Il y a partout sur Internet des blogs et des commentaires YouTube débinant les secrets, depuis des années. Le drame, c’est que ces personnes ne se rendent pas compte que leur destruction facile est honteuse et un gâchis de leur propre vie, comparée au travail des créateurs et des performeurs qui eux ne détruisent pas mais s’acharnent pour créer et proposer quelque chose d’intéressant au public. Cela n'affecte pas violemment le travail de notre profession, car notre apport n'est pas uniquement de bluffer les gens ; notre apport c'est le divertissement, la présentation et notre interaction avec le public
Fabien, d’autres mentalistes et moi-même continuons d’utiliser Pi sans souci et avec beaucoup de succès auprès des spectateurs. Cela reste l’une des démonstrations les plus fortes et les plus impressionnantes de mon spectacle.
Après le spectacle, si quelqu’un décide de courir le risque de détruire son expérience en allant chercher la petite bête sur Internet, c’est tant pis pour lui et c’est dommage que je n’ai pas réussi à l’embarquer suffisamment pour que la question du « comment fait-il ? » soit devenue négligeable. Regarder le making of de Matrix juste après avoir vu Matrix, c’est courir le risque de détruire son expérience.
Personnellement, je présente Pi de façon « crédible » ; de la même façon, dans un film comme Mission Impossible, Tom Cruise est présenté comme un espion surdoué, de façon crédible. Mais après le spectacle, quand on m'interroge sur Pi, j'explique que je présente uniquement des illusions, même s'il y a bien de la vraie mémoire en jeu ; de la même façon, Tom Cruise fait vraiment ses cascades mais dans un cadre contrôlé et il reconnait ne pas être un espion dans la vraie vie. J'accepte le « mensonge » le temps du spectacle et je suis prudent avec mes mots avant, pendant et après le spectacle pour ne pas communiquer une idée fausse