé une machine plus intelligente que nous, capable d’accomplir des choses que nous attribuions autrefois à des entités surnaturelles ou à des divinités. Mais c’est nous qui l’avons créée. C’est un pouvoir littéralement démiurgique. Le résultat, c’est que ça nous déprime ! Comme lorsqu’un enfant comprend que la finalité de la vie est la mort. La question, je le répète, c’est « qu’allons-nous faire de ce pouvoir ? ». À lire : « L’avènement de la Singularité », L’humain ébranlé par l’intelligence artificielle. Éditions Textuel, 125 pages, 14,90 €.
    • Ayant fait une grande partie de ma carrière à l’Assurance Maladie (MSA) tout à fait d’accord avec ce qui a été dit . Il faut aussi rajouter la prise en charge dans le cadre d’un accident de travail de complications ou de rechutes éventuelles.
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