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Bonjour,

Une question me chiffonne depuis quelques temps sur un domaine qui m'attire mais que je connais assez peu.

Pour faire simple, je me demande comment le jeune enfant (3/4 ans) perçoit l'événement magique, alors que la frontière entre la réalité et la magie doit être, pour lui, très floue (c'est en tout cas ce que j'imagine de mon résonnement d'adulte). Il est en effet assez courant qu'un jeune enfant croit à ce qu'il imagine : 'j'ai vu un monstre dans le placard ! ', 'j'ai vu maman avec le facteur !' heu ...

On parle souvent (à juste titre d'ailleurs) de l'importance de la présentation, du personnage, de l'attitude, mais on parle peu de la vision de l'enfant face à l'action magique. Même s’il est souvent affirmé que l'acte magique n'a qu'une importance mineure en lui-même, il me semble important de comprendre comment cet acte est ressentit pour pouvoir mieux le mettre en valeur, et surtout, inversement, que l'acte mette en valeur la présentation (une harmonie en quelque sorte)

Prenons l'exemple simple d'une balle mousse qui disparaît de la main suite à un faux dépôt. Prenons l'acte magique en lui-même, sans aucune présentation pour ne pas perturber le raisonnement.

Si vous faîtes cette passe à un adulte, certains se demanderont 'mais comment il a fait ? Je n'ai rien vu', d'autres 'elle est dans la manche'... Il n'y a pas de doute, pour l'adulte, que le magicien triche (et pour cause). L'adulte comprend instantanément que vous êtes magicien et que vous venez de faire un tour de magie, (ce qui n'est plus forcément le cas avec une présentation adaptée ; par exemple, certains adultes se demandent si certains tours de David Blaine sont truqués... même chose avec Uri Geller ou Jean-Pierre Girard et que dire des opérations chirurgicales à main nue ... mais c'est un autre sujet)

Faîtes la même chose à un jeune enfant (pas l'opération à main nue, mais la disparition de la balle mousse), certains vont à peine remarquer qu'il s'est passé quelque chose, d'autres vont chercher la balle par terre, et vont se dire 'il a fait tomber la balle je vais l'aider à la chercher'. L'enfant ne va, sans doute, jamais penser que vous avez triché, peut être même que cette 'notion' est pour lui inexistante selon l'âge de l'enfant. Il ne va également pas penser au fait que la balle est magique ou que vous avez des pouvoirs quelconques car vous n'avez pas présenté les choses comme tel. L'absence de présentation ne 'prépare' pas l'enfant à ce qu'il va voir et va sans doute comparer ce qu'il vient de se passer à ce qu'il a l'habitude de voir.

Il me semble donc que l'acte magique en lui-même (toujours en supposant qu'il n'y a aucune présentation) est perçu de manière complètement différente entre l'enfant et l'adulte. Pour l'adulte, l'acte magique est quelque chose en soit (pas suffisant bien sur..) alors que pour l'enfant, l'acte magique seul pourrait passer pour inexistant (ce n'est qu'une supposition dont je doute, et si quelqu'un a un avis là dessus cela me permettrait d'y voir un peu plus clair).

Etant donné que l’enfant croit en ce qu’il imagine et que l’acte magique seul n’existe pas pour l’enfant, je viens a me demander si la présentation d’un effet sans ‘trucage’ aurai un impact vraiment différent. Je m’explique :

Prenons, par exemple, le numéro de production ‘des réveils’ de Paul Maz dans le 'magicien de papier' (très joli compte/spectacle), lorsque Paul fait sortir un nombre impressionnant de réveils d'un sac, ne pouvant en contenir que quelques uns. La présentation est jolie et même drôle. Imaginons maintenant que Paul Maz utilise un sac suffisamment grand pour contenir tous ces réveils, mais en faisant juste comprendre que le sac est vide au début et entre chaque sortie de réveil. L’impact serait il différent pour le jeune public ? Et, si oui, en quoi serait-il différent exactement ? (j'apprécierais grandement votre point de vue Paul)

De cette constatation, on imagine l'importance presque exclusive qu'a la présentation pour ce public (sans doute beaucoup plus que pour un public adulte, mais c'est un autre débat). Et en particulier, dans le but d'accompagner et de guider la réflexion de l'enfant.

Pour l’adulte, il me semble souvent préférable de faire en sorte de lui faire oublier qu’on est magicien et que l’on triche, pour qu’il entre dans notre univers (bien sur, ce n’est pas toujours nécessaire : démonstrations de manip, magie pour magicien, etc…). Alors que, pour que l’enfant reste dans notre univers (souvent proche du sien), il ‘suffit’ (sans pour autant être facile, loin de là) de ne pas lui montrer que l’on ‘triche’. C’est bien sur le cas pour ‘les trucages’, mais aussi et surtout pour le reste : présentation, personnages, parole, attitude, etc…. Le but est le même, mais la démarche me semble assez différente. Pour l’adulte, il faudrait lui faire accepter de se ‘déconnecter’ de la réalité alors que pour l’enfant, il faudrait tout faire pour qu’il reste dans ‘sa réalité‘ (pour lui la magie existe) et utiliser sa réalité pour apporter notre ‘imaginaire’ (on fait comme si la magie existait). Mais comment utiliser au mieux cette particularité (si vraiment il s’en agit d’une) ou en tout cas ne pas mal l’utiliser ? … heu .. C’est peut être pas très clair si ?

Pour accompagner la pensée de l’enfant, certains semblent utiliser la tendance au mimétisme qu’a le jeune enfant, en se mettant au niveau de l'enfant en terme de réaction et en entrant dans son 'univers'.

J'avais, par exemple, constaté (il y a une dizaine d'années), lors d'un spectacle de Gérard pour une école maternelle que Gérard prenait beaucoup de recul par rapport aux événements magiques qu'il faisait, que, dans un sens, il 'subissait' la magie, qu'elle arrivait presque à son insu. Cette manière de procéder semblait lui permettre de guider, ou plutôt accompagner, les pensées de l'enfant et lui faire comprendre que ce qu'il voit n'est pas habituel.

Par exemple, dans sa routine de gâteau (apparition d’un gâteau dans une casserole à colombe) Gérard et sa femme utilisaient des phrases du type : 'elle est vraiment bizarre cette recette ! ! ! Vous mettez du parfum vous dans le gâteau ?!? Bon on va bien voir si ça marche... et à l'apparition du gâteau, Gérard était aussi étonné que les enfants que cette recette ait fonctionnée. Les doutes de Gérard semblaient faire comprendre (au sens de guider) aux enfants que la réaction normale, face à cet événement, est bien le doute ; de même pour la surprise (apparition du gâteau), la peur (serpent à ressort dans un pot de sucre), etc.... (Ce ne sont, bien sur, que des suppositions sur le raisonnement de l'enfant et ne connaissant pas bien ce public, je serais ravi d'avoir votre point de vue Gérard).

Une autre approche, consisterait à se mettre en position de conteur (parler, mimer, ...) où l'acte magique illustre l'histoire. C’est le cas par exemple dans le 'magicien de papier' de Paul Maz, ou le magicien est avant tout un raconteur d'histoire (c'est en fait ce que j'imagine du ressenti de l'enfant et là aussi, j'apprécierais grandement votre point de vue Paul). Dans cette présentation, l'acte magique est souvent (pas toujours) là pour illustrer l'histoire et était peu être ressenti comme quelque chose de ‘normal’ dans l’histoire.

Il y a également le mélange des deux ou le magicien raconte une histoire qui lui est arrivé personnellement (dont il est l’acteur).

J'imagine qu'il y a d'autres approches ? Est il judicieux/nécessaire d'utiliser/mélanger plusieurs approches ? En fonction de quoi ?

Mis à part le fait d’utiliser telle ou telle approche en fonction du personnage (qui ne me semble pas une raison suffisante), la première chose qui me vient à l'esprit serait de les utiliser en fonction de l'émotion que l'on veut faire passer. Par exemple, pour une émotion 'rapide' (rire, surprise, peur, ...) une présentation basée sur le mimétisme (la 1ère approche) pourrait sembler plus appropriée. Alors que pour une émotion 'lente' (poétique, rêve, imaginaire, tristesse...) j'aurais tendance à favoriser une présentation en position de raconteur (la 2eme). Et, bien sur, pour ‘jongler’ rapidement entre diverses émotions, j’utiliserais la 3eme.

En me relisant, je me rends compte que c'est un peu fouillis, longuet, déstructuré, et qu'il y a certaines contradictions. Mais tout cela reste complètement théorique et de nombreux contre exemples me viennent en tête. Pour les personnes ayant une connaissance de ce public (Gérard Bakner, Paul Maz, Peter Din, Mimosa, et j’en oublie…), le partage de votre expérience me (a d’autres aussi j’imagine) permettrait de mieux comprendre tout cela,et utiliser, au mieux, les particularités de ce public, et surtout comment ne pas mal les utiliser...

Le comble, c'est que l’on a tous été un jour ces jeunes enfants ; mais qu'on a en partie (totalement ?) oublié comment c'était.

Julien K.

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Membres les + Actifs

Publié le (modifié)

J'aime beaucoup ce genre de pistes de réflexion. Merci.

En ce moment, et surtout depuis que j'ai des enfants, je réalise beaucoup plus l'impact de certaines choses sur les tout petits, plus que lorsque je me tentais aux spectacles pour enfants de bas âge sans connaître plus que ça cette psychologie enfantine. C'est d'ailleurs cette raison qui m'avait fait arrêter la magie enfantine pendant un bon bout de temps.

Car contrairement à ce que beaucoup croient (et je crois me souvenir que Peter Din et Gérard Bakner l'ont souligné plusieurs fois), la magie des tout petits est loin d'être la facilité, et on ne peut pas leur présenter n'importe quoi, comme on le voit trop souvent.

Mon fils ainé, qui a deux ans et demi, fait un bon cobaye pour ces approches, justement, tout comme ma filleule (6 ans)

Par contre, là où il me scotche, c'est qu'il tente en ce moment de m'imiter sur une routine de goublays.

Modifié par tanhouarn
Publié le

Tres tres bonne piste de reflexion... Pour rajouter un peu d'eau au moulin, je donnerais un exemple avec la aussi des balles mousse.

Dans "l'apprenti magicien" Sebastien Mossiere introduit lui aussi une routine de balles en mousse. Sauf que... Il ne les appelle pas "balles en mousse" si je puis dire, mais plutot "Monsieur et Madame balle". S'en suit toute une histoire autour de ces deux personnages et non pas ces deux objets. La distinction est capitale !!!! Car les enfants ne pensent plus du tout au fait que la balle est un objet usuel comme un autre, mais plutot qu'elle est un personnage qui vit, qui se deplace, etc....

Kravitz, tu devrais en parler avec Sebastien Mossiere, je pense que c'est une discussion qu'il adorerait.

Voili voilou...

Matt

Nouveau texte : "Je suis un bout de papier"

http://matt-et-le-blog.over-blog.com

http://www.abfjm.blogspot.de/

Publié le (modifié)

Merci Gérard,

je ne manquerai pas de te contacter dans les prochains jours pour parler de tout ca (Je t'envois un MP).

En fait, nous nous sommes déjà rencontrés lors d'un stage CIPI en 96 (j'avais +ou- 15 ans à l'époque) et c'était la première fois que je voyais de la 'bonne' magie pour enfants (c'était de toute façon la première fois que je rencontrais d'autres magiciens).

Ma relative 'jeunesse' ne m'a pas permis de mettre en pratique immédiatement tous les acquis de ce stage, mais, ce sont bien les souvenirs de ce stage (entre autre) qui, quelques années plus tard, me donnent l'envie de pratiquer cette magie. Pour tout cela et pour ta disponibilité merci Gérard.

A bientôt

mathieu,

Merci pour ta réponse , je serais en effet ravis de parler de tout ça avec Sebastien Mossiere. Peux tu m'indiquer comment le contacter ?

Julien

Modifié par Julien hgr
Publié le

Bonsoir Kravitz,

Bon déjà au vu de ceux que tu cites tu as déjà une bonne base (si tu as lu leur livres, ce que je pense que tu as fait).

Je termine de peaufiner mon nouveau spectacle pour enfants et j'ai effectué une grosse analyse sur la psychologie et comment ils réagissent aux effets.

En ce sens les tours et effets ont étés pensés d’après cette analyse mais également en fonction de leurs ages. Chaque mot et un mot connu de l'univers des enfants.

Comme tu la très bien expliqué les enfants ne cherche pas le truc et sont plutôt amener a vivre les événements "avec toi", d'ou l'importance de croire en ce que tu fais et d'avoir des réactions adéquates a l'effet désiré (peur, tristesse, surprise...)

Ne sous estime pas l'entrée en matière de ton personnage les premières minutes sont cruciales.

Ton analyse sur l’histoire et la poésie pour faire passer les émotions et exacte et très pertinente. Les objets sont des personnages, pas toujours mais il ont une grande importance, prend soins donc de les "introduire" convenablement et de les faire vivres.

Personnellement il y a des lutins (foulards) des personnages virtuels, mon papa, des animaux. L'univers qui va autour, l'univers que tu construis.

La place laisser a leur réactions et vraiment importante, il faut se préparer a jouer de ça et très souvent c’est la que tu prend ton pied !

Sujet plus qu’intéressant, si tu veux en parler avec moi je suis également dispo !

Car j’ai rarement rencontrer des gens qui poussent un peu leur avis comme toi et font une réelle analyse.

Publié le

Hello,

J'avoue avoir été tenté de placer un bon mot dans ce thread et de limiter à cela mon intervention. Toutefois, après avoir lu en entier le post initial de Julien (c'est dire s'il est intéressant car je lis rarement les longs messages en entier), je me retrouve plongé dans un abîme de réflexion; cela faisait longtemps que je n'avais pas lu une aussi intelligente interrogation / intervention sur ce forum, agréable à lire qui plus est.

Sans demander de "CR" des conversations entre Baky, Julien K. et Peter, je serais très intéressé par quelques éléments de réponses aux questions posées par J.K. Je ne pense pas être le seul d'ailleurs.

Amicalement

:cool:

Woody

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    • Disons… poussière d’étoiles à 40 % :   
    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
    • Revenons sur l’explication :  https://vm.tiktok.com/ZN8NE37wo/
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