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Un dialogue entre Albert Einstein et le 1er ministre Israélien, dans le roman "La Formule de Dieu". J'aime bien certains passages :


- J’ai cessé d’être croyant presque du jour au lendemain. Je me suis mis à réfléchir à la question et je me suis aperçu que l’idée d’un Dieu personnifié était quelque peu naïve, voire puérile.    

– Pourquoi ?    

– Parce qu’il s’agit d’un concept anthropomorphique, une chimère forgée par l’homme pour tenter d’influencer son destin et lui offrir une consolation dans les moments difficiles. Comme nous ne pouvons pas dominer la nature, nous avons inventé cette idée qu’elle était gérée par un Dieu bienveillant et paternaliste qui nous écoute et nous guide. C’est une idée très réconfortante, n’est-ce pas ? Nous avons créé l’illusion que, si nous prions beaucoup, Il contrôlera la nature et satisfera nos désirs, comme par magie. Et quand les choses tournent mal, comme nous ne comprenons pas qu’un Dieu aussi bienveillant ait pu le permettre, nous disons que cela doit obéir à quelque dessein mystérieux et nous voilà rassurés. Or ceci n’a pas de sens…    

– Vous ne croyez pas que Dieu s’intéresse à nous ?    

– Voyez-vous, monsieur le Premier ministre, nous sommes l’une des millions d’espèces qui occupent la troisième planète d’une étoile périphérique d’une galaxie moyenne comptant des milliards de millions d’étoiles, et cette galaxie elle-même n’est qu’une des milliards de millions de galaxies qui existent dans l’univers. Comment voulez-vous que je crois en un Dieu qui se donnerait la peine, dans toute cette immensité aux proportions inimaginables, de s’intéresser à chacun de nous ?    

– Eh bien, la Torah dit qu’Il est bon et tout-puissant. S’Il est tout-puissant, Il peut donc tout faire, y compris s’intéresser à l’univers et à chacun de nous.    

Einstein s’emporta.    

– Il est bon et tout-puissant, dites-vous ? Mais c’est là une idée absurde ! S’Il est effectivement bon et tout-puissant, comme le prétendent les textes, pour quelle raison permet-Il au mal d’exister ? Pour quelle raison a-t-Il laissé se produire l’Holocauste, par exemple ? En y regardant bien, les deux concepts sont contradictoires. Si Dieu est bon, Il ne peut pas être tout-puissant, puisqu’Il ne parvient pas à éliminer le mal. S’Il est tout-puissant, Il ne peut pas être bon, puisqu’Il permet au mal d’exister. Un concept exclut l’autre. Lequel préférez- vous ?    

– Heu… plutôt celui d’un Dieu bon, je crois.    

– Mais ce concept pose de nombreux problèmes, voyez-vous ? Si vous lisez la Torah avec attention, vous remarquerez qu’elle ne donne pas l’image d’un Dieu bienveillant, mais plutôt d’un Dieu jaloux, un Dieu qui exige une fidélité aveugle, un Dieu qui inspire la crainte, un Dieu qui punit et sacrifie, un Dieu capable de demander à Abraham de tuer son fils, juste pour avoir la preuve que le patriarche Lui sera fidèle. Mais s’Il est omniscient, Il sait donc qu’Abraham Lui sera fidèle. Alors pourquoi, puisqu’Il est bon, ce test si cruel ? Il ne peut pas être bon.    

Ben Gourion se mit à rire.    

– Vous marquez un point, professeur, s’exclama-t-il. Je vous l’accorde, Dieu n’est pas nécessairement bon. Mais, étant le créateur de l’univers, Il est du moins tout-puissant, non ?    

– Est-ce bien certain ? S’il en est ainsi, pourquoi punit-Il Ses créatures puisque tout est Sa création ? Ne les punit-Il pas pour des choses dont Il est, au bout du compte, l’unique responsable ? En jugeant Ses créatures, n’est-ce pas au fond Lui-même qu’Il juge ? Selon moi, et pour être franc, seule Son inexistence pourrait Le disculper. Le scientifique fit une pause. D’ailleurs, à bien y réfléchir, même Sa toute-puissance n’est guère possible, il s’agit d’un concept rempli, lui aussi, d’insolubles contradictions.    

– Comme par exemple ?    

– Il y a un paradoxe qui montre l’impossibilité de la toute-puissance, qu’on peut formuler ainsi : si Dieu est tout-puissant, Il peut créer une pierre qui soit si lourde que Lui-même ne peut la soulever. Einstein leva un sourcil interrogatif. Vous me suivez ? C’est justement là que surgit la contradiction. Si Dieu ne peut soulever la pierre, Il n’est pas tout-puissant. S’Il réussit à la soulever, Il n’est pas non plus tout- puissant puisqu’Il n’a pas pu créer une pierre qu’Il ne réussisse pas à soulever. Einstein sourit. Conclusion, il n’existe pas de Dieu tout- puissant, c’est une invention de l’homme en quête de réconfort et aussi une explication pour ce qu’il ne comprend pas.    

– Donc vous ne croyez pas en Dieu.    

– Je ne crois pas au Dieu personnifié de la Torah, non.    

– Vous pensez qu’il n’y a rien au-delà de la matière, c’est ça ?    

– Non, au contraire. Il y a forcément quelque chose derrière l’énergie et la matière.    

– Alors vous croyez en quoi ?

– Je crois au Dieu de Spinoza, qui se manifeste dans l’ordre harmonieux de ce qui existe. J’admire la beauté et la logique élémentaire de l’univers, je crois en un Dieu qui se révèle à travers cet univers, en un Dieu qui…

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Publié le
Il y a 8 heures, Kristo (Christophe) a dit :

Un dialogue entre Albert Einstein et le 1er ministre Israélien, dans le roman "La Formule de Dieu".

 

Pour rappel l'un de mes messages relatifs aux ouvrages de José Rodrigues dos Santos :

 

Ah, voir ici également :

 

 

 

Quant à Einstein, le vrai (pas son avatar romanesque) on peut dire qu'il était panthéiste :

 

 

Publié le
Le 21/06/2019 à 10:50, Kristo (Christophe) a dit :

Pour ma part j'ai visité la chapelle sixtine il y a quelques années. J'ai trouvé ça très beau, j'ai admiré le travail de ceux qui ont fait ça.
Je n'y ai vu ni ressenti de Dieu nulle part, mais un talent humain, oui.

Ta phrase me fait penser à une citation de Woody Allen :

"J'ai pris des cours de lecture rapide. J'ai pu lire "Guerre et Paix" en 20 min. Ca parle de la Russie.

  • Haha 2

Nouveau texte : "Je suis un bout de papier"

http://matt-et-le-blog.over-blog.com

http://www.abfjm.blogspot.de/

Publié le
Citation

Pour ma part j'ai visité la chapelle sixtine

il y a une heure, Mathieu a dit :

Ta phrase me fait penser à une citation de Woody Allen :

"J'ai pris des cours de lecture rapide. J'ai pu lire "Guerre et Paix" en 20 min. Ca parle de la Russie.


Au départ, j'y ai vu que tout était bien géré, mais qu'on était un peu manipulés :

pantin-e1347549959471.jpg


Finalement, j'ai porté allégeance au seul Dieu qui en vaille la peine, le spaghetti volant bien sûr :

topelement.jpg

 

Publié le (modifié)

Très beau passage du très bel ouvrage de Franz-Olivier Giesbert  La dernière fois que j'ai rencontré Dieu.

(la question du renversement de la charge de la preuve a déjà été évoquée ici et ailleurs)

 

Citation

L'existence de Dieu ne se prouve pas, elle ne se prouvera jamais. Elle se sent. De grâce , renversons la charge de la preuve. Quand les athées réclament aux croyants des preuves de l'existence de Dieu, pourquoi ces derniers ne leur répliquent-ils pas en leur demandant les preuves de son inexistence qui, jusqu'à nouvel ordre, n'a jamais été établie ?

 

A noter que Franz-Olivier Giesbert développe, dans son ouvrage, une vision largement panthéiste à la Spinoza (philosophe dont il se réclame). Selon cette vision, Dieu s'identifie à la nature (nature au sens large, c'est à dire TOUT ce qui existe).

Dans cette perspective l'existence de Dieu n'a effectivement pas à être prouvée mais simplement à être sentie.

Encore une fois, la question de l'existence de Dieu dépend beaucoup de ce que nous mettons derrière cette notion de "Dieu".

 

En gros...

TOUT ce qui existe existe nécessairement (puisque ça existe !).

Et si TOUT ce qui existe est Dieu alors Dieu existe nécessairement (comme l'indique Spinoza dans l'Ethique, proposition 11).

Mais... TOUT ce qui existe est-il réel ?

😂

Modifié par Patrick (Shiva)

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
il y a une heure, Patrick (Shiva) a dit :

Mais... TOUT ce qui existe est-il réel ?

😂

Encore une fois, la question du réel « dépend beaucoup de ce que nous mettons derrière cette notion ». 😉 

Pour ce qui est de la citation de Giesberg, elle est vide de sens. Se fier à ce que l'on « SENT » est de façon générale une absurdité du point de vue de la méthodologie scientifique (sauf si ce que l'on étudie est justement les ressentis mais l'analyse alors sera indirecte via les statistiques, la sociologie, etc.). 

D'ailleurs et au même titre il n'y a pas plus à tirer de quelqu'un qui sent Dieu en lui que d'un autre qui affirmerait « moi, je sens que Dieu n'existe pas ». C'est bien gentil de s'intéresser aux ressentis (dans les relations humaines, tenter de comprendre l'autre par empathie est primordial) mais la science s'intéresse à ce qui fait consensus donc sur lequel que tout le monde peut être d'accord : une expérience qu'on peut renouveler, une mesure que l'on peut prendre soi-même et qui est conforme à celle annoncée par un autre, une récurrence probabiliste qu'on peut mettre à jour et qui n'a que faire du ressenti de l'opérateur, etc. La meilleure façon de se faire avoir par un gourou ou un manipulateur est de se fier à des ressentis : tous les escroc paraissent bien sympathiques au premier abord, au premier ressenti, sinon leur business ne serait pas trop florissant. Bref, se fier aux ressentis est hélas l'une des meilleures façon de se planter royalement. 

Une dernière chose : on passe nos journées à « ressentir » des trucs et bien peu de ces choses que l'on ressent sont effectives (elles sont même sans doute fausses la plupart du temps ) mais on connaît bien ce biais qu'on a de ne retenir que les choses ressenties qui se sont avérées, donnant l'illusion que nos ressentis ont une sorte de pouvoir prédictif ou divinatoire, ou permettent de juger efficacement de la réalité du Monde (ou de ce que l'on croit qu'il est). 

J'ai l'impression 😉  que les gens qui « sentent » Dieu en eux ne font en fait état que de leur bien-être sur le moment, de la sensation de sentir de l'air passer dans les poumons, d'avoir un cœur qui bat, bref tout un panel de sensations bien réelles provoquant un sentiment en soi qu'on peut associer à quelque chose de divin (et métaphoriquement ça l'est, d'un point de vue panthéiste). Et quand ça va mal, sans doute que même un ressenti fautif est un salut car l'humain a besoin d'espoir.

 

Demander des preuves de l'inexistence de quelque chose est d'une bêtise confondante. On en a parlé des dizaines de fois dans ce forum et des milliers de fois ailleurs. Pour prouver qu'un corbeau noir existe il suffit de trouver un seul corbeau noir. Pour prouver qu'un corbeau avec une tête de chameau n'existe pas il faudrait fouiller dans la totalité de l'univers et en tout point (voir en tout temps). On est mal barré... Une inexistence ne se prouve pas ! 

 

Publié le (modifié)

Christian, Je pense qu’il y a méprise sur le sens du mot sentir.

Quand Giesbert dit que l’existence de Dieu ne se prouve pas, elle se sent. Il ne veut pas dire c’est mon ressenti, au sens de mon intime conviction. Il veut dire que par le fait qu’il existe et qu’il est conscient du monde il fait par, là même, l’expérience de Dieu.

Pour le panthéiste, Dieu n’est pas un être personnel distinct du monde mais il est l’intégralité du monde. En faisant l’expérience du monde par l’expérience sensible, tu fais l’expérience de Dieu.

C’est donc à la fois un panthéisme et un empirisme (pour un empiriste, l’expérience sensible de toute connaissance ou croyance).

Il ne s’agit pas de prouver Dieu par la science.

Simplement si tu précises ce qu’est Dieu et si tu adoptes cette perspective panthéiste, Dieu n’a plus besoin d’être prouvé puisqu’il devient en quelque sorte un axiome (une proposition évidente).

C’est la proposition XI dans l’Ethique de Spinoza :

Citation

Dieu, autrement dit une substance consistant en une infinité d’attributs, dont chacun exprime une essence éternelle et infinie, existe nécessairement.

Pour ceux que le sujet intéresse :

Spinoza lecture des propositions 9 à 11

 

 

Modifié par Patrick (Shiva)

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Paul Binocle

Publié le
il y a 39 minutes, Christian GIRARD a dit :

 Une inexistence ne se prouve pas ! 

Cela dépend aussi de la nature de la chose ou du concept que tu veux prouver.

L'existence ou l'inexistence d'Un Dieu créateur et extérieur à la création est, par la nature même du concept, improuvable.

Mais, encore une fois, si Dieu est d'une autre nature, il est très facile à prouver voire il devient une évidence comme je l'expliquais dans mon dernier message.

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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