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Hors beaucoup de book test type roman ne vont guère au-delà du mot, et certains mots se prêtent peu à une transmission par image, sentiments, description.

Ted Karmilovich dans son MOABT (qui est, effectivement devenu la "mère" de tous les book tests modernes) a eu l’intelligence de faire en sorte que la plupart des mots "devinables" soient aussi des mots "dessinables".

Trouver une phrase en la paraphrasant, en la dessinant, en expliquant ce que l’on ressent, me semble donner plus d’émotion à l’expérience.

Oui ! Je regrette d’ailleurs que la plupart des book tests (en anglais ou en français) soient des sortes de "sous-MOABT".

Il existe des book tests à la philosophie et à la méthodologie différente qui se prêtent parfaitement à une révélation plus basée sur des descriptions approximatives, des sentiments, une ambiance, des émotions etc…

Les book tests d’Harvey Berg (Ne Plus Ultra et Final Exam) sont un merveilleux exemple de cette manière de procéder.

Il y a aussi des book tests particuliers tels que Montdevergues qui se prêtent très bien à ce style de révélation par ambiance et impression, plutôt que lettre à lettre.

Pour Harvey Berg, il y a cette démonstration sur youtube :

[video:youtube]

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A propos de book test , est il possible d'en faire avec un carnet ecrit à la main ?

C’est, bien sûr, possible ! ;)

Dans certaines boutiques, on trouve des livres magnifiquement reliés, de différentes tailles, avec les pages entièrement blanches :

article_505225.jpg

C’est avec ce style de livre que les wiccans confectionnent leur Livre des Ombres personnel.

… Tout à fait possible avec un peu de travail de créer un Livre des Ombres gaffé et de se prêter à des scénarios de magie fantastique… encore faut-il connaitre un peu cet univers.

(D'autres scenarii sont bien sûr possibles)

Publié le (modifié)
...

Pour Harvey Berg, il y a cette démonstration sur youtube :

[video:youtube]

Très cool :)

On se laisse prendre par l'ambiance.

Bon, a postériori, car je ne suis qu'un infâme incrédule, je me dit que l'hésitation, quand il fait relire la chose par le sujet, est un peu de trop:

En effet, il identifie presque immédiatement qu'un homme écris à une femme, assis à une table.

Dans ce livre, combien de situations y a t-il ou un homme est devant un bureau, et écris à une femme?

sans doute pas des masses ;)

on peut donc penser soit qu'il a une mauvaise mémoire, ou qu'il n'a pas lu les livres tests?

En tant que spectateur je doute ;)

donc, c'est de la comédie.

Mais cela, je ne me le suis dit qu'ensuite, sur le coup, on y crois, car il interprète très bien la chose :)

c'est quand même plus fort que de dire: "je vois un R, un O, votre mot est rhododendron" :)

Gilbus

Modifié par Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Les révélations exactes lettre par lettre permettent un impact magique considérable… avec des effets carrément vertigineux du style : Je suis capable d’indiquer la position très précise dans un dictionnaire du mot auquel vous êtes en train de penser.

Après si on désire quelque chose de peut être moins magique mais qui laisse l’impression qu’on a pu un moment s’approcher de l’esprit du spectateur et capter certaines pensées, il y a effectivement ces révélations approximatives et imparfaites de scènes ou d’ambiance.

Dans ce deuxième cas, on est plus dans la philosophie "Télépathie Réelle" : Pas d’exploit fantastique mais l’impression d’une sorte de communication subtile et intime entre deux esprits.

Ce sont deux approches complètement différentes en mentalisme et qui ont chacune leur avantages et leurs inconvénients. La première est très spectaculaire mais finalement peu crédible. Dans la seconde l’effet magique peut être plus faible mais en revanche il est très crédible (et donc, finalement, l’impact est peut être plus fort).

Haikus de Vincent Hedan fait partie de cette deuxième catégorie pour reprendre un autre exemple.

En tout cas toutes tes remarques sont forts pertinentes Gilbus. ;)

Publié le
n'y a-t-il pas un book test sous forme de carnet de dessins de voyages ? Il me semble avoir vu ça quelque part !

Je pense que tu veux parler de Carnet de voyage de David Guss (personnellement je ne connais pas).

Après pas mal de choses autres que des romans ont été adaptées en book test avec plus ou moins de succès.

Par exemple, l’excellent Double Vision de Larry Becker et Lee Earle en forme de guide touristique.

Le carnet Haikus de Vincent Hedan, déjà cité.

Des BD comme Comic Book Test.

Des revues de mots mêlés ou de mots croisés.

Des "outils" de labo de parapsychologie comme le BIP book test (bientôt en français).

Tous les livres spéciaux de Outlaw, livres dont LuDo a fait quelques adaptation en français très réussies (je pense à Mondevergues et l’Institut avec une nette préférence personnelle pour Montdevergues). Une réimpression était prévue en couverture rigide, des infos là-dessus LuDo ?

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Sinon pour revenir à la question initiale sur les types d’effets de book tests, il y aussi tous les effets du style Wizard's Manual - Docc Hilford.

Dans ce style de book test, l’effet est le suivant : choix d’une page, révélation du premier mot de la page MAIS lorsque le spectateur recherche à nouveau sa page dans le livre il se trouve que celle-ci est arrachée. Elle se trouve en fait dans une enveloppe qui n’a pas quitté la table depuis le début de l’expérience.

Je ne suis pas sûr que l’effet original soit de Docc Hilford. Il existe, par ailleurs, plusieurs variantes et méthodes. Celle de Max Maven par exemple :

[video:youtube]

L’effet est certes très fort et très original, la présentation de Max Maven est absolument remarquable, l’ambiance y est mais, là encore, il me semble que nous sommes plus dans de la magie à la sauce mentale que dans du mentalisme au sens de lecture de pensée. D’ailleurs s’agit-il ici d’un book test ou d’un effet de magie utilisant un livre ? En matière de famille d’effet, il me semble que nous sommes plus dans une forme de transposition / voyage invisible que dans un effet mental.

Publié le (modifié)

L’effet est certes très fort et très original, la présentation de Max Maven est absolument remarquable, l’ambiance y est mais, là encore, il me semble que nous sommes plus dans de la magie à la sauce mentale que dans du mentalisme au sens de lecture de pensée. …

Le mentalisme n’est pas forcément de la lecture de pensée :

On pourrait je pense avoir un effet plus crédible en le présentant comme une hallucination :

On aurait fait croire au spectateur qui lis la page qu’il l’a lue, alors qu’en fait, il n’a pas pu la lire, puisqu’elle est arrachée.

Choix de la page de la même façon :

Le spectateur annonce la page sur demande du magicien.

Le spectateur est invité à lire la page sans la montrer, et sans rien dire.

On fait une description qui correspond.

Le spectateur confirme.

On insiste, il est catégorique, c’est bien ça qu’il a lu, ou presque.

On a alors un spin total, car on annonce que ce n’est pas du tout une lecture de pensée :

C’est un contrôle de l’esprit du spectateur.

Il n’a pas pu lire cette fameuse page, elle n’est pas dans le livre. (La, même le choix de la page relève d’un contrôle…)

Ou la page ne dit pas du tout la même chose que ce qu’il a cru lire.

Ou encore plus drôle, le livre entier est composé de pages blanches.

Cela prendrait un peu le même chemin que Maven, avec sa fausse ardoise spirite ;)

Gilbus.

Modifié par Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

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    • @Gilbus, j'ai énormément ri!  Mais tu ridiculises à l'extrême parce que tu n'aimes pas ...et tu as bien le droit! Le Ready Made au départ a été intéressant parce qu'il a effectivement déplacé la valeur de l'art du « faire » (manuel, technique) vers le « penser » (choix et concept). En exposant un objet industriel ordinaire dans un musée, Marcel Duchamp a, en effet, essayé de démontrer que l'art reposait sur l'intention et le contexte plutôt que sur la beauté ou le savoir-faire. C'était une pure provocation, il se trouve qu'elle a fait sens. Mais ça ne pouvait marcher qu'une fois au début! Une fois l'idée dévoyée, ça ne marche plus. Ou alors il faut qu'il y ait une nouvelle idée autour de ce ready-made. C'est ce qui s'est passé après... Aujourd'hui, par exemple, nous avons Moffat Takadiwa (Zimbabwe) qui propose de grandes fresques (de plusieurs mètres) qui ont l'air de tissages africains (image1). En y regardant de plus près, ce sont des milliers de touches de claviers,·brosses à dents et éléments de plastique usagés, délaissées par l'occident et assemblées pour créer une texture (image2). Ca a l'apparence de l'artisanat africain mais c'est du ready-made. Il utilise de simples déchets pour crée une réflexion sur l'invasion de la culture numérique occidentale sur le continent africain. Personnellement, je trouve que: -ça rend hommage à l'artisanat africain -c'est aussi joli que de l'artisanat -ça a du sens -il y a intention et une critique de la société occidentale et de sa sur-consommation informatique ...et je te rassure, ses oeuvres se vendent environ 5000 Euros. Pas des millions! Je trouve que pour des mois de travail, ce n'est pas excessif. Autre exemple, Ai WeiWei, artiste dissident chinois chassé par le régime (oui le contexte politique et de l'artiste est aussi important) nous fait voir le sol entier d'une salle remplie de 100 millions de graines de tournesol. Ca peut paraitre très idiot. Mais en réalité, ce sont de fausses graines en porcelaine, façonnées et peintes à la main par des centaines d'artisans de Jingdezhen fabriquées durant des mois voir des années ...et plus vraies que nature. Et les visiteurs, marchent et écrasent cette porcelaine fragile... Tu n'as pas l'impression que ça dit beaucoup de la Chine? : ...l'uniformité, le travail collectif et le manque d'individualité dans ce pays? Dans ce cas, le processus de fabrication a un impact essentiel sur la compréhension de l'oeuvre.   @Gilbus, tu vois que le ready-made est loin de l'objet acheté sur AliExpress... Alors est-ce que le ready-made c'est un urinoire de Duchamp? Non. Cela a juste été un déclencheur. Est-ce que ça peut être un ventilateur acheté sur AliExpress? Malgré tous tes efforts théoriques et drôlissimes, non plus. Mais merci pour le sketch, c'est très drôle. Tu devrais en faire un spectacle! 🙂 ------------------------------ Mais d'ailleurs que penser du moment où, après la magie (faire apparaitre/disparaitre des objets, manipuler des cartes) est venu le mentalisme (deviner des pensées invisibles). Seuls les initiés savent que le mentalisme c'est AUSSI de la manipulation. Les spectateurs y voient un tout autre art. Un art de l'abstrait et du concept. Non?
    • Dans le même genre :  https://www.instagram.com/reel/DcRCoQKAWLo/?igsi=Y3BoeGc2MWpvOHZ4
    • Le ready-made Ou comment devenir artiste. La première chose est de définir l'artiste : Dans l’art contemporain, l’artiste est celui qui dit qu'il est un artiste. Donc si vous n'êtes pas artiste… dites que vous êtes artiste et c'est bon. Néanmoins c'est bien d'avoir une œuvre d'art, pour prouver que vous êtes artiste.  Je vous propose donc de devenir un spécialiste du ready-made. C'est une forme d'art extrêmement élaborée qui repose sur une technique complexe : Déjà prenez un objet. N'importe quel objet dans votre quotidien, autour de vous, un objet. Voilà c'est tout : C'est votre œuvre.  Car puisque vous êtes artiste, si vous décidez que cet objet est une œuvre c'est donc une œuvre.  Maintenant il y a toujours des esprits chagrins qui vont contester le statut d’œuvre de votre création.  Pour cela il faut soigner la présentation comme en magie : il faut soigner l'emballage.  L’écrin donne sa valeur au bijou, l’exposition son authenticité à l’art. Mettons pour l'exemple que votre œuvre soit un petit ventilateur portable. C'est pas cher et on peut en trouver sur Aliexpress pour quelques euros maximum.  Il faut vous procurer un socle d'exposition, que vous pouvez construire vous-même, commander à un menuisier, ou acheter sur Aliexpress de toute façon.  C'est un parallélépipède de couleur neutre et unie sur lequel vous allez pouvoir poser votre œuvre. Si c'est une œuvre passive vous pouvez également ajouter un globe en plexiglas ou en verre pour protéger l'œuvre, ou une cage cubique en plexiglas de façon à ce qu'on puisse voir l'œuvre sans pouvoir la toucher.  Mais dans le cas de notre ventilateur il ne faut pas qu'il y ait d'obstacle entre le public et l'œuvre elle-même car l'œuvre va souffler. Cela va créer une interactivité entre l'œuvre et le public, c'est le top au niveau du ready-made.  Maintenant il faut passer à l'argumentaire, c'est le plus important en art contemporain  Vous allez coller sur le côté du socle une petite étiquette portant le titre de l’œuvre.  Le titre peut-être en rapport avec l'œuvre, ou une fonction de l'œuvre, ou une couleur de l'œuvre, ou ou pas, d'ailleurs : le titre peut être complètement quelconque, l'important c'est que ce soit conceptuel.  Pour notre ventilateur je propose « la vie ».  la vie c'est le souffle, la vie c'est l'air, la vie c'est la relation entre quelque chose et autre chose donc entre votre œuvre et le public qui va recevoir le flux d'air du ventilateur  Bien sûr il ne faut pas expliquer tout ça au public sur l'étiquette.  L'étiquette doit laisser l'imaginaire du public s'emparer du titre et essayer de chercher un lien quelconque avec l'œuvre, et c’est mieux si le lien est difficile à trouver, ça veut dire que l'œuvre est intelligente et que bien sûr celui qui trouvera un lien, quel qu’il soit, sera encore plus intelligent : cela va flatter le public. Mais comme ont sait que le public n'est pas très malin malgré tout, c'est bien d'avoir un vendeur ou un guide dans l'exposition qui va détailler justement la fonction de l'œuvre, son lien avec l'univers réel, subjectif, psychologique, cosmique et plus si affinités, avec tout ce qu’il voudra, d'ailleurs, puisque votre œuvre est universelle : forcément c'est contemporain. Donc le guide pourra expliquer le souffle de la vie, il pourra expliquer bien sûr que le ventilateur fonctionne sur batterie, il y a la vie qui s’écoule et qui va s’épuiser pour finir par s’éteindre puisque le ventilateur va s’arrêter quand il y aura plus de charge, voilà c’est une extraordinaire métaphore de la vie qui en économisant son souffle peut durer plus longtemps mais en se donnant à fond bien sûr, pourra brûler la chandelle par les deux bouts, même si on peut dire que c’est un peu archaïque comme définition, mais c’est pas grave du moment que c’est dit avec conviction, c’est important. N’oublions pas le bouton de réglage de puissance, qui incarne à la fois le libre arbitre et les limitations intrinsèques de l’être.  Il va également détailler l’aspect esthétique de l’œuvre : dans mon cas j’ai un ventilateur qui est moitié blanc moitié noir et c’est l’opposition entre le yin et le yang, la mort la vie, le jour et la nuit, bref il y a opposition quelle que soit l'opposition, c'est fort.  Et plus élaboré, il y en a qui ont cherché le lien avec l'univers concret visible et la matière et l'énergie noire que nous décrivent nos physiciens, ce qui permet d'avoir un petit accent scientifique et quantique qui n'est pas mauvais pour l'art contemporain, soyons conceptuel, mais branché. Si le vendeur/guide n’est pas dans vos moyens, vous pouvez réaliser une fiche consultable collée pas loin du socle. Vous constituez comme ça une exposition d'une vingtaine ou une trentaine d'œuvres. Pas trop, parce qu'il faut montrer que c'est difficile à faire quand même. Si vous avez commandé vos socles par lot, cela peut vous prendre presque une demi heure, si l’impression des étiquettes est lente. Il faut maintenant monter l'exposition et pour ça disposer vos socles à différents endroits d'une pièce. Pour l'éclairage vous pouvez varier , faire un coin de la pièce qui est quasiment dans l'obscurité si les objets restent plus ou moins visibles, et d'autres ou les objets sont plein feux. la variété ne nuis pas. Après, vous pouvez aussi opter pour une homogénéité de votre exposition avec tous les objets qui sont placés au même rang. Le choix n'a pas tellement d'importance, puisque de toute façon il sera évident pour tout le monde que vous avez soigneusement réfléchi à toutes les implications de chaque détail de l'exposition, et que même ce qui paraît incongru est en fait complètement voulu. C'est tout l'intérêt de l'art contemporain : quand on fait quelque chose de nul, eh bien le public ne peut pas imaginer que l'on a tout simplement raté, non, on a forcement fait exprès de faire quelque chose de nul, et du coup ça devient génial. Voilà, vous êtes artistes. Demandez à un ami milliardaire/ministre de la culture/investisseur de fond de pension de vous acheter les trois quart de l’exposition, très chers. Multipliez le prix de ce qui reste par 1000, ainsi vous aurez votre cote, et votre investisseur pourra revendre avec une plus value intéressante. Bienvenu dans le monde parfait de l’art contemporain.  Dans les prochaines formations, nous parlerons de l’art pictural, de l’utilisation des éclaboussures de peinture, du crayonnage compulsif, des oppositions entre ces méthodes organiques et celles utilisant une règle pour faire des rayures. (spoiler alerte, n’importe quelle méthode est bonne pour l’art contemporain)… Nous aborderons la sculpture : le modelage et l’empilement aléatoire de boulles de glaises marron, et une master classe sur l’évidence scatologique du résultat. Ce qui nous amènera dans l’univers de la transgression, étape incontournable de l’art contemporain, avant de basculer dans l’étape ultime, l’évacuation du sens, de l’intention, puis de l’œuvre elle-même . Gilbus
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