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L'INREES présente les après-midi Conférence, 4h pour l'essentiel d'une thématique ! :

Samedi 21 Mars 2015 de 15h50 à 20h00

Le réel est-il réel ?

Merci Christian !

Ces conférences et ces colloques sont souvent très captivants.

Ils permettent de voir que ces questions font aussi l’objet d’une étude et d’un débat sur le plan académique (et pas seulement sur VM mdr ).

Ce genre d’évènements a lieu surtout dans les départements philosophie ou étude de l’histoire des religions des universités (voir, par exemple, ICI ou LA ) mais souvent des scientifiques "ouverts" et "non mainstream" y sont conviés :) .

En plus ces évènements permettent de rencontrer des personnes pour qui ces théories ne sont pas seulement une vue de l’esprit. Et ça c’est toujours fort intéressant.

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En plus ces évènements permettent de rencontrer des personnes pour qui ces théories ne sont pas seulement une vue de l’esprit.

Tu veux dire que pour certains, ces théories sont réelles ? Ne râle pas mais, si le réel n'est pas réel, comment une théorie sur l'irréel pourrait-elle l'être (réelle) ? Est-ce réellement réaliste ? Rhâaa...

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Ne râle pas mais, si le réel n'est pas réel, comment une théorie sur l'irréel pourrait-elle l'être (réelle) ? Est-ce réellement réaliste ? Rhâaa...

Ne râle pas mais je vais te répondre en te posant une autre question : Est-ce bien réaliste de croire que les choses existent de la manière dont elles nous apparaissent ?

(C’est ce qu’on appelle le réalisme naïf )

Le réalisme naïf est une forme de réalisme qui soutient que les objets du réel existent tels qu'ils sont perçus. Aux yeux du réaliste naïf, le monde extérieur à la perception est exactement tel que la perception le représente.

Il semble, néanmoins, que cette conception basée sur le sens commun soit largement sujette à caution :

Le réalisme n'est pas à proprement parler une position philosophique : c'est une conception spontanée qui ne résiste pas à l'analyse philosophique et scientifique.

... Ben oui la science ne cesse de mettre en question le sens commun et de nous expliquer que les choses n’existent pas vraiment de la manière dont elles apparaissent ! :)

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Tiens à propos de remettre en question le sens commun... (l'article a un peu plus d'un an mais je ne me souviens pas que nous en ayons parlé ici) :

Une équipe de chercheurs japonais a apporté des éléments de preuve convaincants qui renforcent la théorie selon laquelle notre Univers ne serait qu'une grande projection holographique d'un cosmos plus simple, rapporte la revue scientifique Nature.

( source )

( présentation de l'article dans Nature )

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Ne râle pas mais, si le réel n'est pas réel, comment une théorie sur l'irréel pourrait-elle l'être (réelle) ? Est-ce réellement réaliste ? Rhâaa...

Ne râle pas mais je vais te répondre en te posant une autre question : Est-ce bien réaliste de croire que les choses existent de la manière dont elles nous apparaissent ?

Je ne sais pas si c'est réaliste, mais c'est raisonnable... ;)

Les choses nous apparaissent de la façon dont nos sens nous les représentent... Nos sens sont imparfaits évidemment... Par exemple nos yeux perçoivent la lumière visible et non la lumière infrarouge, mais c'est suffisant pour survivre dans le monde qui nous entoure. Nos sens ne sont pas si mal fichus, après des millions d'années d'évolution.

Une équipe de chercheurs japonais a apporté des éléments de preuve convaincants qui renforcent la théorie selon laquelle notre Univers ne serait qu'une grande projection holographique d'un cosmos plus simple, rapporte la revue scientifique Nature.

Intéressant... Mais entre 2 et 10 dimensions, ils n'ont pas une théorie à 4 dimensions tout simplement ? (3 plus le temps)

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Bon il est temps de parler de… Vahé Zartarian ! :)

Vahé Zartarian est ancien élève de l’École polytechnique et auteur de plusieurs ouvrages sur les sciences de pointe mais aussi la métaphysique, la nature de la réalité etc…

Deux ouvrages ont particulièrement retenu mon attention : Nos pensées créent le monde et L’esprit dans la matière

Extrait de L’esprit dans la matière :

En ces temps où la science et la société affichent un matérialisme outrancier, prétendre que le monde physique puisse exister au-dedans de nous, à la manière d’un rêve, est une véritable hérésie, pour ne pas dire une totale absurdité. Et pourtant, nous savons déjà grâce à la physique, science la plus solide entre toutes, qu’en son fond la matière est complètement immatérielle. Elle n’a pas de masse, pas d’étendue, et son existence se situe même en-dehors de l’espace et du temps, du moins tels que nous les concevons. Force est de reconnaitre que de telles caractéristiques appartiennent plus au monde de l’esprit qu’à celui de la matière.

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Le Réel et son double: Essai sur l'illusion :

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Quatrième de couverture :

Rien de plus fragile que la faculté humaine d'admettre la réalité, d'accepter sans réserves l'impérieuse prérogative du réel. Cette faculté se trouve si souvent prise en défaut qu'il semble raisonnable d'imaginer qu'elle n'implique pas la reconnaissance d'un droit imprescriptible - celui du réel à être perçu - mais figure plutôt une sorte de tolérance, conditionnelle et provisoire. Le réel n'est généralement admis que sous certaines conditions et seulement jusqu'à un certain point : s'il abuse et se montre déplaisant, la tolérance est suspendue. Un arrêt de perception met alors la conscience à l'abri de tout spectacle indésirable. Quant au réel, s'il insiste et tient absolument à être perçu, il pourra toujours aller se faire voir ailleurs. Cet essai vise à illustrer le lien entre l'illusion et le double, à montrer que la structure fondamentale de l'illusion n'est autre que la structure paradoxale du double. Paradoxale, car la notion de double implique en elle-même un paradoxe : d'être à la fois elle-même et l'autre.

mdr : Après Le réel et son double, "le réel est ce qui est sans double : il n'offre ni image ni relais, ni réplique ni répit"...

Le réel : Traité de l'idiotie :

Le réel est ce qui est sans double : il n'offre ni image ni relais, ni réplique ni répit. En quoi il constitue une " idiotie " : idiotès, idiot, signifie d'abord simple, particulier, unique, non dédoublable. Traiter de l'idiotie est évoquer le réel. Un réel lointain, car à jamais relégable dans le miroir. Un réel voisin, car toujours en vue. C'est une tentation inhérente à l'intelligence que de remplacer le réel par son double. Dans L'Ile de la raison, de Marivaux, tout le monde finit par quitter ses illusions et rendre justice au réel ; tous sauf un, le philosophe. Probablement parce qu'un tel aveu suppose une vertu qu'aucun génie philosophique ne peut, à lui seul, produire et remplacer : l'art de faire coïncider le désir et le réel, qui est la définition de l'allégresse. Chez Clément Rosset, on fait d'intéressantes rencontres : le consul de Malcolm Lowry, qui s'est, comme à l'accoutumée, saoulé avec du whisky, Molloy, le " héros " de Samuel Beckett, et Monsieur Hulot, créature de Jacques Tati... Ce philosophe répugne à suivre les chemins trop. fréquentés. C'est un esprit déconcertant, et, pour cette raison, attachant, qui avance à contre-courant des modes intellectuelles

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Merci Christian ! :)

Encore des références que je ne connaissais pas et qui m’ont l’air bien intéressantes.

Le passage suivant :

Le réel n'est généralement admis que sous certaines conditions et seulement jusqu'à un certain point : s'il abuse et se montre déplaisant, la tolérance est suspendue. Un arrêt de perception met alors la conscience à l'abri de tout spectacle indésirable. Quant au réel, s'il insiste et tient absolument à être perçu, il pourra toujours aller se faire voir ailleurs.

… me fait penser à cette fabuleuse capacité que nous avons, nous les humains, de reconstruire le réel.

Je crois que j’ai déjà dit, quelque part dans les quarante pages de ce sujet, que j’ai souvent remarqué une certaine insatisfaction vis-à-vis de l’existence et du monde tel qu’il est (ou, disons, tel qu’il se présente) chez les personnes qui sont séduites par l’idée de l’immatérialisme à la Berkeley.

A ce sujet Vahé Zartarian, cité dans mon dernier message, n’échappe pas à la règle. Sur son site internet, il commence sa présentation par ces mots :

Disons-le franchement: je n'ai jamais été très accro à cette planète. Encore aujourd'hui, à un peu plus de cinquante ans, je m'y sens souvent étranger, comme un extraterrestre tombé là sans l'avoir voulu.

En constatant cela, nous pourrions être tentés de « psychologiser » un peu les choses et de considérer que ces visions d’idéalisme absolu ou d’immatérialisme sont une forme de « pathologie mentale » s’expliquant, simplement, par une insatisfaction face à la réalité telle qu’elle est et un refus de cette réalité.

Sauf que… les personnes qui adoptent ce genre d’idées sont le plus souvent très loin d’être des malades mentaux. L’immense majorité de ceux que j’ai rencontré avait une vie tout à fait équilibrée, étaient d’un excellent niveau socio-professionnel, possédaient une immense culture et une grande intelligence. La plupart se disaient heureux de leur condition et assuraient même que la vision « immatérielle » de la réalité qu’ils avaient leur avait procuré un grand bien-être et une vraie liberté.

Notons aussi que dans la tradition bouddhiste cette insatisfaction existentielle que je décrivais est vue ultimement comme un bienfait car, même si cette insatisfaction (qu'on appelle Dukkha dans le bouddhisme) apporte de la souffrance, c’est aussi elle qui permet à l’individu de prendre conscience que « quelque chose ne tourne pas rond dans cette existence » et donc de se mettre en quête de la véritable nature du réel.

( Dukkha )

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Les choses nous apparaissent de la façon dont nos sens nous les représentent... Nos sens sont imparfaits évidemment... Par exemple nos yeux perçoivent la lumière visible et non la lumière infrarouge, mais c'est suffisant pour survivre dans le monde qui nous entoure. Nos sens ne sont pas si mal fichus, après des millions d'années d'évolution.

Tu mets là le doigt sur un point capital Kristo !!! :)

Ce point est capital car c'est un des arguments très forts en faveur de l’idée selon laquelle nos expériences perceptuelles sont bel et bien le reflet fidèle d’un monde qui existe là en dehors de nous.

En effet, si cela n’était pas le cas et si nos sens nous trompent en permanence, comment avons-nous fait pour survivre jusqu'à aujourd'hui ?

Sauf que cet argument souffre de deux faiblesses :

- Il postule qu’une chose « qui marche » correspond forcément à la réalité. On peut en discuter !

- L’existence d’un monde extérieur à la conscience est posée comme préalable au raisonnement. Utiliser cet argument pour contrer l’idéalisme est donc un argument circulaire et autoréférentiel.

Donald D. Hoffman est chercheur au Département des Sciences Cognitives de l’Université de Californie, auteur de plusieurs articles scientifiques parus dans des revues à comité de lecture (comme dirait l’ami Christian Girard ;) ).

Il est connu pour sa théorie dite de l’interface, théorie qui porte un sacré coup à cette idée selon laquelle nos expériences perceptuelles seraient le reflet fidèle du monde objectif.

Citation :

Les expériences perceptuelles ne correspondent ni de près ni de loin aux propriétés du monde objectif ; au contraire, elles fournissent à ce monde une interface utilisateur spécifique à chaque espèce.

La question qui se pose est donc la suivante : si nous avons survécu jusqu'à aujourd'hui, est-ce parce que nous voyons la réalité telle qu'elle ait ou bien parce que nous avons une "interface utilisateur" performante ?

Ci-dessous une conférence donnée par Donald D. Hoffman sur sa théorie de la perception (c’est en anglais, hélas) :

[video:youtube]

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Tu mets là le doigt sur un point capital Kristo !!! :)

Ce point est capital car c'est un des arguments très forts en faveur de l’idée selon laquelle nos expériences perceptuelles sont bel et bien le reflet fidèle d’un monde qui existe là en dehors de nous.

En effet, si cela n’était pas le cas et si nos sens nous trompent en permanence, comment avons-nous fait pour survivre jusqu'à aujourd'hui ?

Sauf que cet argument souffre de deux faiblesses :

- Il postule qu’une chose « qui marche » correspond forcément à la réalité. On peut en discuter !

Si ce n'est pas la réalité, dans ton hypothèse, disons que c'est un rêve, qui commence au moment où tu es conscient (je ne sais pas à quel âge, et je suppose que la conscience vient progressivement) jusqu'à ta mort.

Pourquoi pas, mais il faudrait le prouver !

As-tu essayé l'expérience du marteau ?

- L’existence d’un monde extérieur à la conscience est posée comme préalable au raisonnement. Utiliser cet argument pour contrer l’idéalisme est donc un argument circulaire et autoréférentiel.

En fait la plupart des formules et théories scientifiques qui décrivent le fonctionnement du monde sont extérieures à la conscience. Elles décrivent entre autres les particules, les ondes, les forces, les mouvements, etc. Ces théories fonctionnent relativement bien, elles parviennent à décrire le fonctionnement d'un monde cohérent (j'entends par là rationnel, matériel), de concevoir des tas de choses, de faire des prévisions, etc. Elles se tiennent bien et sont compatibles, pour l'essentiel, avec la perception que l'on a du monde extérieur. On accepte donc cette perception comme étant représentative du monde.

Maintenant, si quelqu'un veut remettre en cause ces théories, il peut tout à fait essayer, mais il faut en faire une démonstration qui tient la route.

[video:youtube]

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    • Le ready-made Ou comment devenir artiste. La première chose est de définir l'artiste : Dans l’art contemporain, l’artiste est celui qui dit qu'il est un artiste. Donc si vous n'êtes pas artiste… dites que vous êtes artiste et c'est bon. Néanmoins c'est bien d'avoir une œuvre d'art, pour prouver que vous êtes artiste.  Je vous propose donc de devenir un spécialiste du ready-made. C'est une forme d'art extrêmement élaborée qui repose sur une technique complexe : Déjà prenez un objet. N'importe quel objet dans votre quotidien, autour de vous, un objet. Voilà c'est tout : C'est votre œuvre.  Car puisque vous êtes artiste, si vous décidez que cet objet est une œuvre c'est donc une œuvre.  Maintenant il y a toujours des esprits chagrins qui vont contester le statut d’œuvre de votre création.  Pour cela il faut soigner la présentation comme en magie : il faut soigner l'emballage.  L’écrin donne sa valeur au bijou, l’exposition son authenticité à l’art. Mettons pour l'exemple que votre œuvre soit un petit ventilateur portable. C'est pas cher et on peut en trouver sur Aliexpress pour quelques euros maximum.  Il faut vous procurer un socle d'exposition, que vous pouvez construire vous-même, commander à un menuisier, ou acheter sur Aliexpress de toute façon.  C'est un parallélépipède de couleur neutre et unie sur lequel vous allez pouvoir poser votre œuvre. Si c'est une œuvre passive vous pouvez également ajouter un globe en plexiglas ou en verre pour protéger l'œuvre, ou une cage cubique en plexiglas de façon à ce qu'on puisse voir l'œuvre sans pouvoir la toucher.  Mais dans le cas de notre ventilateur il ne faut pas qu'il y ait d'obstacle entre le public et l'œuvre elle-même car l'œuvre va souffler. Cela va créer une interactivité entre l'œuvre et le public, c'est le top au niveau du ready-made.  Maintenant il faut passer à l'argumentaire, c'est le plus important en art contemporain  Vous allez coller sur le côté du socle une petite étiquette portant le titre de l’œuvre.  Le titre peut-être en rapport avec l'œuvre, ou une fonction de l'œuvre, ou une couleur de l'œuvre, ou ou pas, d'ailleurs : le titre peut être complètement quelconque, l'important c'est que ce soit conceptuel.  Pour notre ventilateur je propose « la vie ».  la vie c'est le souffle, la vie c'est l'air, la vie c'est la relation entre quelque chose et autre chose donc entre votre œuvre et le public qui va recevoir le flux d'air du ventilateur  Bien sûr il ne faut pas expliquer tout ça au public sur l'étiquette.  L'étiquette doit laisser l'imaginaire du public s'emparer du titre et essayer de chercher un lien quelconque avec l'œuvre, et c’est mieux si le lien est difficile à trouver, ça veut dire que l'œuvre est intelligente et que bien sûr celui qui trouvera un lien, quel qu’il soit, sera encore plus intelligent : cela va flatter le public. Mais comme ont sait que le public n'est pas très malin malgré tout, c'est bien d'avoir un vendeur ou un guide dans l'exposition qui va détailler justement la fonction de l'œuvre, son lien avec l'univers réel, subjectif, psychologique, cosmique et plus si affinités, avec tout ce qu’il voudra, d'ailleurs, puisque votre œuvre est universelle : forcément c'est contemporain. Donc le guide pourra expliquer le souffle de la vie, il pourra expliquer bien sûr que le ventilateur fonctionne sur batterie, il y a la vie qui s’écoule et qui va s’épuiser pour finir par s’éteindre puisque le ventilateur va s’arrêter quand il y aura plus de charge, voilà c’est une extraordinaire métaphore de la vie qui en économisant son souffle peut durer plus longtemps mais en se donnant à fond bien sûr, pourra brûler la chandelle par les deux bouts, même si on peut dire que c’est un peu archaïque comme définition, mais c’est pas grave du moment que c’est dit avec conviction, c’est important. N’oublions pas le bouton de réglage de puissance, qui incarne à la fois le libre arbitre et les limitations intrinsèques de l’être.  Il va également détailler l’aspect esthétique de l’œuvre : dans mon cas j’ai un ventilateur qui est moitié blanc moitié noir et c’est l’opposition entre le yin et le yang, la mort la vie, le jour et la nuit, bref il y a opposition quelle que soit l'opposition, c'est fort.  Et plus élaboré, il y en a qui ont cherché le lien avec l'univers concret visible et la matière et l'énergie noire que nous décrivent nos physiciens, ce qui permet d'avoir un petit accent scientifique et quantique qui n'est pas mauvais pour l'art contemporain, soyons conceptuel, mais branché. Si le vendeur/guide n’est pas dans vos moyens, vous pouvez réaliser une fiche consultable collée pas loin du socle. Vous constituez comme ça une exposition d'une vingtaine ou une trentaine d'œuvres. Pas trop, parce qu'il faut montrer que c'est difficile à faire quand même. Si vous avez commandé vos socles par lot, cela peut vous prendre presque une demi heure, si l’impression des étiquettes est lente. Il faut maintenant monter l'exposition et pour ça disposer vos socles à différents endroits d'une pièce. Pour l'éclairage vous pouvez varier , faire un coin de la pièce qui est quasiment dans l'obscurité si les objets restent plus ou moins visibles, et d'autres ou les objets sont plein feux. la variété ne nuis pas. Après, vous pouvez aussi opter pour une homogénéité de votre exposition avec tous les objets qui sont placés au même rang. Le choix n'a pas tellement d'importance, puisque de toute façon il sera évident pour tout le monde que vous avez soigneusement réfléchi à toutes les implications de chaque détail de l'exposition, et que même ce qui paraît incongru est en fait complètement voulu. C'est tout l'intérêt de l'art contemporain : quand on fait quelque chose de nul, eh bien le public ne peut pas imaginer que l'on a tout simplement raté, non, on a forcement fait exprès de faire quelque chose de nul, et du coup ça devient génial. Voilà, vous êtes artistes. Demandez à un ami milliardaire/ministre de la culture/investisseur de fond de pension de vous acheter les trois quart de l’exposition, très chers. Multipliez le prix de ce qui reste par 1000, ainsi vous aurez votre cote, et votre investisseur pourra revendre avec une plus value intéressante. Bienvenu dans le monde parfait de l’art contemporain.  Dans les prochaines formations, nous parlerons de l’art pictural, de l’utilisation des éclaboussures de peinture, du crayonnage compulsif, des oppositions entre ces méthodes organiques et celles utilisant une règle pour faire des rayures. (spoiler alerte, n’importe quelle méthode est bonne pour l’art contemporain)… Nous aborderons la sculpture : le modelage et l’empilement aléatoire de boulles de glaises marron, et une master classe sur l’évidence scatologique du résultat. Ce qui nous amènera dans l’univers de la transgression, étape incontournable de l’art contemporain, avant de basculer dans l’étape ultime, l’évacuation du sens, de l’intention, puis de l’œuvre elle-même . Gilbus
    • Un très grand nom de la magie est parti. Son personnage haut en couleur, très expressif voire parfois démesuré contrastait avec l'homme, très réfléchi, calme et discret. Il a, je pense, donné tout ce qu'il a pu : son énergie lors de ses prestations, ses théories, ses idées, son oeuvre au travers de ses ouvrages, vidéos et conférences et son amitié. Imaginatif et travailleur, il a, en dehors du personnage artistique que nous connaissons, été un organisateur de beaucoup d'évènements. Il a été un rassembleur, un fédérateur discret. Il n'a rien fait de tout cela pour la gloire ou l'argent mais juste parce qu'il en avait envie, parce que sa passion était hors normes et qu'il voulait intensément la transmettre. Il a réussi. Mes amis "d'un certain âge" ont vu, lu et vécu à l'époque de Larry Jennings, Dai VERNON, Arturo De Ascanio, Edward MARLO, Brother John HAMMAN, Fred KAPS, Tony SLYDINI, Albert GOSHMAN, Doug HENNING et j'en oublie beaucoup. Leurs témoignages et ce que j'ai moi-même vu et/ou lu ont alimentés ma passion et mes connaissances de cette époque et de leur héritage (technique, théorique). Ma génération (30-40ans) a fait ses premiers pas en magie avec Bernard BILIS, @Dominique DUVIVIER, David STONE, Juan TAMARIZ, Jean-Pierre VALLARINO, @Gaëtan BLOOM, Sylvain MIROUF, pour ne citer que les plus "proches" géographiquement car nous avons pour la plupart appris au travers de leurs publications et suivi leurs parcours. Je n'étais pas d'accord avec Jean MERLIN sur un point : lorsqu'il disait que les magiciens de son époque n'avaient pas de "successeurs" aujourd'hui à part Tony SLYDINI avec Yann FRISH. La passion et les idées de Juan TAMARIZ n'ont pas disparues. Elles ont été transmises à de nombreux magiciens, Dani DAORTIZ en tête. Il n'a pas le même personnage, a développé ses propres théories mais on peut y voir un "successeur" de Juan TAMARIZ. Il est très bien parti pour devenir un aussi grand homme que lui en tout cas. Ce que je veux dire, c'est que pour chaque domaine de la magie, nous avons perdu des grands noms mais leurs oeuvres et leur passion sont toujours là, sur des pages, sur des vidéos, au travers de témoignages qui se transmettent. C'est dans l'ordre des choses. Je pense que si Juan TAMARIZ organisait tant d'évènements chez lui et ailleurs, ce n'était d'ailleurs pas seulement pour transmettre ses idées et partager de bons moments avec d'autres passionnés mais aussi pour dénicher, inviter et voir devant lui et surtout de son vivant ceux qui reprendraient le flambeau, qui représenteraient la magie de demain. Je pense qu'il est parti avec le sentiment d'avoir réussi, en tout cas je l'espère. Que l'homme et l'artiste reposent en paix, nous ne sommes pas prêt de l'oublier. J'aurais pu participer à ce post en y ajoutant beaucoup de choses mais j'ai préféré rester sur l'essentiel. Comme pour un numéro, le plus dur n'est pas d'ajouter ou de modifier mais de couper. D'autre part, même si c'est dans l'ordre des choses, la page est plus dure à tourner que je ne le pensais. Et pourtant je n'ai pas été un de ses proches.
    • Merci beaucoup, c'est extrêmement intéressant du point de vue des magiciens : En effet, le type à un immense talent pour croire ce qu'il dit, et faire passer sa conviction au public. Il joue avec passion, mais sans sur-jouer, ce qui rendrait la prestation ridicule, à l'image de l'oeuvre décrite ici. C'est drôlement bien fait, et permet d'élever un gribouillage au rang d'oeuvre structurée, c'est beau. Donc, un grand exemple pour nous tous, dans nos spectacles : Si vous dites des bêtises avec suffisamment de conviction, ça marche!!!!! 🤣🤣🤣 Gilbus
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